Le cabinet fantôme

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Dans un précédent billet, je narrais ma consultation chez un médecin généraliste [Le petit trou de la sécu] . Hé bien figurez-vous que mon otite externe a résisté aux corticoïdes et aux antibiotiques. Bref, 15 jours de traitement plus tard, ma tête bourdonne de plus belle …

Racontant ma mésaventure à quelques collègues de travail, j’eu droit à 2 bonnes informations :

La première : le lien vers la chronique de Michel Cymes qui explique comment on peut mourir d’une otite …  merci Joëlle, ça rassure -> http://www.rtl.fr/actu/bien-etre/michel-cymes-avertit-on-peut-mourir-des-complications-d-une-otite-7792618132

La seconde : « fais doctolib point et faire et tu prends rendez-vous avec un ORL ! »

Moi : « Ha bon ? mais c’est quoi ça doctolib.fr ?  »

Le collègue : « c’est une plateforme de prise de rendez-vous avec des professionnels de santé. Tu cherches un ORL disponible rapidement et PIF, PAF, POUF en 2 clics tu as ton rendez-vous ! »

Ni une, ni deux, ni trois d’ailleurs, je tape doctolib.fr et me voilà sur la fameuse plateforme. Je clique sur « ORL » puis ma ville et … PIF, PAF, POUF … le 1er RDV dispo est dans 3 semaines ! Ha oui quand même … bon, j’élargis la recherche … PIF, PAF, POUF … wouhaaa  un ORL est disponible demain matin ! Non, j’y crois pas …

Tiens, en plus, il y a des disponibilités de rendez-vous sur toute sa journée. De deux choses l’une : ou bien j’ai une chance incroyable, ou bien il y a un loup …

Bref, pas le temps de tergiverser, je prends la place … PIF, PAF, POUF … mon mail, mon tél, ma date de naissance et … clic, le rendez-vous est pour moi. Ha ha … otite récalcitrante tu vas voir comment l’ORL va te mater … au sabre lazer s’il le faut … éparpillée façon puzzle aux quatre coins de Paris

Un p’tit mail pour dire à mon directeur que je ne pourrai participer au codir du lendemain et 5 clics plus tard, tout est organisé.

Mercredi matin, je prends le bus direction Noisy le Grand, célèbre station balnéaire s’il en est. Noisy le Grand, ses bassins, ses mouettes rieuses, son centre commercial, son Palacio d’abraxas et … ses trous du luc en motocross qui font de la roue arrière sur le boulevard du mont d’Est …

Le boulevard du mont d’Est justement, après être descendu du bus à l’arrêt « cimetière de Noisy le Grand » … tiens ça me rappelle la remarque de Joëlle sur la chronique de Michel Cymes … c’est drôle les associations d’idées tout de même

Bref, je remonte le boulevard du Mont d’Est jusqu’au numéro 60, le clos des cascades. Bon les cascades, les cascades, on est loin des chutes du Niagara … hum … à mon avis, c’est plutôt les cascades à motocross pétaradantes et sans casque, cf plus haut.

Et voilà, j’y suis ! Tiens, c’est étrange … je ne vois pas de plaque indiquant un cabinet d’ORL … pas d’indication, pas de sonnette spéciale pour s’annoncer. Bon, je recherche le nom sur l’interphone … comment qu’y s’appelle d’jà pu … ha oui M biiip …, docteur M biiip … … L … M … Meu … Miss … Mous … tiens étrange, je ne trouve pas son nom dans l’annuaire de l’interphone.

Ha … une personne sort de l’immeuble, j’en profite pour entrer. Je me présente à la loge du gardien. Il ouvre l’hygiaphone.

Moi : « bien le bonjour mon brave … je viens consulter l’apothicaire M biiip  … » dis-je … benoîtement. Oui, j’aime bien dire « benoîtement » 🙂

Le gardien me regarde avec des yeux gros comme des soucoupes. Il ne pipe pas mot et sort de sa loge. Je lui emboîte le pas.

Lui : « Là, c’est la porte … au fond du couloir. »

Bon … je me dirige vers ladite porte. Pas de plaque, pas d’indication, pas le classique « Entrez sans frapper et installez-vous dans la salle d’attente« , rien. Je sonne … « drelin-drelin » … rien … pas de réponse. J’attends … mais j’attends combien, hein ? Combien de temps doit-on attendre entre 2 sollicitations d’une sonnette … hum ? C’est comme l’oeuf à la coque quand on ne connait pas le temps de cuisson … ou comme le fût du canon. Bref, j’attends « un certain temps » et je re-sonne … « drelin-drelin » … rien … pas de réponse.

Ma prémonition de la veille commence a prendre de l’ampleur : il y a un truc qui ne colle pas. Bref, je m’appuie contre le mur et consulte machinalement mon tél.

Drelin-drelin … non, ce n’est pas la sonnette qui s’agite seule mais mon tél qui m’annonce un appel entrant. C’est le numéro du carabin que ma donné Doctolib.fr. Je réponds

Moi : « Allo, oui, je vous écoute… »

Lui : « c’est le docteur M biiip …. Je quitte Paris. C’est encombré, je vais avoir un peu de retard »

Moi : « bon, très bien, je patiente »

Tchouk … ça c’est le bruit de la lumière qui vient de s’éteindre. Il fait tout noir dans ce couloir. Du coup, je retourne dans le hall parce qu’au moins, là-bas … j’aurai de la lumière.

Bref, pressentant que l’attente sera longue, je sors le livre que j’avais prévu de lire dans la salle d’attente et, appuyé contre le mur, je me plonge dans … « guerre et paix », 1225 pages en cyrillique non traduites …

Ca faisait à peine … oh quoi … 24 jours et demi que je lisais … qu’une femme s’approche de moi. Habillée du même jogging gris clair que le gardien, je déduis que c’est … la gardienne, ou du moins la compagne du gardien.

Elle : « bonjour … vous attendez quelqu’un ? »

Moi : « Hum moui … j’attends le sieur guérisseur M biiip … »

Elle : « Ha oui ? Mais … il n’exerce plus ici depuis … 2010 ! »

Moi : « Ha bon ! Mais … il vient de m’appeler au téléphone. Il arrive … »

Elle : « c’est z’impossible ! Il n’a plus de cabinet ici. C’est un appartement qu’il loue. D’ailleurs c’était des jeunes qui ont fait des histoires pas possibles au début de l’année. C’est pas un cabinet … c’est un appartement. D’ailleurs, regardez… là … vous voyez sur le mur ? la trace un peu bleu ? C’était sa plaque. Ils l’ont retirée en 2010 parce que heuu …. il a fait plein de bêtises. Il a même eu des problèmes avec les z’inspecteurs de la sécu … »

Entre temps, son jogging gris de mari l’a rejoint

Le gardien : « Mais heuuu … tu vas t’taire ! Le monsieur il a rendez-vous et pis c’est tout ! Nous on a rien à voir la n’dans ! S’il a dit qu’il arrivait c’est qu’il arrive et pis c’est tout ! »

Le jogging gris s’éloigne

Elle : « Vous le connaissez bien ? »

Moi : « Pas du tout. J’ai pris rendez-vous sur internet … sur doctolib.fr … »

Elle : « Ha … doctolib ? Je vais regarder ça … mais moi… j’serais d’vous … je prendrais mes jambes à mon cou et j’irais chez un autre. Enfin … moi j’dis ça … j’dis rien. Pis surtout dites pas q’c’est nous qu’on vous l’a dit … hein ? »

Une prémonition la veille, l’absence de plaque professionnelle, aucune signalétique dans le hall de l’immeuble, pas d’indication sur la porte de l’apparbinet – oui, c’est la contraction de « appartement » et « cabinet » car je ne sais pas finalement ce qui se cache derrière cette obscure porte – le témoignage plus qu’édifiant de la femme en jogging gris, la trace bleutée d’une plaque retirée, l’angoisse du mari en jogging gris à l’idée d’empêcher un usurpateur potentiel de commettre ses méfaits … il n’en fallait pas plus pour que le doute s’empare de moi …

Accompagné de mon doutage solidement ancré dans mon cerveau et dans les poches de mon trench-coat … oui j’aime bien prononcer le mot « Trench Coat » … j’ai pris mes jambes à mon cou et j’ai fuis vers la station RER la plus proche.

