SNCF, mon désamour :-(

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Pourquoi il faut impérativement réformer et vite la SNCF

La SNCF et ses usagers ne sont plus en phase et je vais vous expliquer pourquoi. En fait c’est assez simple, c’est juste un problème de représentation. Je m’explique. Pour le voyageur, la mission de la SNCF c’est … transporter des voyageurs. Mais pour la SNCF, son point de vue sur sa mission est différent. La SNCF pense que sa mission c’est … faire rouler des trains !

Et là, vous me dites « oui mais pour transporter des voyageurs, il faut faire rouler des trains donc ça matche !« . Grave erreur ! Car les besoins des voyageurs sont très différents des besoins des régulateurs du trafic de la SNCF. Et c’est pareil pour les contraintes. Les contraintes des voyageurs n’ont rien à voir avec les contraintes des régulateurs du trafic des trains.

J’illustre mon propos :

Ce soir, je monte dans un train qui a pour destination « Villiers sur Marne ». Le trajet est très chaotique et on avance pas. Après Val de Fontenay, le conducteur annonce : « compte tenu du retard pris sur notre trajet, notre terminus sera Nogent le Perreux.« . Ici, mon besoin c’est de me rendre à Villiers sur Marne. Le besoin de la SNCF c’est de faire rouler son train. A Val de Fontenay, je me suis déjà pris 12 minutes dans la vue et je peste contre la SNCF qui n’est pas foutue de respecter son engagement de m’amener à Villiers en temps et en heure. Le régulateur de la SNCF, lui peste contre ce train qui ne sera pas de retour à la gare d’Haussmann Saint Lazare au bon moment pour sa rotation suivante. A partir d’ici, la SNCF a 2 options :

  1. elle respecte son engagement envers les voyageurs et elle fait tout pour les emmener à Villiers sur Marne, la destination contractualisée dans le service qu’elle a vendu
  2. elle respecte sa mission de bien faire rouler les trains et elle stoppe son train à Nogent le Perreux pour que le train puisse repartir en sens inverse et être à l’heure à la gare d’Haussmann Saint Lazare

Le message du conducteur est sans ambiguïté. Le régulateur a choisi l’option 2. Nous avons été débarqués à Nogent le Perreux pour que le train puisse bien rouler et être à l’heure à la gare d’Haussmann Saint Lazare. C’est ce que j’appelle, pour le voyageur que je suis, « la double peine SNCF » :

  1. je suis en retard parce que la SNCF n’est pas foutue de faire rouler des trains correctement
  2. je suis jeté au milieu de nul part, loin de ma destination, juste pour combler les besoins du régulateur de la SNCF

Et si on met un peu de psychologie, dans la lecture de cet événement, on dirait que la SNCF a commis une faute – prendre du retard sur le service contractualisé avec le client – et plutôt que de s’excuser platement auprès du client et de l’amener à bon port avec mille excuses et peut-être même, si elle avait le moindre début de « posture de service », elle offrirait un dédommagement … au lieu de cela, disais-je, la SNCF fait supporter le poids de sa faute … sur le client !

Petite comparaison rapide :

C’est un peu comme si tu allais chez ton concessionnaire Peugeot avec une très forte envie d’acheter le nouveau 3008. Tu vas au Show room Peugeot, tu négocies et Pif, Paf, Pouf tu signes et tu paies rubis sur l’ongle, soit beaucoup d’euros, un magnifique modèle de Peugeot 3008 personnalisé avec plein d’option tout ça. 2 mois plus tard, ton concessionnaire t’appelle pour t’annoncer la livraison de ton magnifique véhicule. Tu te pointes à la concession et là … surprise ! C’est une épave d’ami 8 que tu dois réceptionner. Hé oui, car le besoin de ton concessionnaire c’est de se débarrasser d’une épave qui l’encombre et pas du tout de répondre à ton besoin d’avoir un véhicule pour emmener les enfants à la plage à Berck sur Mer pour voir le festival de cerf-volant d’avril 2018. Car le concessionnaire il s’en fout de ton besoin, lui il doit se débarrasser d’un encombrant et c’est tout ce qui le motive. Et en plus, si tu prends pas la vieille ami 8 pourrie, il t’annonce qu’il fera grève ! Donc tu devrais être content de toucher une épave d’ami 8 … le service de la SNCF, aujourd’hui c’est ça … (cf ma démonstration ci-dessus)

hum … vous comprenez mieux ce problème de  représentation différente maintenant ?

Bref, il est grand temps de réformer la SNCF pour qu’elle change de représentation et qu’elle se mette vraiment au service des voyageurs … en termes techniques cela s’appelle « la posture de service ». Et si la SNCF a besoin de visionnaires à long terme, je me ferai un plaisir de les aider dans ce processus de changement 😉

 

#maligneEvacraquer

Si vous voulez une démonstration plus détaillée, vous pouvez lire mon article « https://fabien292.wordpress.com/2017/11/26/allo-chef-ya-un-truc-qua-fait-toc/ »

News du 05/06/2018 :

Regardez bien ce mail que je viens de recevoir :


Il est daté du 05/06/2018 à 19h08 (en haut à droite du mail). Sachant que mon abonnement fréquence est a échéance le … 06/06/2018 à 00h00 soit … dans 4h52 !

Alors comment te dire madame SNCF … l’assistante n’a pas attendu demain que ma carte soit périmée pour refaire l’abonnement. Du coup, ton mois supplémentaire en juin, je ne le verrai pas puisque ma carte a maintenant une expiration au 05/05/2019 ! Donc la gratuité du mois de juin prendra automatiquement effet le 06/06/2018 pour un mois … déjà payé et encaissé par la SNCF. C’est ce qu’on appelle « Raser gratis » …  CQFD … la SNCF ne cherche pas à comprendre la situation du client. Elle raisonne de son propre point de vue et de ses contraintes à elle …

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Quand tu pars en mission, fais confiance au plus malin que toi

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Cet article est un témoignage à la gloire du bon usage de l’argent public.

Préparer une mission, cela veut dire préparer le contenu du dispositif d’investigation pour réunir les éléments factuels dans l’objectif d’éclairer les questions posées à la mission… ouf ! Mais cela veut dire aussi, organiser les déplacements sur le terrain. Vous avez compris que je ne parlerai pas du 1er point qui est intrinsèquement très ennuyeux. Par contre, je vais m’en donner à coeur joie sur la logistique du déplacement en région. Et préparez vous à lire du lourd, à découvrir des révélations inattendues et surtout à accéder à des informations jamais divulguées sur le fonctionnement des centrales de réservation d’hôtel qui travaillent pour le service public et donc … rémunérées avec votre argent que vous avez donné avec joie au trésor public.

Bref, l’institution pour laquelle je travaille a donc passé ce qu’on appelle un « marché ». Tiens, un jour, il faudra que je vous parle du mécanisme de l’appel d’offre. Ca vaut son pesant de cacahuète. Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à la réservation d’hôtel. Peut-être vous souvenez-vous de cet autre article où je parlais d’un hôtel avec vue mer ? Si non, ce n’est pas grave, je vais vous narrer comment ça fonctionne.

Alors voilà, je me rends sur le site de notre prestataire. C’est l’agence de voyage qui a remporté le « marché ». Pour nous, c’est SBV. Oui on aime bien parler en acronyme. Et ne venez pas me dire que SBV veut dire « Société Bretonne de Volaille » (bruit de poules). Non, non, c’est « Selectour Bleu Voyage ». Dit comme ça, ça claque. Mais attendez de voir le résultat.

Alors, pour commencer, tu cherches partout comment entrer ton identifiant et ton mot de passe parce que l’assistante t’as donné ça mais que sur l’écran SBV bein … y’a pas ! Si si, vous pouvez vérifier : http://www.bleu-voyages.fr/

Bref, pas le choix, faut sortir le manuel PDF de 54 325 pages et essayer de trouver le mode opératoire qui va bien. Bon bref, 3h et demie plus tard, tu as enfin trouvé. Tu fais ta recherche. Genre, je cherche un hôtel à Toulouse pour les nuits du 21 au 22 mars et du 22 au 23 mars 2018. Et POUF il t’affiche la liste des hôtels disponibles sur une jolie carte avec des flèche rouges et vertes. Oui, au prix où on le paie, il a paramétré son logiciel en fonction de nos règles de remboursement des frais de déplacement. Et nos règles sont plutôt draconiennes …  rapport au bon usage de l’argent public tout ça.

A ce moment là, tu tires la tronche. Pourquoi me direz-vous ? Hé bien voyez-vous, bizarrement il n’y a aucune flèche sur le centre ville ! Toutes les flèches sont à l’extérieur de la rocade. Je ne sais pas si vous connaissez la rocade de Toulouse.  Mais on pourrait dire que « La rocade est à Toulouse, ce que le périph est à Paris« . Pour le dire autrement, il n’y a aucune flèche dans les quartiers sympas. Il n’y a des flèches que dans le neuf trois du côté de la Courneuve …genre gîte sympa « chez Jawad Bendaoud ».

Donc, SBV me propose que des hôtels très loin de là où je vais en mission. Alors, histoire de me faire une idée, discrètement … sans que SBV me voie … je prends mon téléphone portable et je fais mine de décrocher mon téléphone.

Moi : « oui … ha c’est toi ! Oui ne quitte pas … »

Et je je me lève pour aller dans le couloir, loin de la vue de SBV. Et là … PAF … je cherche avec mon tel sur tripadvisor … un concurrent de SBV que tout un chacun peut utiliser sans devoir payer très cher un appel d’offre. Bon, moi je dis ça … je dis rien …

Résultat ! Je m’en doutais ! Des hôtels disponibles dans le centre ville de Toulouse … il y en a pléthore ! Et dans nos tarifs des règles budgétaires de la mort qui tue pour bien utiliser l’argent public … il y en a ! La preuve :

Donc, ni une ni deux, je reviens devant mon ordi. Je m’assoie calmement dans mon siège. Je pose tranquillement mes deux bras sur les accoudoirs. Je regarde SBV droit dans les yeux et je lui dis :

Moi : « dis-donc, mon p’tit bonhomme … tu serais pas en train de m’entourlouper ? Hum ? Moi … je souhaite un hôtel au centre ville ! »

Et v’la t’y pas ce qu’il me répond le bougre

SBV : »ha mais mon pauvre monsieur. Vous pensez bien que c’est la toute première recherche que j’ai faite en priorité numéro 1. Mais voyez-vous, justement du 22 mars au 23 mars, à Toulouse c’est la Cassauce2018 … vous savez bien … la grande conférence mondiale de l’assaisonnement bio du cassoulet de l’ouest toulousain ! Alors vous pensez bien, trouver un hôtel au centre ville à cette date, c’est complet depuis 3 ans déjà ! »

Moi : « la … la Cassauce2018 ? … vous êtes certain ? »

SBV : « un peu mon n’veu ! Et si vous trouvez quelqu’un qui prétend vous vendre une chambre alors je vous fiche mon billet que c’est une arnaque à la carte bleue : vous réservez la chambre et quand vous arrivez sur place … POUF … pas d’hôtel … c’était du bidon ! Ha combien de clients se sont fait avoir comme ça ! »

Moi : « Mouais … » genre pas très convaincu

Mais bon, je n’ai pas vraiment le choix puisque je dois faire mes réservations avec SBV pour le bon usage de l’argent public tout ça.

SBV :  » bon alors, je vous ai trouvé un magnifique package premium, petit déjeuner inclus, pour vos deux nuits à Toulouse. Un hôtel remarquable que je vous recommande fortement … j’y ai moi-même séjourné pour mes vacances l’été dernier. C’était vraiment de très très belles prestations. Je vous fais cette réservation ? Attention il faut répondre vite car les chambres partent à très grandes vitesse … vous pensez une telle qualité »

Bref, je n’ai guère le choix. J’accepte ce « package premium avec petit déjeuner inclus« .

Nous voici au 21 mars. Après une journée éreintante, harassante, exténuante, fatigante, abrutissante, fastidieuse, usante, assommante … distrayante, captivante … ha zut, ça c’est les antonymes. Oui, j’aime bien utiliser le dictionnaire des synonymes 😉

Bref, le GPS nous amène devant le super hôtel et son « package premium avec petit déjeuner inclus« . Quand la voiture s’est engagée dans la petite contre allée derrière le carrefour drive, là où’sse que les employés sortent les grosses poubelles façon containers de 2500 litres sur roulettes qui schlinguent le rat mort depuis 3 semaines, et que le GPS annonçait « arrivée à 50 mètres », j’ai cru m’être trompé dans l’adresse de destination. Mais non, il y a avait bien là une grande borne lumineuse avec la marque de l’hôtel et surtout le prix de la chambre pour cette nuit … « 52 euros ». Heuuu hum alors comment dire … SBV me l’a vendue à « 108 euros » quand même ! Qu’il prenne une marge je veux bien mais là … il prend … attendez … je pose 3 et je retiens 2 … 107.69% Ha oui quand même …

Bref, on entre à pas mesurés. Ou, comme on dit dans le nord, on entre « avec les sabots de plomb« . Il y a une dame derrière le comptoir

Moi : « bonjour madame. On a réservé présentement pour deux nuits consécutives dans votre charmant petit établissement campagnard »

La réceptionniste : « Humm … oui effectivement. 2 chambres pour 2 nuits. C’est parfait »

Moi : « Dites … y-a-t-il de quoi se restaurer pour ce soir ? »

La réceptionniste : « Oui, oui tout à fait. Au centre commercial juste là. Vous trouverez plein de restaurants… »

Moi : « très bien. Merci madame. Que la soirée vous soit bonne et parfaite »

On s’en va vers l’ascenseur et quand on est finalement assez éloignés, elle ajoute

La réceptionniste : « Mouahh chouaaa pouaaa n’iou pavlovski dou pouchy 19h30 … hei ! »

Bon, clairement ou pas justement puisque j’ai rien compris, je continue mon chemin. Ça ne doit pas être très important  me dis-je. donc je lui réponds

Moi : « Merci bien pour toutes ces précisions et la bonne soirée à vous, n’oubliez pas d’embrasser le chien et changer l’eau du poisson rouge »

Comme ça, me dis-je, je pense qu’elle aussi n’aura rien compris … hi hi hi 😉

Bien, revenons à notre première impression. Il s’agit de l’hôtel « Montempô Apparthôtel Toulouse Balma ». Alors comment dire, vous avez le terme « Hôtel » dans l’appellation mais … ce n’est pas un hôtel. Voyez-vous, comme la pièce d’environ 7 m2 est équipé d’un meuble cuisine-évier-frigo, cela devient un « apparthôtel » … oui, oui c’est un concept …

Alors, si vous recherchez un coin pour dormir, le moins cher possible, au milieu d’une zone commerciale déserte à la nuit tombée, dans la banlieue la plus sordide d’une grande ville, du style « Formule 1 » pour réfugiés syriens alors … allez y car cet établissement peut correspondre à votre recherche. Mais si vous cherchez un … hôtel avec une chambre tout ce qu’il y a de plus classique alors fuyez à toutes jambes car la déception est au bout de la réservation.

