Comprendre les sciences cognitives avec les gilets jaunes

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

 

Je vous propose de comprendre nos comportements, expliqués par les sciences cognitives et la psychologie, à partit d’un exemple concret.

Voyez-vous, les sciences cognitives ont scientifiquement démontré que notre cerveau a progressivement évolué au fil des générations pour aboutir, aujourd’hui, à une organisation en 3 strates : le cerveau reptilien, limbique puis le néocortex. Tout est question d’évolution au sens de Darwin.

  1. Le cerveau reptilien est la toute première forme à avoir fait son apparition. Nos ancêtres les plus anciens, qui ne ressemblaient pas encore à des hommes mais plutôt à des « trucs » juste vivant, l’utilisaient pour produire leur comportement. Il s’agissait essentiellement de réactions réflexes face au danger. Aujourd’hui nous l’utilisons encore. Par exemple, si vous posez votre main sur la plaque de cuisson encore chaude, vous allez la retirer immédiatement pour éviter la brûlure. C’est un réflexe. Dans cette situation, les neurones sont totalement shuntés. L’information va directement du capteur – la peau – aux muscles du bras.
  2. Le cerveau limbique est apparu ensuite quand l’homme s’est retrouvé confronté à d’autres individus. Attention, là encore il ne s’agit pas de croiser Marcel ou Léon sur les champs Elysées mais plutôt d’imaginer des êtres vivants à quatre pattes dans la rift valley au kenya. Ils ne pouvaient plus se contenter de « l’arc réflexe ». Il leur fallait analyser la situation avant d’agir. Ici, le cerveau limbique apporte les tous premiers balbutiements du raisonnement avant d’agir. C’est un raisonnement émotionnel et dichotomique : il est gentil, je peux m’approcher ; il est méchant, je l’attaque.
  3. Enfin, le néocortex est la dernière évolution du cerveau. C’est celle qui nous différencie de l’animal. C’est l’étage du cerveau qui bloque le réflexe du cerveau reptilien et permet de dépasser la réaction émotionnelle du cerveau limbique. Car la réaction émotionnelle est, par nature, subjective. Le néocortex invite à prendre du recul et analyser objectivement la situation pour adopter le meilleur comportement. Seul l’homme en est capable et c’est grâce au néocortex que nous avons découvert l’usage du feu, de la roue, de l’avion etc … ce que les animaux bloqués au cerveau limbique, ne peuvent faire.

Bien, maintenant, illustrons notre fonctionnement cognitif avec un exemple concret : un post d’une gilet jaune sur un groupe facebook.

Ici, il faut prendre le temps de regarder la photo et lire le texte. Le cerveau reptilien n’est donc pas adapté. Par contre, le cerveau émotionnel est très sollicité car le sujet des gilets jaunes est très clivant dans la population française. Comment agit-il ?

  1. Soit vous adhérez aux idées des gilets jaunes : dans ce cas, vous allez réagir comme les 1004 personnes qui ont écrit un commentaire et vous allez soutenir cette femme en ajoutant, éventuellement, quelques insultes à l’égard du président de la république.
  2. Soit vous êtes opposé aux idées des gilets jaunes : dans ce cas vous allez pester contre cette femme qui souffle sur les braises d’une contestation qui entraîne la France dans la haine, la violence et la décadence. Vous avez envie de gifler cette inconsciente qui ne comprend pas que les contribuables français vont devoir payer les 10 milliards d’euros que le président leur a donné.

Quelque soit votre réaction (1 ou 2), elle s’est appuyée sur votre cerveau limbique. Car votre émotion a bloqué l’accès au cerveau le plus évolué. Vous avez réagit comme un animal face à une nouveauté : bien ou mal ? Paisible ou agressif ? Avec une analyse totalement subjective guidée par votre émotion de l’instant. Analysez bien votre réaction : vous avez pris, au pied de la lettre, ce que vous dit cette femme et vous avez réagit en la soutenant ou en la renvoyant dans ses 15 mètres.

En réalité, rien ne prouve les dires de ce post. Je la crois sur parole. Travaille-t-elle vraiment les 24, 25 et 31 décembre ? Je n’ai aucune preuve pour le confirmer. Elle touche le SMIC et n’a droit à aucune aide ? Est-ce vrai ? Son patron ne lui donne-t-il pas une prime en fin d’année ? Est-elle vraiment une citoyenne pauvre qui bosse tous les jours ? A ce stade, et avec son post, je ne peux ni confirmer, ni infirmer ce qu’elle explique.

Alors comment dépasser cette analyse subjective et mettre en route votre néocortex ?

Tout d’abord, ne pas réagir instantanément. Car la réaction de l’instant est très souvent la réaction du cerveau limbique, la réaction émotionnelle. Avoir la force de s’abstenir de commenter immédiatement ce post. De toute façon, si vous êtes d’accord avec elle, votre commentaire glissera sur le flux de facebook comme l’eau sur les plumes du canard. Et si vous êtes opposé, vous allez vous attirer les foudres de tous les gilets jaunes qui eux, réagissent avec leur cerveau limbique, et vont vous envoyer tous les noms d’oiseaux que vous n’imaginez même pas.

Bref, pour monter au niveau néocortex, il faut commencer par fermer les yeux …souffler un grand coup … et … ne rien faire ! Ne rien faire pour contrôler ses émotions (1 ou 2) et tenter de regarder la situation avec neutralité.

Ensuite, en ayant fait le vide dans ses émotions, il faut commencer à raisonner objectivement … tel que Descartes nous l’a appris dans le discours de la méthode. Attention, il ne s’agit pas d’aller chercher des preuves pour confirmer notre première impression, l’impression émotionnelle (1 ou 2). Il s’agit d’aller chercher des preuves objectives permettant de confirmer l’une ou l’autre des 2 hypothèses avec la plus grande neutralité.

Donc, on commence par relire le texte de son post :

« je travail le 24 le 25 le 31 décembre petite vendeuse en boulangerie. et bien je n’ai pas de 13 ème mois pas de prime exceptionnel pas droit à la prime d’activité pourtant je touche le smic. voilà la vie d’une citoyenne pauvre qui bosse tout les jours. donc les gilet jaune doivent continuer à ce battre moi la première.. .. »

Bon, ok, c’est bourré de faute d’orthographe et de grammaire … mais ça, c’est du cerveau limbique alors, on oublie.

Donc elle travaille les jours fériés, elle perçoit le SMIC et elle explique qu’elle ne perçoit rien, même pas la prime d’activité. A ce stade il semble difficile de vérifier les informations. A moins de lui demander de produire ses fiches de paie pour constater la réalité des ses allégations. Mais toute tentative en ce sens est toujours restée vaine car les gilets jaunes refusent de produire les preuves.

Par contre, nous avons un moyen de vérifier son affirmation sur la prime d’activité car il s’agit d’un dispositif gouvernemental et les règles d’attribution sont publiques. Donc on va utiliser le simulateur de la CAF : https://wwwd.caf.fr/wps/portal/caffr/simulateurpa/

On ne connait pas sa situation exacte, on va donc mettre dans le simulateur les données basiques : célibataire, sans enfant, locataire, aucune autre aide et juste 1200 euros de revenu net par mois sur septembre, octobre et novembre.

Et en entrant  ces informations qu’elle nous donne dans son texte, le simulateur est formel : elle a droit à une prime d’activité d’un montant de 153 euros mensuel ! Elle peut donc faire sa demande directement ligne.

Donc soit cette Patricia, Gilet jaune de son état, ment de manière éhonté en prenant ses désirs pour des réalités afin d’appuyer la mobilisation des gilets jaunes, soit elle ne dit pas tout sur sa situation. En effet, toujours en nous appuyant sur notre néocortex nous ne retombons pas dans le cerveau limbique et nous analysons objectivement les résultats de la première analyse : il nous faut admettre que nous n’avons pas toutes les informations pour bien comprendre sa situation.