Assis dans une voiture déserte du RER A … c’est un oxymore … la voiture déserte du RER A … je vous laisse chercher. Bref, assis disais-je dans le RER A, filant à 120 milles à l’heure vers la capitale … Fluctuat nec mergitur … oui car ce jour là il pleuvait à verse et mon RER était battu par les flots mais il ne sombrait pas … mon tél re-sonna … un sms du rebouteux :

Je n’ai pas répondu … quant à son invitation à venir même tard le soir, j’ai préféré ne pas imaginer le sorcier chaman lubrique, dans son plus simple appareil, venant ouvrir la porte de son cabinet emmitouflé d’un nuage de fumée aux relents de THC prononcé …

Bref, je ne saurai jamais ce qu’il y a derrière la porte à part … le son du « drelin-drelin » de la sonnette … y-a-t-il un appartement ou bien … un cabinet fantôme ?

Evidemment, j’ai tenté de prévenir le site Doctolib.fr. J’ai écrit au site en demandant ce que je devais faire pour éviter que d’autres personnes ne vivent la même mauvaise expérience que moi. Et voici la réponse que j’ai reçue :

Bon en clair, ça veut dire « demerden sie sich ! C’est pas notre problème. Nous, doctolib.fr, on met en relation des clients avec des fournisseurs et on se fiche royalement de la qualité des fournisseurs« . Et en plus, le site doctolib.fr a vraiment bien compris mon besoin puisqu’il m’explique qu’il a demandé … au guérisseur chaman lubrique de reprendre contact avec moi rapidement. Alors heuuuu comment dire … « dites doctolib.fr … je veux pas le revoir ce fou furieux. Moi j’ai plutôt envie que vous trouviez le moyen de faire en sorte qu’il n’ai plus mes données à caractère personnel  ce professionnel de santé en délicatesse avec son ordre professionnel … hum ? »

Alors, j’ai tout de suite retrouvé un RDV chez un ORL le lendemain. Et celui-ci était de grande qualité. Mais reconnaissez qu’il y a de tout sur ce site : du très bon comme du très mauvais.

Et pour ne pas laisser mes fans dans d’horribles interrogations sur mon état de santé, je vous rassure, j’ai consulté un vrai ORL le lendemain et il m’a prescrit le pulvérisateur nasal qui va bien pour pulvériser mon otite …Quant au guérisseur chaman lubrique, je n’ai plus aucune de ses nouvelles … allez savoir pourquoi …

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Le petit trou de la sécu illustré

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Bon, alors entre nous on dit « le trou de la sécu ». Mais les experts du sujets parlent plutôt en termes de « le déficit de la Sécurité sociale ». Hé oui parce que l’on ne parle pas d’une broutille. On parle de 5,2 milliards en 2017 … hé oui, quand même !

Bon alors, je ne sais vous mais moi 5,2 milliards … ça ne me dit rien du tout. Et même si je multiplie par 6.55957 pour le convertir en vieux francs, je ne vois pas mieux. Ou alors, si je gagnais 5,2 milliards au loto le week-end prochain, peut-être que je me rendrais mieux compte. Mais comme je ne suis pas certain de gagner à la loterie, on va essayer de faire autrement : on va imager le concept.

Par exemple, une boîte de soda goût caramel, de taille classique (33cl) sans sucre ajouté mesure 10,7 cm, soit 107 mm de hauteur.

Donc, si je la place à l’horizontale, et que j’en mets 5,2 milliards bout à bout… je peux faire … 556 400 kilomètres soit 13,88 fois le tour de la terre ! Bon, ceci posé, je ne vous cache pas l’inutilité de faire 13,88 fois le tour de la terre avec des canettes de Coca. D’autant plus que je ne suis pas certain que Vladimir Poutine accepte aussi facilement que l’on recouvre plus de 13 fois sa place rouge avec des canettes. Quant à Donald Trump, s’il réussi à construire son mur avant que j’arrive avec mes canettes, je suis bon pour refaire mes calculs car passer au dessus du mur, ça va raccourcir la distance.

Bon, faisons une autre tentative : le pot de nuttella

L’avantage du pot de Nutella, c’est qu’on est pas obligé de le coucher. On peut le laisser debout. Donc, mon pot de Nutella fait 13,5 cm de large, soit 135 mm. Même calcul … PIF, PAF, POUF, je peux faire … 16,22 fois le tour de la terre avec 5,2 milliards de pots de Nutella. Je vais passer 3 fois de plus chez Vladimir Poutine. Mieux, je peux faire un pont de pot de Nutella  entre la terre et la lune et même revenir sur 70% de la distance. Ha ! Quand même, hein ! Bon, je pense qu’en prenant un de 2 kg on doit pouvoir faire l’aller et retour terre-lune complet. Je vous laisse calculer vous même.

Bon, ça va maintenant pour vous représenter le trou de la sécu ? Si non, on peut aussi essayer d’imager avec une dimension moins palpable. Tiens par exemple, sachant que la chanson « ô Tannenbaum » a une durée de 103 secondes. Hé bien en équivalent « trou de la sécu » je peux écouter cette chanson 50 million 485 mille 436 virgule 89 fois, soit pendant … 164 années ! C’est à dire que je peux mettre un casque sur la tête du nouveau né pile au moment où il sort et pousse son 1er cri et lui faire entendre la fameuse chanson, en continu même la nuit, jusqu’à sa mort … et il me reste même du rabiot. Maintenant, je ne sais pas si ça développera ses compétences linguistiques en allemand, vu qu’il aura toujours sa chanson dans les oreilles et qu’il aura du mal à écouter ses profs à l’école.

Donc 5,2 milliards, ça fait tout ça.

Bref, revenons à nos moutons, ou plutôt à nos chats. Oui car tout commence par une histoire de chat dans la gorge. Je ne sais pas qui a inventé cette expression parce que franchement, je ne me vois pas avec Cannelle dans la gorge. Pour celles et ceux qui n’aurait pas suivi les épisodes précédents, Cannelle, c’est la chatte à la voisine.

Bon, donc vous avez compris, que je me retrouve avec un chat dans la gorge un dimanche de février quand il y a plein d’épidémies de virus tout méchants tout ça. Donc, je me dis en moi même : « humm chat dans la gorge le dimanche, gros rhum fiévreux le lundi suivant« . Paf, ni une ni deux, lundi matin je me lève « la tête dans la brume ». Mais bizarrement sans fièvre. Je résume donc mon état :

  • impossible de prononcer une phrase sans mettre des « b » partout, genre « Bonjour Batrick … oui, oui je be rebercie, bout va bien, je buis en bleine forbe« . Oui, les « s » et les « m » aussi ne passent pas bien
  • utilisation d’environ 120 mouchoirs à l’heure, soit un toutes les 30 secondes. Je suis impressionné par la quantité de truc vert que je peux sortir de mon nez 😉
  • confection régulière du cocktail revivifiant : Lysopaïne, Efferalgan, Actifed jour/nuit
  • et surtout, le chat s’est transformé en Amphicoelias fragillimus … Ne cherchez pas c’est le plus grand des dinosaures. C’est Jeff Goldblum qui le dit dans Jurassic Park 1.

Mais … pas de fièvre

Mardi : la situation est stable. Je tousse toujours autant. Je consomme toujours autant de mouchoirs en papier lotus triple épaisseurs en boîte carton bleu.

