La pas si nouvelle carabistouille de la grande distribution

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Je suis allé faire un tour du côté de ma grande épicerie. Celle qui a un nom en 6 lettres façon « le bonheur est dans le pré » pour vous mettre sur la piste … en terre avec de l’herbe sur les côtés … sans citer le nom pour ne pas avoir de problème de copyright tout ça.

Bref, c’est à la caisse que l’embrouille a commencée. Je règle en introduisant ma carte dans le lecteur. Oui, je suis contre le NFC ! Le NFC c’est le fameux paiement sans contact. En anglais ça veut dire « Near Field Communication ». Et Field en anglais c’est quoi ? Hum … je vous le demande … hum ? Field ça veut dire … « Champ » ! Ha ha et où est-ce que je suis présentement hein ? Dans quelle enseigne de la grande distribution … hum ? Ca sentirait pas un peu le complot tout ça ? Pour peu que la somme de mes produits atteigne 6 euros et 66 centimes, là il n’y aurait plus aucun doute.

Mais ce n’est pas là où je veux en venir. En fait, ça n’a même rien à voir. Perdu, pour le complot il faudra revenir. Non, en fait, c’est après le paiement que le scénario pernicieux a débuté. En effet, non contente de me tendre mon ticket, la caissière y a joint … un collector ! Ce genre de papier plié en deux sur lequel tu colles des petites pastilles autocollantes qu’elle te remet à chaque passage en caisse. Et c’est là, la fameuse pas si nouvelle carabistouille de la grande distribution.

Dans l’esprit c’est assez simple : en fonction du montant de tes achats, la caissière te donne le nombre de petite pastille correspondant. Toi, tu les ranges bien précautionneusement dans ton portefeuille. Quand tu arrives chez toi, tu t’installes à la table du salon … ou de la cuisine ça marche aussi. Tu ouvres ton collector et tu complètes ta collec’ en collant soigneusement tes nouvelles pastilles sur les emplacements dessinés sur le collector. « Soigneusement » ça veut dire que tu tires la langue tout en collant ta pastille. Après ça, tu prends ton index et tu le poses sur chaque pastille pour les compter. Et tu es super méga heureux parce que tu en a déjà 14 et que quand tu en seras à 2538 hé bein tu auras le droit d’acheter un sac à dos à 6800 euros vachement moins cher que 12 578 euros que tu devrais débourser si t’avais pas collectionné les petites pastilles.

Hé ouais ! Parce que c’est comme ça ! Toi … t’es un privilégié ! T’es pas comme tous ces autres gens du supermarché qui tirent une langue de 3 kilomètres devant le sac à dos super cher … toi tu bénéficies d’une ristourne de la mort qui tue juste parce que c’est toi. Parce que c’est toi, le magasin est prêt à sacrifier son chiffre d’affaire du mois juste pour te faire plaisir. Hé ouais, il est comme ça Gégé ! Il a la main sur le coeur … ou plutôt … le coeur sur la main … enfin bref, il l’a pas dans poche … sa main …le Gégé. Et tant pis s’il doit attendre un mois de plus pour changer sa Lamborghini … tu as complété ta collec’, t’as le droit d’acheter le sac à dos avec la grosse ristourne et pis c’est tout ! En psychologie on appelle ça … un attrape nigaud ! Et le nigaud … il est pris dans les mailles du filet quand il commence sa collec’ car il a l’impression d’être quelqu’un. Il n’est pas comme les autres. Il sort de la banalité affligeante des p’tits gars qui viennent au magasin pour acheter. Lui, il a droit à une grosse réduc’ c’est donc qu’il est quelqu’un. Alors pour ça, le Gégé il flatte la croupe du client en lui faisant croire qu’il se saigne aux quatre veines pour le bonheur du client qui fait la collec’. Le client est … capté, couic dans le filet du Gégé !

Bon, vous l’avez compris, pour cette opération carabistouille, mon grand magasin a choisi le thème de la maroquinerie : sac à dos, valise à roulettes, trousse de couture et tout le toutim. Il y a deux mois c’était le thème des couteaux qui tranchent tout même le béton en acier inoskidable fabriqués à la forge de Winterfell ! Et encore avant, le thème des accessoires de camping et de marching … normal on était en pleine période de vacances scolaire d’été.

Donc, me voilà avec mon collector et mes vignettes, sortant du magasin d’un pas nonchalant parce que les chats, c’est quand même vrai que ça coure vite. Je vous laisse 10 secondes pour comprendre …

J’avais donc adopté un pas « non chat lent » 😉 parce que je lisais la notice de mon collector. Et lire en marchant c’est quand même pas facile vu que tu as besoin de regarder où tu mets les pieds alors que tes yeux … ils regardent le papier. Je lisais le règlement en tout petits caractères quand j’arrive au ratio. Le ratio c’est le nombre de neuros que tu dois dépenser dans le grand magasin pour avoir une petite pastille que tu multiplies par le montant de ton ticket de caisse et qui te dit combien de petites pastilles la caissière va te donner et, potentiellement, combien de fois tu devras revenir dans ce même magasin pour compléter ta collec’ ! Oui arrivé à ce stade, l’opération présente déjà plusieurs failles :

  • La première : l’opération ne fonctionne que dans un seul magasin. Hé oui … sur mon trajet de retour, quand je suis passé à la boulangerie pour acheter une baguette tradition, j’ai demandé à la caissière de me donner des petites pastilles. Hé bien … elle a refusé avec un air étonné ! Pareil quand je suis passé au « pizza truck » prendre une quatre fromages aux anchois mortadelle et betterave rouge mais sans pepperoni … le mec n’a pas voulu me donner des petites pastilles en faisant celui qui n’était pas au courant de cette opération.
  • La deuxième : le fameux ratio dit « une petite pastille autocollante dorée pour 10 euros d’achat« . Seulement voilà … avec les 13 euros et 21 centimes de mon ticket … je pose 2 et je retiens 3 … j’aurais du recevoir … 1 petite pastille. Hé bien figurez-vous que la caissière … elle m’en a donné … 3 ! Alors j’ai immédiatement paniqué ! 2 de trop … 2 petites pastilles de trop … la caissière a fait une erreur. C’est certain, ça va très vite remonter jusqu’aux oreilles de Gégé et il va la limoger ! Si elle fait de telle gourance avec les petites pastilles qui donnent accès au sac à dos avec la monstrueuse réduction … c’est toute la grande distribution qui va périr ! Et en plus, elle devra s’inscrire à Pôle emploi et rejoindre le bataillon de sans emploi qui en cherche … de l’emploi … mon dieu quelle horreur !