Voyez-vous, si cette Patricia est mariée à un homme qui gagne très bien sa vie, alors son foyer déclare un revenu fiscal qui dépasse les plafonds d’accès à la prime d’activité. Et dans ce cas, elle a raison, elle n’a pas droit à la prime d’activité. Mais poursuivons notre raisonnement en faisant toujours appel à notre néocortex : si son foyer fiscal dépasse les seuils d’accès à la prime d’activité, c’est qu’elle n’est pas dans le besoin et qu’elle n’a pas de problème de fin de mois car à deux, ils gagnent bien leur vie. Et l’on comprend tout à fait que le gouvernement préfère orienter la prime d’activité vers celles et ceux qui en ont le plus besoin … cqfd …

Enfin bref, je ne connais pas cette Patricia mais j’aimerais beaucoup discuter avec elle … pour lui proposer la réflexion de mon néocortex et voir ce qu’elle me répond 🙂

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Le cabinet fantôme

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Dans un précédent billet, je narrais ma consultation chez un médecin généraliste [Le petit trou de la sécu] . Hé bien figurez-vous que mon otite externe a résisté aux corticoïdes et aux antibiotiques. Bref, 15 jours de traitement plus tard, ma tête bourdonne de plus belle …

Racontant ma mésaventure à quelques collègues de travail, j’eu droit à 2 bonnes informations :

La première : le lien vers la chronique de Michel Cymes qui explique comment on peut mourir d’une otite …  merci Joëlle, ça rassure -> http://www.rtl.fr/actu/bien-etre/michel-cymes-avertit-on-peut-mourir-des-complications-d-une-otite-7792618132

La seconde : « fais doctolib point et faire et tu prends rendez-vous avec un ORL ! »

Moi : « Ha bon ? mais c’est quoi ça doctolib.fr ?  »

Le collègue : « c’est une plateforme de prise de rendez-vous avec des professionnels de santé. Tu cherches un ORL disponible rapidement et PIF, PAF, POUF en 2 clics tu as ton rendez-vous ! »

Ni une, ni deux, ni trois d’ailleurs, je tape doctolib.fr et me voilà sur la fameuse plateforme. Je clique sur « ORL » puis ma ville et … PIF, PAF, POUF … le 1er RDV dispo est dans 3 semaines ! Ha oui quand même … bon, j’élargis la recherche … PIF, PAF, POUF … wouhaaa  un ORL est disponible demain matin ! Non, j’y crois pas …

Tiens, en plus, il y a des disponibilités de rendez-vous sur toute sa journée. De deux choses l’une : ou bien j’ai une chance incroyable, ou bien il y a un loup …

Bref, pas le temps de tergiverser, je prends la place … PIF, PAF, POUF … mon mail, mon tél, ma date de naissance et … clic, le rendez-vous est pour moi. Ha ha … otite récalcitrante tu vas voir comment l’ORL va te mater … au sabre lazer s’il le faut … éparpillée façon puzzle aux quatre coins de Paris

Un p’tit mail pour dire à mon directeur que je ne pourrai participer au codir du lendemain et 5 clics plus tard, tout est organisé.

Mercredi matin, je prends le bus direction Noisy le Grand, célèbre station balnéaire s’il en est. Noisy le Grand, ses bassins, ses mouettes rieuses, son centre commercial, son Palacio d’abraxas et … ses trous du luc en motocross qui font de la roue arrière sur le boulevard du mont d’Est …

Le boulevard du mont d’Est justement, après être descendu du bus à l’arrêt « cimetière de Noisy le Grand » … tiens ça me rappelle la remarque de Joëlle sur la chronique de Michel Cymes … c’est drôle les associations d’idées tout de même

Bref, je remonte le boulevard du Mont d’Est jusqu’au numéro 60, le clos des cascades. Bon les cascades, les cascades, on est loin des chutes du Niagara … hum … à mon avis, c’est plutôt les cascades à motocross pétaradantes et sans casque, cf plus haut.

Et voilà, j’y suis ! Tiens, c’est étrange … je ne vois pas de plaque indiquant un cabinet d’ORL … pas d’indication, pas de sonnette spéciale pour s’annoncer. Bon, je recherche le nom sur l’interphone … comment qu’y s’appelle d’jà pu … ha oui M biiip …, docteur M biiip … … L … M … Meu … Miss … Mous … tiens étrange, je ne trouve pas son nom dans l’annuaire de l’interphone.

Ha … une personne sort de l’immeuble, j’en profite pour entrer. Je me présente à la loge du gardien. Il ouvre l’hygiaphone.

Moi : « bien le bonjour mon brave … je viens consulter l’apothicaire M biiip  … » dis-je … benoîtement. Oui, j’aime bien dire « benoîtement » 🙂

Le gardien me regarde avec des yeux gros comme des soucoupes. Il ne pipe pas mot et sort de sa loge. Je lui emboîte le pas.

Lui : « Là, c’est la porte … au fond du couloir. »

Bon … je me dirige vers ladite porte. Pas de plaque, pas d’indication, pas le classique « Entrez sans frapper et installez-vous dans la salle d’attente« , rien. Je sonne … « drelin-drelin » … rien … pas de réponse. J’attends … mais j’attends combien, hein ? Combien de temps doit-on attendre entre 2 sollicitations d’une sonnette … hum ? C’est comme l’oeuf à la coque quand on ne connait pas le temps de cuisson … ou comme le fût du canon. Bref, j’attends « un certain temps » et je re-sonne … « drelin-drelin » … rien … pas de réponse.

Ma prémonition de la veille commence a prendre de l’ampleur : il y a un truc qui ne colle pas. Bref, je m’appuie contre le mur et consulte machinalement mon tél.

Drelin-drelin … non, ce n’est pas la sonnette qui s’agite seule mais mon tél qui m’annonce un appel entrant. C’est le numéro du carabin que ma donné Doctolib.fr. Je réponds

Moi : « Allo, oui, je vous écoute… »

Lui : « c’est le docteur M biiip …. Je quitte Paris. C’est encombré, je vais avoir un peu de retard »

Moi : « bon, très bien, je patiente »

Tchouk … ça c’est le bruit de la lumière qui vient de s’éteindre. Il fait tout noir dans ce couloir. Du coup, je retourne dans le hall parce qu’au moins, là-bas … j’aurai de la lumière.

Bref, pressentant que l’attente sera longue, je sors le livre que j’avais prévu de lire dans la salle d’attente et, appuyé contre le mur, je me plonge dans … « guerre et paix », 1225 pages en cyrillique non traduites …

Ca faisait à peine … oh quoi … 24 jours et demi que je lisais … qu’une femme s’approche de moi. Habillée du même jogging gris clair que le gardien, je déduis que c’est … la gardienne, ou du moins la compagne du gardien.

