Bref, je me suis fait un Mac Do …

Bon, aujourd’hui je me suis dit « Tiens, j’me ferais bien un p’tit Mac Do !« . Ni une, ni deux, je prends mon pass navigo et direction le Mac Do de Val de Fontenay.

Quand je vais dans ce genre de restaurant huppé, je me fixe toujours une règle de conduite : s’il y a trop de monde, j’abandonne sans même entrer. Là, j’arrive et je constate une fréquentation que j’estime acceptable. Et en plus, le chef de rang s’approche de moi et m’invite à me diriger vers une borne libre. Oui, je dois vous préciser qu’au Mac Do de Val de Fontenay il n’y a plus aucune caisse sur le comptoir. Les convives sont invités à faire leur commande sur une immense borne façon 4 par 3 pour que tout le monde autour puisse voir que tu cliques sur le Big Mac double size avec le supplément mayo et 3 sachets de ketchup !

Bref, c’était vraiment trop bien parce que je n’ai pas eu à faire la queue. Je suis immédiatement monté à l’échelle pour aller cliquer, tout en haut, sur le menu « Mc First ». Puis je suis redescendu m’accroupir pour cliquer, tout en bas, sur le cornet de frites. Et c’est vraiment trop super parce que le Coca Zéro, il était au milieu de l’écran donc j’ai pu cliquer dessus sans trop de gymnastique. Et oui, un écran 4 par 3, c’est pas ta petite tablette ipad de « cul nul », c’est du lourd !

Bref, j’ai entré ma carte bleue dans le lecteur au raz du sol, il est en dessous de l’écran 4 par 3, puis le code et j’ai validé. A partir d’ici, tu ne peux plus faire « annuler ». Donc, c’est pile à ce moment qu’ils sont arrivés. « Ils » c’est en fait toute la population d’île de France qui n’est pas en vacances en ce début Août. Voyez-vous, je pense qu’ils se sont tous dit « Et si on allait au Mac Do … de Val de Fontenay … là, tout de suite maintenant ?« . Ce sont donc 768 543 personnes qui sont arrivées au Mac Do de Val de Fontenay. Mais c’était vraiment trop super bien parce que moi, j’avais déjà passé ma commande. En plus, avant même que je n’introduise ma carte bancaire, sur la borne c’était écrit « Nous préparons déjà votre commande ! ». J’étais trop super content.

Alors, je suis allé vers le comptoir pour récupérer ma commande. Le fameux comptoir qui n’a plus de caisses. Il est donc totalement dégagé pour aligner les plateaux. Là, j’ai vu une équipière Mac Do courir à droite, puis à gauche, puis à nouveau à droite, puis à nouveau à gauche. Ensuite elle est revenu, elle s’est passé la main dans les cheveux puis elle a levé la tête vers l’écran. Ensuite elle parti vers l’arrière, puis elle est revenu vers l’avant. Elle est reparti vers l’arrière, puis elle est revenu. Elle a de nouveau regardé l’écran. Puis elle est reparti à droite. C’était beau comme une chorégraphie des petits rats de l’opéra. Alors j’étais trop super content parce que je me suis dit que j’étais tombé le bon jour : aujourd’hui il y avait un spectacle en bonus. Alors j’ai sauté 2 fois sur place et j’ai dit « Youpiii » (mais dans ma tête pour que personne n’entende). Progressivement, elle apportait des ingrédients qu’elle posait sur les plateaux mais … pas trop vite. Alors moi, je me suis dit que c’était pour ne pas secouer les sodas ou faire tomber la salade des burgers dans la boîte.

C’était vraiment trop génial parce que ça faisait à peine … quoi … 17 minutes que j’étais là, que déjà elle appelait la commande numéro 95. Moi j’ai regardé mon papier et j’étais vraiment trop content car il portait le numéro 99. Alors elle est repartie dans son ballet harmonieux, prenant un Big Tasty par ci, un Ice tea par là et les déposant sur 2 plateaux différents avec délicatesse. Ensuite, je l’ai vu déposer un coca zéro sur un plateau vierge et j’ai compris que c’était ma commande. Alors je n’ai pu contenir un nouveau petit « youpi » de joie et j’ai à nouveau sauté 3 fois sur place. Ensuite elle a repris le mouvement numéro un : à droite, à gauche, à droite, à gauche, la main dans les cheveux, les yeux au ciel etc … et une boîte d’happy Meal sur un plateau, un Big Mac sur un autre. Et c’était vraiment trop super méga bien parce que moi, je pouvais regarder mon coca zéro sur mon plateau. Et là, elle à dit « la 96 !« . Et moi j’étais trop méga dans la zénitude profonde parce que j’avais la 99 et qu’il s’était passé à peine 19 minutes entre la 95 et la 96 ! Alors je me suis retourné et j’ai souri aux 768 541 personnes derrière moi.

Après on est passé au mouvement 2 de la chorégraphie et c’était vraiment trop beau. En fait, la copine de l’équipière Mac Do, celle qui bosse au comptoir Mac Café est entrée dans la danse. Oui, vous savez, le comptoir Mac Café, c’est celui où il n’y a jamais de client et l’équipière Mac Do passe son temps à astiquer le comptoir avec un chiffon pour faire croire qu’elle a beaucoup de travail parce qu’elle ne veut pas aller aider ses collègues qui remplissent les plateaux. Alors là, elle avait trop bien frotté le comptoir et aussi lavé les tasses à café et aussi ré-aligné les macarons et … et … et … elle pouvait plus faire semblant d’avoir trop de boulot …

Là, c’était vraiment trop beau car on voyait le professionnalisme et les années d’entraînement. Elles se croisaient sans jamais se toucher. Elles virevoltaient, légères comme des hirondelles sans jamais lâcher le Big Mac et le sunday caramel avec les petites cacahuètes dessus. C’est à ce moment précis que, dans un canon en coeur parfait, elles ont annoncé les commandes 97 et 98. C’était trop beau, j’ai senti une larme couler au coin de mon oeil gauche. Alors j’ai sauté sur place et dit « youpiii » (tout bas, juste pour moi). La prochaine était pour moi, j’ai senti mon p’tit coeur palpiter comme jamais d’autant que l’équipière numéro une venait de déposer un cornet de frites sur mon plateau … à peine 47 minutes après le coca zéro. J’étais trop super méga content.

Alors le ballet a repris au numéro un mais cette fois avec 2 ballerines. Hé hop, à droite, à gauche, à droite, à gauche, yeux au ciel, mains dans les cheveux et devant, derrière, devant, derrière. Big Mac, Royal cheese, sunday fraise et … Happy Meal déposés en rythme sur les plateaux. C’était beau comme du Mozart. J’étais trop super joyeux. Alors l’équipière a annoncé « commande 02« . Mais c’était pas grave parce que j’étais trop bien content de regarder ce spectacle. Je me suis retourné et j’ai crié aux 768 539 personnes derrière moi de frapper dans leurs mains, de sauter sur place et de tendre l’index droit vers le plafond … « allez tous, en coeur … frappe dans tes mains … saute sur place … Hand up, baby Hand up« .

Ensuite j’étais vraiment trop content parce que, juste après la commande numéro 15, je l’ai vu se saisir d’une boîte de Mc First dans un tourné, boulé, déhanché impeccable. Et en guise de final magistral, elle a fait un salto avant double carpé et déposé la dite boîte … sur mon plateau ! J’ai senti mon coeur s’envoler, battre à tout rompre quand j’ai entendu le …99. « Oui, c’est moi … c’est moi, ici … oui, j’arrive. »

« Bon appétit et désolé pour l’attente » me dit l’équipière du Mac Do de Val de Fontenay. Alors moi, trop content, je lui ai répondu « Et merci madame de vous être occupé de moi avec autant de professionnalisme et d’abnégation« . J’étais trop sur mon petit nuage tellement j’étais trop satisfait d’être content. Je tenais entre mes mains, mon frêle petit plateau après à peine 1h et 26 minutes d’attente.

Alors après j’étais vraiment trop bien dans mon for intérieur de moi-même parce que j’ai fait quelques tours du restaurant et j’ai rapidement trouvé une place où m’installer.  11 272 fois l’allée centrale et les travées extérieures et voilà que la place idéale se libère : juste à côté de la table où mémé s’est installé avec ses deux petits enfants de 3 et 4 ans pour réserver les places en attendant que maman revienne avec les 2 happy Meal. J’étais vraiment trop content, proche de l’extase en déposant mon plateau sur la table pendant que Missandei se laissait choir de la banquette sur mes caterpillars, heureusement montantes, tout en vociférant un assemblage de syllabes dont je n’ai pas … totalement saisit le sens. Stannis a bien essayé d’en profiter pour me chiper une frite mais mémé lui a chopé le bras droit avant qu’il ne commette son forfait. Il est alors parti dans un cri nasillard montant dans les aigus tout en chouinant par vocalise. Tout en remontant Missandei sur la banquette, mémé a tenté de faire taire Stannis en lui disant qu’il était pas gentil de se faire remarquer comme ça. Moi, je ne voyais plus rien tellement j’étais trop joyeux d’être attablé devant mon menu Mc First option Fish.

