Comment je viens d’échapper à un attentat terroriste à la bombe nucléaire

Bon OK le titre est un peu exagéré mais bon, juste ce qu’il faut pour attirer le lecteur. Un peu comme ces magazines que l’on voit en devanture des marchands de journaux, couverts de photos de stars et avec des titres chocs : « Johnny Hallyday, une terrible nouvelle l’accable« , « Maïté serait une extraterrestre » ou encore « Sardou vote à gauche !« . Quoi ? Michel Sardou vote à gauche ? Non … alors on achète le fameux canard. On file à la page de l’article et on découvre que … Bernard Sardou, retraité dans la petite bourgade de Solesme, non loin de Sablé-sur-Sarthe, s’est rendu au bureau de vote sans ses lunettes. Et ce qui devait arriver, arriva évidemment : en rentrant chez lui, il a déposé sur la table les bulletins de vote non utilisés et le seul manquant était celui du candidat de gauche ! Et voilà on a acheté la feuille de choux pour rien. Bon, autant poursuivre la lecture et découvrir l’aventure terrible de Johnny. 3 pages à lire avant de comprendre que  son cochon d’inde fait une dépression après avoir été éjecté de sa roue d’exercice … accablant ! Quant à Maïté, c’est Carl Lagerfeld qui fait cette déclaration alors bon … Bref des titres racoleurs pour une vérité bien banale.

J’ai donc repris ce mécanisme pour vous inviter à lire ce nouvel article jusqu’au bout et découvrir comment j’ai échappé de justesse à une tentative d’attentat terroriste. Alors d’accord, le mot « nucléaire » pousse peut être la caricature un poil trop loin.

Bon, revenons à nos moutons et entrons dans le vif du sujet. Mercredi soir, je sors du bureau et me dirige promptement vers la station du tram T3b à la porte des Lilas. Je pourrais le prendre direction « Porte de Vincennes » mais je reste du côté du quai « Porte de la Chapelle » puisque je vais à Rosa Parks.

L’afficheur annonce un temps d’attente de 10 minutes et le suivant à 15 minutes. Ouf ! quand même ! Je marche le long du quai de sorte à me placer tout à l’arrière de la rame. Hé oui, voyez-vous, à Paris nous avons tous nos habitudes. Et surtout nous stratégisons notre position dans le véhicule. En me plaçant ainsi, en arrivant à Rosa Parks, je serai du bon côté de la rame pour aller directement vers l’entrée de la gare RER. Je n’aurai pas à remonter tout le quai comme si j’étais monté à l’avant. Et comme j’ai remonté le quai à Porte des Lilas, là où de toute façon je suis obligé d’attendre 10 minutes, j’ai parcouru cette distance pendant un temps « contraint » donc j’ai réduit mon temps de trajet … ha ha !

Vous pensez que cette précision n’est pas utile dans mon récit ? Détrompez-vous ! Elle est fondamentale, car sans ce positionnement, je ne me serais pas retrouvé … à côté de la bombe !

Donc, le Tram T3b arrive après … 4 minutes d’attente. Oui, c’est souvent comme ça à la RATP, les minutes aussi sont indépendantes, elles font ce qu’elles veulent. Parfois une minute vaut une heure, parfois elle vaut 20 secondes. En fait ça dépend des minutes et pas de la taille du fût du canon. Donc on ne peut pas savoir 😉

Bref, la rame s’arrête … je suis pile sur le côté de la porte arrière … hé hé quand je vous disais qu’avec l’habitude on sait où se placer ! Je laisse descendre la marée humaine et les poussettes qui l’accompagnent … 2h ou 2h30 plus tard, je monte dans le « ouagon ». Il y a du monde mais, allez savoir pourquoi, il reste une place assise disponible au niveau du bloc babord des 2 blocs « 4 sièges ». Je fonce et je m’assieds satisfait d’être correctement installé pour sortir mon bouquin tranquilou. Il faut que je vous décrive la scène car c’est important pour la suite et surtout pour que vous visualisiez bien la position de la bombe 🙂

Bon, un « bloc 4 sièges », vous voyez ce que c’est ? C’est pareil qu’à la TV quand on voit un homme politique dans un TGV. Allez savoir pourquoi mais ils sont quasiment toujours installés sur un « bloc 4 sièges ». Regardez, par exemple la photo ci-dessous … c’est une photo que j’ai pécho sur google … totalement au hasard …:

Donc le « bloc 4 sièges » dans la ligne de tram c’est pareil sauf … qu’il n’y a pas d’accoudoirs, pas de table, pas de rabat de table, pas de prises pour son smartphone, pas de sièges confortables, pas de possibilité d’incliner le dossier, pas de crochet pour la veste de costume, pas de rideau à la fenêtre, pas de café, pas de documents, pas d’homme politique et pas de jolies femmes en face de soi. Donc c’est presque pareil sauf que les sièges sont très serrés, peu confortables et dans les tons vert chiasseux et surtout, le siège devant soi est comme collé au tien, exprès pour que tu ne puisses pas mettre tes jambes simplement sans gêner celles de la personne en face. Et je ne vous parle pas du branle bas de combat quand la personne qui est près du hublot souhaite sortir …

Bref, il y a donc 8 places. Souvenez-vous de l’arithmétique à l’école primaire : 2 fois un bloc de 4 sièges, ça fait 8 sièges. 4 dans le sens de la marche et 4 qui ont l’avenir dans leur dos. J’ai donc pris le 1er siège à babord dans le sens contraire de la marche. Je fais un croquis pour que vous visualisiez bien la scène :

Les 7 autres sièges sont donc occupés et je présume que le siège à ma droite est occupé par le propriétaire du panier à commissions à roulettes violet stationné dans l’allée. Cela va sans dire, mais cela va mieux en le disant : le fameux panier à roulettes violet obstrue la totalité de l’allée centrale, empêchant par là, la bonne circulation des flux de passager.

Je n’ai pas la photo exacte du panier à roulette violet mais celle-ci s’en approche suffisamment pour que l’on comprenne bien.

Vous vous rendez-compte que ce panier à roulette peut embarquer 38500 cm3 de marchandise. Autant dire que mon terroriste peut y placer une bombe pouvant faire des ravages gastronomiques ! Mais pourquoi n’interdisons nous pas la vente de ces paniers à roulettes violet ! Mais que fait la police ! Je vous le dis, il faut renvoyer tous les paniers à roulettes violet dans leur pays d’origine … le panierland !

Vous l’avez compris, sans le savoir, je viens de m’asseoir à côté de la bombe ! Mais évidemment personne ne le sait, ni même s’en doute car c’est bien l’objectif du terroriste … le fourbe !