Elle : « bonjour … vous attendez quelqu’un ? »

Moi : « Hum moui … j’attends le sieur guérisseur M biiip … »

Elle : « Ha oui ? Mais … il n’exerce plus ici depuis … 2010 ! »

Moi : « Ha bon ! Mais … il vient de m’appeler au téléphone. Il arrive … »

Elle : « c’est z’impossible ! Il n’a plus de cabinet ici. C’est un appartement qu’il loue. D’ailleurs c’était des jeunes qui ont fait des histoires pas possibles au début de l’année. C’est pas un cabinet … c’est un appartement. D’ailleurs, regardez… là … vous voyez sur le mur ? la trace un peu bleu ? C’était sa plaque. Ils l’ont retirée en 2010 parce que heuu …. il a fait plein de bêtises. Il a même eu des problèmes avec les z’inspecteurs de la sécu … »

Entre temps, son jogging gris de mari l’a rejoint

Le gardien : « Mais heuuu … tu vas t’taire ! Le monsieur il a rendez-vous et pis c’est tout ! Nous on a rien à voir la n’dans ! S’il a dit qu’il arrivait c’est qu’il arrive et pis c’est tout ! »

Le jogging gris s’éloigne

Elle : « Vous le connaissez bien ? »

Moi : « Pas du tout. J’ai pris rendez-vous sur internet … sur doctolib.fr … »

Elle : « Ha … doctolib ? Je vais regarder ça … mais moi… j’serais d’vous … je prendrais mes jambes à mon cou et j’irais chez un autre. Enfin … moi j’dis ça … j’dis rien. Pis surtout dites pas q’c’est nous qu’on vous l’a dit … hein ? »

Une prémonition la veille, l’absence de plaque professionnelle, aucune signalétique dans le hall de l’immeuble, pas d’indication sur la porte de l’apparbinet – oui, c’est la contraction de « appartement » et « cabinet » car je ne sais pas finalement ce qui se cache derrière cette obscure porte – le témoignage plus qu’édifiant de la femme en jogging gris, la trace bleutée d’une plaque retirée, l’angoisse du mari en jogging gris à l’idée d’empêcher un usurpateur potentiel de commettre ses méfaits … il n’en fallait pas plus pour que le doute s’empare de moi …

Accompagné de mon doutage solidement ancré dans mon cerveau et dans les poches de mon trench-coat … oui j’aime bien prononcer le mot « Trench Coat » … j’ai pris mes jambes à mon cou et j’ai fui vers la station RER la plus proche.

Assis dans une voiture déserte du RER A … c’est un oxymore … la voiture déserte du RER A … je vous laisse chercher. Bref, assis disais-je dans le RER A, filant à 120 milles à l’heure vers la capitale … Fluctuat nec mergitur … oui car ce jour là il pleuvait à verse et mon RER était battu par les flots mais il ne sombrait pas … mon tél re-sonna … un sms du rebouteux :

Je n’ai pas répondu … quant à son invitation à venir même tard le soir, j’ai préféré ne pas imaginer le sorcier chaman lubrique, dans son plus simple appareil, venant ouvrir la porte de son cabinet emmitouflé d’un nuage de fumée aux relents de THC prononcé …

Bref, je ne saurai jamais ce qu’il y a derrière la porte à part … le son du « drelin-drelin » de la sonnette … y-a-t-il un appartement ou bien … un cabinet fantôme ?

Evidemment, j’ai tenté de prévenir le site Doctolib.fr. J’ai écrit au site en demandant ce que je devais faire pour éviter que d’autres personnes ne vivent la même mauvaise expérience que moi. Et voici la réponse que j’ai reçue :

Bon en clair, ça veut dire « demerden sie sich ! C’est pas notre problème. Nous, doctolib.fr, on met en relation des clients avec des fournisseurs et on se fiche royalement de la qualité des fournisseurs« . Et en plus, le site doctolib.fr a vraiment bien compris mon besoin puisqu’il m’explique qu’il a demandé … au guérisseur chaman lubrique de reprendre contact avec moi rapidement. Alors heuuuu comment dire … « dites doctolib.fr … je veux pas le revoir ce fou furieux. Moi j’ai plutôt envie que vous trouviez le moyen de faire en sorte qu’il n’ai plus mes données à caractère personnel  ce professionnel de santé en délicatesse avec son ordre professionnel … hum ? »

Alors, j’ai tout de suite retrouvé un RDV chez un ORL le lendemain. Et celui-ci était de grande qualité. Mais reconnaissez qu’il y a de tout sur ce site : du très bon comme du très mauvais.

Et pour ne pas laisser mes fans dans d’horribles interrogations sur mon état de santé, je vous rassure, j’ai consulté un vrai ORL le lendemain et il m’a prescrit le pulvérisateur nasal qui va bien pour pulvériser mon otite …Quant au guérisseur chaman lubrique, je n’ai plus aucune de ses nouvelles … allez savoir pourquoi …

Le petit trou de la sécu illustré

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Bon, alors entre nous on dit « le trou de la sécu ». Mais les experts du sujets parlent plutôt en termes de « le déficit de la Sécurité sociale ». Hé oui parce que l’on ne parle pas d’une broutille. On parle de 5,2 milliards en 2017 … hé oui, quand même !

Bon alors, je ne sais vous mais moi 5,2 milliards … ça ne me dit rien du tout. Et même si je multiplie par 6.55957 pour le convertir en vieux francs, je ne vois pas mieux. Ou alors, si je gagnais 5,2 milliards au loto le week-end prochain, peut-être que je me rendrais mieux compte. Mais comme je ne suis pas certain de gagner à la loterie, on va essayer de faire autrement : on va imager le concept.

Par exemple, une boîte de soda goût caramel, de taille classique (33cl) sans sucre ajouté mesure 10,7 cm, soit 107 mm de hauteur.

Donc, si je la place à l’horizontale, et que j’en mets 5,2 milliards bout à bout… je peux faire … 556 400 kilomètres soit 13,88 fois le tour de la terre ! Bon, ceci posé, je ne vous cache pas l’inutilité de faire 13,88 fois le tour de la terre avec des canettes de Coca. D’autant plus que je ne suis pas certain que Vladimir Poutine accepte aussi facilement que l’on recouvre plus de 13 fois sa place rouge avec des canettes. Quant à Donald Trump, s’il réussi à construire son mur avant que j’arrive avec mes canettes, je suis bon pour refaire mes calculs car passer au dessus du mur, ça va raccourcir la distance.

Bon, faisons une autre tentative : le pot de nuttella

L’avantage du pot de Nutella, c’est qu’on est pas obligé de le coucher. On peut le laisser debout. Donc, mon pot de Nutella fait 13,5 cm de large, soit 135 mm. Même calcul … PIF, PAF, POUF, je peux faire … 16,22 fois le tour de la terre avec 5,2 milliards de pots de Nutella. Je vais passer 3 fois de plus chez Vladimir Poutine. Mieux, je peux faire un pont de pot de Nutella  entre la terre et la lune et même revenir sur 70% de la distance. Ha ! Quand même, hein ! Bon, je pense qu’en prenant un de 2 kg on doit pouvoir faire l’aller et retour terre-lune complet. Je vous laisse calculer vous même.

Bon, ça va maintenant pour vous représenter le trou de la sécu ? Si non, on peut aussi essayer d’imager avec une dimension moins palpable. Tiens par exemple, sachant que la chanson « ô Tannenbaum » a une durée de 103 secondes. Hé bien en équivalent « trou de la sécu » je peux écouter cette chanson 50 million 485 mille 436 virgule 89 fois, soit pendant … 164 années ! C’est à dire que je peux mettre un casque sur la tête du nouveau né pile au moment où il sort et pousse son 1er cri et lui faire entendre la fameuse chanson, en continu même la nuit, jusqu’à sa mort … et il me reste même du rabiot. Maintenant, je ne sais pas si ça développera ses compétences linguistiques en allemand, vu qu’il aura toujours sa chanson dans les oreilles et qu’il aura du mal à écouter ses profs à l’école.

Donc 5,2 milliards, ça fait tout ça.

Bref, revenons à nos moutons, ou plutôt à nos chats. Oui car tout commence par une histoire de chat dans la gorge. Je ne sais pas qui a inventé cette expression parce que franchement, je ne me vois pas avec Cannelle dans la gorge. Pour celles et ceux qui n’aurait pas suivi les épisodes précédents, Cannelle, c’est la chatte à la voisine.

Bon, donc vous avez compris, que je me retrouve avec un chat dans la gorge un dimanche de février quand il y a plein d’épidémies de virus tout méchants tout ça. Donc, je me dis en moi même : « humm chat dans la gorge le dimanche, gros rhum fiévreux le lundi suivant« . Paf, ni une ni deux, lundi matin je me lève « la tête dans la brume ». Mais bizarrement sans fièvre. Je résume donc mon état :

  • impossible de prononcer une phrase sans mettre des « b » partout, genre « Bonjour Batrick … oui, oui je be rebercie, bout va bien, je buis en bleine forbe« . Oui, les « s » et les « m » aussi ne passent pas bien
  • utilisation d’environ 120 mouchoirs à l’heure, soit un toutes les 30 secondes. Je suis impressionné par la quantité de truc vert que je peux sortir de mon nez 😉
  • confection régulière du cocktail revivifiant : Lysopaïne, Efferalgan, Actifed jour/nuit
  • et surtout, le chat s’est transformé en Amphicoelias fragillimus … Ne cherchez pas c’est le plus grand des dinosaures. C’est Jeff Goldblum qui le dit dans Jurassic Park 1.

