Un effroyable dramatique drame dans ma cuisine

Tout commence en l’an de grâce 2003 dans un petit village reculé de l’arrière pays Lorrain, Verdun. Ho je sais, vous allez encore vous dire « mais que va-t-il donc nous raconter sur la tranchée des baïonnettes ?« . Rien, je ne vous dirai rien sur la tranchée des baïonnettes, ni sur celle de calonne, d’ailleurs, rien non plus sur le fort de Vaux et ne comptez pas apprendre quelque chose sur la chapelle de Douaumont, je ne vous dirai surtout rien sur ses marches.

Voyez-vous à Verdun, il y a autre chose que des champs de bataille centenaires. Il y a … des lieux de travail, tout bêtement. Et qui dit lieu de travail, dit … collègues et pot de départ.

Le 28 thermidor de l’an 2003, j’ai donc participé au pot de départ de … moi-même. Et ne dites surtout pas « himself », c’est prohibé depuis le Brexit.

Petit discours de la chef collègue … oui vous avez remarqué que dans ce genre de situation il y a toujours une collègue qui prend le « lead » et organise tout ça … bref, le discours qui retrace mon parcours et cherche les anecdotes rigolotes. moi « ho ho mais je ne m’y attendais pas du tout. Ho non, c’est trop gentil vraiment etc etc … » Et après le moment où tout le monde retient sa respiration. Vient le moment des cadeaux.

Alors comment dire … les cadeaux dans un pot de départ, c’est un peu l’indicateur de pilotage de la satisfaction. Le nombre et la qualité des cadeaux renvoient à la taille de l’enveloppe et donc au nombre de contributions. Et le nombre de contributions indique la hauteur de la satisfaction des collègues d’avoir travaillé avec toi. Genre … si tu reçois une box « un jour de Thalasso à Vittel avec transport à vos frais », là, clairement, c’est que tu as fait chier tout le monde pendant ton passage ! Si tu reçois une box « une semaine de ski dans un hôtel 4 étoiles à Megève », là, c’est clair, tu as été un très bon collègue et tu vas leur manquer. Genre, si tu reçois « un bon d’achat de 15 euros chez Darty » c’est que, non seulement, tu laisseras pas un souvenir impérissable dans le service mais qu’en plus, tu es passé tellement inaperçu que personne ne sais ce que tu aimes ! Et si tu reçois « une LAMBORGHINI HURACAN SPYDER LP 610-4 » bein … c’est que tu étais joueur de foot au PSG et ça … c’est pas mon cas !

Bref, le 28 thermidor de l’an de grâce 2003, la collégiale cérémonie s’est terminée par un indicateur de satisfaction top niveau de mon point de vue : un stylo stylé griffé Waterman pour rédiger mes bilans de psychologue et … une machine à expresso de la marque KRUPS fabriquée en France ! Oui, oui, vous avez bien lu … pas une machine à 2 balles de dosette Nespress machin tout ça ! non non une vraie machine où qu’on met le café moulu, on tasse à la force désirée et on enclenche la poignée comme au bistro et roule ma poule la pression dans le tuyau pour l’expresso comme au comptoir du PMU d’en bas !

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Et nous voilà donc partis, ma machine à expresso et moi, vers mon nouveau poste de travail à Lille dans le Nord Pas de Calais.

Oh ! combien de cafés, combien d’expresso
Qui sont sortis joyeux pour des réveils matinaux,
De cette magnifique machine à pression !
Combien ont désaltéré, suave et corsé  !
Dans un arôme profond, par une nuit sans lune,
Sous l’aveugle océan à jamais enfouis !

Heuuu … oui pour la dernière j’ai laissé « sous l’aveugle océan à jamais enfouis« . Ca fait vraiment pas raccord mais ça permet à ceux qui n’ont pas trouvé l’origine du texte de le retrouver facilement avec leur moteur de recherche 😉

Bah sinon, Lille c’est pas loin de Dunkerque et là bas, il y a l’océan du Nord ! Et n’allez pas dire à un Dunkerquois que la flotte de là-bas c’est pas un océan … ok ? C’est comme si vous disiez à un Contrexevillois que sa flotte elle a un goût … parce que là c’est … PAF tarte dans la gueule !

Tiens, c’est pas un peu vulgaire l’expression « tarte dans la gueule » ? J’ai l’impression que je suis influencé par ma lecture du moment. Hé oui, je termine le tome 1 des aventures du donjon de Naheulbeuk « À l’aventure compagnons » et le nain, le barbare et le ranger ne parlent que comme ça … bon, je vais faire plus attention.

Bref, nouvelle évolution professionnelle, nouveau déménagement et nous voilà repartis, ma cafetière et moi vers de nouvelles aventures. Cette fois en île de France du côté de … bein Paris … bien rangé dans son petit carton d’origine, délicatement déposée au fond du camion de déménagement, elle arrive après 350 kms et un étage sur le plan de travail de ma nouvelle cuisine IKEA !