Mercredi : la situation « sent pire » comme disait Coluche. En fait, c’est au niveau de mon oreille gauche. Elle ne me restitue plus les sons normalement. Et surtout elle m’envoie un bourdonnement endémique dans la tête. Et quand je me mets à prononcer mes phrases, les « b » me reviennent en boomerang direct dans la tête … je m’entends parler …

Jeudi : la situation est stable. J’en suis à la 96ieme boîte de mouchoirs lotus triple épaisseur tout ça. Oui, c’est comme les pots de Nutella, je vous laisse faire le calcul : 1 mouchoir toutes les 30 secondes, 3 jours, 90 mouchoirs par boîtes …

Vendredi : la situation est stable. Mon oreille est toujours bouchée. J’ai toujours la sensation de me parler à moi-même. Je me demande si mes interlocuteurs reçoivent mes messages vocaux.

Samedi : la situation s’améliore. Je passe à un mouchoir à la minute. Mon oreille est toujours dans le même état. Ca commence vraiment à me taper sur le système. De la secousse, je mets mon casque Beats Studio sur l’oreille fautive et je lui balance du David Guetta à fond les ballons, na ! Elle l’a bien cherché. Sauf que … rien ! J’ai cru que mon casque était tombé en panne mais non. Branché sur l’ordi je lance un diagnostic du bazar. Résultat « Votre Beats Studio est en parfait état de marche et doté de la dernière version du logiciel. Aucune mise à jour n’est nécessaire« . L’inquiétude me gagne … « Et si je ne retrouvais jamais l’ouïe »

Dimanche : la situation s’améliore sur le front de la gorge. Le dinosaure a laissé place à un gros tigre du bengale neurasthénique. Oui, c’est parce que la gorge est bien prise mais je n’ai plus mal quand je tousse. L’oreille elle, fait toujours de la résistance. Je décide donc de prendre le taureau par les cornes (y’a beaucoup d’animaux dans mon histoire je trouve) : je verse de l’eau chaude dans mon oreille. Résultat : rien, ça ne sert à rien. Je passe à 3 sur l’échelle de flippage qui en compte 128 … je devrais peut être consulter un toubib …

Lundi : la situation s’améliore mais toujours pas du côté de l’oreille gauche. Du coup, je jette un oeil sur internet pour identifier un médecin dans mon patelin. Je ne sais pas vous, mais moi … je ne sais pas choisir un médecin à partir de ses coordonnées sur le site officiel de ma ville. Et il y en a au moins 30 ! Alors j’ai tiré au pif. Et comme je suis du genre super méga courageux, je me suis dit « Bon, bein … si demain c’est pas mieux … je vais la voir »

Mardi : bein … c’est pas mieux …

Je décide donc de prendre rendez-vous. J’appelle … message du répondeur « Je consulte le lundi, mardi, jeudi et vendredi de 11h00 à 12h00 et de 14h00 à 16h00 sans rendez-vous. Et de 16h00 à 18h sur rendez-vous. Cette ligne de prend pas de message. pfchlaggg« . Heuuuu comment dire … si je veux prendre rendez-vous par exemple en fin d’après-midi après 16h00, je fais comment puisque c’est un répondeur qui ne prend pas de message ?

Bon ok, je vais y aller entre 14h00 et 16h00 cet après-midi.

En fait j’arrive à 14h18. Je sonne …. rien … je re sonne … re rien … une personne arrive dans le vestibule de l’immeuble et me voit en train de chercher. Elle ouvre la porte et me lance « Entrez, de toute façon elle répond jamais …« . J’entre, mais je ne suis pas encore dans l’immeuble. Je suis coincé dans le vestibule. Je me dirige vers l’interphone. Je sonne sur « cabinet médical » … pas de réponse. Je re sonne sur « cabinet médical » … re pas de réponse … Une personne qui sort ouvre la porte. J’en profite pour entrer. Arrivé au cabinet médical, il est écrit sur la porte « Entrez sans sonner » … mouais, de toute façon j’allais pas sonner vu que ça sert à rien. Un couloir, 2 d’jeun’s qui discutent à voix basse, je passe entre eux-deux et me dirige vers la salle d’attente. 8 sièges, 2 de libres, je m’assieds et je commence mon attente.

Comme je suis du genre « investigateur » sur le test RIASEC de Holland – pas l’ancien président hein … le psychologue américain des années 60 – je fais une analyse de la situation : « bon, elle … elle est seule. Elle aussi. Eux, ils sont en couple ça ne compte que pour un. Elle c’est un, lui c’est un aussi. Donc ça fait 5 ! Ha non zut, saperlipopette … j’oublie les 2 d’jeun’s dans le couloir. Mais alors eux … c’est un ou c’est deux ? … Bon, à la louche 15 minutes en moyenne par personne … je pose 3 et je retiens 2 … si je maximise en comptant 2 pour les d’jeun’s ça me fait 1h45 … je passe dans 1h et 45 minutes soit … 16h15 au mieux. » J’ai bien fait d’apporter de la lecture parce que les vieux Figaro Madame de 1952, tout déchirés et gribouillés par la ribambelle de marmots qui est passée par là, ça ne me dit rien …

Hé bein … ça va être long. Plus long que l’attente aux caisses du supermarché. Je ne pensais pas que c’était possible.

16h20, c’est à mon tour. En fait, pour les 2 d’jeun’s je m’étais trompé. Il y a en a un qui est parti vers 15h30. Mais comme la durée moyenne était supérieure à 15 minutes, je pose 2 et je retiens 3 … 16h20 …

Bref, j’ai attendu 2000 heures dans la salle d’attente … c’est long

Je suis passé après un p’tit vieux, un actif superactif sur son téléphone, un couple de vieux paumés au faciès d’alcoolos, une jeune avec son casque de scoot et un d’jeun’s plein de tatouyage, de bagues aux doigts et de grosse montre façon sorti de prison y’a pas longtemps … et après moi, une femme enceinte avec son gosse voilée … elle, pas son gosse, patientent encore

Elle : « Alors, dites-moi, qu’est-ce qui vous amène ? »

Moi : « bein … le RER E ! » Noooonnnnn j’déconne. « Mon oreille, je n’entends plus rien, ça bourdonne en continue dans ma tête et quand je parle, je m’entends »

Elle : « Ha oui, je vois. Asseyez-vous là« . Et là, elle m’enfonce un truc lumineux dans l’oreille. Mais c’était pas la bonne oreille. Je lui aurais bien dit mais elle a ajouté …

Elle : « Hum hum, ha, heuuu … non … rien ! » Alors elle recommence dans l’autre oreille, la bonne cette fois. Mais voilà, ça rentre pas ! Moi je lui aurais bien dit parce que vu le bazar dans ma tête ça doit être tout gonflé irrité tout ça la’dans. Bon, elle met un embout plus petit et PAF rebelote la petite loupiote dans le conduit auditif gauche.

Elle : « Houlalaaaa, ha oui, quand même … ha ha hoooo … bigre. Ha bein … vous nous faites une jolie otite externe. C’est tout enflammé et le tympan ne peut plus vibrer … c’est pour cela que vous n’entendez plus. »

Et après elle est partie dans une démonstration façon « c’est pas sorcier ». Vous voyez cette émission avec Jamy Gourmaud, Frédéric Courant et Sabine Quindou ? C’est comme Jean-Michel Chevalet mais en plus pédagogique pour les enfants.

Elle : « Alors vous voyez ça ? » dit-elle en brandissant une plaque de plastique qui sert habituellement aux radioscopies. « Alors ça, c’est votre tympan en temps normal. Il est tranquilou, tout seul et il peut vibrer comme il veut. Donc il vous restitue correctement le son. Sauf que là … « . Et là, elle détale dans le corridor et revient aussi vite avec Titus, le chien boudin tout allongé qu’on met au bas de la porte pour éviter les courants d’air.  « Sauf que là, le conduit auditif est tout gonflé et vient appuyer sur le tympan, comme cela« . Là dessus, elle écrase Titus sur la plaque de plastique et me dit « Voilà, comme ça … donc votre tympan ne peut plus vibrer normalement. Et c’est pas tout …« . Elle enfile un masque de plongée devant ses yeux et un tuba dans bouche. Elle s’empare d’une bouteille de Vittel et elle balance le contenu de l’autre côté de la plaque en plastique. Oui parce que la Vittel ça a 2 utilités : on s’en sert pour désherber les plates-bandes et aussi pour les démonstrations de c’est pas sorcier.

