Bref, je suis allé en mission (1)

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Dans mon métier, on dit « Je vais en mission à … « . Rien à voir avec une mission secrète, James Bond, tout ça. Non, non, c’est juste qu’on part en déplacement professionnel. Et la destination est importante car c’est rarement l’endroit où tu passerais tes vacances. C’est genre « Je vais en mission à Montargis ».

Bon parfois, la destination est pas mal. Mais comme tu y vas pour bosser, bein … t’as pas vraiment le temps d’en profiter. Alors que tu ailles à Venise ou à Montargis, c’est pareil.

Bref, je suis allé en mission à Montpellier. Et Montpellier, en pleine canicule… c’est chaud. Et dans mon métier, quand on va en mission, ça veut dire qu’on va auditer. C’est marrant comme la perception change suivant que l’on est d’un côté ou de l’autre de la mission. Moi je trouve ça sympa. Mais de l’autre côté, ils ont les copeaux, ils fouettent, ils tremblent, ils sont tout blancs …

Bref, je suis allé en mission à Montpellier

Une mission, ça commence toujours par la logistique. Oui, il y a aussi le boulot qu’il faut préparer. Mais j’en parle pas ici. Donc la logistique ou dit autrement, la « résa d’hôtel ». Tu te connectes sur le site du prestataire, tu entres Montpellier. Tu précises les dates. Et pouf ! tu as la carte avec les hôtels possibles : une petite flèche verte et l’hôtel est « dans les prix », une petite flèche rouge et l’hôtel est … « pas dans les prix ». Pour le dire autrement, réserver à Montpellier en juillet en s’y prenant la semaine précédente c’est … que des flèches rouges. Alors là, tu peux prendre un hôtel « flèche rouge » mais il faut passer par un circuit de validation à 2500 niveaux qui va jusqu’au président de la république avant de revenir par le même circuit. C’est possible … mais seulement en théorie. Alors il reste le joker. Non, non, pas l’appel à un ami mais … l’appel à l’assistante.

Moi : « dis Stéphanie, je ne trouve pas d’hôtel dans les prix pour la mission à Montpellier lundi prochain »

Stéphanie : « T’inquiète, je m’en occupe »

Moi : « OK super. Heuuu … pas à Tataouine quand même … hein ? »

Stéphanie : « Mais non … fais moi confiance… »

Le lendemain, Stéphanie vient me voir dans mon bureau et me dit « A y est, je t’ai trouvé un super hôtel … dans les prix … et avec vue sur mer ! »

Bref, j’ai une confiance toute relative.

On arrive à Montpellier. Oui parce qu’une mission c’est toujours à plusieurs. Là on est 3. On est à la gare de Montpellier, en plein centre ville.  La température au sol est d’environ 48 degrés … à l’ombre. Le lieu de la mission est à l’est de Montpellier. L’hôtel est à l’ouest de Montpellier. Il est 11h30. Les collègues veulent déposer les valises à l’hôtel. On appelle l’hôtel…. l’hôtel ne répond pas.

On va à l’agence de transport en commun pour demander l’itinéraire jusqu’à l’hôtel. On entre.

Le guichetier : « On ferme ! Vous avez l’autre agence au coin de la rue après le Mac Do ! » dit-il, d’une voix nasillarde dans l’hygiaphone. Tout le monde sort, regards perdus … Mac Do là … à midi ! On marche et nous passons le coin de la rue. A peine tourné, une file d’attente de 3874 personnes déborde de l’autre agence.

Bref, on a failli tester les renseignements des transports en commun montpelliérain !

On va faire autrement. On appelle l’hôtel … bis … non, non pas IBIS la marque des supers hôtels. Le « bis » c’est pour dire qu’on l’appelle pour la 2ieme fois …

Le collègue : « Bonjour madame, comment fait-on pour rejoindre votre établissement par les transports en communs ? »

La dame de l’hôtel : « Bein … vous n’êtes pas rendus ! Pis … ça grimpe fort pour venir jusqu’ici. Et si vous venez avant 15h30, il y a un supplément de … beaucoup de neuros ! »

Moi : « qu’est-ce qu’elle dit la dame ? »

Le collègue : « elle dit qu’on va pas aller tout de suite à l’hôtel, on ira ce soir »

Je mets une carte de la ville de Montpellier pour que l’on ait bien les mêmes repères en tête. Les distances sont estimées approximativement et sont assez proches de la réalité.

Bref, on a pris le tram vide à Montpellier.

Oui, en province, c’est pas comme à Paris : le tram il est vide et tu peux t’asseoir.

3h plus tard, on descend du tram. On marche en traînant nos valises par 60 degrés à l’ombre mais nous on est en plein soleil. On marche … on marche … on marche …

  • Moi : « dis ! T’es sûre que c’est par là ? Parce que là … y’a plus de trottoir depuis au moins 3 kilomètres » …
  • Le collègue : « Si, si, je t’assure, c’est écrit sur le plan, regarde …« 

Ha oui … finalement, ce n’était pas si loin. Après 6h de marche on est arrivé sur place.

Bref, on a commencé la journée, mais surtout la mission, comme après un vendée globe en solitaire par 75 degrés au soleil …

J’ai dit que je ne parlais pas du contenu de la mission. Parce que c’est quand même un peu secret, tout ça, que j’ai pas trop le droit d’en parler alors … hop c’est la fin de la journée. Objectif : rejoindre l’hôtel qu’est dans les prix et avec vue sur mer 🙂 Mais qui est de l’autre côté de la ville  😦

Après les 6h de marche en traînant la valise, le passage à niveau et ses innombrables convois ferroviaires, plusieurs hectolitres de sueur dans la chemise, nous voilà à l’arrêt de tram. Il est 18h30 mais la température n’a pas varié d’un iota. Je peste contre Donald Trump, omni responsable devant l’Éternel du réchauffement climatique. Le cheval de fer s’arrête à notre hauteur. Les portes s’ouvrent. Nous pénétrons à l’intérieur. Pinaise … pas climatisé … c’est comme dehors mais en 3 fois plus chaud. Je re-peste contre Donald Trump ! On choisit un club 4 et on s’installe. Oui, le tram est vide … c’est pas comme à Paris tout ça…. enfin je l’ai écrit plus haut.

Bref, on a chaud, très chaud … vraiment très chaud. Et c’est pas comme si on était en costard cravate 😉

A quelques mètres, un gars discute bruyamment, avec son acolyte. Il accompagne son propos de gestes approximatifs à la trajectoire manifestement mal maîtrisée. Ce n’est pas sa gestuelle qui m’interpelle mais plutôt l’avenir de la boîte en fer de 50 cl qui contient un breuvage houblonné mais surtout … qui décrit des sinusoïdes en 3D. Si elle pouvait parler, elle dirait certainement « s’il te plait, vide moi et qu’on en finisse le plus vite possible, j’ai la nausée« .

Bref, l’artiste nous regarde. Je comprends qu’il va nous interpeller. Bingo, il vient dans notre direction … mais pas en ligne droite. On m’a pourtant toujours appris que le chemin le plus court c’est la ligne droite sauf … quand la terre tangue. Et là, la terre … elle a l’air de vachement tanguer pour cet olibrius

L’artiste : « messieurs, puis-je me permettre de solliciter votre savoir au sujet d’une question qui nous divise, mon ami et moi ? »

Moi : « mais faites donc, mon brave. »

L’artiste : « Alors voilà … de votre point de vue, combien d’années séparent deux générations ? »

Moi : « 25 ans. »

L’artiste : « Hum …votre réponse n’arrange ni mon ami, ni moi-même car nous voici maintenant avec 3 propositions différentes. Comme vous avez l’air érudits, je considère votre réponse comme la plus juste. Je vous remercie messieurs. »

Et il rejoint son acolyte … toujours pas en ligne droite et en se tenant aux barres verticales judicieusement disposées le long de son trajet par le fabriquant du tram. Alors que tout le monde sait que le plus court trajet entre 2 points, c’est la ligne droite comme je le disais précédemment.

On se regarde. On esquisse un large sourire entendu, rassurés par la nature non belliqueuse de notre nouveau compagnon de transport en commun.

Mais l’embellie n’est que de courte durée. L’artiste revient vers nous, non sans s’être abreuvé d’une goulée de la mousseuse boisson.

L’artiste : « messieurs, la décence m’oblige à vous donner une explication à ma sollicitation. »

Moi : « mais non, t’inquiète pépère … c’est pas utile »

L’artiste : « messieurs, je ne sais pas qui vous êtes. Vous êtes peut être … PDG. Je vois monsieur avec son costume et sa cravate. Et bien moi je suis … scénariste ! Là je prépare une pièce de théâtre avec un concept tout à fait nouveau : je fais parler un caillera en vieux françois et Louis XIV en caillera ! »

Tellement captivés par la maestria de notre artiste avec sa canette que nous n’avons pas prêté attention au voyageur qui vient de s’asseoir à nos côtés sur le club 4 d’en face.  Mais l’artiste lui, l’a repéré et lui tend la main. Enfin … comme quelqu’un qui essaie de viser le digicode avec un taux d’alcoolémie incompatible avec ce screugneugneu de clavier beaucoup trop petit …

Ils se saluent, se disent « bonjour« , échangent quelques mots genre « j’pensais que tu m’avais pas vu. Bein si que je t’avais vu mais je discutais avec ces messieurs … hurmpf »

Personne ne dit mot mais nous sommes soulagés que notre nouveau compagnon, l’artiste, ait retrouvé un compère. Comme ça, au moins, il nous lâchera la grappe.