J’arrive à ma chambre, non sans avoir croisé un groupe de 3 grands gaillards façon armoire lorraine, en tenue de chantier, le casque à la main et justement, dans leurs mains, de gigantesques sacs plastiques du centre commercial d’à côté. Sauf celui plus à gauche qui avait dans chaque main, un pack de 96 x 33 cl de Kro et débordant de son sac à dos, deux cubi de 250 litres d’Espicrace le branlou ce petit rouge local au cépage de Léon Millot.

Arrivé à ma chambre disais-je, j’introduis la carte dans le logement prévu à cet effet. Après un … touiiiiiite électronique … la lumière passe au vert et je peux clencher. A peine ai-je ouvert la porte que l’espace chambresque s’offre à moi. Stupeur et interlocation ! Oui, je suis interloqué ou mieux comment dire, je suis … émotionné, presque émoustillé. Tout d’un coup, toute ma vie défile devant mes yeux. Non, je vous rassure, je ne suis pas mort. C’est juste que cette chambre ressemble à celle dans laquelle j’ai dormi il y a de cela … 17 ans en arrière ! Si si, j’ai fait le calcul. Voyez-vous cet hiver là, je me trouvais dans la magnifique bourgade de Verdun dans la Meuse. Et ce jour là, une tempête de neige avait surpris tout le monde jusqu’au plus anciens qui connaissaient pourtant bien la rudesse du climat meusien en hiver. Pas moins de 4 mètres de neige en moins d’une heure. Plus moyen de rouler car il n’y a avait plus de route. Du blanc à perte de vue. Et moi qui devait rentrer à la maison 85 kilomètres plus loin, je me retrouvais bloqué sur place. Ce jour là, dans son immense bonté légendaire, l’afpa organisme de formation, me proposa de dormir dans une chambre de son hébergement. C’est ce que je fis puisque je n’avais pas le choix. D’ailleurs, c’est ce qui me permet de dire aujourd’hui aux plus jeunes … « oui bonhomme … moi … j’ai fait Verdun ! »

Bref, la chambre que j’avais devant moi ressemblait, trait pour trait à un hébergement afpa : même linoléum par terre, même lumière éclatante d’un gigantesque néon au plafond, 5 mètres plus haut pour qu’on ne puisse pas l’atteindre même avec un manche à balai, même table en formica collée contre le mur, même chaise unique en plastique unilever, même armoire en panneaux de particules à 4 sous imitation sapin moche, même grande fenêtre en PVC blanc du sol au plafond, sans rideau pour que toute la rue admire tes abdos chocolats quand il ne te reste que ton caleçon au sortir de la douche et surtout … 2 lits individuels pour ouvriers du BTP collés chacun à son mur. Hé bien vous me croirez … ou pas mais … j’ai senti les larmes à mes yeux. La perception du souvenir était trop forte : « oui … moi … j’ai fait Verdun ! »

Et ce que vous ne voyez pas sur cette photo, c’est le meuble « mini-cuisine » qui contient le célèbre mini-frigo des Apparthôtel. Célèbre car il fait, toute la nuit, un bruit de tractopelle qui rétrograde en première dans la montée de la Côte de Bourmont et crache la fumée noire de mazout … le mini-frigo qui vous pourri bruyamment la nuit.

Ceci posé, ce que vous ne sentez pas non plus, c’est l’odeur du kloug colmaté aux spoutzis que sont en train de préparer les ouvriers moldaves de la chambre d’à côté. Oui, ce sont les 3 grands gaillards que j’ai croisés dans le couloir en arrivant. C’est amusant d’ailleurs, de constater  à quel point les spaghettis bolognaises des ouvriers italiens de l’autre côté ne parvient pas à masquer les relents de Kloug. Hé oui, n’oublions pas que nous sommes dans un apparthôtel et que tout est prévu pour pouvoir préparer sa petite pitance.

Bref, tout cela m’ayant ouvert l’appétit, je décide de rejoindre le centre commercial tout proche comme me l’a indiqué la tenancière de cette cambuse.

C’est vers 19h45 que je suis arrivé sur les lieux de ce qui ressemblait plus à une scène de drame dramatique. Des dizaines et des dizaines de personnes semblaient s’enfuir en poussant devant eux leurs lourds chariots emplis jusqu’à déborder.

« Mon dieu me dis-je… qu’est-ce quoi donc ? Où est donc Ornicar ? est-ce là encore un horrible forfait d’un quelconque décérébré désirant imposer sa chaste vie sans alcool à quelques malandrins souhaitant seulement s’abreuver d’une pinte de houblon au coin d’un bar après une dure journée de labeur ? Mais si c’est le cas … alors … je n’aurai jamais le courage d’un colonel de gendarmerie ! Que faire ? M’enfuir à toutes jambes comme tous ces pousseurs de caddies ? »

C’est alors qu’en marge du flot de chariots à roulettes je perçois un client vautré par terre pour récupérer un paquet de 250 gr de Spaghettis Barilla aux oeufs frais pondus par des poules élevées en plein air. Le paquet était tombé de son chariot alors que les trépidations de sa machine secouaient énergiquement son contenu.

Je m’approche et lui demande

Moi : « Que vous arrive-t-il mon brave ? Pourquoi courrez-vous ainsi ? »

Le type avec son paquet de nouilles : « bein, c’est la fermeture … t’es pas d’ici toi … banane ! si tu sors du parking avant 20h c’est gratuit et après tu paies. Alors on se dépêche … »

Moi : « ha oui … évidemment … sinon, les spaghettis … c’est al dente la cuisson … ok ? »

Je peux donc me diriger gaillardement vers l’entrée du centre commercial. Ha oui mais … ici, en banlieue de Toulouse, nous ne sommes pas à Paris. Et les règles sont différentes. Voyez-vous j’apprends à mes dépends que le centre commercial qui ferme c’est … tout le centre commercial qui ferme même les restaurants ! Et de toute façon plus moyen d’entrer car les volants roulants descendent … inexorablement !

Bon, très bien. Je fais un tour sur moi-même pour constater que la zone commerciale se vide progressivement. La nuit déjà tombée semble maintenant s’écraser au sol et imposer sa noirceur à la tristesse des hangars métalliques au enseignes pourtant fleuries. Conforama par ci, Aubert par là, Sergent Major, Kiko, H&M, Jules, Orange, Norauto, Kiabi, Parking Métro, Cédez le passage, Balma – LaFoufount, Relais Métro-Bus, Z.A. Montredon, etc … quand subitement mon regard est attiré par un cube éclairé différemment. Oui je reconnais intuitivement les couleurs de cette enseigne. Je ne peux pas encore lire le nom mais mon instinct de parisien me dit que c’est un … Burger King ! Une valeur sûr ! Bref, je marche dans sa direction et effectivement après 4h de marche, je peux distinguer le célèbre logo inspiré du non moins célèbre Wooper !

Courage Bebel, d’ici 5 à 6h de marche, tu y seras. Mais quel ne fût pas mon désarrois une fois sur place ! Il était bien tout illuminé mais à l’intérieur … rien ! Les travaux ne sont pas terminés. C’est alors que j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps devant le Burger King en construction et mon Wooper évanescent comme la brume sur le lac de Morimont, au petit matin du 31 Februarius de l’an du seigneur 1115, contemplé par les moines cisterciens venant tout juste de se rejoindre au presbytérium pour la prière en mémoire des renards chassés la veille au bâton de feu par les gueux.

Bref, j’ai finalement échoué au KFC. Une autre enseigne de nourriture industrielle mais nettement plus … comment dire … plus … chargée en lipide. Ou pour le dire plus clairement « ça sent très fort le graillon quand tu franchis la porte« . Hé oui, le concept de KFC c’est « tout est cuit dans l’bain d’huile« . Hé oui, je sais, c’est franchement pas terrible mais c’était la seule gargote ouverte ce soir là dans cette immense zone commerciale d’une banlieue perdue de Toulouse.

J’ai donc mangé mon Tower Original en me disant qu’à chaque bouchée je remplissais mes artères de gras forcément saturé. Une bouchée de Tower, une frite bien grassouille en faisant attention que le surplus de gras coule sur le papier absorbant du plateau et non sur mes Weston mocassin à pampilles noir ni sur mon costard Arnys que ma remis le week-end dernier mon ami Robert B. Et pour couronner le tout, je ne pouvais même pas faire glisser le tout avec un Coca Zéro car chez Kentucky Fried Chicken tu bois du Pepsy et pis c’est tout.

Bref tout en réduisant mon espérance de vie, je pensais à la douillette chambre qui m’attendait pour une nuit pleine de rêves et de jolis songes.

C’est donc rassasié que j’entrepris de faire les 8h de marches en sens inverse pour ramener à l’hôtel mes odeurs de graillon. Arrivé à hauteur dudit établissement, je vois du monde s’agiter sur le pas de la porte.

Je n’ai rien contre les d’jeuns qui louent des grosses BMW ou autres AUDI pour se pavaner dans les rues huppées de Toulouse. Puis qui vont pour la nuit, se terrer dans un hôtel le moins cher possible. Mais bon … ce soir, en revenant vers ma piaule de stagiaire afpa, j’ai croisé 2 d’jeun’s sortants d’une énorme BMW stationnée devant la grille d’entrée du garage. Ils avaient leur capuche tellement enfoncée sur leur tête que demain, je serai incapable de les décrire aux gendarmes. En effet, il ne fait aucun doute que ces derniers viendront me demander si je peux les aider dans une affaire de traffic de stup qui se sera déroulée la nuit où j’essayais de dormir dans cet établissement.

Puis en arrivant à la porte d’entrée, c’est une charmante famille de 7 personnes originaire des pays de l’est qui m’a lâché la porte dans la figure 😉 Je n’ai rien contre les familles originaires des pays de l’est. J’en ai contre les lourdes portes lâchées de manière impromptues dans ma tronche.

Las de cette soirée aux accents exotiques, je me suis laissé choir dans mon lit, non sans avoir tourné et tourné le manche du volet roulant pour le descendre. En effet, je ne souhaitais pas que toute la rue puisse admirer mon boxer « Le Slip Français » en flanelle duveteuse avec petits élastiques … là … et mes abdos façon tablette de chocolat.

Profondément enfoncé sous la légère couette d’été en ce 21 mars 2018 et ses -24 degrés ressentis, je règle l’alarme de mon smartphone sur 6h45 et je le pose sur la table de chevet … BOUM … « boum, quoi boum ? Hé merdeuuuuuu j’ai oublié qu’il n’y avait pas de table de chevet ! »

J’ai donc tenu le téléphone dans ma main toute la nuit. Mais ce n’est pas la raison principale pour laquelle je n’ai pas fermé l’oeil. Non, voyez-vous ma chambre est judicieusement placée en front de route départementale et juste au dessus de la porte automatique d’entrée du parking de l’hôtel.

J’ai donc pu apprécier, tout au long de la nuit, le frais gazouillis des moteurs diesel ralentissant, freinant, débrayant avant le passage du ralentisseur puis faisant la manœuvre inverse après le passage dudit ralentisseur. Et au petit matin, après 12 heures d’expérience, j’ai pu évaluer la qualité du soin que met chaque conducteur à débrayer puis embrayer, freiner puis accélérer au passage des dos d’âne, dans une mélodie des culbuteurs et arbre à came dont on ne soupçonnerait pas la capacité à tenir en éveil tout au long de la nuit.

Bref, après une nuit à ne pas dormir j’ai fini par fermer l’oeil vers 7 heure du matin, non sans avoir balancé mon smartphone dans la porte du mini-frigo qui venait de redémarrer pour la 1452 ieme fois. Tellement épuisé de lutter contre le bruit que mes neurones ont sombré d’eux même. On n’aurait pu me passer Carmina Burana à donf que plus rien ne pouvait me réveiller. Ou peut être si …

Voyez-vous, c’est une odeur qui m’a réveillé. L’odeur de cochon grillé. Si si, je vous assure, les ouvriers moldaves d’a côté, comme chaque matin, faisait leur sanglier à la broche pour leur petit déjeuner. C’est que … ça bosse fort un ouvrier moldave alors il faut le recharger en énergie avant la dure journée de labeur.

Bref, comme je n’avais pas le choix puisque, moi aussi, une nouvelle journée de dure labeur m’attendais, je me suis levé. C’est donc en traînant un peu les pieds que je me suis rendu à la salle du petit déjeuner au rez de chaussé.

De toutes petites tables en formica, des tabourets en plastique et un buffet parcimonieux m’y attendait. Je retrouvais bien là, l’esprit de la cantine pour stagiaires du BTP. 2 tartines de pain, un peu de beurre doux, un grand café, mon plateau était près pour un petit déjeuner façon « package premium« . Je comprends mieux pourquoi mes ouvriers moldaves ont préféré l’auto-organisation et le sanglier à la broche.