Le sourire aux lèvres, j’ai pris ma paille. J’ai délicatement déchiré juste le bout de l’emballage en papier et j’ai porté le petit bout de paille qui dépassait à ma bouche et … j’ai soufflé ! L’emballage s’est envolé telle une fusée pour la lune puis, la vitesse décroissant, il s’est mis à tourbillonner dans l’air pour revenir s’écraser sur la tête de Stannis. J’étais vraiment trop super content d’avoir réussi ce lancer d’emballage de paille et d’avoir atteint une cible de choix : le petit morveux de 3 ans potentiel chouineur devant l’éternel.

J’ai alors posé le bout de ma paille sur le petit opercule percé du couvercle de mon gobelet de Coca zéro. J’ai appuyé délicatement jusqu’à ce que les pré-découpes cèdent et que ma paille s’enfonce dans le soda avec ce bruit caractéristique du frottement de la paille contre le plastique de l’opercule du couvercle….. shriiiiiiiiiittttt …. En fin de course, j’ai configuré mes lèvres en forme de O, je les ai approchées de l’extrémité de la paille et j’ai aspiré. Le liquide est monté dans le tube puis est venu envahir ma gorge. C’était vraiment une sensation extraordinaire, j’étais vraiment trop content de joyeuseté. Les longues minutes d’attente avaient permis aux glaçons de fondre en totalité, noyant mon Coca Zéro façon chirloute d’eau claire. Et en plus, il s’était adapté à la température exacte de l’intérieur du restaurant au mois d’août en pleine canicule. C’était un instant merveilleux de joie et de bonheur et j’étais trop vraiment content de savourer mon Coca zéro dilué et tiédasse.

Reposant mon gobelet, je m’emparais d’une frite et la portais à ma bouche. Le contact de la frite sur ma langue m’a rendu joyeux et rêveur. Telle la madeleine de Proust, la saveur de cette frite m’a ramené des années plus tôt, à l’époque où on jouait à « Espion lève-toi » dans la cour de l’école primaire. Il s’agissait d’écrire un secret sur un morceau de papier puis de manger le-dit papier pour que personne ne le découvre. Sans le savoir, cette frite venait de me remémorer un souvenir enfoui depuis des années. Cette frite venait de rappeler à mes papilles gustatives la texture du papier Canson et l’encre du stylo plume pour un secret bien gardé car mâchouillé. Quelle expérience extraordinaire, j’en ai pleuré de joie devant l’intelligence de cette frite à perdre sa chaleur pendant les longues minutes d’attente pour s’adapter parfaitement à la température ambiante. Tellement emporté par cette joie intense et ce bonheur inattendu, j’en oubliais mon Mc First Fish. Après avoir séché mes larmes de joie, je me décidais à ouvrir la petite et non moins délicate boîte en carton coloré.

Plus fort encore que ces saveurs qui vous remémore des souvenirs oubliés, le délicat fumet qui s’est échappé de la boîte m’a … transporté. Il m’a transporté à Dunkerque, sur le port de pèche, au retour des chalutiers quand les généreux mariniers offrent aux mouettes les restes de poisson sur lesquels elles se jettent avidement.  Ce délicat fumet du poisson oublié sur le pont du chalutier, au soleil, subtilement mariné dans l’eau de lavage du-dit pont. Lui aussi, a su profiter des longues minutes d’attente pour accorder sa température à celle de l’environnement pensais-je… ! Mais je me trompais, c’était encore plus fort, plus intelligent, plus professionnel. En effet, en le prenant dans mes mains, j’ai senti la salade qui parsemait le fond de la boîte. Elle était … si fraîche, tellement fraîche qu’elle semblait tout droit sortie de la chambre froide. C’était décidément trop merveilleux, trop beau et j’étais … trop content.

Alors j’ai bu goulûment mon eau claire tiède en rythmant chacune de mes bouchées de poisson froid d’un ballet de frites cartonneuses. Et j’ai compris que la rondelle de tomate, judicieusement intercalée entre le poisson pané et le buns du dessus sortait, elle aussi directement de la chambre froide quand mes 4 tentatives de mâchouillage ne sont pas parvenu à la rompre. J’étais vraiment trop bien, trop content, trop joyeux alors j’ai souri à la maman qui revenait avec ses 2 happy meal car, en plus, j’allais avoir quelques secondes de silence à côté de moi.

Et il y avait 768 522 personnes qui tournaient dans le Mac Do de Val de Fontenay pour trouver une place … alors moi j’étais super content, super heureux, super en extase tout ça. 

Déjà, Missandei et Stannis se chipougnaient en vitupérant très fort car Stannis il avait le minion avec le slip mauve et que Missandei c’est celui qu’elle voulait parce que il était trop bien et que maman elle avait dit qu’elle lui achèterait autant de happy meal qu’il faudrait pour tomber sur le minion avec le slip mauve et que maintenant …. ouinnnnnnnnn … Oui, les parents son fans de Games of Thrones !

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Le tour de … pas la France 2017

Il est des sujets avec lesquels il est très facile de vanner. Genre, vous déambulez dans les allées du supermarché, à la recherche du nouveau « skip ultra fines bulles aux Oméga3 enrichi à l’huile essentiel de mémorax téraxoplaxomilaire« . Oui, vous savez, c’est la nouvelle lessive de dash qui ne se contente plus de laver le tissus mais qui régénère la fibre pour la rendre plus neuve que quand vous l’avez acheté. Genre, si on utilise ce nouveau skip sur le saint suaire … pouf ! Jesuce chrisme réapparaît ! Donc si tu mets ta momie de toutencamion dans la machine avec un peu de skip nouvelle formule, pouf ! les bandelettes sont ressuscitées et le pharaon sort du tambour … si si c’est vérifié scientifiquement. C’est même le type de la pub sur TF1 qui le dit alors tu vois. Retenez bien cette histoire de momie, c’est important pour la suite, vous allez comprendre.

Bon donc, tu marches, comme ça dans les allées de la grande épicerie et là, tu tombes sur une nana – ou un mec d’ailleurs, c’est comme les pantacourts, c’est unisexe – qui est au téléphone avec on ne sait pas qui, mais visiblement on comprend qu’il y a litige. Et le contentieux porte sur la nature du repas du soir. L’un souhaite prendre une pizza géante 4 saisons fromage olives noires et pipistrelles mais manifestement au bout du fil, l’autre tente d’expliquer qu’elle préfère quelque chose de plus léger comme … une salade verte sans sauce. Et s’en suit un échange confondant de niaiserie argumentative sur les bienfaits de la nourriture végan à base de rien agrémenté d’un peu de vide et, éventuellement mais uniquement le dimanche, saupoudré d’air des Vosges que l’on trouve en bouteille de 75 cl dans toutes les bonnes épiceries Bio. Alors que le monsieur veut simplement déguster une oeuvre d’art de la gastronomie italienne accompagnée de ce merveilleux breuvage alsacien produit dans ce petit, mais ô combien célèbre village d’Obernai – attention, pas le pinard mais la boisson qui te façonne des abdos éponymes – en très bonne compagnie de ses meilleurs amis, tout en regardant un documentaire télévisé consacré aux participants d’une épreuve intellectuelle qui voit s’affronter 2 équipes, bigarrées de couleurs différentes, pour obtenir la garde d’un objet dont la particularité physique est à la poule ce que l’oeuf est à Christophe Colomb … le navigateur, pas le maire de Lyon.

Donc à ce moment précis, tu es incapable de retenir un fou-rire de la mort qui tue la grand-mère en claquette/chaussette au Tocadéro quand il fait chaud. Et pouf ! vanné 🙂

Bon, après évidemment tu peux lâcher un « hé mec … c’est toi GargaMélenchon sans cravate ? » Pouaaaaaaaah comment je t’ai cassé ! Mais bon, c’est trop facile. Tiens mais voilà que je fais encore une fois référence à Mélenchon. Ca va faire maintenant plus de 5 ans que je ridiculise Mélenchon dans mes articles, il y a vraiment un truc …

Mais revenons à nos moutons ou plutôt à notre « Tour de pas la France 2017 ». Et vous allez comprendre pourquoi c’est la grosse vanne du moment.

Allez … ambiance caravane du tour de pas la France …

Voyez-vous, ce matin, j’écoutais France info et voilà t’y pas que la journaliste parle des cyclistes qui vont s’élancer de … Düsseldorf. Oui j’ai pris les infos en cours de route. Alors le curieux que je suis, se demande où se trouve Düsseldorf … en France. Bein oui parce que moi, je ne suis pas du genre à me faire « Fake Newser ». Je ne suis pas du genre à sortir, en pleine discussion mondaine, un truc du genre « Ha mais, je l’ai vu sur un tableau comparatif, le type au RSA gagne plus que le mec qui bosse alors franchement … » et là, toute l’assemblée se tait, consternée car le type qui sort ce poncif gratuit vient de se ridiculiser en démontrant qu’il s’est fait « fake newser » … la honte s’abat sur lui et sa famille pour des siècles et des siècles … amen !