Hé flûte, j’ai parlé trop vite ! Ledit compère ne doit pas l’apprécier plus que ça car il l’invite à poursuivre sa conversation avec nous. 4 regards furibards sont maintenant dirigés vers le compère qui nous fait un large sourire … un sourire qui dit « démerdez-vous avec lui, j’ai autre à faire que supporter son haleine d’outre à bière ! »

Le voilà qui revient vers nous : « ho oui, je ne vais tout de même pas laisser ces messieurs sans explication »

Moi : « mais si pépère … ne te prends pas la tête, on ne t’en tiendra pas rigueur »

L’artiste : « alors voilà mon idée … vous voyez, lui  » dit-il en pointant du menton notre collègue « il a un costume … une cravate. Je ne sais pas qui il est mais … il pourrait être PDG ou même … président … »

Moi : « c’est pas faux d’autant qu’un PDG … c’est aussi un président … hein ? »

L’artiste : « alors lui, on s’attend pas à ce qu’il parle comme une racaille de banlieue. Mais s’il disait … heuuu … j’sais pas moi heuuu … j’kiffe trop la meuf de la compta … celle qui bosse au 3ieme ! Hein ? ça fait drôle non ? Pour un type qu’est en costard cravate ? … »

Moi : « Effectivement, je vous confirme que je vois pas trop mon collègue s’exprimer ainsi »

Nous en étions là de notre échange fort instruisant quand le tram s’est arrêté. Je crois que le copain de l’artiste a finalement eu pitié de nous car il lui a dit « Hé mec … c’est ton arrêt ! » et l’artiste s’est précipité dehors. Enfin … comme on peut se précipiter quand on est sur un radeau par forte houle et que l’on cherche à quitter le navire pour rejoindre la terre ferme … heureusement qu’il y avait un abris-tram … c’est comme un abris-bus sauf que c’est pas sur une ligne de bus mais de tram … en face de la porte pour stopper net la course chancelante de notre auteur-compositeur-interprète d’une pièce de théâtre qui fera un malheur au box office, n’en doutons pas.

Bref, après la sortie remarquée de notre artiste et sans faire de rappel, notre tram a repris son petit bonhomme de chemin vers sa destination initiale. Et nous … bein … on est restés assis, dans la chaleur suffocante d’un été à Montpellier, suants à grosses gouttes dans nos chemises comme au sauna. Sauf qu’au sauna, tu y vas en tenue adéquate … tu n’y vas pas en costard cravate …

Après quoi … pfiouuuu à peine 12 heures plus tard, 2487 arrêts et environ 12 millions de kilomètres, voici que se profile à l’horizon, notre arrêt. Nous descendons. Dehors, il fait encore plus chaud que dedans … c’est incompréhensible. C’est un peu comme si les lois de la physique avaient contourné Montpellier et se disant « non non, ici, on va laisser le soleil faire ce qu’il veut comme il veut. On ne va pas baisser la température quand il y a de l’ombre« . Du coup, le soleil en profite et il fait ce qu’il veut. Alors … il chauffe ! Et il chauffe fort … très fort ! C’est quand on a commencé l’ascension du mont Niitaka, que j’ai compris ce que ressentent les haricots du cassoulet juste avant d’exploser dans le four micro-ondes poussé au maxi.

Oui, non seulement l’hôtel est loin de l’arrêt de tram mais en plus ça grimpe fort, le soleil doit être à quoi … pfiouuu pas 2 mètres au-dessus de nos têtes, il n’y a pas de bus pour nous y rendre et on doit longer la route qui elle, forcément … est dans le sens inverse donc … les voitures s’en donnent à coeur joie pour descendre « fend la bise« , ou « vent du cul dans la plaine » si vous êtes plutôt sergent major, et nous polluent notre oxygène parce que franchement, c’était pas assez difficile comme ça.

Donc on attaque l’ascension de la roche de solutré. Au premier carrefour, on croise les potes de l’artiste qui proposent de nous vendre des bouteilles d’eau fraîche si non, nous disent-ils, vous n’arriverez pas en haut. Malins les acolytes du poivrot du tram : eux, ils restent en bas pour picoler des bières et ils vendent de l’eau à ceux qui entreprennent leur chemin de croix jusqu’à l’hôtel. Mais bon, à 7499 euros la bouteille de 50 cl, on a courtoisement décliné l’offre. Et on a marché … marché … marché et comme dans le désert, plus on avançait plus le haut de la colline s’éloignait …

8 heures plus tard, les roues des valises avaient perdu 1/3 de leur diamètre. Le bitume du trottoir collant à nos semelles comme le ruban antimouches aux pattes de la drosophile, nous arrivâmes … au Mac Donald’s ! Hé oui, sans faire attention, tellement voûtés par le poids de la chaleur, on a oublié de tourner et paf … nous voilà au Fast food ! Heureusement, en relevant machinalement la tête … nous aperçûmes l’enseigne de notre hôtel … de l’autre côté du rond point.

Bref, on a retrouvé le sourire

Dans ma tête, je repense à la joie de Stéphanie m’annonçant fièrement « A y est, je t’ai trouvé un super hôtel … dans les prix … et avec vue sur mer !« . « Avec vue mer ! » … on doit être à mille kilomètres de la mer ! Et pis avec cette chaleur, la mer a du s’évaporer entièrement !

Bon, nous voilà aux portes … de l’hôtel. Enfin … je ne sais pas si vous connaissez la chaine « Appart’City » ? C’est comme un hôtel, ça ressemble à un hôtel mais … c’est pas un hôtel. En fait c’est de la location d’appartement à la nuit ! Si si je vous assure c’est possible. Et quand on loue un appartement, qu’est-ce que l’on fait … hein ? je vous le demande … hein ? De … la … paperasserie ! plein de paperasserie ! Donc, nous voilà en train de biffer les 12 154 pages du contrat de location … en 3 exemplaires … Et tout cela pour une piaule de 6 m2 à Tatouine les bains, sur le rond point du périph par 75 degrés sans clim !

2 heures et demi plus tard, la nana de la réception nous explique qu’elle va faire des photocopies pour laisser un exemplaire du contrat de location .. à chacun. On lui répond, en coeur : « qu’elle peut se le carrer dans l’f …. son contrat« .

Bref, on l’y a braqué son armoire à clés après l’avoir assommée avec un vieux « Figaro Madame » qui traînait par là. On récupère nos clés de chambre. Pour moi ce sera le 6ieme étage. Si si c’est important, vous allez voir. J’introduis la clé, je tourne, je clenche et je pousse la porte qui s’ouvre sur un tout petit couloir. Pas dans la longueur … le couloir, non … dans sa largeur. J’avance, et j’entre dans … bein dans ce qui doit être la chambre mais comme le lit prend toute la place, il doit rester environ 10 cm entre les murs et le lit. En face de moi … une fenêtre qui fait toute la longueur du mur. Bon en même temps, vu la taille de la pièce, ça ne fait pas non plus une fenêtre gigantesque. On va enfin avoir le dénouement de ce suspens devenu maintenant insoutenable : la … « vue sur mer » est-elle une blague de l’assistante ou un argument commercial surfait de l’hôtel ?

Je pousse le rideau ou plutôt … je le tire car dans ce sens c’est plus juste de dire … « ho tu vas pas nous faire traîner plus longtemps, tu la lâches ta pastille hein !« . Bon ok, par la fenêtre j’ai une vue  imprenable sur … le rond-point et sa concomitante circulation automobile et motobylette pétaradante et klaxonnante comme seuls savent le faire les sudistes d’en bas de la France. Au second plan, le centre commercial très animé ce soir avec ce campement de gens du voyage qui fait étape sur le bitume brûlant. C’est vrai qu’à Montpellier il est beaucoup plus agréable de camper sur le parking d’un supermarché plutôt que de pousser de quelques kilomètres jusqu’à Palavas les flots … hein ! C’est quand même beaucoup plus amusant de venir emmerder les clients des hôtels à proximité plutôt que de danser la carioca sur le sable chaud au bord de l’eau … hein ! Au 3ieme plan, on commence à moins bien distinguer mais je crois reconnaître une zone résidentielle.

Et voilà … voilà voilà voilà … l’assistante s’est bien joué de m… non ! Attends ! Là-bas … oui, tout là-bas … tout au fond …  on dirait … mais oui ! Une toute petite ligne légèrement bleutée … c’est la mer ! Alors comment dire ? Techniquement, on peut le confirmer « oui, c’est exact,  on a vue sur mer depuis la chambre ». Mais reconnaissons tout de même qu’on est loin du concept de « vue sur mer ». Et vu l’épaisseur de la ligne bleue, je pense qu’au 5 ieme étage je ne la voyais plus. Alors vous voyez que c’était important de préciser l’étage ? hein ?

Quand je recevrai le questionnaire de satisfaction que l’hôtel ne manquera pas de m’envoyer, je pense que je ferai un rapport d’étonnement sur l’argument commercial qui vante la … « vue sur mer » 😉

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Bref, je me suis fait un Mac Do …

Bon, aujourd’hui je me suis dit « Tiens, j’me ferais bien un p’tit Mac Do !« . Ni une, ni deux, je prends mon pass navigo et direction le Mac Do de Val de Fontenay.

Quand je vais dans ce genre de restaurant huppé, je me fixe toujours une règle de conduite : s’il y a trop de monde, j’abandonne sans même entrer. Là, j’arrive et je constate une fréquentation que j’estime acceptable. Et en plus, le chef de rang s’approche de moi et m’invite à me diriger vers une borne libre. Oui, je dois vous préciser qu’au Mac Do de Val de Fontenay il n’y a plus aucune caisse sur le comptoir. Les convives sont invités à faire leur commande sur une immense borne façon 4 par 3 pour que tout le monde autour puisse voir que tu cliques sur le Big Mac double size avec le supplément mayo et 3 sachets de ketchup !

Bref, c’était vraiment trop bien parce que je n’ai pas eu à faire la queue. Je suis immédiatement monté à l’échelle pour aller cliquer, tout en haut, sur le menu « Mc First ». Puis je suis redescendu m’accroupir pour cliquer, tout en bas, sur le cornet de frites. Et c’est vraiment trop super parce que le Coca Zéro, il était au milieu de l’écran donc j’ai pu cliquer dessus sans trop de gymnastique. Et oui, un écran 4 par 3, c’est pas ta petite tablette ipad de « cul nul », c’est du lourd !

Bref, j’ai entré ma carte bleue dans le lecteur au raz du sol, il est en dessous de l’écran 4 par 3, puis le code et j’ai validé. A partir d’ici, tu ne peux plus faire « annuler ». Donc, c’est pile à ce moment qu’ils sont arrivés. « Ils » c’est en fait toute la population d’île de France qui n’est pas en vacances en ce début Août. Voyez-vous, je pense qu’ils se sont tous dit « Et si on allait au Mac Do … de Val de Fontenay … là, tout de suite maintenant ?« . Ce sont donc 768 543 personnes qui sont arrivées au Mac Do de Val de Fontenay. Mais c’était vraiment trop super bien parce que moi, j’avais déjà passé ma commande. En plus, avant même que je n’introduise ma carte bancaire, sur la borne c’était écrit « Nous préparons déjà votre commande ! ». J’étais trop super content.

