Allo chef … y’a un truc qu’a fait TOC !

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Cet article pourrait s’intituler « de l’administration publique de 1940 au service public du XXIe siècle, 77 ans d’évolution » … comme Tintin ! Bein oui parce que je partais carrément sur un article scientifique et c’est vraiment pas le ton de mon blog 😉

Bref, je vais donc vous montrer comment l’administration de 1940 a évoluée … ou pas.
Voyez-vous en 1940, l’usager avait le droit de venir dans les locaux de l’administration pour remplir 25 pages de feuillets XF241A qu’il remettait ensuite à un type encostardé qui lui criait d’une voix nasillarde derrière un hygiaphone : « vous avez oublié de renseigné la case G8 en bas à gauche de la page 12. Reprenez votre papier et vous reviendrez la semaine prochaine ! »

Au XXI e siècle, le service public s’est enfin rendu compte qu’il fonctionnait avec l’argent du contribuable. Et que le contribuable était aussi le client auquel il fallait rendre service. Alors l’administration a effectué sa mue en service public. Et avec cette mue est arrivé la « posture de service » :
– je ne beugle plus dans l’hygiaphone, je parle normalement à la personne
– Je ne suis plus tout puissant, c’est le client qui a raison
– ce n’est plus l’administration qui dicte ses règles, c’est le besoin du client qui prime
– ce n’est plus l’administration qui impose ses contraintes aux usagers, c’est le service qui répond aux attentes des clients
– etc …
Mais tout ça c’est … pas pour la SNCF ! Car la SNCF n’a pas encore fait sa mue. Elle a bien saupoudré par ci par là quelques « trucs » numériques digitaux, histoire de faire comme tout le monde mais pour la « posture de service » … c’est encore 1940.

J’illustre mon propos car il faut toujours apporter des faits concrets pour argumenter ce qui pourrait s’apparenter à un jugement de valeur.

Nous sommes lundi 20 novembre 2017, il est aux environs de 18h00, j’arrive à la gare Haussmann Saint Lazare. le RER E en direction de Tournan en Brie partira dans 12 minutes, j’ai donc le temps devant moi pour rejoindre le quai 32. Je ne me presse pas.
En bas de l’escalator, je regarde vers le quai 32, le train est là, bondé, les portes grandes ouvertes. Un oeil à l’écran d’information : destination Tournan en Brie et le célèbre « Départ imminent » qui clignote. Oui le « départ imminent » est célèbre car c’est celui qui s’affiche quand … le décompte du temps a dépassé le 0 et que le train est toujours à quai. C’est un peu comme la fusée Ariane : 3 … 2 … 1 … 0 ……. j’ai dit 0 ….. hou hou c’est 0 …. et la fusée reste droite dans ses bottes, stoïque, bref c’est le « tout marche mal navette. »

Sur le RER E on a ça aussi. L’écran affiche le décompte du temps avant le départ et à 0, zou le convoi s’ébranle et le train s’en va. Alors quand le compteur arrive à 0 et que le train ne s’ébranle pas bein … le 0 clignote comme pour dire que « ça va pas tarder à le faire ». Et quand ça fait un petit moment que … « ça va pas tarder à le faire » bein ça passe à « départ imminent » … qui clignote lui aussi. Et là, généralement, ça sent pas bon.

Enfin bref, je comprends que c’est le train précédent qui n’est pas parti. Pour moi, c’est pas plus mal car je vais prendre celui-ci qui me fera gagner 10 bonnes minutes sous réserve … qu’il s’ébranle rapidement.