Le tram redémarre. J’ouvre mon livre et me voilà replongé dans cette aventure palpitante de FitzChevalerie Loinvoyant. Totalement absorbé par ma lecture, je ne vois pas les différentes étapes de notre voyage. Tout au plus, au-dessus de mon bouquin, je perçois vaguement des corps indistincts qui se lèvent et d’autres qui prennent leur place au grès des arrêts des stations de notre périple vers une destination de carte postale … « Porte de la chapelle ». Et le panier à roulettes violet est toujours là, bien calé contre le siège de son terroriste. « SON terroriste » ? Je viens de relever nonchalamment la tête pour me rendre compte que la personne assise sur le siège à ma droite est … une femme. Tiens … mais … c’était pas un homme avant ? Bon, peut être que je n’ai pas fait assez attention. Je replonge dans ma lecture.

Le tram s’arrête à la station « Porte de la Villette ». Mais qu’est-ce qu’il y a comme portes ! La dame à côté de moi se lève et descend. En fait c’est quasiment tout le monde qui descend. Mais qu’y a-t-il de si intéressant à la porte de la Villette pour que tout le monde ait envie de descendre ? En fait peu importe, je reprends ma lecture … sans me rendre compte que le panier à roulettes violet est toujours bien en place dans l’allée …

Le signal retenti, les portes vont se refermer. La femme, assise en face du panier violet, s’écrie « Hé madame … vous oubliez votre panier à roulettes … violet! ». La femme s’en va en levant le bras. Nous comprenons que le sac ne lui appartient pas. Mais alors … le panier  à roulettes violet n’a plus son propriétaire depuis déjà … plusieurs arrêts ?

Je regarde le monsieur assis à ma gauche … il me regarde … nous regardons la femme en face du panier … je prends la parole « dites … on dirait … enfin ça ressemble à … un colis suspect ! ». « Oui … il faudrait prévenir ». A ce moment, nous ne sommes plus que 5 : le monsieur à ma gauche, la dame en face du panier à roulettes violet, la dame à côté du panier à roulettes violet et la dame à côté de la dame en face du panier à roulettes violet … et moi, ça fait cinq. Si si … recomptez 🙂

Les visages blêmissent. On regarde le panier à roulettes violet. Je m’essaie à l’ouverture du rabat pour tenter de voir ce qu’il contient … d’un doigt, je le soulève … rien, je ne vois rien … il est fermé avec le petit cordon qui resserre le dessus du sac comme la taille de Claudia (ça c’est pour ceux qui ont lu mon post sur la retouche photo). Je retire mon doigt et le rabat choit … le rabat choit … hé hé …

Bon, autant dire vous que personne n’est très rassuré. Intérieurement je m’en veux d’avoir été aussi imprudent : si le détonateur était relié au rabat … en le soulevant … badaboum ! Les terroristes sont assez machiavéliques pour imaginer qu’un voyageur aura l’idée saugrenue de vouloir vérifier le contenu et … PAF … explosion. Et dire que ce voyageur stupide, c’est moi ! Mais non, Bebel, tu es en train de raisonner comme FitzChevalerie Loinvoyant. Reviens à la vraie vie, ce n’est pas ton livre.

La femme à côté du panier à roulettes violet se lève. Elle nous explique, dans une voix chevrotante, qu’elle va prévenir le conducteur. Suspicieux, nous sommes tous … suspicieux … Elle prétexte plutôt ça pour s’enfuir le plus loin possible de la bombe. Mais au plus profond de moi je me dis « C’est elle qui a raison … je devrais m’éloigner de cette bombe … arrête de jouer les héros, la bombe est si près de toi que lorsqu’elle éclatera il ne restera rien de toi, de ton costume, de ton manteau, de ton livre de FitzChevalerie Loinvoyant, de ton sac à dos, de ton … porte-clefs panda du zoo de Beauval attaché à la fermeture éclair de la poche avant de ton sac à dos ! »

Non, de non, mon sang ne fait qu’un tour … Jamais je ne laisserai quelqu’un faire du mal à mon panda du zoo de Beauval … je ne peux pas rester à cette place … si près de la bombe. Je suis sur le point de me lever également quand le doute s’instille dans ma tête « oui mais … qu’est-ce que je vais dire ? … je ne peux tout de même pas prétexter la … sauvegarde des pandas ! » Mais je ne peux pas rester ici non plus. Me voilà dans une position inconfortable, que dis-je, paradoxale, tel l’âne de Buridan … je vais mourir ni de faim, ni de soif mais … pulvérisé par une bombe terroriste … aux quatre coins d’Paris qu’on va m’retrouver, éparpillé par petits bouts façon puzzle …

Nous arrivons à la station « Canal Saint-Denis » … pour une fois qu’il n’y a pas de porte à cette station. L’inquiétude est maximale et la tension palpable dans notre espace de 2 blocs de 4 sièges. Déjà le vide se fait sur les autres sièges à proximité … l’allée se vide … les voyageurs sur les plateformes profitent de l’ouverture des portes à la station pour sortir prestement !

Le signal retenti … les portes se referment, le convoi redémarre. Personne … personne n’est monté à « Canal Saint Denis ». Je soupçonne ceux qui sont descendus d’avoir prévenus ceux qui envisageaient de monter. Nous sommes seuls. Nous ne sommes plus que 5 dans ce long tube ferroviaire. 5 et une bombe dans un panier à roulettes violet … qui roulons vers … le terminus  … de la ligne !

La dame assise à côté de la dame assise en face du panier à roulettes violet tourne la tête, elle regarde le panier à roulettes violet … elle le désigne d’un signe de la tête … vraisemblablement trop tétanisée par la peur pour s’exprimer autrement … elle le désigne … une seconde fois … nous aussi sommes tétanisés, nous ne formons plus qu’un seul dans notre angoisse maintenant à son paroxysme ! Elle le désigne … une 3ieme fois … puis, levant lentement son bras, précautionneusement pour ne pas déplacer l’air qui pourrait activer le mécanisme de la bombe … elle déplie sa main tout aussi sagement et … pointe son index vers … elle ! Tout le monde comprend alors que le panier à roulettes violet … lui appartient. Et il n’y a à l’intérieur qu’une galette et un petit pot de beurre qu’elle apporte à sa mère-grand à la porte de la Villette !

Quelle aventure tout de même. Mais surtout … on avait tous envie de lui crier « Mais tu pouvais pas l’dire plus tôt … bougre d’andouille ! Orchidoclaste! Nodocéphale! gourgandine ! Cornegidouille ! »

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Camping ou l’hôtel de la plage ?