Bref, mon collègue me rejoint et contre toute attente la première chose qu’il me dit c’est « Si tu veux on annule la résa pour ce soir et je me charge de trouver plus confortable« . Vous pensez bien que je l’ai remercié de cette idée géniale.

Etape 1 : on regarde tripadvisor

Etape 2 : on trouve un hôtel avec 2 chambres disponibles dans les tarifs des règles de bon usage de l’argent publique machin tout ça. Bingo ! Hôtel Ours Blanc-Wilson quatre étoiles en plein centre de Toulouse, 2 chambres à 88 euros. Nickel chrome et c’est 20 euros moins cher que ce foyer SONACROTA 🙂

Etape 3 : on réserve le 4 étoiles et on passe un petit mail à l’assistante pour qu’elle annule auprès de SBV la nuitée de ce soir.

Etape 4 : on trouve une stratégie pour expliquer pourquoi on a du annuler cette résa et trouver un hôtel par nous même sans passer par SBV. Hé oui parce que là, on va payer nous-mêmes et on se fera rembourser aux frais réels sur justificatif. Heuuuu … on va dire que …. heuuu …. il y a eu une fuite de gaz dans l’hôtel et qu’il a du être évacué par précaution. Et donc on a du se trouver un hôtel par nous mêmes. Ca tient la route non ?

Etape 5 : il reste à dire à la concierge de l’hôtel qu’on ne sera pas là ce soir.

Moi : « bonjour madame, voilà on vous rend la carte de la chambre »

La réceptionniste : « Vous avez passé une bonne nuit ? »

… Grand blanc …

Mon collègue : « Pas vraiment ! D’ailleurs nous somme vraiment désolé mais nous avons fait annuler notre réservation pour ce soir. Ha oui dites, le 52 euros affiché sur votre borne devant … c’est vraiment le prix de la chambre ? »

La réceptionniste : « Bein oui. C’est 52 euros pisque c’est affiché 52 … »

Mon collègue : « Ha ouais parce que … regardez, sur notre voucher c’est … regardez … 108 euros … »

La réceptionniste : « Bein oui mais regardez… vous êtes passés par SBV, une agence de voyage. Moi … votre agence de voyage elle va me payer 52 euros …pour la différence … il faut demander à votre agence de voyage. »

On est donc partis, traînant notre fatigue, nos jambes, nos valises … les deux, celles à roulettes et celles sous les yeux …

Après la journée exténuante tout ça de travail, on est arrivés à l’Ours Blanc Wilson au centre de Toulouse. C’était quand même un peu autre chose et surtout, on a fait économiser 2 fois 20 euros soit 40 euros d’argent public !

Bref, quand tu pars en mission, fais confiance au plus malin que toi. Un jour je vous raconterai comment, dans une situation quasi similaire et avec le même SBV, on a contourné le système est on a passé la nuit à l’Abbaye des Capucins, hôtel 4 étoiles à Montauban. Evidemment avec le même collègue débrouillard et ses compétences affûtées en tripAdvisor.

Et en faisant cette folie, on a fait économiser 2 fois 6 euros d’argent public. Bref, en couchant dans des 4 étoiles, je contribue à la réduction de la dette publique … trop fier …

Un jour, quand je rentrerai au bureau, j’irai revoir monsieur SBV et je lui dirai ce que je pense de son « package premium avec petit déjeuner inclus« . Je crois que je lui dirai un « merci premium avec un grande tarte dans sa gueule incluse »

Ha tiens, et pendant que j’y suis, je propose un petit texte descriptif pour les sites de réservation en ligne qui en auraient besoin :

« Un ravissant petit hôtel familial situé dans la banlieue Est de toulouse. On appréciera particulièrement l’ambiance sonore environnante. Votre nuit sera paisiblement bercée au léger gazouillis des moteurs diesel des voitures, camionnettes et autres poids lourds apportant leur marchandises aux différents chalands de la zone commerciale alentour. On sera attentif au soin que met chaque conducteur à débrayer puis embrayer, freiner puis accélérer au passage des dos d’âne, dans une mélodie des culbuteurs et arbre à came dont on ne soupçonnerait pas la capacité à tenir en éveil tout au long de la nuit.

L’architecture intérieure, finement ciselée et pleine de références aux plus grands artistes néo-contemporains, est du plus effet. Les chambres, d’inspiration néo-sonacotra, rappelleront aux anciens stagiaires de l’afpa, leurs mémorables soirées chichon-picon-bière. Pour les autres, elles vous rappelleront vos années dortoir. Celles où vous posiez le matin vos pieds encore endormis sur le linoléum froid.

Si la sobre table, que d’aucun penserait d’inspiration Starck, est délicatement engoncée entre le pied de lit et l’armoire, c’est pour mieux rappeler à celui qui a connu le milieux carcéral, l’optimisation de l’espace d’une cellule de réflexion.

Et vous ne manquerez pas d’occuper votre soirée à tenter de vous connecter au réseau wifi taquin qui apparaît mais ne transmet rien. Quel souvenir garderez-vous de votre nuit ? Sans aucun doute, celui du démarrage à intervalle régulier du mini-frigo imitant à la perfection le ronronnement d’un réacteur d’airbus made in France fabriqué tout près de notre établissement … haaaa quelle fierté ! »

 

 

 

Allo chef … y’a un truc qu’a fait TOC !

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Cet article pourrait s’intituler « de l’administration publique de 1940 au service public du XXIe siècle, 77 ans d’évolution » … comme Tintin ! Bein oui parce que je partais carrément sur un article scientifique et c’est vraiment pas le ton de mon blog 😉

Bref, je vais donc vous montrer comment l’administration de 1940 a évoluée … ou pas.
Voyez-vous en 1940, l’usager avait le droit de venir dans les locaux de l’administration pour remplir 25 pages de feuillets XF241A qu’il remettait ensuite à un type encostardé qui lui criait d’une voix nasillarde derrière un hygiaphone : « vous avez oublié de renseigné la case G8 en bas à gauche de la page 12. Reprenez votre papier et vous reviendrez la semaine prochaine ! »

Au XXI e siècle, le service public s’est enfin rendu compte qu’il fonctionnait avec l’argent du contribuable. Et que le contribuable était aussi le client auquel il fallait rendre service. Alors l’administration a effectué sa mue en service public. Et avec cette mue est arrivé la « posture de service » :
– je ne beugle plus dans l’hygiaphone, je parle normalement à la personne
– Je ne suis plus tout puissant, c’est le client qui a raison
– ce n’est plus l’administration qui dicte ses règles, c’est le besoin du client qui prime
– ce n’est plus l’administration qui impose ses contraintes aux usagers, c’est le service qui répond aux attentes des clients
– etc …
Mais tout ça c’est … pas pour la SNCF ! Car la SNCF n’a pas encore fait sa mue. Elle a bien saupoudré par ci par là quelques « trucs » numériques digitaux, histoire de faire comme tout le monde mais pour la « posture de service » … c’est encore 1940.

J’illustre mon propos car il faut toujours apporter des faits concrets pour argumenter ce qui pourrait s’apparenter à un jugement de valeur.

Nous sommes lundi 20 novembre 2017, il est aux environs de 18h00, j’arrive à la gare Haussmann Saint Lazare. le RER E en direction de Tournan en Brie partira dans 12 minutes, j’ai donc le temps devant moi pour rejoindre le quai 32. Je ne me presse pas.
En bas de l’escalator, je regarde vers le quai 32, le train est là, bondé, les portes grandes ouvertes. Un oeil à l’écran d’information : destination Tournan en Brie et le célèbre « Départ imminent » qui clignote. Oui le « départ imminent » est célèbre car c’est celui qui s’affiche quand … le décompte du temps a dépassé le 0 et que le train est toujours à quai. C’est un peu comme la fusée Ariane : 3 … 2 … 1 … 0 ……. j’ai dit 0 ….. hou hou c’est 0 …. et la fusée reste droite dans ses bottes, stoïque, bref c’est le « tout marche mal navette. »

Sur le RER E on a ça aussi. L’écran affiche le décompte du temps avant le départ et à 0, zou le convoi s’ébranle et le train s’en va. Alors quand le compteur arrive à 0 et que le train ne s’ébranle pas bein … le 0 clignote comme pour dire que « ça va pas tarder à le faire ». Et quand ça fait un petit moment que … « ça va pas tarder à le faire » bein ça passe à « départ imminent » … qui clignote lui aussi. Et là, généralement, ça sent pas bon.

Enfin bref, je comprends que c’est le train précédent qui n’est pas parti. Pour moi, c’est pas plus mal car je vais prendre celui-ci qui me fera gagner 10 bonnes minutes sous réserve … qu’il s’ébranle rapidement.

J’étais à 2 doigts de monter quand … une annonce sur le quai. C’est une annonce genre « j’ai l’hygiaphone en cornemuse ». Et visiblement, ce n’est pas une annonce générique genre « Des pickpockets sont susceptibles d’agir dans cette gare, faites attention à votre smart« … oui, parce que je viens d’apprendre que la smart est l’automobile la plus volée … ou encore « Pour changer de quai, veuillez utiliser les passerelles ou le passage sous-terrain ou la téléportation » ou même « En cas de constipation prolongée veuillez composer le 31 17 7″. Bref, vu la durée du message, ça à l’air d’être du sérieux. Mais, comme je le disais un peu plus avant, c’est incompréhensible. C’est d’ailleurs ce que je réponds à la dame, restée dans le train et qui me demande

La dame dans le train : « qu’est-ce qu’il dit ? »

Moi : « je ne sais pas … je ne comprends rien ! »

Et c’est à ce moment qu’il y a eu un mouvement de foule. Les 3/4 des voyageurs sont descendus de voiture. Du coup, je me suis demandé s’ils avaient, eux, compris l’annonce énigmatique ou bien s’ils agissaient par instinct vu qu’à chaque fois que le « départ imminent » clignote et qu’il y a une annonce énigmatique ça veut dire que le train partira pô et pis c’est tout.

J’en profite pour monter dans le train et trouver une place assise vu que la moitié des voyageurs vient de déserter comme je l’expliquais juste avant.

Et là … (alleluia) … le gong retenti et le train s’ébranle ! « Tournan en brie nous voilà !« . Je regarde par la fenêtre, le regard médusé des voyageurs descendus 3 secondes plus tôt. La SNCF aurait voulu vider le train qu’elle ne s’y serait pas prise autrement. Bref, notre train roule vers Magenta, à très petite vitesse pour bien faire la nique aux voyageurs restés à quai.

Magenta, jusqu’ici tout va bien. Tout d’abord l’annonce « Ce train est à destination de Tournan en Brie. Il desservira les gares de (glurp) Rosa Parks, Val de Fontenay puis toutes les gares de Villiers sur Marne à Tournan« . Oui, il y a un « saut de tonalité » pour l’annonce de « Rosa Parks » car la gare est nouvelle. Donc, plutôt que de refaire les enregistrements, Marcel a coupé les bandes son. Il a ajouté la voix de Monique (c’est sa belle soeur) qui dit « Rosa Parks » un samedi soir à la guinguette du bois fleuri après la soirée beaujolais-nouveau-rillettes. Et il a recollé le tout avec du vieux scotch transparent. Alors forcément quand ça passe dans le mange disque de la gare, ça s’entend un peu.

Après l’annonce, le gingle pour annoncer la fermeture des écoutilles. Et le train s’ébranle puis avance dans le tunnel.

Rosa Parks, jusqu’ici tout va bien. L’annonce, mais pas le fameux « Rosa Parks » de tata Monique vu qu’on y est … à Rosa Parks ! Le gingle et le train qui s’ébranle. Et c’est là, environ 3 secondes après le départ que l’on a fait un retour vers le futur genre 1940 … la compagnie des chemins de fer de l’Etat fait rouler des trains.

Vous sentez la posture ? Ce n’est pas, « le service public transporte des voyageurs », c’est « la compagnie fait rouler des trains ». En clair, l’objectif n’est pas de répondre au besoin de déplacement des voyageurs. Non, l’objectif c’est de faire rouler des locomotives et des ouagons.

Donc, 3 secondes après le départ de Rosa Parks, les micros crépitent, grésillent, crachent du gros son dans les ouagons. C’est une annonce du monsieur qui est au volant et qui nous dit en substance ceci : « On vient de m’informer que le trafic est interrompu sur la ligne 4. Notre train sera donc terminus Noisy le sec !« . Bon alors comment dire … déjà, il faut savoir que la ligne 4 c’est justement la nôtre ! Parce que sinon bein … on s’en tape, nous on est sur la ligne E ! Hein ? Dites … la SNCF … comment je peux savoir que la ligne 4 c’est la mienne ? Hein ? Ca serait pas du jargon interne à la SNCF, ça ? Pis vous pourriez pas utiliser le même que nous ? Hein ? genre parler de la ligne E quand on est sur la ligne … E !

Mais en plus, Noisy le sec … normalement … on s’y arrête pas. Alors, si vous n’êtes pas de la région parisienne, ce qui est tout à fait possible, je vous explique. Noisy le sec c’est un peu comme … Sain-Cyr-les-Colons ! Vous voyez où c’est … Sain-Cyr-les-Colons ? Non ? rassurez-vous c’est normal. Sain-Cyr-les-Colons c’est techniquement sur la ligne SNCF Paris Lyon. Mais jamais un train ne marque l’arrêt à Sain-Cyr-les-Colons parce que … y’a rien à Sain-Cyr-les-Colons. C’est comme si vous aviez pris des billets pour Montpellier, pour aller voir tata Monique, et que le chauffeur vous annonce que finalement, il va s’arrêter à Mourchoncourt  sur la Deûle ! Hein ? Quand même ! Mais surtout … que le monsieur vous annonce ça juste après avoir refermé les portes et commencé à rouler. En clair, il vous l’annonce quand vous êtes prisonnier du train et que vous ne pouvez plus descendre !