Mais … pas de fièvre

Mardi : la situation est stable. Je tousse toujours autant. Je consomme toujours autant de mouchoirs en papier lotus triple épaisseurs en boîte carton bleu.

Mercredi : la situation « sent pire » comme disait Coluche. En fait, c’est au niveau de mon oreille gauche. Elle ne me restitue plus les sons normalement. Et surtout elle m’envoie un bourdonnement endémique dans la tête. Et quand je me mets à prononcer mes phrases, les « b » me reviennent en boomerang direct dans la tête … je m’entends parler …

Jeudi : la situation est stable. J’en suis à la 96ieme boîte de mouchoirs lotus triple épaisseur tout ça. Oui, c’est comme les pots de Nutella, je vous laisse faire le calcul : 1 mouchoir toutes les 30 secondes, 3 jours, 90 mouchoirs par boîtes …

Vendredi : la situation est stable. Mon oreille est toujours bouchée. J’ai toujours la sensation de me parler à moi-même. Je me demande si mes interlocuteurs reçoivent mes messages vocaux.

Samedi : la situation s’améliore. Je passe à un mouchoir à la minute. Mon oreille est toujours dans le même état. Ca commence vraiment à me taper sur le système. De la secousse, je mets mon casque Beats Studio sur l’oreille fautive et je lui balance du David Guetta à fond les ballons, na ! Elle l’a bien cherché. Sauf que … rien ! J’ai cru que mon casque était tombé en panne mais non. Branché sur l’ordi je lance un diagnostic du bazar. Résultat « Votre Beats Studio est en parfait état de marche et doté de la dernière version du logiciel. Aucune mise à jour n’est nécessaire« . L’inquiétude me gagne … « Et si je ne retrouvais jamais l’ouïe »

Dimanche : la situation s’améliore sur le front de la gorge. Le dinosaure a laissé place à un gros tigre du bengale neurasthénique. Oui, c’est parce que la gorge est bien prise mais je n’ai plus mal quand je tousse. L’oreille elle, fait toujours de la résistance. Je décide donc de prendre le taureau par les cornes (y’a beaucoup d’animaux dans mon histoire je trouve) : je verse de l’eau chaude dans mon oreille. Résultat : rien, ça ne sert à rien. Je passe à 3 sur l’échelle de flippage qui en compte 128 … je devrais peut être consulter un toubib …

Lundi : la situation s’améliore mais toujours pas du côté de l’oreille gauche. Du coup, je jette un oeil sur internet pour identifier un médecin dans mon patelin. Je ne sais pas vous, mais moi … je ne sais pas choisir un médecin à partir de ses coordonnées sur le site officiel de ma ville. Et il y en a au moins 30 ! Alors j’ai tiré au pif. Et comme je suis du genre super méga courageux, je me suis dit « Bon, bein … si demain c’est pas mieux … je vais la voir »

Mardi : bein … c’est pas mieux …

Je décide donc de prendre rendez-vous. J’appelle … message du répondeur « Je consulte le lundi, mardi, jeudi et vendredi de 11h00 à 12h00 et de 14h00 à 16h00 sans rendez-vous. Et de 16h00 à 18h sur rendez-vous. Cette ligne de prend pas de message. pfchlaggg« . Heuuuu comment dire … si je veux prendre rendez-vous par exemple en fin d’après-midi après 16h00, je fais comment puisque c’est un répondeur qui ne prend pas de message ?

Bon ok, je vais y aller entre 14h00 et 16h00 cet après-midi.

En fait j’arrive à 14h18. Je sonne …. rien … je re sonne … re rien … une personne arrive dans le vestibule de l’immeuble et me voit en train de chercher. Elle ouvre la porte et me lance « Entrez, de toute façon elle répond jamais …« . J’entre, mais je ne suis pas encore dans l’immeuble. Je suis coincé dans le vestibule. Je me dirige vers l’interphone. Je sonne sur « cabinet médical » … pas de réponse. Je re sonne sur « cabinet médical » … re pas de réponse … Une personne qui sort ouvre la porte. J’en profite pour entrer. Arrivé au cabinet médical, il est écrit sur la porte « Entrez sans sonner » … mouais, de toute façon j’allais pas sonner vu que ça sert à rien. Un couloir, 2 d’jeun’s qui discutent à voix basse, je passe entre eux-deux et me dirige vers la salle d’attente. 8 sièges, 2 de libres, je m’assieds et je commence mon attente.

Comme je suis du genre « investigateur » sur le test RIASEC de Holland – pas l’ancien président hein … le psychologue américain des années 60 – je fais une analyse de la situation : « bon, elle … elle est seule. Elle aussi. Eux, ils sont en couple ça ne compte que pour un. Elle c’est un, lui c’est un aussi. Donc ça fait 5 ! Ha non zut, saperlipopette … j’oublie les 2 d’jeun’s dans le couloir. Mais alors eux … c’est un ou c’est deux ? … Bon, à la louche 15 minutes en moyenne par personne … je pose 3 et je retiens 2 … si je maximise en comptant 2 pour les d’jeun’s ça me fait 1h45 … je passe dans 1h et 45 minutes soit … 16h15 au mieux. » J’ai bien fait d’apporter de la lecture parce que les vieux Figaro Madame de 1952, tout déchirés et gribouillés par la ribambelle de marmots qui est passée par là, ça ne me dit rien …

Hé bein … ça va être long. Plus long que l’attente aux caisses du supermarché. Je ne pensais pas que c’était possible.

16h20, c’est à mon tour. En fait, pour les 2 d’jeun’s je m’étais trompé. Il y a en a un qui est parti vers 15h30. Mais comme la durée moyenne était supérieure à 15 minutes, je pose 2 et je retiens 3 … 16h20 …

Bref, j’ai attendu 2000 heures dans la salle d’attente … c’est long

Je suis passé après un p’tit vieux, un actif superactif sur son téléphone, un couple de vieux paumés au faciès d’alcoolos, une jeune avec son casque de scoot et un d’jeun’s plein de tatouyage, de bagues aux doigts et de grosse montre façon sorti de prison y’a pas longtemps … et après moi, une femme enceinte avec son gosse voilée … elle, pas son gosse, patientent encore

Elle : « Alors, dites-moi, qu’est-ce qui vous amène ? »

Moi : « bein … le RER E ! » Noooonnnnn j’déconne. « Mon oreille, je n’entends plus rien, ça bourdonne en continue dans ma tête et quand je parle, je m’entends »

Elle : « Ha oui, je vois. Asseyez-vous là« . Et là, elle m’enfonce un truc lumineux dans l’oreille. Mais c’était pas la bonne oreille. Je lui aurais bien dit mais elle a ajouté …

Elle : « Hum hum, ha, heuuu … non … rien ! » Alors elle recommence dans l’autre oreille, la bonne cette fois. Mais voilà, ça rentre pas ! Moi je lui aurais bien dit parce que vu le bazar dans ma tête ça doit être tout gonflé irrité tout ça la’dans. Bon, elle met un embout plus petit et PAF rebelote la petite loupiote dans le conduit auditif gauche.

Elle : « Houlalaaaa, ha oui, quand même … ha ha hoooo … bigre. Ha bein … vous nous faites une jolie otite externe. C’est tout enflammé et le tympan ne peut plus vibrer … c’est pour cela que vous n’entendez plus. »

Et après elle est partie dans une démonstration façon « c’est pas sorcier ». Vous voyez cette émission avec Jamy Gourmaud, Frédéric Courant et Sabine Quindou ? C’est comme Jean-Michel Chevalet mais en plus pédagogique pour les enfants.