Alors, je suis allé vers le comptoir pour récupérer ma commande. Le fameux comptoir qui n’a plus de caisses. Il est donc totalement dégagé pour aligner les plateaux. Là, j’ai vu une équipière Mac Do courir à droite, puis à gauche, puis à nouveau à droite, puis à nouveau à gauche. Ensuite elle est revenu, elle s’est passé la main dans les cheveux puis elle a levé la tête vers l’écran. Ensuite elle parti vers l’arrière, puis elle est revenu vers l’avant. Elle est reparti vers l’arrière, puis elle est revenu. Elle a de nouveau regardé l’écran. Puis elle est reparti à droite. C’était beau comme une chorégraphie des petits rats de l’opéra. Alors j’étais trop super content parce que je me suis dit que j’étais tombé le bon jour : aujourd’hui il y avait un spectacle en bonus. Alors j’ai sauté 2 fois sur place et j’ai dit « Youpiii » (mais dans ma tête pour que personne n’entende). Progressivement, elle apportait des ingrédients qu’elle posait sur les plateaux mais … pas trop vite. Alors moi, je me suis dit que c’était pour ne pas secouer les sodas ou faire tomber la salade des burgers dans la boîte.

C’était vraiment trop génial parce que ça faisait à peine … quoi … 17 minutes que j’étais là, que déjà elle appelait la commande numéro 95. Moi j’ai regardé mon papier et j’étais vraiment trop content car il portait le numéro 99. Alors elle est repartie dans son ballet harmonieux, prenant un Big Tasty par ci, un Ice tea par là et les déposant sur 2 plateaux différents avec délicatesse. Ensuite, je l’ai vu déposer un coca zéro sur un plateau vierge et j’ai compris que c’était ma commande. Alors je n’ai pu contenir un nouveau petit « youpi » de joie et j’ai à nouveau sauté 3 fois sur place. Ensuite elle a repris le mouvement numéro un : à droite, à gauche, à droite, à gauche, la main dans les cheveux, les yeux au ciel etc … et une boîte d’happy Meal sur un plateau, un Big Mac sur un autre. Et c’était vraiment trop super méga bien parce que moi, je pouvais regarder mon coca zéro sur mon plateau. Et là, elle à dit « la 96 !« . Et moi j’étais trop méga dans la zénitude profonde parce que j’avais la 99 et qu’il s’était passé à peine 19 minutes entre la 95 et la 96 ! Alors je me suis retourné et j’ai souri aux 768 541 personnes derrière moi.

Après on est passé au mouvement 2 de la chorégraphie et c’était vraiment trop beau. En fait, la copine de l’équipière Mac Do, celle qui bosse au comptoir Mac Café est entrée dans la danse. Oui, vous savez, le comptoir Mac Café, c’est celui où il n’y a jamais de client et l’équipière Mac Do passe son temps à astiquer le comptoir avec un chiffon pour faire croire qu’elle a beaucoup de travail parce qu’elle ne veut pas aller aider ses collègues qui remplissent les plateaux. Alors là, elle avait trop bien frotté le comptoir et aussi lavé les tasses à café et aussi ré-aligné les macarons et … et … et … elle pouvait plus faire semblant d’avoir trop de boulot …

Là, c’était vraiment trop beau car on voyait le professionnalisme et les années d’entraînement. Elles se croisaient sans jamais se toucher. Elles virevoltaient, légères comme des hirondelles sans jamais lâcher le Big Mac et le sunday caramel avec les petites cacahuètes dessus. C’est à ce moment précis que, dans un canon en coeur parfait, elles ont annoncé les commandes 97 et 98. C’était trop beau, j’ai senti une larme couler au coin de mon oeil gauche. Alors j’ai sauté sur place et dit « youpiii » (tout bas, juste pour moi). La prochaine était pour moi, j’ai senti mon p’tit coeur palpiter comme jamais d’autant que l’équipière numéro une venait de déposer un cornet de frites sur mon plateau … à peine 47 minutes après le coca zéro. J’étais trop super méga content.

Alors le ballet a repris au numéro un mais cette fois avec 2 ballerines. Hé hop, à droite, à gauche, à droite, à gauche, yeux au ciel, mains dans les cheveux et devant, derrière, devant, derrière. Big Mac, Royal cheese, sunday fraise et … Happy Meal déposés en rythme sur les plateaux. C’était beau comme du Mozart. J’étais trop super joyeux. Alors l’équipière a annoncé « commande 02« . Mais c’était pas grave parce que j’étais trop bien content de regarder ce spectacle. Je me suis retourné et j’ai crié aux 768 539 personnes derrière moi de frapper dans leurs mains, de sauter sur place et de tendre l’index droit vers le plafond … « allez tous, en coeur … frappe dans tes mains … saute sur place … Hand up, baby Hand up« .

Ensuite j’étais vraiment trop content parce que, juste après la commande numéro 15, je l’ai vu se saisir d’une boîte de Mc First dans un tourné, boulé, déhanché impeccable. Et en guise de final magistral, elle a fait un salto avant double carpé et déposé la dite boîte … sur mon plateau ! J’ai senti mon coeur s’envoler, battre à tout rompre quand j’ai entendu le …99. « Oui, c’est moi … c’est moi, ici … oui, j’arrive. »

« Bon appétit et désolé pour l’attente » me dit l’équipière du Mac Do de Val de Fontenay. Alors moi, trop content, je lui ai répondu « Et merci madame de vous être occupé de moi avec autant de professionnalisme et d’abnégation« . J’étais trop sur mon petit nuage tellement j’étais trop satisfait d’être content. Je tenais entre mes mains, mon frêle petit plateau après à peine 1h et 26 minutes d’attente.

Alors après j’étais vraiment trop bien dans mon for intérieur de moi-même parce que j’ai fait quelques tours du restaurant et j’ai rapidement trouvé une place où m’installer.  11 272 fois l’allée centrale et les travées extérieures et voilà que la place idéale se libère : juste à côté de la table où mémé s’est installé avec ses deux petits enfants de 3 et 4 ans pour réserver les places en attendant que maman revienne avec les 2 happy Meal. J’étais vraiment trop content, proche de l’extase en déposant mon plateau sur la table pendant que Missandei se laissait choir de la banquette sur mes caterpillars, heureusement montantes, tout en vociférant un assemblage de syllabes dont je n’ai pas … totalement saisit le sens. Stannis a bien essayé d’en profiter pour me chiper une frite mais mémé lui a chopé le bras droit avant qu’il ne commette son forfait. Il est alors parti dans un cri nasillard montant dans les aigus tout en chouinant par vocalise. Tout en remontant Missandei sur la banquette, mémé a tenté de faire taire Stannis en lui disant qu’il était pas gentil de se faire remarquer comme ça. Moi, je ne voyais plus rien tellement j’étais trop joyeux d’être attablé devant mon menu Mc First option Fish.

Le sourire aux lèvres, j’ai pris ma paille. J’ai délicatement déchiré juste le bout de l’emballage en papier et j’ai porté le petit bout de paille qui dépassait à ma bouche et … j’ai soufflé ! L’emballage s’est envolé telle une fusée pour la lune puis, la vitesse décroissant, il s’est mis à tourbillonner dans l’air pour revenir s’écraser sur la tête de Stannis. J’étais vraiment trop super content d’avoir réussi ce lancer d’emballage de paille et d’avoir atteint une cible de choix : le petit morveux de 3 ans potentiel chouineur devant l’éternel.

J’ai alors posé le bout de ma paille sur le petit opercule percé du couvercle de mon gobelet de Coca zéro. J’ai appuyé délicatement jusqu’à ce que les pré-découpes cèdent et que ma paille s’enfonce dans le soda avec ce bruit caractéristique du frottement de la paille contre le plastique de l’opercule du couvercle….. shriiiiiiiiiittttt …. En fin de course, j’ai configuré mes lèvres en forme de O, je les ai approchées de l’extrémité de la paille et j’ai aspiré. Le liquide est monté dans le tube puis est venu envahir ma gorge. C’était vraiment une sensation extraordinaire, j’étais vraiment trop content de joyeuseté. Les longues minutes d’attente avaient permis aux glaçons de fondre en totalité, noyant mon Coca Zéro façon chirloute d’eau claire. Et en plus, il s’était adapté à la température exacte de l’intérieur du restaurant au mois d’août en pleine canicule. C’était un instant merveilleux de joie et de bonheur et j’étais trop vraiment content de savourer mon Coca zéro dilué et tiédasse.

Reposant mon gobelet, je m’emparais d’une frite et la portais à ma bouche. Le contact de la frite sur ma langue m’a rendu joyeux et rêveur. Telle la madeleine de Proust, la saveur de cette frite m’a ramené des années plus tôt, à l’époque où on jouait à « Espion lève-toi » dans la cour de l’école primaire. Il s’agissait d’écrire un secret sur un morceau de papier puis de manger le-dit papier pour que personne ne le découvre. Sans le savoir, cette frite venait de me remémorer un souvenir enfoui depuis des années. Cette frite venait de rappeler à mes papilles gustatives la texture du papier Canson et l’encre du stylo plume pour un secret bien gardé car mâchouillé. Quelle expérience extraordinaire, j’en ai pleuré de joie devant l’intelligence de cette frite à perdre sa chaleur pendant les longues minutes d’attente pour s’adapter parfaitement à la température ambiante. Tellement emporté par cette joie intense et ce bonheur inattendu, j’en oubliais mon Mc First Fish. Après avoir séché mes larmes de joie, je me décidais à ouvrir la petite et non moins délicate boîte en carton coloré.

Plus fort encore que ces saveurs qui vous remémore des souvenirs oubliés, le délicat fumet qui s’est échappé de la boîte m’a … transporté. Il m’a transporté à Dunkerque, sur le port de pèche, au retour des chalutiers quand les généreux mariniers offrent aux mouettes les restes de poisson sur lesquels elles se jettent avidement.  Ce délicat fumet du poisson oublié sur le pont du chalutier, au soleil, subtilement mariné dans l’eau de lavage du-dit pont. Lui aussi, a su profiter des longues minutes d’attente pour accorder sa température à celle de l’environnement pensais-je… ! Mais je me trompais, c’était encore plus fort, plus intelligent, plus professionnel. En effet, en le prenant dans mes mains, j’ai senti la salade qui parsemait le fond de la boîte. Elle était … si fraîche, tellement fraîche qu’elle semblait tout droit sortie de la chambre froide. C’était décidément trop merveilleux, trop beau et j’étais … trop content.