Vous ne le savez peut être pas mais le Petit Prince est un grand amateur du cinéma des années 60, 70 et 80. Et plus particulièrement des Lino Ventura, Jean Paul Belmondo, Yves Montand, Jean Gabin, Pierre Richard, Bernard Blier, Philippe Noiret, Bourvil, Michel Serrault, Paul Meurisse, Jean Rochefort, Claude Brasseur, Mireille Darc, Marie-France Pisier, Jean-Claude Brialy, Jean Carmet, Michel Constantin, Bruno Cremer, Guy Marchand, Marie Dubois, Robert Hossein, Henri Guybet, Michel Aumont, Yves Robert, Anny Duperey, Charles Denner, Francis Blanche, Marie Laforêt, Jacques Dufilo, Daniel Ceccaldi, Jean Poiret, Charles Gérard, Daniel Gélin, Simone Signoret, Maurice Biraud, Jean Lefebvre, Michel Galabru, Jean-Pierre Marielle, Jean Yanne, Louis De Funès entres autres …

Heuuu manque pas Alain Delon dans cette liste ?
Heuuuu non … pourquoi ?
Bein quand même quoi … Alain Delon …
Bon alors on va dire « ouais bof …  » mais pas plus

Des films genre « Le clan des siciliens », « les Barbouzes », « La métamorphose des cloportes », « Du mou dans la gâchette », « le professionnel », « Flic ou voyou », et cela va sans dire le cultissime « Les tontons flingueurs », etc …

Autant dire, du bon, du moins bon et du franchement « nanar » mais j’assume. Bref, voilà ti pas que je retombe sur « L’hôtel de la plage » tourné en 1977 … j’adore !

Je le regarde et … bein mince alors … je ne m’étais pas rendu compte de cette proximité étrange entre le scénario de ce film et … le « Camping » de Franck Dubosq … j’avais pas percuté !

Hôtel de la plage (1977) Camping (2006)
Hotel-bouchons camping-bouchons
Des bouchons au début du
film
Des bouchons au début du film
 Hotel-bouchons2  camping-bouchons2
L’homme au volant, la femme sur le siège du mort et le môme derrière L’homme au volant, la femme sur le siège du mort et le môme derrière
 Hotel-lecourrier  camping-lecourrier
 Il y a du courrier pour moi ?  Il y a du courrier pour moi ?
 Hotel-garage camping-garageMendez
 Trouver un garage pour la réparation  Trouver un garage pour la réparation
 hotel-volleyball  camping-volleyball
 Jouer au volley ball sur la plage  Jouer au volley ball sur la plage
 hotel-marche2plage  camping-marche2plage
 On marche côte à côte sur la plage en se racontant ses histoires de coeur   On marche côte à côte sur la plage en se racontant ses histoires de coeur
 hotel-allongé2plage  camping-allongé2plage
 Allongées sur le ventre côte à côte sur la plage avec de la littérature   Allongés sur le ventre côte à côte sur la plage avec de la littérature
 Hotel-4apéros  camping-4apéros
 On prend l’apéro à 2 couples  On prend l’apéro à 2 couples
 hotel-boitedenuit camping-boitedenuit
 Ambiance : la boîte de nuit  Ambiance : la boîte de nuit
 hotel-pairefesses camping-pairefesses
 Une paire de fesses en plein repas  Une paire de fesses en plein repas
 hotel-cabineTelAccentBelge camping-cabineTelAccenthollandais
 Cabine téléphonique avec l’accent Belge  Cabine téléphonique avec l’accent Hollandais
 hotel-lachenille camping-lachenille
 On fait la chenille  On fait la chenille
 hotel-maréehaute camping-maréehaute
 isolée sur le sable à marée haute Isolés sur le sable à marée haute
 hotel-lebal camping-lebaldesflotsbleus2
 C’est le moment du bal  C’est le moment du bal
 hotel-leconcoursCatherineGuédel camping-leconcoursChristieBergougnoux
 Le concours de la blonde Catherine  Le concours de la blonde Christy
 hotel-orage camping-orage2
 Houla la c’est l’orage, tout le monde décampe !   Houla la c’est l’orage, tout le monde décampe !
 hotel-resultatjournal camping-resultatjournal
 Les résultats du concours de la blonde dans le journal  Les résultats du concours de la blonde dans le journal
 hotel-gateauAnniversaire  camping-gateauAnniversaire
 Le gâteau d’anniversaire organisé par la fille pour le père Le gâteau d’anniversaire organisé par la fille pour le père
 Hotel-BoissonDifférence camping-BoissonDifférence
 Bon, il y a quand même une différence : tout au long du film, à l’hôtel 4 étoiles de la plage on carbure au … Champagne  ! Bon, il y a quand même une différence : tout au long du film, au camping des flots bleus on carbure au … Ricard  !
http://www.youtube.com/watch?v=IOT0PY46gCM http://www.youtube.com/watch?v=JAKzzI1XAsM

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Mémoires d’un parisien sous l’occupation Cégétiste …

Heuuu là … je crois que je me suis lâché … et c’est pire sur l’enregistrement … avec un bonus à la fin comme sur les DVD 😉

C’est jeudi, comme chaque jour, je me suis levé tôt. Hé oui, je fait partie de la France qui se lève tôt. J’arrive à la gare SNCF de Villiers sur Marne. Hier, comme des millions de français, de parisiens, j’ai fait la queue devant le panneau d’affichage de la gare de Rosa Parks. Après plusieurs heures d’attente, j’ai pu accéder à mon tour à cette affiche de 21 cm de large pour 29,7 cm de haut sur laquelle on trouve les milliers d’heures de passage des RER dans chaque gare … imprimé en caractère Times New Roman taille …2 ! Le RER E de 6h34 au départ de la gare de Villiers sur Marne est bien inscrit.

Hé oui, il faut dire que depuis plusieurs semaines, nous sommes en guerre. C’est l’occupation. L’armée cégétiste a profité d’une faille dans la sécurité de notre pays pour entrer dans la capitale. Sans trop d’innovation et de stratégie militaire avant-gardiste, les cégétistes ont pénétré les parisiens comme Ulysse les troyens. Cachés dans des estafettes blanches bariolées de rouge et de faucilles, derrière de gros barbecues géants faisant rôtir des merguez frites, brandissant des drapeaux rouge, hurlant des slogans péremptoires dans des crachoirs électriques, ils se sont fait passer pour une manif hostile aux changements d’horaires à la SNCF. Une manif somme toute classique pour les cégétistes que le parisien connaît bien … oui, il faut dire que le cégétiste est un révolté dans l’âme, il manife quand ça change parce qu’il veut que ça ne change pas et il manife quand ça ne change pas parce qu’il veut que ça change … le parisien est habitué.