Donc, je vérifie l’information. Du, du … Douchy-les-Mines,  Dourdan,  Darnétal,  Digoin .. Ha ouais Digoin hé hé Digoin … Du, du … Dombasle-sur-Meurthe, Domérat, Dugny … ha on y arrive … du, du … Divonne-les-Bains … oui, ça c’est parce que je trouve rigolo … Divonne-les-bains … hé hé … rigolo … Bon, soyons sérieux, Du, du … Dury, Dussac,  Duttlenheim, Duvy, Duzey … bein … pas de Düsseldorf ! Boh, c’est quoi cette histoire, il n’y a pas de Düsseldorf en France ? Alors c’est où le départ du tour de pas la France 2017 ?

Je reprends mes esprits et j’entends la journaliste interviewer un certain Prudhomme. Tiens, ils ont changé de sujet ? Nous voilà sur la loi travail maintenant et cette histoire de plafonnement des indemnités aux prud’hommes ? Purée faut suivre franchement. Hé France info, faudrait voir à terminer vos sujets hein ! On ne peut pas passer comme ça de la poule à la jument … oui, du coq à l’âne, je sais. Mais en ces temps d’égalité homme-femme, j’ai voulu être dans le ton. Bon, alors qu’est-ce qu’il nous dit ce type … « bla bla bla l’Allemagne bla bla bla le président Macron bla bla bla la chandelière allemande et patati et patatata super réconciliation et amour éternel pour toujours tout ça machin donc c’est pour ça que le tour de pas la France 2017 part de Düsseldorf en Allemagne« . Quoi ? que les prud’hommes parlent de Macron je comprends. Mais qu’ils parlent du tour de pas la France ? Ne me dites pas que Poulidor demande une indemnité de licenciement … Hein ?

« Merci Christian Prudhomme, je rappelle que vous être le directeur du Tour de pas la France 2017« .

Ha d’accooooooord, le mec il s’appelle comme … le cheval de bataille de la CGT sur la loi travail ! Hé hé, cheval … jument … coq, poule tout ça … ça fait un peu basse-cour mon article. Faut que je me reprenne.

Alors attends, le mec qu’est directeur du tour de pas la France 2017 vient nous expliquer qu’il a choisi Düsseldorf en Allemagne parce que la France et l’Allemagne c’est le retour du grand amour, du couple franco-allemand, de la grande Europe et tout et tout … ouais, ouais, ouais … alors je t’explique pépère. Ta ville de départ, tu l’as choisie il y a 2 ans. Et il y a 2 ans, tous les plus grands journalistes, éminent spécialistes de la politique nous prédisaient tous, à l’unanimité, une victoire des « pas gentils d’la marine » et la sortie de l’Europe. Souvenez-vous de tous ces vieux journalistes, qui étaient déjà vieux quand ils commentaient le départ du Général de Gaulle pour Baden-Baden. Ces Catherine Nay, Michèle Cotta, Charles Villeneuve, Gérard Carreyrou, Robert Namias, Jean-Michel Aphatie, Alain Duhamel, Christophe Barbier, toutes ces momies du sanctuaire des médias, nous expliquaient, avec force détails scientifiques et sondage Opinion Way, l’arrivée inéluctable du repli sur soi en France. Et toi, le directeur du tour de pas la France, il y a 2 ans, tu aurais vu dans ta boule de cristal que la France choisirait la voie de l’intelligence et de l’ouverture au monde, de la grande Europe et donc tu aurais choisi Düsseldorf pour le départ de ton tour de pas la France 2017. Non mais … tu me prends pour un spéculoos ou quoi ? Dis plutôt que tu avais abusé de la ganja et pis c’est tout. Vous avez compris ? hein ? Les momies tout ça … ressorties de leurs bandelettes avec la super lessive … ok ?

Bon, donc mon tour de pas la France, voilà t’y pas qu’il part … d’Allemagne. Alors après on nous explique que c’est heu … pour le souvenir d’un certain Herbert von houle riche. Oui, tous les allemands s’appellent « Herbert von » … j’ai fait allemand 1ere langue alors c’est dire si je m’y connais … Herbert von beethoven, Herbert von Brecht, Herbert von Offenbach. Je les ai tous étudiés et je m’en souviens comme si c’était hier. Mais celui que j’ai préféré c’est quand même Herbert von Schubert, le célèbre poissonnier de Düsseldorf justement. Il doit sa notoriété – en allemand on dit notorischkundafentroffenblieck, oui l’allemand c’est simple, tu prends les mots et tu les allonges d’au moins 15 à 20 syllabes en prenant bien soin de mettre des sons qui accrochent l’oreille – bon bref, notre Herbert von Schubert il doit sa notoriété à sa recette de la truite meunière.

Bref, c’est donc en mémoire de ce Houle Riche que le tour de pas la France 2017 part de Düsseldorf. Mais bon, quand même pas trop … parce que le typeuuuu … cycliste de son état, il a gagné un tour de pas la France il y a longtemps mais heuuu …. après on s’est rendu compte que c’était pas trop normal qu’il fasse pipi tout bleu …. heuuu …..  alors lui il a dit que c’était à cause du Harpic mais bon quand même heuu …. les chimistes y z’ont dit qu’y  avait des substances pas trop habituelles dans son pipi et qu’avec un verre de son urine on aurait pu faire péter 3 fois la porte de Brandebourg. Mais bon, parait que c’est normal chez les cyclistes, cette propension à ingérer du Harpic pour pédaler plus vite.

Bon allez, après Düsseldorf … y vont où les cyclistes ?

A Düsseldorf !

Non, je te demande … « le monsieur te demande vers quelle ville se dirigent les cyclistes après le départ de Düsseldorf ? »

Et la réponse est « Düsseldorf » …

tu te fous de moi ou quoi ?

Non, non, ils font un petit tour dans Düsseldorf et ils reviennent au point de départ.

Ha ouais … ils font du tourisme à vélo quoi … un peu comme quand je prends un Vélib pour me balader dans Paris le dimanche …

Voilà … c’est ça .. sauf que eux … y peuvent pas s’arrêter chez ladurée acheter des macarons. Bon, en même temps … à Düsseldorf … t’as pas ladurée.

Oui mais … tu pourrais acheter aut’chose, je sais pas moi … des saucisses !

Ha non, les saucisses c’est à Frankfurt. A Düsseldorf, les cyclistes pourraient s’arrêter pour acheter de l’erbsensuppe mais il y a un problème … le jarret de porc, ça passe pas dans le bidon …

Ha mince, pas cool …

Bon, alors on dira que c’est une étape qui sert à rien. Et après, y vont où ? car ils finissent bien par partir, non ? Ou bien il restent tout le temps à … Düsseldorf ?

Bein après, ils vont … à Liège, en Belgique.

Ha bah oui, logique puisque c’est le tour de pas la France 2017. Et après ?

Bein … Luxembourg.

Hé oui … bon, ne me dis rien … après ils vont … à … Pfaffenhofen ?

C’est où ça … Pfaffenhofen ?

Bein c’est en Autriche voyons …

Ha non, pas du tout ! Après ils vont à … Vittel !

Vittel ? Il n’y a pas de Vittel en Autriche à ma connaissance, ni en Pologne …

Mais non, Vittel … le Vittel … dans les Vosges … en France voyons !

Quoi ? En France ? Le tour de pas la France 2017 qui viendrait … en France. Non mais … tu te ficherais pas un peu de ma tronche ?

Bah, et pourquoi pas qu’y viendrait pas en France le … tour de pas la France 2017 ?

Oui, bon aller, je te l’accorde. Mais ne me dis pas qu’il va suivre les frontières pour faire un … un tour de la France … hein ?

Ha noooonnnnnn, non t’inquiètes …. il va faire des p’tits bouts par ci par là … pas plus. Et de toute façon … y’a plus d’avion que de vélo alors tu vois !

Tiens par exemple, le 9 juillet c’est Nantua … le fameux raccourci de Nantua qu’on a jamais trouvé … pis après, c’est … Périgueux ! Ha ha … hein … ça t’en fout un coup dans l’tour de pas la France, ça hein ? C’est esseprès pour te titiller les neurones façon cognitive, tu vois.

Parce que là, l’auditeur se dit « Attends, je connais Nantua … c’est dans les Alpes, pas loin de la Suisse, là où’s qu’on fait la fondue savoyarde. Et Périgueux c’est … c’est … là où’s qu’on tue tout les canards à cause de la grippe à bière – la fameuse bière de … Düsseldorf -, et qu’on mange du foie gras. Ha ouais mais… quand j’étais à l’école, je revois cette carte de France en plâtre pour voir le relief et entre la fondue savoyarde et le foie gras il y avait … des volcans et … une eau qu’elle s’appelorio quézac !  »

Alors là, l’auditeur se dit « j’ai un problème de géographie. Le cycliste peut pas être à Nantua le 9 juillet et à Périgueux le 10. Donc, comme l’auditeur veut pas se faire « fake newser », il prend une carte de France. Il prend … son calendrier des PTT avec les p’tits chatons en couverture. Il ouvre à la carte de France et il voit bien qu’il y a un problème. Parce qu’entre Nantua et Périgueux bein … même si tu prends la nationale, bein y’a pas loin de 550 kms ! Alors bon … 550 kms pour un cycliste … avec une bonne dose d’Harpic qui fait le pipi tout bleu ça se fait, c’est pas la question. Mais y’a quand même les volcans. Et tu m’enlèveras  pas de l’idée que les volcans, bein … c’est pas avec de l’eau, même gazeuse, que tu les passeras. Alors l’auditeur y comprend que les cyclistes y vont prendre l’avion. Et comme ça, on fait réviser la géographie. Tu comprends ? C’est un concept … le tour de pas la France c’est pour que tu révises ta géographie, et pis c’est tout ! »

Bon, en même temps, c’est ballot parce que … ça arrive après le bac et le brevet des collège donc tu peux pas t’en servir pour réviser du … tour de pas la France.