Ha combien de …. oui bon, je ne recommence pas, vous avez compris hein ? tout plein de café, d’expresso ont désaltéré tout ça ma p’tite gorge endormie le matin avant d’aller au boulot tel un Georges Clouni en costard cravate … what else ?

Et ce matin, l’effroyable drame dramatique … les yeux mi clos, oui ça veut dire pas réveillé, je me traîne jusqu’à la machine. Je prends la poignée, j’ajuste le sélecteur de mouture … en clair je le fou 3 fois par terre avant d’y parvenir. Je prends la boîte à café moulu, je l’ouvre. Je décroche la cuillère doseuse et la plonge, d’un geste malhabile, dans la boîte à café … schplafff la boîte se couche et déverse son contenu sur le plan de travail … et merde … je mets la poignée le long du plan de travail et je pousse avec ma main droite le café …

Evidemment un récipient rond le long d’un plan de travail droit, ça fait pas beaucoup de contact … le café tombe … un peu dans la poignée et beaucoup par terre … bref, après 25 grs de café dans la poignée et 3 kilos sur mes pompes et mon costard, je tasse le café avec le dos de la cuillère doseuse.

J’enclenche la poignée dans la machine, je tourne, j’appuie sur le bouton ON et j’attends, l’oeil hagard que le café coule dans ma tasse … j’attends … j’attends … je plante le coude sur le plan de travail et ma tête sur ma main … je crois que je vais me rendormir là … le café ne coule toujours pas … Ha flûte … pas branchée !

Bein oui, une seule prise pour la cafetière et le grille pain, c’est tantôt l’un, tantôt l’autre. Tiens, je vous ai pas parlé de mon grille pain KRUPS lui aussi. Bon ce sera pour une prochaine aventure. Le coup du petit tiroir en dessous, celui qui récupère les miettes … non, ce sera pour une prochaine fois

Bref, je débranche le grille pain et branche la machine à expresso … non sans m’être rendu compte que j’avais mis le coude de ma veste de costard dans le café … pfffff pas ma journée (oui, faut relire le passage si vous n’avez pas compris pourquoi il y a du café sur le plan de travail)

Bon, cette fois elle est branchée … ON … TOC TOC TOC TOC c’est le bruit de ma machine. Ca pourrait être BRRrrrrrrrrr ou encore VRRRRrrrrrrr mais elle , elle fait plutôt TOC TOC TOC …. Et c’est alors que j’ai entendu son p’tit compresseur expirer son dernier souffle : TOC TOC … TOC TOc … TOC Toc … TOC toc … TOc toc … Toc toc … toc toc … … … toc … à cet instant j’ai compris qu’il ne compresserait plus jamais. Et allez savoir pourquoi, à ce moment précis France Inter a interrompu ses émissions pour diffuser le De Profundis en hommage à toutes les cafetières expresso ayant rendu l’âme ce jour.

Et après ?  Bein … le téléphone a sonné. Au bout du fil, un type qui baragouine des mots incompréhensibles. Je crois comprendre qu’il me dit que si je veux un café j’ai qu’à « Aller auuuuuu bar !« . Alors je lui réponds « M’en fou moi d’aller au bar, je veux boire un café chez moi. » Et je ne sais pas pourquoi j’ajoute « et pis d’abord … Jesus est grand ! » et PAF je lui raccroche à la gueule ! Non mais … mécréant ? mécréant mon cul oui ! je fais ce que je veux.

Tiens, je trouve que cette fois le vocabulaire du donjon de Naheulbeuk est bien adapté pour mon interlocuteur.

Enfin bref, comme je lui avait claqué le beignet façon Brice de Nice « Cassééééé » le mec m’a envoyé un e-mail. Un e-mail qui disait, en substance, oui je ne donne que la substance parce le reste c’était vraiment pas lisible … à croire que c’était écrit par son p’tit frère qu’est en CP et qui sait pas encore écrire ou alors, le mec … c’est un trisomique ou un truc comme ça. Donc ça disait que Dash revendiquait l’attentat contre ma cafetière expresso. Bon, moi j’ai trouvé ça bizarre, vu que c’était une cafetière … pourquoi de la lessive s’en prendrait aux cafetières, hein ?