Mais il était trop tard pour retourner au magasin et rendre les petites pastilles mal acquises car déjà … la nuit était tombée … boum !

J’ai donc continué la lecture des petits caractères tout p’tit tout p’tit. Et ça disait que mon sac à dos super trop bien qu’il était il coûtait beaucoup beaucoup de neuros genre vers les 80. Mais que si je remplissais bien ma collec’ alors je pouvais l’acheter à seulement 19 neuros et 99 centimes de neuros vu que c’était moi et que j’avais bien remplis ma collec’ de petites pastilles autocollantes. Et ensuite c’était écrit encore plus petit que petit genre … heuuu … « la bible sur un timbre poste » si vous voyez ce que je dire. Même avec mes lunettes bioniques et mes verres Essilor Varilux j’arrivais pas à lire. C’est vous dire si c’était petit. J’ai donc pris la loupe mais ce n’était pas encore assez. Alors j’ai pris les jumelles mais ce n’était pas encore assez. Alors j’ai pris une photo et j’ai agrandi 1000 fois … mais c’était pas encore assez. Alors, je suis allé voir mon voisin du dessus, Grichka B. … qu’il s’appelle mon voisin du dessus. Il habite avec son frère … Igor B. Et tous les deux ils travaillent à l’observatoire gastronomique des étoiles de la galaxie de presque tout l’univers parce qu’il y a une partie de l’univers qu’ils ne peuvent plus observer depuis que Grichka il a fait tomber son Coca dans le périscope et ça a tout oxydé le bas de la lentille et maintenant on voit plus rien dans cette partie. Grichka il est sympa, il a pris mon règlement de mon collector et il va déchiffrer les tous petits caractères avec son télescope.

Mais revenons sur les deux failles que j’ai repérées. D’abord, je dois faire des achats uniquement dans le même magasin. C’est quand même dingue, non … vous ne trouvez pas ? Combien de paquets de nouilles et de saucissons fleury michton je vais être obligé d’acheter pour avoir le droit d’acheter mon super sac à dos avec ma grosse réduc’ rien que pour moi ? Du coup, je vais acheter plus que je n’ai besoin juste pour avoir les petites pastilles autocollantes. Me voilà engagé dans une frénésie consumériste, courant dans les rayons avec mon panier à roulettes, choppant des trucs au passage juste pour faire augmenter le ticket de caisse et recevoir plein de petites pastilles autocollantes. Et c’est comme ça que je suis rentré chez moi avec un baba au rhum allégé et sans gluten, un seau de cornichons, une palette de brique de lait pasteurisé, un bidon de surimi, un fer à friser, 4 paires de pantoufles Reine des Neiges, un tube de mayonnaise râpée et 3 sacs de nourriture pour attirer les ours polaires.  Mais je m’en fou, j’ai terminé ma collec’ ! Enfin bref, le grand magasin il a réussi à faire de la survente

Mais c’est pas tout ça, il en où le Grichka avec le règlement de mon collector ? Bein, en fait avec son télescope  c’était pas encre assez alors il a bidouillé, mais ne me demandez pas comment, un truc pour coupler Hubble avec son télescope à lui et là … c’était bon il a réussi à lire les petits caractères du règlement du collector de la grande distribution. Et c’était écrit que le sac à dos vachement super trop bien qu’il est, il est fabriqué à Rasoolpur, quelque part loin dans le monde là-bas, par des mains expertes recrutées spécialement dès leur plus jeune âge. Que le sac il coûte 3 euros et 25 centimes à fabriquer et que dans sa très grande bonté généreuse, Gégé l’achète 4 euros et 80 centimes auxquels il faut rajouter 2 euros et 38 centimes pour le mazout du cargos qui fait voyager le super sac à dos. Donc au total le méga sac super trop bien, il coûte 7 euros et 18 centimes. Et moi, j’aurai le droit de l’acheter 19 euros et 99 centimes si je complète bien ma collec’.

« Heuuu attend …. y a comme un truc qui déconne … là. Quand tu paies ton super sac qu’il est méga bien tout ça … t’as pas l’impression que ton Gégé il fait 3 fois la culbute ? Hein ? Du coup … ta réduction … c’est pas un peu du bidon ?  »

« Mais non, t’y connais rien. Pisqu’il te dis … que le sac à dos … sans la reduc’ … il coûte … 80 euros ! Tu vois bien qu’à 19 euros 99 c’est une méga réduc de la mort qui tue ! »

« Mouais … tu m’enlèveras pas de l’idée que ta réduc’ … elle quand même un peu … bidonnée »

Enfin bref, ce principe du client capté, de la survente et de la fausse réduction n’est pas une idée de génie d’une start’up de la Silicon Valley. Souvenez-vous d’il y a … fiouuuuu ….. très longtemps. On achetait des paquets de nouilles et on découpait les points « Chèque Chic » qu’on mettait dans une boîte en fer sur la cheminée. Et quand on avait 20 points chèque chic, on pouvait acheter l’affiche de la cuisinière à mettre dans la cuisine. Comme ça on payait nous-même la publicité pour les nouilles ! Mais siiiii souvenez-vous, c’était une célèbre marque de nouilles dont le slogan disait « Des nouilles heuuu des nouilles heuuuu oui mais des …. Lustucru ! » ha ha vous voyez que ça vous revient !

Donc cette carabistouille du super sac à dos qu’il est trop bien même pas cher avec ma collec’ … c’est du réchauffé et pis c’est tout !

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Murielle Bolle : alors, expert … ou pas ?

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Ca fait quelques semaines que cette information est sortie. Et ça fait quelques semaines que je me demande comment réagir. Finalement, je vais rédiger un billet sur mon blog car j’en suis arrivé à la conclusion qu’il vaut mieux en rire.

L’affaire dite « du petit Grégory », ça vous dit quelque chose ? Oui forcément. A moins de s’être exilé quelque part chez les gnous de Patagonie depuis le 16 octobre 1984 et de vivre en ermite isolé de tout contact façon mormon dépressif alors vous avez forcément entendu parler du petit Grégory Villemin. Il se trouve que depuis quelques semaines, « l’affaire » revient sur le devant de la scène. Un nouveau « rebondissement » comme disent les médias pour attirer notre attention et nous tenir en haleine.