Elle : « Alors vous voyez ça ? » dit-elle en brandissant une plaque de plastique qui sert habituellement aux radioscopies. « Alors ça, c’est votre tympan en temps normal. Il est tranquilou, tout seul et il peut vibrer comme il veut. Donc il vous restitue correctement le son. Sauf que là … « . Et là, elle détale dans le corridor et revient aussi vite avec Titus, le chien boudin tout allongé qu’on met au bas de la porte pour éviter les courants d’air.  « Sauf que là, le conduit auditif est tout gonflé et vient appuyer sur le tympan, comme cela« . Là dessus, elle écrase Titus sur la plaque de plastique et me dit « Voilà, comme ça … donc votre tympan ne peut plus vibrer normalement. Et c’est pas tout …« . Elle enfile un masque de plongée devant ses yeux et un tuba dans bouche. Elle s’empare d’une bouteille de Vittel et elle balance le contenu de l’autre côté de la plaque en plastique. Oui parce que la Vittel ça a 2 utilités : on s’en sert pour désherber les plates-bandes et aussi pour les démonstrations de c’est pas sorcier.

Elle : « Youhonmebou ». Elle enlève son tuba « En plus, de l’autre côté de votre tympan, il y a une rétention d’eau donc votre tympan est tout bloqué et c’est pour ça que ça siffle … vous avez compris ? Si non, je peux recommencer la démonstration si vous voulez … »

Moi : « non non, ça va aller. Je crois que j’ai bien compris » dis-je en sauvant Titus de la noyade

Bref, c’est un médecin très démonstratif qui a vraiment envie que son diagnostic soit partagé. J’espère juste que ceux qui ont consulté avant moi, n’avaient pas de problème d’hémorroïdes … je ne veux même pas imaginer comment elle a fait sa démonstration.

Et après elle est parti dans mille questions improbables.

Elle : « vous ne prenez pas de médicaments particuliers en ce moment ? Vous êtes vacciné contre la grippe ? Vous êtes sujet au mal d’estomac ? Vous avez mal à la gorge ? Vous aimez les films de Georges Lucas ? Vous jouez au Monopoly ? Vous faites des Sudoku dans le RER ? Vous préférez les caleçons ou les boxers ? Vous allez souvent à la patinoire ? Vous mangez les tripes à la mode de Caen ? Vous savez jouer de l’accordéon ? Vous reprisez vous-même vos chaussettes ? Vous chantez sous votre douche ? Vous suivez le tour de France en été ? Vous avez regardé les jeux olympiques de Piongue Tchangue ? Vous aimez vous beurrer la tartine ? … (accélérer la vitesse pour aller crescendo vers du très vite) »

Moi : « non, non, rien de tout cela … »

Elle : « Bon, alors comme vous partez en mission la semaine prochaine et que vous allez prendre l’avion, je vais vous donner des corticoïdes pour que ça guérisse plus vite »

Tout en tapotant sur son clavier, elle me raconte sa vie. Je ne lui ai pourtant pas dit que j’étais psy … Mais bon, elle parle, elle parle …

Elle : « Et pis … la SNCF … hein … j’espère qu’ils vont pas nous refaire 95 ? Hein quand même … pfff tenez c’est comme la médecine du travail … hein quand même … bon, on peut pas dire que les salariés soient bien traités en entreprise hein ? … »

Moi : « Bein si, chez moi ça va. On a une visite médicale tous les 3 ans comme c’est prévu dans le code du travail »

Elle : « ha bein dites-donc, vous avez de la chance. Vous êtes dans une bonne entreprise. Vous avez votre carte vitale ? »

Moi : « oui la voici … je vous donne la carte de ma mutuelle également ? »

Elle : « Ha non ! pas celle-là, on y a échappé ! Vous la donnerez à la pharmacie mais pas chez moi … encore heureusement qu’on a réussi à y échapper. »

Bon, à ce moment là, je me suis tu. Je n’ai pas voulu engager le débat autour du tiers payant car j’ai bien senti que ce n’était pas le moment. Mais quand même, moi je suis 100% pour le tiers payant. Voyez-vous les médecins sont montés au créneau contre ce dispositif parce qu’ils considèrent qu’ils n’ont pas à faire les frais des longueurs administratives de remboursement par les mutuelles. En clair, il font passer leur bien être avant celui des patients et ça, ça m’insupporte. Et c’est un peu le cas de tous les services publics : les professionnels reportent la complexité administrative sur l’utilisateur final plutôt que de simplifier le bouzin ou de prendre sur eux la complexité qu’ils ont eux-même générée. Je vous invite à lire mon article sur l’information à la SNCF et vous comprendrez ce que j’entends par « posture de service« .

Et elle claviotte pendant 3 plombes tout en posant plein de questions … là je me dis que la paperasserie à vraiment pris le dessus et finalement je comprends mieux pourquoi les médecins ont pris peur à l’annonce du tiers payant. Au final, elle aura passé plus de temps sur son ordinateur qu’à faire mon diagnostic. Elle me fait penser aux conseillères de Pôle emploi qui passent plus de temps à renseigner leur satané ordinateur qu’à vraiment aider les demandeurs d’emploi. Et le comble de l’absurde c’est que malgré toutes les informations entrés dans tous les ordinateurs, personne n’est foutu de calculer le taux de chômage … mais bon, c’est un autre sujet.

Elle : « il vous arrive d’avoir mal à l’estomac ? »

Moi : « heuuu … non … »

Elle : « Ha ! parce que … les corticoïdes parfois … ça s’accompagne de brûlures à l’estomac … bon, je vais vous prescrire de l’Oméprazole … pour le cas où, hein ? Donc vous ne le prenez pas mais si jamais vous avez des brûlures d’estomac, vous pourrez en prendre … ok ? »

Moi : « bein … si vous le dites … »

Elle : « et … si non … bein … si ça s’aggrave au bout de 2 ou 3 jours, je vous prescris du Cefpodoxime … hein ? C’est des anti-biotiques. Comme ça, si ça s’aggrave vous en prenez … d’accord ? Et si ça s’aggrave pas, vous ne les prenez pas … hein ? »

Moi : « bein … si vous le dites … »

Elle : « et … si non … bein … il vous reste des anti-douleur ? hein ? bon bein … je vais vous prescrire deux boîtes de doliprane 500mg … hein ? Pour le cas où … »

Moi : « bein … si vous le dites … »

Et voilà comment je suis ressorti, 30 minutes plus tard avec mon ordonnance de 2 kilomètres.

Et en me tendant la main pour me dire au revoir, elle ajoute : « Ha oui j’oubliais … surtout, dans ces cas là, il ne faut absolument rien mettre dans l’oreille. Faire très attention au moment de la douche par exemple à ne pas mettre du savon ou même simplement de l’eau … vous n’avez rien mis ? »

Moi : « oh non … rien du tout … au r’voir docteur et merci pour tout … »

Je comprends mieux pourquoi ma tentative de guérison à l’eau chaude avait lamentablement échouée.