Mais après, à France Inter, il y a un spécialiste en expertise scientifique vachement calé en connaissance du monde de la lessive et des types qui en ont trop avalé … de la poudre à laver … qui a expliqué que le gouvernement a totalement sécurisé toute attaque possible donc ce qu’il leur reste comme marge de manoeuvre c’est d’attaquer des trucs invraisemblables auquel on ne penserait pas comme … bein comme ma cafetière ! Et après le spécialiste il a expliqué comment la poudre à laver, Dash 2 en 1, que les types sniffent par bidon de 10 litres, a une particularité : elle nettoie les neurones « disruptifs » … oui, j’ai appris un truc, c’est les neurones qui déconnent. On en a tous 1 ou 2 parmi nos milliards de milliards de neurones (cf Dash … 2 en 1 !) mais comme eux ils n’ont que des neurones « disruptifs » dans la tête … et bein … à la fin … Dash a tout nettoyé et ils ont une tête pleine d’eau !

Donc moi, qu’est-ce que j’ai fait ? Eh bein j’ai tout de suite appelé … la permanence de l’UMP : « Allo, bonjour madame … j’suis bien à l’UMP ? »

La secrétaire : « oui »

Moi : « alors voilà, il vient d’arriver un effroyable drame dramatique dans ma cuisine : Dash vient de revendiquer l’attentat contre ma cafetière expresso KRUPS ! »

Elle : « Ha mon dieu c’est une catastrophe catastrophique ! »

Moi : « Je ne vous le fait pas dire … oui, il faut absolument prévenir tout de suite Mr Estrosi »

Elle : « comptez sur moi, je le préviens immédiatement, je lui envoie un sms … alors j’écris heuuu … cricri c’est Cunégonde … Dash vient de revendiquer l’attentat contre la cafetière expresso. Il faut convoquer tout de suite la presse pour t’insurger contre le gouvernement qui n’a pas anticipé l’attaque des cafetières et dire qu’il faut installer 1257 caméras de vidéosurveillance dans chaque appartement ! »

Moi : « et qu’est-ce qu’il répond ? »

Elle : « ha … ça y est j’ai son sms … OK … je prends TF1, prévient Sarko, Guaino, Morano, Fenech de prendre les autres chaînes. Et n’oublie pas de dire à LePen de taper plus fort que nous, si non … on aura l’air cons »

Elle : « ha attendez … un 2eme sms … dis à Guaino de laisser tomber le lance roquettes… c’était trop gros … ça s’est vu. Et de toute façon pour sauver une cafetière des têtes pleines d’eau c’est pas utile »

Moi : « Merci m’dame … oui c’est vrai quoi merde … pourquoi j’avais pas des militaires de l’opération sentinelle dans ma cuisine hein ? Franchement … fait rien ce gouvernement ! »

Et merde … pour écrire cette aventure, j’ai tapé « daesh » dans Google … je vais être fiché « S » c’est sûr … et comme le FN veut emprisonner tous les fichés « S » … qu’est-ce que je vais devenir moi … avec ma cafetière ?

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

#DaeshWillDied
#DaeshWillDied_001

Actualisation du 02/08/2016 : Chers Djihadistes Pieds Nickelés, n’oubliez jamais qu’à la fin, c’est toujours … DARTY qui gagne 🙂

Voici ma nouvelle machine expresso, le top de la technologie Krups avec broyeur de café pour moudre les grains juste avant de couler le café, un must !

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Et si vous voulez entendre le joli petit bruit de ma nouvelle KRUPS et son broyeur à grain de fabrication française en action, c’est ici :

Mémoires d’un parisien sous l’occupation Cégétiste …

Heuuu là … je crois que je me suis lâché … et c’est pire sur l’enregistrement … avec un bonus à la fin comme sur les DVD 😉

C’est jeudi, comme chaque jour, je me suis levé tôt. Hé oui, je fait partie de la France qui se lève tôt. J’arrive à la gare SNCF de Villiers sur Marne. Hier, comme des millions de français, de parisiens, j’ai fait la queue devant le panneau d’affichage de la gare de Rosa Parks. Après plusieurs heures d’attente, j’ai pu accéder à mon tour à cette affiche de 21 cm de large pour 29,7 cm de haut sur laquelle on trouve les milliers d’heures de passage des RER dans chaque gare … imprimé en caractère Times New Roman taille …2 ! Le RER E de 6h34 au départ de la gare de Villiers sur Marne est bien inscrit.

Hé oui, il faut dire que depuis plusieurs semaines, nous sommes en guerre. C’est l’occupation. L’armée cégétiste a profité d’une faille dans la sécurité de notre pays pour entrer dans la capitale. Sans trop d’innovation et de stratégie militaire avant-gardiste, les cégétistes ont pénétré les parisiens comme Ulysse les troyens. Cachés dans des estafettes blanches bariolées de rouge et de faucilles, derrière de gros barbecues géants faisant rôtir des merguez frites, brandissant des drapeaux rouge, hurlant des slogans péremptoires dans des crachoirs électriques, ils se sont fait passer pour une manif hostile aux changements d’horaires à la SNCF. Une manif somme toute classique pour les cégétistes que le parisien connaît bien … oui, il faut dire que le cégétiste est un révolté dans l’âme, il manife quand ça change parce qu’il veut que ça ne change pas et il manife quand ça ne change pas parce qu’il veut que ça change … le parisien est habitué.

