Comment j’ai presque assisté à Cats, la comédie musicale

Tout commence il y a quelques semaines. Oui, c’est ma façon d’écrire « il était une fois » mais en moins gnan-gnan conte de fée pour enfant en bas âge. En somme, une traduction du « il était une fois » pour adulte. Mais tiens au fait, pourquoi dit-on « en somme » ? Oui, au fait, la Somme est un département alors pourquoi cette discrimination, hein ? pourquoi ne pas citer les autres départements français ? Oui d’abord, pourquoi on ne dirait pas « En vosges » par exemple, hein ?

Bon, je recommence … En vosges, une traduction du « il était une fois ». Mais bon, finalement on s’en fou car là n’est pas le sujet 🙂

Bref, revenons à nos moutons, ou plutôt à nos chats, rapport au titre de la comédie musicale 🙂

Toby, la mascotte du Crédit Mutuel

Ce soir, c’est l’assemblée générale des caisses de Crédit Mutuel de … pfff, je ne suis pas certain de bien comprendre l’organisation complète. Bon, on va dire des caisses de l’île de France car ça y ressemble.  Ca ressemble à quoi me demanderez-vous ? Hé bien, quand vous arrivez à cette fameuse AG … ou âgée … vous allez comprendre, vous êtes tout d’abord surpris par la moyenne d’âge … disons à vue de nez … 70 ans ?

Donc j’arrive au théâtre Mogador, au 25 de la rue du même nom. Facile à trouver, après la Gare Saint Lazare, c’est tout droit 🙂

Après avoir passé le service d’ordre surabondant en cette période de Salah Abdesslam (en plaçant ce nom et prénom, je multiplie par 100 l’audience de cet article … mon dieu qu’ils sont nouilles ces moteurs de recherche soit disant intelligent). Je disais donc, qu’après avoir passé le service d’ordre, j’entre dans le hall du théâtre Mogador. Une grande pièce, très haut de plafond, pas très profonde finalement et surtout très remplie par des « vieux » qui se fond la bises et qui se disent « HOOOOOooooooo Michel ! tu es venu, comme c’est chou … mais tu sais que Bernadette est allée …… blablabla …. »

Il n’y a là que des membres de CA élus … et je découvre que je dois être le plus jeune de l’assemblée ! Alors que je ne suis plus franchement tout jeune, loin s’en faut ! Pour le dire autrement, dans 24 ans, j’aurai la moyenne d’âge des personnes présentes dans cette salle … je vous laisse faire les calculs 😉

Finalement, j’en arrive à me demander si je n’ai pas décidé un peu trop tôt de devenir membre du CA du Crédit Mutuel … boutade 😉

… y’a quand même beaucoup de monde me dis-je …

Je regarde à droite, je regarde à gauche, je ne connais personne … je me dirige vers la salle du théâtre. OUF ! là aussi il y a du monde. Bon, je descends quelques marches. A tribord il y a une place disponible, je m’installe. Là-bas ! à gauche, le directeur de la caisse de Villiers sur Marne et du coup je reconnais 2, non 3 à oui aussi … donc 5 personnes 🙂 Le directeur m’a repéré, il me fait signe de venir les rejoindre. Je dérange mamie assoupie à côté de moi « pardon, je … non, ne bougez pas je vais passer, enfin … je …. c’est à dire … si vous pouviez juste pousser votre déambulateur … là, voilà … et les béquilles aussi, oui … je crois que ça va passer, ha … ouf …. heuuuu …. hum, pouvez soulever votre panier à roulette de commission ? C’est ? C’est pour charger les p’tits fours à la pause ? Ha! très bonne idée … vous avez peur de manquer ? c’est bien … voilà ça passe … »

Et rebelote pour s’installer à côté des viliérains … j’y suis, je ne bouge plus !

Il doit faire environ 42 degrés dans la salle, je suffoque dans ma chemise, le col serré dans ma cravate de rigueur.