Direction maintenant la pharmacie. J’entre … « bonjour madame » et je tends à la pharmacienne ma magnifique ordonnance de 5 kilomètres. Je vois dans ses yeux les étoiles de la joie et du bonheur. Je comprends qu’elle est en train de transformer mentalement chaque ligne de mon ordonnance en monnaie sonnante et trébuchante qui tombera directement dans son portefeuille. Là c’est certain, avec mon ordonnance elle va pouvoir se l’offrir son petit cabriolet « Maserati Grancabrio » rouge vermillon parce que le vert de sa Porsche n’allait plus avec ses Louboutin que son gentil mari de pharmacien venait de lui offrir. Et puis il faut quand même avouer qu’une Porsche, aujourd’hui, c’est complètement hasbeen. Elle n’arrêtait pas de le dire à son gentil mari qui lui répondait systématiquement : « Mais, ma chérie enfin … tu sais bien que c’est la criiiiiiiiseeee. »

Bref, je lui ai tendu ma carte vitale, ma carte de la mutuelle, ma carte grand voyageur SNCF, ma carte Flying Blues Air France, ma carte Franprix, ma carte carrefour, ma carte de membre de l’association des gais lurons qui chantent Charles Trenet en canon, ma carte du Jedi Club International, ma carte Michelin Verdun-Wissembourg … oui elle était prête à accepter toutes les cartes du moment que ça payait bien. Par contre, quand j’ai voulu lui tendre ma carte bleue, elle m’a dit : « non non, pas besoin, c’est tout bon » avec un très large sourire 🙂

C’est quand même étrange ce comportement opposé des deux docteurs d’aujourd’hui : l’une qui refuse dogmatiquement la carte de ma mutuelle et l’autre qui en redemande avec le regard lubrique et les mains tendues vers mon portefeuille … Vous aurez noté au passage que j’ai écrit « deux docteurs » ! Hé oui, si elles sont toutes les 2 docteurs, l’une est médecin et l’autre pharmacienne. Il ne faut pas confondre « docteur » et « médecin » ce n’est pas la même acception. Un jour je vous expliquerai.

Bref, je rentre chez moi et par acquis de conscience, je regarde mon ordonnance, ma valise XXL de boîtes de médicaments et ma facture :

En moi-même, je me dis « si j’enlève tous les médicaments qu’elle m’a prescrit « pour le cas où », c’est à dire tous les médicaments que je ne consommerai pas, il reste une ligne à 3,37 euros. Et la facture s’élève à … 31,15 euros ! »

Pour faire simple, la facture est dix fois plus élevée que mon besoin réel ne le nécessitait.

Si je traduis en langage plus clair, la sécurité sociale et ma mutuelle vont financer le cabriolet de ma pharmacienne et vraisemblablement la Porsche Panamera des dirigeants des laboratoires « SANOFI » et « arrow lab » … donc les 5,2 milliards de trou de la sécu…  on peut facilement les diviser par 10 si on décide d’être vigilant sur les ordonnances … CQFD

Mais en même temps c’est balo parce que … je n’aurai plus de pont en pot de Nutella entre la terre et la lune

Et puis … je l’aime bien cette toubib car elle est attentive à moi et mon problème 🙂 un peu comme Coluche qui demandait un « petit cancer du bras droit pour pas aller travailler »

Le Top Ten de l’année 2017

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais chaque fin d’année, et aussi au début de la suivante, on a droit aux Top 10 les plus improbables et dont tout le monde se fou. Par exemple,  le top 10 des meilleurs albums étrangers de l’année 2017 … tout le monde s’en fou ! Hein ? Aussi, le Top Ten 2017 des Cahiers du cinéma … franchement … tout le monde sait que le meilleur film de 2017 c’est Star Wars, épisode VIII : Les Derniers Jedi et pis c’est tout. Et aussi, le Top 10 des meilleurs fromages préférés des français en 2017 ! Franchement … attends … y’en a pas 10, y’en a … 1 : le comté ! Attends, le Comté il est allé dans l’espace, dans la station spatiale. C’est pas le camembert qui aurait fait ça, hein ? Alors franchement, bon, quand même … allez, éventuellement on peut citer la cancoillotte parce qu’elle a pas eu de chance.  Thomas Pesquet ne pouvait se faire livrer qu’un seul fromage dans l’ISS alors il a longtemps hésité. Il a fait « plouf, plouf, ça sera toi qui viendra dans l’espace … » et pas de bol pour la cancoillotte, c’est tombé sur le comté … c’est passé à 1 plouf. Et puis il y a aussi le Top Ten des pires phrases de Mélanchon. Oui … vous connaissez maintenant mon aversion pour cet ostrogot, pseudo défenseur des opprimés qui prend le métro pour se rendre à l’assemblée Nationale histoire de se montrer plus proche du petit peuple mais qui gère à l’optimisation fiscale ses millions d’euros de patrimoine.  Bref, le top 1 donne « problèmes de démocratie au Venezuela » ? « Ah oui ? Lesquels ? Voilà ce qu’il serait intéressant de connaître pour pouvoir en discuter »

Enfin bref, moi, je vous propose mon Top Ten totalement inutile et improbable … le meilleur classement des médioumes exorciseurs voyants de 2017. Hé quand même, j’ai collectionné les flyers pendant tout 2017 pour réussir ce classement… alors quand même hein …

Bon, il parait qu’on ne trouve pas trop ça en province mais en région parisienne, il y a toujours un type qui distribue ce genre flyer sur le marché, à la sortie de la gare RER ou même … au Trocadéro !

#Classement_10 : Monsieur Kounta !

Le mec reçoit de 8h à 21h. Ca fait donc 13h00 d’amplitude horaire par jour. Même au forfait cadre, c’est pas très syndical tout ça ! Mais surtout, s’il fait ça 7j/7 ça fait 91 heures par semaine. Autant dire que les 35 heures sont très, très loin. C’est le leader de la CGT qui va pas être content. Dis-donc monsieur Kounta, vous vous rendez compte que vous allez nous le rendre tout chafouin notre philou Martinez … hein ? #Classement_9 : Monsieur Cherif

Alors lui, il a copié sur l’autre ou bien c’est l’inverse, je ne sais pas. Lisez un peu « Au don héréditaire … « . Donc ils seront tous les deux relégués en fin de classement. Faut pas déconner avec les dons de voyance quand même. Mais je me demande s’il devrait pas passer derrière le précédent car lui il le fait en 3 jours alors que son collègue le fait en 48h !

#Classement_8 : Monsieur Bambo

Hé … quand même … « Travail Serieux efficiace ! » Hein ! Quand même ! Il a tout, même les fautes d’orthographe … il mérite bien sa 8ieme place lui. Et en plus il vous trouve du travail avec 100% de réussite en 3 jours … Hoé Pôle emploi ? J’ai le mec qu’il vous faut !

#Classement_7 : Maître Tapha

Alors là, on change de niveau. C’est d’ailleurs pour cela qu’il est 7ieme. Ce n’est plus un « monsieur » c’est un « maître » et avec l’accent circonflexe sur le « i » alors là, ça rigole pas. On est à 2 doigts du maître jedi. Mais c’est pas encore Yoda c’est Taphta. Et en plus lui n’hésite pas à l’affirmer il « possède un don« . Et surtout on aime bien son petit côté écolo. Regardez bien en bas à droite « Ne pas jeter sur la voie publique svp 106 »

#Classement_6 : Professeur Mossory

Attention, on change encore de niveau. Ce n’est plus un maître mais un « professeur ». Et on sait pourquoi -> c’est héréditaire ! Et il est « Gurisseur par apposition dans tes mains« . Moi, quand j’ai un problème de voisinage, je suis plutôt méthode « apposition de mon poing dans ta face » … ça doit être pour cela que je n’ai pas de résultat rapide avec 100% de réussite.