Mais là, c’était plus fort. Les cégétistes ont profité de la manif pour investir Paris comme Ulysse Troie. Et c’est place de la république qu’ils ont posé leurs estafettes polluantes, leurs barbecues merguez odorantes, leurs drapeaux criards, leurs porte-voix électrisants et leurs haut-parleurs nasillards. Ils se sont alors découverts et présentés sous leur vrai jour : les nuits debout ! un mouvement a-politique comme ils aiment à se présenter mais quand même vachement ultra à gauche et pas très tolérant pour celles et ceux qui ne partagent pas leur envie de tout casser façon « grand soir ».

Bref, voilà donc plusieurs semaines que nous vivons sous l’occupation cégétiste. De gréve en gréve, de manif en manif, de caillassage en caillassage, de bris de vitrine en bris de vitrine etc … nous vivons au grès des trains supprimés, des horaires au bon vouloir des cégétistes, des stations de métro fermées, des cordons de CRS et des tracts jetés sur la chaussée.

La pénurie commence à se faire sentir. Les files d’attente augmentent aux caisses des supermarchés … à coup sûr nous aurons bientôt des tickets de rationnement. Il n’y a déjà plus de Choco Pops dans mon Simply Market. C’est dire si l’apocalypse est proche.

Mais revenons à notre jeudi matin. Il est tôt disais-je. J’arrive à la gare de Villiers sur Marne pour prendre mon RER E de 6h34. En arrivant, je regarde le prompteur : mon train n’apparaît pas dans la liste ! Hé oui, la ligue cégétiste mouvance révolutionnaire a frappé dans la nuit. Malgré le « 6h34 » affiché en taille de caractère 2 sur l’affiche officielle de la SNCF, les militants du jusqu’au boutisme intégral ont vraisemblablement capturé le mécano, fou à leurs yeux, qui avait accepté de conduire le train de 6h34. Le RER E de 6h34 ne sifflera pas 3 fois, je devrai prendre le suivant … quand ? … personne ne le sait. Les affichages en gare sont devenus très erratiques depuis l’invasion.

J’attends sur le quai un hypothétique train qui aurait réussi à braver la surveillance des cégétistes hystériques. Après environ 4 heures d’attente, un train se profile à l’horizon. Quelle est sa destination ? Personne ne le sait. Le panneau d’affichage en gare indique « Bernichoux le haut ». Oui le « panneau d’affichage en gare » c’est le nom officiel donné par la SNCF à la télé qui affiche un fond bleu et des messages écrit en blanc pour donner la destination des trains. Et en bas de l’écran, un bandeau orange quand ça va bien et rouge quand ça va pas. Autant dire qu’il est souvent rouge depuis l’occupation. Et il est écrit dans ce bandeau rouge : « En raison d’un mouvement social, vos trains peuvent être retardés ou supprimés. Veuillez consulter les affiches en gare pour connaître les trains qui circulent ». Vous savez … l’affiche en gare, c’est celle qui indiquait mon 6h34 … cappitchi ?

Le train s’arrête à quai. Peut importe sa destination, de toute façon, à coup sûr, il ira ailleurs. Les portes s’ouvrent et … une marée humaine se déverse sur le quai. Hé oui, un seul train depuis plusieurs heures, ça fait un grand nombre de voyageurs à transporter. Ces pauvres usagers des transports en commun étaient contenus dans le wagon grâce aux portes mais en ouvrant les portes … les pauvres sont poussés vers l’extérieur. C’est un peu comme un Coca que vous agitez avant d’ouvrir …. Pchiiiiiiiiiiittttt la pression à l’intérieur est telle que le Coca est expulsé quand on ouvre.

Bon, il va falloir re-bourrer tout le monde dans le train et en plus faire entrer ceux qui attendent à Villiers sur Marne dont je fait partie. Heureusement un consultant Cap Gémini, qui a fait sciences Po et l’ENA était de la partie. Hé oui, il se rendait à son travail sans sa voiture depuis que le blocage des raffineries à totalement vidé les stations services. Il prend les choses en main en grand humaniste du service public : « Mesdames, messieurs,  nous sommes environ 3847 à devoir entrer dans cette voiture prévu pour 250 personnes maximum … il nous faut donc concevoir une autre façon de voir les choses. Heureusement, j’ai été formé à l’école de la république pour optimiser la ressource et la dépense des services de l’état. J’ai fait une matrice SWOT, estimé la charge, concentré le pitch et graphé sur ce white bord le draft de notre organisation. La solution est évidente : debout nous n’occupons pas tout l’espace. Nous allons nous allonger, faire des couches jusqu’au plafond de la voiture. Mesdames et messieurs les plus forts se mettront tout en bas et plus les couches monteront, plus les hommes et les femmes les plus légers entreront … ha oui, aussi, d’une couche à l’autre, les femmes à forte poitrines se mettront têtes bêches pour occuper un minimum d’espace … un peu comme au tétris si vous voyez ce que je veux dire … et voilà, ainsi l’espace sera optimisé et nous pourrons tous entrer dans la voiture !« 

Bon, vu ma taille, j’allais me retrouver tout en haut de l’empilement humain. Mis à part le fait que j’allais respirer les toiles d’araignées du plafond, je ne m’en sortais pas trop mal. Mais j’ai quand même fait cette remarque à notre consultant Cap Gemini : « dites, sans vouloir paraître un brin tatillon … vous ne pensez pas que celui qui se trouve tout en dessous risque de … suffoquer …« . Il me regarde d’un air interloqué et me rétorque « Mais pas du tout, regardez le Gant et le QQOQCP, ils sont sans appels … hé … je l’ai ai appris à l’ENA et approuvé dans mon stage chez Nestlé … alors vous voyez !« . Moi « hum … oui, pour optimiser l’empilement des boîtes de conserve … mais vous devez avoir raison puisque vous avez fait l’ENA et moi pas … allons-y« 

Et voilà comment 3847 usagers du RER E sont entrés dans une seule voiture. Faut reconnaître qu’il était pas bête notre consultant Cap Gémini car rangé de la sorte, quand les portes se sont ouvertes à Val de Fontenay, personne n’a été expulsé vers l’extérieur. Bon, on a bien entendu quelques gémissements du type « Haaaaaa je suis écrasé …. je veux sortir ….. pffffff ». Par contre aucun voyageur de Val de Fontenay n’a pu entrer dans la voiture et à voir leur yeux ahuris, je ne suis pas certains qu’ils aient eu envie de partager notre vision de l’optimisation du service public ferroviaire.