Ouais bon, ça c’est juste un petit problème de timing qu’il nous reste à sécuriser. On va checker ça avec l’équipe et l’année prochaine on est dans le bon timing … promis. Alors, tu l’achètes mon concept de tour de pas la France 2017 ?

Écoutes, je ne sais pas. Faut encore que je réfléchisse. Parce que je viens justement d’avoir une autre proposition d’un mec qui dit vouloir faire un truc complètement dingue. Il me propose un événement qui s’appellerait … « Le tour de France » ! Il parait qu’en 1920, ils l’ont déjà organisé et que les cyclistes bein … il faisaient vraiment le tour de la France !
Mais non … n’importe quoi. Il se moque complètement de toi le mec

Carte du tour de France 1920

Franchement, tu devrais faire attention aux arnaques parce que l’autre jour j’ai croisé un type qui proposait d’organiser un rallye automobile qui s’appellerait « Paris –  Dakar ». Et tu sais quoi ? Le mec proposait que le départ soit à Paris et l’arrivée à … Dakar !!! Non mais, tu vois pas l’arnaque …

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

 

Comment je viens d’échapper à un attentat terroriste à la bombe nucléaire

Bon OK le titre est un peu exagéré mais bon, juste ce qu’il faut pour attirer le lecteur. Un peu comme ces magazines que l’on voit en devanture des marchands de journaux, couverts de photos de stars et avec des titres chocs : « Johnny Hallyday, une terrible nouvelle l’accable« , « Maïté serait une extraterrestre » ou encore « Sardou vote à gauche !« . Quoi ? Michel Sardou vote à gauche ? Non … alors on achète le fameux canard. On file à la page de l’article et on découvre que … Bernard Sardou, retraité dans la petite bourgade de Solesme, non loin de Sablé-sur-Sarthe, s’est rendu au bureau de vote sans ses lunettes. Et ce qui devait arriver, arriva évidemment : en rentrant chez lui, il a déposé sur la table les bulletins de vote non utilisés et le seul manquant était celui du candidat de gauche ! Et voilà on a acheté la feuille de choux pour rien. Bon, autant poursuivre la lecture et découvrir l’aventure terrible de Johnny. 3 pages à lire avant de comprendre que  son cochon d’inde fait une dépression après avoir été éjecté de sa roue d’exercice … accablant ! Quant à Maïté, c’est Carl Lagerfeld qui fait cette déclaration alors bon … Bref des titres racoleurs pour une vérité bien banale.

J’ai donc repris ce mécanisme pour vous inviter à lire ce nouvel article jusqu’au bout et découvrir comment j’ai échappé de justesse à une tentative d’attentat terroriste. Alors d’accord, le mot « nucléaire » pousse peut être la caricature un poil trop loin.

Bon, revenons à nos moutons et entrons dans le vif du sujet. Mercredi soir, je sors du bureau et me dirige promptement vers la station du tram T3b à la porte des Lilas. Je pourrais le prendre direction « Porte de Vincennes » mais je reste du côté du quai « Porte de la Chapelle » puisque je vais à Rosa Parks.

L’afficheur annonce un temps d’attente de 10 minutes et le suivant à 15 minutes. Ouf ! quand même ! Je marche le long du quai de sorte à me placer tout à l’arrière de la rame. Hé oui, voyez-vous, à Paris nous avons tous nos habitudes. Et surtout nous stratégisons notre position dans le véhicule. En me plaçant ainsi, en arrivant à Rosa Parks, je serai du bon côté de la rame pour aller directement vers l’entrée de la gare RER. Je n’aurai pas à remonter tout le quai comme si j’étais monté à l’avant. Et comme j’ai remonté le quai à Porte des Lilas, là où de toute façon je suis obligé d’attendre 10 minutes, j’ai parcouru cette distance pendant un temps « contraint » donc j’ai réduit mon temps de trajet … ha ha !

Vous pensez que cette précision n’est pas utile dans mon récit ? Détrompez-vous ! Elle est fondamentale, car sans ce positionnement, je ne me serais pas retrouvé … à côté de la bombe !

Donc, le Tram T3b arrive après … 4 minutes d’attente. Oui, c’est souvent comme ça à la RATP, les minutes aussi sont indépendantes, elles font ce qu’elles veulent. Parfois une minute vaut une heure, parfois elle vaut 20 secondes. En fait ça dépend des minutes et pas de la taille du fût du canon. Donc on ne peut pas savoir 😉

Bref, la rame s’arrête … je suis pile sur le côté de la porte arrière … hé hé quand je vous disais qu’avec l’habitude on sait où se placer ! Je laisse descendre la marée humaine et les poussettes qui l’accompagnent … 2h ou 2h30 plus tard, je monte dans le « ouagon ». Il y a du monde mais, allez savoir pourquoi, il reste une place assise disponible au niveau du bloc babord des 2 blocs « 4 sièges ». Je fonce et je m’assieds satisfait d’être correctement installé pour sortir mon bouquin tranquilou. Il faut que je vous décrive la scène car c’est important pour la suite et surtout pour que vous visualisiez bien la position de la bombe 🙂

Bon, un « bloc 4 sièges », vous voyez ce que c’est ? C’est pareil qu’à la TV quand on voit un homme politique dans un TGV. Allez savoir pourquoi mais ils sont quasiment toujours installés sur un « bloc 4 sièges ». Regardez, par exemple la photo ci-dessous … c’est une photo que j’ai pécho sur google … totalement au hasard …:

Donc le « bloc 4 sièges » dans la ligne de tram c’est pareil sauf … qu’il n’y a pas d’accoudoirs, pas de table, pas de rabat de table, pas de prises pour son smartphone, pas de sièges confortables, pas de possibilité d’incliner le dossier, pas de crochet pour la veste de costume, pas de rideau à la fenêtre, pas de café, pas de documents, pas d’homme politique et pas de jolies femmes en face de soi. Donc c’est presque pareil sauf que les sièges sont très serrés, peu confortables et dans les tons vert chiasseux et surtout, le siège devant soi est comme collé au tien, exprès pour que tu ne puisses pas mettre tes jambes simplement sans gêner celles de la personne en face. Et je ne vous parle pas du branle bas de combat quand la personne qui est près du hublot souhaite sortir …

Bref, il y a donc 8 places. Souvenez-vous de l’arithmétique à l’école primaire : 2 fois un bloc de 4 sièges, ça fait 8 sièges. 4 dans le sens de la marche et 4 qui ont l’avenir dans leur dos. J’ai donc pris le 1er siège à babord dans le sens contraire de la marche. Je fais un croquis pour que vous visualisiez bien la scène :

Les 7 autres sièges sont donc occupés et je présume que le siège à ma droite est occupé par le propriétaire du panier à commissions à roulettes violet stationné dans l’allée. Cela va sans dire, mais cela va mieux en le disant : le fameux panier à roulettes violet obstrue la totalité de l’allée centrale, empêchant par là, la bonne circulation des flux de passager.

Je n’ai pas la photo exacte du panier à roulette violet mais celle-ci s’en approche suffisamment pour que l’on comprenne bien.

Vous vous rendez-compte que ce panier à roulette peut embarquer 38500 cm3 de marchandise. Autant dire que mon terroriste peut y placer une bombe pouvant faire des ravages gastronomiques ! Mais pourquoi n’interdisons nous pas la vente de ces paniers à roulettes violet ! Mais que fait la police ! Je vous le dis, il faut renvoyer tous les paniers à roulettes violet dans leur pays d’origine … le panierland !

Vous l’avez compris, sans le savoir, je viens de m’asseoir à côté de la bombe ! Mais évidemment personne ne le sait, ni même s’en doute car c’est bien l’objectif du terroriste … le fourbe !

Le tram redémarre. J’ouvre mon livre et me voilà replongé dans cette aventure palpitante de FitzChevalerie Loinvoyant. Totalement absorbé par ma lecture, je ne vois pas les différentes étapes de notre voyage. Tout au plus, au-dessus de mon bouquin, je perçois vaguement des corps indistincts qui se lèvent et d’autres qui prennent leur place au grès des arrêts des stations de notre périple vers une destination de carte postale … « Porte de la chapelle ». Et le panier à roulettes violet est toujours là, bien calé contre le siège de son terroriste. « SON terroriste » ? Je viens de relever nonchalamment la tête pour me rendre compte que la personne assise sur le siège à ma droite est … une femme. Tiens … mais … c’était pas un homme avant ? Bon, peut être que je n’ai pas fait assez attention. Je replonge dans ma lecture.