Le point qui m’intéresse particulièrement dans ce nouveau rebondissement c’est la publication, le 27 septembre 2017 d’une « expertise psychologique » de Murielle Bolle. Alors, souvenons-nous, Murielle Bolle, c’est la gamine rouquine avec une bouille de Gengis-Khan. Oui, j’aime bien dire « Gengis-Khan » et en plus … Gengis-Khan … il était roux. Bref, Murielle Bolle c’était la gamine que les journalistes pistaient dans les années 80 du côté de la Vologne comme les paparazzis pistent Carla Bruni aujourd’hui du côté des champs Elysées. Sauf que Murielle Bolle, en 1984, elle n’avait rien pour attirer la lumière des projecteurs. Mais du jour au lendemain, PAF tous les journalistes ne parlent plus que d’elle ! Pour parler en standard de 2017, Murielle Bolle, après le 16 octobre 1984, c’est la youtubeuse à 3 millions de folowers que tout Jean-Pierre Pernaut qui se respecte doit avoir accroché à son tableau de chasse. Toute la France lève l’oreille quand Roger Gicquel ouvre son journal de 20h en prononçant ces mots « La France a peur ! »

Bon, revenons à nos moutons parce que … Murielle Bolle, en 2017, elle a quand même 48 ans. Hé oui, ce n’est plus la gamine de 15 ans du 16 octobre 1984.

Alors Murielle, puisqu’elle revient sur le devant de la scène, elle a droit à son expertise psychologique : Article de 20minutes, article de Vosges Matin

Et son expertise psychologique vaut le détour. Non, mieux, elle vaut son pesant de cacahuètes. Enfin … j’en arrive a me demander si ce n’est pas l’experte qui mérite la palme d’or … de Rire & chansons. Car franchement, mieux vaut en rire qu’en pleurer comme on dit.

J’ai presque envie de mettre en lien cette expertise avec l’affaire de la fausse psychologue, qui réalisait des expertises pour les tribunaux avant que l’on ne découvre qu’elle avait fabriqué elle-même ses diplômes avec des modèles récupérés sur net. (France Info juin 2013 )

Bon … alors, venons-en aux faits que diable ! Le test de l’arbre, c’est quoi donc que ce truc là ? Il faut grimper dans l’arbre, comme le chat de tonton Lulu ? Il faut abattre un arbre comme un bûcheron canadien ? Il faut l’entourer de ses bras pour ressentir la force cosmique de mère nature qui a traversée les siècles et les siècles … amen ? Hummmm moui c’est un peu cela !

Voyez par vous même, si vous faites un peu de recherche sur le test de l’arbre du côté du web, vous allez déterrer une profusion d’articles qui se veulent plus scientifiques les uns que les autres. Et évidement, tous ces articles expliquent, en substance que, houlala le test de l’arbre est très peu utilisé en France et que bein … c’est vraiment dommage parce que … il est quand même trop super parce qu’il est bien ce test.

Alors regardons d’un peu plus près les arguments de ces articles en faveur de cet outil vraiment trop formidable :

  • il est utilisé pour des tas de recherches sur des sujets aussi variés que l’étude de la personnalité normale, le diagnostic des troubles du comportement, l’évolution de la perception chez l’enfant. Ha ouais sympa, dites-donc il fait plein de truc votre test. Mais si non, les données de validation, je peux les trouver où ? Hein, parce que bon, vous croire sur parole, c’est pas trop mon truc. Moi j’aime bien vérifier par moi-même …
  • On l’utilise pour vérifier l’influence des variables … écologiques ! Si si, demandez à Nicolas Hulot, il va vous expliquer ça … hein ?
  • Le test de l’arbre, c’est rien d’autre que le support de la projection, l’objet jouant le même rôle que le miroir qui ne fait que renvoyer l’image projeté. Ha bon, fiouuuu et ça sort d’où ça ? Ha oui, de la tête d’un certain Koch en 1949. Et lui-même, il le sort d’où, ou bien il l’a démontré comment ? Ha oui … il l’a dit donc c’est forcément juste …

Mais la cerise sur le gâteau c’est quand même cette affirmation « Des analogies avec la graphologie peuvent être faites et servir de points de repère. » Ha bein oui, là évidemment c’est du lourd. Si le test de l’arbre est aussi puissant que la graphologie, la cartomancie, la taromancie, la boule de cristallerie, alors là … c’est sûr, c’est puissant. C’est puissant comme … un PPT d’un consultant Cap Gémini. Pensez donc « Pour progresser, la RSO doit désormais être … en phase avec les attentes des parties prenantes ! » Non, arrête, tu déconnes ! Comment c’est trop puissant tout ça ! Attends, attends, c’est pas fini, « elle doit être mobilisatrice à tous les niveaux de l’organisation » dingueuuuuu ! C’est beau comme un commentaire de joueur de foot « On va jouer le match et essayer de marquer des buts parce qu’on veut gagner ce match ! » Ha bein ouais dis-donc, des mecs qui viendraient sur le terrain pour faire une pétanque, je pense que ça surprendrait un peu … hein ? …

Exemple de PPT « Cap Gémini »

Bon, revenons à notre test de l’arbre. Ce que j’aime également, c’est cette phrase « le sujet exprime dans son dessin autre chose que ce qu’il pense faire consciemment ». Bein oui, attend mais c’est tellement évident. Tiens par exemple moi, quand je vais au supermarché chercher des nouilles parce que j’en ai plus chez moi et que je veux faire des pennes carbonara bein en fait, j’exprime autre chose dans mon achat de nouilles que ce que je pense faire consciemment … en fait, je ne prends pas un paquet de nouilles, j’exprime mon refoulé inconscient d’un événement traumatique vécu entre 2 ans 3 mois 1 semaine 2 jours 3 heures 45 minutes et 4 secondes et 23 ans 11 mois 3 semaines 4 jours 12 minutes et 45 secondes ! Si si, je vous assure, c’est la taille de la boîte de lustucru multipliée par la surface du magasin divisé par le tour de poitrine de la caissière qui permet cette interprétation et cette précision. Alors tu vois … hein … c’est l’indice de Wittgenstein des boîtes de spaghettis

Alors moi, au départ, en bon scientifique que je suis, j’ai pensé que ce bon vieux Wittgenstein avait mené des études sérieuses sur la question. Etudes sérieuses, en termes scientifiques ça veut dire qu’il s’est assuré du caractère reproductible de sa découverte. En clair, qu’il a analysé des milliers et des milliers de personnes pour découvrir une constante qu’il a traduit en indice avec sa méthode de calcul. Puis il a vérifié sur un très grand nombre personnes que son indice fonctionnait systématiquement. Et c’est pour cela que l’on trouvait des chiffres tout à fait précis qu’il faut d’ailleurs relativiser comme toute recherche scientifique en sciences sociales.

