La pas si nouvelle carabistouille de la grande distribution

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Je suis allé faire un tour du côté de ma grande épicerie. Celle qui a un nom en 6 lettres façon « le bonheur est dans le pré » pour vous mettre sur la piste … en terre avec de l’herbe sur les côtés … sans citer le nom pour ne pas avoir de problème de copyright tout ça.

Bref, c’est à la caisse que l’embrouille a commencée. Je règle en introduisant ma carte dans le lecteur. Oui, je suis contre le NFC ! Le NFC c’est le fameux paiement sans contact. En anglais ça veut dire « Near Field Communication ». Et Field en anglais c’est quoi ? Hum … je vous le demande … hum ? Field ça veut dire … « Champ » ! Ha ha et où est-ce que je suis présentement hein ? Dans quelle enseigne de la grande distribution … hum ? Ca sentirait pas un peu le complot tout ça ? Pour peu que la somme de mes produits atteigne 6 euros et 66 centimes, là il n’y aurait plus aucun doute.

Mais ce n’est pas là où je veux en venir. En fait, ça n’a même rien à voir. Perdu, pour le complot il faudra revenir. Non, en fait, c’est après le paiement que le scénario pernicieux a débuté. En effet, non contente de me tendre mon ticket, la caissière y a joint … un collector ! Ce genre de papier plié en deux sur lequel tu colles des petites pastilles autocollantes qu’elle te remet à chaque passage en caisse. Et c’est là, la fameuse pas si nouvelle carabistouille de la grande distribution.

Dans l’esprit c’est assez simple : en fonction du montant de tes achats, la caissière te donne le nombre de petite pastille correspondant. Toi, tu les ranges bien précautionneusement dans ton portefeuille. Quand tu arrives chez toi, tu t’installes à la table du salon … ou de la cuisine ça marche aussi. Tu ouvres ton collector et tu complètes ta collec’ en collant soigneusement tes nouvelles pastilles sur les emplacements dessinés sur le collector. « Soigneusement » ça veut dire que tu tires la langue tout en collant ta pastille. Après ça, tu prends ton index et tu le poses sur chaque pastille pour les compter. Et tu es super méga heureux parce que tu en a déjà 14 et que quand tu en seras à 2538 hé bein tu auras le droit d’acheter un sac à dos à 6800 euros vachement moins cher que 12 578 euros que tu devrais débourser si t’avais pas collectionné les petites pastilles.

Hé ouais ! Parce que c’est comme ça ! Toi … t’es un privilégié ! T’es pas comme tous ces autres gens du supermarché qui tirent une langue de 3 kilomètres devant le sac à dos super cher … toi tu bénéficies d’une ristourne de la mort qui tue juste parce que c’est toi. Parce que c’est toi, le magasin est prêt à sacrifier son chiffre d’affaire du mois juste pour te faire plaisir. Hé ouais, il est comme ça Gégé ! Il a la main sur le coeur … ou plutôt … le coeur sur la main … enfin bref, il l’a pas dans poche … sa main …le Gégé. Et tant pis s’il doit attendre un mois de plus pour changer sa Lamborghini … tu as complété ta collec’, t’as le droit d’acheter le sac à dos avec la grosse ristourne et pis c’est tout ! En psychologie on appelle ça … un attrape nigaud ! Et le nigaud … il est pris dans les mailles du filet quand il commence sa collec’ car il a l’impression d’être quelqu’un. Il n’est pas comme les autres. Il sort de la banalité affligeante des p’tits gars qui viennent au magasin pour acheter. Lui, il a droit à une grosse réduc’ c’est donc qu’il est quelqu’un. Alors pour ça, le Gégé il flatte la croupe du client en lui faisant croire qu’il se saigne aux quatre veines pour le bonheur du client qui fait la collec’. Le client est … capté, couic dans le filet du Gégé !

Bon, vous l’avez compris, pour cette opération carabistouille, mon grand magasin a choisi le thème de la maroquinerie : sac à dos, valise à roulettes, trousse de couture et tout le toutim. Il y a deux mois c’était le thème des couteaux qui tranchent tout même le béton en acier inoskidable fabriqués à la forge de Winterfell ! Et encore avant, le thème des accessoires de camping et de marching … normal on était en pleine période de vacances scolaire d’été.

Donc, me voilà avec mon collector et mes vignettes, sortant du magasin d’un pas nonchalant parce que les chats, c’est quand même vrai que ça coure vite. Je vous laisse 10 secondes pour comprendre …

J’avais donc adopté un pas « non chat lent » 😉 parce que je lisais la notice de mon collector. Et lire en marchant c’est quand même pas facile vu que tu as besoin de regarder où tu mets les pieds alors que tes yeux … ils regardent le papier. Je lisais le règlement en tout petits caractères quand j’arrive au ratio. Le ratio c’est le nombre de neuros que tu dois dépenser dans le grand magasin pour avoir une petite pastille que tu multiplies par le montant de ton ticket de caisse et qui te dit combien de petites pastilles la caissière va te donner et, potentiellement, combien de fois tu devras revenir dans ce même magasin pour compléter ta collec’ ! Oui arrivé à ce stade, l’opération présente déjà plusieurs failles :

  • La première : l’opération ne fonctionne que dans un seul magasin. Hé oui … sur mon trajet de retour, quand je suis passé à la boulangerie pour acheter une baguette tradition, j’ai demandé à la caissière de me donner des petites pastilles. Hé bien … elle a refusé avec un air étonné ! Pareil quand je suis passé au « pizza truck » prendre une quatre fromages aux anchois mortadelle et betterave rouge mais sans pepperoni … le mec n’a pas voulu me donner des petites pastilles en faisant celui qui n’était pas au courant de cette opération.
  • La deuxième : le fameux ratio dit « une petite pastille autocollante dorée pour 10 euros d’achat« . Seulement voilà … avec les 13 euros et 21 centimes de mon ticket … je pose 2 et je retiens 3 … j’aurais du recevoir … 1 petite pastille. Hé bien figurez-vous que la caissière … elle m’en a donné … 3 ! Alors j’ai immédiatement paniqué ! 2 de trop … 2 petites pastilles de trop … la caissière a fait une erreur. C’est certain, ça va très vite remonter jusqu’aux oreilles de Gégé et il va la limoger ! Si elle fait de telle gourance avec les petites pastilles qui donnent accès au sac à dos avec la monstrueuse réduction … c’est toute la grande distribution qui va périr ! Et en plus, elle devra s’inscrire à Pôle emploi et rejoindre le bataillon de sans emploi qui en cherche … de l’emploi … mon dieu quelle horreur !

Mais il était trop tard pour retourner au magasin et rendre les petites pastilles mal acquises car déjà … la nuit était tombée … boum !

J’ai donc continué la lecture des petits caractères tout p’tit tout p’tit. Et ça disait que mon sac à dos super trop bien qu’il était il coûtait beaucoup beaucoup de neuros genre vers les 80. Mais que si je remplissais bien ma collec’ alors je pouvais l’acheter à seulement 19 neuros et 99 centimes de neuros vu que c’était moi et que j’avais bien remplis ma collec’ de petites pastilles autocollantes. Et ensuite c’était écrit encore plus petit que petit genre … heuuu … « la bible sur un timbre poste » si vous voyez ce que je dire. Même avec mes lunettes bioniques et mes verres Essilor Varilux j’arrivais pas à lire. C’est vous dire si c’était petit. J’ai donc pris la loupe mais ce n’était pas encore assez. Alors j’ai pris les jumelles mais ce n’était pas encore assez. Alors j’ai pris une photo et j’ai agrandi 1000 fois … mais c’était pas encore assez. Alors, je suis allé voir mon voisin du dessus, Grichka B. … qu’il s’appelle mon voisin du dessus. Il habite avec son frère … Igor B. Et tous les deux ils travaillent à l’observatoire gastronomique des étoiles de la galaxie de presque tout l’univers parce qu’il y a une partie de l’univers qu’ils ne peuvent plus observer depuis que Grichka il a fait tomber son Coca dans le périscope et ça a tout oxydé le bas de la lentille et maintenant on voit plus rien dans cette partie. Grichka il est sympa, il a pris mon règlement de mon collector et il va déchiffrer les tous petits caractères avec son télescope.