J’étais à 2 doigts de monter quand … une annonce sur le quai. C’est une annonce genre « j’ai l’hygiaphone en cornemuse ». Et visiblement, ce n’est pas une annonce générique genre « Des pickpockets sont susceptibles d’agir dans cette gare, faites attention à votre smart« … oui, parce que je viens d’apprendre que la smart est l’automobile la plus volée … ou encore « Pour changer de quai, veuillez utiliser les passerelles ou le passage sous-terrain ou la téléportation » ou même « En cas de constipation prolongée veuillez composer le 31 17 7″. Bref, vu la durée du message, ça à l’air d’être du sérieux. Mais, comme je le disais un peu plus avant, c’est incompréhensible. C’est d’ailleurs ce que je réponds à la dame, restée dans le train et qui me demande

La dame dans le train : « qu’est-ce qu’il dit ? »

Moi : « je ne sais pas … je ne comprends rien ! »

Et c’est à ce moment qu’il y a eu un mouvement de foule. Les 3/4 des voyageurs sont descendus de voiture. Du coup, je me suis demandé s’ils avaient, eux, compris l’annonce énigmatique ou bien s’ils agissaient par instinct vu qu’à chaque fois que le « départ imminent » clignote et qu’il y a une annonce énigmatique ça veut dire que le train partira pô et pis c’est tout.

J’en profite pour monter dans le train et trouver une place assise vu que la moitié des voyageurs vient de déserter comme je l’expliquais juste avant.

Et là … (alleluia) … le gong retenti et le train s’ébranle ! « Tournan en brie nous voilà !« . Je regarde par la fenêtre, le regard médusé des voyageurs descendus 3 secondes plus tôt. La SNCF aurait voulu vider le train qu’elle ne s’y serait pas prise autrement. Bref, notre train roule vers Magenta, à très petite vitesse pour bien faire la nique aux voyageurs restés à quai.

Magenta, jusqu’ici tout va bien. Tout d’abord l’annonce « Ce train est à destination de Tournan en Brie. Il desservira les gares de (glurp) Rosa Parks, Val de Fontenay puis toutes les gares de Villiers sur Marne à Tournan« . Oui, il y a un « saut de tonalité » pour l’annonce de « Rosa Parks » car la gare est nouvelle. Donc, plutôt que de refaire les enregistrements, Marcel a coupé les bandes son. Il a ajouté la voix de Monique (c’est sa belle soeur) qui dit « Rosa Parks » un samedi soir à la guinguette du bois fleuri après la soirée beaujolais-nouveau-rillettes. Et il a recollé le tout avec du vieux scotch transparent. Alors forcément quand ça passe dans le mange disque de la gare, ça s’entend un peu.

Après l’annonce, le gingle pour annoncer la fermeture des écoutilles. Et le train s’ébranle puis avance dans le tunnel.

Rosa Parks, jusqu’ici tout va bien. L’annonce, mais pas le fameux « Rosa Parks » de tata Monique vu qu’on y est … à Rosa Parks ! Le gingle et le train qui s’ébranle. Et c’est là, environ 3 secondes après le départ que l’on a fait un retour vers le futur genre 1940 … la compagnie des chemins de fer de l’Etat fait rouler des trains.

Vous sentez la posture ? Ce n’est pas, « le service public transporte des voyageurs », c’est « la compagnie fait rouler des trains ». En clair, l’objectif n’est pas de répondre au besoin de déplacement des voyageurs. Non, l’objectif c’est de faire rouler des locomotives et des ouagons.

Donc, 3 secondes après le départ de Rosa Parks, les micros crépitent, grésillent, crachent du gros son dans les ouagons. C’est une annonce du monsieur qui est au volant et qui nous dit en substance ceci : « On vient de m’informer que le trafic est interrompu sur la ligne 4. Notre train sera donc terminus Noisy le sec !« . Bon alors comment dire … déjà, il faut savoir que la ligne 4 c’est justement la nôtre ! Parce que sinon bein … on s’en tape, nous on est sur la ligne E ! Hein ? Dites … la SNCF … comment je peux savoir que la ligne 4 c’est la mienne ? Hein ? Ca serait pas du jargon interne à la SNCF, ça ? Pis vous pourriez pas utiliser le même que nous ? Hein ? genre parler de la ligne E quand on est sur la ligne … E !

