Sniffé par un chien sniffeur !

Vendredi 16 octobre 2015, je suis à Luxembourg pour assurer mon cours habituel à l’université. En fait, mon aventure commence la veille, le jeudi en fin d’après-midi. Voyez-vous, cette année, pour la première fois, j’ai accepté la proposition de l’université de Luxembourg : réserver une chambre à l’hôtel pour arriver la veille sur place.

Hé oui, habituellement, je me fie au site internet sncf « grand-voyageur ». Avec les horaires proposés, je peux aisément faire l’aller et retour dans la journée. Je peux assez facilement prendre un TGV le matin à Paris pour être à l’université à Luxembourg à 9h30 et reprendre un TGV le soir pour rentrer à Paris.

Seulement voilà, le site de la SNCF oublie de dire que le TGV pour Luxembourg est systématiquement en retard d’au moins 30 minutes … ça fait 7 ans que je fais ce trajet et cela fait 7 ans que je galère pour arriver dans ma salle de cours à l’heure. Bref, cette année, j’ai accepté de modifier mon habitude et j’arriverai la veille au soir. L’université se charge de me réserver une chambre à l’hôtel. Je reçois le mail, une chambre m’est réservée au …Carlton ! Oui, oui, vous avez bien lu, j’ai une chambre réservée au Carlton de Luxembourg. Wahouuuu, j’imagine déjà le groom à l’entrée de l’hôtel : « bonjour monsieur, souhaitez-vous que je gare votre TGV sur notre parking privé ? » « Faites mon ami, faites donc… »

Jeudi soir, j’arrive donc au Carlton. Heuuuu …. le groom, il est où ? Et …. comment dire … ça ne ressemble pas vraiment au Carlton que j’ai en tête. Hé oui, il y a plusieurs années, j’ai eu la chance de passer quelques nuits au Carlton de Ryad, ça laisse des souvenirs. Et là … heuuu comment dire …. hum, de manière très objective, « on y est pas ». Même si 4 étoiles accompagnent le nom de l’hôtel.

La porte s’ouvre automatiquement, je rentre. Un long couloir, moquette épaisse, tableau sur les murs … bon, c’est clair, je ne suis pas dans un « formule 1 » mais quand même pas dans un Carlton. Au bout du couloir, je tourne à droite, j’arrive à l’accueil. Hum, je confirme, ce n’est pas un Carlton 😉

Un papy m’accueille et me demande mon nom. Je lui donne et immédiatement il me répond … en italien ! Il baragouine tout un tas de phrases et termine par « … el professoré » (il faut prononcer en « roulant » tous les R et en terminant par « é »).

Bref, je n’ai compris que la fin de la dernière phrase mais je suis épaté, il a compris que j’ai un nom d’origine italienne et me parle en italien, quelle attention …. niveau Carlton 😉 Bref, après m’être excusé platement de ne pas parler un mot d’italien, il me répond en français que c’est bien dommage et que je devrais m’intéresser à cette langue et ce pays, notamment la région du Frioul où l’on trouve beaucoup de personnes qui portent le même nom que moi. Après coup, on dirait une scène d’un film catégorie « fantasy » où un farfadet improbable donne une énigme à résoudre au héro qui va combattre les dragons … bon, revenons sur terre, pardon, revenons à Luxembourg, au Carlton 🙂

Me voici dans ma chambre, décidément pas Carlton mais pas campanile non plus … vraiment difficile à catégoriser cet hôtel.

Vendredi matin, reveil, j’allume la TV, j’écoute les infos en … pfffff je ne sais pas … de l’allemand ? du néerlandais ? du Wallon ? pffff aucune idée, on dira du … Ikea comme ça tout le monde imagine ce que j’entends 😉 je tripatouille la télécommande … 19 … France2 trop cool … William Leymergie ! Héééé c’est télé-matin, trop bien 🙂 Rasage, douche, costume … pas de cravate aujourd’hui c’est style prof décontracté.