Elle : « Youhonmebou ». Elle enlève son tuba « En plus, de l’autre côté de votre tympan, il y a une rétention d’eau donc votre tympan est tout bloqué et c’est pour ça que ça siffle … vous avez compris ? Si non, je peux recommencer la démonstration si vous voulez … »

Moi : « non non, ça va aller. Je crois que j’ai bien compris » dis-je en sauvant Titus de la noyade

Bref, c’est un médecin très démonstratif qui a vraiment envie que son diagnostic soit partagé. J’espère juste que ceux qui ont consulté avant moi, n’avaient pas de problème d’hémorroïdes … je ne veux même pas imaginer comment elle a fait sa démonstration.

Et après elle est parti dans mille questions improbables.

Elle : « vous ne prenez pas de médicaments particuliers en ce moment ? Vous êtes vacciné contre la grippe ? Vous êtes sujet au mal d’estomac ? Vous avez mal à la gorge ? Vous aimez les films de Georges Lucas ? Vous jouez au Monopoly ? Vous faites des Sudoku dans le RER ? Vous préférez les caleçons ou les boxers ? Vous allez souvent à la patinoire ? Vous mangez les tripes à la mode de Caen ? Vous savez jouer de l’accordéon ? Vous reprisez vous-même vos chaussettes ? Vous chantez sous votre douche ? Vous suivez le tour de France en été ? Vous avez regardé les jeux olympiques de Piongue Tchangue ? Vous aimez vous beurrer la tartine ? … (accélérer la vitesse pour aller crescendo vers du très vite) »

Moi : « non, non, rien de tout cela … »

Elle : « Bon, alors comme vous partez en mission la semaine prochaine et que vous allez prendre l’avion, je vais vous donner des corticoïdes pour que ça guérisse plus vite »

Tout en tapotant sur son clavier, elle me raconte sa vie. Je ne lui ai pourtant pas dit que j’étais psy … Mais bon, elle parle, elle parle …

Elle : « Et pis … la SNCF … hein … j’espère qu’ils vont pas nous refaire 95 ? Hein quand même … pfff tenez c’est comme la médecine du travail … hein quand même … bon, on peut pas dire que les salariés soient bien traités en entreprise hein ? … »

Moi : « Bein si, chez moi ça va. On a une visite médicale tous les 3 ans comme c’est prévu dans le code du travail »

Elle : « ha bein dites-donc, vous avez de la chance. Vous êtes dans une bonne entreprise. Vous avez votre carte vitale ? »

Moi : « oui la voici … je vous donne la carte de ma mutuelle également ? »

Elle : « Ha non ! pas celle-là, on y a échappé ! Vous la donnerez à la pharmacie mais pas chez moi … encore heureusement qu’on a réussi à y échapper. »

Bon, à ce moment là, je me suis tu. Je n’ai pas voulu engager le débat autour du tiers payant car j’ai bien senti que ce n’était pas le moment. Mais quand même, moi je suis 100% pour le tiers payant. Voyez-vous les médecins sont montés au créneau contre ce dispositif parce qu’ils considèrent qu’ils n’ont pas à faire les frais des longueurs administratives de remboursement par les mutuelles. En clair, il font passer leur bien être avant celui des patients et ça, ça m’insupporte. Et c’est un peu le cas de tous les services publics : les professionnels reportent la complexité administrative sur l’utilisateur final plutôt que de simplifier le bouzin ou de prendre sur eux la complexité qu’ils ont eux-même générée. Je vous invite à lire mon article sur l’information à la SNCF et vous comprendrez ce que j’entends par « posture de service« .

Et elle claviotte pendant 3 plombes tout en posant plein de questions … là je me dis que la paperasserie à vraiment pris le dessus et finalement je comprends mieux pourquoi les médecins ont pris peur à l’annonce du tiers payant. Au final, elle aura passé plus de temps sur son ordinateur qu’à faire mon diagnostic. Elle me fait penser aux conseillères de Pôle emploi qui passent plus de temps à renseigner leur satané ordinateur qu’à vraiment aider les demandeurs d’emploi. Et le comble de l’absurde c’est que malgré toutes les informations entrés dans tous les ordinateurs, personne n’est foutu de calculer le taux de chômage … mais bon, c’est un autre sujet.

Elle : « il vous arrive d’avoir mal à l’estomac ? »

Moi : « heuuu … non … »

Elle : « Ha ! parce que … les corticoïdes parfois … ça s’accompagne de brûlures à l’estomac … bon, je vais vous prescrire de l’Oméprazole … pour le cas où, hein ? Donc vous ne le prenez pas mais si jamais vous avez des brûlures d’estomac, vous pourrez en prendre … ok ? »

Moi : « bein … si vous le dites … »

Elle : « et … si non … bein … si ça s’aggrave au bout de 2 ou 3 jours, je vous prescris du Cefpodoxime … hein ? C’est des anti-biotiques. Comme ça, si ça s’aggrave vous en prenez … d’accord ? Et si ça s’aggrave pas, vous ne les prenez pas … hein ? »

Moi : « bein … si vous le dites … »

Elle : « et … si non … bein … il vous reste des anti-douleur ? hein ? bon bein … je vais vous prescrire deux boîtes de doliprane 500mg … hein ? Pour le cas où … »

Moi : « bein … si vous le dites … »

Et voilà comment je suis ressorti, 30 minutes plus tard avec mon ordonnance de 2 kilomètres.

Et en me tendant la main pour me dire au revoir, elle ajoute : « Ha oui j’oubliais … surtout, dans ces cas là, il ne faut absolument rien mettre dans l’oreille. Faire très attention au moment de la douche par exemple à ne pas mettre du savon ou même simplement de l’eau … vous n’avez rien mis ? »

Moi : « oh non … rien du tout … au r’voir docteur et merci pour tout … »

Je comprends mieux pourquoi ma tentative de guérison à l’eau chaude avait lamentablement échouée.

Direction maintenant la pharmacie. J’entre … « bonjour madame » et je tends à la pharmacienne ma magnifique ordonnance de 5 kilomètres. Je vois dans ses yeux les étoiles de la joie et du bonheur. Je comprends qu’elle est en train de transformer mentalement chaque ligne de mon ordonnance en monnaie sonnante et trébuchante qui tombera directement dans son portefeuille. Là c’est certain, avec mon ordonnance elle va pouvoir se l’offrir son petit cabriolet « Maserati Grancabrio » rouge vermillon parce que le vert de sa Porsche n’allait plus avec ses Louboutin que son gentil mari de pharmacien venait de lui offrir. Et puis il faut quand même avouer qu’une Porsche, aujourd’hui, c’est complètement hasbeen. Elle n’arrêtait pas de le dire à son gentil mari qui lui répondait systématiquement : « Mais, ma chérie enfin … tu sais bien que c’est la criiiiiiiiseeee. »

Bref, je lui ai tendu ma carte vitale, ma carte de la mutuelle, ma carte grand voyageur SNCF, ma carte Flying Blues Air France, ma carte Franprix, ma carte carrefour, ma carte de membre de l’association des gais lurons qui chantent Charles Trenet en canon, ma carte du Jedi Club International, ma carte Michelin Verdun-Wissembourg … oui elle était prête à accepter toutes les cartes du moment que ça payait bien. Par contre, quand j’ai voulu lui tendre ma carte bleue, elle m’a dit : « non non, pas besoin, c’est tout bon » avec un très large sourire 🙂

C’est quand même étrange ce comportement opposé des deux docteurs d’aujourd’hui : l’une qui refuse dogmatiquement la carte de ma mutuelle et l’autre qui en redemande avec le regard lubrique et les mains tendues vers mon portefeuille … Vous aurez noté au passage que j’ai écrit « deux docteurs » ! Hé oui, si elles sont toutes les 2 docteurs, l’une est médecin et l’autre pharmacienne. Il ne faut pas confondre « docteur » et « médecin » ce n’est pas la même acception. Un jour je vous expliquerai.