Alors j’ai bu goulûment mon eau claire tiède en rythmant chacune de mes bouchées de poisson froid d’un ballet de frites cartonneuses. Et j’ai compris que la rondelle de tomate, judicieusement intercalée entre le poisson pané et le buns du dessus sortait, elle aussi directement de la chambre froide quand mes 4 tentatives de mâchouillage ne sont pas parvenu à la rompre. J’étais vraiment trop bien, trop content, trop joyeux alors j’ai souri à la maman qui revenait avec ses 2 happy meal car, en plus, j’allais avoir quelques secondes de silence à côté de moi.

Et il y avait 768 522 personnes qui tournaient dans le Mac Do de Val de Fontenay pour trouver une place … alors moi j’étais super content, super heureux, super en extase tout ça. 

Déjà, Missandei et Stannis se chipougnaient en vitupérant très fort car Stannis il avait le minion avec le slip mauve et que Missandei c’est celui qu’elle voulait parce que il était trop bien et que maman elle avait dit qu’elle lui achèterait autant de happy meal qu’il faudrait pour tomber sur le minion avec le slip mauve et que maintenant …. ouinnnnnnnnn … Oui, les parents son fans de Games of Thrones !

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Comment j’ai réglé mon avis de second acompte 2017 en ligne

Bon, vous l’avez compris, je vais vous narrer comment je viens de régler mon 2ieme tiers provisionnel directement par internet. Oui, l’administration publique a changé la sémantique mais « second acompte 2017 » c’est la dénomination d’aujourd’hui de ce que la même administration publique appelait autrefois « 2ieme tiers provisionnel ». Je ne sais pas si c’est plus … tendance … mais bon, c’est comme cela qu’il faut dire aujourd’hui.

Hé oui, il faut se mettre au goût du jour. Et se mettre au goût du jour, ça ne me fait pas peur, moi ! Je suis de ceux qui se sont promis de ne jamais vieillir, de ne jamais tomber dans la facilité de ces vieux qui, progressivement tombent dans le … « c’était mieux avant !« . Parce que … si on y réfléchi vraiment bien … bein … c’est pas vrai, c’était pas mieux avant … c’était … c’était … bein c’était comme ça devait être à chaque époque. Mais franchement il n’y a pas de quoi regretter le passé.

Regardez, moi par exemple, je suis né en … bon, disons, il y a quelques temps. Hé bein, j’étais encore tout bambin sachant à peine marcher et parler que sortait le 1er épisode de la guerre des étoiles, ha ha ! Ca claque ça, hein ! donc je pourrais me dire « ho bein oui alors, c’était mieux avant !« . Sauf que le 1er épisode, c’était en fait le 4 et qu’il faudra attendre 22 ans pour avoir le numéro 1. Alors ? hein ? C’était vraiment mieux avant ?

Pis attendez, c’est pas tout. J’ai du attendre d’avoir 11 ans pour toucher mon 1er computeur ! Et alors attention, c’était l’époque du plan informatique pour tous de Fabius alors 1er ministre. C’était l’époque du … MO5 de Thomson. Fabrication 100% française et un slogan en béton : « Apprendre l’informatique à nos enfants, c’est les préparer aux emplois de demain…Pour nous, la France avance « . Bon moi, j’avais un papa en avance sur son temps alors il m’a dégoté un … TO9 du même Thomson évidement. Ho purée qu’il était chouette mon computeur … comme dans le film « Wargames » sorti en 1983. Bon, quand je disais que mon rêve c’était d’avoir un terminal plutôt qu’un computeur isolé … tout le monde rigolait et me prenait pour un … un … gamin un peu illuminé. Un terminal c’est un ordinateur connecté à plein d’autres ordinateurs pour pouvoir communiquer avec beaucoup d’autres passionnés d’informatique. Un peu comme … internet finalement … alors oui, je devais être illuminé au début des années 80 🙂

Bref, regardez comme il était chouette mon TO9. Avec lui j’ai découvert la programmation. Pour faire une addition de 2 chiffres il me fallait suer sang et eaux pendant 3 jours de codage acharné pour finalement afficher, 2 + 3 = 5 ! Ha ha C’est donc vrai que c’était mieux … avant ? Aujourd’hui, Microsoft me donne Visual Studio.Net qui me permet d’assembler en 2 clics des briques logiciel qui m’affichent toutes les fonctionnalités d’un logiciel plus puissant que n’importe quel applicatif ultra basic que j’aurais mis 6 mois à développer … et avec plein de bugs ! Et à l’époque du TO9, il fallait acheter le journal « hebdogiciel » pour récupérer des lignes et des lignes de codes que je devais retaper une à une pendant des heures et des heures. Alors qu’aujourd’hui je vais sur les bons sites et hop … copier/coller … en 2 secondes c’est fait ! Alors ? c’était vraiment mieux avant ? Et attendez, ce n’est pas tout. Mon TO9 … il n’avait pas de … disque dur ! rien que des disquettes dont la taille s’exprimait en Kilo octets ! Et attention 128 Ko, c’était un monstre ! Aujourd’hui on met dans notre poche une clé USB de plusieurs Giga, un disque dur amovible de plusieurs … Téra ! Alors c’était vraiment mieux avant ? Hum … l’époque du « 3615 code qui n’en veut » sur le minitel, c’était mieux ? hein ?

Et encore, je ne vous ai pas parlé du célèbre … WalkMan :

Franchement, il est pas chouette, hein ? Avec les cassettes qu’il fallait introduire par la porte avant … avant de se rendre compte que c’était pas le bon côté ! Que la chanson que tu voulais écouter elle était de l’autre côté … tout au début. Alors évidemment tu pouvais appuyer sur le bouton « Rewind » mais … ça bouffait les piles à vitesse grand V. Alors si, comme moi, tu étais à l’internat sans possibilité d’aller racheter des piles bein … t’avais pas d’autre choix : tu faisais le « Rewind » méthode artisanale ! à la main ! Si si … avec un crayon à papier que tu enfilais dans un des deux rouleaux de la cassette et zou … tu faisais tourner la cassette autour du crayon pendant … pendant … pendant … fiouuuuu 3 plombes. Tout le monde faisait ça au dortoir le soir avant l’extinction des lumières. Du coup, il y a avait un bruit de fond de … SouiSouiSouiSoui !

Et bout de 3 plombes … fier de ton exploit, tu remettais la cassette dans le walkman pour te rendre compte que … bein non finalement, c’était bien de l’autre côté ! Un peu comme les 3 sens de la clé USB d’aujourd’hui : je branche ma clé … ha mince, non, c’est dans l’autre sens … ha bein non finalement c’était bien dans l’autre sens 🙂 Alors c’était vraiment mieux avant, hein ? Ipod ou … cassette à bande ? hein ? C’était vraiment mieux avant ?

Bon, pour en finir avec tous ceux qui nous serinent les oreilles du « c’était mieux avant !« , je les achève avec cette étude très sérieuse et surtout très scientifique de l’INSEE. Oui, oui, je vous parle bien de l’institut national de la statistique et des études économiques. Lisez bien, le résultat de l’étude est résumé ici « Le rythme de l’inflation atteint au cours des 15 dernières années (+1,4%) est ainsi inférieur à celui des quinze années précédentes (+2,1% entre 1986 et 2001), pourtant marquées par un contre-choc pétrolier et des baisses de TVA. « . En clair, pour ceux qui n’auraient pas compris : il y a moins d’augmentation depuis qu’on est passé à l’euros qu’avant ! Ha … ils disent quoi maintenant ceux qui nous bassinent avec leur « c’était mieux avant ! » ? Et le coup des patates qui coûtent plus cher à cause de l’euros c’est … une fake news.

Mais bon, revenons à nos moutons puisque je voulais vous parler de … mon 2ieme tiers provisionnel. Voyez-vous, j’ai entré « hache té té pé esse tou poyent slache slache dabeul you, dabeul you, dabeul you, poyent impots poyent gouv poyent héf air« . Puis j’ai entré mon code top secret que je suis le seul à connaître. J’ai cliqué sur « Payer en ligne mes impôts ». J’ai validé le montant et zou … c’est fait ! Montre en main, moins de 2 minutes. Alors ? hein ? c’était mieux quand il fallait rédiger son chèque à la main en se demandant si 15 millions ça prend un « S » à la fin ou pas. Puis trouver une enveloppe. Ensuite prendre sa bagnole et se rendre au trésor public pour poireauter 3 plombes avant que le numéro de votre ticket coïncide avec l’afficheur rouge du bureau du receveur des impôts. Lui tendre la dite enveloppe et attendre qu’il vous remercie au nom de la France avec son sourire administratif et ses petits ronds de cuir cousus aux coudes de sa veste pour en éviter l’usure. Ha ha, Hein ? alors, c’était mieux avant ? hum ?

Bon, il me reste quand même une question. Voyez-vous, tous les services publics sont engagés dans la « Dé-Ma-Té-Ria-Li-Sa-Tion ». Mais beaucoup de français souhaitent tout de même conserver la réception papier des documents. Je fais partie de ceux-là. Donc l’administration fait tout pour inciter les usagers à « consentir » à la dématérialisation totale. Mais nous sommes nombreux à résister. La simple question « Consentez-vous à ne plus recevoir votre avis d’imposition en version papier ? Oui – Non » ne marche plus car tout le monde répond « non ». Il lui faut donc trouver des trésors sémantiques pour nous emberlificoter le truc. Et cela donne la fenêtre pop’up qui s’est affichée quand je me suis connecté sur impots.gouv.fr :

Regardez-bien : pas de question « oui – non » mais plutôt un truc tarabiscoté qui ne te donne pas d’autre choix que de valider le fameux « consentement ». Il n’y a pas de bouton « annuler » ou « invalider » … non, il n’y a qu’un seul bouton « valider » . HAAAaaaarggghhh moi je ne veux surtout pas … et là, le réflexe du geek … je clique sur la petite croix en haut à droite de la fenêtre ! BAAAAAMMMM dans ta face le « consentement » … la fenêtre disparu, je peux continuer tranquilou sans avoir validé 😉

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Je construis le R2-D2 d’Altaya

Bon, ce n’est pas un billet comme les autres. Ici pas de longue histoire habilement détournée d’un fait divers puisqu’on est au printemps 😉 Vous savez, le genre d’aventure que je viens de vivre mais que je caricature un peu, ce que j’appelle ma « réalité augmentée ». Ici vous trouverez le post que j’actualiserai régulièrement au fur et à mesure de la construction de … R2-D2 ! Hé oui, pour tenir compagnie au Dark Vador et au maître Yoda qui trônent dans mon atelier, il me fallait le célèbre droïde astromécano R2-D2. Mais attention, pas n’importe lequel, celui proposé par altaya. Le concept classique de l’abonnement mensuel appliqué au célèbre droïde de la saga star wars.