Je descends au petit déjeuner. J’entre dans la grande salle au décor … presque kitch mais pas kitch quand même. Un décor façon très jaune, avec des moulures partout, un plafond très haut avec du relief, bref, pas kitch mais pas loin tout de même. Une serveuse s’approche de moi, elle ne me demande pas mon numéro de chambre mais ce que je souhaite comme boisson. « Café » s’il vous plait.

Je m’approche du pain, je me coupe quelques tartines, prends du beurre doux … et oui, on est parisien ou on ne l’est pas 😉 Je m’installe à une table. La serveuse m’apporte un pichet de café et de lait chaud. Comme dirait Jean Dujardin dans « OSS 117 le Caire nid d’espions » : « j’adore me beurrer la tartine !« .

Le papy d’hier soir vient direct vers ma table et me dépose un journal français sur la table avec un « el professoré« . Avec ce geste, j’arrive enfin à trouver l’impression que me donne cet hôtel : une pension de famille 🙂 Bon, si l’attention est tout à fait agréable et touchante, il faudra dire à papy que « le Figaro » au petit déjeuner, c’est un peu violent pour mes valeurs et ça risque de me faire régurgiter le café que je suis en train d’avaler … hé oui, en bon professeur que je suis aujourd’hui, je suis attentif à lire uniquement des informations objectives, non tendancieuses.

Il est temps pour moi de quitter le Carlton. Je rends la carte à puce qui sert de clef à Papy qui me gratifie d’un « buongiorno professoré« . Je découvre que tout est réglé par l’université, je n’ai pas besoin de sortir ma carte bleue pour me perdre ensuite en paperasserie de frais professionnels à se faire rembourser. La classe !

Me voici dans le train direction « Belval – université ». Environ 30 minutes plus tard, j’arrive sur le campus. Impressionnant, c’est un ancien site industriel reconverti. On y trouve un immense centre commercial, un hôtel Ibis, des restaurants, les bâtiments de l’université et … des restes de ce qui ressemble à un site genre aciérie et hauts fourneaux.

20151016_BelvalUniversite_001

C’est la première fois que je viens sur ce campus. Jusqu’à l’année dernière, j’intervenais sur le campus de Walferdange mais les sciences humaines ont déménagé sur ce nouveau campus, encore en construction. Alors, je découvre.

En arrivant, je me suis dis qu’il faudra que j’écrive un article sur ce campus. Il est absolument incroyable car il propose un environnement totalement en phase avec ma discipline : la psychologie du travail. Imaginez : l’université au coeur de l’aciérie : la psychologie du travail enseignée en contexte. A ma connaissance ce type d’environnement n’existe nul par ailleurs …

Bref, mis à part quelques surprises, pour certaines habituelles pour d’autres pas, ma journée se déroule plutôt bien. Je termine le cours, et me dirige vers la gare tout en observant ce site et en prenant quelques photographies. Je n’ai malheureusement que mon téléphone portable sous la main. Je regrette vraiment de ne pas avoir mon vrai matériel photo.

Arrivé sur le quai, l’écran affiche un train pour Luxembourg dans 6 minutes, nickel. Le train arrive, je monte, je lis l’afficheur qui déroule le texte « Destination … Thionville ». Quoi ? je ne vais pas à Thionville ! je redescends, le quai affiche bien Luxembourg … comme dirait Ségolène « Hum … la perplexitude m’envahi …« . Bon, je laisse partir le train. L’afficheur sur le quai change alors de destination, le prochain train sera direction « Thionville » ! Heuuuu cette fois Ségolène adopte le « gros doutage attitude« . Un train arrive, sur sa face avant, on peut lire « Luxembourg » ! Je monte, l’afficheur déroule le texte … vide … pas de destination. Bon, on verra bien ! Je monte à l’étage et m’installe près du hublot.