L’assemblée commence. Le président remercie tout un aréopage d’illustres inconnus mais qu’ont l’air d’être supers connus de ma voisine d’à côté à la voir se trémousser à chaque nom 🙂

Puis le Directeur Général prend la parole. A la manière de Steve Jobs, seul sur scène, debout loin du pupitre, il nous explique que l’année à venir va être super difficile pour le secteur bancaire, qu’on va perdre plein de sous tout ça et que ça va être catastrophiquement castatrophique apocalyptique de la mort qui tue tout ce bouge encore un peu dans le monde la finance boursière du CAC40 et du Nikkeï … ouf ! tout le monde retient son souffle … mais que le Crédit Mutuel n’a pas à avoir peur car nous ne sommes pas côté en bourse et que nos fonds propres vont nous permettre de passer tranquillement la tempête ! Ouf ! Nous voilà rassurés …

Et en plus, trouve-t-il de bon ton d’ajouter, que le gouvernement actuel ne facilite vraiment pas la vie des gentils banquiers car il … tenez-vous bien … le gouvernement actuel a fait passer une loi qui oblige, depuis le 1er janvier 2016, les banquiers à informer les consommateurs des agios qu’ils doivent payer ! Non mais sans blague, vraiment n’importe quoi … quoi ! vous vous rendez compte ? Le gouvernement qui oblige les banquiers à informer leurs clients quand la banque leur pique des sous … heuuuu attends, qu’est-ce qu’il nous dit là le Steve Jobs du Crédit Mutuel, je suis plutôt d’accord avec cette loi moi !

Bref, il discourir, vous discourir, nous présentationerons, elle animeratitude, tu projetterastateur … après 3 plombes de chiffres, de graphiques et de courbes qui montent et qui descendent … bop bop bop … j’ai le mal de mer sur mon siège qui tangue … arrive le discours de clôture du président. 3 virgule 8 plombes de considérations méta cognitives sur la prépondérance de l’efficacité systémique du taux de change de l’euros face au rouble dans un contexte de déflation de la livre sterling …. hum hum à la première demi plombe j’avoue … j’ai sortit mon smartphone pour consulter les actualités du jour …

Clap clap clap … ha tiens, c’est terminé ! Je relève le nez de mon smartphone et joins mes applaudissements à ceux de la salle tout en me penchant vers ma voisine pour lui confier « Quel maîtrise de son sujet tout de même, je suis à chaque fois épaté par la clarté de ses propos …« . Elle me sourie en guise d’approbation de mon évaluation 🙂

Tout le monde se lève ! enfin presque … le président annonce la suite des réjouissances : vous allez rejoindre les différentes salles du théâtre Mogador pour le moment de convivialité (comprendre « vous empiffrer de p’tits fours« ) et lorsque la scène sera prête, d’ici 1 heure environ, une sonnerie vous invitera à revenir ici pour assister à la représentation de la comédie musicale CATS. Et il ajoute « nous sommes très nombreux ce soir, environ 1300, alors répartissez vous bien entre les 3 étages, il y a des petits fours partout … »

Avec le recul, c’est cette dernière phrase que je n’ai pas bien estimée …

Bref, je suis le mouvement de foule … je laisse passer devant moi mémère avec son chariot à roulettes … nous sommes il est vrai très nombreux. Je marche, je marche … je traverse la salle du rez-de-chaussé tout en discutant avec le groupe de Vilérains … nous montons des escaliers …  visiblement, la 1ère salle n’est pas pour nous. Arrivés au 1er étage, un gars de la sécurité nous empêche de rentrer, nous poursuivons vers le second étage … là on nous pousse vers la salle comme le berger landais conduit ses brebis …

Je rentre … enfin j’essaie … ça bloque … je ne vois même pas le buffet tellement il y a de monde. Je tente une percée stratégique 1805 … oui, ça veut dire façon général d’armée napoléonienne à Austerlitz en cette période de révision du BAC 😉 Mais ça se termine en déroute 1815 … oui, ça veut dire façon caporal de la même armée à Waterloo 🙂