Oui … parce que si le monsieur nous avait annoncé, à Rosa Parks, qu’il y avait un problème et que le train allait s’arrêter à Noisy le sec, on aurait pu descendre à Rosa Parks et trouver une autre solution de transport. Parce qu’à Rosa Parks, il y a le tram T3b, les bus, les taxis, les vélib, les auto lib, etc … Bref, à Rosa Parks on a d’autres solutions pour avancer. A Noisy le sec … que dalle ! C’est le trou du cul de l’est parisien ravitaillé par les corbeaux une fois par mois et encore … les corbeaux … ils volent sur le dos pour ne pas voir la misère et surtout mon RER qui s’est arrêté alors que c’était pas prévu.

Vous comprenez mieux maintenant … la posture ? La SNCF ne se donne pas pour objectif de me rendre service en me transportant. Elle se donne pour objectif de faire rouler mon RER E. Et ce n’est pas la même chose. Si elle avait une posture de service, elle m’aurait annoncé à Rosa Parks qu’il y a un souci et que j’ai intérêt à descendre là et prendre une correspondance. Non, elle atteint son objectif de faire rouler le train … il est reparti et il roule … jusque Noisy le Sec.

Mais l’aventure n’est pas terminée. Arrivé à Noisy le Sec, à 18h30 c’est là que tout à basculé !

Image d’archive qui n’a rien à voir avec la situation vécue car il faisait nuit et le quai était bondé

Imaginez, un RER E double étage, blindé par les voyageurs montés à Magenta et Rosa Parks comme chaque jour en heure de pointe … ça fait du monde, non ? Vous voyez la grande braderie de Lille le samedi à 15h00 ? Ca fait du monde, non ? Genre … on est tellement collés les uns aux autres que plus personne n’avance. Bref, sur le quai de la gare de Noisy le sec, le 20 novembre 2017 à 18h30 c’était une foule compacte … à perte de vue … ou plutôt … à faire saliver Mélanchon et Martinez réunis qui aimeraient bien que leurs manifs soient aussi dense parce que leurs manifs elles ont toutes pourrieuuuu !

Bref, on était toutes et tous sur le quai … à se regarder … à se demander ce qu’il fallait faire. Mais surtout … tout le monde regardait… les haut-parleurs ! Oui, c’est dingue comme on est con dans ces moments là. On a pas besoin de regarder un haut-parleur pour l’entendre … et on regardait … et on attendait et … rien ! Pas un message, pas un bruit, pas une annonce … rien ! Sur le panneau d’affichage, un « Villiers sur Marne à l’approche voie F » clignote. J’entends une voix qui me demande :

La voix : « Y’a un Villiers qui arrive voie F. C’est où la voie F ? »

Moi : « C’est justement celle-ci » je montre la voie où est stationné notre train.

La voix : « Bein … comment y va faire ? »

Moi : « Y va monter dessus … ou peut être … passer en d’sous si c’est la femelle train … c’est comme ça qu’ils se reproduisent … les trains … »

La voix : « Boh … c’que vous êtes con vous alors ! »

Moi : « Oui … vaut mieux en rire »

Et là, subitement, tout d’un coup sans prévenir ni crier gare … oui j’essaie de mettre de la tension chez le lecteur … un klaxon hurleur frénétique … et un autre … encore un autre … oui, le train a sifflé 3 fois, j’ai bien compté 🙂 Et zouuu … un direct est passé tout berzingue le long de l’autre côté du quai ! Oui, rappelez-vous la SNCF fait rouler des trains. Alors même s’il y a plus de monde sur le quai que le quai ne peut en contenir et qu’il y a forcément plein de voyageurs au ras du quai … les trains directs continuent à passer tout berzingue.

Et toujours pas d’annonce… ha si, ça y est, mais ça vient de notre train pas des haut-parleurs du quai : « Ce train ne prend pas de voyageurs. Il est à destination des garages, je recapèpète depuis l’bédut … ce train ne prend pas  …« . Bein oui, nounouille, tu nous l’as déjà dit. C’est pour ça qu’on est tous descendus … s’agglutiner sur ce quai trop petit … banane. Les lumières dans le train s’éteignent pour bien faire comprendre que c’est maintenant le train fantôme et qu’il ne faut plus rien espérer de lui. Le gingle … les portes se referment … le train s’ébranle en nous laissant, médusés, sur notre quai de l’oubli.

Bon, tout espoir n’est pas encore perdu car le fameux « Villiers à l’approche voie F » clignote toujours et effectivement le voilà qui peut maintenant accoster sans devoir grimper sur l’autre train … ou passer en d’ssous c’est selon.

« Impec » me dis-je ! Après tout … je descends à Villiers. Je vais donc prendre cet omnibus. Ce sera un moindre mal après cette épopée nommée « Y’a un truc qu’a fait TOC« .

Le train accoste. Les portes s’ouvrent. Le chauffeur fait une annonce : « Je viens d’apprendre que notre train sera terminus Rosny sous bois« . Alors, comment dire … Rosny sous bois c’est la gare juste avant Val de Fontenay. Et Rosny sous bois c’est comme Noisy le sec mais … en pire ! Quand les corbeaux ont fini à Noisy le sec ils vont ensuite à Rosny, toujours sur le dos pour ne pas voir mais en plus … sans ravitaillement vu qu’ils ont tout laissé à Noisy … Ha oui, Val de Fontenay c’est une grosse gare avec plein de correspondances RER A, bus et tout le toutim. Donc, la posture, toujours la posture … la SNCF fait rouler son train avec les contraintes de la SNCF. Elle n’aurait pas l’idée de faire acheminer le train jusqu’à Val de Fontenay où les voyageurs trouveraient des correspondances et d’autres moyens de rentrer chez eux … non, non, non … elle arrête le train juste avant … dans un trou paumé !

Et à Noisy le sec, toujours pas d’annonce sur le quai, non, non, non … « demerden sie sich !« . La SNCF ne va quand même pas nous annoncer … qu’un train pour Paris est en approche voie A … hein ? … dés fois qu’on ai l’idée saugrenue de retourner sur Paris pour prendre d’autres solutions de transport … hein ?

Bref, je regarde l’écran d’affichage et je vois ce train pour Haussmann Saint Lazare à l’approche. Comme une bonne partie des voyageurs est finalement montée dans le Villiers qui terminera sa course à Rosny sous bois, le quai est moins bondé. Je peux enfin bouger. Visiblement je suis un des rares à envisager cette solution car tout le monde reste hébété sur le quai avec le secret espoir que la circulation va reprendre rapidement.

Moi, avec mon expérience maintenant décennale du RER E, j’applique le principe de précaution : « un train vaut mieux que 2 tu l’auras ». Après avoir emprunté la passerelle  sous-terrain, me voilà sur le quai A. Je monte dans le train et reviens sur Paris.

Bref, j’ai pris un Tram T3b, puis un métro ligne 9, puis un RER A, puis un bus 306 et 2h30 plus tard … j’étais chez moi.

Je pense que maintenant vous percevez mieux la notion de « posture de service ». Et pour illustrer un autre cas, voici une autre mésaventure sur une autre ligne. C’était le 18 octobre dernier. J’allais à Nanterre pour assurer une intervention à l’université. J’ai donc pris la ligne L de Haussmann Saint Lazare à Nanterre Université. Et bien figurez-vous qu’arrivé à Becon les Bruyères, oui, oui … ça ne s’invente pas … Becon les Bruyères disais-je … le train s’est arrêté et le chauffeur nous a demandé de descendre : « mesdames et messieurs, je viens d’apprendre que notre train serait terminus à Becon les Bruyères pour motif de régulation. Vous êtes donc invités à descendre de ce train.« . En clair, tu descends sur le quai, sans aucune autre information et tant pis pour toi ! La SNCF doit faire rouler des trains, elle n’a quand même pas vocation à transporter des voyageurs … ça se saurait. Et les contraintes de la SNCF sont prioritaires sur celles des voyageurs. Tu dois impérativement être à Nanterre à 9h00 parce qu’il y a tout un tas d’étudiants qui t’attend est moins important que de stopper un train à Bécon les Bruyères …

Bon, bref, pour terminer ce poignant suspense de cette épopée nommée « Y’a un truc qu’a fait TOC« , en arrivant chez moi, j’avais un mail d’alerte de la SNCF qui disait qu’un train avait percuté … un sanglier à Emerainville … « Allo chef … y’a un truc qu’a fait TOC ! »  Et que la circulation serait interrompue jusque 21h30 environ. Alors j’ai pensé aux zombies restés sur le quai en attendant un hypothétique train ou même seulement un p’tit message sonore de la SNCF parce que 3 heures sur le quai de l’oubli, le 20 novembre à la nuit tombée … ça donne envie 😉


Article parisien : rer-e-un-sanglier-ralentit-fortement-le-trafic

Bref, je suis allé en mission (1)

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Dans mon métier, on dit « Je vais en mission à … « . Rien à voir avec une mission secrète, James Bond, tout ça. Non, non, c’est juste qu’on part en déplacement professionnel. Et la destination est importante car c’est rarement l’endroit où tu passerais tes vacances. C’est genre « Je vais en mission à Montargis ».

Bon parfois, la destination est pas mal. Mais comme tu y vas pour bosser, bein … t’as pas vraiment le temps d’en profiter. Alors que tu ailles à Venise ou à Montargis, c’est pareil.

Bref, je suis allé en mission à Montpellier. Et Montpellier, en pleine canicule… c’est chaud. Et dans mon métier, quand on va en mission, ça veut dire qu’on va auditer. C’est marrant comme la perception change suivant que l’on est d’un côté ou de l’autre de la mission. Moi je trouve ça sympa. Mais de l’autre côté, ils ont les copeaux, ils fouettent, ils tremblent, ils sont tout blancs …

Bref, je suis allé en mission à Montpellier

Une mission, ça commence toujours par la logistique. Oui, il y a aussi le boulot qu’il faut préparer. Mais j’en parle pas ici. Donc la logistique ou dit autrement, la « résa d’hôtel ». Tu te connectes sur le site du prestataire, tu entres Montpellier. Tu précises les dates. Et pouf ! tu as la carte avec les hôtels possibles : une petite flèche verte et l’hôtel est « dans les prix », une petite flèche rouge et l’hôtel est … « pas dans les prix ». Pour le dire autrement, réserver à Montpellier en juillet en s’y prenant la semaine précédente c’est … que des flèches rouges. Alors là, tu peux prendre un hôtel « flèche rouge » mais il faut passer par un circuit de validation à 2500 niveaux qui va jusqu’au président de la république avant de revenir par le même circuit. C’est possible … mais seulement en théorie. Alors il reste le joker. Non, non, pas l’appel à un ami mais … l’appel à l’assistante.

Moi : « dis Stéphanie, je ne trouve pas d’hôtel dans les prix pour la mission à Montpellier lundi prochain »

Stéphanie : « T’inquiète, je m’en occupe »

Moi : « OK super. Heuuu … pas à Tataouine quand même … hein ? »

Stéphanie : « Mais non … fais moi confiance… »

Le lendemain, Stéphanie vient me voir dans mon bureau et me dit « A y est, je t’ai trouvé un super hôtel … dans les prix … et avec vue sur mer ! »

Bref, j’ai une confiance toute relative.

On arrive à Montpellier. Oui parce qu’une mission c’est toujours à plusieurs. Là on est 3. On est à la gare de Montpellier, en plein centre ville.  La température au sol est d’environ 48 degrés … à l’ombre. Le lieu de la mission est à l’est de Montpellier. L’hôtel est à l’ouest de Montpellier. Il est 11h30. Les collègues veulent déposer les valises à l’hôtel. On appelle l’hôtel…. l’hôtel ne répond pas.

On va à l’agence de transport en commun pour demander l’itinéraire jusqu’à l’hôtel. On entre.

Le guichetier : « On ferme ! Vous avez l’autre agence au coin de la rue après le Mac Do ! » dit-il, d’une voix nasillarde dans l’hygiaphone. Tout le monde sort, regards perdus … Mac Do là … à midi ! On marche et nous passons le coin de la rue. A peine tourné, une file d’attente de 3874 personnes déborde de l’autre agence.

Bref, on a failli tester les renseignements des transports en commun montpelliérain !

On va faire autrement. On appelle l’hôtel … bis … non, non pas IBIS la marque des supers hôtels. Le « bis » c’est pour dire qu’on l’appelle pour la 2ieme fois …

Le collègue : « Bonjour madame, comment fait-on pour rejoindre votre établissement par les transports en communs ? »

La dame de l’hôtel : « Bein … vous n’êtes pas rendus ! Pis … ça grimpe fort pour venir jusqu’ici. Et si vous venez avant 15h30, il y a un supplément de … beaucoup de neuros ! »

Moi : « qu’est-ce qu’elle dit la dame ? »

Le collègue : « elle dit qu’on va pas aller tout de suite à l’hôtel, on ira ce soir »

Je mets une carte de la ville de Montpellier pour que l’on ait bien les mêmes repères en tête. Les distances sont estimées approximativement et sont assez proches de la réalité.

Bref, on a pris le tram vide à Montpellier.

Oui, en province, c’est pas comme à Paris : le tram il est vide et tu peux t’asseoir.

3h plus tard, on descend du tram. On marche en traînant nos valises par 60 degrés à l’ombre mais nous on est en plein soleil. On marche … on marche … on marche …

  • Moi : « dis ! T’es sûre que c’est par là ? Parce que là … y’a plus de trottoir depuis au moins 3 kilomètres » …
  • Le collègue : « Si, si, je t’assure, c’est écrit sur le plan, regarde …« 

Ha oui … finalement, ce n’était pas si loin. Après 6h de marche on est arrivé sur place.