Hé bien … non ! Notre Wittgenstein, il ne s’est pas embarrassé de tout cela ! Que néni ! Il s’est levé un matin et il s’est dit « Bon si je multipliais le périmètre du tronc de l’arbre par le nombre de feuilles sur les branches et que je divise le tout par la taille en millimètres du petit-neveu de la personne concernée… hein ? c’est pas mal ça ?

  • Arrête ton char Ben Hur c’est du grand n’importe quoi, si ta personne n’a pas de petit-neveu, tu fais quoi ? Et attend il y a mieux … ton arbre… Il est dessiné sur une feuille de papier… tu fais comment pour faire le tour et avoir le périmètre ?
  • Ben c’est-à-dire je sais pas moi je prends un mètre à ruban de couturière !
  • Mon dieu quel boulet, mais quel boulet Haaaaa vraiment vous les cliniciens vous avez vraiment des problèmes avec les chiffres.
  • Bon ok alors … si je multipliais la hauteur du début du noeud de l’arbre par l’âge du capitaine et que je divise par la hauteur totale de l’arbre … paf ça me ferait un truc rigolo et je pourrais dire que c’est l’âge d’un traumatisme hein … cool comme idée non? »

Du coup, moi aussi je peux concevoir un test méga trop bien pour être un super expert auprès des tribunaux. Pour cela il faut déjà un peu de psychanalyse. Par exemple, si vous voulez briller en société en vous faisant passer pour un expert en psychanalyse, c’est vraiment très simple : laisser libre court à votre imagination puis faites en sorte de toujours terminer sur un caractère sexuel.

Par exemple, c’est le milieu du repas, la maîtresse de maison apporte une pintade farcie aux marrons et en même temps, votre voisin de table, l’oncle Marcel vous demande si vous avez visionné cette vidéo sur iou tioube de ce jeune boulanger qui proteste contre la grande distribution. En apparence, une conversation anodine comme il en existe des millions chaque jour dans le monde. Et bien aux yeux de l’expert psychanalyste que vous êtes, que neni ! Il s’agit là d’un évident transfert de subjectivité de l’inconscient de tonton Marcel qui a pensé à la baguette du boulanger à la vue de la pintade sortant de la cuisine. Son désir refoulé a passé les barrières de son surmoi qui exprime à haute voix, son envie de pénétrer la pintade. La baguette du boulanger devenant le substitut  phallique narcisisé jusque là introverti et interdit de séance sur la scène de la table familiale. Et concluez toujours par un diagnostic, peu importe lequel, mais surtout avec un terme abscons genre « hum, c’est une pathologie évidente, il s’agit d’un syndrome de psychose de vandenbrouck ! »

Et si vous n’êtes pas très créatif alors écoutez « Claude Almos » sur France info et chipez ses idées. Chacune de ses interventions est un florilège de constructions mentales improbables toujours teintées de ce qu’il faut de caractère sexuel.

Ensuite, à partir de cette technique d’analyse, je vous propose de fabriquer le test … des pieds de la pintade … rapport à la pintade de tata Juju de ci-dessus ! Et je vais vous expliquer comment l’utiliser

Alors premièrement, vous demandez à la personne qui vous consulte : « dessinez les 2 pieds d’une pintade. L’espèce de pintade de votre choix. Ne faites pas à la « va vite » sinon la projection est faussée. Toutefois ne soyez pas inquiet, ce n’est pas une épreuve de dessin. »

Le premier pied, celui de gauche représente l’avenir. Bein oui parce que s’il est à gauche alors c’est le pied droit de la pintade. Et le pied droit c’est celui que la pintade bouge en premier pour avancer donc avancer c’est l’avenir tu vois … enfin c’est évident quoi ! Et donc, à contrario, le pied droit, c’est donc le gauche, c’est donc l’arrière donc c’est le passé.

Alors dans ce dessin, le pied droit est proéminent donc la personne à un énorme traumatisme dans son passé. Et comme les 3 orteils de la pintade sont disproportionnés alors c’est de toute évidence un traumatisme dis … heuuu bein  heuuuu …. proportionné quoi. Alors après, je mesure la distance entre le bout du pied de la pintade et la fin du talon puis je multiplie par 3,14 alors j’obtiens le nombre de secondes entre la survenue du traumatisme et sa non résolution car un traumatisme ne peut jamais être résolu. C’est l’indice de MÖCKELBY, du nom de la table IKEA sur laquelle j’ai conçu cet indice.

Bon, maintenant que vous avez compris le principe du test projectif, revenons à notre Murielle. L’experte lui a demandé de dessiner un arbre. Mais attention, pas un … sapin ! Car dans le test de l’arbre, le sapin est considéré comme trop prototypique et donc il pourrait être stéréotypé et ne pas du tout représenter la projection. Bon, c’est quand même pas de bol … Murielle ! Car Murielle, elle est … vosgienne. Et qu’est-ce que l’on trouve le plus comme arbre dans les Vosges … hein ? Je vous le demande ? Bein … des sapins, des sapins des Vosges évidemment ! Alors Murielle elle a du dessiner un autre arbre. Genre heuuuu … un marronnier, un érable, un bouleau ou même un cerisier. Mais … le cerisier elle veut pas car elle sait pas dessiner les cerises avec la queue …. « HAAAAAAArrrrrrgh malheureuse que n’as-tu dis là ? »

  • Tu évoques la queue des cerises alors tu exprimes inconsciemment le viol que tu as vécu en 1983 ?
  • Bein … non ! Je parle des cerises donc je parle aussi des queues des cerises … quoi ! Allo, non mais allo … t’es psychologue clinicienne alors tu psychote pas … ok ?