Mais revenons sur les deux failles que j’ai repérées. D’abord, je dois faire des achats uniquement dans le même magasin. C’est quand même dingue, non … vous ne trouvez pas ? Combien de paquets de nouilles et de saucissons fleury michton je vais être obligé d’acheter pour avoir le droit d’acheter mon super sac à dos avec ma grosse réduc’ rien que pour moi ? Du coup, je vais acheter plus que je n’ai besoin juste pour avoir les petites pastilles autocollantes. Me voilà engagé dans une frénésie consumériste, courant dans les rayons avec mon panier à roulettes, choppant des trucs au passage juste pour faire augmenter le ticket de caisse et recevoir plein de petites pastilles autocollantes. Et c’est comme ça que je suis rentré chez moi avec un baba au rhum allégé et sans gluten, un seau de cornichons, une palette de brique de lait pasteurisé, un bidon de surimi, un fer à friser, 4 paires de pantoufles Reine des Neiges, un tube de mayonnaise râpée et 3 sacs de nourriture pour attirer les ours polaires.  Mais je m’en fou, j’ai terminé ma collec’ ! Enfin bref, le grand magasin il a réussi à faire de la survente

Mais c’est pas tout ça, il en où le Grichka avec le règlement de mon collector ? Bein, en fait avec son télescope  c’était pas encre assez alors il a bidouillé, mais ne me demandez pas comment, un truc pour coupler Hubble avec son télescope à lui et là … c’était bon il a réussi à lire les petits caractères du règlement du collector de la grande distribution. Et c’était écrit que le sac à dos vachement super trop bien qu’il est, il est fabriqué à Rasoolpur, quelque part loin dans le monde là-bas, par des mains expertes recrutées spécialement dès leur plus jeune âge. Que le sac il coûte 3 euros et 25 centimes à fabriquer et que dans sa très grande bonté généreuse, Gégé l’achète 4 euros et 80 centimes auxquels il faut rajouter 2 euros et 38 centimes pour le mazout du cargos qui fait voyager le super sac à dos. Donc au total le méga sac super trop bien, il coûte 7 euros et 18 centimes. Et moi, j’aurai le droit de l’acheter 19 euros et 99 centimes si je complète bien ma collec’.

« Heuuu attend …. y a comme un truc qui déconne … là. Quand tu paies ton super sac qu’il est méga bien tout ça … t’as pas l’impression que ton Gégé il fait 3 fois la culbute ? Hein ? Du coup … ta réduction … c’est pas un peu du bidon ?  »

« Mais non, t’y connais rien. Pisqu’il te dis … que le sac à dos … sans la reduc’ … il coûte … 80 euros ! Tu vois bien qu’à 19 euros 99 c’est une méga réduc de la mort qui tue ! »

« Mouais … tu m’enlèveras pas de l’idée que ta réduc’ … elle quand même un peu … bidonnée »

Enfin bref, ce principe du client capté, de la survente et de la fausse réduction n’est pas une idée de génie d’une start’up de la Silicon Valley. Souvenez-vous d’il y a … fiouuuuu ….. très longtemps. On achetait des paquets de nouilles et on découpait les points « Chèque Chic » qu’on mettait dans une boîte en fer sur la cheminée. Et quand on avait 20 points chèque chic, on pouvait acheter l’affiche de la cuisinière à mettre dans la cuisine. Comme ça on payait nous-même la publicité pour les nouilles ! Mais siiiii souvenez-vous, c’était une célèbre marque de nouilles dont le slogan disait « Des nouilles heuuu des nouilles heuuuu oui mais des …. Lustucru ! » ha ha vous voyez que ça vous revient !

Donc cette carabistouille du super sac à dos qu’il est trop bien même pas cher avec ma collec’ … c’est du réchauffé et pis c’est tout !

Publicités

Le supermarché improbable

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Ce soir je suis dans le tram, assis à mon club quatre, réfléchissant comme à mon habitude. Voyez-vous, je suis du genre à anticiper, à organiser, bref à planifier. Dans le jargon technique de la psychologie on va dire que je suis plutôt J sur la dimension J–P du MBTI. Et surtout, ne venez pas me dire qu’il s’agit d’une dimension Jungienne ! Oui, j’y tiens. Car Young n’a proposé que trois dimensions : E–I, S–N, et T–F. La dimension J–P a été ajouté par les auteurs Isabel et Katherine Briggs. Alors je vous en prie ne faites pas comme certains mauvais psychologues qui pensent que les quatre dimensions ont été proposées par Young dans sa célèbre typologie. Et ne me demandez pas non plus pourquoi Isabelle et Catherine portent le même nom.

Mais voilà que je m’égare car à l’origine il ne s’agit pas de parler du MBTI. Il s’agit de parler d’un supermarché improbable.
J’étais donc dans mon tram T3, assis toujours sur mon club quatre, réfléchissant à ce que j’allais manger ce soir. Échafaudant de nombreuses hypothèses, oui je suis du genre à anticiper comme je vous l’ai déjà expliqué. Échafaudant de nombreuses hypothèses, disais-je, j’en arrivais à cet insight, c’est-à-dire à cet éclair transcendant qui vous apporte cette réponse que vous cherchez depuis des heures et des heures. Et en l’occurrence ici, cet insight n’est autre qu’un … pot de rillettes !

En effet en réfléchissant à toutes les hypothèses de mets culinaires qui pourraient faire mon repas du soir, je me suis souvenu que j’avais dans mon placard en haut à gauche de ma cafetière KRUPS à broyeur intégré, un petit pot de rillettes qui devraient être bien bonnes car elles viennent du Mans. Et ce n’est pas une forfaiture, ni une invention de ma part car … c’est marqué dessus !

J’ai donc poursuivi ma réflexion en partant de l’hypothèse « rillettes ». Mon schéma cognitif est alors le suivant : tout d’abord s’interroger sur les conditions dans lesquelles les rillettes du Mans seront les plus goûteuses ? A cette question tout le monde vous répondra sans exception : « délicatement étalées sur un morceau de pain frais et croustillant ». Il me faut donc trouver une boulangerie susceptible de me fournir en pain frais et croustillant.

Ici mon heuristique de raisonnement est assez simple puisque j’identifie immédiatement la boulangerie du bas de chez moi. Mais, il est nécessaire de prendre en compte quelques caractéristiques. Nous sommes vendredi, il est 17 heures, le pain le plus frais et le plus croustillant sera donc celui de la fournée du soir qui est disponible, d’après mes observations, après 18 heures. Il faut donc que j’arrive à la boulangerie du bas de chez moi après 18 heures, mais avant 19h15 car à cette heure … il n’y a plus de pain.
Je me vois déjà, tartinant délicatement mes rillettes du Mans sur la baguette tradition tout juste sortie du four, fraîche et croustillante à souhait. C’est alors que j’imagine le petit carré de pain surmonté d’une épaisseur consistante de rillettes, accompagné d’un cor … sacrebleu, je comprends immédiatement la faille de ma démonstration. Et le gâchis gastronomique si je ne résous pas d’abord cet imbroglio : je n’ai plus de cornichons chez moi.

Heureusement que je suis du genre à anticiper car la rillette a beau être étalée sur du pain frais et croustillant, si elle n’est pas accompagnée d’un cornichon c’est toute une tradition française qui est bafouée. Il me faut donc trouver rapidement et en tout cas avant 18 heures un pot de cornichons de bonne facture.
Première hypothèse, je passerai au petit magasin Franprix avant de passer à la boulangerie et je pourrai trouver un pot de cornichons. Encore une fois mon anticipation me permet d’évaluer la qualité des cornichons que je peux trouver dans mon petit magasin Franprix. Je me souviens en effet que le dernier pot acheté était rempli de cornichons tellement fins que j’ai du les prendre à la pince à épiler. Des cornichons fins, je veux bien, mais il faut quand même qu’il y ait de la matière à croquer. Il me faut donc trouver un autre lieu d’approvisionnement en bocal de cornichons.
J’en étais là de mes réflexions, lorsque je m’aperçois que mon tram T3 est en approche de la gare de Rosa Parks. Je jette alors un œil sur l’horloge gigantesque totalement incrustée dans le mur de la station RER : 17h25. Autant dire que si je prends le RER de 17h35, je risque d’arriver un peu tôt à la boulangerie. Je décide alors de profiter du petit temps que j’ai à tuer devant moi pour me rendre chez l’épicier Édouard Leclerc de Rosa Parks.

Voyez-vous Rosa Parks est une station RER relativement récente et les aménagements autour de Rosa Parks sont encore plus récents. Il y a la des dizaines et des dizaines de magasins, de restaurants, de croissanterie, bref nous sommes là dans un quartier totalement rénové façon « branchouille ». Je veux dire par là que nous sommes très loin de l’architecture douteuse, et principalement cubique voir parallélépipédique rectangle, des magasins de zones commerciales. Pour le dire autrement, nous sommes très loin des zones commerciales affreuses, composées de hangars en tôles aux couleurs tantôt blafardes tantôt criardes qui enlaidissent les paysages de nos périphéries urbaines par des non-sens esthétiques qui insultent les yeux des hommes et des femmes qui se précipitent à l’intérieur, non pour consommer voracement, mais pour s’épargner la vision d’horreurs métalliques qui étalent au grand jour notre régression architecturale depuis des millénaires et le modèle de la périphérie urbaine du Caire magnifiquement aménagée du côté du plateau de Gizeh … trois petits points de suspension … comprenne qui peut … ou qui veut mesdames et messieurs de la grande distribution responsables de la défiguration de nos périphéries urbaines et PAF ! ça … c’est fait !