Bref, on a commencé la journée, mais surtout la mission, comme après un vendée globe en solitaire par 75 degrés au soleil …

J’ai dit que je ne parlais pas du contenu de la mission. Parce que c’est quand même un peu secret, tout ça, que j’ai pas trop le droit d’en parler alors … hop c’est la fin de la journée. Objectif : rejoindre l’hôtel qu’est dans les prix et avec vue sur mer 🙂 Mais qui est de l’autre côté de la ville  😦

Après les 6h de marche en traînant la valise, le passage à niveau et ses innombrables convois ferroviaires, plusieurs hectolitres de sueur dans la chemise, nous voilà à l’arrêt de tram. Il est 18h30 mais la température n’a pas varié d’un iota. Je peste contre Donald Trump, omni responsable devant l’Éternel du réchauffement climatique. Le cheval de fer s’arrête à notre hauteur. Les portes s’ouvrent. Nous pénétrons à l’intérieur. Pinaise … pas climatisé … c’est comme dehors mais en 3 fois plus chaud. Je re-peste contre Donald Trump ! On choisit un club 4 et on s’installe. Oui, le tram est vide … c’est pas comme à Paris tout ça…. enfin je l’ai écrit plus haut.

Bref, on a chaud, très chaud … vraiment très chaud. Et c’est pas comme si on était en costard cravate 😉

A quelques mètres, un gars discute bruyamment, avec son acolyte. Il accompagne son propos de gestes approximatifs à la trajectoire manifestement mal maîtrisée. Ce n’est pas sa gestuelle qui m’interpelle mais plutôt l’avenir de la boîte en fer de 50 cl qui contient un breuvage houblonné mais surtout … qui décrit des sinusoïdes en 3D. Si elle pouvait parler, elle dirait certainement « s’il te plait, vide moi et qu’on en finisse le plus vite possible, j’ai la nausée« .

Bref, l’artiste nous regarde. Je comprends qu’il va nous interpeller. Bingo, il vient dans notre direction … mais pas en ligne droite. On m’a pourtant toujours appris que le chemin le plus court c’est la ligne droite sauf … quand la terre tangue. Et là, la terre … elle a l’air de vachement tanguer pour cet olibrius

L’artiste : « messieurs, puis-je me permettre de solliciter votre savoir au sujet d’une question qui nous divise, mon ami et moi ? »

Moi : « mais faites donc, mon brave. »

L’artiste : « Alors voilà … de votre point de vue, combien d’années séparent deux générations ? »

Moi : « 25 ans. »

L’artiste : « Hum …votre réponse n’arrange ni mon ami, ni moi-même car nous voici maintenant avec 3 propositions différentes. Comme vous avez l’air érudits, je considère votre réponse comme la plus juste. Je vous remercie messieurs. »

Et il rejoint son acolyte … toujours pas en ligne droite et en se tenant aux barres verticales judicieusement disposées le long de son trajet par le fabriquant du tram. Alors que tout le monde sait que le plus court trajet entre 2 points, c’est la ligne droite comme je le disais précédemment.

On se regarde. On esquisse un large sourire entendu, rassurés par la nature non belliqueuse de notre nouveau compagnon de transport en commun.

Mais l’embellie n’est que de courte durée. L’artiste revient vers nous, non sans s’être abreuvé d’une goulée de la mousseuse boisson.

L’artiste : « messieurs, la décence m’oblige à vous donner une explication à ma sollicitation. »

Moi : « mais non, t’inquiète pépère … c’est pas utile »

L’artiste : « messieurs, je ne sais pas qui vous êtes. Vous êtes peut être … PDG. Je vois monsieur avec son costume et sa cravate. Et bien moi je suis … scénariste ! Là je prépare une pièce de théâtre avec un concept tout à fait nouveau : je fais parler un caillera en vieux françois et Louis XIV en caillera ! »

Tellement captivés par la maestria de notre artiste avec sa canette que nous n’avons pas prêté attention au voyageur qui vient de s’asseoir à nos côtés sur le club 4 d’en face.  Mais l’artiste lui, l’a repéré et lui tend la main. Enfin … comme quelqu’un qui essaie de viser le digicode avec un taux d’alcoolémie incompatible avec ce screugneugneu de clavier beaucoup trop petit …

Ils se saluent, se disent « bonjour« , échangent quelques mots genre « j’pensais que tu m’avais pas vu. Bein si que je t’avais vu mais je discutais avec ces messieurs … hurmpf »

Personne ne dit mot mais nous sommes soulagés que notre nouveau compagnon, l’artiste, ait retrouvé un compère. Comme ça, au moins, il nous lâchera la grappe.

Hé flûte, j’ai parlé trop vite ! Ledit compère ne doit pas l’apprécier plus que ça car il l’invite à poursuivre sa conversation avec nous. 4 regards furibards sont maintenant dirigés vers le compère qui nous fait un large sourire … un sourire qui dit « démerdez-vous avec lui, j’ai autre à faire que supporter son haleine d’outre à bière ! »

Le voilà qui revient vers nous : « ho oui, je ne vais tout de même pas laisser ces messieurs sans explication »

Moi : « mais si pépère … ne te prends pas la tête, on ne t’en tiendra pas rigueur »

L’artiste : « alors voilà mon idée … vous voyez, lui  » dit-il en pointant du menton notre collègue « il a un costume … une cravate. Je ne sais pas qui il est mais … il pourrait être PDG ou même … président … »

Moi : « c’est pas faux d’autant qu’un PDG … c’est aussi un président … hein ? »

L’artiste : « alors lui, on s’attend pas à ce qu’il parle comme une racaille de banlieue. Mais s’il disait … heuuu … j’sais pas moi heuuu … j’kiffe trop la meuf de la compta … celle qui bosse au 3ieme ! Hein ? ça fait drôle non ? Pour un type qu’est en costard cravate ? … »

Moi : « Effectivement, je vous confirme que je vois pas trop mon collègue s’exprimer ainsi »

Nous en étions là de notre échange fort instruisant quand le tram s’est arrêté. Je crois que le copain de l’artiste a finalement eu pitié de nous car il lui a dit « Hé mec … c’est ton arrêt ! » et l’artiste s’est précipité dehors. Enfin … comme on peut se précipiter quand on est sur un radeau par forte houle et que l’on cherche à quitter le navire pour rejoindre la terre ferme … heureusement qu’il y avait un abris-tram … c’est comme un abris-bus sauf que c’est pas sur une ligne de bus mais de tram … en face de la porte pour stopper net la course chancelante de notre auteur-compositeur-interprète d’une pièce de théâtre qui fera un malheur au box office, n’en doutons pas.

Bref, après la sortie remarquée de notre artiste et sans faire de rappel, notre tram a repris son petit bonhomme de chemin vers sa destination initiale. Et nous … bein … on est restés assis, dans la chaleur suffocante d’un été à Montpellier, suants à grosses gouttes dans nos chemises comme au sauna. Sauf qu’au sauna, tu y vas en tenue adéquate … tu n’y vas pas en costard cravate …

Après quoi … pfiouuuu à peine 12 heures plus tard, 2487 arrêts et environ 12 millions de kilomètres, voici que se profile à l’horizon, notre arrêt. Nous descendons. Dehors, il fait encore plus chaud que dedans … c’est incompréhensible. C’est un peu comme si les lois de la physique avaient contourné Montpellier et se disant « non non, ici, on va laisser le soleil faire ce qu’il veut comme il veut. On ne va pas baisser la température quand il y a de l’ombre« . Du coup, le soleil en profite et il fait ce qu’il veut. Alors … il chauffe ! Et il chauffe fort … très fort ! C’est quand on a commencé l’ascension du mont Niitaka, que j’ai compris ce que ressentent les haricots du cassoulet juste avant d’exploser dans le four micro-ondes poussé au maxi.

Oui, non seulement l’hôtel est loin de l’arrêt de tram mais en plus ça grimpe fort, le soleil doit être à quoi … pfiouuu pas 2 mètres au-dessus de nos têtes, il n’y a pas de bus pour nous y rendre et on doit longer la route qui elle, forcément … est dans le sens inverse donc … les voitures s’en donnent à coeur joie pour descendre « fend la bise« , ou « vent du cul dans la plaine » si vous êtes plutôt sergent major, et nous polluent notre oxygène parce que franchement, c’était pas assez difficile comme ça.

Donc on attaque l’ascension de la roche de solutré. Au premier carrefour, on croise les potes de l’artiste qui proposent de nous vendre des bouteilles d’eau fraîche si non, nous disent-ils, vous n’arriverez pas en haut. Malins les acolytes du poivrot du tram : eux, ils restent en bas pour picoler des bières et ils vendent de l’eau à ceux qui entreprennent leur chemin de croix jusqu’à l’hôtel. Mais bon, à 7499 euros la bouteille de 50 cl, on a courtoisement décliné l’offre. Et on a marché … marché … marché et comme dans le désert, plus on avançait plus le haut de la colline s’éloignait …

8 heures plus tard, les roues des valises avaient perdu 1/3 de leur diamètre. Le bitume du trottoir collant à nos semelles comme le ruban antimouches aux pattes de la drosophile, nous arrivâmes … au Mac Donald’s ! Hé oui, sans faire attention, tellement voûtés par le poids de la chaleur, on a oublié de tourner et paf … nous voilà au Fast food ! Heureusement, en relevant machinalement la tête … nous aperçûmes l’enseigne de notre hôtel … de l’autre côté du rond point.

Bref, on a retrouvé le sourire

Dans ma tête, je repense à la joie de Stéphanie m’annonçant fièrement « A y est, je t’ai trouvé un super hôtel … dans les prix … et avec vue sur mer !« . « Avec vue mer ! » … on doit être à mille kilomètres de la mer ! Et pis avec cette chaleur, la mer a du s’évaporer entièrement !

Bon, nous voilà aux portes … de l’hôtel. Enfin … je ne sais pas si vous connaissez la chaine « Appart’City » ? C’est comme un hôtel, ça ressemble à un hôtel mais … c’est pas un hôtel. En fait c’est de la location d’appartement à la nuit ! Si si je vous assure c’est possible. Et quand on loue un appartement, qu’est-ce que l’on fait … hein ? je vous le demande … hein ? De … la … paperasserie ! plein de paperasserie ! Donc, nous voilà en train de biffer les 12 154 pages du contrat de location … en 3 exemplaires … Et tout cela pour une piaule de 6 m2 à Tatouine les bains, sur le rond point du périph par 75 degrés sans clim !

2 heures et demi plus tard, la nana de la réception nous explique qu’elle va faire des photocopies pour laisser un exemplaire du contrat de location .. à chacun. On lui répond, en coeur : « qu’elle peut se le carrer dans l’f …. son contrat« .

Bref, on l’y a braqué son armoire à clés après l’avoir assommée avec un vieux « Figaro Madame » qui traînait par là. On récupère nos clés de chambre. Pour moi ce sera le 6ieme étage. Si si c’est important, vous allez voir. J’introduis la clé, je tourne, je clenche et je pousse la porte qui s’ouvre sur un tout petit couloir. Pas dans la longueur … le couloir, non … dans sa largeur. J’avance, et j’entre dans … bein dans ce qui doit être la chambre mais comme le lit prend toute la place, il doit rester environ 10 cm entre les murs et le lit. En face de moi … une fenêtre qui fait toute la longueur du mur. Bon en même temps, vu la taille de la pièce, ça ne fait pas non plus une fenêtre gigantesque. On va enfin avoir le dénouement de ce suspens devenu maintenant insoutenable : la … « vue sur mer » est-elle une blague de l’assistante ou un argument commercial surfait de l’hôtel ?

Je pousse le rideau ou plutôt … je le tire car dans ce sens c’est plus juste de dire … « ho tu vas pas nous faire traîner plus longtemps, tu la lâches ta pastille hein !« . Bon ok, par la fenêtre j’ai une vue  imprenable sur … le rond-point et sa concomitante circulation automobile et motobylette pétaradante et klaxonnante comme seuls savent le faire les sudistes d’en bas de la France. Au second plan, le centre commercial très animé ce soir avec ce campement de gens du voyage qui fait étape sur le bitume brûlant. C’est vrai qu’à Montpellier il est beaucoup plus agréable de camper sur le parking d’un supermarché plutôt que de pousser de quelques kilomètres jusqu’à Palavas les flots … hein ! C’est quand même beaucoup plus amusant de venir emmerder les clients des hôtels à proximité plutôt que de danser la carioca sur le sable chaud au bord de l’eau … hein ! Au 3ieme plan, on commence à moins bien distinguer mais je crois reconnaître une zone résidentielle.

Et voilà … voilà voilà voilà … l’assistante s’est bien joué de m… non ! Attends ! Là-bas … oui, tout là-bas … tout au fond …  on dirait … mais oui ! Une toute petite ligne légèrement bleutée … c’est la mer ! Alors comment dire ? Techniquement, on peut le confirmer « oui, c’est exact,  on a vue sur mer depuis la chambre ». Mais reconnaissons tout de même qu’on est loin du concept de « vue sur mer ». Et vu l’épaisseur de la ligne bleue, je pense qu’au 5 ieme étage je ne la voyais plus. Alors vous voyez que c’était important de préciser l’étage ? hein ?

Quand je recevrai le questionnaire de satisfaction que l’hôtel ne manquera pas de m’envoyer, je pense que je ferai un rapport d’étonnement sur l’argument commercial qui vante la … « vue sur mer » 😉

Bref, je me suis fait un Mac Do …

Bon, aujourd’hui je me suis dit « Tiens, j’me ferais bien un p’tit Mac Do !« . Ni une, ni deux, je prends mon pass navigo et direction le Mac Do de Val de Fontenay.