Le tram s’arrête à la station « Porte de la Villette ». Mais qu’est-ce qu’il y a comme portes ! La dame à côté de moi se lève et descend. En fait c’est quasiment tout le monde qui descend. Mais qu’y a-t-il de si intéressant à la porte de la Villette pour que tout le monde ait envie de descendre ? En fait peu importe, je reprends ma lecture … sans me rendre compte que le panier à roulettes violet est toujours bien en place dans l’allée …

Le signal retenti, les portes vont se refermer. La femme, assise en face du panier violet, s’écrie « Hé madame … vous oubliez votre panier à roulettes … violet! ». La femme s’en va en levant le bras. Nous comprenons que le sac ne lui appartient pas. Mais alors … le panier  à roulettes violet n’a plus son propriétaire depuis déjà … plusieurs arrêts ?

Je regarde le monsieur assis à ma gauche … il me regarde … nous regardons la femme en face du panier … je prends la parole « dites … on dirait … enfin ça ressemble à … un colis suspect ! ». « Oui … il faudrait prévenir ». A ce moment, nous ne sommes plus que 5 : le monsieur à ma gauche, la dame en face du panier à roulettes violet, la dame à côté du panier à roulettes violet et la dame à côté de la dame en face du panier à roulettes violet … et moi, ça fait cinq. Si si … recomptez 🙂

Les visages blêmissent. On regarde le panier à roulettes violet. Je m’essaie à l’ouverture du rabat pour tenter de voir ce qu’il contient … d’un doigt, je le soulève … rien, je ne vois rien … il est fermé avec le petit cordon qui resserre le dessus du sac comme la taille de Claudia (ça c’est pour ceux qui ont lu mon post sur la retouche photo). Je retire mon doigt et le rabat choit … le rabat choit … hé hé …

Bon, autant dire vous que personne n’est très rassuré. Intérieurement je m’en veux d’avoir été aussi imprudent : si le détonateur était relié au rabat … en le soulevant … badaboum ! Les terroristes sont assez machiavéliques pour imaginer qu’un voyageur aura l’idée saugrenue de vouloir vérifier le contenu et … PAF … explosion. Et dire que ce voyageur stupide, c’est moi ! Mais non, Bebel, tu es en train de raisonner comme FitzChevalerie Loinvoyant. Reviens à la vraie vie, ce n’est pas ton livre.

La femme à côté du panier à roulettes violet se lève. Elle nous explique, dans une voix chevrotante, qu’elle va prévenir le conducteur. Suspicieux, nous sommes tous … suspicieux … Elle prétexte plutôt ça pour s’enfuir le plus loin possible de la bombe. Mais au plus profond de moi je me dis « C’est elle qui a raison … je devrais m’éloigner de cette bombe … arrête de jouer les héros, la bombe est si près de toi que lorsqu’elle éclatera il ne restera rien de toi, de ton costume, de ton manteau, de ton livre de FitzChevalerie Loinvoyant, de ton sac à dos, de ton … porte-clefs panda du zoo de Beauval attaché à la fermeture éclair de la poche avant de ton sac à dos ! »

Non, de non, mon sang ne fait qu’un tour … Jamais je ne laisserai quelqu’un faire du mal à mon panda du zoo de Beauval … je ne peux pas rester à cette place … si près de la bombe. Je suis sur le point de me lever également quand le doute s’instille dans ma tête « oui mais … qu’est-ce que je vais dire ? … je ne peux tout de même pas prétexter la … sauvegarde des pandas ! » Mais je ne peux pas rester ici non plus. Me voilà dans une position inconfortable, que dis-je, paradoxale, tel l’âne de Buridan … je vais mourir ni de faim, ni de soif mais … pulvérisé par une bombe terroriste … aux quatre coins d’Paris qu’on va m’retrouver, éparpillé par petits bouts façon puzzle …

Nous arrivons à la station « Canal Saint-Denis » … pour une fois qu’il n’y a pas de porte à cette station. L’inquiétude est maximale et la tension palpable dans notre espace de 2 blocs de 4 sièges. Déjà le vide se fait sur les autres sièges à proximité … l’allée se vide … les voyageurs sur les plateformes profitent de l’ouverture des portes à la station pour sortir prestement !

Le signal retenti … les portes se referment, le convoi redémarre. Personne … personne n’est monté à « Canal Saint Denis ». Je soupçonne ceux qui sont descendus d’avoir prévenus ceux qui envisageaient de monter. Nous sommes seuls. Nous ne sommes plus que 5 dans ce long tube ferroviaire. 5 et une bombe dans un panier à roulettes violet … qui roulons vers … le terminus  … de la ligne !

La dame assise à côté de la dame assise en face du panier à roulettes violet tourne la tête, elle regarde le panier à roulettes violet … elle le désigne d’un signe de la tête … vraisemblablement trop tétanisée par la peur pour s’exprimer autrement … elle le désigne … une seconde fois … nous aussi sommes tétanisés, nous ne formons plus qu’un seul dans notre angoisse maintenant à son paroxysme ! Elle le désigne … une 3ieme fois … puis, levant lentement son bras, précautionneusement pour ne pas déplacer l’air qui pourrait activer le mécanisme de la bombe … elle déplie sa main tout aussi sagement et … pointe son index vers … elle ! Tout le monde comprend alors que le panier à roulettes violet … lui appartient. Et il n’y a à l’intérieur qu’une galette et un petit pot de beurre qu’elle apporte à sa mère-grand à la porte de la Villette !

Quelle aventure tout de même. Mais surtout … on avait tous envie de lui crier « Mais tu pouvais pas l’dire plus tôt … bougre d’andouille ! Orchidoclaste! Nodocéphale! gourgandine ! Cornegidouille ! »

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Camping ou l’hôtel de la plage ?

Vous ne le savez peut être pas mais le Petit Prince est un grand amateur du cinéma des années 60, 70 et 80. Et plus particulièrement des Lino Ventura, Jean Paul Belmondo, Yves Montand, Jean Gabin, Pierre Richard, Bernard Blier, Philippe Noiret, Bourvil, Michel Serrault, Paul Meurisse, Jean Rochefort, Claude Brasseur, Mireille Darc, Marie-France Pisier, Jean-Claude Brialy, Jean Carmet, Michel Constantin, Bruno Cremer, Guy Marchand, Marie Dubois, Robert Hossein, Henri Guybet, Michel Aumont, Yves Robert, Anny Duperey, Charles Denner, Francis Blanche, Marie Laforêt, Jacques Dufilo, Daniel Ceccaldi, Jean Poiret, Charles Gérard, Daniel Gélin, Simone Signoret, Maurice Biraud, Jean Lefebvre, Michel Galabru, Jean-Pierre Marielle, Jean Yanne, Louis De Funès entres autres …

Heuuu manque pas Alain Delon dans cette liste ?
Heuuuu non … pourquoi ?
Bein quand même quoi … Alain Delon …
Bon alors on va dire « ouais bof …  » mais pas plus

Des films genre « Le clan des siciliens », « les Barbouzes », « La métamorphose des cloportes », « Du mou dans la gâchette », « le professionnel », « Flic ou voyou », et cela va sans dire le cultissime « Les tontons flingueurs », etc …

Autant dire, du bon, du moins bon et du franchement « nanar » mais j’assume. Bref, voilà ti pas que je retombe sur « L’hôtel de la plage » tourné en 1977 … j’adore !

Je le regarde et … bein mince alors … je ne m’étais pas rendu compte de cette proximité étrange entre le scénario de ce film et … le « Camping » de Franck Dubosq … j’avais pas percuté !

Hôtel de la plage (1977) Camping (2006)
Hotel-bouchons camping-bouchons
Des bouchons au début du
film
Des bouchons au début du film
 Hotel-bouchons2  camping-bouchons2
L’homme au volant, la femme sur le siège du mort et le môme derrière L’homme au volant, la femme sur le siège du mort et le môme derrière
 Hotel-lecourrier  camping-lecourrier
 Il y a du courrier pour moi ?  Il y a du courrier pour moi ?
 Hotel-garage camping-garageMendez
 Trouver un garage pour la réparation  Trouver un garage pour la réparation
 hotel-volleyball  camping-volleyball
 Jouer au volley ball sur la plage  Jouer au volley ball sur la plage
 hotel-marche2plage  camping-marche2plage
 On marche côte à côte sur la plage en se racontant ses histoires de coeur   On marche côte à côte sur la plage en se racontant ses histoires de coeur
 hotel-allongé2plage  camping-allongé2plage
 Allongées sur le ventre côte à côte sur la plage avec de la littérature   Allongés sur le ventre côte à côte sur la plage avec de la littérature
 Hotel-4apéros  camping-4apéros
 On prend l’apéro à 2 couples  On prend l’apéro à 2 couples
 hotel-boitedenuit camping-boitedenuit
 Ambiance : la boîte de nuit  Ambiance : la boîte de nuit
 hotel-pairefesses camping-pairefesses
 Une paire de fesses en plein repas  Une paire de fesses en plein repas
 hotel-cabineTelAccentBelge camping-cabineTelAccenthollandais
 Cabine téléphonique avec l’accent Belge  Cabine téléphonique avec l’accent Hollandais
 hotel-lachenille camping-lachenille
 On fait la chenille  On fait la chenille
 hotel-maréehaute camping-maréehaute
 isolée sur le sable à marée haute Isolés sur le sable à marée haute
 hotel-lebal camping-lebaldesflotsbleus2
 C’est le moment du bal  C’est le moment du bal
 hotel-leconcoursCatherineGuédel camping-leconcoursChristieBergougnoux
 Le concours de la blonde Catherine  Le concours de la blonde Christy
 hotel-orage camping-orage2
 Houla la c’est l’orage, tout le monde décampe !   Houla la c’est l’orage, tout le monde décampe !
 hotel-resultatjournal camping-resultatjournal
 Les résultats du concours de la blonde dans le journal  Les résultats du concours de la blonde dans le journal
 hotel-gateauAnniversaire  camping-gateauAnniversaire
 Le gâteau d’anniversaire organisé par la fille pour le père Le gâteau d’anniversaire organisé par la fille pour le père
 Hotel-BoissonDifférence camping-BoissonDifférence
 Bon, il y a quand même une différence : tout au long du film, à l’hôtel 4 étoiles de la plage on carbure au … Champagne  ! Bon, il y a quand même une différence : tout au long du film, au camping des flots bleus on carbure au … Ricard  !
http://www.youtube.com/watch?v=IOT0PY46gCM http://www.youtube.com/watch?v=JAKzzI1XAsM