Bon, où est-ce que j’en étais ? Ha oui, voyez-vous, lorsque vous entrez dans l’épicerie Édouard Leclerc de Rosa Parks, après les classiques portillons automatiques, vous pénétrez dans un intérieur aux couleurs chatoyantes et à l’équipement électronique branché et connecté de la dernière génération. Par exemple vous avez un appareil qui transforme vos pièces de monnaie en bons d’achat. J’ai pas du tout compris l’intérêt d’une telle fonctionnalité mais bon si ils l’ont fait c’est que ça doit servir. Un peu plus loin vous avez sur votre gauche une espèce de cage vitrée transparente derrière laquelle défilent des clients à la queue leu leu. Vous vous demandez bien ce qu’ils font jusqu’à ce que vous découvriez qu’ils passent leurs articles sur les caisses automatiques sans caissière. Encore un peu plus loin, derrière son comptoir, le monsieur de la sécurité récupère votre sac, exactement comme la conciergerie. C’est-à-dire qu’il prend votre sac, va le ranger dans un espace dédié, et vous donne en échange un petit carton avec un numéro. Autant dire le grand luxe des palaces parisiens à la portée du client d’Édouard Leclerc.

Je pénètre donc dans le magasin, admirant devant moi les kilomètres de linéaire. Mais attention pas des linéaires en tôle blanche blafarde, toute tordue, à l’image de l’architecture en tôle cubique desdits magasins. Non, non, non devant moi ce sont de magnifiques étalages design, de couleur noire comme les célèbres berlines allemandes, recouverts de bois, sans aucun doute de sapin des Vosges à ce niveau de qualité. Voyez-vous, dans ce magasin les étiquettes ne sont pas toutes pourries et illisibles comme dans tous les autres magasins. Ici les étiquettes sont fabriquées dans la même technologie que les liseuses sur lesquels vous téléchargez le dernier Guillaume Musso. Oui alors là je préfère prévenir tout de suite, j’ai cité Guillaume Musso juste pour que les moteurs de recherche genre Google répertorient mon article. En effet si j’avais choisi un autre auteur plus intéressant, voir même Carl Gustav Jung, la probabilité pour que Google référence mon article aurait été bien plus faible. Tout cela pour dire que je n’ai jamais lu Guillaume Musso et que je serais bien incapable de citer quoi que ce soit de sa plume.

Bon, vous l’avez compris le magasin est hyper tendance. On pourrait même dire qu’il est « hype ». Et là vous vous dites « mais où est-ce qu’il veut nous emmener avec son histoire de magasins ultramodernes ? ». Et bien voyez-vous, dans ce magasin ultramoderne, ultra design, ultra tendance et tout et tout, et bien on ne trouve rien ! Car mon bocal de cornichons, je ne l’ai jamais trouvé. Ha ça … des cornichons j’en ai trouvé ! Et pas que dans les clients ! Des cornichons à la Russe, des cornichons aigres-doux, des cornichons au vinaigre balsamique, des cornichons au sel de Guérande, des cornichons au piment d’Espelette, des cornichons sans Glyphosate … oui, là j’ai un peu inventé mais c’est pour la même raison que le Musso du dessus : le mot « Glyphosate » est très tendance  en ce moment, donc en le rajoutant PAF les moteurs de recherche vont relayer mon article et BIM cet article aura plein de statistiques, de faulauweurs et tout et tout.

Bon, où est-ce que j’en étais ? Ha oui, des cornichons machin tout ça, des cornichons au jus de pruneau d’Agen, des cornichons élevés sous la mer, des cornichons sans sucre ajouté, des cornichons à 25% de matière grasse et sans oublier, évidemment, les célèbres cornichons du bassin d’Arcachon !

Mais des cornichons tout simples, que nenni … nada … rien … impossible de trouver un bocal de cornichons tout simple.

De guerre las j’ai donc renoncé à ma quête du cornichon dans cette épicerie. Car oui il faut le dire et dénoncer cette situation intolérable où, en France, en 2017, l’administration autorise l’ouverture de magasins improbables dans lesquels on ne trouve pas de cornichons basiques. Alors même qu’il en va de l’avenir de notre gastronomie.  Je repense ici à mes rillettes orphelines … reposez en paix … le frigidaire sera votre caveau pour l’éternité tant que je ne trouverai pas de cornichons … amen !

Alors je le demande solennellement au gouvernement : il faut obliger les épiciers à vendre des cornichons … génériques ! On a su le faire pour les médicaments, il faut le faire pour les cornichons !

 

Combien de temps pour … un z’oeuf à la coque ?

Ha ha ! hein ? combien de temps ? Non non, je vous voir venir. Interdit d’aller sur votre moteur de recherche. Il faut trouver … là … tout de suite. Et sans pouvoir faire appel à un ami !

Car c’est exactement ce qui m’est arrivé, il y a peu, lors d’un déplacement professionnel. Voyez-vous, ce qu’il y a de bien dans les déplacements professionnels, c’est le petit déjeuner le matin à l’hôtel. En semaine ordinaire, chez toi, t’as pas trop le temps. Alors zou … un café vite fait sur le coin du zinc tout en enfilant ta chemise et en nouant ta cravate. Haaaa saperlipopette, quel gros ballot je fais ! J’ai taché ma chemise avec mon café … bon bref, c’est plutôt régime sec. Alors quand tu es en déplacement professionnel, quel bonheur que de descendre à la salle petit dej’ de l’hôtel. De n’avoir rien à faire. Juste choisir tout ce que tu veux au milieu de cet étalage de pancake, baguette fraîche et croustillante, fromage, charcuterie, fruits, céréales, yaourt, confiture, beurre, miel et … la machine à cuire les z’oeufs !

Oui, je n’ai jamais fait un seul hôtel qui n’ai pas cette « machine à z’oeufs ». Un ustensile tout simple : de l’eau qui bout, des petits paniers métalliques au bout d’un manche et une provision d’oeufs. En clair, tu vas te faire cuire un oeuf comme tu veux. A la coque, dur, mollet, brouillés, oeuf au plat c’est toi qui vois. Et toujours, toujours, toujours à côté de ladite machine il y a de quoi se remémorer le temps pendant lequel tu laisses ledit oeuf plongé dans l’eau.

Je me souviens de l’hôtel de la semaine précédente. Les temps de cuisson étaient écrit, à la craie, sur une ardoise. C’était super déco, tendance façon auberge d’autrefois.

Bref, je suis donc avec mon z’oeuf dans une main et le panier porte z’oeuf dans l’autre. Je cherche le temps de cuisson pour un oeuf coque … rien … rien de rien ! Pas un écriteau, pas un petit papier, pas une notice sur la machine, et encore moins une jolie ardoise avec des pleins et des déliés à la craie … rien ! Même pas un minuteur à portée de main … rien !

Bon, « On va pas se mettre le tyrex au court-bouillon quand même » me dis-je . Oui c’est pour dire qu’on va pas se faire des noeuds au cerveau juste pour ça. C’était pour accentuer le côté « rate » que je trouve trop édulcoré. Je ne sais pas si vous avez déjà essayé de mettre un tyrex au court-bouillon … hein ? Déjà que le homard c’est pas évident parce qu’il se défend le gars voyant bien que sa dernière heure à sonné. Alors un tyrex, vous pensez bien.

Du coup, 3 options s’offrent à moi : 1. je demande à quelqu’un dans la salle 2. j’y vais au feeling 3. j’abandonne. Alors autant vous dire que la 3 est balayée d’un trait de plume avant même d’être envisagée. Oui ! un Bebel n’abandonne jamais. Un Bebel ne capitule pas devant l’adversité. Un Bebel assume en toute circonstance, c’est comme ça. C’est quand même pas un truc, sorti du fondement d’une poule, qui va me tenir tête.

Pour la 1, ça pourrait encore se discuter parce que dans la salle, il n’y a que des inconnus. Je pourrais donc demander, au risque de passer pour une nouille, car personne ne me connaît. Mais imaginons que demain, je devienne célèbre hein ? Vous imaginez si cette histoire venait à sortir dans la presse : « Ha ouiiii c’est le mec qui ne savait pas cuire un oeuf à la coque !« . Bon, on ne sait jamais donc oublions la 1 également. Il me reste donc l’option 2.

Je fais donc le mec qui assure. Je place l’oeuf dans son petit panier. Et dans un geste très assuré, presque professionnel, je plonge majestueusement ledit z’oeuf dans l’eau frémissante … plouf !

Ho pinaise, l’eau qui gicle sur mes pompes ! Hé ho … faudrait voir à pas trop sortir du récipient, hein ? J’ai pas mis mes bottes en koutchouk aujourd’hui. Je suis en déplacement professionnel. Alors j’ai mis mes Weston … et le gland de mes Mocassins à pampilles collection « VEAU BOX NOIR LES GRANDS CLASSIQUES » est pas waterproof … ok ?