Mais là, c’était plus fort. Les cégétistes ont profité de la manif pour investir Paris comme Ulysse Troie. Et c’est place de la république qu’ils ont posé leurs estafettes polluantes, leurs barbecues merguez odorantes, leurs drapeaux criards, leurs porte-voix électrisants et leurs haut-parleurs nasillards. Ils se sont alors découverts et présentés sous leur vrai jour : les nuits debout ! un mouvement a-politique comme ils aiment à se présenter mais quand même vachement ultra à gauche et pas très tolérant pour celles et ceux qui ne partagent pas leur envie de tout casser façon « grand soir ».

Bref, voilà donc plusieurs semaines que nous vivons sous l’occupation cégétiste. De gréve en gréve, de manif en manif, de caillassage en caillassage, de bris de vitrine en bris de vitrine etc … nous vivons au grès des trains supprimés, des horaires au bon vouloir des cégétistes, des stations de métro fermées, des cordons de CRS et des tracts jetés sur la chaussée.

La pénurie commence à se faire sentir. Les files d’attente augmentent aux caisses des supermarchés … à coup sûr nous aurons bientôt des tickets de rationnement. Il n’y a déjà plus de Choco Pops dans mon Simply Market. C’est dire si l’apocalypse est proche.

Mais revenons à notre jeudi matin. Il est tôt disais-je. J’arrive à la gare de Villiers sur Marne pour prendre mon RER E de 6h34. En arrivant, je regarde le prompteur : mon train n’apparaît pas dans la liste ! Hé oui, la ligue cégétiste mouvance révolutionnaire a frappé dans la nuit. Malgré le « 6h34 » affiché en taille de caractère 2 sur l’affiche officielle de la SNCF, les militants du jusqu’au boutisme intégral ont vraisemblablement capturé le mécano, fou à leurs yeux, qui avait accepté de conduire le train de 6h34. Le RER E de 6h34 ne sifflera pas 3 fois, je devrai prendre le suivant … quand ? … personne ne le sait. Les affichages en gare sont devenus très erratiques depuis l’invasion.

J’attends sur le quai un hypothétique train qui aurait réussi à braver la surveillance des cégétistes hystériques. Après environ 4 heures d’attente, un train se profile à l’horizon. Quelle est sa destination ? Personne ne le sait. Le panneau d’affichage en gare indique « Bernichoux le haut ». Oui le « panneau d’affichage en gare » c’est le nom officiel donné par la SNCF à la télé qui affiche un fond bleu et des messages écrit en blanc pour donner la destination des trains. Et en bas de l’écran, un bandeau orange quand ça va bien et rouge quand ça va pas. Autant dire qu’il est souvent rouge depuis l’occupation. Et il est écrit dans ce bandeau rouge : « En raison d’un mouvement social, vos trains peuvent être retardés ou supprimés. Veuillez consulter les affiches en gare pour connaître les trains qui circulent ». Vous savez … l’affiche en gare, c’est celle qui indiquait mon 6h34 … cappitchi ?

Le train s’arrête à quai. Peut importe sa destination, de toute façon, à coup sûr, il ira ailleurs. Les portes s’ouvrent et … une marée humaine se déverse sur le quai. Hé oui, un seul train depuis plusieurs heures, ça fait un grand nombre de voyageurs à transporter. Ces pauvres usagers des transports en commun étaient contenus dans le wagon grâce aux portes mais en ouvrant les portes … les pauvres sont poussés vers l’extérieur. C’est un peu comme un Coca que vous agitez avant d’ouvrir …. Pchiiiiiiiiiiittttt la pression à l’intérieur est telle que le Coca est expulsé quand on ouvre.

Bon, il va falloir re-bourrer tout le monde dans le train et en plus faire entrer ceux qui attendent à Villiers sur Marne dont je fait partie. Heureusement un consultant Cap Gémini, qui a fait sciences Po et l’ENA était de la partie. Hé oui, il se rendait à son travail sans sa voiture depuis que le blocage des raffineries à totalement vidé les stations services. Il prend les choses en main en grand humaniste du service public : « Mesdames, messieurs,  nous sommes environ 3847 à devoir entrer dans cette voiture prévu pour 250 personnes maximum … il nous faut donc concevoir une autre façon de voir les choses. Heureusement, j’ai été formé à l’école de la république pour optimiser la ressource et la dépense des services de l’état. J’ai fait une matrice SWOT, estimé la charge, concentré le pitch et graphé sur ce white bord le draft de notre organisation. La solution est évidente : debout nous n’occupons pas tout l’espace. Nous allons nous allonger, faire des couches jusqu’au plafond de la voiture. Mesdames et messieurs les plus forts se mettront tout en bas et plus les couches monteront, plus les hommes et les femmes les plus légers entreront … ha oui, aussi, d’une couche à l’autre, les femmes à forte poitrines se mettront têtes bêches pour occuper un minimum d’espace … un peu comme au tétris si vous voyez ce que je veux dire … et voilà, ainsi l’espace sera optimisé et nous pourrons tous entrer dans la voiture !« 