Bon, Murielle, elle aurait bien dessiné un arbre à cames parce qu’elle aime bien les camions, surtout les camions américains avec leur gros klaxon. Mais la psychologue elle a pas voulu d’un un arbre à cames non plus parce que l’experte elle sait pas changer une roue de bagnole alors un moteur, vous pensez bien. Et avant que Murielle lui pose la question, la psychologue elle a dit qu’elle voulait pas d’un arbre généalogique non plus parce que l’oncle Bernard elle le connaît déjà et la tata Jacqueline aussi. Alors Murielle elle avait plus vraiment le choix. Il ne lui restait plus que le mirabellier qu’elle a dans son jardin. Alors Murielle elle a proposé à la sikologue clinicienne de dessiner un mirabellier. Et la sikologue clinicienne elle a dit d’accord pour le mirabellier du jardin.

Murielle a commencé à dessiner le mirabellier du jardin comme elle l’avait vu le matin même. Alors elle a commencé à dessiner le tronc tout biscornu et surtout de travers parce que le mirabellier du jardin il était comme ça : biscornu parce que tous les mirabelliers sont biscornus et penché car c’est un effet de la tempête de 1999 dans les Vosges. Le vent a soufflé tellement fort qu’il a penché l’arbre à tout jamais.

Alors la sikologue clinicienne elle était très contente car l’arbre il avait bien la tronche d’un arbre plein de traumatismes tout ça. Allors elle lui pose des questions :

  • dit, pourquoi il est tout p’tit ton arbre ?
  • Bein parce qu’un mirabellier c’est tout p’tit à côté d’un grand sapin des Vosges
  • Haaaa non, pas le sapin ok ? Bon, alors ton arbre il est tout p’tit hein ? C’est bien ça ?
  • Bein … relativement au sap … enfin relativement aux autres arbres … on peut dire que oui
  • « On peut dire que oui … » Donc, on dit « oui » Hein ? C’est bien ça, il est tout p’tit
  • Bein si j’ai pas le choix alors … si on ne regarde que lui … oui …
  • Ha donc c’est bien ça, il est tout p’tit, tout rikiki, tout rachitique. Et toi ? Tu te sens toute petite, hein ? Tu te sens écrasée par toute cette affaire, non ?
  • Heuuuuuu, je fais 1 mètre 82 pour 103 kilos … j’ai pas le sentiment d’être rachitique …
  • Oui mais … c’est symbolique … tu vois, tout ça … c’est … conceptuel …
  • Ho hé, je sais pas qui c’est septuel mais je suis pas con … ok ?
  • Non, non, je … voulais dire que … enfin, toi … au plus profond de toi, tu a l’impression d’être comme le mirabellier de ton jardin …
  • Bahhhh non … moi j’ai pas de prunes jaunes qui me pousse sur les bras …
  • « J’ai pas de prunes jaunes sur les bras … » et tu aimerais en avoir ?
  • Non mais ça va pas … qu’est-ce que vous avez picolé avant de venir ?
  • « Qu’est-ce que … vous … avez … picolé ? Picolé … picole … anatole … Colargole … » tu as envie de donner de l’amour comme l’ours Colargole ?
  • L’ours colargole, celui de la télé ?
  • Oui … celui-là
  • Haaa bein pourquoi ça ? Pourquoi vous me parlez de l’ours Colargole ? Moi quand j’étais petite je regardais plutôt l’île aux enfants … j’aimais bien Casimir …
  • Casimir, tu aimais bien Casimir. Casimir c’est un gros dinosaure. C’est très méchant et violent un dinosaure
  • Bein … pas Casimir … Casimir c’est un personnage qui prend la forme d’un dinosaure pour incarner la gentillesse … c’est une forme d’auximore conceptuelle si vous voulez bien. Vous n’avez jamais regardé Casimir à la TV ?
  • Huuummmm non …
  • Vous devriez peut-être dessiner un arbre vous savez …

Du coup, en avant première devant vos yeux esbaudis, voici une reconstitution du dessin de l’arbre de Murielle himself. Si si, c’est une exclusivité unique au monde rien que pour mon blog et nul part ailleurs. Je dois remercier pour cela, Germaine Pignon qui est dame pipi mais également femme de ménage dans le bureau de la psychologue clinicienne experte près la cour d’appel de Dijon. Germaine agitait sa chiffonnette sur le bureau en bois de la psychologue clinicienne quand elle vu le dessin qu’elle a d’abord pris pour celui de Sigmund, le fils de la psychologue clinicienne. Elle nous l’a rapporté et quand nous avons vu la signature, nous avons compris qu’il s’agissait du dessin de Murielle bolle. Le voici donc ci-dessous :

Age du sujet : 48 ans
Hauteur de l’arbre : 24,7 cm soit 247 mm
Début du nœud : 6,9 cm soit 69 mm
Fin du nœud : 8,3 cm soit 83 mm

Indice de Wittgenstein :
Début de l’événement traumatique : (48 x 69)/247 = 13 ans et 4 mois
Fin de l’événement traumatique : (48 x 83)/247 = 16 ans et 2 mois

Alors surtout, il faut dire à Murielle que si elle dessine un arbre l’année prochaine, il faudra qu’elle dessine le nœud un chouilla plus bas, ok ? Ouais parce que comme elle aura 49 ans, si elle le dessine au même endroit bein … les calculs ne seront plus bons !

Un petit moment de sérieux maintenant : Mesdames et messieurs des tribunaux, je vous invite à arrêter de juger les hommes et les femmes à l’aune de pseudo expertise charlatanesque plus proche de la boule de cristal et du marc de café que du sérieux scientifique que la psychologie sait faire. Tous les tests ne sont pas égaux devant la science. Pour faire simple, les tests projectifs c’est tout pourris, les tests construits dans le respect des normes psychométriques c’est du sérieux et du robuste. Commencez donc par regarder plutôt du côté de la psychologie différentielle et oubliez la psychologie clinique. Et pour débuter votre désintoxication de la psychologie clinique, je vous invite à lire un très bon bouquin : « Le livre noir de la psychanalyse »

Il s’agit d’un collectif de scientifiques qui vous explique, de manière simple et pédagogique, pourquoi toutes ces interprétations pseudo freudiennes c’est du grand n’importe quoi.