J’observe les bulles tout en comptant dans ma tête … hum … c’est fou comme les minutes passent moins vite quand tu observes un oeuf dans l’eau frémissante …

Bon allez, on va dire que c’est bon. Je m’empare du manche bleu. Oui pour bien reprendre mon z’oeuf et pas celui de la voisine, le constructeur a pensé à mettre des couleurs sur les manches. Je saisis un coquetier. Hé hé pas bête le gars : je me doute bien qu’il doit être chaud. Je place le coquetier sur le dessus de l’oeuf et je retourne. Hop, je tiens le coquetier à l’endroit avec mon oeuf dedans sans l’avoir pris avec mes doigts. Si vous n’avez pas bien compris le geste, demandez moi, je vous ferrai un croquis 😉

Je reviens à ma place et au passage, paf je m’empare discrètement du pichet de jus de pomme. J’aime le jus de pomme le matin au p’tit déjeuner. Quand on sait que les British disent “An apple a day keeps the doctor away” (Manger une pomme par jour éloigne les médecins) voilà qui se marie parfaitement avec mes Weston ! Bon, par contre il faut absolument le crier bien fort dans la salle « Je vais prendre un jus de pomme … de pomme … » car la couleur dans le pichet en verre peut prêter à confusion. Ce doré translucide ressemble, à s’y méprendre, à du whisky. J’en conviens, ce breuvage se marie également très bien avec mes Weston. Mais je ne veux pas passer pour un pochtron du p’tit matin avec son litron de boisson frelatée.

L’oeuf est devant moi, dans son coquetier. Je le regarde en me disant « il manque quelque chose …« . Mais c’est bien sûr ! Il me manque un coupe z’oeuf à la coque. Vous savez, ce truc rond avec des dents de requin à l’intérieur que vous appliquez sur le dessus … et avec les deux trous façon ciseaux … crac … vous coupez la tête de l’oeuf et y a plein de petits bouts de coquille qui tombent dedans ! Comment je fais sans un coupe z’oeuf à la coque ?J’ai donc observé mon z’oeuf à la coque, incapable de savoir si, à l’intérieur, il était trop ou pas assez cuit. Un peu comme la poule qui a trouvé un couteau … Comment je fais ? Même avec mon smartphone j’ai pas réussi à ouvrir le dessus de mon z’oeuf à la coque alors vous voyez.

Bref, j’en ai eu marre. J’ai pris l’oeuf dans ma main et … je me le suis écrasé sur le front ! Bein oui, tous les gens célèbres reçoivent des oeufs sur le front alors je prends un peu d’avance c’est tout ! Et vous savez quoi ? Hé bein j’étais super content car mon z’oeuf … il était bien « à la coque » ! le jaune liquide a bien dégouliné jusqu’à ma chemise et le blanc, bien cuit, est tombé sur mes Weston 😉

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Bref, je me suis fait un Mac Do …

Bon, aujourd’hui je me suis dit « Tiens, j’me ferais bien un p’tit Mac Do !« . Ni une, ni deux, je prends mon pass navigo et direction le Mac Do de Val de Fontenay.

Quand je vais dans ce genre de restaurant huppé, je me fixe toujours une règle de conduite : s’il y a trop de monde, j’abandonne sans même entrer. Là, j’arrive et je constate une fréquentation que j’estime acceptable. Et en plus, le chef de rang s’approche de moi et m’invite à me diriger vers une borne libre. Oui, je dois vous préciser qu’au Mac Do de Val de Fontenay il n’y a plus aucune caisse sur le comptoir. Les convives sont invités à faire leur commande sur une immense borne façon 4 par 3 pour que tout le monde autour puisse voir que tu cliques sur le Big Mac double size avec le supplément mayo et 3 sachets de ketchup !

Bref, c’était vraiment trop bien parce que je n’ai pas eu à faire la queue. Je suis immédiatement monté à l’échelle pour aller cliquer, tout en haut, sur le menu « Mc First ». Puis je suis redescendu m’accroupir pour cliquer, tout en bas, sur le cornet de frites. Et c’est vraiment trop super parce que le Coca Zéro, il était au milieu de l’écran donc j’ai pu cliquer dessus sans trop de gymnastique. Et oui, un écran 4 par 3, c’est pas ta petite tablette ipad de « cul nul », c’est du lourd !

Bref, j’ai entré ma carte bleue dans le lecteur au raz du sol, il est en dessous de l’écran 4 par 3, puis le code et j’ai validé. A partir d’ici, tu ne peux plus faire « annuler ». Donc, c’est pile à ce moment qu’ils sont arrivés. « Ils » c’est en fait toute la population d’île de France qui n’est pas en vacances en ce début Août. Voyez-vous, je pense qu’ils se sont tous dit « Et si on allait au Mac Do … de Val de Fontenay … là, tout de suite maintenant ?« . Ce sont donc 768 543 personnes qui sont arrivées au Mac Do de Val de Fontenay. Mais c’était vraiment trop super bien parce que moi, j’avais déjà passé ma commande. En plus, avant même que je n’introduise ma carte bancaire, sur la borne c’était écrit « Nous préparons déjà votre commande ! ». J’étais trop super content.

Alors, je suis allé vers le comptoir pour récupérer ma commande. Le fameux comptoir qui n’a plus de caisses. Il est donc totalement dégagé pour aligner les plateaux. Là, j’ai vu une équipière Mac Do courir à droite, puis à gauche, puis à nouveau à droite, puis à nouveau à gauche. Ensuite elle est revenu, elle s’est passé la main dans les cheveux puis elle a levé la tête vers l’écran. Ensuite elle parti vers l’arrière, puis elle est revenu vers l’avant. Elle est reparti vers l’arrière, puis elle est revenu. Elle a de nouveau regardé l’écran. Puis elle est reparti à droite. C’était beau comme une chorégraphie des petits rats de l’opéra. Alors j’étais trop super content parce que je me suis dit que j’étais tombé le bon jour : aujourd’hui il y avait un spectacle en bonus. Alors j’ai sauté 2 fois sur place et j’ai dit « Youpiii » (mais dans ma tête pour que personne n’entende). Progressivement, elle apportait des ingrédients qu’elle posait sur les plateaux mais … pas trop vite. Alors moi, je me suis dit que c’était pour ne pas secouer les sodas ou faire tomber la salade des burgers dans la boîte.

C’était vraiment trop génial parce que ça faisait à peine … quoi … 17 minutes que j’étais là, que déjà elle appelait la commande numéro 95. Moi j’ai regardé mon papier et j’étais vraiment trop content car il portait le numéro 99. Alors elle est repartie dans son ballet harmonieux, prenant un Big Tasty par ci, un Ice tea par là et les déposant sur 2 plateaux différents avec délicatesse. Ensuite, je l’ai vu déposer un coca zéro sur un plateau vierge et j’ai compris que c’était ma commande. Alors je n’ai pu contenir un nouveau petit « youpi » de joie et j’ai à nouveau sauté 3 fois sur place. Ensuite elle a repris le mouvement numéro un : à droite, à gauche, à droite, à gauche, la main dans les cheveux, les yeux au ciel etc … et une boîte d’happy Meal sur un plateau, un Big Mac sur un autre. Et c’était vraiment trop super méga bien parce que moi, je pouvais regarder mon coca zéro sur mon plateau. Et là, elle à dit « la 96 !« . Et moi j’étais trop méga dans la zénitude profonde parce que j’avais la 99 et qu’il s’était passé à peine 19 minutes entre la 95 et la 96 ! Alors je me suis retourné et j’ai souri aux 768 541 personnes derrière moi.

Après on est passé au mouvement 2 de la chorégraphie et c’était vraiment trop beau. En fait, la copine de l’équipière Mac Do, celle qui bosse au comptoir Mac Café est entrée dans la danse. Oui, vous savez, le comptoir Mac Café, c’est celui où il n’y a jamais de client et l’équipière Mac Do passe son temps à astiquer le comptoir avec un chiffon pour faire croire qu’elle a beaucoup de travail parce qu’elle ne veut pas aller aider ses collègues qui remplissent les plateaux. Alors là, elle avait trop bien frotté le comptoir et aussi lavé les tasses à café et aussi ré-aligné les macarons et … et … et … elle pouvait plus faire semblant d’avoir trop de boulot …

Là, c’était vraiment trop beau car on voyait le professionnalisme et les années d’entraînement. Elles se croisaient sans jamais se toucher. Elles virevoltaient, légères comme des hirondelles sans jamais lâcher le Big Mac et le sunday caramel avec les petites cacahuètes dessus. C’est à ce moment précis que, dans un canon en coeur parfait, elles ont annoncé les commandes 97 et 98. C’était trop beau, j’ai senti une larme couler au coin de mon oeil gauche. Alors j’ai sauté sur place et dit « youpiii » (tout bas, juste pour moi). La prochaine était pour moi, j’ai senti mon p’tit coeur palpiter comme jamais d’autant que l’équipière numéro une venait de déposer un cornet de frites sur mon plateau … à peine 47 minutes après le coca zéro. J’étais trop super méga content.

Alors le ballet a repris au numéro un mais cette fois avec 2 ballerines. Hé hop, à droite, à gauche, à droite, à gauche, yeux au ciel, mains dans les cheveux et devant, derrière, devant, derrière. Big Mac, Royal cheese, sunday fraise et … Happy Meal déposés en rythme sur les plateaux. C’était beau comme du Mozart. J’étais trop super joyeux. Alors l’équipière a annoncé « commande 02« . Mais c’était pas grave parce que j’étais trop bien content de regarder ce spectacle. Je me suis retourné et j’ai crié aux 768 539 personnes derrière moi de frapper dans leurs mains, de sauter sur place et de tendre l’index droit vers le plafond … « allez tous, en coeur … frappe dans tes mains … saute sur place … Hand up, baby Hand up« .