Bon, vu ma taille, j’allais me retrouver tout en haut de l’empilement humain. Mis à part le fait que j’allais respirer les toiles d’araignées du plafond, je ne m’en sortais pas trop mal. Mais j’ai quand même fait cette remarque à notre consultant Cap Gemini : « dites, sans vouloir paraître un brin tatillon … vous ne pensez pas que celui qui se trouve tout en dessous risque de … suffoquer …« . Il me regarde d’un air interloqué et me rétorque « Mais pas du tout, regardez le Gant et le QQOQCP, ils sont sans appels … hé … je l’ai ai appris à l’ENA et approuvé dans mon stage chez Nestlé … alors vous voyez !« . Moi « hum … oui, pour optimiser l’empilement des boîtes de conserve … mais vous devez avoir raison puisque vous avez fait l’ENA et moi pas … allons-y« 

Et voilà comment 3847 usagers du RER E sont entrés dans une seule voiture. Faut reconnaître qu’il était pas bête notre consultant Cap Gémini car rangé de la sorte, quand les portes se sont ouvertes à Val de Fontenay, personne n’a été expulsé vers l’extérieur. Bon, on a bien entendu quelques gémissements du type « Haaaaaa je suis écrasé …. je veux sortir ….. pffffff ». Par contre aucun voyageur de Val de Fontenay n’a pu entrer dans la voiture et à voir leur yeux ahuris, je ne suis pas certains qu’ils aient eu envie de partager notre vision de l’optimisation du service public ferroviaire.

Bref, notre train qui aurait du aller jusqu’à Haussmann Saint Lazare s’est finalement arrêté à Magenta. Bein oui, avec le retard qu’il avait pris à Villiers et tout au long de son parcours, il n’allait quand même pas aller jusqu’à sa destination. Nos révolutionnaires cégétistes ont envahi le centre de contrôle de la SNCF et ont obligé notre train à stopper sa route à Magenta. Les portes s’ouvrent, le rang du haut s’échappe de la voiture comme il peut. Je saute sur le quai et marche vers les escalators. Je me retourne et regarde par dessus mon épaule. Quelques personnes sortent de la voiture mais toutes les autres ne bougent plus … pendant ce temps, les hauts parleurs de la gare annoncent un arrêt total du trafic sur le RER E à cause d’un « malaise voyageurs ». Le programme d’optimisation du remplissage des voitures par le consultant Cap Gémini pourrait-il avoir un lien avec cet effet collatéral ? Hum … ça m’étonnerait beaucoup, il a fait l’ENA tout de même et puis … son ROI nous le prouvera …

Je devais prendre le métro ligne 5 mais depuis l’invasion, la ligne est stoppée. Elle passe par République, trop dangereux pour les usagers du métro depuis que les cégétistes ont envahi la place. Bref, je remonte en surface et rejoins, à pied, mon bureau. Il n’y a plus d’autres moyens de transport depuis que les cégétistes ont pris en otage les tram, les bus et les métro de la RATP. J’en ai pour plusieurs heures de marche mais je n’ai pas d’autres solutions, nous sommes sous l’occupation, ne l’oublions pas.

A peine sorti de la gare du Nord, je tombe sur un groupe de manifestants. Ils sont 258 000 selon leur propre décompte et 12 selon les 3 policiers présents sur place pour les contenir. Le plus grand hurle dans son porte voix « salaud de gouvernement, salaud de patron !« . Je m’approche du porte drapeau et lui demande « c’est quoi vos revendications du jour ?« . Oui, depuis l’invasion, il nous faut nous renseigner sur les motifs du jour car de ces motifs dépend l’itinéraire à prendre.

Il me répond « vous voulez le vrai ou celui pour les journalistes ?« .

Moi : « Le vrai évidemment, le coup de la loi travail, c’est bon plus personne n’y croit, c’est un secret totalement éventé« .

Il me répond « hier des céhéfdétistes ont réussi à reprendre le 19ieme arrondissement alors on va charger par Belleville avec la coalition héfeau et même un peu de sudistes gauchistes en vilipendant la loi travail bien sûr« .