Bref, je rentre chez moi et par acquis de conscience, je regarde mon ordonnance, ma valise XXL de boîtes de médicaments et ma facture :

En moi-même, je me dis « si j’enlève tous les médicaments qu’elle m’a prescrit « pour le cas où », c’est à dire tous les médicaments que je ne consommerai pas, il reste une ligne à 3,37 euros. Et la facture s’élève à … 31,15 euros ! »

Pour faire simple, la facture est dix fois plus élevée que mon besoin réel ne le nécessitait.

Si je traduis en langage plus clair, la sécurité sociale et ma mutuelle vont financer le cabriolet de ma pharmacienne et vraisemblablement la Porsche Panamera des dirigeants des laboratoires « SANOFI » et « arrow lab » … donc les 5,2 milliards de trou de la sécu…  on peut facilement les diviser par 10 si on décide d’être vigilant sur les ordonnances … CQFD

Mais en même temps c’est balo parce que … je n’aurai plus de pont en pot de Nutella entre la terre et la lune

Et puis … je l’aime bien cette toubib car elle est attentive à moi et mon problème 🙂 un peu comme Coluche qui demandait un « petit cancer du bras droit pour pas aller travailler »

Le Top Ten de l’année 2017

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais chaque fin d’année, et aussi au début de la suivante, on a droit aux Top 10 les plus improbables et dont tout le monde se fou. Par exemple,  le top 10 des meilleurs albums étrangers de l’année 2017 … tout le monde s’en fou ! Hein ? Aussi, le Top Ten 2017 des Cahiers du cinéma … franchement … tout le monde sait que le meilleur film de 2017 c’est Star Wars, épisode VIII : Les Derniers Jedi et pis c’est tout. Et aussi, le Top 10 des meilleurs fromages préférés des français en 2017 ! Franchement … attends … y’en a pas 10, y’en a … 1 : le comté ! Attends, le Comté il est allé dans l’espace, dans la station spatiale. C’est pas le camembert qui aurait fait ça, hein ? Alors franchement, bon, quand même … allez, éventuellement on peut citer la cancoillotte parce qu’elle a pas eu de chance.  Thomas Pesquet ne pouvait se faire livrer qu’un seul fromage dans l’ISS alors il a longtemps hésité. Il a fait « plouf, plouf, ça sera toi qui viendra dans l’espace … » et pas de bol pour la cancoillotte, c’est tombé sur le comté … c’est passé à 1 plouf. Et puis il y a aussi le Top Ten des pires phrases de Mélanchon. Oui … vous connaissez maintenant mon aversion pour cet ostrogot, pseudo défenseur des opprimés qui prend le métro pour se rendre à l’assemblée Nationale histoire de se montrer plus proche du petit peuple mais qui gère à l’optimisation fiscale ses millions d’euros de patrimoine.  Bref, le top 1 donne « problèmes de démocratie au Venezuela » ? « Ah oui ? Lesquels ? Voilà ce qu’il serait intéressant de connaître pour pouvoir en discuter »

Enfin bref, moi, je vous propose mon Top Ten totalement inutile et improbable … le meilleur classement des médioumes exorciseurs voyants de 2017. Hé quand même, j’ai collectionné les flyers pendant tout 2017 pour réussir ce classement… alors quand même hein …

Bon, il parait qu’on ne trouve pas trop ça en province mais en région parisienne, il y a toujours un type qui distribue ce genre flyer sur le marché, à la sortie de la gare RER ou même … au Trocadéro !

#Classement_10 : Monsieur Kounta !

Le mec reçoit de 8h à 21h. Ca fait donc 13h00 d’amplitude horaire par jour. Même au forfait cadre, c’est pas très syndical tout ça ! Mais surtout, s’il fait ça 7j/7 ça fait 91 heures par semaine. Autant dire que les 35 heures sont très, très loin. C’est le leader de la CGT qui va pas être content. Dis-donc monsieur Kounta, vous vous rendez compte que vous allez nous le rendre tout chafouin notre philou Martinez … hein ? #Classement_9 : Monsieur Cherif

Alors lui, il a copié sur l’autre ou bien c’est l’inverse, je ne sais pas. Lisez un peu « Au don héréditaire … « . Donc ils seront tous les deux relégués en fin de classement. Faut pas déconner avec les dons de voyance quand même. Mais je me demande s’il devrait pas passer derrière le précédent car lui il le fait en 3 jours alors que son collègue le fait en 48h !

#Classement_8 : Monsieur Bambo

Hé … quand même … « Travail Serieux efficiace ! » Hein ! Quand même ! Il a tout, même les fautes d’orthographe … il mérite bien sa 8ieme place lui. Et en plus il vous trouve du travail avec 100% de réussite en 3 jours … Hoé Pôle emploi ? J’ai le mec qu’il vous faut !

#Classement_7 : Maître Tapha

Alors là, on change de niveau. C’est d’ailleurs pour cela qu’il est 7ieme. Ce n’est plus un « monsieur » c’est un « maître » et avec l’accent circonflexe sur le « i » alors là, ça rigole pas. On est à 2 doigts du maître jedi. Mais c’est pas encore Yoda c’est Taphta. Et en plus lui n’hésite pas à l’affirmer il « possède un don« . Et surtout on aime bien son petit côté écolo. Regardez bien en bas à droite « Ne pas jeter sur la voie publique svp 106 »

#Classement_6 : Professeur Mossory

Attention, on change encore de niveau. Ce n’est plus un maître mais un « professeur ». Et on sait pourquoi -> c’est héréditaire ! Et il est « Gurisseur par apposition dans tes mains« . Moi, quand j’ai un problème de voisinage, je suis plutôt méthode « apposition de mon poing dans ta face » … ça doit être pour cela que je n’ai pas de résultat rapide avec 100% de réussite.

 

#Classement_5 : Professeur Salimba

Alors lui, je le mets 5ieme car il change le ton. Il n’affirme plus sa détermination à sauver le monde, il demande au monde de lui expliquer son problème « Vous souffrez ? » et puis surtout il « revête le passé » -> j’ai toujours pensé que le passé devait se rhabiller en Prada 😉

#Classement_4 : Professeur Amadou

Ce qui lui vaut ce classement c’est le « Paiement après travaux« . Comme ça, il vous refait la cuisine et vous payez en 4 fois sans frais après réception des travaux 🙂 Le mal qui circule dans votre corps, c’est en 2 jours qu’il l’enlève alors franchement on se demande ce qu’ils foutent à l’APHP …

#Classement_3 : Monsieur Kounta

Bon, ok, on revient sur du « monsieur » mais attention lui, il « stupéfait le monde actuel » ha ouais hein quand même ! C’est pas rien ça ! Tiens j’en parlais pas plus tard qu’hier avec mon copain Barack Obama. Hé bien … il m’a raconté comment monsieur Kounta l’avait stupéfié tout net ! Et puis lui, il a un e-mail et des petites bougies. Et il bosse jusqu’à 21h30. Ca fait du 13h30 par jour donc 94h30 par semaine ! Là, c’est sûr, Philou Martinez il est achevé

#Classement_2 : Professeur Hamza

Bon, alors lui, il est 2ieme mais je ne sais plus pourquoi. Il y a forcément une bonne raison mais je ne me souviens plus. Parce que finalement il fait comme les autres : Efficace à 100%, il fait l’amour, l’attirance, la chance, le désenvoûtement, la fidélité, l’impuissance … ha oui, je sais … lui il met en avant l’honnêteté et la compétence à la base de son travail. Tiens d’ailleurs je me demande qu’elle formation il faut faire pour acquérir toutes ces compétences. J’ai cherché dans le ROME (Répertoire Opérationnel des Métiers et des emplois) et j’ai pas trouvé. Je devrais peut être demander au Gréta :-))

#Classement_1 : Mr Djibril

Tsouin tsouin and the winner is … Misteuuuuuurrrrr Djiiiibriiiil !