Ensuite j’étais vraiment trop content parce que, juste après la commande numéro 15, je l’ai vu se saisir d’une boîte de Mc First dans un tourné, boulé, déhanché impeccable. Et en guise de final magistral, elle a fait un salto avant double carpé et déposé la dite boîte … sur mon plateau ! J’ai senti mon coeur s’envoler, battre à tout rompre quand j’ai entendu le …99. « Oui, c’est moi … c’est moi, ici … oui, j’arrive. »

« Bon appétit et désolé pour l’attente » me dit l’équipière du Mac Do de Val de Fontenay. Alors moi, trop content, je lui ai répondu « Et merci madame de vous être occupé de moi avec autant de professionnalisme et d’abnégation« . J’étais trop sur mon petit nuage tellement j’étais trop satisfait d’être content. Je tenais entre mes mains, mon frêle petit plateau après à peine 1h et 26 minutes d’attente.

Alors après j’étais vraiment trop bien dans mon for intérieur de moi-même parce que j’ai fait quelques tours du restaurant et j’ai rapidement trouvé une place où m’installer.  11 272 fois l’allée centrale et les travées extérieures et voilà que la place idéale se libère : juste à côté de la table où mémé s’est installé avec ses deux petits enfants de 3 et 4 ans pour réserver les places en attendant que maman revienne avec les 2 happy Meal. J’étais vraiment trop content, proche de l’extase en déposant mon plateau sur la table pendant que Missandei se laissait choir de la banquette sur mes caterpillars, heureusement montantes, tout en vociférant un assemblage de syllabes dont je n’ai pas … totalement saisit le sens. Stannis a bien essayé d’en profiter pour me chiper une frite mais mémé lui a chopé le bras droit avant qu’il ne commette son forfait. Il est alors parti dans un cri nasillard montant dans les aigus tout en chouinant par vocalise. Tout en remontant Missandei sur la banquette, mémé a tenté de faire taire Stannis en lui disant qu’il était pas gentil de se faire remarquer comme ça. Moi, je ne voyais plus rien tellement j’étais trop joyeux d’être attablé devant mon menu Mc First option Fish.

Le sourire aux lèvres, j’ai pris ma paille. J’ai délicatement déchiré juste le bout de l’emballage en papier et j’ai porté le petit bout de paille qui dépassait à ma bouche et … j’ai soufflé ! L’emballage s’est envolé telle une fusée pour la lune puis, la vitesse décroissant, il s’est mis à tourbillonner dans l’air pour revenir s’écraser sur la tête de Stannis. J’étais vraiment trop super content d’avoir réussi ce lancer d’emballage de paille et d’avoir atteint une cible de choix : le petit morveux de 3 ans potentiel chouineur devant l’éternel.

J’ai alors posé le bout de ma paille sur le petit opercule percé du couvercle de mon gobelet de Coca zéro. J’ai appuyé délicatement jusqu’à ce que les pré-découpes cèdent et que ma paille s’enfonce dans le soda avec ce bruit caractéristique du frottement de la paille contre le plastique de l’opercule du couvercle….. shriiiiiiiiiittttt …. En fin de course, j’ai configuré mes lèvres en forme de O, je les ai approchées de l’extrémité de la paille et j’ai aspiré. Le liquide est monté dans le tube puis est venu envahir ma gorge. C’était vraiment une sensation extraordinaire, j’étais vraiment trop content de joyeuseté. Les longues minutes d’attente avaient permis aux glaçons de fondre en totalité, noyant mon Coca Zéro façon chirloute d’eau claire. Et en plus, il s’était adapté à la température exacte de l’intérieur du restaurant au mois d’août en pleine canicule. C’était un instant merveilleux de joie et de bonheur et j’étais trop vraiment content de savourer mon Coca zéro dilué et tiédasse.

Reposant mon gobelet, je m’emparais d’une frite et la portais à ma bouche. Le contact de la frite sur ma langue m’a rendu joyeux et rêveur. Telle la madeleine de Proust, la saveur de cette frite m’a ramené des années plus tôt, à l’époque où on jouait à « Espion lève-toi » dans la cour de l’école primaire. Il s’agissait d’écrire un secret sur un morceau de papier puis de manger le-dit papier pour que personne ne le découvre. Sans le savoir, cette frite venait de me remémorer un souvenir enfoui depuis des années. Cette frite venait de rappeler à mes papilles gustatives la texture du papier Canson et l’encre du stylo plume pour un secret bien gardé car mâchouillé. Quelle expérience extraordinaire, j’en ai pleuré de joie devant l’intelligence de cette frite à perdre sa chaleur pendant les longues minutes d’attente pour s’adapter parfaitement à la température ambiante. Tellement emporté par cette joie intense et ce bonheur inattendu, j’en oubliais mon Mc First Fish. Après avoir séché mes larmes de joie, je me décidais à ouvrir la petite et non moins délicate boîte en carton coloré.

Plus fort encore que ces saveurs qui vous remémore des souvenirs oubliés, le délicat fumet qui s’est échappé de la boîte m’a … transporté. Il m’a transporté à Dunkerque, sur le port de pèche, au retour des chalutiers quand les généreux mariniers offrent aux mouettes les restes de poisson sur lesquels elles se jettent avidement.  Ce délicat fumet du poisson oublié sur le pont du chalutier, au soleil, subtilement mariné dans l’eau de lavage du-dit pont. Lui aussi, a su profiter des longues minutes d’attente pour accorder sa température à celle de l’environnement pensais-je… ! Mais je me trompais, c’était encore plus fort, plus intelligent, plus professionnel. En effet, en le prenant dans mes mains, j’ai senti la salade qui parsemait le fond de la boîte. Elle était … si fraîche, tellement fraîche qu’elle semblait tout droit sortie de la chambre froide. C’était décidément trop merveilleux, trop beau et j’étais … trop content.

Alors j’ai bu goulûment mon eau claire tiède en rythmant chacune de mes bouchées de poisson froid d’un ballet de frites cartonneuses. Et j’ai compris que la rondelle de tomate, judicieusement intercalée entre le poisson pané et le buns du dessus sortait, elle aussi directement de la chambre froide quand mes 4 tentatives de mâchouillage ne sont pas parvenu à la rompre. J’étais vraiment trop bien, trop content, trop joyeux alors j’ai souri à la maman qui revenait avec ses 2 happy meal car, en plus, j’allais avoir quelques secondes de silence à côté de moi.

Et il y avait 768 522 personnes qui tournaient dans le Mac Do de Val de Fontenay pour trouver une place … alors moi j’étais super content, super heureux, super en extase tout ça. 

Déjà, Missandei et Stannis se chipougnaient en vitupérant très fort car Stannis il avait le minion avec le slip mauve et que Missandei c’est celui qu’elle voulait parce que il était trop bien et que maman elle avait dit qu’elle lui achèterait autant de happy meal qu’il faudrait pour tomber sur le minion avec le slip mauve et que maintenant …. ouinnnnnnnnn … Oui, les parents son fans de Games of Thrones !

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

J’ai trouvé THE meilleure recette du muffin au chocolat comme chez starbucks

Bon, c’était un dimanche matin, il n’y a pas très longtemps, voilà que me prend l’envie de faire des muffins au chocolat. Allez savoir pourquoi ? Ca me prend comme ça c’est tout. Ou peut être … oui, la veille j’avais regardé ce film tordant. Celui ou Max fait écouter une conversation totalement sans intérêt à un aréopage d’agents secret. Eh bien dans cette conversation de prétendu criminels russes, il est question de … « moh fine ». Oui, oui, vous avez bien lu. Ecoutez bien la prononciation sur l’extrait du film :

Bref, ça a du agir sur moi de manière subliminale et me voilà avec une envie de faire des muffins au chocolat. Je vais donc sur le net chercher une recette de muffin au chocolat. Et le 1er endroit où je vais, c’est sur croquonslavie.fr bein oui, comme ça je cumule des points tout ça 😉

Donc je tombe sur cette recette (https://www.croquonslavie.fr/cuisine/recettes/recette-muffins-au-chocolat) très facile, rapide, en plus les photos ont l’air chouette. Allez, bingo, je me lance. Je fais tout bien comme c’est écrit. Je respecte au milligramme près les doses de chaque ingrédient … bref … j’assure.

Hop au four préchauffé thermostat 210 degrés comme c’est écrit. Et 20 minutes plus tard … tadaaaaaa :

20170212_muffinchocolat

Alors ? pas mal hein ? Comme sur la photo du site de Nestlé ! Pas peu fier le gars. Allez, je les laisse refroidir tranquilou. J’en mangerai un demain matin avec mon p’tit café.

Bon, je vais direct au lendemain matin. Je prends un muffin … mince, il m’échappe des doigts … toc fait-il en tombant sur la table. Toc ? un … toc d’un objet dur contre un autre objet dur … tiens, étrange … un muffin c’est … tendre !