Cet article est sponsorisé par Psychologie Magazine :

Il faut sauver le soldat fifi ;-)

Une petite annonce, rubrique « Offre d’emploi », repérée sur le bon coin :

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Toute ressemblance, ou similitude avec des personnages et des faits existants ou ayant existé, ne saurait être que coïncidence fortuite …

Désolé, je crois que je me suis lâché 😉

Vu de l’étranger :

http://www.lexpress.fr/actualite/medias/francois-fillon-dans-le-caniveau-pour-la-presse-etrangere_1877181.html

http://www.courrierinternational.com/article/interview-au-danemark-fillon-serait-cuit-depuis-longtemps

http://www.huffingtonpost.fr/2017/02/10/fillon-serait-il-encore-candidat-au-canada-en-suede-ou-en-allem/

Métiers en tension … sion, sion

Vous avez certainement entendu parler des métiers en tension. Non, non, ce ne sont pas les ouvriers qui fabriquent les élastiques qui entourent les paquets de lettres de mon facteur ; ni même les koutchouques extensibles pour faire du saut à l’élastique au dessus des gorges du Verdon.

Non, non, rien de tout cela. En fait, souvenez-vous. C’était en 2003. Le ministre du travail de l’époque s’appelait … François Fillion. Et il était interviewé sur France Inter. Pour lui, il y avait en France, à cette époque, 100 000 emplois non pourvus ! En clair, les entreprises peinaient à recruter alors même que les fichiers de l’ANPE – hé oui, en 2003, Pôle emploi n’existait pas encore – étaient plein à craquer. Alors il s’est pris à rêver que l’arithmétique suffirait. 2 millions de chômeurs et 100 000 emplois non pourvus : c’est pourtant simple de mettre 100 000 demandeurs d’emploi sur ces postes … fichtre diantre !

On allait donc créer l’O-R-E : l’offre raisonnable d’emploi. Et il allait voir ce qu’il allait voir … non de diou ! Comment on allait mater ces fainéants de chômeur qui ne veulent pas aller bosser. Tu refuses ma ch’tite offre raisonnable d’emploi ? PAF, je te radie et j’te sucre tes alloc … non mais sans blague …

Bein oui, seulement voilà, cette méthode s’appelle … l’A-Dé-Qua-Tio-Nnisme et l’adéquationnisme … ça ne marche pas, tout le monde le sait !

Bon, en 2017, soit 14 ans plus tard, et après être passé par toutes les estimations les plus folles les unes que les autres, 300 000 par ci, 200 000 par là et hop 500 000 pour les plus forts en gueule … bref, plus personne ne croit en cette histoire d’emploi non pourvus. Les dynamiques du marché du travail sont bien plus complexes que cette explication simpliste.

Mais là n’est pas l’objet de mon propos. Si non ce serait trop simple.

Voyez-vous, je me suis dit … oui, parce que je me parle souvent … donc je me demandais : « recruter une personne est donc si difficile aujourd’hui qu’on soit obligé de recruter … sa femme ou même … ses enfants pas encore diplômés ? »

Bon, mettons-nous dans la peau du recruteur et recherchons un plombier … non … un électricien … heuu non … disons … un assistant … oui c’est cela, un assistant … parlementaire. Oui, ça c’est très bien car c’est compliqué et les CV ne doivent pas être nombreux. Donc, un métier en tension.

Bon, ok allons-y : direction le site internet de Pôle emploi. On lance une recherche sur le thème parlementaire. Ha oui, on va mettre pour le lieu « Paris ». Bein oui l’Assemblée Nationale est à Paris quand même. Résultat :

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Ouf ! A oui, quand même … 1207 CV … 1207 demandeurs d’emploi répondent aux compétences d’assistant parlementaire sur Paris (recherche effectuée le dimanche 4 février 2017). Je serais prêt à parier qu’il y a beaucoup de jeunes sur-diplômés issus des quartiers défavorisés de la région parisienne. Et là, je me dis que je pourrais recruter un petit jeune, ou une petite jeune, qui a besoin d’un p’tit coup de main dans la vie. En tant que député, mon rôle c’est aussi d’aider les français que je représente. Si je recrute l’un de ces 1207 CV, je vais aider une personne qui est certainement dans la galère … je vais faire une bonne action.

Ha oui, mais bon, c’est trop facile. Oui, bien sûr, à Paris, il y a beaucoup de monde. Disons alors que le recruteur est dans sa circonscription, un peu au bout du monde. Une circonscription perdu dans la campagne française … allez heuuu … disons … Commercy ? … heuuu … non … Spincourt … non … Bourges … non … disons … Sablé sur Sarthe ? Allez chiche … regardons ce que le site de Pôle emploi nous propose comme CV d’assistant parlementaire à Sablé sur Sarthe. A coup sûr il n’y en a aucun et je vais devoir recruter ma femme … non de non !

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389 ! Fiouuuuu il y a 389 demandeurs ou demandeuses d’emploi prêts à venir travailler à Sablé sur Sarthe comme assistant parlementaire? Mince … heu non, je veux dire … bon heuuu c’est à dire … enfin …. je recherche quelqu’un qui devra travailler sur … heuuu … un sujet hyper important par rapport à mon programme de député tout ça, mes promesses … heuuu … c’est à dire … bein oui quoi, on va dire que j’ai promis de …. heuu … développer …. bein …. la fabrication des baignoires sur le sol français ! Ha, vous voyez bien que c’est important. Bon, je relance donc une recherche en précisant ma demande et en ajoutant le terme « Baignoire » :

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Hé bein voilà … le résultat. Dés qu’on cherche un CV, on en trouve pas ! Non mais vous vous rendez-compte. Je cherche un CV assez simple : un assistant parlementaire baignoire, c’est quand même pas la mer à boire … si je peux me permettre. Ha ça c’est bien la France !

Du coup, je vais être obligé de recruter … ma femme ! Alors que franchement, j’avais tellement envie de donner sa chance à un jeune, ou une jeune, qui débute dans la vie professionnelle. Franchement, si c’est pas triste d’en être obligé à recruter sa propre épouse. Hein, je vous prends à témoins tout de même !

Et vous verrez que dans 6 mois, quand j’aurai besoin de recruter un avocat … j’en trouverai pas et je devrai, par la force des choses … recruter mes propres enfants. Franchement, on ne peut compter que sur sa famille dans ce pays.

Attaché parlementaire est un métier en tension … c’est pour cela que les députés sont obligés de recruter leur épouse ou leurs enfants … et pis c’est tout !

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire😉

Comment Facebook a inventé … l’eau chaude !