Alors là, vous ne le savez peut être pas mais … c’est l’ancien conseiller en communication de François Hollande. Il a du se recaser comme tout le monde après les élections. Regardez son slogan … « Le changement c’est maintenant ! » :-))

Et arrivé ici, personne n’a remarqué que …monsieur Kunta est classé 2 fois ! Si, si regardez bien … il est 10ieme et 3ieme ! Mais il a complètement changé sa com’ : au début il a un « don héréditaire » mais plus après. Au début, il « réussit là où tous les autres ont échoué » mais après, il est plus raisonnable il assure le « taux de réussite le plus élevé« . Ca, c’est de la com’ où je ne m’y connais pas. Il ne prend pas le risque d’afficher « 100% de réussite« , il joue sur les mots … bien vu Mr Kounta. Avant, il n’hésitait pas à écrire qu’il résolvait les angoisses sur un simple coup de fil mais finalement il a laissé tomber le travail à distance, ça rapportait pas assez. Et surtout … maintenant il bosse jusque 21h30. Je parie que sa femme l’a quitté et qu’il n’a pas réussi à la faire revenir en 48h … c’est pour cela qu’il bosse plus longtemps 🙂

As-tu lu ton … horoscope ?

Vous le savez car vous l’avez entendu partout : le big data, les algorithmes, l’intelligence artificielle machin tout ça vont révolutionner notre façon de vivre. Et c’est déjà le cas sur internet où les google, facebook et autre amazon vous présentent des contenus publicitaires adaptés à vos envies. Hé oui, vous visitez le site de LCI et paf l’écran est maculé de petites vignettes faisant la pub pour des chaussures talon haut taille 36. N’allez pas croire que LCI se reconvertit dans la maroquinerie. C’est juste que, hier soir, vous avez entré la requête suivante dans votre moteur de recherche : « je voudrais les mêmes souliers que cendrillon et le prince charmant qui va avec« . Et finalement vous avez visité le site sarenza.com …

Notez bien que ça marche aussi avec les batteries de cuisine, les bagnoles, les pots de peintures, le jambon, les mouliplexeurs à autoturbine décentrée etc … etc …

Voyez-vous, moi je suis plutôt du genre à faire des recherches sur le matériel photo. Alors quand je vais sur le site de LCI … ha non, ça c’est pas possible. Donc quand je vais sur un autre site que celui de LCI, paf, l’écran est maculé d’objectifs … Nikon ! Hé oui, reconnaissez que c’est puissant l’intelligence artificielle. Houuuuuuuu qu’est-ce qu’il faut comme intelligence pour programmer un algorithme du genre : si visite du site sarenza.com alors pourrir l’écran avec des godasses plein partout ! Puréeeee mais j’y suis, je vais me faire recruter par google pour programmer ses algorithmes.

Bref, voici ma propre expérience de ce matin. Je vais donc sur le site de Météo France et voici mes pubs personnalisées de l’intelligence artificielle des algorithmes (je vous jure que c’est une vraie capture écran de ce matin) :

Alors j’ai cherché à comprendre le sens. Béh oui, je suis comme ça moi : j’ai besoin de comprendre. Et j’ai fini par comprendre car c’était finalement assez simple. L’algorithme m’a présenté des pubs qui font sens une fois assemblées. Et ce sens c’est … mon horoscope évidemment ! Laissez tomber les étoiles, les constellations, les Jupiter dans Saturne avec la lune en petite orbite, tout ça c’est du grand n’importe quoi. Les algorithmes de Google sont bien plus pertinents quand il s’agit de prédire l’avenir.

Bon, comme je vous imagine un tantinet sceptique, voici la traduction évidente de mon horoscope de ce matin :

Alors, c’était évident, non ?

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Combien de temps pour … un z’oeuf à la coque ?

Ha ha ! hein ? combien de temps ? Non non, je vous voir venir. Interdit d’aller sur votre moteur de recherche. Il faut trouver … là … tout de suite. Et sans pouvoir faire appel à un ami !

Car c’est exactement ce qui m’est arrivé, il y a peu, lors d’un déplacement professionnel. Voyez-vous, ce qu’il y a de bien dans les déplacements professionnels, c’est le petit déjeuner le matin à l’hôtel. En semaine ordinaire, chez toi, t’as pas trop le temps. Alors zou … un café vite fait sur le coin du zinc tout en enfilant ta chemise et en nouant ta cravate. Haaaa saperlipopette, quel gros ballot je fais ! J’ai taché ma chemise avec mon café … bon bref, c’est plutôt régime sec. Alors quand tu es en déplacement professionnel, quel bonheur que de descendre à la salle petit dej’ de l’hôtel. De n’avoir rien à faire. Juste choisir tout ce que tu veux au milieu de cet étalage de pancake, baguette fraîche et croustillante, fromage, charcuterie, fruits, céréales, yaourt, confiture, beurre, miel et … la machine à cuire les z’oeufs !

Oui, je n’ai jamais fait un seul hôtel qui n’ai pas cette « machine à z’oeufs ». Un ustensile tout simple : de l’eau qui bout, des petits paniers métalliques au bout d’un manche et une provision d’oeufs. En clair, tu vas te faire cuire un oeuf comme tu veux. A la coque, dur, mollet, brouillés, oeuf au plat c’est toi qui vois. Et toujours, toujours, toujours à côté de ladite machine il y a de quoi se remémorer le temps pendant lequel tu laisses ledit oeuf plongé dans l’eau.

Je me souviens de l’hôtel de la semaine précédente. Les temps de cuisson étaient écrit, à la craie, sur une ardoise. C’était super déco, tendance façon auberge d’autrefois.

Bref, je suis donc avec mon z’oeuf dans une main et le panier porte z’oeuf dans l’autre. Je cherche le temps de cuisson pour un oeuf coque … rien … rien de rien ! Pas un écriteau, pas un petit papier, pas une notice sur la machine, et encore moins une jolie ardoise avec des pleins et des déliés à la craie … rien ! Même pas un minuteur à portée de main … rien !

Bon, « On va pas se mettre le tyrex au court-bouillon quand même » me dis-je . Oui c’est pour dire qu’on va pas se faire des noeuds au cerveau juste pour ça. C’était pour accentuer le côté « rate » que je trouve trop édulcoré. Je ne sais pas si vous avez déjà essayé de mettre un tyrex au court-bouillon … hein ? Déjà que le homard c’est pas évident parce qu’il se défend le gars voyant bien que sa dernière heure à sonné. Alors un tyrex, vous pensez bien.

Du coup, 3 options s’offrent à moi : 1. je demande à quelqu’un dans la salle 2. j’y vais au feeling 3. j’abandonne. Alors autant vous dire que la 3 est balayée d’un trait de plume avant même d’être envisagée. Oui ! un Bebel n’abandonne jamais. Un Bebel ne capitule pas devant l’adversité. Un Bebel assume en toute circonstance, c’est comme ça. C’est quand même pas un truc, sorti du fondement d’une poule, qui va me tenir tête.

Pour la 1, ça pourrait encore se discuter parce que dans la salle, il n’y a que des inconnus. Je pourrais donc demander, au risque de passer pour une nouille, car personne ne me connaît. Mais imaginons que demain, je devienne célèbre hein ? Vous imaginez si cette histoire venait à sortir dans la presse : « Ha ouiiii c’est le mec qui ne savait pas cuire un oeuf à la coque !« . Bon, on ne sait jamais donc oublions la 1 également. Il me reste donc l’option 2.

Je fais donc le mec qui assure. Je place l’oeuf dans son petit panier. Et dans un geste très assuré, presque professionnel, je plonge majestueusement ledit z’oeuf dans l’eau frémissante … plouf !