Quand je vais dans ce genre de restaurant huppé, je me fixe toujours une règle de conduite : s’il y a trop de monde, j’abandonne sans même entrer. Là, j’arrive et je constate une fréquentation que j’estime acceptable. Et en plus, le chef de rang s’approche de moi et m’invite à me diriger vers une borne libre. Oui, je dois vous préciser qu’au Mac Do de Val de Fontenay il n’y a plus aucune caisse sur le comptoir. Les convives sont invités à faire leur commande sur une immense borne façon 4 par 3 pour que tout le monde autour puisse voir que tu cliques sur le Big Mac double size avec le supplément mayo et 3 sachets de ketchup !

Bref, c’était vraiment trop bien parce que je n’ai pas eu à faire la queue. Je suis immédiatement monté à l’échelle pour aller cliquer, tout en haut, sur le menu « Mc First ». Puis je suis redescendu m’accroupir pour cliquer, tout en bas, sur le cornet de frites. Et c’est vraiment trop super parce que le Coca Zéro, il était au milieu de l’écran donc j’ai pu cliquer dessus sans trop de gymnastique. Et oui, un écran 4 par 3, c’est pas ta petite tablette ipad de « cul nul », c’est du lourd !

Bref, j’ai entré ma carte bleue dans le lecteur au raz du sol, il est en dessous de l’écran 4 par 3, puis le code et j’ai validé. A partir d’ici, tu ne peux plus faire « annuler ». Donc, c’est pile à ce moment qu’ils sont arrivés. « Ils » c’est en fait toute la population d’île de France qui n’est pas en vacances en ce début Août. Voyez-vous, je pense qu’ils se sont tous dit « Et si on allait au Mac Do … de Val de Fontenay … là, tout de suite maintenant ?« . Ce sont donc 768 543 personnes qui sont arrivées au Mac Do de Val de Fontenay. Mais c’était vraiment trop super bien parce que moi, j’avais déjà passé ma commande. En plus, avant même que je n’introduise ma carte bancaire, sur la borne c’était écrit « Nous préparons déjà votre commande ! ». J’étais trop super content.

Alors, je suis allé vers le comptoir pour récupérer ma commande. Le fameux comptoir qui n’a plus de caisses. Il est donc totalement dégagé pour aligner les plateaux. Là, j’ai vu une équipière Mac Do courir à droite, puis à gauche, puis à nouveau à droite, puis à nouveau à gauche. Ensuite elle est revenu, elle s’est passé la main dans les cheveux puis elle a levé la tête vers l’écran. Ensuite elle parti vers l’arrière, puis elle est revenu vers l’avant. Elle est reparti vers l’arrière, puis elle est revenu. Elle a de nouveau regardé l’écran. Puis elle est reparti à droite. C’était beau comme une chorégraphie des petits rats de l’opéra. Alors j’étais trop super content parce que je me suis dit que j’étais tombé le bon jour : aujourd’hui il y avait un spectacle en bonus. Alors j’ai sauté 2 fois sur place et j’ai dit « Youpiii » (mais dans ma tête pour que personne n’entende). Progressivement, elle apportait des ingrédients qu’elle posait sur les plateaux mais … pas trop vite. Alors moi, je me suis dit que c’était pour ne pas secouer les sodas ou faire tomber la salade des burgers dans la boîte.

C’était vraiment trop génial parce que ça faisait à peine … quoi … 17 minutes que j’étais là, que déjà elle appelait la commande numéro 95. Moi j’ai regardé mon papier et j’étais vraiment trop content car il portait le numéro 99. Alors elle est repartie dans son ballet harmonieux, prenant un Big Tasty par ci, un Ice tea par là et les déposant sur 2 plateaux différents avec délicatesse. Ensuite, je l’ai vu déposer un coca zéro sur un plateau vierge et j’ai compris que c’était ma commande. Alors je n’ai pu contenir un nouveau petit « youpi » de joie et j’ai à nouveau sauté 3 fois sur place. Ensuite elle a repris le mouvement numéro un : à droite, à gauche, à droite, à gauche, la main dans les cheveux, les yeux au ciel etc … et une boîte d’happy Meal sur un plateau, un Big Mac sur un autre. Et c’était vraiment trop super méga bien parce que moi, je pouvais regarder mon coca zéro sur mon plateau. Et là, elle à dit « la 96 !« . Et moi j’étais trop méga dans la zénitude profonde parce que j’avais la 99 et qu’il s’était passé à peine 19 minutes entre la 95 et la 96 ! Alors je me suis retourné et j’ai souri aux 768 541 personnes derrière moi.

Après on est passé au mouvement 2 de la chorégraphie et c’était vraiment trop beau. En fait, la copine de l’équipière Mac Do, celle qui bosse au comptoir Mac Café est entrée dans la danse. Oui, vous savez, le comptoir Mac Café, c’est celui où il n’y a jamais de client et l’équipière Mac Do passe son temps à astiquer le comptoir avec un chiffon pour faire croire qu’elle a beaucoup de travail parce qu’elle ne veut pas aller aider ses collègues qui remplissent les plateaux. Alors là, elle avait trop bien frotté le comptoir et aussi lavé les tasses à café et aussi ré-aligné les macarons et … et … et … elle pouvait plus faire semblant d’avoir trop de boulot …

Là, c’était vraiment trop beau car on voyait le professionnalisme et les années d’entraînement. Elles se croisaient sans jamais se toucher. Elles virevoltaient, légères comme des hirondelles sans jamais lâcher le Big Mac et le sunday caramel avec les petites cacahuètes dessus. C’est à ce moment précis que, dans un canon en coeur parfait, elles ont annoncé les commandes 97 et 98. C’était trop beau, j’ai senti une larme couler au coin de mon oeil gauche. Alors j’ai sauté sur place et dit « youpiii » (tout bas, juste pour moi). La prochaine était pour moi, j’ai senti mon p’tit coeur palpiter comme jamais d’autant que l’équipière numéro une venait de déposer un cornet de frites sur mon plateau … à peine 47 minutes après le coca zéro. J’étais trop super méga content.

Alors le ballet a repris au numéro un mais cette fois avec 2 ballerines. Hé hop, à droite, à gauche, à droite, à gauche, yeux au ciel, mains dans les cheveux et devant, derrière, devant, derrière. Big Mac, Royal cheese, sunday fraise et … Happy Meal déposés en rythme sur les plateaux. C’était beau comme du Mozart. J’étais trop super joyeux. Alors l’équipière a annoncé « commande 02« . Mais c’était pas grave parce que j’étais trop bien content de regarder ce spectacle. Je me suis retourné et j’ai crié aux 768 539 personnes derrière moi de frapper dans leurs mains, de sauter sur place et de tendre l’index droit vers le plafond … « allez tous, en coeur … frappe dans tes mains … saute sur place … Hand up, baby Hand up« .

Ensuite j’étais vraiment trop content parce que, juste après la commande numéro 15, je l’ai vu se saisir d’une boîte de Mc First dans un tourné, boulé, déhanché impeccable. Et en guise de final magistral, elle a fait un salto avant double carpé et déposé la dite boîte … sur mon plateau ! J’ai senti mon coeur s’envoler, battre à tout rompre quand j’ai entendu le …99. « Oui, c’est moi … c’est moi, ici … oui, j’arrive. »

« Bon appétit et désolé pour l’attente » me dit l’équipière du Mac Do de Val de Fontenay. Alors moi, trop content, je lui ai répondu « Et merci madame de vous être occupé de moi avec autant de professionnalisme et d’abnégation« . J’étais trop sur mon petit nuage tellement j’étais trop satisfait d’être content. Je tenais entre mes mains, mon frêle petit plateau après à peine 1h et 26 minutes d’attente.

Alors après j’étais vraiment trop bien dans mon for intérieur de moi-même parce que j’ai fait quelques tours du restaurant et j’ai rapidement trouvé une place où m’installer.  11 272 fois l’allée centrale et les travées extérieures et voilà que la place idéale se libère : juste à côté de la table où mémé s’est installé avec ses deux petits enfants de 3 et 4 ans pour réserver les places en attendant que maman revienne avec les 2 happy Meal. J’étais vraiment trop content, proche de l’extase en déposant mon plateau sur la table pendant que Missandei se laissait choir de la banquette sur mes caterpillars, heureusement montantes, tout en vociférant un assemblage de syllabes dont je n’ai pas … totalement saisit le sens. Stannis a bien essayé d’en profiter pour me chiper une frite mais mémé lui a chopé le bras droit avant qu’il ne commette son forfait. Il est alors parti dans un cri nasillard montant dans les aigus tout en chouinant par vocalise. Tout en remontant Missandei sur la banquette, mémé a tenté de faire taire Stannis en lui disant qu’il était pas gentil de se faire remarquer comme ça. Moi, je ne voyais plus rien tellement j’étais trop joyeux d’être attablé devant mon menu Mc First option Fish.

Le sourire aux lèvres, j’ai pris ma paille. J’ai délicatement déchiré juste le bout de l’emballage en papier et j’ai porté le petit bout de paille qui dépassait à ma bouche et … j’ai soufflé ! L’emballage s’est envolé telle une fusée pour la lune puis, la vitesse décroissant, il s’est mis à tourbillonner dans l’air pour revenir s’écraser sur la tête de Stannis. J’étais vraiment trop super content d’avoir réussi ce lancer d’emballage de paille et d’avoir atteint une cible de choix : le petit morveux de 3 ans potentiel chouineur devant l’éternel.

J’ai alors posé le bout de ma paille sur le petit opercule percé du couvercle de mon gobelet de Coca zéro. J’ai appuyé délicatement jusqu’à ce que les pré-découpes cèdent et que ma paille s’enfonce dans le soda avec ce bruit caractéristique du frottement de la paille contre le plastique de l’opercule du couvercle….. shriiiiiiiiiittttt …. En fin de course, j’ai configuré mes lèvres en forme de O, je les ai approchées de l’extrémité de la paille et j’ai aspiré. Le liquide est monté dans le tube puis est venu envahir ma gorge. C’était vraiment une sensation extraordinaire, j’étais vraiment trop content de joyeuseté. Les longues minutes d’attente avaient permis aux glaçons de fondre en totalité, noyant mon Coca Zéro façon chirloute d’eau claire. Et en plus, il s’était adapté à la température exacte de l’intérieur du restaurant au mois d’août en pleine canicule. C’était un instant merveilleux de joie et de bonheur et j’étais trop vraiment content de savourer mon Coca zéro dilué et tiédasse.

Reposant mon gobelet, je m’emparais d’une frite et la portais à ma bouche. Le contact de la frite sur ma langue m’a rendu joyeux et rêveur. Telle la madeleine de Proust, la saveur de cette frite m’a ramené des années plus tôt, à l’époque où on jouait à « Espion lève-toi » dans la cour de l’école primaire. Il s’agissait d’écrire un secret sur un morceau de papier puis de manger le-dit papier pour que personne ne le découvre. Sans le savoir, cette frite venait de me remémorer un souvenir enfoui depuis des années. Cette frite venait de rappeler à mes papilles gustatives la texture du papier Canson et l’encre du stylo plume pour un secret bien gardé car mâchouillé. Quelle expérience extraordinaire, j’en ai pleuré de joie devant l’intelligence de cette frite à perdre sa chaleur pendant les longues minutes d’attente pour s’adapter parfaitement à la température ambiante. Tellement emporté par cette joie intense et ce bonheur inattendu, j’en oubliais mon Mc First Fish. Après avoir séché mes larmes de joie, je me décidais à ouvrir la petite et non moins délicate boîte en carton coloré.

Plus fort encore que ces saveurs qui vous remémore des souvenirs oubliés, le délicat fumet qui s’est échappé de la boîte m’a … transporté. Il m’a transporté à Dunkerque, sur le port de pèche, au retour des chalutiers quand les généreux mariniers offrent aux mouettes les restes de poisson sur lesquels elles se jettent avidement.  Ce délicat fumet du poisson oublié sur le pont du chalutier, au soleil, subtilement mariné dans l’eau de lavage du-dit pont. Lui aussi, a su profiter des longues minutes d’attente pour accorder sa température à celle de l’environnement pensais-je… ! Mais je me trompais, c’était encore plus fort, plus intelligent, plus professionnel. En effet, en le prenant dans mes mains, j’ai senti la salade qui parsemait le fond de la boîte. Elle était … si fraîche, tellement fraîche qu’elle semblait tout droit sortie de la chambre froide. C’était décidément trop merveilleux, trop beau et j’étais … trop content.

Alors j’ai bu goulûment mon eau claire tiède en rythmant chacune de mes bouchées de poisson froid d’un ballet de frites cartonneuses. Et j’ai compris que la rondelle de tomate, judicieusement intercalée entre le poisson pané et le buns du dessus sortait, elle aussi directement de la chambre froide quand mes 4 tentatives de mâchouillage ne sont pas parvenu à la rompre. J’étais vraiment trop bien, trop content, trop joyeux alors j’ai souri à la maman qui revenait avec ses 2 happy meal car, en plus, j’allais avoir quelques secondes de silence à côté de moi.

Et il y avait 768 522 personnes qui tournaient dans le Mac Do de Val de Fontenay pour trouver une place … alors moi j’étais super content, super heureux, super en extase tout ça. 

Déjà, Missandei et Stannis se chipougnaient en vitupérant très fort car Stannis il avait le minion avec le slip mauve et que Missandei c’est celui qu’elle voulait parce que il était trop bien et que maman elle avait dit qu’elle lui achèterait autant de happy meal qu’il faudrait pour tomber sur le minion avec le slip mauve et que maintenant …. ouinnnnnnnnn … Oui, les parents sont fans de Games of Thrones !