Hum, ça ne m’arrange pas. Je vais devoir passer par la place d’Italie, ça va me rallonger. Le plus grand continue de cracher dans son porte voix nasillard « La loi travail ne passera pas, on aura sa peau, salaud de gouvernement« 

J’ose un : « dites … le gouvernement a fait un pas en avant hier, non ? vous ne pensez pas que« .

Il m’interrompt « quoi ? vous être pro gouvernement ? » avec son regard lubrique et son teint rougeâtre pigmenté au tanin de Léon Millot.

Moi : « Ho non … s…sssalau.. de gouvvv….ernement » dis-je … « c’était juste que … enfin, je me disais … puisque le Gouv … enfin … ils ont retiré l’article« 

Il m’interrompt : « C’est bon, de toute façon nous on s’en fou, on la même pas lu la loi travail. On n’est pas d’accord, et pis c’est tout ! OK ? t’as compris … nous on veut juste se foutre sur la gueule avec ces salauds de traîtres de céhéfdétistes … allez dégage avant que je te dénonce aux camarades« .

Je file car une dénonciation « aux camarades » ça veut dire qu’il te choppent à plusieurs, qu’ils te fond monter de force dans l’estafette et tu te retrouves ligoté avec un casque sur les oreilles qui te débite l’anthologie des discours d’Arlette Laguiller. J’ai un collègue qui s’est fait chopé la semaine dernière. Il fanfaronnait en disant que personne ne pourrait lui enlever ses idées très à la droite de la droite (mais pas jusqu’à LePen quand même c’est trop sale), très libérales, bien protégé qu’il était par son adhésion au fan club de Bruno Lemaire. Hé bein le mec, aujourd’hui il arrive au bureau en jogging, sandales ajourées mephisto, bob Ricard, un drapeau rouge marteau/faucille dans une main et porte voix dans l’autre : « on me spolie les crocs de bouchers des patrons » qu’il hurle en boucle dans son porte voix, le regard perdu comme s’il cherchait des araignées au plafond …. Fiouuuuu ça fou la trouille. La radicalisation des djihadistes à côté c’est le monde des bisounours.

Bon, c’est pas tout ça mais je dois rejoindre mon bureau. Je remonte la rue Daumesnil, je croise un groupe de manifestants cégétistes fortement encadré par 4 policiers de la BAC « salaud de gouvernement, on aura ta peau » scande le porte voix accompagné par un immense haut parleur qui diffuse « l’internationale » en techtronic remixé par David Guetta … hé oui, personne ne sait à ce jour si le DJ s’est fait choppé par les cégétistes dans l’estafette ou bien s’il inaugure le mouvement de collaborationnistes avec l’envahisseur … l’histoire nous le dira.

Toujours est-il que son dernier titre « Beyoncé loves butcher hooks » fait un carton sur Radio CC. Radio CC c’est la seule radio qu’il nous reste depuis l’occupation. Radio CoCo c’est la radio émancipatrice du peuple qui nous libère de la dictature du capital en nous diffusant une information vraie à travers la sage parole d’un grand philosophe : chaque jour, un des 3 grands philosophes officiels est choisi et un de ses discours est retransmis 14 fois puis Jean-Luc Melanchon le commente en expliquant que l’on peut aujourd’hui aller encore plus loin. Hier c’était le discours d’André Lajoinie et avant hier celui de Robert Hue alors aujourd’hui c’est celui de George Marchais. Bon … j’ai toujours pas compris pourquoi Elkabbach pose ses questions et George Marchais répond à autre chose. Mais c’est sûrement parce que j’ai pas fait l’ENA ….

Bref, arrivé à l’angle de la rue PicPus, je suis interpellé par un parisien qui me demande : « hé camarade ! tu viens ce soir, à Répu’ pour le débat citoyen ? »

Moi : « bein … non, pourquoi ?« 

Lui : « parce que c’est un thème hyper méga important pour notre avenir de peuple libre. On va voter pour ou contre la proposition méga intelligente d’un type totalement a-politique mais vachement encarté à la fédération anarchiste tu vois. Comme tout le monde se bat sur l’âge de la retraite alors lui, il propose que chaque citoyen décide lui-même de la date à laquelle il souhaite partir en retraite. Et aussi que chacun puisse décider du montant de la pension qu’il souhaite toucher !« 

Moi : « heuuu bein … je vais vous laisser débattre … hein ! Je ne suis pas certain de pouvoir faire avancer la proposition plus loin … hum hum. » et j’ajoute « heuuuuu dis ? Ton pote … totalement a-politique mais vachement à gauche quand même … il aurait pas fait l’ENA ? …  » il m’a regardé bizarrement … forcément il avait pas connaissance de mon aventure avec le consultant Cap Gémini.