Je n’en peux plus, car de 42 degrés on doit maintenant être à 50 comme à Riyad mais avec l’humidité en plus. Je commence à me sentir oppressé moi qui pourtant ne suis absolument pas sensible à la claustrophobie. Instinctivement je me dirige vers la porte par où je suis arrivée pour tenter une échappée vers la salle du rez de chaussé où il doit y avoir moins de monde me dis-je … devant la porte, une femme agent de sécurité m’interdit de passer ! « laissez-moi passer, je veux juste redescendre » … « pas par ici monsieur, vous avez un escalier là-bas dans la pièce à droite au fond« . Je ne comprends pas bien pourquoi je ne pourrais pas redescendre par là mais je n’ai pas d’autre choix que de suivre son conseil …

Après 5 minutes de poussage, de « pardon … pardon, je … excusez-moi, pardon … » j’arrive au seuil de la fameuse pièce à droite, mais d’escaliers … nenni ! J’ai beau avoir un regard circulaire dans ladite pièce, je ne vois pas plus de portes, ni d’escaliers que de beurre en branche … demi-tour et je commence à mal vivre cette situation si vous voyez ce que je veux dire : un lieu de spectacle, Paris, une foule immense, une impossibilité de ressortir … hum hum … après des efforts surhumains je me retrouve devant ma cerbère de la porte qui m’oppose le même refus catégorique et me redonne la piste de la pièce du fond malgré ma supplique « je m’en fiche de votre théâtre, de vos p’tits fours inaccessibles, je veux juste m’enfuir, sortir, vous comprenez ?« !

Dans ma tête ça tourne très vite … on nous a parqué ici avec interdiction de sortir pour que le carnage soit maximal…

2 solutions : 1. je lui décroche un bourre-pif façon Lino Ventura dans la péniche de Raoul Volfoni 2. je retourne dans la pièce maudite car il faut reconnaître que je ne suis pas sur de moi à 100% puisque je n’ai fait que regarder de loin.

C’est dans ces moments là que l’on se rend compte de la vraie nature des individus … j’ai pris la 2 !

Par contre, plus de « pardon, je m’excuse de vous déranger, pardon, heuuu … » je fonce dans le tas … des retraités qui se bourrent le pif de p’tits four … après un temps incalculable à pousser des dos, des bras, des jambes, à se faufiler entre un mur et des groupes de retraités brailleurs, je suis dans ladite fameuse pièce à droite. Je longe le mur mais rien … rien, pas d’escaliers … elle s’est moquée de moi ! C’est certain maintenant, c’est un traquenard, un piège, tout cela est organisé … et les autres qui s’empiffrent sans se douter …

Soudain … une porte … je pousse. Elle ressemble plus à une issue de secours qu’à une sortie organisée. Derrière la porte, un escalier, je fonce … de l’air, je respire à nouveau. Je descends dans la pénombre d’une veilleuse de sécurité. C’est certain, ce n’est pas la sortie « normale ». Arrivé en bas, dans une salle avec plein de gros tuyaux, de grosses caisses métalliques, une salle toute peinte en noir avec des passages de gros câbles … un gros vigile avec des gros bras et des gros muscles de vigile me regarde. Il me demande « Ah oumeclignatouffi ? hum ? megatourpignoufi ? » Bref, je comprends rien à qu’est-ce qu’y dit ! Moi, façon touriste sur le Costa Concordia qui vient de basculer sur bâbord : « je veux sortir, sortir dehors … tout de suite« . Il me regarde … se retourne … il part sans rien dire. Je le suis. Il ouvre une porte et m’invite à sortir. Je suis dehors, sur le trottoir … je vois le ciel … il pleut … je respire un grand coup … il fait nuit, la rue ressemble  à la rue qui longe le Bataclan dans les vidéos qui tournent en boucle au soir du 13 novembre. Autant dire que je n’ai qu’une envie : retrouver mon RER et partir loin d’ici …

Bref, comment j’ai presque assisté à Cats, la comédie musicale …

 

http://www.francetvinfo.fr/culture/spectacles/la-comedie-musicale-cats-se-decouvre-en-francais_1110257.html

 

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