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Mémoires d’un parisien sous l’occupation Cégétiste …

Heuuu là … je crois que je me suis lâché … et c’est pire sur l’enregistrement … avec un bonus à la fin comme sur les DVD 😉

C’est jeudi, comme chaque jour, je me suis levé tôt. Hé oui, je fait partie de la France qui se lève tôt. J’arrive à la gare SNCF de Villiers sur Marne. Hier, comme des millions de français, de parisiens, j’ai fait la queue devant le panneau d’affichage de la gare de Rosa Parks. Après plusieurs heures d’attente, j’ai pu accéder à mon tour à cette affiche de 21 cm de large pour 29,7 cm de haut sur laquelle on trouve les milliers d’heures de passage des RER dans chaque gare … imprimé en caractère Times New Roman taille …2 ! Le RER E de 6h34 au départ de la gare de Villiers sur Marne est bien inscrit.

Hé oui, il faut dire que depuis plusieurs semaines, nous sommes en guerre. C’est l’occupation. L’armée cégétiste a profité d’une faille dans la sécurité de notre pays pour entrer dans la capitale. Sans trop d’innovation et de stratégie militaire avant-gardiste, les cégétistes ont pénétré les parisiens comme Ulysse les troyens. Cachés dans des estafettes blanches bariolées de rouge et de faucilles, derrière de gros barbecues géants faisant rôtir des merguez frites, brandissant des drapeaux rouge, hurlant des slogans péremptoires dans des crachoirs électriques, ils se sont fait passer pour une manif hostile aux changements d’horaires à la SNCF. Une manif somme toute classique pour les cégétistes que le parisien connaît bien … oui, il faut dire que le cégétiste est un révolté dans l’âme, il manife quand ça change parce qu’il veut que ça ne change pas et il manife quand ça ne change pas parce qu’il veut que ça change … le parisien est habitué.

Mais là, c’était plus fort. Les cégétistes ont profité de la manif pour investir Paris comme Ulysse Troie. Et c’est place de la république qu’ils ont posé leurs estafettes polluantes, leurs barbecues merguez odorantes, leurs drapeaux criards, leurs porte-voix électrisants et leurs haut-parleurs nasillards. Ils se sont alors découverts et présentés sous leur vrai jour : les nuits debout ! un mouvement a-politique comme ils aiment à se présenter mais quand même vachement ultra à gauche et pas très tolérant pour celles et ceux qui ne partagent pas leur envie de tout casser façon « grand soir ».

Bref, voilà donc plusieurs semaines que nous vivons sous l’occupation cégétiste. De gréve en gréve, de manif en manif, de caillassage en caillassage, de bris de vitrine en bris de vitrine etc … nous vivons au grès des trains supprimés, des horaires au bon vouloir des cégétistes, des stations de métro fermées, des cordons de CRS et des tracts jetés sur la chaussée.

La pénurie commence à se faire sentir. Les files d’attente augmentent aux caisses des supermarchés … à coup sûr nous aurons bientôt des tickets de rationnement. Il n’y a déjà plus de Choco Pops dans mon Simply Market. C’est dire si l’apocalypse est proche.

Mais revenons à notre jeudi matin. Il est tôt disais-je. J’arrive à la gare de Villiers sur Marne pour prendre mon RER E de 6h34. En arrivant, je regarde le prompteur : mon train n’apparaît pas dans la liste ! Hé oui, la ligue cégétiste mouvance révolutionnaire a frappé dans la nuit. Malgré le « 6h34 » affiché en taille de caractère 2 sur l’affiche officielle de la SNCF, les militants du jusqu’au boutisme intégral ont vraisemblablement capturé le mécano, fou à leurs yeux, qui avait accepté de conduire le train de 6h34. Le RER E de 6h34 ne sifflera pas 3 fois, je devrai prendre le suivant … quand ? … personne ne le sait. Les affichages en gare sont devenus très erratiques depuis l’invasion.

J’attends sur le quai un hypothétique train qui aurait réussi à braver la surveillance des cégétistes hystériques. Après environ 4 heures d’attente, un train se profile à l’horizon. Quelle est sa destination ? Personne ne le sait. Le panneau d’affichage en gare indique « Bernichoux le haut ». Oui le « panneau d’affichage en gare » c’est le nom officiel donné par la SNCF à la télé qui affiche un fond bleu et des messages écrit en blanc pour donner la destination des trains. Et en bas de l’écran, un bandeau orange quand ça va bien et rouge quand ça va pas. Autant dire qu’il est souvent rouge depuis l’occupation. Et il est écrit dans ce bandeau rouge : « En raison d’un mouvement social, vos trains peuvent être retardés ou supprimés. Veuillez consulter les affiches en gare pour connaître les trains qui circulent ». Vous savez … l’affiche en gare, c’est celle qui indiquait mon 6h34 … cappitchi ?

Le train s’arrête à quai. Peut importe sa destination, de toute façon, à coup sûr, il ira ailleurs. Les portes s’ouvrent et … une marée humaine se déverse sur le quai. Hé oui, un seul train depuis plusieurs heures, ça fait un grand nombre de voyageurs à transporter. Ces pauvres usagers des transports en commun étaient contenus dans le wagon grâce aux portes mais en ouvrant les portes … les pauvres sont poussés vers l’extérieur. C’est un peu comme un Coca que vous agitez avant d’ouvrir …. Pchiiiiiiiiiiittttt la pression à l’intérieur est telle que le Coca est expulsé quand on ouvre.

Bon, il va falloir re-bourrer tout le monde dans le train et en plus faire entrer ceux qui attendent à Villiers sur Marne dont je fait partie. Heureusement un consultant Cap Gémini, qui a fait sciences Po et l’ENA était de la partie. Hé oui, il se rendait à son travail sans sa voiture depuis que le blocage des raffineries à totalement vidé les stations services. Il prend les choses en main en grand humaniste du service public : « Mesdames, messieurs,  nous sommes environ 3847 à devoir entrer dans cette voiture prévu pour 250 personnes maximum … il nous faut donc concevoir une autre façon de voir les choses. Heureusement, j’ai été formé à l’école de la république pour optimiser la ressource et la dépense des services de l’état. J’ai fait une matrice SWOT, estimé la charge, concentré le pitch et graphé sur ce white bord le draft de notre organisation. La solution est évidente : debout nous n’occupons pas tout l’espace. Nous allons nous allonger, faire des couches jusqu’au plafond de la voiture. Mesdames et messieurs les plus forts se mettront tout en bas et plus les couches monteront, plus les hommes et les femmes les plus légers entreront … ha oui, aussi, d’une couche à l’autre, les femmes à forte poitrines se mettront têtes bêches pour occuper un minimum d’espace … un peu comme au tétris si vous voyez ce que je veux dire … et voilà, ainsi l’espace sera optimisé et nous pourrons tous entrer dans la voiture !« 

Bon, vu ma taille, j’allais me retrouver tout en haut de l’empilement humain. Mis à part le fait que j’allais respirer les toiles d’araignées du plafond, je ne m’en sortais pas trop mal. Mais j’ai quand même fait cette remarque à notre consultant Cap Gemini : « dites, sans vouloir paraître un brin tatillon … vous ne pensez pas que celui qui se trouve tout en dessous risque de … suffoquer …« . Il me regarde d’un air interloqué et me rétorque « Mais pas du tout, regardez le Gant et le QQOQCP, ils sont sans appels … hé … je l’ai ai appris à l’ENA et approuvé dans mon stage chez Nestlé … alors vous voyez !« . Moi « hum … oui, pour optimiser l’empilement des boîtes de conserve … mais vous devez avoir raison puisque vous avez fait l’ENA et moi pas … allons-y« 

Et voilà comment 3847 usagers du RER E sont entrés dans une seule voiture. Faut reconnaître qu’il était pas bête notre consultant Cap Gémini car rangé de la sorte, quand les portes se sont ouvertes à Val de Fontenay, personne n’a été expulsé vers l’extérieur. Bon, on a bien entendu quelques gémissements du type « Haaaaaa je suis écrasé …. je veux sortir ….. pffffff ». Par contre aucun voyageur de Val de Fontenay n’a pu entrer dans la voiture et à voir leur yeux ahuris, je ne suis pas certains qu’ils aient eu envie de partager notre vision de l’optimisation du service public ferroviaire.