Mais en plus, Noisy le sec … normalement … on s’y arrête pas. Alors, si vous n’êtes pas de la région parisienne, ce qui est tout à fait possible, je vous explique. Noisy le sec c’est un peu comme … Sain-Cyr-les-Colons ! Vous voyez où c’est … Sain-Cyr-les-Colons ? Non ? rassurez-vous c’est normal. Sain-Cyr-les-Colons c’est techniquement sur la ligne SNCF Paris Lyon. Mais jamais un train ne marque l’arrêt à Sain-Cyr-les-Colons parce que … y’a rien à Sain-Cyr-les-Colons. C’est comme si vous aviez pris des billets pour Montpellier, pour aller voir tata Monique, et que le chauffeur vous annonce que finalement, il va s’arrêter à Mourchoncourt  sur la Deûle ! Hein ? Quand même ! Mais surtout … que le monsieur vous annonce ça juste après avoir refermé les portes et commencé à rouler. En clair, il vous l’annonce quand vous êtes prisonnier du train et que vous ne pouvez plus descendre !

Oui … parce que si le monsieur nous avait annoncé, à Rosa Parks, qu’il y avait un problème et que le train allait s’arrêter à Noisy le sec, on aurait pu descendre à Rosa Parks et trouver une autre solution de transport. Parce qu’à Rosa Parks, il y a le tram T3b, les bus, les taxis, les vélib, les auto lib, etc … Bref, à Rosa Parks on a d’autres solutions pour avancer. A Noisy le sec … que dalle ! C’est le trou du cul de l’est parisien ravitaillé par les corbeaux une fois par mois et encore … les corbeaux … ils volent sur le dos pour ne pas voir la misère et surtout mon RER qui s’est arrêté alors que c’était pas prévu.

Vous comprenez mieux maintenant … la posture ? La SNCF ne se donne pas pour objectif de me rendre service en me transportant. Elle se donne pour objectif de faire rouler mon RER E. Et ce n’est pas la même chose. Si elle avait une posture de service, elle m’aurait annoncé à Rosa Parks qu’il y a un souci et que j’ai intérêt à descendre là et prendre une correspondance. Non, elle atteint son objectif de faire rouler le train … il est reparti et il roule … jusque Noisy le Sec.

Mais l’aventure n’est pas terminée. Arrivé à Noisy le Sec, à 18h30 c’est là que tout à basculé !

Image d’archive qui n’a rien à voir avec la situation vécue car il faisait nuit et le quai était bondé

Imaginez, un RER E double étage, blindé par les voyageurs montés à Magenta et Rosa Parks comme chaque jour en heure de pointe … ça fait du monde, non ? Vous voyez la grande braderie de Lille le samedi à 15h00 ? Ca fait du monde, non ? Genre … on est tellement collés les uns aux autres que plus personne n’avance. Bref, sur le quai de la gare de Noisy le sec, le 20 novembre 2017 à 18h30 c’était une foule compacte … à perte de vue … ou plutôt … à faire saliver Mélanchon et Martinez réunis qui aimeraient bien que leurs manifs soient aussi dense parce que leurs manifs elles ont toutes pourrieuuuu !

Bref, on était toutes et tous sur le quai … à se regarder … à se demander ce qu’il fallait faire. Mais surtout … tout le monde regardait… les haut-parleurs ! Oui, c’est dingue comme on est con dans ces moments là. On a pas besoin de regarder un haut-parleur pour l’entendre … et on regardait … et on attendait et … rien ! Pas un message, pas un bruit, pas une annonce … rien ! Sur le panneau d’affichage, un « Villiers sur Marne à l’approche voie F » clignote. J’entends une voix qui me demande :

La voix : « Y’a un Villiers qui arrive voie F. C’est où la voie F ? »

Moi : « C’est justement celle-ci » je montre la voie où est stationné notre train.