Bon, je le porte à ma bouche et … hééeeeeeee mais il est super … dur ! Comment c’est possible ? Un muffin, c’est tout mou normalement ! Bon, je ne me laisse pas attendrir. Je prends un couteau et je le coupe en deux. Chrak … mince, j’ai pété la lame du couteau ! oh oh screugneugneu … je prends le couteau à pain. Vous savez, ce grand couteau avec des dents qui vous couperaient un rosbeef congelé sans problème. Schrink, schrank … schrink, schrank … la lame ne rentre pas d’un moindre micron dans le muffin ! je regarde … mince la lame est usée, bouffée jusqu’à la moelle sur 10 cm ! non de non … c’est pas un muffin qui va me résister tout de même … je sors l’égoïne, celle que j’ai utilisée pour couper mes lames de lambris. Schkrouichhhh …. tordue, j’ai réussi à tordre la lame ! Cré vingt schtroumph de bougre d’andouille de …. je descends chez le voisin lui demander sa tronçonneuse husqvarna.

Je reviens dans ma cuisine, je démarre l’engin … vrouuummm … VLAAAACKkkkkkkkk … et mince, je vais devoir racheter une tronçonneuse au voisin ….

Et vous avez compris que la recette du site Croquonslavie.fr ne vous intéressera que si vous recherchez un muffin dur comme roc ! Non non, ne vous méprenez pas,  on peut en avoir besoin … pour … heuuu … heuuu … bein tiens … c’est une recette utile pour les partisans FN qui vont à manif. Hé oui, se pointer avec une batte de base-ball … ça se remarque. Alors que là … « non non, monsieur l’agent, ce ne sont que des Muffins au chocolat que j’apporte à ma mère grand ». Une fois sur place le muffin devient un projectile capable de péter n’importe quel pare-brise ou vitrine de la société générale même en verre blindé 😉

Bon, autant le dire, ma « Muffin Experiment » était une réussite esthétique mais une catastrophe gustative. De jolies photos mais au goûtage … la texture parpaing aurait eu raison de n’importe quel dentier à mémé. La preuve le muffin a pété la tronçonneuse husqvarna du voisin …

Bon, je n’allais tout de même pas rester sur un échec. Je suis donc parti à la recherche d’une recette plus … moelleuse … plus … aérée disons. Et je l’ai trouvée !

20170226_muffinchocolat

J’ai goûté … à se taper le luc par terre sur 300 kilomètres. Je pense que sans le savoir, je suis tombé sur la recette secrète du muffin au chocolat de Starbucks. Le même, aussi moelleux, aussi aéré, bref la perfection faite Muffin ! Bon, il me reste juste un dernier petit réglage à faire. Voyez-vous, sur la photo, les muffins sont dans le moule car … ils refusent d’en sortir !

Hé oui, je comprends mieux maintenant pourquoi chez Starbucks la base du Muffin est dans un petit papier tout collé … c’est pour éviter de vendre le moule avec ! Il me reste donc a trouver des petits papiers à Muffin au chocolat.
Et pour les 5 qui reste bein … je les mangerai à la petite cuillère directement dans le moule 😉

Du coup, j’ai fait comme à la TV : l’appel à un ami.

« Heu oui, c’est Bebel … dis, tu saurais pas où je peux trouver des petits papiers à muffin pour éviter que le muffin colle au fond du moule … hein ? »

« Ha oui, tu veux dire … des caissettes à muffin ! »

« Non, non, je ne veux pas une caisse de muffin. Je veux les faire moi-même. Je veux juste le p’tit papier qui va autour »

« Oui, c’est bien ce que je dis … ton p’tit papier comme tu dis … ça s’appelle … une caissette à muffin »

« Heuuu ha bon … attends j’essaie dans mon moteur de recherche search.lilo.org … haaaa mais oui dis-donc, il y en a plein … même des avec la tronche de Dark-Vador ! »

muffin-und-cupcake-foermchen-star-wars

Bon allez, je ne vais pas vous faire saliver plus longtemps. Comme je suis du genre sympa, je vais partager ici la recette. Et comme il faut toujours rendre à César ce qui lui appartient … tiens, mais oui au fait … il n’est plus de ce monde, César … pourquoi on devrait lui redonner des trucs qui ne lui appartiennent de toute façon pas ? Bon, bref, voici le blog où j’ai trouvé cette recette : Je cuisine, tu cuisines

Ingrédients (pour 6 muffins) :
– 35g de cacao en poudre non sucré (type Van Houten)
– 95g de sucre en poudre
– 85g de farine
– 75g de lait (demi-écrémé pour moi)
– 75g de beurre (salé pour moi)
– 2 oeufs
– 3/4 cc de levure chimique
– 1/4 cc de bicarbonate de soude

Option si vous voulez customiser vos muffins au chocolat
– 70g de pépites de chocolat (pour moi, ces fameuses pépites carrées qui ne fondent pas).

Au boulot :

Préchauffer le four à 180°C (th.6).
Dans un saladier, mélanger les oeufs, le cacao en poudre, le sucre, le lait et le beurre fondu.
Ajouter la farine et mélanger de nouveau.

Si vous avez retenu l’option « pépites de chocolat » c’est maintenant : Ajouter les pépites de chocolat (pour éviter qu’elles tombent au fond du moule, on peut les mettre au congélateur pendant 1/4 d’heure). Remuer.

Ajouter la levure et le bicarbonate de soude. Bien mélanger.
Mettre les caissettes à muffin dans les moules
Verser la préparation dans les caissettes à muffins; les remplir aux 3/4.
Enfourner environ 30 minutes, à 180°C.

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire😉

Comment j’ai rencontré Pinocchio

C’était hier soir, enfin plutôt en 1ère partie de début de seconde partie d’après-midi. Je me rendais dans ma grande épicerie favorite numéro 2. Alors là, vous vous dites « il lui est arrivé un truc avant d’arriver au magasin« . Hé bien pas du tout !

Me voilà donc dans ma grande épicerie. Enfin, juste avant, j’ai dû montrer mon sac ouvert au vigile. Ha mais tiens au fait, je ne vous ai pas raconté mais maintenant, il ne m’oblige plus à déposer mon sac à l’entrée. Comme quoi mon article sur le sujet a de l’effet 🙂

Bref, me voilà dans ma grande épicerie dis-ai-je. Dans un geste quasi automatique, je vais récupérer mon panier à commissions. Et me voilà parti, gambadant avec légèreté dans les allées dudit magasin. Rayon électro ménager par ci, linge de maison par là, outillage quincaillerie à bâbord, accessoires automobile à tribord, hé oui, je ne suis pas encore dans la partie alimentaire.

Je traverse le rayon librairie car j’aime bien regarder les livres, en feuilleter quelques un mais surtout ne pas en acheter. Hé oui, j’ai des principes et des valeurs : je n’achèterai jamais un produit culturel dans un temple de l’hyper-consommation, na ! Par contre, j’aime bien regarder les nouveautés. Hier, par exemple, je suis tombé sur un bouquin qui a l’air vachement sympathique. Il s’intitule « Révolution« . Avec ce titre, j’ai pensé que c’était un bouquin à Mélanchon. Mais associé à la couleur bleu, j’ai bien compris que ce n’était pas possible. En fait, c’est écrit par un p’tit gars qui monte parait-il … 😉

Je continue ma progression dans le magasin et j’arrive au rayon presse. Là, vous vous dites « Ca y est, c’est au rayon presse que ça lui est arrivé » hein ? C’est ce que vous vous dites ? Hé bien pas du tout ! Non non, au rayon presse, je jette un oeil aux magazines photo. Après avoir feuilleté « Image & Nature« , je vais au rayon envahi par la gente féminine. Hé oui, Je n’ai toujours pas compris pourquoi ils mettent « le journal des psychologues« , un magazine pour professionnels, au milieu des « Psychologie magazine« , « Psychologie Positive » et autres « Féminin Psycho« . C’est dire le niveau culturel des acteurs du temple de la consommation. Hé PAF ! Franchement, mélanger de la psychologie de PMU avec des écrits de professionnels … mais que fait la police ?

Mon petit tour est terminé, je m’en vais pour repartir quand soudain. Ca y est, là vous vous dites, « C’est maintenant, là, tout pile dans le rayon presse que c’est arrivé.« . Hé bien non, pas encore. Mais j’ai quand même vécu un truc dingue. Figurez-vous que je suis tombé nez à nez avec … R2-D2 ! Enfin presque.

Regardez un peu : un R2-D2 à construire chaque semaine avec plein de fonctionnalités comme le vrai. Wouhaaa trop bien me dis-je 🙂

20161230_r2-d2_altaya

Construire R2-D2

Mais non, surtout ne pas se faire distraire. Je suis venu pour acheter de quoi me sustenter ce soir. Je ne vais pas succomber à la tentation marketing de la sur consommation. GRrrrrrr …. oui mais quand même, il est chouette ce R2-D2 avec sa tête qui pivote comme le vrai …. Humpfff file, décampe, cours … cours … cours me dis-je … éloigne-toi le plus vite possible de la tentation.