Bref, notre train qui aurait du aller jusqu’à Haussmann Saint Lazare s’est finalement arrêté à Magenta. Bein oui, avec le retard qu’il avait pris à Villiers et tout au long de son parcours, il n’allait quand même pas aller jusqu’à sa destination. Nos révolutionnaires cégétistes ont envahi le centre de contrôle de la SNCF et ont obligé notre train à stopper sa route à Magenta. Les portes s’ouvrent, le rang du haut s’échappe de la voiture comme il peut. Je saute sur le quai et marche vers les escalators. Je me retourne et regarde par dessus mon épaule. Quelques personnes sortent de la voiture mais toutes les autres ne bougent plus … pendant ce temps, les hauts parleurs de la gare annoncent un arrêt total du trafic sur le RER E à cause d’un « malaise voyageurs ». Le programme d’optimisation du remplissage des voitures par le consultant Cap Gémini pourrait-il avoir un lien avec cet effet collatéral ? Hum … ça m’étonnerait beaucoup, il a fait l’ENA tout de même et puis … son ROI nous le prouvera …

Je devais prendre le métro ligne 5 mais depuis l’invasion, la ligne est stoppée. Elle passe par République, trop dangereux pour les usagers du métro depuis que les cégétistes ont envahi la place. Bref, je remonte en surface et rejoins, à pied, mon bureau. Il n’y a plus d’autres moyens de transport depuis que les cégétistes ont pris en otage les tram, les bus et les métro de la RATP. J’en ai pour plusieurs heures de marche mais je n’ai pas d’autres solutions, nous sommes sous l’occupation, ne l’oublions pas.

A peine sorti de la gare du Nord, je tombe sur un groupe de manifestants. Ils sont 258 000 selon leur propre décompte et 12 selon les 3 policiers présents sur place pour les contenir. Le plus grand hurle dans son porte voix « salaud de gouvernement, salaud de patron !« . Je m’approche du porte drapeau et lui demande « c’est quoi vos revendications du jour ?« . Oui, depuis l’invasion, il nous faut nous renseigner sur les motifs du jour car de ces motifs dépend l’itinéraire à prendre.

Il me répond « vous voulez le vrai ou celui pour les journalistes ?« .

Moi : « Le vrai évidemment, le coup de la loi travail, c’est bon plus personne n’y croit, c’est un secret totalement éventé« .

Il me répond « hier des céhéfdétistes ont réussi à reprendre le 19ieme arrondissement alors on va charger par Belleville avec la coalition héfeau et même un peu de sudistes gauchistes en vilipendant la loi travail bien sûr« .

Hum, ça ne m’arrange pas. Je vais devoir passer par la place d’Italie, ça va me rallonger. Le plus grand continue de cracher dans son porte voix nasillard « La loi travail ne passera pas, on aura sa peau, salaud de gouvernement« 

J’ose un : « dites … le gouvernement a fait un pas en avant hier, non ? vous ne pensez pas que« .

Il m’interrompt « quoi ? vous être pro gouvernement ? » avec son regard lubrique et son teint rougeâtre pigmenté au tanin de Léon Millot.

Moi : « Ho non … s…sssalau.. de gouvvv….ernement » dis-je … « c’était juste que … enfin, je me disais … puisque le Gouv … enfin … ils ont retiré l’article« 

Il m’interrompt : « C’est bon, de toute façon nous on s’en fou, on la même pas lu la loi travail. On n’est pas d’accord, et pis c’est tout ! OK ? t’as compris … nous on veut juste se foutre sur la gueule avec ces salauds de traîtres de céhéfdétistes … allez dégage avant que je te dénonce aux camarades« .

Je file car une dénonciation « aux camarades » ça veut dire qu’il te choppent à plusieurs, qu’ils te fond monter de force dans l’estafette et tu te retrouves ligoté avec un casque sur les oreilles qui te débite l’anthologie des discours d’Arlette Laguiller. J’ai un collègue qui s’est fait chopé la semaine dernière. Il fanfaronnait en disant que personne ne pourrait lui enlever ses idées très à la droite de la droite (mais pas jusqu’à LePen quand même c’est trop sale), très libérales, bien protégé qu’il était par son adhésion au fan club de Bruno Lemaire. Hé bein le mec, aujourd’hui il arrive au bureau en jogging, sandales ajourées mephisto, bob Ricard, un drapeau rouge marteau/faucille dans une main et porte voix dans l’autre : « on me spolie les crocs de bouchers des patrons » qu’il hurle en boucle dans son porte voix, le regard perdu comme s’il cherchait des araignées au plafond …. Fiouuuuu ça fou la trouille. La radicalisation des djihadistes à côté c’est le monde des bisounours.

Bon, c’est pas tout ça mais je dois rejoindre mon bureau. Je remonte la rue Daumesnil, je croise un groupe de manifestants cégétistes fortement encadré par 4 policiers de la BAC « salaud de gouvernement, on aura ta peau » scande le porte voix accompagné par un immense haut parleur qui diffuse « l’internationale » en techtronic remixé par David Guetta … hé oui, personne ne sait à ce jour si le DJ s’est fait choppé par les cégétistes dans l’estafette ou bien s’il inaugure le mouvement de collaborationnistes avec l’envahisseur … l’histoire nous le dira.

Toujours est-il que son dernier titre « Beyoncé loves butcher hooks » fait un carton sur Radio CC. Radio CC c’est la seule radio qu’il nous reste depuis l’occupation. Radio CoCo c’est la radio émancipatrice du peuple qui nous libère de la dictature du capital en nous diffusant une information vraie à travers la sage parole d’un grand philosophe : chaque jour, un des 3 grands philosophes officiels est choisi et un de ses discours est retransmis 14 fois puis Jean-Luc Melanchon le commente en expliquant que l’on peut aujourd’hui aller encore plus loin. Hier c’était le discours d’André Lajoinie et avant hier celui de Robert Hue alors aujourd’hui c’est celui de George Marchais. Bon … j’ai toujours pas compris pourquoi Elkabbach pose ses questions et George Marchais répond à autre chose. Mais c’est sûrement parce que j’ai pas fait l’ENA ….

Bref, arrivé à l’angle de la rue PicPus, je suis interpellé par un parisien qui me demande : « hé camarade ! tu viens ce soir, à Répu’ pour le débat citoyen ? »

Moi : « bein … non, pourquoi ?« 

Lui : « parce que c’est un thème hyper méga important pour notre avenir de peuple libre. On va voter pour ou contre la proposition méga intelligente d’un type totalement a-politique mais vachement encarté à la fédération anarchiste tu vois. Comme tout le monde se bat sur l’âge de la retraite alors lui, il propose que chaque citoyen décide lui-même de la date à laquelle il souhaite partir en retraite. Et aussi que chacun puisse décider du montant de la pension qu’il souhaite toucher !« 

Moi : « heuuu bein … je vais vous laisser débattre … hein ! Je ne suis pas certain de pouvoir faire avancer la proposition plus loin … hum hum. » et j’ajoute « heuuuuu dis ? Ton pote … totalement a-politique mais vachement à gauche quand même … il aurait pas fait l’ENA ? …  » il m’a regardé bizarrement … forcément il avait pas connaissance de mon aventure avec le consultant Cap Gémini.