Ho pinaise, l’eau qui gicle sur mes pompes ! Hé ho … faudrait voir à pas trop sortir du récipient, hein ? J’ai pas mis mes bottes en koutchouk aujourd’hui. Je suis en déplacement professionnel. Alors j’ai mis mes Weston … et le gland de mes Mocassins à pampilles collection « VEAU BOX NOIR LES GRANDS CLASSIQUES » est pas waterproof … ok ?

J’observe les bulles tout en comptant dans ma tête … hum … c’est fou comme les minutes passent moins vite quand tu observes un oeuf dans l’eau frémissante …

Bon allez, on va dire que c’est bon. Je m’empare du manche bleu. Oui pour bien reprendre mon z’oeuf et pas celui de la voisine, le constructeur a pensé à mettre des couleurs sur les manches. Je saisis un coquetier. Hé hé pas bête le gars : je me doute bien qu’il doit être chaud. Je place le coquetier sur le dessus de l’oeuf et je retourne. Hop, je tiens le coquetier à l’endroit avec mon oeuf dedans sans l’avoir pris avec mes doigts. Si vous n’avez pas bien compris le geste, demandez moi, je vous ferrai un croquis 😉

Je reviens à ma place et au passage, paf je m’empare discrètement du pichet de jus de pomme. J’aime le jus de pomme le matin au p’tit déjeuner. Quand on sait que les British disent “An apple a day keeps the doctor away” (Manger une pomme par jour éloigne les médecins) voilà qui se marie parfaitement avec mes Weston ! Bon, par contre il faut absolument le crier bien fort dans la salle « Je vais prendre un jus de pomme … de pomme … » car la couleur dans le pichet en verre peut prêter à confusion. Ce doré translucide ressemble, à s’y méprendre, à du whisky. J’en conviens, ce breuvage se marie également très bien avec mes Weston. Mais je ne veux pas passer pour un pochtron du p’tit matin avec son litron de boisson frelatée.

L’oeuf est devant moi, dans son coquetier. Je le regarde en me disant « il manque quelque chose …« . Mais c’est bien sûr ! Il me manque un coupe z’oeuf à la coque. Vous savez, ce truc rond avec des dents de requin à l’intérieur que vous appliquez sur le dessus … et avec les deux trous façon ciseaux … crac … vous coupez la tête de l’oeuf et y a plein de petits bouts de coquille qui tombent dedans ! Comment je fais sans un coupe z’oeuf à la coque ?J’ai donc observé mon z’oeuf à la coque, incapable de savoir si, à l’intérieur, il était trop ou pas assez cuit. Un peu comme la poule qui a trouvé un couteau … Comment je fais ? Même avec mon smartphone j’ai pas réussi à ouvrir le dessus de mon z’oeuf à la coque alors vous voyez.

Bref, j’en ai eu marre. J’ai pris l’oeuf dans ma main et … je me le suis écrasé sur le front ! Bein oui, tous les gens célèbres reçoivent des oeufs sur le front alors je prends un peu d’avance c’est tout ! Et vous savez quoi ? Hé bein j’étais super content car mon z’oeuf … il était bien « à la coque » ! le jaune liquide a bien dégouliné jusqu’à ma chemise et le blanc, bien cuit, est tombé sur mes Weston 😉

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Comment j’ai mangé chez le cow boy

Bon, ce midi je décide de faire un break et d’aller me balader du côté de la place de la République. Ni une, ni deux, j’entre au Buffalo Grill … oui, j’adore l’ambiance un peu « kitchouille Cow-Boy ». Et en plus, dans le métro je venais de lire une planche de promotion du tout dernier Luky-Luke, ça tombe bien.
Bref, me voilà attablé et la carte dans les mains : j’hésite entre un Buffalo steak à cheval frites et un Buffalo Cheeseburger frites. Oui chez Buffalo Grill, c’est les mêmes plats qu’ailleurs sauf qu’il faut ajouter « Buffalo » devant !

Bref, j’hésitais quand … mes yeux tombent sur le « Buffalo Fish and Ships frites » Wahouuuuu trop bien, ça me rappellera mon stage linguistique chez l’habitant à Canterburry. Là-bas, à midi, on n’avait pas le choix c’était fish and chips and French fries tous les midis …

J’en profite pour ressortir les photos que j’avais fait à l’époque

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Ca c’est la version « portable » du midi en semaine

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Et ça c’est la version du dimanche midi au restaurant qui se trouve tout au bout de la jetée du port de Douvre.

Et voici celui de la carte du Buffalo grill. Appétissant, non ? Ca donne envie …

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Bref, revenons au Buffalo grill de la place de la république à Paris. Je commande en me rappelant que dans mes souvenirs, Buffalo c’était plutôt la viande et pour le poisson c’était plutôt Léon de Bruxelles …. la même architecture de restaurant en bois blanc mais avec le toit vert au lieu de rouge 😉
J’attends ma commande en regardant l’écran plat sur le mur d’en face et en écoutant mes voisines de la table d’à côté raconter leurs mésaventure au boulot. Oui, chez Buffalo quand tu manges seul, tu es à côté d’une table de gens qui parlent beaucoup. Vas savoir, c’est toujours comme ça.

Me voilà absorbé par l’écran plat qui diffuse des images de l’Ouest Américain … le grand canyon du Colorado puis …. Lake Powel, Death Valley et hop … un indien à plumes … un figurant de la century fox, ou mieux de la cité des 4000 à la Courneuve, que l’on me fait passer pour Géronimo … ha je rêve de paysages lointains, je suis Luky Luke défendant la veuve, l’orphelin et l’opprimé contre les méchants peau rouge ! Je saisis ma fourchette et commence le combat contre les tuniques bleues quand le serveur m’apporte mon plat. Je reviens sur terre !
Houuuuu dis donc … il n’y est pas allé de main morte sur le baignage du filet de colin dans l’huile le cuistot du saloon. Bon, même pas peur, je suis un cow boy solitaire qui va bientôt affronter une horde d’indiens sanguinaires, c’est pas un filet de poisson qui va me terrasser.
Allez hop, bien trempé dans la sauce tartare c’est gouleyant. Et les french fries dégoulinantes de matière grasse et non salées aident à la descente !
Ha ha, je suis arrivé au bout du Buffalo Fish and Chips, même pas peur 🙂
Bref, je quitte la place de la république et rejoins mon bureau avec un estomac qui est en contradiction avec son propriétaire : il n’a visiblement pas apprécié mon choix chez Buffalo Grill.
Je vous passe l’après-midi et … j’écris ce billet d’humeur : il est 20h08, cela fait plus de 8 heures que mon Buffalo Fish and ships est passé mais mon estomac s’en souvient encore et il n’est toujours pas d’accord avec mon choix si j’en crois les borborygmes de mon ventre …

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Comment j’ai rencontré les pompiers de Paris et accessoirement, sauvé un homme !

Une nouvelle aventure à Paris, en réalité augmentée comme d’habitude. C’est à dire la réalité mais …  légèrement transformée pour caricaturer un peu … une réalité augmentée quoi 🙂

Je marchais sur le trottoir. Je rentrais d’une réunion dans Paris et rejoignais mon bureau. En face de moi arrive un homme. Et tout d’un coup, il titube et … choit … Alors, dans un mouvement réflexe,  j’essaie de l’attraper par le bras pour retenir sa chute. Mais il doit faire 2 fois mon poids … pouf, il choit … sur le trottoir et moi avec évidemment.
Je suis désemparé, je regarde autour de moi en tenant le bras du pauvre homme gisant à terre.
« appelez les pompiers » j’entends
Ok, je prends mon téléphone, je galère pour faire le code de sécurité, un peu d’émotion dans le doigt qui tremblote sur le clavier virtuel. Tiens, ça me fait penser qu’un jour, il faudra que je vous parle de ces claviers virtuels. Mais bon, pas tout de suite car là, il y a un homme à terre qui va pas bien du tout.
Moi : « Les pompiers ? C’est quel numéro ? Je fais le 17 ? » c’est dire, si je suis bien informé …

Mais non j’entends, le 18 !
J’appelle …

Ca décroche : « bonjour, vous venez de composer le 18 … »

Non, tu déconnes ! j’ai pas fait attention, je compose toujours le 19 d’habitude 😉

Le message se déroule en me racontant à peu près cela « … attention, il s’agit d’un numéro d’urgence. Si vous appelez ce numéro sans réel motif alors vous allez être punis machin tout ça que c’est pas bien parce que c’est pas gentil et bla bla bla … »

Hé ho stop, c’est bon, il y a un monsieur qui va bien là ..