Voyez-vous, je suis abonné depuis le … 16 janvier 2017 … allez savoir pourquoi … pile cette date 😉  et j’ai commencé à recevoir les 1er numéros … En Marche! … pardon, je voulais dire … en mars 😉 Chaque mois, je reçois 3 numéros avec différentes pièces à monter moi-même. Et si tout va bien, dans 100 numéros, soit début février … 2019 j’aurai terminé 😉

Celui-ci est à l’échelle 1/2, je ne vais donc pas rivaliser avec les geek qui construisent leur R2-D2 au sein du « R2-D2 Builders Club » et ce n’est pas du tout mon intention. J’ai juste envie de me faire plaisir en assemblant moi-même toutes les pièces de R2-D2. Du coup je mettrai régulièrement à jour cet article jusqu’au début 2019. Et je vous raconterai, par exemple, la galère d’un astigmate qui doit manipuler des vis de 2 mm.

Du coup, vraisemblablement sans le savoir, Altaya avec son R2-D2 propose un test d’astigmatisme : quand tu essaies de mettre la vis de 2mm dans l’écrou et que, même avec tes lunettes, tu tires la langue, tu te tortilles sur ton tabouret, tu tournes la tête dans tous les sens, que tu jettes des « screugneugneu » à tout bout de champs et qu’à la fin, la vis tombe à côté de l’écrou bein … il est temps de retourner chez l’ophtalmo 😀 Bon, allez, je vais faire mon psychologue de base : c’est ce qu’on appelle un « apprentissage vicariant » 😉

News du 12/11/2017

News du 29/07/2017

News du 14/04/2017

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Quelques liens :

La collection Altaya : http://www.altaya.fr/modelisme/collection-maquette-r2d2

Génération Jedi sur France Info : http://jedi.franceinfo.fr

Interview Alexandre Orion : jediisme

Comment je viens d’échapper à un attentat terroriste à la bombe nucléaire

Bon OK le titre est un peu exagéré mais bon, juste ce qu’il faut pour attirer le lecteur. Un peu comme ces magazines que l’on voit en devanture des marchands de journaux, couverts de photos de stars et avec des titres chocs : « Johnny Hallyday, une terrible nouvelle l’accable« , « Maïté serait une extraterrestre » ou encore « Sardou vote à gauche !« . Quoi ? Michel Sardou vote à gauche ? Non … alors on achète le fameux canard. On file à la page de l’article et on découvre que … Bernard Sardou, retraité dans la petite bourgade de Solesme, non loin de Sablé-sur-Sarthe, s’est rendu au bureau de vote sans ses lunettes. Et ce qui devait arriver, arriva évidemment : en rentrant chez lui, il a déposé sur la table les bulletins de vote non utilisés et le seul manquant était celui du candidat de gauche ! Et voilà on a acheté la feuille de choux pour rien. Bon, autant poursuivre la lecture et découvrir l’aventure terrible de Johnny. 3 pages à lire avant de comprendre que  son cochon d’inde fait une dépression après avoir été éjecté de sa roue d’exercice … accablant ! Quant à Maïté, c’est Carl Lagerfeld qui fait cette déclaration alors bon … Bref des titres racoleurs pour une vérité bien banale.

J’ai donc repris ce mécanisme pour vous inviter à lire ce nouvel article jusqu’au bout et découvrir comment j’ai échappé de justesse à une tentative d’attentat terroriste. Alors d’accord, le mot « nucléaire » pousse peut être la caricature un poil trop loin.

Bon, revenons à nos moutons et entrons dans le vif du sujet. Mercredi soir, je sors du bureau et me dirige promptement vers la station du tram T3b à la porte des Lilas. Je pourrais le prendre direction « Porte de Vincennes » mais je reste du côté du quai « Porte de la Chapelle » puisque je vais à Rosa Parks.

L’afficheur annonce un temps d’attente de 10 minutes et le suivant à 15 minutes. Ouf ! quand même ! Je marche le long du quai de sorte à me placer tout à l’arrière de la rame. Hé oui, voyez-vous, à Paris nous avons tous nos habitudes. Et surtout nous stratégisons notre position dans le véhicule. En me plaçant ainsi, en arrivant à Rosa Parks, je serai du bon côté de la rame pour aller directement vers l’entrée de la gare RER. Je n’aurai pas à remonter tout le quai comme si j’étais monté à l’avant. Et comme j’ai remonté le quai à Porte des Lilas, là où de toute façon je suis obligé d’attendre 10 minutes, j’ai parcouru cette distance pendant un temps « contraint » donc j’ai réduit mon temps de trajet … ha ha !

Vous pensez que cette précision n’est pas utile dans mon récit ? Détrompez-vous ! Elle est fondamentale, car sans ce positionnement, je ne me serais pas retrouvé … à côté de la bombe !

Donc, le Tram T3b arrive après … 4 minutes d’attente. Oui, c’est souvent comme ça à la RATP, les minutes aussi sont indépendantes, elles font ce qu’elles veulent. Parfois une minute vaut une heure, parfois elle vaut 20 secondes. En fait ça dépend des minutes et pas de la taille du fût du canon. Donc on ne peut pas savoir 😉

Bref, la rame s’arrête … je suis pile sur le côté de la porte arrière … hé hé quand je vous disais qu’avec l’habitude on sait où se placer ! Je laisse descendre la marée humaine et les poussettes qui l’accompagnent … 2h ou 2h30 plus tard, je monte dans le « ouagon ». Il y a du monde mais, allez savoir pourquoi, il reste une place assise disponible au niveau du bloc babord des 2 blocs « 4 sièges ». Je fonce et je m’assieds satisfait d’être correctement installé pour sortir mon bouquin tranquilou. Il faut que je vous décrive la scène car c’est important pour la suite et surtout pour que vous visualisiez bien la position de la bombe 🙂

Bon, un « bloc 4 sièges », vous voyez ce que c’est ? C’est pareil qu’à la TV quand on voit un homme politique dans un TGV. Allez savoir pourquoi mais ils sont quasiment toujours installés sur un « bloc 4 sièges ». Regardez, par exemple la photo ci-dessous … c’est une photo que j’ai pécho sur google … totalement au hasard …:

Donc le « bloc 4 sièges » dans la ligne de tram c’est pareil sauf … qu’il n’y a pas d’accoudoirs, pas de table, pas de rabat de table, pas de prises pour son smartphone, pas de sièges confortables, pas de possibilité d’incliner le dossier, pas de crochet pour la veste de costume, pas de rideau à la fenêtre, pas de café, pas de documents, pas d’homme politique et pas de jolies femmes en face de soi. Donc c’est presque pareil sauf que les sièges sont très serrés, peu confortables et dans les tons vert chiasseux et surtout, le siège devant soi est comme collé au tien, exprès pour que tu ne puisses pas mettre tes jambes simplement sans gêner celles de la personne en face. Et je ne vous parle pas du branle bas de combat quand la personne qui est près du hublot souhaite sortir …

Bref, il y a donc 8 places. Souvenez-vous de l’arithmétique à l’école primaire : 2 fois un bloc de 4 sièges, ça fait 8 sièges. 4 dans le sens de la marche et 4 qui ont l’avenir dans leur dos. J’ai donc pris le 1er siège à babord dans le sens contraire de la marche. Je fais un croquis pour que vous visualisiez bien la scène :

Les 7 autres sièges sont donc occupés et je présume que le siège à ma droite est occupé par le propriétaire du panier à commissions à roulettes violet stationné dans l’allée. Cela va sans dire, mais cela va mieux en le disant : le fameux panier à roulettes violet obstrue la totalité de l’allée centrale, empêchant par là, la bonne circulation des flux de passager.

Je n’ai pas la photo exacte du panier à roulette violet mais celle-ci s’en approche suffisamment pour que l’on comprenne bien.

Vous vous rendez-compte que ce panier à roulette peut embarquer 38500 cm3 de marchandise. Autant dire que mon terroriste peut y placer une bombe pouvant faire des ravages gastronomiques ! Mais pourquoi n’interdisons nous pas la vente de ces paniers à roulettes violet ! Mais que fait la police ! Je vous le dis, il faut renvoyer tous les paniers à roulettes violet dans leur pays d’origine … le panierland !

Vous l’avez compris, sans le savoir, je viens de m’asseoir à côté de la bombe ! Mais évidemment personne ne le sait, ni même s’en doute car c’est bien l’objectif du terroriste … le fourbe !

Le tram redémarre. J’ouvre mon livre et me voilà replongé dans cette aventure palpitante de FitzChevalerie Loinvoyant. Totalement absorbé par ma lecture, je ne vois pas les différentes étapes de notre voyage. Tout au plus, au-dessus de mon bouquin, je perçois vaguement des corps indistincts qui se lèvent et d’autres qui prennent leur place au grès des arrêts des stations de notre périple vers une destination de carte postale … « Porte de la chapelle ». Et le panier à roulettes violet est toujours là, bien calé contre le siège de son terroriste. « SON terroriste » ? Je viens de relever nonchalamment la tête pour me rendre compte que la personne assise sur le siège à ma droite est … une femme. Tiens … mais … c’était pas un homme avant ? Bon, peut être que je n’ai pas fait assez attention. Je replonge dans ma lecture.

Le tram s’arrête à la station « Porte de la Villette ». Mais qu’est-ce qu’il y a comme portes ! La dame à côté de moi se lève et descend. En fait c’est quasiment tout le monde qui descend. Mais qu’y a-t-il de si intéressant à la porte de la Villette pour que tout le monde ait envie de descendre ? En fait peu importe, je reprends ma lecture … sans me rendre compte que le panier à roulettes violet est toujours bien en place dans l’allée …

Le signal retenti, les portes vont se refermer. La femme, assise en face du panier violet, s’écrie « Hé madame … vous oubliez votre panier à roulettes … violet! ». La femme s’en va en levant le bras. Nous comprenons que le sac ne lui appartient pas. Mais alors … le panier  à roulettes violet n’a plus son propriétaire depuis déjà … plusieurs arrêts ?