La voix : « Bein … comment y va faire ? »

Moi : « Y va monter dessus … ou peut être … passer en d’sous si c’est la femelle train … c’est comme ça qu’ils se reproduisent … les trains … »

La voix : « Boh … c’que vous êtes con vous alors ! »

Moi : « Oui … vaut mieux en rire »

Et là, subitement, tout d’un coup sans prévenir ni crier garde … oui j’essaie de mettre de la tension chez le lecteur … un klaxon hurleur frénétique … et un autre … encore un autre … oui, le train a sifflé 3 fois, j’ai bien compté 🙂 Et zouuu … un direct est passé tout berzingue le long de l’autre côté du quai ! Oui, rappelez-vous la SNCF fait rouler des trains. Alors même s’il a plus de monde sur le quai que le quai ne peut en contenir et qu’il y a forcément plein de voyageurs au raz du quai … les trains directs continuent à passer tout berzingue.

Et toujours pas d’annonce… ha si, ça y est, mais ça vient de notre train pas des haut-parleurs du quai : « Ce train ne prend pas de voyageurs. Il est à destination des garages, je recapèpète depuis l’bédut … ce train ne prend pas  …« . Bein oui, nounouille, tu nous l’as déjà dit. C’est pour ça qu’on est tous descendus … s’agglutiner sur ce quai trop petit … banane. Les lumières dans le train s’éteignent pour bien faire comprendre que c’est maintenant le train fantôme et qu’il ne faut plus rien espérer de lui. Le gingle … les portes se referment … le train s’ébranle en nous laissant, médusés, sur notre quai de l’oubli.

Bon, tout espoir n’est pas encore perdu car le fameux « Villiers à l’approche voie F » clignote toujours et effectivement le voilà qui peut maintenant accoster sans devoir grimper sur l’autre train … ou passer en d’ssous c’est selon.

« Impec » me dis-je ! Après tout … je descends à Villiers. Je vais donc prendre cet omnibus. Ce sera un moindre mal après cette épopée nommée « Y’a un truc qu’a fait TOC« .

Le train accoste. Les portes s’ouvrent. Le chauffeur fait une annonce : « Je viens d’apprendre que notre train sera terminus Rosny sous bois« . Alors, comment dire … Rosny sous bois c’est la gare juste avant Val de Fontenay. Et Rosny sous bois c’est comme Noisy le sec mais … en pire ! Quand les corbeaux ont fini à Noisy le sec ils vont ensuite à Rosny, toujours sur le dos pour ne pas voir mais en plus … sans ravitaillement vu qu’ils ont tout laissé à Noisy … Ha oui, Val de Fontenay c’est une grosse gare avec plein de correspondances RER A, bus et tout le toutim. Donc, la posture, toujours la posture … la SNCF fait rouler son train avec les contraintes de la SNCF. Elle n’aurait pas l’idée de faire acheminer le train jusqu’à Val de Fontenay où les voyageurs trouveraient des correspondances et d’autres moyens de rentrer chez eux … non, non, non … elle arrête le train juste avant … dans un trou paumé !

Et à Noisy le sec, toujours pas d’annonce sur le quai, non, non, non … « demerden sie sich !« . La SNCF ne va quand même pas nous annoncer … qu’un train pour Paris est en approche voie A … hein ? … dés fois qu’on ai l’idée saugrenue de retourner sur Paris pour prendre d’autres solutions de transport … hein ?

Bref, je regarde l’écran d’affichage et je vois ce train pour Haussmann Saint Lazare à l’approche. Comme une bonne partie des voyageurs est finalement montée dans le Villiers qui terminera sa course à Rosny sous bois, le quai est moins bondé. Je peux enfin bouger. Visiblement je suis un des rares à envisager cette solution car tout le monde reste hébété sur le quai avec le secret espoir que la circulation va reprendre rapidement.

Moi, avec mon expérience maintenant décennale du RER E, j’applique le principe de précaution : « un train vaut mieux que 2 tu l’auras ». Après avoir emprunté la passerelle  sous-terrain, me voilà sur le quai A. Je monte dans le train et reviens sur Paris.

Bref, j’ai pris un Tram T3b, puis un métro ligne 9, puis un RER A, puis un bus 306 et 2h30 plus tard … j’étais chez moi.