Après 5h de marche, je suis enfin arrivé au bureau. Enfin pas tout à fait. Je suis arrivé devant le bureau. Hé oui parce que les cégétistes étaient devant notre bâtiment. Si j’ai bien compris le meneur qui s’époumonait dans le crachoir électrique, nous sommes des « salauds de fonctionnaires aux ordres du salaud de gouvernement« . Alors pour montrer leur détermination à renverser le monde, ils ont tout tagué le trottoir et la façade du bâtiment, avec des messages super méga hostiles genre « Salaud de gouvernement » ou encore … heuuuu … aussi « salaud de gouvernement« .

Et comme ils sont cégétistes de chez Peugeot, c’est écrit avec de la peinture de voiture. Comme ça, ça coûtera bonbon à faire nettoyer … et le bonbon sera payé avec l’argent de l’état … donc mon argent de contribuable … ouaip … « salaud de gouvernement » !

Bon, vu les 80 000 cégétistes présents (ou 14 selon la police) et les 200 CRS, je comprends que je ne parviendrai jamais à rentrer dans le bâtiment. Pis de toute façon, je suis parti à 6h15 ce matin et il est déjà 18h00 … je vais faire demi-tour. Avec un peu de chance, en faisant du stop je rentrerai plus vite chez moi qu’en transport en commun qui ne circule plus. Ha non ! j’ai oublié! comme ils ont aussi bloqué les raffineries … il n’y a plus de voiture qui roule …

Bon … je vais marcher, parait que c’est bon pour la santé. En moi, je refaisais les comptes : 258 000 à gare du nord, 595 000 à Daumesnil et 80 000 à la porte des Lilas, ça fait 933 000 manifestants et … heuuu …. 12 au nord, 9 à Daumesnil et 14 au lilas, donc 35 selon la police 😉

35 têtes de bois qui font chi……… 60 millions de français … comment une minorité peut elle être aussi bruyante et bloquer, dans une perspective passéiste de 1936, la majorité qui veut avancer …

Ha oui … j’oubliais, c’est pas parce qu’on bosse dans le service public qu’on est fonctionnaire. Moi j’ai un contrat de travail de droit privé … comme le cégétiste de chez Peugeot !

 

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Allez les bleus …

Allez les bleus ……  ! Le Petit Prince soutient les bleus et il le prouve

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Houlala … je suis entouré de Portugais. J’ai des Klaxons et des sirènes depuis le milieu de l’après-midi. Mais là, il est 21:00 … c’est le silence. Même le barbecue des portugais d’à côté qui fumait comme un pompier s’est arrêté … Bon, en même temps ça sentait … la merguez !!!

YEEEEEEEEEEeeeeeessss!!!! on est les champions, on est les champions, on est … on est … on est les Champions …. de l’organisation d’une grande manifestation sportive en pleine menace d’attentat terroriste !

 

Comment Carrefour m’a entendu ;-)

Pour celles et ceux qui suivent mes billets, vous vous souvenez certainement de ma très grande consternation lorsque l’enseigne de grande épicerie Carrefour a décidé unilatéralement de changer les paniers de course individuels par des paniers à linge sale à roulettes.

Si vous souhaitez relire le billet, c’est celui-ci : « rendez-nous nos paniers »

Bref, vous connaissez ma persévérance et ma tenacité. Hé bien depuis plusieurs mois maintenant, presque une année puisque c’est en août 2015 que les paniers se sont éteints, je pourris systématiquement les enquêtes de satisfaction de l’épicerie Carrefour de Noisy le Grand.

Aujourd’hui, je me rends donc au centre commercial les Arcades, puis je pénètre dans la grande épicerie par le 1er étage. Je tourne machinalement à bâbord pour aller prendre l’ignoble panier à linge sale que Carrefour m’oblige à pousser dans les allées.  Mon bras se tend vers la pile de paniers à linge sale quand mon oeil gauche est attiré par le bleu électrique d’une colonne parallélépipédique rectangle située juste à côté.

A sa vue, mes yeux se brouillent d’une fine pellicule liquide … j’ai la larme à l’oeil ! Oui mesdames et messieurs, à ce moment précis, et sans vous paraître vieux jeu ni encore moins grossier… l’homme de la pampa, parfois rude, reste toujours courtois, mais la vérité m’oblige à vous le dire : j’ai versé une larme !