Bon, là vous vous dites « C’est surement au rayon surgelés que c’est arrivé« . Encore à côté. Et non plus au rayon carottes bio à 4 euro 85 le kilo. Mais j’en profite pour claquer une beigne à la grande consommation. Franchement, des pauv’carottes pleines de terre pour faire croire qu’elles sont bio et vendues le triple du prix des carottes industrielles, vous ne trouvez pas que c’est exagéré ? En plus je les soupçonne d’acheter des carottes industrielles, de les recouvrir de terre pour faire plus nature et Bim voilà des carottes bio. Moi, je préfère acheter mes carottes à l’agriculteur qui vient tous les mardis, dans ma gare RER pour vendre ses produits. C’est ce qu’on appelle un « circuit court ». Mais bon, je m’emporte.

Bon allez, je vous passe le reste de mon voyage dans les rayons car je pourrais vous tenir en haleine plusieurs heures. Non, voyez-vous, c’est aux caisses que c’est arrivé. Hé oui, vraiment il m’en arrive des choses aux caisses de supermarché.

Bon, imaginez la scène : j’arrive, je choisis une caisse parmi le kilomètre de caisses du magasin. Hé oui, qui dit super consommation, dit surtout super méga encaissement plein les popoches des sousous de la famille Mulliez. Mais surtout, la probabilité est d’autant plus faible que je choisisse LA caisse où il va se passer un truc. Mais bon, ça tombe toujours sur moi.

Alors voilà, vers la caisse que je vise, je vois arriver un homme d’un certain âge poussant un immense caddie dans lequel je compte 5 articles. Un semi remorque pour transporter une boîte d’allumettes. Etrange … il est devant moi puisqu’on est arrivé quasi ensemble.  Et là, je le vois sortir un calepin de son sac en bandoulière. Il se dirige vers le client devant lui. Et il lui dit un truc du style « Ma femme m’a donné une liste de courses. Et regardez là, elle a écrit « 2 cons. de haricots verts » franchement elle va pas bien, elle devient vulgaire, vous ne trouvez pas ?« . Le type réagit difficilement, il est étonné, il dit un truc que je n’entends pas. Bref, après 3 échanges, Papy remballe son carnet et reprend sa place. Je pouffe en moi-même et je me dis « pour une fois que ça ne tombe pas sur moi« .

Seulement voilà, j’ai pensé trop vite car papy ressort son carnet et me regarde. « ho pinaise, il va venir me taper l’incruste … c’est sûr, je les attire les comme lui …« . Ha mais, ni une ni deux, papy arrive à ma hauteur : « Ma femme m’a donné une liste de courses. Et regardez là, elle a écrit « 2 cons. de haricots verts » franchement elle va pas bien, elle devient vulgaire, vous ne trouvez pas ?« . Je regarde sa liste de course écrite au stylo bic, à moitié effacée sur la fameuse phrase en question. Je comprends qu’il doit faire le coup depuis au moins mille an. C’est quoi ? C’est une caméra cachée ? C’est un pic-pocket ? C’est un chercheur en sociologie qui fait une étude de terrain ? Un pervers lubrique qui cherche une proie ? … autant dire que je ne le saurai jamais.

Bon, toujours aimable et serviable comme ma maman m’a éduqué, je réponds à papy : « Je ne pense pas que votre épouse ait, ne serait-ce que momentanément, exprimé un comportement caractéristique  d’un quelconque trouble neurologique héréditaire du type syndrome de Gilles de La Tourette. Ou, dit autrement, que votre moitié ait subrepticement perdu le sens des réalités au moment de rédiger cette liste de course. Je vous rassure donc, mon brave, sur l’état de santé de votre concubine. Par contre, à la lecture de votre liste de courses d’une longueur certaine, et les produits que je vois dans votre caddie,  je m’inquiète d’un syndrome d’Alzheimer à votre endroit »

Papy me regarde d’un oeil dubitatif … le silence s’installe … seuls les bip bip de la caisse enregistreuse brisent le blanc de la conversation. C’est alors qu’il me répond : « hé hé vaut mieux lancer une bonne blague pour rigoler que s’ennuyer dans la file d’attente … hein ?« . « Heuuuuu comment dire ? Malgré tout le respect que je vous dois, votre blague est un peu éculée. Peut être qu’elle fonctionnait quand vous alliez à l’épicerie du sergent chef Chaudard. Mais en 2017, dans le temple de la sur consommation elle fait un peu … réchauffée … comme les haricots ! ha ha … haha … hahaha … blague à 2 balles ! »

La-dessus, il remballe son carnet et retourne vers son caddie visiblement satisfait de son geste … et moi de ma réponse. Je me dis que l’épisode va en rester là quand, après environ 2 minutes, il se tourne vers moi et me lance « Et la politique, hein ? Vous avez vu ?« . Ho pinaise, manquait plus que ça, je suis tombé sur un papy qui a besoin de discuter avec n’importe qui. Et comme objet d’interaction, il me propose le plus inattendu … la po-li-tique. Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que je vais avoir droit à la trop habituelle charge contre le gouvernement. Avec une blague conçue pour une épicerie de Trifouilli les arpions, en 40 sous l’occupation Nazie, c’est sûr je vais y avoir droit.

Et à partir d’ici, je n’exagère plus, c’est vraiment l’échange que j’ai eu hier, jeudi 12/01/2017 » avec ce monsieur à la caisse de mon supermarché.

Ni une, ni deux, c’est parti « Hein ? Quand même ! vous avez vu ce qu’ils viennent de faire ?« . Mon sang ne fait qu’un tour … Papy, je suis certain que tu t’attends à ce que j’abonde dans ton sens et que j’accompagne ton discours négatif. Attends un peu, on va rigoler. Et histoire qu’on ne soit pas les seuls à discuter, j’augmente le ton de ma voix pour que les clients autour en profitent : « Ha oui, tout à fait, vous avez raison de le souligner. Aujourd’hui le gouvernement vient de lancer le CPA, le compte personnel d’activités. Grâce à lui nous allons pouvoir accéder gratuitement à la formation !« . Papy reprend la parole « bein pffff ha bein pfffff … mais les impôts ? hein les impôts ? ils augmentent !« . Je ne comprends pas pourquoi il parle des impôts. Nous sommes en janvier 2017. Pas de tiers provisionnel en vue, pas d’impôts locaux, pas d’impôts fonciers … rien … bon, je réponds « Vous n’y êtes pas du tout, ils baissent. Avez vous comparé ce que vous avez payé au titre de l’année 2014 et ce que vous avez payé au titre de l’année 2015 ? Ne parlez pas sur un ressenti, comparez objectivement la part de votre revenu qui fait l’objet d’une imposition. Et vous constaterez qu’elle baisse ». Là, c’est le blanc. J’en déduis qu’il n’a jamais fait cet exercice. J’en arrive même à me demander s’il maîtrise bien le concept d’augmentation, mais c’est une autre histoire.

Il reprends « Oui mais … vous voyez … bein … avant … bon … la loi c’était 2 ans pour un logement vacant … bein maintenant c’est 1 an ! Vous vous rendez compte ? comment on va faire ?« . Houuuu que je l’aime bien celle-là, moi qui vient justement de faire un investissement immobilier : « Vous vous rendez-compte monsieur ? Avec le nombre de personnes dans la rue ? Vous trouvez normal qu’il y ait des appartements vacants ? C’est donc normal que l’on incite les propriétaires à louer leurs appartements« . Là il répond du tac au tac « oui mais .. bon … de toutes façons les gens … on peut pas leur faire confiance … comme ils sont pas propriétaires ils dégradent tout« .  Purée, elle est bien bonne celle-là ! Alors là tu l’as cherché papy : « Dites monsieur, vous ne pouvez pas vouloir tout et son contraire : investir dans un appartement pour le louer et dans le même temps refuser de le louer. Vous devriez choisir un autre type d’investissement« . Là, j’ai droit à un blanc. Il a l’air de réfléchir. Je ne saurai jamais s’il a comprit le paradoxe de son raisonnement. Je présume que tout le monde lui a toujours dit qu’il avait bien raison de penser ce qu’il pense. Je dois être le premier à le renvoyer sur ses pensées contradictoires. Il répond « Bon, de toute façon, je vais le revendre … comme ça … je m’emmerde plus avec ça …« .

Je l’invite à avancer son caddie et déposer ses marchandises sur le tapis roulant car c’est bien beau tout ça mais j’ai pas envie de passer ma soirée à la caisse avec un vieux réac. Il avance, dépose ses 3 paquets de biscuits, un sac de carottes pas bio et un paquet de fromage rappé sur le tapis. Je pense, ou plutôt, j’espère en avoir terminé avec cette conversation franchement fatigante. Mais papy est pugnace ! il se retourne et me lance « Et tous ces étrangers … hein ? » moi : « Hé bein nous y voilà … c’était vraiment l’élément manquant à notre conversation« . Lui, persuadé que cette fois, je ne pourrai qu’admettre et le suivre : « Voyez-vous, j’ai donné les clés d’un endroit q’j’ai … à des étrangers … des … des … roms … parce qu’ils devaient entreposer des choses. Hé bein … ils se sont servit … ils ont pris des trucs, des pierres et pis tout  … hein, ils ont comme chez eux !« . Alors là ! je suis carrément pris de court. Mais qu’est-ce qu’il me raconte ? comment ce papy, raciste au plus profond de lui même, a-t-il pu se trouver en situation de rencontrer des Roms et leur confier les clés d’un endroit improbable où on peut entreposer des « trucs » et récupérer des pierres ? Je réfléchissais, j’essayais de mettre de l’ordre dans cette histoire abracadabrantesque quand, en relevant les yeux, j’ai vu papy retirer la carte bleue de la machine et s’en retourner vers son caddie.