A ce stade de mon récit, je vous dois cet avis très personnel : en France on critique beaucoup la SNCF mais franchement, pour avoir pas mal utilisé la CFL, croyez-moi on n’a vraiment pas de quoi se plaindre ! Voyez-vous, quoi qu’on en dise, la SNCF c’est rigueur et précision. La CFL c’est … tout en approximation. Tiens, juste pour vous amuser, allez sur le site de la CFL (http://www.cfl.lu/fr) et cherchez un horaire de train Luxembourg<->Belval-université ! Vous découvrirez qu’on vous demande d’indiquer … le quai ! Oui, oui, pour trouver un horaire il faut indiquer la gare de départ, la gare d’arrivée et le quai ! Mieux : quand vous avez testé tous les quais … bein oui, vous n’êtes pas devin pour savoir de quel quai va partir votre train … le résultat vous donne l’heure de départ, l’heure d’arrivée mais oublie de vous indiquer la direction du train ! Du coup, quand vous arrivez à la gare, vous ne trouvez pas de direction « Belval-université » vous ne trouvez que des « Volmerange », « Rumelange », « Longwy » etc … Bon, alors je vous le dis, il faut prendre direction « Rodange ». Hé oui, ça ne s’invente pas. Bref, désormais avant de pester contre la SNCF vous penserez à moi et aux trains Luxembourgeois.

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à notre « RE6992 » c’est le numéro du train dont le quai annonce qu’il va à Thionville mais dans la réalité il va à Luxembourg 😉

Je suis confortablement assis, j’ai sorti mon gratuit luxembourgeois « L’essentiel » et je suis en train de lire un article qui me touche particulièrement. Il y est question d’enfants qui ne peuvent aller à l’école car ils doivent travailler pour subvenir aux besoins de la famille. Et la cerise sur le gâteau, ils s’abîment la santé pour que les femmes, en France, puisse transformer leurs lèvres en cul de babouin en rut :

IndeGaminsTravail_001A la fin de l’article, je me dis que les Français ont bien raison de se plaindre : c’est vrai que la vie est vraiment trop dure en France ! « salaud de gouvernement … » comme disent toutes celles et ceux qui ne voient plus la chance qu’ils ont et s’apprêtent à voter FN en pensant que haine et violence seront la solution…

Bref, je lis mon article mais je vois en même temps, au dessus de mon « Essentiel » qu’un groupe de personnes remonte l’allée centrale en prenant le temps de scruter à droite et à gauche. Je lève la tête. Oups … ils ont un brassard « Police » et ils sont vraiment nombreux ! impressionnant !

Un premier policier arrive à ma hauteur, me regarde … je le regarde … il me dis « ich tou brique chmeck ! » oui, c’est du Ikea dans le texte et je n’ai rien compris … bref, je le regarde … il me regarde … éventuellement, je me dis qu’il veut peut être voir mon billet de train. Je m’apprête à sortir mon portefeuille pour y prendre mon ticket de train. Mais là, un second policier approche. Il tient une laisse. Un chien arrive, se faufile entre les sièges … il me regarde … . Le policier me dit « ne bougez pas ! » Tiens, il a parlé en français … le policier, pas le chien, faut suivre.

Le chien pose son museau sur mes genoux et … snif, nif, nif … relève la tête … approche son museau à quelques centimètre de ma chemise et … snif, nif, nif … et … s’en retourne. Tout le monde s’en va …

Bref, je me suis fais sniffer par un chien sniffeur !

La preuve, samedi 17 octobre 2015 il y avait un article sur mon chien sniffeur dans … l’essentiel 🙂
L’Essentiel – samedi 17 octobre 2015 : Contrôles de police sur les quais et dans les trains

Et vous aurez compris que le mec dans l’article qui se fait sniffer positif par le chien sniffeur … ce n’est pas moi 😉

Et maintenant, si vous ne me demandez pas quelles sont ces « quelques surprises, pour certaines habituelles pour d’autres pas« , c’est que vous n’avez pas bien lu mon article 😉

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