Bref, notre train qui aurait du aller jusqu’à Haussmann Saint Lazare s’est finalement arrêté à Magenta. Bein oui, avec le retard qu’il avait pris à Villiers et tout au long de son parcours, il n’allait quand même pas aller jusqu’à sa destination. Nos révolutionnaires cégétistes ont envahi le centre de contrôle de la SNCF et ont obligé notre train à stopper sa route à Magenta. Les portes s’ouvrent, le rang du haut s’échappe de la voiture comme il peut. Je saute sur le quai et marche vers les escalators. Je me retourne et regarde par dessus mon épaule. Quelques personnes sortent de la voiture mais toutes les autres ne bougent plus … pendant ce temps, les hauts parleurs de la gare annoncent un arrêt total du trafic sur le RER E à cause d’un « malaise voyageurs ». Le programme d’optimisation du remplissage des voitures par le consultant Cap Gémini pourrait-il avoir un lien avec cet effet collatéral ? Hum … ça m’étonnerait beaucoup, il a fait l’ENA tout de même et puis … son ROI nous le prouvera …

Je devais prendre le métro ligne 5 mais depuis l’invasion, la ligne est stoppée. Elle passe par République, trop dangereux pour les usagers du métro depuis que les cégétistes ont envahi la place. Bref, je remonte en surface et rejoins, à pied, mon bureau. Il n’y a plus d’autres moyens de transport depuis que les cégétistes ont pris en otage les tram, les bus et les métro de la RATP. J’en ai pour plusieurs heures de marche mais je n’ai pas d’autres solutions, nous sommes sous l’occupation, ne l’oublions pas.

A peine sorti de la gare du Nord, je tombe sur un groupe de manifestants. Ils sont 258 000 selon leur propre décompte et 12 selon les 3 policiers présents sur place pour les contenir. Le plus grand hurle dans son porte voix « salaud de gouvernement, salaud de patron !« . Je m’approche du porte drapeau et lui demande « c’est quoi vos revendications du jour ?« . Oui, depuis l’invasion, il nous faut nous renseigner sur les motifs du jour car de ces motifs dépend l’itinéraire à prendre.

Il me répond « vous voulez le vrai ou celui pour les journalistes ?« .

Moi : « Le vrai évidemment, le coup de la loi travail, c’est bon plus personne n’y croit, c’est un secret totalement éventé« .

Il me répond « hier des céhéfdétistes ont réussi à reprendre le 19ieme arrondissement alors on va charger par Belleville avec la coalition héfeau et même un peu de sudistes gauchistes en vilipendant la loi travail bien sûr« .

Hum, ça ne m’arrange pas. Je vais devoir passer par la place d’Italie, ça va me rallonger. Le plus grand continue de cracher dans son porte voix nasillard « La loi travail ne passera pas, on aura sa peau, salaud de gouvernement« 

J’ose un : « dites … le gouvernement a fait un pas en avant hier, non ? vous ne pensez pas que« .

Il m’interrompt « quoi ? vous être pro gouvernement ? » avec son regard lubrique et son teint rougeâtre pigmenté au tanin de Léon Millot.

Moi : « Ho non … s…sssalau.. de gouvvv….ernement » dis-je … « c’était juste que … enfin, je me disais … puisque le Gouv … enfin … ils ont retiré l’article« 

Il m’interrompt : « C’est bon, de toute façon nous on s’en fou, on la même pas lu la loi travail. On n’est pas d’accord, et pis c’est tout ! OK ? t’as compris … nous on veut juste se foutre sur la gueule avec ces salauds de traîtres de céhéfdétistes … allez dégage avant que je te dénonce aux camarades« .

Je file car une dénonciation « aux camarades » ça veut dire qu’il te choppent à plusieurs, qu’ils te fond monter de force dans l’estafette et tu te retrouves ligoté avec un casque sur les oreilles qui te débite l’anthologie des discours d’Arlette Laguiller. J’ai un collègue qui s’est fait chopé la semaine dernière. Il fanfaronnait en disant que personne ne pourrait lui enlever ses idées très à la droite de la droite (mais pas jusqu’à LePen quand même c’est trop sale), très libérales, bien protégé qu’il était par son adhésion au fan club de Bruno Lemaire. Hé bein le mec, aujourd’hui il arrive au bureau en jogging, sandales ajourées mephisto, bob Ricard, un drapeau rouge marteau/faucille dans une main et porte voix dans l’autre : « on me spolie les crocs de bouchers des patrons » qu’il hurle en boucle dans son porte voix, le regard perdu comme s’il cherchait des araignées au plafond …. Fiouuuuu ça fou la trouille. La radicalisation des djihadistes à côté c’est le monde des bisounours.

Bon, c’est pas tout ça mais je dois rejoindre mon bureau. Je remonte la rue Daumesnil, je croise un groupe de manifestants cégétistes fortement encadré par 4 policiers de la BAC « salaud de gouvernement, on aura ta peau » scande le porte voix accompagné par un immense haut parleur qui diffuse « l’internationale » en techtronic remixé par David Guetta … hé oui, personne ne sait à ce jour si le DJ s’est fait choppé par les cégétistes dans l’estafette ou bien s’il inaugure le mouvement de collaborationnistes avec l’envahisseur … l’histoire nous le dira.

Toujours est-il que son dernier titre « Beyoncé loves butcher hooks » fait un carton sur Radio CC. Radio CC c’est la seule radio qu’il nous reste depuis l’occupation. Radio CoCo c’est la radio émancipatrice du peuple qui nous libère de la dictature du capital en nous diffusant une information vraie à travers la sage parole d’un grand philosophe : chaque jour, un des 3 grands philosophes officiels est choisi et un de ses discours est retransmis 14 fois puis Jean-Luc Melanchon le commente en expliquant que l’on peut aujourd’hui aller encore plus loin. Hier c’était le discours d’André Lajoinie et avant hier celui de Robert Hue alors aujourd’hui c’est celui de George Marchais. Bon … j’ai toujours pas compris pourquoi Elkabbach pose ses questions et George Marchais répond à autre chose. Mais c’est sûrement parce que j’ai pas fait l’ENA ….

Bref, arrivé à l’angle de la rue PicPus, je suis interpellé par un parisien qui me demande : « hé camarade ! tu viens ce soir, à Répu’ pour le débat citoyen ? »

Moi : « bein … non, pourquoi ?« 

Lui : « parce que c’est un thème hyper méga important pour notre avenir de peuple libre. On va voter pour ou contre la proposition méga intelligente d’un type totalement a-politique mais vachement encarté à la fédération anarchiste tu vois. Comme tout le monde se bat sur l’âge de la retraite alors lui, il propose que chaque citoyen décide lui-même de la date à laquelle il souhaite partir en retraite. Et aussi que chacun puisse décider du montant de la pension qu’il souhaite toucher !« 

Moi : « heuuu bein … je vais vous laisser débattre … hein ! Je ne suis pas certain de pouvoir faire avancer la proposition plus loin … hum hum. » et j’ajoute « heuuuuu dis ? Ton pote … totalement a-politique mais vachement à gauche quand même … il aurait pas fait l’ENA ? …  » il m’a regardé bizarrement … forcément il avait pas connaissance de mon aventure avec le consultant Cap Gémini.

Après 5h de marche, je suis enfin arrivé au bureau. Enfin pas tout à fait. Je suis arrivé devant le bureau. Hé oui parce que les cégétistes étaient devant notre bâtiment. Si j’ai bien compris le meneur qui s’époumonait dans le crachoir électrique, nous sommes des « salauds de fonctionnaires aux ordres du salaud de gouvernement« . Alors pour montrer leur détermination à renverser le monde, ils ont tout tagué le trottoir et la façade du bâtiment, avec des messages super méga hostiles genre « Salaud de gouvernement » ou encore … heuuuu … aussi « salaud de gouvernement« .

Et comme ils sont cégétistes de chez Peugeot, c’est écrit avec de la peinture de voiture. Comme ça, ça coûtera bonbon à faire nettoyer … et le bonbon sera payé avec l’argent de l’état … donc mon argent de contribuable … ouaip … « salaud de gouvernement » !

Bon, vu les 80 000 cégétistes présents (ou 14 selon la police) et les 200 CRS, je comprends que je ne parviendrai jamais à rentrer dans le bâtiment. Pis de toute façon, je suis parti à 6h15 ce matin et il est déjà 18h00 … je vais faire demi-tour. Avec un peu de chance, en faisant du stop je rentrerai plus vite chez moi qu’en transport en commun qui ne circule plus. Ha non ! j’ai oublié! comme ils ont aussi bloqué les raffineries … il n’y a plus de voiture qui roule …

Bon … je vais marcher, parait que c’est bon pour la santé. En moi, je refaisais les comptes : 258 000 à gare du nord, 595 000 à Daumesnil et 80 000 à la porte des Lilas, ça fait 933 000 manifestants et … heuuu …. 12 au nord, 9 à Daumesnil et 14 au lilas, donc 35 selon la police 😉

35 têtes de bois qui font chi……… 60 millions de français … comment une minorité peut elle être aussi bruyante et bloquer, dans une perspective passéiste de 1936, la majorité qui veut avancer …

Ha oui … j’oubliais, c’est pas parce qu’on bosse dans le service public qu’on est fonctionnaire. Moi j’ai un contrat de travail de droit privé … comme le cégétiste de chez Peugeot !