Car vous savez quoi ? Cette colonne bleu électrique, c’est un empilement de … paniers ! oui vous avez bien lu, de paniers tout simples comme on les aime. Les paniers sont revenus. Après une année de disparition, les paniers pour faire des courses de célibataire sont de nouveau disponibles au carrefour de Noisy le grand. Regardez, j’ai fait une photo :

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Imaginez la scène … j’ai délicatement retiré le panier du haut de la pile. Puis j’ai saisi, tout aussi délicatement, sa petite poignée noire encore toute frêle. Je l’ai fait pivoter pour l’amener à sa position d’utilisation nominale et … j’ai entendu le discret … clic … quand les 2 petits pipions viennent se bloquer en position verticale … que c’était beau, j’ai versé une seconde larme …

Ensuite j’ai … retiré mon masque de Dark Vador et mon chapeau de Zorro. Bein oui parce que j’avais tellement honte de pousser le panier à linge sale dans les allées que je ne voulais pas être reconnu !  Maintenant je peux aller et venir dans les allées, le visage découvert et libre. Libre d’exposer mon panier au bout de ma main. Libre de montrer mon panier aux clients qui poussent le gros caddie, genre poids lourd transcontinentale import-export, que la vie est bien plus facile en panier sans roulettes. Et surtout, libre de m’esclaffer quand je croise un acheteur compulsif qui pousse son panier à linge sale d’un air dépité … hé oui … la prochaine fois, tu pourras prendre un vrai panier 🙂

Bon, le petit panier n’a pas encore de roulettes. Ce n’est pas encore un vrai panier sur le modèle de celui que nous connaissions, mais c’est déjà mieux.

Bref, je ne pensais pas que ça pouvait avoir un effet, mais manifestement, à force de pourrir les enquêtes de satisfaction du Carrefour de Noisy le Grand, j’ai réussi à faire revenir les vrais paniers. Car cela ne fait aucune doute, je dois bien être le seul à mettre des tonnes de commentaires dans les enquêtes pour dénoncer le « panier à linge sale » et à demander le retour des vrais paniers, tel un cégétiste hystérique, peut-être même un peu autiste, qui demande le retrait de la loi travail …

Ou alors … c’est quand j’ai mis le lien vers mon article blog dans les commentaires de l’enquête de satisfaction qu’ils ont compris l’origine de leurs résultats tout pourris.

Autant dire qu’un seul client, en l’occurrence moi, a réussi à faire fléchir une décision qui finalement convenait à la majorité. Car il faut le reconnaître, tous ceux qui poussaient leur panier à roulettes n’avaient pas l’air de se rendre compte qu’ils poussaient un panier à linge sale 🙂

Bref, c’est la preuve qu’une minorité, moi tout seul, peut faire chier la majorité pourvu que je donne un peu de la gueule ! Un peu comme le cégétiste, tout seul, pourrit la vie de millions de français sur la loi travail … tiens, je crois que mon prochain billet sera sur ce thème.

(à suivre …)

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Madame la présidente, je vous fais une lettre …

Vous avez toutes et tous entendu la controverse actuelle entre Valls et Pécresse sur l’augmentation du pass’navigo pour les Franciliens. Ça m’a inspiré un petit texte, sans prétention, sur l’air d’une chanson connue …

Si vous n’avez pas suivi cette histoire très parisianoparisienne, voici un article sur le huffington post : Le pass navigo  

LE VOYAGEUR

Madame le président*,
Je vous fais une lettre,
Que vous lirez peut-être,
Si vous avez le temps.

Je viens de recevoir,
Votre papier dans le métro,
Pour tuer le pass’navigo,
Pour tous nous décevoir,

Madame le président*,
Je ne veux pas la disparition,
De celui qui m’amène à destination,
En ile de France je suis résident.

C’est pas pour vous fâcher,
Il faut que je vous dise,
Ma décision est prise,
Je m’en vais résister.

Depuis que je suis né,
J’ai vu le ticket Té,
J’ai vu la carte colorée,
Et le pass navigo zoné.
Les parisiens ont tant pass’navigué,
Qu’ils ont oublié le composteur,
N’ont plus peur des contrôleurs,
Et jouent des appli RATPé.

Quand je travaillais ailleurs,
J’ai du prendre ma voiture,
Conduire et c’était dur,
Des heures et des heures.

Demain de bon matin,
Je fermerai ma porte,
Rejoindrai la cohorte,
Des usagers du RER francilien.

Je consacrerai ma vie,
Sur les routes d’Ile de France,
De Nogent à Vitrey-sur-Mance,
Et je crierai aux gens :
«Refusez d’obéir,
Refusez la maladresse,
De la taxe Pecresse,
celle qui va nous appauvrir »

S’il faut donner son argent,
Donnez le vôtre mame Pecresse,
Puisque c’est votre business,
Madame le président*.

Si vous me poursuivez,
Prévenez vos gendarmes,
Que j’ai mon arme,
Des mots bien pesés.

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire et qui veulent la musique 😉

 

Hé hé, j’ai respecté les strophes et les rimes
Il y a juste une erreur … volontaire car c’est un clin d’oeil 😉

A vous de la trouver …

* désolé pour les féministes en herbe, mais si je mets « la présidente » … bein … ça rime plus 🙂 et j’ai bien mis « Madame »