Après 5h de marche, je suis enfin arrivé au bureau. Enfin pas tout à fait. Je suis arrivé devant le bureau. Hé oui parce que les cégétistes étaient devant notre bâtiment. Si j’ai bien compris le meneur qui s’époumonait dans le crachoir électrique, nous sommes des « salauds de fonctionnaires aux ordres du salaud de gouvernement« . Alors pour montrer leur détermination à renverser le monde, ils ont tout tagué le trottoir et la façade du bâtiment, avec des messages super méga hostiles genre « Salaud de gouvernement » ou encore … heuuuu … aussi « salaud de gouvernement« .

Et comme ils sont cégétistes de chez Peugeot, c’est écrit avec de la peinture de voiture. Comme ça, ça coûtera bonbon à faire nettoyer … et le bonbon sera payé avec l’argent de l’état … donc mon argent de contribuable … ouaip … « salaud de gouvernement » !

Bon, vu les 80 000 cégétistes présents (ou 14 selon la police) et les 200 CRS, je comprends que je ne parviendrai jamais à rentrer dans le bâtiment. Pis de toute façon, je suis parti à 6h15 ce matin et il est déjà 18h00 … je vais faire demi-tour. Avec un peu de chance, en faisant du stop je rentrerai plus vite chez moi qu’en transport en commun qui ne circule plus. Ha non ! j’ai oublié! comme ils ont aussi bloqué les raffineries … il n’y a plus de voiture qui roule …

Bon … je vais marcher, parait que c’est bon pour la santé. En moi, je refaisais les comptes : 258 000 à gare du nord, 595 000 à Daumesnil et 80 000 à la porte des Lilas, ça fait 933 000 manifestants et … heuuu …. 12 au nord, 9 à Daumesnil et 14 au lilas, donc 35 selon la police 😉

35 têtes de bois qui font chi……… 60 millions de français … comment une minorité peut elle être aussi bruyante et bloquer, dans une perspective passéiste de 1936, la majorité qui veut avancer …

Ha oui … j’oubliais, c’est pas parce qu’on bosse dans le service public qu’on est fonctionnaire. Moi j’ai un contrat de travail de droit privé … comme le cégétiste de chez Peugeot !

 

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Madame la présidente, je vous fais une lettre …

Vous avez toutes et tous entendu la controverse actuelle entre Valls et Pécresse sur l’augmentation du pass’navigo pour les Franciliens. Ça m’a inspiré un petit texte, sans prétention, sur l’air d’une chanson connue …

Si vous n’avez pas suivi cette histoire très parisianoparisienne, voici un article sur le huffington post : Le pass navigo  

LE VOYAGEUR

Madame le président*,
Je vous fais une lettre,
Que vous lirez peut-être,
Si vous avez le temps.

Je viens de recevoir,
Votre papier dans le métro,
Pour tuer le pass’navigo,
Pour tous nous décevoir,

Madame le président*,
Je ne veux pas la disparition,
De celui qui m’amène à destination,
En ile de France je suis résident.

C’est pas pour vous fâcher,
Il faut que je vous dise,
Ma décision est prise,
Je m’en vais résister.

Depuis que je suis né,
J’ai vu le ticket Té,
J’ai vu la carte colorée,
Et le pass navigo zoné.
Les parisiens ont tant pass’navigué,
Qu’ils ont oublié le composteur,
N’ont plus peur des contrôleurs,
Et jouent des appli RATPé.

Quand je travaillais ailleurs,
J’ai du prendre ma voiture,
Conduire et c’était dur,
Des heures et des heures.

Demain de bon matin,
Je fermerai ma porte,
Rejoindrai la cohorte,
Des usagers du RER francilien.

Je consacrerai ma vie,
Sur les routes d’Ile de France,
De Nogent à Vitrey-sur-Mance,
Et je crierai aux gens :
«Refusez d’obéir,
Refusez la maladresse,
De la taxe Pecresse,
celle qui va nous appauvrir »

S’il faut donner son argent,
Donnez le vôtre mame Pecresse,
Puisque c’est votre business,
Madame le président*.

Si vous me poursuivez,
Prévenez vos gendarmes,
Que j’ai mon arme,
Des mots bien pesés.

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire et qui veulent la musique 😉

 

Hé hé, j’ai respecté les strophes et les rimes
Il y a juste une erreur … volontaire car c’est un clin d’oeil 😉

A vous de la trouver …

* désolé pour les féministes en herbe, mais si je mets « la présidente » … bein … ça rime plus 🙂 et j’ai bien mis « Madame »

Ma 7eme « chiquenaude de bouche » : Comment les ingénieurs ça sert à rien

Bon, voilà ma 7eme « chiquenaude de bouche » (c’est comme un « coup de gueule » mais en beaucoup, beaucoup, beaucoup moins fort … bein oui, y’en a marre de ces français qui passent leur temps à tout critiquer à outrance)
Alors voilà, encore une fois il s’agit d’une défaillance technologique pour un événement qui semble tellement anodin qu’on se demande pourquoi il n’y a pas un ingénieur qui a trouvé la solution … pfffff … preuve que les ingénieurs … ça sert à rien.

Alors voilà, souvenez vous de la chiquenaude où je m’adressais aux ingénieurs qui travaillent sur nos smartphones. Hé bien je viens de vivre un épisode quasi similaire. Je veux dire par là, un moment de vie quotidienne banal mais perturbé par la technologie, de la mauvaise technologie.

Imaginez la scène : un samedi matin, vers 10h00 , je rejoins mon automobile qui m’attend sagement dans son box fermé du parking de ma résidence. Après avoir chargé les habituels et bi-hebdomadaires bagages, je m’installe fièrement au volant dudit véhicule. Un rapide réglage de waze pour Plombières-Les-Bains m’indique un kilométrage de 369,80 kms. Ouais, comme ça, maintenant vous savez que je suis un utilisateur du GPS Social qui fonctionne sur n’importe quel smartphone, gratuitement. Et si vous et moi passons à proximité l’un de l’autre, pouf ! Waze vous dira que je ne suis pas loin.