Si j’en crois wikipédia, Facebook est né le 4 février 2004. Et voilà que 12 ans plus tard on parle d’innovation, de réseau social, de cla-hou-deu, et je n’sais trop quelle super méga révolution de la mort qui tue mémère qu’on a poussée dans les orties.

Que néni, avec 2 éponges … oui parce que éponge puis re-éponge ça fait … réponds-je … comprenne qui peux.

Bref, voyez-vous, il y a maintenant…. fiouuuu … bien 36 ans de cela, ça doit nous faire dans les … sixties des années 80 comme dirait le guignol de Johnny. Hé bien à cette époque, c’est à dire, bien avant le marc de sucre pas bon (à traduire en anglais ça donne « Mark Sugar Beurk ») on avait déjà le moyen d’entrer en contact avec de parfaits inconnus à l’autre bout de la planète et d’engager avec eux des échanges autour d’intérêts communs.

Bon, évidemment, on ne cliquait pas frénétiquement sur un mulot pour liker ou disliker. En fait on écrivait un joli message sur une étiquette. On ajoutait son adresse postale en bas de ladite étiquette. Puis on accrochait tout ça à un ballon de baudruche gonflé à l’hélium et hop on le lâchait. Il partait au gré des vents vers des contrées lointaines … lointaines … c’est du moins ce que notre imagination voyait dans ce ballon qui prenait de l’altitude.

Haaaaa ce petit Ballon, frêle esquif dans la puissance du courant éolien. Balloté de ci, de là dans le grand anticyclone des Açores … poussé par les alizés … repris par le Khamsin au dessus du Caire … retourné par le Pampero à l’approche de Río de la Plata, sa petite étiquette toujours bien arrimée assurant que le message serait délivré quelque part … sur la terre … quand le Squamish  le projettera au sol en terre canadienne ou bien encore le Williwaw le déposera en Alaska … quel voyage, quel périple pour mon joli message. Et … y aura-t-il un autochtone pour le retrouver et lire mon message ? … sans google traduction ? Nous sommes dans les années 70 ne l’oublions pas.

C’est beau l’imaginaire car au final … le ballon s’en allait s’écraser dans un champ … oui, le ballon crevait en plein ciel juste au-dessus du village d’à côté et en guise d’étrangers du bout du monde, tu recevais une carte postale de la fille du crémier de bernezouille sur Vraine qui t’expliquait que tu pouvais prendre ta bicyclette pour venir récupérer ton pauv’ ballon crevé. Et si l’étiquette n’était pas passée sous les coups de cisailles d’un agriculteur fou et son tracteur Massey Ferguson, alors tu récupérerais aussi son étiquette toute détrempée et son encre bleue toute dégoulinante que même google traduction ne pourrait déchiffrer … ouais finalement à bien y réfléchir … c’était largement aussi nul que la version moderne du réseau social.

Et ça s’appelait … le ballon gonflé à l’hélium …

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Web 3 zéros : il parait que maintenant le web est intelligent …

Bon, voilà ma 3ieme « chiquenaude de bouche »  (c’est comme un « coup de gueule » mais en beaucoup, beaucoup, beaucoup moins fort … bein oui, y’en a marre de ces français qui passent leur temps à tout critiquer à outrance)

Si on en croit les spécialistes du net, internet a maintenant acquis l’intelligence ! Si, si je vous assure, tous ces experts nous parlent des incroyables algorithmes développés par des non moins experts du code ingénieurs en tout ce que vous voudrez. Et grâce à ces formidables algorithmes, ma navigation sur internet n’a rien à voir avec la vôtre. En effet, internet me comprend et les contenus s’adaptent à mon profil … c’est t’y pas beau ça ?

Bref, comme je ne suis pas du genre à critiquer sans preuves, voici ma démonstration du jour :

  1. je vais sur un moteur de recherche : tant qu’à faire, je prends celui qui récolte le plus de données personnelles et qui les revend à tout le monde. Vous avez devinez : Google !
  2. je lance ma recherche : « acheter casserole » -> mettez bien le verbe « acheter », google adore ce terme qui laisse entendre que vous êtes prêt à dépenser votre argent

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  1. je clique sur quelques sites bien en vue : batterie de casserole sur Darty, poêle à frire sur La Redoute, casserole en inox sur fnac.com, etc …
  2. je vais maintenant visiter un site au hasard … disons … le site de OverBlog …
  3. Hooooo incroyable ! regardez à droite … de la pub pour des batteries de casseroles !

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Heuuuuu dites messieurs les experts, on ne se foutrait pas un peu de nous ! Vos incroyables algorithmes que l’on doit au soit disant plus prestigieux ingénieurs sont capables de … mettre de la pub de casseroles dans les sites que je visite alors que justement je viens de faire une recherche de casseroles sur Google ! En plus, j’ai mis la barre assez haut. En effet, j’aurais pu choisir le site qui fonctionne le mieux avec ce mécanisme de pub … facebook ! Allez-y, faites des recherches de balais de ch… pardon de balais de WC, sur Google et je vous assure que vous allez avoir plein de magnifiques visuels de balais de ch …. pardon de balais de WC sur votre page facebook 😉

Bon, reprenons : le web en est bien au web 3 zéros … comme l’on dit : le web triple buse ! Voici les explications :

  1. vous truffez les pages que l’on visite de pub pour des produits qui ont déjà fait l’objet de recherches par ailleurs
  2. très souvent, ces pubs arrivent après la bataille puisque le produit est déjà acheté ou l’achat abandonné
  3. le site que je visite se retrouve affublé d’un immonde visuel qui n’a rien à voir avec son contenu. Imaginez un peu si vous faites une recherche de boîte d’aliment pour chat et ensuite vous visitez le site de commande en ligne de plat chinois … hum ?
  4. globalement, ce web n’a pas de modèle économique alors il recopie ce qui semble fonctionner avec la TV et les médias en général : vendre des espaces publicitaires pour atteindre les potentiels consommateurs … diantre ! où est l’innovation ?
  5. il n’y a aucune intelligence dans ces algorithmes qui sont certainement développés par des enfants de 5 ans de l’autre côté de la planète. Pour faire simple, ce sont des scripts écrit en PHP avec une seule fonction …
  6. <?php
    if ($a == « casseroles« )
    echo « afficher la pub des casseroles de Darty »;
    ?>
  7. Intelligence artificielle, systèmes experts, analyse sémantique ? mais où êtes-vous donc ?
  8. et je n’ai pas parlé des vidéos que l’on est obligé de regarder avant d’accéder à la vraie vidéo que l’on veut voir. C’est tellement agaçant que j’en arrive à boycotter les produits dont on m’impose la réclame de cette manière. Tiens, aujourd’hui j’ajoute « les haricots verts bonduelle »  à ma BlackList  !!