Je regarde le monsieur assis à ma gauche … il me regarde … nous regardons la femme en face du panier … je prends la parole « dites … on dirait … enfin ça ressemble à … un colis suspect ! ». « Oui … il faudrait prévenir ». A ce moment, nous ne sommes plus que 5 : le monsieur à ma gauche, la dame en face du panier à roulettes violet, la dame à côté du panier à roulettes violet et la dame à côté de la dame en face du panier à roulettes violet … et moi, ça fait cinq. Si si … recomptez 🙂

Les visages blêmissent. On regarde le panier à roulettes violet. Je m’essaie à l’ouverture du rabat pour tenter de voir ce qu’il contient … d’un doigt, je le soulève … rien, je ne vois rien … il est fermé avec le petit cordon qui resserre le dessus du sac comme la taille de Claudia (ça c’est pour ceux qui ont lu mon post sur la retouche photo). Je retire mon doigt et le rabat choit … le rabat choit … hé hé …

Bon, autant dire vous que personne n’est très rassuré. Intérieurement je m’en veux d’avoir été aussi imprudent : si le détonateur était relié au rabat … en le soulevant … badaboum ! Les terroristes sont assez machiavéliques pour imaginer qu’un voyageur aura l’idée saugrenue de vouloir vérifier le contenu et … PAF … explosion. Et dire que ce voyageur stupide, c’est moi ! Mais non, Bebel, tu es en train de raisonner comme FitzChevalerie Loinvoyant. Reviens à la vraie vie, ce n’est pas ton livre.

La femme à côté du panier à roulettes violet se lève. Elle nous explique, dans une voix chevrotante, qu’elle va prévenir le conducteur. Suspicieux, nous sommes tous … suspicieux … Elle prétexte plutôt ça pour s’enfuir le plus loin possible de la bombe. Mais au plus profond de moi je me dis « C’est elle qui a raison … je devrais m’éloigner de cette bombe … arrête de jouer les héros, la bombe est si près de toi que lorsqu’elle éclatera il ne restera rien de toi, de ton costume, de ton manteau, de ton livre de FitzChevalerie Loinvoyant, de ton sac à dos, de ton … porte-clefs panda du zoo de Beauval attaché à la fermeture éclair de la poche avant de ton sac à dos ! »

Non, de non, mon sang ne fait qu’un tour … Jamais je ne laisserai quelqu’un faire du mal à mon panda du zoo de Beauval … je ne peux pas rester à cette place … si près de la bombe. Je suis sur le point de me lever également quand le doute s’instille dans ma tête « oui mais … qu’est-ce que je vais dire ? … je ne peux tout de même pas prétexter la … sauvegarde des pandas ! » Mais je ne peux pas rester ici non plus. Me voilà dans une position inconfortable, que dis-je, paradoxale, tel l’âne de Buridan … je vais mourir ni de faim, ni de soif mais … pulvérisé par une bombe terroriste … aux quatre coins d’Paris qu’on va m’retrouver, éparpillé par petits bouts façon puzzle …

Nous arrivons à la station « Canal Saint-Denis » … pour une fois qu’il n’y a pas de porte à cette station. L’inquiétude est maximale et la tension palpable dans notre espace de 2 blocs de 4 sièges. Déjà le vide se fait sur les autres sièges à proximité … l’allée se vide … les voyageurs sur les plateformes profitent de l’ouverture des portes à la station pour sortir prestement !

Le signal retenti … les portes se referment, le convoi redémarre. Personne … personne n’est monté à « Canal Saint Denis ». Je soupçonne ceux qui sont descendus d’avoir prévenus ceux qui envisageaient de monter. Nous sommes seuls. Nous ne sommes plus que 5 dans ce long tube ferroviaire. 5 et une bombe dans un panier à roulettes violet … qui roulons vers … le terminus  … de la ligne !

La dame assise à côté de la dame assise en face du panier à roulettes violet tourne la tête, elle regarde le panier à roulettes violet … elle le désigne d’un signe de la tête … vraisemblablement trop tétanisée par la peur pour s’exprimer autrement … elle le désigne … une seconde fois … nous aussi sommes tétanisés, nous ne formons plus qu’un seul dans notre angoisse maintenant à son paroxysme ! Elle le désigne … une 3ieme fois … puis, levant lentement son bras, précautionneusement pour ne pas déplacer l’air qui pourrait activer le mécanisme de la bombe … elle déplie sa main tout aussi sagement et … pointe son index vers … elle ! Tout le monde comprend alors que le panier à roulettes violet … lui appartient. Et il n’y a à l’intérieur qu’une galette et un petit pot de beurre qu’elle apporte à sa mère-grand à la porte de la Villette !

Quelle aventure tout de même. Mais surtout … on avait tous envie de lui crier « Mais tu pouvais pas l’dire plus tôt … bougre d’andouille ! Orchidoclaste! Nodocéphale! gourgandine ! Cornegidouille ! »

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Comment j’ai rencontré Pinocchio

C’était hier soir, enfin plutôt en 1ère partie de début de seconde partie d’après-midi. Je me rendais dans ma grande épicerie favorite numéro 2. Alors là, vous vous dites « il lui est arrivé un truc avant d’arriver au magasin« . Hé bien pas du tout !

Me voilà donc dans ma grande épicerie. Enfin, juste avant, j’ai dû montrer mon sac ouvert au vigile. Ha mais tiens au fait, je ne vous ai pas raconté mais maintenant, il ne m’oblige plus à déposer mon sac à l’entrée. Comme quoi mon article sur le sujet a de l’effet 🙂

Bref, me voilà dans ma grande épicerie dis-ai-je. Dans un geste quasi automatique, je vais récupérer mon panier à commissions. Et me voilà parti, gambadant avec légèreté dans les allées dudit magasin. Rayon électro ménager par ci, linge de maison par là, outillage quincaillerie à bâbord, accessoires automobile à tribord, hé oui, je ne suis pas encore dans la partie alimentaire.

Je traverse le rayon librairie car j’aime bien regarder les livres, en feuilleter quelques un mais surtout ne pas en acheter. Hé oui, j’ai des principes et des valeurs : je n’achèterai jamais un produit culturel dans un temple de l’hyper-consommation, na ! Par contre, j’aime bien regarder les nouveautés. Hier, par exemple, je suis tombé sur un bouquin qui a l’air vachement sympathique. Il s’intitule « Révolution« . Avec ce titre, j’ai pensé que c’était un bouquin à Mélanchon. Mais associé à la couleur bleu, j’ai bien compris que ce n’était pas possible. En fait, c’est écrit par un p’tit gars qui monte parait-il … 😉

Je continue ma progression dans le magasin et j’arrive au rayon presse. Là, vous vous dites « Ca y est, c’est au rayon presse que ça lui est arrivé » hein ? C’est ce que vous vous dites ? Hé bien pas du tout ! Non non, au rayon presse, je jette un oeil aux magazines photo. Après avoir feuilleté « Image & Nature« , je vais au rayon envahi par la gente féminine. Hé oui, Je n’ai toujours pas compris pourquoi ils mettent « le journal des psychologues« , un magazine pour professionnels, au milieu des « Psychologie magazine« , « Psychologie Positive » et autres « Féminin Psycho« . C’est dire le niveau culturel des acteurs du temple de la consommation. Hé PAF ! Franchement, mélanger de la psychologie de PMU avec des écrits de professionnels … mais que fait la police ?

Mon petit tour est terminé, je m’en vais pour repartir quand soudain. Ca y est, là vous vous dites, « C’est maintenant, là, tout pile dans le rayon presse que c’est arrivé.« . Hé bien non, pas encore. Mais j’ai quand même vécu un truc dingue. Figurez-vous que je suis tombé nez à nez avec … R2-D2 ! Enfin presque.

Regardez un peu : un R2-D2 à construire chaque semaine avec plein de fonctionnalités comme le vrai. Wouhaaa trop bien me dis-je 🙂

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Construire R2-D2

Mais non, surtout ne pas se faire distraire. Je suis venu pour acheter de quoi me sustenter ce soir. Je ne vais pas succomber à la tentation marketing de la sur consommation. GRrrrrrr …. oui mais quand même, il est chouette ce R2-D2 avec sa tête qui pivote comme le vrai …. Humpfff file, décampe, cours … cours … cours me dis-je … éloigne-toi le plus vite possible de la tentation.

Bon, là vous vous dites « C’est surement au rayon surgelés que c’est arrivé« . Encore à côté. Et non plus au rayon carottes bio à 4 euro 85 le kilo. Mais j’en profite pour claquer une beigne à la grande consommation. Franchement, des pauv’carottes pleines de terre pour faire croire qu’elles sont bio et vendues le triple du prix des carottes industrielles, vous ne trouvez pas que c’est exagéré ? En plus je les soupçonne d’acheter des carottes industrielles, de les recouvrir de terre pour faire plus nature et Bim voilà des carottes bio. Moi, je préfère acheter mes carottes à l’agriculteur qui vient tous les mardis, dans ma gare RER pour vendre ses produits. C’est ce qu’on appelle un « circuit court ». Mais bon, je m’emporte.

Bon allez, je vous passe le reste de mon voyage dans les rayons car je pourrais vous tenir en haleine plusieurs heures. Non, voyez-vous, c’est aux caisses que c’est arrivé. Hé oui, vraiment il m’en arrive des choses aux caisses de supermarché.

Bon, imaginez la scène : j’arrive, je choisis une caisse parmi le kilomètre de caisses du magasin. Hé oui, qui dit super consommation, dit surtout super méga encaissement plein les popoches des sousous de la famille Mulliez. Mais surtout, la probabilité est d’autant plus faible que je choisisse LA caisse où il va se passer un truc. Mais bon, ça tombe toujours sur moi.

Alors voilà, vers la caisse que je vise, je vois arriver un homme d’un certain âge poussant un immense caddie dans lequel je compte 5 articles. Un semi remorque pour transporter une boîte d’allumettes. Etrange … il est devant moi puisqu’on est arrivé quasi ensemble.  Et là, je le vois sortir un calepin de son sac en bandoulière. Il se dirige vers le client devant lui. Et il lui dit un truc du style « Ma femme m’a donné une liste de courses. Et regardez là, elle a écrit « 2 cons. de haricots verts » franchement elle va pas bien, elle devient vulgaire, vous ne trouvez pas ?« . Le type réagit difficilement, il est étonné, il dit un truc que je n’entends pas. Bref, après 3 échanges, Papy remballe son carnet et reprend sa place. Je pouffe en moi-même et je me dis « pour une fois que ça ne tombe pas sur moi« .