Bref, je résume pour ceux qui ne suivent déjà plus : je suis au volant, les bagages dans le coffre, Waze sur 369,80 kms et 3h39 de route en passant par A5 – E54; A5 – E17 – E54 … oui, les lettres avec un chiffre ça veut dire que c’est une autoroute et que ça va te coûter un bras vu qu’il y a quelques années, BIIIIIIIP a vendu pour une bouchée de pain nos autoroutes à un de ses copains. Mais là, n’est pas mon propos.

J’enclenche la première, oups … mais non … il y a belles lurettes qu’on enclenche plus de vitesse avec nos carrioles équipées de boîtes s-tronics robotisées à double embrayages,

Vous avez lu, jusqu’ici toutes les inventions des ingénieurs que j’ai cité ? Le GPS, Waze, le smartphone, la boîte de vitesse robotisée … pffff …. et je ne vous ai même pas parlé des ingénieurs de google qui travaillent sur la voiture sans chauffeur. Vrouuuummm elle avance, un autre véhicule devant, pouf elle ralenti toute seule, elle met le clignotant et elle déboîte en toute autonomie. Une zone à 30 ? Qu’à cela ne tienne, elle a vu et elle ralenti. Un parigot arrive derrière à fond la caisse et lui lance des noms d’oiseaux en klaxonnant ? Qu’à cela ne tienne, la google car lui pète un coup de CO2 dans le nez et lui affiche un panneau « Parigot, tête de veau« . Elle sait tout faire comme un vrai conducteur mais sans personne au volant. Paraîtrait même qu’elle sait avoir des accidents comme un vrai automobiliste parisien … vous imaginez le boulot des ingénieurs pour en arriver là ?

Et pourtant … tous ces ingénieurs n’ont pas trouvé le temps de réfléchir à la plus banal des situations … revenons à mon trajet. Me voilà arrivé au péage des éprunes … BIIIPEUUU … ça c’est mon badge APRR qui m’annonce fièrement qu’il va me pomper plein de neuros chaque fois que je fais un kilomètre … j’accélère. Rappelons-nous de ce samedi 7 mai 2016, il fait soleil, environ 22 degrés, ciel bleu … temps agréable. Du coup le 1er … schplafff … ne tarde pas à arriver !

C’est quoi ce « schplaff » me direz-vous ? hé bien c’est l’insecte qui vient de s’emplafonner mon pare-brise ! Vous savez, celui qui termine en bouillie, jaune et rouge, collée pile devant votre regard ! Et ce n’est pas tout, à 130 kilomètres par heure, vitesse limite autorisée sur autoroute, j’ai estimé à environ un « schplaff » toutes les 5 secondes. Faites le calcul, quand vous arrivez à Plombières les bains vous en êtes à … 2628 insectes écrabouillés sur le pare-brise. Bon, ok, il faudrait distinguer le moustique qui fait un petit « schplaff » et ne macule qu’un peu de pare-brise et le taon de 80 mm qui vient de piquer mémère et qui est gorgé de sang … lui il étale bien sa viande sur 10 cm2 de mon pare-brise … ok je ne suis pas allé jusqu’à ce niveau de finesse dans le détail. Mais admettez qu’arrivé à destination, c’est tout le pare-brise qui est recouvert d’une épaisse couche de « schbeurk » qui trouble la vue ! Et comme il fait soleil, qu’il fait chaud, le pare-brise prend bien la chaleur et « cuit » la viande du moustique pour qu’elle soit bien accrochée.

Et n’essayez même pas le coup de l’essuie-glace parce qu’il ne fera qu’étaler la mixture façon « je barbouille bien gras pour bien répartir sur toute la surface au cas où il resterait un p’tit coin pas atteint« .

Et je ne suis pas le seul, regardez ce que j’ai trouvé sur un forum de cheminots :

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Et pendant ce temps là, nos ingénieurs inventent … des applis pour smartphone qui vous donnent instantanément le prix le moins cher pour un tas de produit plus inutiles les uns que les autres ! Pas un ingénieur qui serait foutu de trouver la solution pour que le moustique ne vienne plus percuter bêtement mon pare-brise … hum … pas un je vous dis ! Ha ça, pour inventer le fil à couper le beurre il y a du monde mais pour éviter l’hécatombe du moustique … plus personne.

Ou alors … c’est un problème de … psychologie ! Hé oui au fond, si on y réfléchi bien … le moustique voit ma voiture, il sait que je roule vite et que s’il croise ma route … « schplaff » … le moustique serait donc … suicidaire ? Et dans ce cas, aucune technologie ne résoudra le problème, seul la psychologie du moustique pourrait y parvenir … hum hum, piste à creuser ..

Mais bon, la conclusion est sans appel … plus d’un siècle d’évolution automobile et pas un ingénieur ne s’est penché sur le seul sujet qui nous pourri nos voyages en bagnole. Bref,  les ingénieurs … ça sert à rien 🙂

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Le Petit Prince visite … Brazil …

Brazil, ça vous parle ? Vous vous souvenez du film ? Bon d’accord, c’est pas tout jeune, il date de 1985 !

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C’est un film complètement strange que l’on doit à Terry Gilliam. Vous savez, c’est l’un des Monty Python. Si je vous dit « Sacrée Graal » forcément ça vous parle. De l’humour totalement British.

Mais bon, au moins, rassurez-moi, vous vous souvenez de la musique du générique : https://youtu.be/yVDOrlugfBI (regardez bien à 1:14)

Bref, un jour, il fait Brazil. Alors ne cherchez pas le lien avec le pays car il n’y en a aucun. Et ne cherchez pas non plus l’humour déjanté façon « un poisson nommé Wanda ». Non … Brazil c’est plutôt un film de SF, ou plutôt de Fantasy, à la manière de « The Wall » pour Pink Floyd ». Mais bon, on va oublier le débat philosophique car là n’est pas mon propos.

Non, voyez-vous, je vous demande de vous souvenir des images du film … la ville futuriste du film … vous vous souvenez ? Des bâtiments étranges, hauts, un peu orangés, dans une architecture improbable, avec des terrasses et des balcons tellement inaccessibles que l’agent de maintenance des « conduits » doit se déplacer en tyrolienne, des allées au milieu des ces immeubles … Bref … un décor qui ne peut être que crée dans un studio de cinéma :

20160403_Brazil_001

Hé bien … pas du tout ! Ces bâtiments existent pour de vrais ! Et ils ne sont pas du côté d’Hollywood … pas du tout, ils sont en France. Si, si vous avez bien lu, ils se trouvent pas loin de chez nous. Du coup, le Petit Prince a profité de son dimanche ensoleillé pour s’y rendre :

LPP_0010_PalacioAbraxas

Bingo ! vous avez reconnu ? Dingue, non ? C’est le Palacio d’Abraxas à … Noisy le Grand en Seine Saint Denis. Il parait même qu’il est souvent utilisé pour des tournages de films. Le dernier en date c’est un épisode de Hunger Games, un blockBuster Américain … c’est dire si ce lieu est super connu … bon, moi je ne connais pas Hunger Games, mais je connais Brazil 🙂

Regardez cette image du film : à 3:53 https://youtu.be/yVDOrlugfBI

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Et comme Télérama en parle, ça doit être vachement intello comme lieu : http://www.telerama.fr/sortir/hunger-games-abraxas-la-cite-futuriste-ou-a-ete-tourne-le-dernier-volet-de-la-saga,135112.php

Bon, pour l’image à 1 minute 14 dans la vidéo … je vous propose ma photo du jour 😉
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Alors … vous voyez que c’est bien le décor du film Brazil … dingue, non ? 🙂

 

 

 

Un train vaut mieux que deux tu l’auras !