Alors … me direz-vous ? finalement tu n’es qu’un français comme tout les autres … car tu critiques, tu critiques mais tu n’as pas de solutions à proposer !

Hé bien si, figurez-vous ! ma proposition est simple :

Et si on arrêtait de confier le web à des spécialistes de l’informatique et des technologies ? car il faut le reconnaître : il faut des spécialistes de l’homme et du fonctionnement de son cerveau pour faire un vrai web du futur. Les spécialistes de la technologie ne sauront jamais dépasser les contraintes techniques … c’est un peu comme si on confiait le design d’un bâtiment à un ingénieur en génie civil. Il saura calculer la résistance d’une poutre mais il ne saura jamais dire à quoi doit ressembler le bâtiment. Pour que le bâtiment prenne forme, il faut un architecte ! un type qui n’y connait rien en béton armé mais qui s’y connait en design et en fonctionnalité. Même au moyen âge, nos ancêtres le savaient. Ce n’était pas le maçon, le spécialiste de la taille et de l’assemblage de pierres, qui dessinait le bâtiment, c’était l’architecte. L’architecte était incapable de mettre 2 pierres l’une sur l’autre mais grâce à lui  … Notre Dame existe !

Alors aujourd’hui le Web souffre de ce mal que l’on connait trop bien, depuis trop longtemps : on confond la « fin » et les « moyens ». Et aujourd’hui seuls ceux qui maîtrisent les « moyens » sont aux commandes du web … en clair et pour faire simple, confions aux spécialistes des sciences cognitives, aux experts des fonctions cognitives, de la mémoire et des motivations et surtout … aux psychologues … le web de demain et l’avenir d’Internet pourra enfin éclore …

 

 

 

Pfffff maintenant j’ai des casseroles sur tous les sites que je visite …

Opération minions : je me suis fait pigeonné, il faut que j’assume !

Hier matin, je me lève … un pied par terre, le second, je suis debout mais pas franchement réveillé. Je me traîne jusqu’à la cuisine. Le geste machinal, j’ouvre le placard du haut, prends un bol, le pose sur le plan de travail, juste devant la radio qui diffuse France Info. Je me traîne jusqu’au frigo, les yeux pas encore complètement ouverts. J’ouvre, brrrrr froid …. je prends la bouteille de lait et la rapporte près du bol. Je me penche, ouvre le placard du bas, plonge ma main à l’intérieur … je palpe une boite en carton parallélépipédique rectangle … mes ChocoPops, Yes ! Je remonte la boîte, l’ouvre tout en baillant profondément. Je verse mes chocopops dans mon bol … rien … pas de bruit ! j’ouvre les yeux comme ébahi par cette inconnue dans mon champs de certitudes : le doute n’est plus permis, mes yeux constatent le  cataclysme, la boîte est vide ! Horreur … plus de chocopops !

Bref, je vous passe l’opération rasage, douche, brossage des dents, pshiiiiittttt déo et tout et tout ..

Je sors et me dirige vers ma petite épicerie de quartier, mon dealer de ChocoPops habituel. Direct vers le rayon céréales, je prends une boîte de Chocopops et retrouve instinctivement le sourire. Et à cet instant précis, mon regard est attiré par une autre boîte, juste à côté. Sur la boîte du même format, 3 minions rigolent comme des imbéciles … comme moi devant ma boîte de chocopops 🙂

Le doute m’envahi … serait-ce un signe ? J’hésite, repose ma boîte, prend l’autre. Il est écrit qu’il y a un minion dansant à l’intérieur. Ce serait trop rigolo, un minion sur mon ordi 😉 NON ! hors de question de me laisser détourner de mon achat habituel à cause de cette frénésie qui ne durera qu’un été tout au mieux. Je remets la boîte et l’opération commerciale à sa place et reprends ma boîte de chocopops … ouais mais … il n’y a rien dans ta boîte de chocopops 😦 et en plus elle est 50 centimes plus chère ! Et voilà l’argument de la mort qui tue ta grand-mère en tongue devant le prisunic de Noisy le Grand Mont d’Est, juste pour être en accord avec soi-même et ne pas se dire que l’on a succombé, comme un malheureux consommateur de base, à l’attirance pour un gadget marketing … je prends la boîte de … Chocapic !

De retour chez moi, je reprends mes gestes du matin. A cette différence près que cette fois, je suis bien réveillé :-). HOOOOoooooo un minion en plastique, je le reconnais, c’est Kevin :-))

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Ca ne rigole pas : photo prise au D7000 + objectif 105 mm macro ouverture 2.8 + utilisation d’une charte de gris pour assurer une bonne balance des blancs au développement du fichier RAW, bref, la totale

Bon, ça y est, j’ai mon minion que j’ai posé sur mon ordi … voilà, voilà, voilà … maintenant je peux manger mes chocapics … tiens c’est étrange, le lait semble glisser sur mes chocapics. On dirait que les chocapics n’en veulent pas … je prends ma cuillère chocopos et enfonce les chocapic au fond du bol … bloup ! ils remontent à la surface sans laisser une seule trace de chocolat dans le lait … étrange …

Je prends quelques chocapics dans ma cuillère, je goûte … pouhaaaaa … Raaaaa raaaaa …. on dirait du carton mâché … une 2iemme cuillère, pouhaaaark …. beuuuhhhh ….. ça pâtifie dans la bouche …. et le chocolat ? où est le goût de chocolat ?

Bon, je laisse « infuser » une bonne heure en me disant que les chocapics vont s’imprégner de lait et que ça ira mieux. Je reviens … non, le lait est toujours blanc comme neige. Et les chocapics secs comme les blés en plein été de canicule. Comme s’ils étaient … étanches … en plastique comme mon minion …

Bref, je vais devoir assumer : j’ai une boîte entière de céréales immangeables que je vais devoir terminer avant de retrouver mes Chocopops … tout ça pour un minion en plastique … il faut que j’assume … ou pas et je jette les Chocapics dans la poubelle, ni vu ni connu … vous feriez quoi à ma place ?