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Le tour de … pas la France 2017

Il est des sujets avec lesquels il est très facile de vanner. Genre, vous déambulez dans les allées du supermarché, à la recherche du nouveau « skip ultra fines bulles aux Oméga3 enrichi à l’huile essentiel de mémorax téraxoplaxomilaire« . Oui, vous savez, c’est la nouvelle lessive de dash qui ne se contente plus de laver le tissus mais qui régénère la fibre pour la rendre plus neuve que quand vous l’avez acheté. Genre, si on utilise ce nouveau skip sur le saint suaire … pouf ! Jesuce chrisme réapparaît ! Donc si tu mets ta momie de toutencamion dans la machine avec un peu de skip nouvelle formule, pouf ! les bandelettes sont ressuscitées et le pharaon sort du tambour … si si c’est vérifié scientifiquement. C’est même le type de la pub sur TF1 qui le dit alors tu vois. Retenez bien cette histoire de momie, c’est important pour la suite, vous allez comprendre.

Bon donc, tu marches, comme ça dans les allées de la grande épicerie et là, tu tombes sur une nana – ou un mec d’ailleurs, c’est comme les pantacourts, c’est unisexe – qui est au téléphone avec on ne sait pas qui, mais visiblement on comprend qu’il y a litige. Et le contentieux porte sur la nature du repas du soir. L’un souhaite prendre une pizza géante 4 saisons fromage olives noires et pipistrelles mais manifestement au bout du fil, l’autre tente d’expliquer qu’elle préfère quelque chose de plus léger comme … une salade verte sans sauce. Et s’en suit un échange confondant de niaiserie argumentative sur les bienfaits de la nourriture végan à base de rien agrémenté d’un peu de vide et, éventuellement mais uniquement le dimanche, saupoudré d’air des Vosges que l’on trouve en bouteille de 75 cl dans toutes les bonnes épiceries Bio. Alors que le monsieur veut simplement déguster une oeuvre d’art de la gastronomie italienne accompagnée de ce merveilleux breuvage alsacien produit dans ce petit, mais ô combien célèbre village d’Obernai – attention, pas le pinard mais la boisson qui te façonne des abdos éponymes – en très bonne compagnie de ses meilleurs amis, tout en regardant un documentaire télévisé consacré aux participants d’une épreuve intellectuelle qui voit s’affronter 2 équipes, bigarrées de couleurs différentes, pour obtenir la garde d’un objet dont la particularité physique est à la poule ce que l’oeuf est à Christophe Colomb … le navigateur, pas le maire de Lyon.

Donc à ce moment précis, tu es incapable de retenir un fou-rire de la mort qui tue la grand-mère en claquette/chaussette au Tocadéro quand il fait chaud. Et pouf ! vanné 🙂

Bon, après évidemment tu peux lâcher un « hé mec … c’est toi GargaMélenchon sans cravate ? » Pouaaaaaaaah comment je t’ai cassé ! Mais bon, c’est trop facile. Tiens mais voilà que je fais encore une fois référence à Mélenchon. Ca va faire maintenant plus de 5 ans que je ridiculise Mélenchon dans mes articles, il y a vraiment un truc …

Mais revenons à nos moutons ou plutôt à notre « Tour de pas la France 2017 ». Et vous allez comprendre pourquoi c’est la grosse vanne du moment.

Allez … ambiance caravane du tour de pas la France …

Voyez-vous, ce matin, j’écoutais France info et voilà t’y pas que la journaliste parle des cyclistes qui vont s’élancer de … Düsseldorf. Oui j’ai pris les infos en cours de route. Alors le curieux que je suis, se demande où se trouve Düsseldorf … en France. Bein oui parce que moi, je ne suis pas du genre à me faire « Fake Newser ». Je ne suis pas du genre à sortir, en pleine discussion mondaine, un truc du genre « Ha mais, je l’ai vu sur un tableau comparatif, le type au RSA gagne plus que le mec qui bosse alors franchement … » et là, toute l’assemblée se tait, consternée car le type qui sort ce poncif gratuit vient de se ridiculiser en démontrant qu’il s’est fait « fake newser » … la honte s’abat sur lui et sa famille pour des siècles et des siècles … amen !

Donc, je vérifie l’information. Du, du … Douchy-les-Mines,  Dourdan,  Darnétal,  Digoin .. Ha ouais Digoin hé hé Digoin … Du, du … Dombasle-sur-Meurthe, Domérat, Dugny … ha on y arrive … du, du … Divonne-les-Bains … oui, ça c’est parce que je trouve rigolo … Divonne-les-bains … hé hé … rigolo … Bon, soyons sérieux, Du, du … Dury, Dussac,  Duttlenheim, Duvy, Duzey … bein … pas de Düsseldorf ! Boh, c’est quoi cette histoire, il n’y a pas de Düsseldorf en France ? Alors c’est où le départ du tour de pas la France 2017 ?

Je reprends mes esprits et j’entends la journaliste interviewer un certain Prudhomme. Tiens, ils ont changé de sujet ? Nous voilà sur la loi travail maintenant et cette histoire de plafonnement des indemnités aux prud’hommes ? Purée faut suivre franchement. Hé France info, faudrait voir à terminer vos sujets hein ! On ne peut pas passer comme ça de la poule à la jument … oui, du coq à l’âne, je sais. Mais en ces temps d’égalité homme-femme, j’ai voulu être dans le ton. Bon, alors qu’est-ce qu’il nous dit ce type … « bla bla bla l’Allemagne bla bla bla le président Macron bla bla bla la chandelière allemande et patati et patatata super réconciliation et amour éternel pour toujours tout ça machin donc c’est pour ça que le tour de pas la France 2017 part de Düsseldorf en Allemagne« . Quoi ? que les prud’hommes parlent de Macron je comprends. Mais qu’ils parlent du tour de pas la France ? Ne me dites pas que Poulidor demande une indemnité de licenciement … Hein ?

« Merci Christian Prudhomme, je rappelle que vous être le directeur du Tour de pas la France 2017« .

Ha d’accooooooord, le mec il s’appelle comme … le cheval de bataille de la CGT sur la loi travail ! Hé hé, cheval … jument … coq, poule tout ça … ça fait un peu basse-cour mon article. Faut que je me reprenne.

Alors attends, le mec qu’est directeur du tour de pas la France 2017 vient nous expliquer qu’il a choisi Düsseldorf en Allemagne parce que la France et l’Allemagne c’est le retour du grand amour, du couple franco-allemand, de la grande Europe et tout et tout … ouais, ouais, ouais … alors je t’explique pépère. Ta ville de départ, tu l’as choisie il y a 2 ans. Et il y a 2 ans, tous les plus grands journalistes, éminent spécialistes de la politique nous prédisaient tous, à l’unanimité, une victoire des « pas gentils d’la marine » et la sortie de l’Europe. Souvenez-vous de tous ces vieux journalistes, qui étaient déjà vieux quand ils commentaient le départ du Général de Gaulle pour Baden-Baden. Ces Catherine Nay, Michèle Cotta, Charles Villeneuve, Gérard Carreyrou, Robert Namias, Jean-Michel Aphatie, Alain Duhamel, Christophe Barbier, toutes ces momies du sanctuaire des médias, nous expliquaient, avec force détails scientifiques et sondage Opinion Way, l’arrivée inéluctable du repli sur soi en France. Et toi, le directeur du tour de pas la France, il y a 2 ans, tu aurais vu dans ta boule de cristal que la France choisirait la voie de l’intelligence et de l’ouverture au monde, de la grande Europe et donc tu aurais choisi Düsseldorf pour le départ de ton tour de pas la France 2017. Non mais … tu me prends pour un spéculoos ou quoi ? Dis plutôt que tu avais abusé de la ganja et pis c’est tout. Vous avez compris ? hein ? Les momies tout ça … ressorties de leurs bandelettes avec la super lessive … ok ?

Bon, donc mon tour de pas la France, voilà t’y pas qu’il part … d’Allemagne. Alors après on nous explique que c’est heu … pour le souvenir d’un certain Herbert von houle riche. Oui, tous les allemands s’appellent « Herbert von » … j’ai fait allemand 1ere langue alors c’est dire si je m’y connais … Herbert von beethoven, Herbert von Brecht, Herbert von Offenbach. Je les ai tous étudiés et je m’en souviens comme si c’était hier. Mais celui que j’ai préféré c’est quand même Herbert von Schubert, le célèbre poissonnier de Düsseldorf justement. Il doit sa notoriété – en allemand on dit notorischkundafentroffenblieck, oui l’allemand c’est simple, tu prends les mots et tu les allonges d’au moins 15 à 20 syllabes en prenant bien soin de mettre des sons qui accrochent l’oreille – bon bref, notre Herbert von Schubert il doit sa notoriété à sa recette de la truite meunière.

Bref, c’est donc en mémoire de ce Houle Riche que le tour de pas la France 2017 part de Düsseldorf. Mais bon, quand même pas trop … parce que le typeuuuu … cycliste de son état, il a gagné un tour de pas la France il y a longtemps mais heuuu …. après on s’est rendu compte que c’était pas trop normal qu’il fasse pipi tout bleu …. heuuu …..  alors lui il a dit que c’était à cause du Harpic mais bon quand même heuu …. les chimistes y z’ont dit qu’y  avait des substances pas trop habituelles dans son pipi et qu’avec un verre de son urine on aurait pu faire péter 3 fois la porte de Brandebourg. Mais bon, parait que c’est normal chez les cyclistes, cette propension à ingérer du Harpic pour pédaler plus vite.

Bon allez, après Düsseldorf … y vont où les cyclistes ?

A Düsseldorf !

Non, je te demande … « le monsieur te demande vers quelle ville se dirigent les cyclistes après le départ de Düsseldorf ? »

Et la réponse est « Düsseldorf » …

tu te fous de moi ou quoi ?

Non, non, ils font un petit tour dans Düsseldorf et ils reviennent au point de départ.

Ha ouais … ils font du tourisme à vélo quoi … un peu comme quand je prends un Vélib pour me balader dans Paris le dimanche …

Voilà … c’est ça .. sauf que eux … y peuvent pas s’arrêter chez ladurée acheter des macarons. Bon, en même temps … à Düsseldorf … t’as pas ladurée.

Oui mais … tu pourrais acheter aut’chose, je sais pas moi … des saucisses !

Ha non, les saucisses c’est à Frankfurt. A Düsseldorf, les cyclistes pourraient s’arrêter pour acheter de l’erbsensuppe mais il y a un problème … le jarret de porc, ça passe pas dans le bidon …

Ha mince, pas cool …

Bon, alors on dira que c’est une étape qui sert à rien. Et après, y vont où ? car ils finissent bien par partir, non ? Ou bien il restent tout le temps à … Düsseldorf ?

Bein après, ils vont … à Liège, en Belgique.

Ha bah oui, logique puisque c’est le tour de pas la France 2017. Et après ?

Bein … Luxembourg.

Hé oui … bon, ne me dis rien … après ils vont … à … Pfaffenhofen ?

C’est où ça … Pfaffenhofen ?

Bein c’est en Autriche voyons …

Ha non, pas du tout ! Après ils vont à … Vittel !

Vittel ? Il n’y a pas de Vittel en Autriche à ma connaissance, ni en Pologne …

Mais non, Vittel … le Vittel … dans les Vosges … en France voyons !

Quoi ? En France ? Le tour de pas la France 2017 qui viendrait … en France. Non mais … tu te ficherais pas un peu de ma tronche ?

Bah, et pourquoi pas qu’y viendrait pas en France le … tour de pas la France 2017 ?

Oui, bon aller, je te l’accorde. Mais ne me dis pas qu’il va suivre les frontières pour faire un … un tour de la France … hein ?

Ha noooonnnnnn, non t’inquiètes …. il va faire des p’tits bouts par ci par là … pas plus. Et de toute façon … y’a plus d’avion que de vélo alors tu vois !

Tiens par exemple, le 9 juillet c’est Nantua … le fameux raccourci de Nantua qu’on a jamais trouvé … pis après, c’est … Périgueux ! Ha ha … hein … ça t’en fout un coup dans l’tour de pas la France, ça hein ? C’est esseprès pour te titiller les neurones façon cognitive, tu vois.

Parce que là, l’auditeur se dit « Attends, je connais Nantua … c’est dans les Alpes, pas loin de la Suisse, là où’s qu’on fait la fondue savoyarde. Et Périgueux c’est … c’est … là où’s qu’on tue tout les canards à cause de la grippe à bière – la fameuse bière de … Düsseldorf -, et qu’on mange du foie gras. Ha ouais mais… quand j’étais à l’école, je revois cette carte de France en plâtre pour voir le relief et entre la fondue savoyarde et le foie gras il y avait … des volcans et … une eau qu’elle s’appelorio quézac !  »

Alors là, l’auditeur se dit « j’ai un problème de géographie. Le cycliste peut pas être à Nantua le 9 juillet et à Périgueux le 10. Donc, comme l’auditeur veut pas se faire « fake newser », il prend une carte de France. Il prend … son calendrier des PTT avec les p’tits chatons en couverture. Il ouvre à la carte de France et il voit bien qu’il y a un problème. Parce qu’entre Nantua et Périgueux bein … même si tu prends la nationale, bein y’a pas loin de 550 kms ! Alors bon … 550 kms pour un cycliste … avec une bonne dose d’Harpic qui fait le pipi tout bleu ça se fait, c’est pas la question. Mais y’a quand même les volcans. Et tu m’enlèveras  pas de l’idée que les volcans, bein … c’est pas avec de l’eau, même gazeuse, que tu les passeras. Alors l’auditeur y comprend que les cyclistes y vont prendre l’avion. Et comme ça, on fait réviser la géographie. Tu comprends ? C’est un concept … le tour de pas la France c’est pour que tu révises ta géographie, et pis c’est tout ! »

Bon, en même temps, c’est ballot parce que … ça arrive après le bac et le brevet des collège donc tu peux pas t’en servir pour réviser du … tour de pas la France.

Ouais bon, ça c’est juste un petit problème de timing qu’il nous reste à sécuriser. On va checker ça avec l’équipe et l’année prochaine on est dans le bon timing … promis. Alors, tu l’achètes mon concept de tour de pas la France 2017 ?