 

#Classement_5 : Professeur Salimba

Alors lui, je le mets 5ieme car il change le ton. Il n’affirme plus sa détermination à sauver le monde, il demande au monde de lui expliquer son problème « Vous souffrez ? » et puis surtout il « revête le passé » -> j’ai toujours pensé que le passé devait se rhabiller en Prada 😉

#Classement_4 : Professeur Amadou

Ce qui lui vaut ce classement c’est le « Paiement après travaux« . Comme ça, il vous refait la cuisine et vous payez en 4 fois sans frais après réception des travaux 🙂 Le mal qui circule dans votre corps, c’est en 2 jours qu’il l’enlève alors franchement on se demande ce qu’ils foutent à l’APHP …

#Classement_3 : Monsieur Kounta

Bon, ok, on revient sur du « monsieur » mais attention lui, il « stupéfait le monde actuel » ha ouais hein quand même ! C’est pas rien ça ! Tiens j’en parlais pas plus tard qu’hier avec mon copain Barack Obama. Hé bien … il m’a raconté comment monsieur Kounta l’avait stupéfié tout net ! Et puis lui, il a un e-mail et des petites bougies. Et il bosse jusqu’à 21h30. Ca fait du 13h30 par jour donc 94h30 par semaine ! Là, c’est sûr, Philou Martinez il est achevé

#Classement_2 : Professeur Hamza

Bon, alors lui, il est 2ieme mais je ne sais plus pourquoi. Il y a forcément une bonne raison mais je ne me souviens plus. Parce que finalement il fait comme les autres : Efficace à 100%, il fait l’amour, l’attirance, la chance, le désenvoûtement, la fidélité, l’impuissance … ha oui, je sais … lui il met en avant l’honnêteté et la compétence à la base de son travail. Tiens d’ailleurs je me demande qu’elle formation il faut faire pour acquérir toutes ces compétences. J’ai cherché dans le ROME (Répertoire Opérationnel des Métiers et des emplois) et j’ai pas trouvé. Je devrais peut être demander au Gréta :-))

#Classement_1 : Mr Djibril

Tsouin tsouin and the winner is … Misteuuuuuurrrrr Djiiiibriiiil !

Alors là, vous ne le savez peut être pas mais … c’est l’ancien conseiller en communication de François Hollande. Il a du se recaser comme tout le monde après les élections. Regardez son slogan … « Le changement c’est maintenant ! » :-))

Et arrivé ici, personne n’a remarqué que …monsieur Kunta est classé 2 fois ! Si, si regardez bien … il est 10ieme et 3ieme ! Mais il a complètement changé sa com’ : au début il a un « don héréditaire » mais plus après. Au début, il « réussit là où tous les autres ont échoué » mais après, il est plus raisonnable il assure le « taux de réussite le plus élevé« . Ca, c’est de la com’ où je ne m’y connais pas. Il ne prend pas le risque d’afficher « 100% de réussite« , il joue sur les mots … bien vu Mr Kounta. Avant, il n’hésitait pas à écrire qu’il résolvait les angoisses sur un simple coup de fil mais finalement il a laissé tomber le travail à distance, ça rapportait pas assez. Et surtout … maintenant il bosse jusque 21h30. Je parie que sa femme l’a quitté et qu’il n’a pas réussi à la faire revenir en 48h … c’est pour cela qu’il bosse plus longtemps 🙂

As-tu lu ton … horoscope ?

Vous le savez car vous l’avez entendu partout : le big data, les algorithmes, l’intelligence artificielle machin tout ça vont révolutionner notre façon de vivre. Et c’est déjà le cas sur internet où les google, facebook et autre amazon vous présentent des contenus publicitaires adaptés à vos envies. Hé oui, vous visitez le site de LCI et paf l’écran est maculé de petites vignettes faisant la pub pour des chaussures talon haut taille 36. N’allez pas croire que LCI se reconvertit dans la maroquinerie. C’est juste que, hier soir, vous avez entré la requête suivante dans votre moteur de recherche : « je voudrais les mêmes souliers que cendrillon et le prince charmant qui va avec« . Et finalement vous avez visité le site sarenza.com …

Notez bien que ça marche aussi avec les batteries de cuisine, les bagnoles, les pots de peintures, le jambon, les mouliplexeurs à autoturbine décentrée etc … etc …

Voyez-vous, moi je suis plutôt du genre à faire des recherches sur le matériel photo. Alors quand je vais sur le site de LCI … ha non, ça c’est pas possible. Donc quand je vais sur un autre site que celui de LCI, paf, l’écran est maculé d’objectifs … Nikon ! Hé oui, reconnaissez que c’est puissant l’intelligence artificielle. Houuuuuuuu qu’est-ce qu’il faut comme intelligence pour programmer un algorithme du genre : si visite du site sarenza.com alors pourrir l’écran avec des godasses plein partout ! Puréeeee mais j’y suis, je vais me faire recruter par google pour programmer ses algorithmes.

Bref, voici ma propre expérience de ce matin. Je vais donc sur le site de Météo France et voici mes pubs personnalisées de l’intelligence artificielle des algorithmes (je vous jure que c’est une vraie capture écran de ce matin) :

Alors j’ai cherché à comprendre le sens. Béh oui, je suis comme ça moi : j’ai besoin de comprendre. Et j’ai fini par comprendre car c’était finalement assez simple. L’algorithme m’a présenté des pubs qui font sens une fois assemblées. Et ce sens c’est … mon horoscope évidemment ! Laissez tomber les étoiles, les constellations, les Jupiter dans Saturne avec la lune en petite orbite, tout ça c’est du grand n’importe quoi. Les algorithmes de Google sont bien plus pertinents quand il s’agit de prédire l’avenir.

Bon, comme je vous imagine un tantinet sceptique, voici la traduction évidente de mon horoscope de ce matin :

Alors, c’était évident, non ?

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Combien de temps pour … un z’oeuf à la coque ?

Ha ha ! hein ? combien de temps ? Non non, je vous voir venir. Interdit d’aller sur votre moteur de recherche. Il faut trouver … là … tout de suite. Et sans pouvoir faire appel à un ami !

Car c’est exactement ce qui m’est arrivé, il y a peu, lors d’un déplacement professionnel. Voyez-vous, ce qu’il y a de bien dans les déplacements professionnels, c’est le petit déjeuner le matin à l’hôtel. En semaine ordinaire, chez toi, t’as pas trop le temps. Alors zou … un café vite fait sur le coin du zinc tout en enfilant ta chemise et en nouant ta cravate. Haaaa saperlipopette, quel gros ballot je fais ! J’ai taché ma chemise avec mon café … bon bref, c’est plutôt régime sec. Alors quand tu es en déplacement professionnel, quel bonheur que de descendre à la salle petit dej’ de l’hôtel. De n’avoir rien à faire. Juste choisir tout ce que tu veux au milieu de cet étalage de pancake, baguette fraîche et croustillante, fromage, charcuterie, fruits, céréales, yaourt, confiture, beurre, miel et … la machine à cuire les z’oeufs !

Oui, je n’ai jamais fait un seul hôtel qui n’ai pas cette « machine à z’oeufs ». Un ustensile tout simple : de l’eau qui bout, des petits paniers métalliques au bout d’un manche et une provision d’oeufs. En clair, tu vas te faire cuire un oeuf comme tu veux. A la coque, dur, mollet, brouillés, oeuf au plat c’est toi qui vois. Et toujours, toujours, toujours à côté de ladite machine il y a de quoi se remémorer le temps pendant lequel tu laisses ledit oeuf plongé dans l’eau.

Je me souviens de l’hôtel de la semaine précédente. Les temps de cuisson étaient écrit, à la craie, sur une ardoise. C’était super déco, tendance façon auberge d’autrefois.

Bref, je suis donc avec mon z’oeuf dans une main et le panier porte z’oeuf dans l’autre. Je cherche le temps de cuisson pour un oeuf coque … rien … rien de rien ! Pas un écriteau, pas un petit papier, pas une notice sur la machine, et encore moins une jolie ardoise avec des pleins et des déliés à la craie … rien ! Même pas un minuteur à portée de main … rien !

Bon, « On va pas se mettre le tyrex au court-bouillon quand même » me dis-je . Oui c’est pour dire qu’on va pas se faire des noeuds au cerveau juste pour ça. C’était pour accentuer le côté « rate » que je trouve trop édulcoré. Je ne sais pas si vous avez déjà essayé de mettre un tyrex au court-bouillon … hein ? Déjà que le homard c’est pas évident parce qu’il se défend le gars voyant bien que sa dernière heure à sonné. Alors un tyrex, vous pensez bien.