Le message continue « … si vous mentez bein c’est pas bien de mentir parce que le mensonge ne mène à rien hein vous vous souvenez de Pinocchio … »

Oui mais moi, j’ai un monsieur qui va mourir là … je lui dit quoi … que le monsieur du téléphone me raconte des tas d’âneries ?

Le message continue « … pis t’as pas intérêt à déconner parce que y a des articles de lois machin tout ça hein … quand même … le L heu … 8547-45 par exemple et pis plein d’autres aussi alors tu vois si c’est sérieux … »

Le message reprend « … donc t’es sûr et certain que tu veux vraiment parler aux pompiers hein ? parce que je te l’ai pas dit mais ton numéro de téléphone va être enregistré comme ça si c’est une embrouille que tu nous fais bein paf on te retrouve tout de suite et on te fou en taule … »

Tout d’un coup j’hésite. Mais pourquoi je me suis mis dans cette galère. Après tout je le connais pas le monsieur. Si je me levais et m’en allais hein ? De toute façon, le type y parle plus, il est tout blanc, y pourra pas crier … hein ? il ne parle plus ? houlala non, non, j’insiste et tant pis si je termine en taule, je ne laisserai pas ce brave homme mourir à cause d’un message d’avertissement sur le serveur du 18. C’est quand même dingue d’être là, d’essayer de sauver un homme et de se retrouver accusé et à devoir se justifier …

Le message continue « … bon, je vais compter jusqu’à 5, si tu veux raccrocher avant c’est bon j’oublie tout. Si non reste jusqu’au 5 … attention … 1 …. 2 …. 3 …. 4 …. 5 … t’es toujours là ? t’es sûr hein ? tu te fou pas de nous ? .. ». J’assume, je reste.

Cette fois, j’ai une vraie voix au téléphone « …  allô monsieur, vous avez composé le 18, vous allez »

Je le coupe net « Oui j’ai composé le 18, je suis dans la rue avec un monsieur qui a chut en face de moi »

Le 18 : « bon, très bien, et comment il va ce monsieur »

J’imagine le pompier de Paris que j’ai au bout du fil, le genre de men bodybuildé qui pose sur le calendrier qu’ils nous vendent au 14 juillet. Il fait 3 fois mon poids et 2 fois ma carrure dans sa tenue bleu au filet rouge qui fait fondre toutes les femmes et … je me demande toujours pourquoi … Alors, en guise de revanche des hommes qui ne sont pas pompier de Paris, j’assume mon rôle de justicier pour ce brave homme en train d’agonir.

Moi : « bein écoutez mon brave, s’il allait bien je ne vous aurais pas appelé … hein, tu vois ce que je veux dire banane ».

Le 18 : « est-ce que le monsieur peut se relever ? »

Moi : « heu non … sinon il serait rentré chez lui vous ne pensez-pas ? »

Le 18 : « est-ce que le monsieur peut parler ? »

Moi : « bein là techniquement il essaie d’articuler les lèvres mais il n’y a pas de son qui sort »

Le 18 : « où est-ce qu’il a mal ? »

Moi : « vu comme il se tient le coeur, à mon avis c’est au coeur »

Le 18 : « demandez-lui si ça picote ou si ça le tire ? »

Moi : « dites monsieur, c’est t’y que ça vous picote ou que ça vous tirote ? »

Le monsieur me fait un PFFfouuuutt comme il peut

Moi : « bein il ne sait pas »

Le 18 : « est-ce que vous pouvez me le passer ? »

Moi : « je veux bien mais il parle difficilement vous savez »

Le 18 : « mettez le téléphone sur son oreille »

Je m’exécute … je tiens le téléphone sur l’oreille du monsieur. Je n’entends plus rien mais je comprends que le 18 pose plein de questions au Monsieur et que le monsieur … bein il fait des gestes, lève les épaules mais ne prononce quasiment rien … il me fait un geste pour que je reprenne l’écoute.

Incroyable, après les  mille questions que l’on m’a posées … je dois mettre mon téléphone à l’oreille du mort pour qu’il justifie sa mort … car je suis soupçonné de mentir et mon numéro de téléphone sera enregistré pour pouvoir m’accuser plus facilement ensuite ! Le pauvre monsieur est en train de suffoquer !

Le 18 : « bon, bein … je pense que je vais vous envoyer les collègues … »

Moi : « non tu crois ? ça fait trois plombes que je t’explique que le monsieur y va pas bien du tout là … »

Le 18 : « donnez moi votre adresse »

Moi : « bein … porte des lilas »

Le 18 : « oui mais où, c’est grand la porte des lilas »

Moi : « heuuu sur le trottoir à côté du tram »

Le 18 : « oui mais quel trottoir, il n’y a que ça à la porte des lilas .. »

Une passante qui était là depuis le début me souffle « Avenue de la porte des lilas … au 4 ». Je la soupçonne d’être un peu voyeuse …

Moi : « Avenue de la porte des lilas … au 4 »

Le 18 : « ha oui, bon, je vous transfère à mes collègues PAF il raccroche … ça sonne … ça sonne »

Au fond de moi « purée tu vas voir que personne ne va décrocher … »

Le 18, enfin l’autre 18 : « oui allô, de quoi s’agit-il ? »

Au fond de moi : « purée je ne vais pas tout recommencer tout de même … »

L’autre 18 : « vous êtes où ? »

Moi : « Avenue de la porte des lilas … au 4 … et je suis avec un monsieur qui va pas bien du tout … »

L’autre 18 : « bon, ok les collègues arrivent sur place, ne bougez pas »

Moi : « un peu mon n’veu que j’vais pas bouger … je vais pas le laisser mourir ce brave homme »

Ca raccroche. L’attente commence. Et les passants qui me regardent comme si j’avais tué l’homme qui se trouve à terre. Sans parler de ceux qui demandent s’il faut faire quelque chose … j’attends …

J’attends … le brave homme essaie de se relever … « ne bougez pas monsieur, les pompiers vont arriver rapidement »

Au fond de moi « ouais bein, s’ils arrivent aussi vite que la conversation au téléphone, il seront là la semaine prochaine … »

Un camion de pompier, il file tout droit … Ha bein non, ça devait pas être lui. Une ambulance … ha bein non, c’est une ambulance privée c’est pas les pompiers

Bref, j’attends …. j’attends …. j’attends …. et j’attends … j’attends … j’attends

20161010_pompiersparis-vasv

On dirait que ça fait mille ans que j’attends quand un petit camion rouge arrive. Les passants qui ont suivi la scène se jettent au milieu de l’avenue des lilas pour indiquer l’endroit. Le petit camion se gare. Le pompier passager sort nonchalamment. Il est en train de tapoter sur un boitier électronique façon livreur de DHL. Il s’approche de l’homme encore allongé par terre. Tout en tapotant sur son clavier il lui demande comment ça va … C’est vrai que quand on voit le type, assis par terre, tout blanc, la main serrant son coeur, soufflant comme une chaudière de locomotive à vapeur … on a envie de lui demander comment ça va …

Je me demande s’il écrit un texto à sa copine où s’il enregistre son intervention … bref, il n’a pas encore quitté les yeux de son écran quand je lui demande « C’est bon ? Vous vous occupez de lui ? Je peux retourner au bureau ? »

Le pompier : « oui, oui, c’est OK, on s’en occupe »

Je les laisse avec le monsieur et je repars vers le bureau … le pompier est toujours en train de textoter … le monsieur est toujours assis par terre …

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