Seulement voilà, j’ai pensé trop vite car papy ressort son carnet et me regarde. « ho pinaise, il va venir me taper l’incruste … c’est sûr, je les attire les comme lui …« . Ha mais, ni une ni deux, papy arrive à ma hauteur : « Ma femme m’a donné une liste de courses. Et regardez là, elle a écrit « 2 cons. de haricots verts » franchement elle va pas bien, elle devient vulgaire, vous ne trouvez pas ?« . Je regarde sa liste de course écrite au stylo bic, à moitié effacée sur la fameuse phrase en question. Je comprends qu’il doit faire le coup depuis au moins mille an. C’est quoi ? C’est une caméra cachée ? C’est un pic-pocket ? C’est un chercheur en sociologie qui fait une étude de terrain ? Un pervers lubrique qui cherche une proie ? … autant dire que je ne le saurai jamais.

Bon, toujours aimable et serviable comme ma maman m’a éduqué, je réponds à papy : « Je ne pense pas que votre épouse ait, ne serait-ce que momentanément, exprimé un comportement caractéristique  d’un quelconque trouble neurologique héréditaire du type syndrome de Gilles de La Tourette. Ou, dit autrement, que votre moitié ait subrepticement perdu le sens des réalités au moment de rédiger cette liste de course. Je vous rassure donc, mon brave, sur l’état de santé de votre concubine. Par contre, à la lecture de votre liste de courses d’une longueur certaine, et les produits que je vois dans votre caddie,  je m’inquiète d’un syndrome d’Alzheimer à votre endroit »

Papy me regarde d’un oeil dubitatif … le silence s’installe … seuls les bip bip de la caisse enregistreuse brisent le blanc de la conversation. C’est alors qu’il me répond : « hé hé vaut mieux lancer une bonne blague pour rigoler que s’ennuyer dans la file d’attente … hein ?« . « Heuuuuu comment dire ? Malgré tout le respect que je vous dois, votre blague est un peu éculée. Peut être qu’elle fonctionnait quand vous alliez à l’épicerie du sergent chef Chaudard. Mais en 2017, dans le temple de la sur consommation elle fait un peu … réchauffée … comme les haricots ! ha ha … haha … hahaha … blague à 2 balles ! »

La-dessus, il remballe son carnet et retourne vers son caddie visiblement satisfait de son geste … et moi de ma réponse. Je me dis que l’épisode va en rester là quand, après environ 2 minutes, il se tourne vers moi et me lance « Et la politique, hein ? Vous avez vu ?« . Ho pinaise, manquait plus que ça, je suis tombé sur un papy qui a besoin de discuter avec n’importe qui. Et comme objet d’interaction, il me propose le plus inattendu … la po-li-tique. Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que je vais avoir droit à la trop habituelle charge contre le gouvernement. Avec une blague conçue pour une épicerie de Trifouilli les arpions, en 40 sous l’occupation Nazie, c’est sûr je vais y avoir droit.

Et à partir d’ici, je n’exagère plus, c’est vraiment l’échange que j’ai eu hier, jeudi 12/01/2017 » avec ce monsieur à la caisse de mon supermarché.

Ni une, ni deux, c’est parti « Hein ? Quand même ! vous avez vu ce qu’ils viennent de faire ?« . Mon sang ne fait qu’un tour … Papy, je suis certain que tu t’attends à ce que j’abonde dans ton sens et que j’accompagne ton discours négatif. Attends un peu, on va rigoler. Et histoire qu’on ne soit pas les seuls à discuter, j’augmente le ton de ma voix pour que les clients autour en profitent : « Ha oui, tout à fait, vous avez raison de le souligner. Aujourd’hui le gouvernement vient de lancer le CPA, le compte personnel d’activités. Grâce à lui nous allons pouvoir accéder gratuitement à la formation !« . Papy reprend la parole « bein pffff ha bein pfffff … mais les impôts ? hein les impôts ? ils augmentent !« . Je ne comprends pas pourquoi il parle des impôts. Nous sommes en janvier 2017. Pas de tiers provisionnel en vue, pas d’impôts locaux, pas d’impôts fonciers … rien … bon, je réponds « Vous n’y êtes pas du tout, ils baissent. Avez vous comparé ce que vous avez payé au titre de l’année 2014 et ce que vous avez payé au titre de l’année 2015 ? Ne parlez pas sur un ressenti, comparez objectivement la part de votre revenu qui fait l’objet d’une imposition. Et vous constaterez qu’elle baisse ». Là, c’est le blanc. J’en déduis qu’il n’a jamais fait cet exercice. J’en arrive même à me demander s’il maîtrise bien le concept d’augmentation, mais c’est une autre histoire.

Il reprends « Oui mais … vous voyez … bein … avant … bon … la loi c’était 2 ans pour un logement vacant … bein maintenant c’est 1 an ! Vous vous rendez compte ? comment on va faire ?« . Houuuu que je l’aime bien celle-là, moi qui vient justement de faire un investissement immobilier : « Vous vous rendez-compte monsieur ? Avec le nombre de personnes dans la rue ? Vous trouvez normal qu’il y ait des appartements vacants ? C’est donc normal que l’on incite les propriétaires à louer leurs appartements« . Là il répond du tac au tac « oui mais .. bon … de toutes façons les gens … on peut pas leur faire confiance … comme ils sont pas propriétaires ils dégradent tout« .  Purée, elle est bien bonne celle-là ! Alors là tu l’as cherché papy : « Dites monsieur, vous ne pouvez pas vouloir tout et son contraire : investir dans un appartement pour le louer et dans le même temps refuser de le louer. Vous devriez choisir un autre type d’investissement« . Là, j’ai droit à un blanc. Il a l’air de réfléchir. Je ne saurai jamais s’il a comprit le paradoxe de son raisonnement. Je présume que tout le monde lui a toujours dit qu’il avait bien raison de penser ce qu’il pense. Je dois être le premier à le renvoyer sur ses pensées contradictoires. Il répond « Bon, de toute façon, je vais le revendre … comme ça … je m’emmerde plus avec ça …« .

Je l’invite à avancer son caddie et déposer ses marchandises sur le tapis roulant car c’est bien beau tout ça mais j’ai pas envie de passer ma soirée à la caisse avec un vieux réac. Il avance, dépose ses 3 paquets de biscuits, un sac de carottes pas bio et un paquet de fromage rappé sur le tapis. Je pense, ou plutôt, j’espère en avoir terminé avec cette conversation franchement fatigante. Mais papy est pugnace ! il se retourne et me lance « Et tous ces étrangers … hein ? » moi : « Hé bein nous y voilà … c’était vraiment l’élément manquant à notre conversation« . Lui, persuadé que cette fois, je ne pourrai qu’admettre et le suivre : « Voyez-vous, j’ai donné les clés d’un endroit q’j’ai … à des étrangers … des … des … roms … parce qu’ils devaient entreposer des choses. Hé bein … ils se sont servit … ils ont pris des trucs, des pierres et pis tout  … hein, ils ont comme chez eux !« . Alors là ! je suis carrément pris de court. Mais qu’est-ce qu’il me raconte ? comment ce papy, raciste au plus profond de lui même, a-t-il pu se trouver en situation de rencontrer des Roms et leur confier les clés d’un endroit improbable où on peut entreposer des « trucs » et récupérer des pierres ? Je réfléchissais, j’essayais de mettre de l’ordre dans cette histoire abracadabrantesque quand, en relevant les yeux, j’ai vu papy retirer la carte bleue de la machine et s’en retourner vers son caddie.

Sans un « au revoir » il est parti … quand il a remis son portefeuille dans sa poche gauche, j’ai compris ! Son nez était devenu long de 25 cm. Je venais de parler avec Pinocchio !

Bon, à part la chute, le dialogue reprend les citations exactes de notre échange. Et je ne vous cache pas que le couple derrière moi, dont les origines maghrébines ne font aucun doute, m’a gratifié d’un large sourire quand je suis parti à mon tour …

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire😉

Ha vraiment, tout fout le camp …

Ajout du 27/12/2016 à 20h01 : ce soir, nous apprenons que Carrie Fisher, la princesse Leia de « Star Wars », est décédée. Je lui dédie ce post sur lequel je travaille depuis plusieurs jours. Toute mes pensées les plus sincères sont à elle et cette page de l’histoire de la science fiction qui se tourne …

 

Aujourd’hui, les bras m’en tombent ! Ce que je croyais être un repère fondamental de notre société, une certitude gravée dans le marbre, s’est effondré par la bouche d’une caissière de supermarché ! Je vais vous narrer ma mésaventure.

Mais pour cela je dois remonter quelques semaines en arrière si non, on ne peut pas comprendre.

Tout commence donc il y a quelques semaines. Voyez-vous, j’ai une affection particulière pour Star Wars. Mais attention, je suis de la génération du premier épisode. Enfin, je veux dire du 4ieme épisode puisque la série commence par le milieu. Hé oui, je ne pense pas que Georges Lucas soit centriste mais il a fait le choix de sortir les épisodes IV, V et VI avant les épisodes I, II et III. Allez comprendre pourquoi … mystère. Pour le concept, c’est un peu comme si vous alliez d’abord en seconde, première puis terminale avant d’entrer en sixième, cinquième et quatrième … allez comprendre. Ou encore, que vous lisiez la bible en commençant par Jésus et son pouvoir de dingue qui ouvre la mer en deux avant même que Dieu n’ai crée le monde … tout ça parce que vous ne voulez pas vous taper les 212 premières pages du texte biblique qui énumèrent l’exhaustivité de la lignée généalogique du fils prodigue : « Généalogie de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham. Abraham engendra Isaac; Isaac engendra Jacob; Jacob engendra Juda et ses frères; Juda engendra de Thamar Pharès et Zara … » Ca y est, je suis déjà paumé. Déjà que je suis incapable de conceptualiser le lien de parenté entre l’arrière petit cousin par alliance de la soeur bisaïeule du neveu du frère de ma mère, vous imaginez le travail.

Bon, reprenons « Pharès engendra Esrom; Esrom engendra Aram; Aram engendra Aminadab; Aminadab engendra Naasson; Naasson engendra Salmon … » ho ho ho, pas si vite ! Et Zara alors, hein ? J’ai bien lu que Juda engendra Thamar machin bidule et … Zara. Alors Zara elle engendre qui ? hein ? Pourquoi la bible ne nous dit pas ce qu’elle devient ? hein ? c’est parce que c’est une femme ? C’est ça ? Et l’égalité des sexes alors ? C’est pour qui ?