Bon, elle pourrait s’enquérir du statut de 7eme « chiquenaude de bouche ». Mais elle ne l’aura pas. Hé oui, c’est comme ça, na ! Vous savez maintenant qu’une « chiquenaude de bouche » c’est comme un « coup de gueule » mais en beaucoup, beaucoup, beaucoup moins fort … bein oui, y’en a marre de ces français qui passent leur temps à tout critiquer à outrance. Mais cette fois, c’est un vrai coup de g… donc ça ne peut pas être une « chiquenaude ».

Alors voilà, vous vous en doutez, il s’agit d’une histoire SNCFesque, « rapport au titre … comme dirait Fernand Naudin dans les Tontons flingueurs« . Je pense que ça va intéresser les cheminots et anciens cheminots, lecteurs de mon blog … car je sais qu’il y en a 🙂

Bref, ce soir, j’ai cette chance suprême de pouvoir quitter le bureau un peu plus tôt que d’habitude. Hé oui, la directrice est tombée, passée par « burn out et profit » et la directrice adjointe est en congés. Oui, je sais, là vous vous dites « dites-donc … beaucoup de femmes dans cette direction« . Hé oui, et encore, je ne vous ai pas dit que nous sommes 3 chefs de département et que les 2 autres sont … des femmes. Bref, je suis le seul homme de ce CoDir pour entendre, chaque mercredi matin, ces 4 femmes se plaindre du scandale que notre institution donne la priorité … aux hommes !

(Ici normalement il y avait 4 phrases qui précisaient mon point de vue sur le sujet mais bon … je préfère le garder pour moi)

Donc, revenons à nos moutons, ou plutôt à nos trains et sa grande organisatrice devant l’Éternelle : la SNCF.

Voyez-vous, pour rentrer chez moi, j’emprunte un RER qui circule ou bien en « omnibus » ou bien en « direct ». Pour faire simple, mais je vous l’ai déjà expliqué dans un autre article, l’omnibus circule à un « train de sénateur » (ça veut dire « pas vite » dans le langage commun) et le direct circule façon « fend la bise, mord le vent » comme disent les marins vosgiens ou encore « vent du cul dans la plaine » pour les vélivolistes. Et les 2 trains se croisent dans une gare située à 3 arrêts de chez moi. Non, non, je vous rassure de suite, il n’y a pas de problème de baignoire qui se vide et de robinet qui goutte pendant que les trains se croisent … ça c’est juste à l’Education Nationale pour « tânner » les marmots du CP

Bref, les habitués du RER savent jongler avec les horaires et les types de train. Du coup, il peut être intéressant de monter dans un « omnibus » pour éviter d’attendre sur le quai au froid. De rouler tout doucement et donc, se faire rattraper par le direct. Et en l’occurrence avec mon RER, on se fait rattraper à la fameuse gare où les trains se croisent … cappiiitchi ?

ReBref, il m’arrive de monter dans l’omnibus pour être au chaud, assis et pouvoir lire plutôt que d’attendre sur le quai humide le direct. C’est ce que j’ai fait hier soir … tsouin tsouin on sent l’intrigue monter …

Rerebref, mon omnibus qui n’avance pas arrive à la fameuse gare. Je fais comme beaucoup d’autres voyageurs, je descends pour traverser le quai et monter dans le direct qui arrive … pas bête l’gars … z’avez vu 🙂

Sauf qu’hier soir, j’ai senti un truc pas net. En descendant de l’omnibus, je comprends que le train qui est sur le quai adjacent n’est pas mon direct. Pas grave me dis-je, celui à quai va partir et mon direct va arriver. Je laisse donc partir mon omnibus car je sais par expérience que cet enf###&&&… de sal####@@… de m@@@###&… de screugneugneu d’omnibus ne le dit pas, mais il va stopper à la gare d’après pour laisser passer le direct ! Je le sais car je me suis déjà fait avoir !

Donc, mon omnibus s’en va et … et … et … rien ! le train ne part pas et mon direct n’arrive pas. Mais là, je ris encore intérieurement pour les zombies restés dans l’omnibus qui doivent attendre à la gare d’après … ha ha ha les nounouilles me dis-je … ha ha ha :-))

Mouais sauf que là, ça commence vraiment à faire long me dis-je … et voilà que la femme du haut-parleur nous bredouille un message inconsistant : « gling glong tsannngggg ……. votre attention siouplait, en raison de branches sur les caténaires à hauteur ….. de …… sproutzmerainville …. le trafic est … (elle fait durer le blanc) …. est totalement interrompu ! Nos agents sont en cours d’intervention »

En clair, mon omnibus est tranquillement arrivé jusque chez moi puisque les branches sont au-delà de ma gare. Et moi, je suis sur le quai à attendre un direct qui n’arrivera jamais !

20160303_RER-EStoppéValDeFontenay Légende : cliquez sur l’image pour l’agrandir et vous lirez sur le panneau (en haut à droite) : « XIBU sans arrêt ». Et le train XIBU est … arrêté ! Logique SNCFesque 🙂

Vous avez compris, ce coup de gueule … il est pour moi ! Car avec la SNCF, un train vaut mieux que deux tu l’auras. Si t’es dans l’omnibus, restes-y plutôt que de vouloir courir la proie pour l’ombre, tu t’y casseras les dents. J’aurais donc mieux fait de rester dans mon « train de sénateur », je serais arrivé tranquillou chez moi alors que là … j’ai du prendre une autre ligne, faire 5 fois le tour de l’île de France, remonter le periph à contresens en trottinette, pagayer sur la Marne pendant 2 heures, prendre le bus noctilien N240 pour Sainte-Gariflette-les-Noix et enfin redescendre sur les gorges du Pouflon avant de pouvoir remonter sur Schproutz-la-Forêt et arriver chez moi après 12 kilomètres à pied (bon, ok, là j’ai un tantinet exagéré)