Du coup, 3 options s’offrent à moi : 1. je demande à quelqu’un dans la salle 2. j’y vais au feeling 3. j’abandonne. Alors autant vous dire que la 3 est balayée d’un trait de plume avant même d’être envisagée. Oui ! un Bebel n’abandonne jamais. Un Bebel ne capitule pas devant l’adversité. Un Bebel assume en toute circonstance, c’est comme ça. C’est quand même pas un truc, sorti du fondement d’une poule, qui va me tenir tête.

Pour la 1, ça pourrait encore se discuter parce que dans la salle, il n’y a que des inconnus. Je pourrais donc demander, au risque de passer pour une nouille, car personne ne me connaît. Mais imaginons que demain, je devienne célèbre hein ? Vous imaginez si cette histoire venait à sortir dans la presse : « Ha ouiiii c’est le mec qui ne savait pas cuire un oeuf à la coque !« . Bon, on ne sait jamais donc oublions la 1 également. Il me reste donc l’option 2.

Je fais donc le mec qui assure. Je place l’oeuf dans son petit panier. Et dans un geste très assuré, presque professionnel, je plonge majestueusement ledit z’oeuf dans l’eau frémissante … plouf !

Ho pinaise, l’eau qui gicle sur mes pompes ! Hé ho … faudrait voir à pas trop sortir du récipient, hein ? J’ai pas mis mes bottes en koutchouk aujourd’hui. Je suis en déplacement professionnel. Alors j’ai mis mes Weston … et le gland de mes Mocassins à pampilles collection « VEAU BOX NOIR LES GRANDS CLASSIQUES » est pas waterproof … ok ?

J’observe les bulles tout en comptant dans ma tête … hum … c’est fou comme les minutes passent moins vite quand tu observes un oeuf dans l’eau frémissante …

Bon allez, on va dire que c’est bon. Je m’empare du manche bleu. Oui pour bien reprendre mon z’oeuf et pas celui de la voisine, le constructeur a pensé à mettre des couleurs sur les manches. Je saisis un coquetier. Hé hé pas bête le gars : je me doute bien qu’il doit être chaud. Je place le coquetier sur le dessus de l’oeuf et je retourne. Hop, je tiens le coquetier à l’endroit avec mon oeuf dedans sans l’avoir pris avec mes doigts. Si vous n’avez pas bien compris le geste, demandez moi, je vous ferrai un croquis 😉

Je reviens à ma place et au passage, paf je m’empare discrètement du pichet de jus de pomme. J’aime le jus de pomme le matin au p’tit déjeuner. Quand on sait que les British disent “An apple a day keeps the doctor away” (Manger une pomme par jour éloigne les médecins) voilà qui se marie parfaitement avec mes Weston ! Bon, par contre il faut absolument le crier bien fort dans la salle « Je vais prendre un jus de pomme … de pomme … » car la couleur dans le pichet en verre peut prêter à confusion. Ce doré translucide ressemble, à s’y méprendre, à du whisky. J’en conviens, ce breuvage se marie également très bien avec mes Weston. Mais je ne veux pas passer pour un pochtron du p’tit matin avec son litron de boisson frelatée.

L’oeuf est devant moi, dans son coquetier. Je le regarde en me disant « il manque quelque chose …« . Mais c’est bien sûr ! Il me manque un coupe z’oeuf à la coque. Vous savez, ce truc rond avec des dents de requin à l’intérieur que vous appliquez sur le dessus … et avec les deux trous façon ciseaux … crac … vous coupez la tête de l’oeuf et y a plein de petits bouts de coquille qui tombent dedans ! Comment je fais sans un coupe z’oeuf à la coque ?J’ai donc observé mon z’oeuf à la coque, incapable de savoir si, à l’intérieur, il était trop ou pas assez cuit. Un peu comme la poule qui a trouvé un couteau … Comment je fais ? Même avec mon smartphone j’ai pas réussi à ouvrir le dessus de mon z’oeuf à la coque alors vous voyez.

Bref, j’en ai eu marre. J’ai pris l’oeuf dans ma main et … je me le suis écrasé sur le front ! Bein oui, tous les gens célèbres reçoivent des oeufs sur le front alors je prends un peu d’avance c’est tout ! Et vous savez quoi ? Hé bein j’étais super content car mon z’oeuf … il était bien « à la coque » ! le jaune liquide a bien dégouliné jusqu’à ma chemise et le blanc, bien cuit, est tombé sur mes Weston 😉

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Comment j’ai mangé chez le cow boy

Bon, ce midi je décide de faire un break et d’aller me balader du côté de la place de la République. Ni une, ni deux, j’entre au Buffalo Grill … oui, j’adore l’ambiance un peu « kitchouille Cow-Boy ». Et en plus, dans le métro je venais de lire une planche de promotion du tout dernier Luky-Luke, ça tombe bien.
Bref, me voilà attablé et la carte dans les mains : j’hésite entre un Buffalo steak à cheval frites et un Buffalo Cheeseburger frites. Oui chez Buffalo Grill, c’est les mêmes plats qu’ailleurs sauf qu’il faut ajouter « Buffalo » devant !

Bref, j’hésitais quand … mes yeux tombent sur le « Buffalo Fish and Ships frites » Wahouuuuu trop bien, ça me rappellera mon stage linguistique chez l’habitant à Canterburry. Là-bas, à midi, on n’avait pas le choix c’était fish and chips and French fries tous les midis …

J’en profite pour ressortir les photos que j’avais fait à l’époque

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Ca c’est la version « portable » du midi en semaine

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Et ça c’est la version du dimanche midi au restaurant qui se trouve tout au bout de la jetée du port de Douvre.

Et voici celui de la carte du Buffalo grill. Appétissant, non ? Ca donne envie …

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Bref, revenons au Buffalo grill de la place de la république à Paris. Je commande en me rappelant que dans mes souvenirs, Buffalo c’était plutôt la viande et pour le poisson c’était plutôt Léon de Bruxelles …. la même architecture de restaurant en bois blanc mais avec le toit vert au lieu de rouge 😉
J’attends ma commande en regardant l’écran plat sur le mur d’en face et en écoutant mes voisines de la table d’à côté raconter leurs mésaventure au boulot. Oui, chez Buffalo quand tu manges seul, tu es à côté d’une table de gens qui parlent beaucoup. Vas savoir, c’est toujours comme ça.

Me voilà absorbé par l’écran plat qui diffuse des images de l’Ouest Américain … le grand canyon du Colorado puis …. Lake Powel, Death Valley et hop … un indien à plumes … un figurant de la century fox, ou mieux de la cité des 4000 à la Courneuve, que l’on me fait passer pour Géronimo … ha je rêve de paysages lointains, je suis Luky Luke défendant la veuve, l’orphelin et l’opprimé contre les méchants peau rouge ! Je saisis ma fourchette et commence le combat contre les tuniques bleues quand le serveur m’apporte mon plat. Je reviens sur terre !
Houuuuu dis donc … il n’y est pas allé de main morte sur le baignage du filet de colin dans l’huile le cuistot du saloon. Bon, même pas peur, je suis un cow boy solitaire qui va bientôt affronter une horde d’indiens sanguinaires, c’est pas un filet de poisson qui va me terrasser.
Allez hop, bien trempé dans la sauce tartare c’est gouleyant. Et les french fries dégoulinantes de matière grasse et non salées aident à la descente !
Ha ha, je suis arrivé au bout du Buffalo Fish and Chips, même pas peur 🙂
Bref, je quitte la place de la république et rejoins mon bureau avec un estomac qui est en contradiction avec son propriétaire : il n’a visiblement pas apprécié mon choix chez Buffalo Grill.
Je vous passe l’après-midi et … j’écris ce billet d’humeur : il est 20h08, cela fait plus de 8 heures que mon Buffalo Fish and ships est passé mais mon estomac s’en souvient encore et il n’est toujours pas d’accord avec mon choix si j’en crois les borborygmes de mon ventre …

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire😉