Écoutes, je ne sais pas. Faut encore que je réfléchisse. Parce que je viens justement d’avoir une autre proposition d’un mec qui dit vouloir faire un truc complètement dingue. Il me propose un événement qui s’appellerait … « Le tour de France » ! Il parait qu’en 1920, ils l’ont déjà organisé et que les cyclistes bein … il faisaient vraiment le tour de la France !
Mais non … n’importe quoi. Il se moque complètement de toi le mec

Carte du tour de France 1920

Franchement, tu devrais faire attention aux arnaques parce que l’autre jour j’ai croisé un type qui proposait d’organiser un rallye automobile qui s’appellerait « Paris –  Dakar ». Et tu sais quoi ? Le mec proposait que le départ soit à Paris et l’arrivée à … Dakar !!! Non mais, tu vois pas l’arnaque …

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

 

Comment je viens d’échapper à un attentat terroriste à la bombe nucléaire

Bon OK le titre est un peu exagéré mais bon, juste ce qu’il faut pour attirer le lecteur. Un peu comme ces magazines que l’on voit en devanture des marchands de journaux, couverts de photos de stars et avec des titres chocs : « Johnny Hallyday, une terrible nouvelle l’accable« , « Maïté serait une extraterrestre » ou encore « Sardou vote à gauche !« . Quoi ? Michel Sardou vote à gauche ? Non … alors on achète le fameux canard. On file à la page de l’article et on découvre que … Bernard Sardou, retraité dans la petite bourgade de Solesme, non loin de Sablé-sur-Sarthe, s’est rendu au bureau de vote sans ses lunettes. Et ce qui devait arriver, arriva évidemment : en rentrant chez lui, il a déposé sur la table les bulletins de vote non utilisés et le seul manquant était celui du candidat de gauche ! Et voilà on a acheté la feuille de choux pour rien. Bon, autant poursuivre la lecture et découvrir l’aventure terrible de Johnny. 3 pages à lire avant de comprendre que  son cochon d’inde fait une dépression après avoir été éjecté de sa roue d’exercice … accablant ! Quant à Maïté, c’est Carl Lagerfeld qui fait cette déclaration alors bon … Bref des titres racoleurs pour une vérité bien banale.

J’ai donc repris ce mécanisme pour vous inviter à lire ce nouvel article jusqu’au bout et découvrir comment j’ai échappé de justesse à une tentative d’attentat terroriste. Alors d’accord, le mot « nucléaire » pousse peut être la caricature un poil trop loin.

Bon, revenons à nos moutons et entrons dans le vif du sujet. Mercredi soir, je sors du bureau et me dirige promptement vers la station du tram T3b à la porte des Lilas. Je pourrais le prendre direction « Porte de Vincennes » mais je reste du côté du quai « Porte de la Chapelle » puisque je vais à Rosa Parks.

L’afficheur annonce un temps d’attente de 10 minutes et le suivant à 15 minutes. Ouf ! quand même ! Je marche le long du quai de sorte à me placer tout à l’arrière de la rame. Hé oui, voyez-vous, à Paris nous avons tous nos habitudes. Et surtout nous stratégisons notre position dans le véhicule. En me plaçant ainsi, en arrivant à Rosa Parks, je serai du bon côté de la rame pour aller directement vers l’entrée de la gare RER. Je n’aurai pas à remonter tout le quai comme si j’étais monté à l’avant. Et comme j’ai remonté le quai à Porte des Lilas, là où de toute façon je suis obligé d’attendre 10 minutes, j’ai parcouru cette distance pendant un temps « contraint » donc j’ai réduit mon temps de trajet … ha ha !

Vous pensez que cette précision n’est pas utile dans mon récit ? Détrompez-vous ! Elle est fondamentale, car sans ce positionnement, je ne me serais pas retrouvé … à côté de la bombe !

Donc, le Tram T3b arrive après … 4 minutes d’attente. Oui, c’est souvent comme ça à la RATP, les minutes aussi sont indépendantes, elles font ce qu’elles veulent. Parfois une minute vaut une heure, parfois elle vaut 20 secondes. En fait ça dépend des minutes et pas de la taille du fût du canon. Donc on ne peut pas savoir 😉

Bref, la rame s’arrête … je suis pile sur le côté de la porte arrière … hé hé quand je vous disais qu’avec l’habitude on sait où se placer ! Je laisse descendre la marée humaine et les poussettes qui l’accompagnent … 2h ou 2h30 plus tard, je monte dans le « ouagon ». Il y a du monde mais, allez savoir pourquoi, il reste une place assise disponible au niveau du bloc babord des 2 blocs « 4 sièges ». Je fonce et je m’assieds satisfait d’être correctement installé pour sortir mon bouquin tranquilou. Il faut que je vous décrive la scène car c’est important pour la suite et surtout pour que vous visualisiez bien la position de la bombe 🙂

Bon, un « bloc 4 sièges », vous voyez ce que c’est ? C’est pareil qu’à la TV quand on voit un homme politique dans un TGV. Allez savoir pourquoi mais ils sont quasiment toujours installés sur un « bloc 4 sièges ». Regardez, par exemple la photo ci-dessous … c’est une photo que j’ai pécho sur google … totalement au hasard …:

Donc le « bloc 4 sièges » dans la ligne de tram c’est pareil sauf … qu’il n’y a pas d’accoudoirs, pas de table, pas de rabat de table, pas de prises pour son smartphone, pas de sièges confortables, pas de possibilité d’incliner le dossier, pas de crochet pour la veste de costume, pas de rideau à la fenêtre, pas de café, pas de documents, pas d’homme politique et pas de jolies femmes en face de soi. Donc c’est presque pareil sauf que les sièges sont très serrés, peu confortables et dans les tons vert chiasseux et surtout, le siège devant soi est comme collé au tien, exprès pour que tu ne puisses pas mettre tes jambes simplement sans gêner celles de la personne en face. Et je ne vous parle pas du branle bas de combat quand la personne qui est près du hublot souhaite sortir …

Bref, il y a donc 8 places. Souvenez-vous de l’arithmétique à l’école primaire : 2 fois un bloc de 4 sièges, ça fait 8 sièges. 4 dans le sens de la marche et 4 qui ont l’avenir dans leur dos. J’ai donc pris le 1er siège à babord dans le sens contraire de la marche. Je fais un croquis pour que vous visualisiez bien la scène :

Les 7 autres sièges sont donc occupés et je présume que le siège à ma droite est occupé par le propriétaire du panier à commissions à roulettes violet stationné dans l’allée. Cela va sans dire, mais cela va mieux en le disant : le fameux panier à roulettes violet obstrue la totalité de l’allée centrale, empêchant par là, la bonne circulation des flux de passager.

Je n’ai pas la photo exacte du panier à roulette violet mais celle-ci s’en approche suffisamment pour que l’on comprenne bien.

Vous vous rendez-compte que ce panier à roulette peut embarquer 38500 cm3 de marchandise. Autant dire que mon terroriste peut y placer une bombe pouvant faire des ravages gastronomiques ! Mais pourquoi n’interdisons nous pas la vente de ces paniers à roulettes violet ! Mais que fait la police ! Je vous le dis, il faut renvoyer tous les paniers à roulettes violet dans leur pays d’origine … le panierland !

Vous l’avez compris, sans le savoir, je viens de m’asseoir à côté de la bombe ! Mais évidemment personne ne le sait, ni même s’en doute car c’est bien l’objectif du terroriste … le fourbe !

Le tram redémarre. J’ouvre mon livre et me voilà replongé dans cette aventure palpitante de FitzChevalerie Loinvoyant. Totalement absorbé par ma lecture, je ne vois pas les différentes étapes de notre voyage. Tout au plus, au-dessus de mon bouquin, je perçois vaguement des corps indistincts qui se lèvent et d’autres qui prennent leur place au grès des arrêts des stations de notre périple vers une destination de carte postale … « Porte de la chapelle ». Et le panier à roulettes violet est toujours là, bien calé contre le siège de son terroriste. « SON terroriste » ? Je viens de relever nonchalamment la tête pour me rendre compte que la personne assise sur le siège à ma droite est … une femme. Tiens … mais … c’était pas un homme avant ? Bon, peut être que je n’ai pas fait assez attention. Je replonge dans ma lecture.

Le tram s’arrête à la station « Porte de la Villette ». Mais qu’est-ce qu’il y a comme portes ! La dame à côté de moi se lève et descend. En fait c’est quasiment tout le monde qui descend. Mais qu’y a-t-il de si intéressant à la porte de la Villette pour que tout le monde ait envie de descendre ? En fait peu importe, je reprends ma lecture … sans me rendre compte que le panier à roulettes violet est toujours bien en place dans l’allée …

Le signal retenti, les portes vont se refermer. La femme, assise en face du panier violet, s’écrie « Hé madame … vous oubliez votre panier à roulettes … violet! ». La femme s’en va en levant le bras. Nous comprenons que le sac ne lui appartient pas. Mais alors … le panier  à roulettes violet n’a plus son propriétaire depuis déjà … plusieurs arrêts ?

Je regarde le monsieur assis à ma gauche … il me regarde … nous regardons la femme en face du panier … je prends la parole « dites … on dirait … enfin ça ressemble à … un colis suspect ! ». « Oui … il faudrait prévenir ». A ce moment, nous ne sommes plus que 5 : le monsieur à ma gauche, la dame en face du panier à roulettes violet, la dame à côté du panier à roulettes violet et la dame à côté de la dame en face du panier à roulettes violet … et moi, ça fait cinq. Si si … recomptez 🙂

Les visages blêmissent. On regarde le panier à roulettes violet. Je m’essaie à l’ouverture du rabat pour tenter de voir ce qu’il contient … d’un doigt, je le soulève … rien, je ne vois rien … il est fermé avec le petit cordon qui resserre le dessus du sac comme la taille de Claudia (ça c’est pour ceux qui ont lu mon post sur la retouche photo). Je retire mon doigt et le rabat choit … le rabat choit … hé hé …

Bon, autant dire vous que personne n’est très rassuré. Intérieurement je m’en veux d’avoir été aussi imprudent : si le détonateur était relié au rabat … en le soulevant … badaboum ! Les terroristes sont assez machiavéliques pour imaginer qu’un voyageur aura l’idée saugrenue de vouloir vérifier le contenu et … PAF … explosion. Et dire que ce voyageur stupide, c’est moi ! Mais non, Bebel, tu es en train de raisonner comme FitzChevalerie Loinvoyant. Reviens à la vraie vie, ce n’est pas ton livre.

La femme à côté du panier à roulettes violet se lève. Elle nous explique, dans une voix chevrotante, qu’elle va prévenir le conducteur. Suspicieux, nous sommes tous … suspicieux … Elle prétexte plutôt ça pour s’enfuir le plus loin possible de la bombe. Mais au plus profond de moi je me dis « C’est elle qui a raison … je devrais m’éloigner de cette bombe … arrête de jouer les héros, la bombe est si près de toi que lorsqu’elle éclatera il ne restera rien de toi, de ton costume, de ton manteau, de ton livre de FitzChevalerie Loinvoyant, de ton sac à dos, de ton … porte-clefs panda du zoo de Beauval attaché à la fermeture éclair de la poche avant de ton sac à dos ! »

Non, de non, mon sang ne fait qu’un tour … Jamais je ne laisserai quelqu’un faire du mal à mon panda du zoo de Beauval … je ne peux pas rester à cette place … si près de la bombe. Je suis sur le point de me lever également quand le doute s’instille dans ma tête « oui mais … qu’est-ce que je vais dire ? … je ne peux tout de même pas prétexter la … sauvegarde des pandas ! » Mais je ne peux pas rester ici non plus. Me voilà dans une position inconfortable, que dis-je, paradoxale, tel l’âne de Buridan … je vais mourir ni de faim, ni de soif mais … pulvérisé par une bombe terroriste … aux quatre coins d’Paris qu’on va m’retrouver, éparpillé par petits bouts façon puzzle …

Nous arrivons à la station « Canal Saint-Denis » … pour une fois qu’il n’y a pas de porte à cette station. L’inquiétude est maximale et la tension palpable dans notre espace de 2 blocs de 4 sièges. Déjà le vide se fait sur les autres sièges à proximité … l’allée se vide … les voyageurs sur les plateformes profitent de l’ouverture des portes à la station pour sortir prestement !

Le signal retenti … les portes se referment, le convoi redémarre. Personne … personne n’est monté à « Canal Saint Denis ». Je soupçonne ceux qui sont descendus d’avoir prévenus ceux qui envisageaient de monter. Nous sommes seuls. Nous ne sommes plus que 5 dans ce long tube ferroviaire. 5 et une bombe dans un panier à roulettes violet … qui roulons vers … le terminus  … de la ligne !

La dame assise à côté de la dame assise en face du panier à roulettes violet tourne la tête, elle regarde le panier à roulettes violet … elle le désigne d’un signe de la tête … vraisemblablement trop tétanisée par la peur pour s’exprimer autrement … elle le désigne … une seconde fois … nous aussi sommes tétanisés, nous ne formons plus qu’un seul dans notre angoisse maintenant à son paroxysme ! Elle le désigne … une 3ieme fois … puis, levant lentement son bras, précautionneusement pour ne pas déplacer l’air qui pourrait activer le mécanisme de la bombe … elle déplie sa main tout aussi sagement et … pointe son index vers … elle ! Tout le monde comprend alors que le panier à roulettes violet … lui appartient. Et il n’y a à l’intérieur qu’une galette et un petit pot de beurre qu’elle apporte à sa mère-grand à la porte de la Villette !

Quelle aventure tout de même. Mais surtout … on avait tous envie de lui crier « Mais tu pouvais pas l’dire plus tôt … bougre d’andouille ! Orchidoclaste! Nodocéphale! gourgandine ! Cornegidouille ! »

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