Pour une fois que j’avais la réponse et mes repères…. Bein oui … Zara c’est bien celle qui a engendré les magasins de vêtement pour femmes 🙂

Bon, bref, vous avez compris, notre George Lucas, il ne s’est pas emmerdé avec tout ça. Pof, il a commencé direct à l’épisode IV … au « mi-heu » comme dirait notre célèbre centriste qui a une mémé à Bagnères-de-Bigorre. Et c’était en 1977. On découvrait alors la princesse Leïa aux prises avec Dark Vador, tout ça parce qu’elle a chouré des plans top secret et le grand motard à la voix d’aspirateur rowenta il est trop pas content. Mais comme l’histoire commence à l’épisode IV, hé bein on ne saura jamais comment la princesse s’est alourdie sur les documents visiblement vachement importants.

Mais bon, là n’est pas l’essentiel puisque de toute façon, mon épisode préféré c’est pas celui là. En effet, vous l’avez compris, je suis un fan de Star Wars genre « canal historique ». Du coup, j’ai un net penchant pour l’épisode VI « Le retour du Jedi ». Et là, je vous vois venir avec votre blague à 2 balles : « ha oui, je connais, c’est le film hebdomadaire !« . Alors on répond « Le film hebdomadaire ?« . Et l’autre reprend « Bein oui … le retour du jeudi … c’est toutes les semaines … ha ha ha » blague à 2 balles je vous avais prévenu 🙂

Bon oublions la vanne de relou. Le retour du « Jé-daïe », c’est l’épisode ou le jeune Luke Skywalker vient apprendre la sagesse du côté éclairé de la force. Et qui c’est qui lui transmet la sagesse, hein … je vous le demande ? hein ? … hé bein c’est maître Yoda. Et là, vous avez en tête l’image de maître Yoda car tout monde connaît maître Yoda … hein ?

Bon, je vous mets une photo pour le cas où :

Yoda

Heuuu cela va sans dire mais cela va mieux en le disant : « Yoda … c’est le personnage, aux oreilles de vulcain, tout vert à gauche sur la photo qui se tient sur sa canne » 😉

Et là, il est en train dire à Luke Skywalker : « Le côté obscur de la Force, redouter tu dois. » Oui … Maître Yoda a une phraséologie qui lui est propre. Par exemple, il ne dit pas « Saperlipopette, j’ai oublié de racheter du café. Je vais encore devoir faire de la chirloute avec le vieux marc d’hier » ; il dit « Chiotte ! de racheter du café j’ai oublié. Du jus de chaussette je vais encore me taper« . Bon, la traduction est approximative car personne ne peut prétendre maîtriser le « parler Yoda ».

Bon, maintenant que le décor est planté, voilà ce qui m’amène : depuis pas mal de temps, j’avais envie de trouver un maître Yoda à mettre dans mon atelier. Vous savez, le genre de figurine produit dérivé du film qui permet au producteur de s’en mettre encore plus plein les fouilles. Bref, en écrivant cela je montre que je suis parfaitement conscient du comportement consumériste de cette envie mais au moins … j’assume en connaissance de cause. En psychologie on appelle ça « un processus de réduction de la dissonance cognitive » … et paf !

Seulement voilà, le producteur du film, c’est pas la première buse venue. Voyez-vous, si vous avez fait le tour des magasins en cette période de fêtes vous avez dû remarquer que les rayons débordent de jouet. Et la thématique Star Wars est bien représentée. Sauf que dans les figurines, on trouve une foultitude de Dark Vador, au moins autant de storm trooper … et accessoirement les personnages du dernier épisode en date. Mais vous avez compris que je ne parlerai pas de ces nouveaux personnages, sans âme, sans personnalité car je suis un « fan canal historique ».

Bref, je comprends que tout le monde rêve d’un Dark Vador chez lui mais certainement pas d’un maître Yoda. Du coup, notre business man amerloque commercialise ce que les clients veulent acheter, et surtout pas ce qui pourrait leur ouvrir l’esprit. Donc on ne trouve que pléthore de Dark Vador qui représente, il faut se le rappeler … le côté obscur de la force mais aucun Yoda qui lui représente la lumière et donc l’intelligence et la sagesse.

Donc après plusieurs semaines de recherches infructueuses, je suis rentré chez moi avec un Dark Vador sous le bras. 50 cm de côté obscur de la force dans mon atelier, il va quand même falloir que je trouve un contre pouvoir me dis-je … et j’ai trouvé ! Regardez la photo : ce bras tendu en avant avec la paume de la main vers le ciel, ce geste qui permet à Dark Vador d’étrangler n’importe qui à distance. Hé bein … couick ! tout le fluide la force est neutralisé par … l’innocence du Petit Prince. Quel plaisir de mater le côté obscur de la force … ha ha !

En gros, voilà ce que ça donne :

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Qu’il a l’air nouille tout d’un coup ce Dark Vador, hein ? Il a beau serrer le poing droit pour exprimer son bouillonnement interne … Le Petit Prince sur sa main gauche, qu’il porte haut sans faillir, prouve son allégeance à la paix et la sagesse du côté éclairé de la force … ha ha je te tiens Dark Vador !

Mais bon, j’avoue que je reste tout de même sur ma faim. Quand pas plus tard que la semaine dernière, dans ma grande épicerie numéro 2 dans l’ordre de mes habitudes de consommateur : un maître Yoda ! attention, pas 2, non … 1 seul. Et dans un emballage dont on sent qu’il a vécu comme s’il avait traversé l’espace sidéral à la vitesse lumière dans le millénium faucon … mal rangé dans la soute à bagage, jeté de ci de là, contre les parois, au gré des trajectoires d’évitement des tirs du TIE Fighter de Dark Vador … ouf !

Mon sang ne fait qu’un tour, je le prends … enfin presque car une autre main fait le même geste que moi ! « Touche pas au grisbi salope » (voix de Francis Blanche dans la scène cultissime de la cuisine des tontons flingueurs). C’est un grand gaillard, épais comme une armoire lorraine, qui a la même motivation que moi … il veut le maître Yoda, le seul sur le rayon. Alors c’est une question de vie ou de mort car il n’est pas question que je laisse cet énergumène s’emparer de MON maître Yoda.

Uppercut du gauche, baffe dans sa gueule (oui, j’ai eu le temps d’aller chercher un escabeau pour que ma main soit à bonne hauteur), redescendu de l’escabeau je lui percute le bide avec un direct du droit, je me retourne façon Néo dans Matrix et … au ralenti … je lui balance ma Caterpillar montante dans sa face (oui, entre temps je suis remonté sur l’escabeau, faut suivre). Ma chaussure lui déboîte la mâchoire et je perçois 3 dents, peut être même 4 car la rapidité de l’action m’empêche de bien compter, je redescends de l’escabeau et, dans un geste final, je projette la tête de maître Yoda pour lui massacrer les gonades … « ha ha … fallait pas toucher au grisbi … compris ?« . Fier d’avoir vaincu mon adversaire d’achat commercial, je laisse le gugusse allongé par terre et sans me retourner, je lui lance : « fallait pas avoir des vues sur mon Yoda … capitchi ?« .

Bon, en même temps, tout en me dirigeant vers les caisses, je me demande en moi-même si ce n’est pas le côté obscur de la force qui vient de guider mon comportement un tantinet … belliqueux … oui mais quand même, il n’y en avait qu’un seul de maître Yoda …

Arrivé aux caisses, je poireaute comme un âne en attendant mon tour dans cette file d’attente interminable … j’aime pas les files d’attente aux caisses des supermarchés. J’ai l’impression d’être un citoyen communiste aux pires heures du collectivisme imposé par le soviet suprême. Vous avez compris, en filigrane, que je ne voterai pas Mélanchon aux prochaines élections 😉

Bref, c’est mon tour, je dépose mon maître YODA sur le tapis roulant. Dans ma tête, je prépare mes arguments pour justifier cet achat aux yeux de quiconque pourrait me demander ce  que je fais avec ce jouet pour gamin. « c’est pour le p’tit, c’est son anniversaire demain … non, pas crédible … c’est pour le fils du concierge, il est fan de star wars … ha oui ça se tient … je pourrais même ajouter qu’il a 11 ans, ça renforce l’argument … bon, en même temps« . Et là, je suis interrompu dans mes pensées « HAAAAaaaargggg » c’est la caissière, elle vient de crier, surprise par maître Yoda qui avance inexorablement vers elle en la regardant avec ses yeux de chevalier Jedi.  »

Elle : « c’est à vous ? »

Moi : « bein oui »

Elle : « bein dites-donc … votre shrek … il m’a foutu la trouille ! »

Mon quoi ? Shrek ? Là, je suis tombé à la renverse. Assis par terre puisque je venais de tomber à la renverse (d’ailleurs, il faudra dire au directeur de ce magasin que son carrelage est vraiment pas confortable) … et sans bras car souvenez-vous, j’ai introduit cet article en écrivant que « les bras m’en tombent »  … j’ai pleuré toutes les larmes de corps ! Comment ? Comment pouvait-elle prendre Maître Yoda pour … Shrek ? Confondre le plus puissant des chevaliers Jedi avec … avec … un ogre vert affublé d’un âne ! Confondre 900 ans de sagesse avec … celui qui se lave les dents avec un liquide vert, qu’il tire d’une limace ?

Je crois que c’est à ce moment précis que j’ai compris qu’il était trop tard, qu’avec un tel niveau d’inculture dans la population française, le point de non retour était atteint. Jusqu’ici j’avais gardé espoir. Je me disais que ça ne pouvait pas arriver dans mon pays, en France. Non, ce n’était pas possible. Ce phénomène a déjà fait des ravages, regardez l’Angleterre … pan le Brexit ! Regardez l’Amérique … pan un Trump ! Alors je gardais espoir, convaincu que mon pays, le pays des lumières ne pouvait pas tomber dans l’inculture, l’ignorance, perdre à ce point ses repères. Et bien je m’étais trompé ! Croyez-moi quand on prend un maître Yoda pour un Shrek, c’est que le mal est là. Comme ces jours fébriles qui devancent la survenue de la grippe, la trumpisation foudroyante nous guette.

Moi je vous le dis « tout va à vélo ». Je vous le dis « tout fout le camp ! »

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Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire😉