 

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Madame la présidente, je vous fais une lettre …

Vous avez toutes et tous entendu la controverse actuelle entre Valls et Pécresse sur l’augmentation du pass’navigo pour les Franciliens. Ça m’a inspiré un petit texte, sans prétention, sur l’air d’une chanson connue …

Si vous n’avez pas suivi cette histoire très parisianoparisienne, voici un article sur le huffington post : Le pass navigo  

LE VOYAGEUR

Madame le président*,
Je vous fais une lettre,
Que vous lirez peut-être,
Si vous avez le temps.

Je viens de recevoir,
Votre papier dans le métro,
Pour tuer le pass’navigo,
Pour tous nous décevoir,

Madame le président*,
Je ne veux pas la disparition,
De celui qui m’amène à destination,
En ile de France je suis résident.

C’est pas pour vous fâcher,
Il faut que je vous dise,
Ma décision est prise,
Je m’en vais résister.

Depuis que je suis né,
J’ai vu le ticket Té,
J’ai vu la carte colorée,
Et le pass navigo zoné.
Les parisiens ont tant pass’navigué,
Qu’ils ont oublié le composteur,
N’ont plus peur des contrôleurs,
Et jouent des appli RATPé.

Quand je travaillais ailleurs,
J’ai du prendre ma voiture,
Conduire et c’était dur,
Des heures et des heures.

Demain de bon matin,
Je fermerai ma porte,
Rejoindrai la cohorte,
Des usagers du RER francilien.

Je consacrerai ma vie,
Sur les routes d’Ile de France,
De Nogent à Vitrey-sur-Mance,
Et je crierai aux gens :
«Refusez d’obéir,
Refusez la maladresse,
De la taxe Pecresse,
celle qui va nous appauvrir »

S’il faut donner son argent,
Donnez le vôtre mame Pecresse,
Puisque c’est votre business,
Madame le président*.

Si vous me poursuivez,
Prévenez vos gendarmes,
Que j’ai mon arme,
Des mots bien pesés.

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire et qui veulent la musique 😉

 

Hé hé, j’ai respecté les strophes et les rimes
Il y a juste une erreur … volontaire car c’est un clin d’oeil 😉

A vous de la trouver …

* désolé pour les féministes en herbe, mais si je mets « la présidente » … bein … ça rime plus 🙂 et j’ai bien mis « Madame »

Ma 7eme « chiquenaude de bouche » : Comment les ingénieurs ça sert à rien

Bon, voilà ma 7eme « chiquenaude de bouche » (c’est comme un « coup de gueule » mais en beaucoup, beaucoup, beaucoup moins fort … bein oui, y’en a marre de ces français qui passent leur temps à tout critiquer à outrance)
Alors voilà, encore une fois il s’agit d’une défaillance technologique pour un événement qui semble tellement anodin qu’on se demande pourquoi il n’y a pas un ingénieur qui a trouvé la solution … pfffff … preuve que les ingénieurs … ça sert à rien.

Alors voilà, souvenez vous de la chiquenaude où je m’adressais aux ingénieurs qui travaillent sur nos smartphones. Hé bien je viens de vivre un épisode quasi similaire. Je veux dire par là, un moment de vie quotidienne banal mais perturbé par la technologie, de la mauvaise technologie.

Imaginez la scène : un samedi matin, vers 10h00 , je rejoins mon automobile qui m’attend sagement dans son box fermé du parking de ma résidence. Après avoir chargé les habituels et bi-hebdomadaires bagages, je m’installe fièrement au volant dudit véhicule. Un rapide réglage de waze pour Plombières-Les-Bains m’indique un kilométrage de 369,80 kms. Ouais, comme ça, maintenant vous savez que je suis un utilisateur du GPS Social qui fonctionne sur n’importe quel smartphone, gratuitement. Et si vous et moi passons à proximité l’un de l’autre, pouf ! Waze vous dira que je ne suis pas loin.

Bref, je résume pour ceux qui ne suivent déjà plus : je suis au volant, les bagages dans le coffre, Waze sur 369,80 kms et 3h39 de route en passant par A5 – E54; A5 – E17 – E54 … oui, les lettres avec un chiffre ça veut dire que c’est une autoroute et que ça va te coûter un bras vu qu’il y a quelques années, BIIIIIIIP a vendu pour une bouchée de pain nos autoroutes à un de ses copains. Mais là, n’est pas mon propos.

J’enclenche la première, oups … mais non … il y a belles lurettes qu’on enclenche plus de vitesse avec nos carrioles équipées de boîtes s-tronics robotisées à double embrayages,

Vous avez lu, jusqu’ici toutes les inventions des ingénieurs que j’ai cité ? Le GPS, Waze, le smartphone, la boîte de vitesse robotisée … pffff …. et je ne vous ai même pas parlé des ingénieurs de google qui travaillent sur la voiture sans chauffeur. Vrouuuummm elle avance, un autre véhicule devant, pouf elle ralenti toute seule, elle met le clignotant et elle déboîte en toute autonomie. Une zone à 30 ? Qu’à cela ne tienne, elle a vu et elle ralenti. Un parigot arrive derrière à fond la caisse et lui lance des noms d’oiseaux en klaxonnant ? Qu’à cela ne tienne, la google car lui pète un coup de CO2 dans le nez et lui affiche un panneau « Parigot, tête de veau« . Elle sait tout faire comme un vrai conducteur mais sans personne au volant. Paraîtrait même qu’elle sait avoir des accidents comme un vrai automobiliste parisien … vous imaginez le boulot des ingénieurs pour en arriver là ?

Et pourtant … tous ces ingénieurs n’ont pas trouvé le temps de réfléchir à la plus banal des situations … revenons à mon trajet. Me voilà arrivé au péage des éprunes … BIIIPEUUU … ça c’est mon badge APRR qui m’annonce fièrement qu’il va me pomper plein de neuros chaque fois que je fais un kilomètre … j’accélère. Rappelons-nous de ce samedi 7 mai 2016, il fait soleil, environ 22 degrés, ciel bleu … temps agréable. Du coup le 1er … schplafff … ne tarde pas à arriver !

C’est quoi ce « schplaff » me direz-vous ? hé bien c’est l’insecte qui vient de s’emplafonner mon pare-brise ! Vous savez, celui qui termine en bouillie, jaune et rouge, collée pile devant votre regard ! Et ce n’est pas tout, à 130 kilomètres par heure, vitesse limite autorisée sur autoroute, j’ai estimé à environ un « schplaff » toutes les 5 secondes. Faites le calcul, quand vous arrivez à Plombières les bains vous en êtes à … 2628 insectes écrabouillés sur le pare-brise. Bon, ok, il faudrait distinguer le moustique qui fait un petit « schplaff » et ne macule qu’un peu de pare-brise et le taon de 80 mm qui vient de piquer mémère et qui est gorgé de sang … lui il étale bien sa viande sur 10 cm2 de mon pare-brise … ok je ne suis pas allé jusqu’à ce niveau de finesse dans le détail. Mais admettez qu’arrivé à destination, c’est tout le pare-brise qui est recouvert d’une épaisse couche de « schbeurk » qui trouble la vue ! Et comme il fait soleil, qu’il fait chaud, le pare-brise prend bien la chaleur et « cuit » la viande du moustique pour qu’elle soit bien accrochée.

Et n’essayez même pas le coup de l’essuie-glace parce qu’il ne fera qu’étaler la mixture façon « je barbouille bien gras pour bien répartir sur toute la surface au cas où il resterait un p’tit coin pas atteint« .

Et je ne suis pas le seul, regardez ce que j’ai trouvé sur un forum de cheminots :

post-15641-0-99055600-1352653704

Et pendant ce temps là, nos ingénieurs inventent … des applis pour smartphone qui vous donnent instantanément le prix le moins cher pour un tas de produit plus inutiles les uns que les autres ! Pas un ingénieur qui serait foutu de trouver la solution pour que le moustique ne vienne plus percuter bêtement mon pare-brise … hum … pas un je vous dis ! Ha ça, pour inventer le fil à couper le beurre il y a du monde mais pour éviter l’hécatombe du moustique … plus personne.

Ou alors … c’est un problème de … psychologie ! Hé oui au fond, si on y réfléchi bien … le moustique voit ma voiture, il sait que je roule vite et que s’il croise ma route … « schplaff » … le moustique serait donc … suicidaire ? Et dans ce cas, aucune technologie ne résoudra le problème, seul la psychologie du moustique pourrait y parvenir … hum hum, piste à creuser ..

Mais bon, la conclusion est sans appel … plus d’un siècle d’évolution automobile et pas un ingénieur ne s’est penché sur le seul sujet qui nous pourri nos voyages en bagnole. Bref,  les ingénieurs … ça sert à rien 🙂

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