Sans un « au revoir » il est parti … quand il a remis son portefeuille dans sa poche gauche, j’ai compris ! Son nez était devenu long de 25 cm. Je venais de parler avec Pinocchio !

Bon, à part la chute, le dialogue reprend les citations exactes de notre échange. Et je ne vous cache pas que le couple derrière moi, dont les origines maghrébines ne font aucun doute, m’a gratifié d’un large sourire quand je suis parti à mon tour …

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire😉

Comment les énarques nous pourrissent la vie

Je préfère prévenir d’emblée, cet article va livrer quelques réflexions peu amènes à l’encontre des titulaires d’un parchemin de l’école nationale d’administration. Oui, quand les experts des certifications professionnelles parlent diplômes, ils parlent de « parchemins ». Mais voilà un langage que nos éminences dirigeantes délaissent puisqu’il s’agit d’un langage de professionnels. Un langage d’expert. Et l’expertise, la maîtrise d’un sujet, c’est tout ce que l’énarque exècre. Et je vais vous expliquer le pourquoi à partir d’un exemple de notre vie courante : le ticket restaurant.

Quel lien, me demanderez-vous, entre mon ticket restaurant que j’utilise régulièrement dans mon Simply Market, mon Franprix ou mon super U et l’énarque qui est si loin de moi ? En lisant cet article, vous allez comprendre.

Allez, maintenant, je me fais plaisir. Voyez-vous, Coluche avait ses têtes de Turcs. En l’occurrence les flics et les sportifs. Souvenez-vous, dans un de ses sketchs il utilisait cette insulte « Hé Sportif, va ! ». Hé bien, avec cet article je vais essayer de populariser l’insulte : « Hé tête d’énarque, va ! » 😉

Ha oui, juste pour que le lecteur ne se m’éprenne pas. Je ne parle pas dans le vide, j’écris en connaissance de cause. Je connais parfaitement la fonction publique et je vis chaque jour au contact des individus qui ont été formatés par cette école.

Bon, commençons la taille du costard. Voyez-vous, jusqu’ici nous avions le mécanisme du ticket restaurant. En clair, tu n’as pas de cantine dans ton entreprise. Ou bien tu ne souhaites pas profiter du restaurant d’entreprise. Du coup, ton entreprise te permet d’accéder au ticket restaurant. Tu achètes ton ticket 3.57 euros et il a une valeur faciale de 8.93 euros. La différence, c’est ton entreprise qui la verse. Comme c’est expliqué sur le site du ticket restaurant, c’est « un avantage social massivement plébiscité par les employeurs et leurs salariés »

Mais cet avantage à tout de même quelques revers. L’administration, dans sa grande bonté, a édicté des … règles ! Hé oui, tout le monde sait que la commission européenne règle tout de notre vie : de la courbure de la banane à la texture du poil de la brosse à chiotte. Hé bien, en France, nous avons aussi nos spécialistes de la règle. Et je vous le donne en mille, Emile : ceux qui sont tout en haut de l’organigramme des rédacteurs de règles ce sont … les énarques ! Bingo poil au dos, voici le décor planté.

Bref, nous avons donc nos tickets restaurant en poche. « Quoi que c’est donc qu’on peut n’en faire ? » vous demandez-vous certainement.

ticketrestaurant

Evidemment, je peux aller au restaurant et payer l’aubergiste avec. Sous réserve évidemment que le tavernier les accepte. Mais il faut reconnaître qu’en France, c’est quasiment toutes les gargotes qui affichent le petit logo qui va bien.

Mais je peux également régler mes achats de nourriture à l’épicerie avec mon ticket restaurant. Peu importe que ce soit une grande épicerie démesurée genre « Mammouth » (spéciale dédicace à A. Jupé qui ne savait pas que Prisunic avait fait long feu) ou une épicerie de taille traditionnelle.

Je peux également faire preuve de générosité et donner mon ticket restaurant à une association pour nourrir les personnes qui en ont le plus besoin en étant certain que ma donation ira bien pour de la nourriture … dés fois que mes dons servent à engraisser les huiles d’une association … mais cela n’arrive jamais évidemment si l’on se souvient de feu monsieur Crozemarie.

Bon, grosso modo, voilà ce que je peux faire de mon ticket restaurant. Mais en disant cela, je n’ai pas donné les règles d‘utilisation. Bein oui, ce serait trop simple. Il faut quand même que nos énarques introduisent de la complexité si non, ce ne serait pas rigolo.

Par exemple, il faut pas moins de 15 articles du code du travail pour en préciser l’usage. Et je ne vous donne pas le nombre de décrets d’application.

Comme je n’aime pas avancer des éléments sans les étayer (hé oui, je ne suis pas un diffuseur de fausse information sur facebook), voici un exemple de règle :

« La consommation du repas, ou l’achat de préparations alimentaires, au règlement duquel le titre est consacré doit être effectué au cours d’une journée de travail du salarié, généralement pendant la pause accordée au salarié par le contrat de travail pour sa restauration »

En clair, tu passes à la caisse de ton prisunic (spéciale dédicace tout ça …à un candidat de la primaire à droite ho ! mais j’y pense … il a fait l’ENA lui !) à 19h00 PAF ! le caissier doit refuser car ce n’est pas ta pause accordée par ton boss. Mais comment le caissier peut le savoir, hein ? Que c’est pas ta pause casse-croûte ? hein ? Du coup le caissier il accepte car il ne va pas se prendre la tête à te demander tes horaires de travail.

Bon, vous l’avez compris c’est comme ça pour quasiment toutes les règles édictées par nos têtes d’énarque. Ces gentils gugusses qui ont fait l’école nationale d’administration. Ils ont appris à … gérer. Donc … ils gèrent … et en bons gestionnaires administratifs, ils édictent des règles inapplicables qui ne seront évidemment … pas appliquées.

Alors ça donne quoi au final ? Bein ça donne mon passage en caisse hier soir. Avec mon ticket restaurant j’ai réglé : un sachet de 3 carottes, une barquette de tomates cerise espagnoles, un bocal de sauce tartare … jusque-là tout va bien (enfin presque car ce n’est pas du plat cuisiné ou du sandwich mais bon) … et j’ai aussi réglé … un flacon de gel douche, un bidon de produit vaisselle et un p’tit père Noël qui fait bip-bip et qui clignote fabriqué en France car oui c’est bientôt Noël mais j’ai l’impression que je me suis fait avoir car à ce prix-là j’ai vraiment des doutes sur l’origine de la fabrication …

Et on fait tous ça ! C’est pour ça que ça a fini par mettre nos gentilles têtes blondes d’énarques en pétard. Je les vois d’ici « Screugneugneu de screugneugneu … ils respectent pas nos règles alors ça va barder ! »

Ici, il y avait deux possibilités :

  • Hypothèse 1 : les têtes d’énarques reconnaissent qu’ils ont pondu des règles inapplicables. Ils font amende honorable et ferment les yeux. Ou mieux, ils retirent leurs règles.
  • Hypothèse 2 : les têtes d’énarques ajoutent un étage au mille feuilles inapplicable et complexifient encore un peu plus le bouzin.

Alors ? A votre avis ? Ils ont fait quoi nos experts de la pensée unique ? Hein ?  bingo, vous avez trouvé : ils ont complexifié le bouzin. Dit autrement ils ont merdoyé encore plus.

Et c’est comme cela que nous arrive .. ta tsouinnn … la carte électronique ! Comme ça, plus de ticket papier. Vous réglez le tavernier ou le caissier de prisunic en introduisant la carte dans le lecteur. Et là, tout est contrôlé par la machine : plus moyen de payer un sachet de café car ce n’est pas du mangeable tout de suite, plus moyen d’utiliser plus de 2 tickets par jour, plus moyen de régler un dimanche parce que ce n’est pas un jour travaillé, etc … etc … rien que du bonheur quoi !

Une souplesse qui disparaît au profit d’une rigidité complexifiée du quotidien … vous venez de rentrer dans la pensée de l’énarque … créer des règles et les faire appliquer.

Par contre, pour donner mon ticket restaurant a un SDF … tintin ! Et c’est encore la solidarité qui trinque …

Pour les règles d’usage du ticket restaurant, c’est par ici : http://www.cntr.fr/V2/legislation/tr_utilisation.php

Bref, pour définir l’énarque, je vous propose cette définition : « brillants intellectuellement mais vides professionnellement ».

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire😉