Je pense que maintenant vous percevez mieux la notion de « posture de service ». Et pour illustrer un autre cas, voici une autre mésaventure sur une autre ligne. C’était le 18 octobre dernier. J’allais à Nanterre pour assurer une intervention à l’université. J’ai donc pris la ligne L de Haussmann Saint Lazare à Nanterre Université. Et bien figurez-vous qu’arrivé à Becon les Bruyères, oui, oui … ça ne s’invente pas … Becon les Bruyères disais-je … le train s’est arrêté et le chauffeur nous a demandé de descendre : « mesdames et messieurs, je viens d’apprendre que notre train serait terminus à Becon les Bruyères pour motif de régulation. Vous êtes donc invités à descendre de ce train.« . En clair, tu descends sur le quai, sans aucune autre information et tant pis pour toi ! La SNCF doit faire rouler des trains, elle n’a quand même pas vocation à transporter des voyageurs … ça se saurait. Et les contraintes de la SNCF sont prioritaires sur celles des voyageurs. Tu dois impérativement être à Nanterre à 9h00 parce qu’il y a tout un tas d’étudiants qui t’attendent est moins important que de stopper un train à Bécon les Bruyères …

Bon, bref, pour terminer ce poignant suspense de cette épopée nommée « Y’a un truc qu’a fait TOC« , en arrivant chez moi, j’avais un mail d’alerte de la SNCF qui disait qu’un train avait percuté … un sanglier à Emerainville … « Allo chef … y’a un truc qu’a fait TOC ! »  Et que la circulation serait interrompue jusque 21h30 environ. Alors j’ai pensé aux zombies restés sur le quai en attendant un hypothétique train ou même seulement un p’tit message sonore de la SNCF parce que 3 heures sur le quai de l’oubli, le 20 novembre à la nuit tombée … ça donne envie 😉


Article parisien : rer-e-un-sanglier-ralentit-fortement-le-trafic

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Bref, je suis allé en mission (1)

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Dans mon métier, on dit « Je vais en mission à … « . Rien à voir avec une mission secrète, James Bond, tout ça. Non, non, c’est juste qu’on part en déplacement professionnel. Et la destination est importante car c’est rarement l’endroit où tu passerais tes vacances. C’est genre « Je vais en mission à Montargis ».

Bon parfois, la destination est pas mal. Mais comme tu y vas pour bosser, bein … t’as pas vraiment le temps d’en profiter. Alors que tu ailles à Venise ou à Montargis, c’est pareil.

Bref, je suis allé en mission à Montpellier. Et Montpellier, en pleine canicule… c’est chaud. Et dans mon métier, quand on va en mission, ça veut dire qu’on va auditer. C’est marrant comme la perception change suivant que l’on est d’un côté ou de l’autre de la mission. Moi je trouve ça sympa. Mais de l’autre côté, ils ont les copeaux, ils fouettent, ils tremblent, ils sont tout blancs …

Bref, je suis allé en mission à Montpellier

Une mission, ça commence toujours par la logistique. Oui, il y a aussi le boulot qu’il faut préparer. Mais j’en parle pas ici. Donc la logistique ou dit autrement, la « résa d’hôtel ». Tu te connectes sur le site du prestataire, tu entres Montpellier. Tu précises les dates. Et pouf ! tu as la carte avec les hôtels possibles : une petite flèche verte et l’hôtel est « dans les prix », une petite flèche rouge et l’hôtel est … « pas dans les prix ». Pour le dire autrement, réserver à Montpellier en juillet en s’y prenant la semaine précédente c’est … que des flèches rouges. Alors là, tu peux prendre un hôtel « flèche rouge » mais il faut passer par un circuit de validation à 2500 niveaux qui va jusqu’au président de la république avant de revenir par le même circuit. C’est possible … mais seulement en théorie. Alors il reste le joker. Non, non, pas l’appel à un ami mais … l’appel à l’assistante.

Moi : « dis Stéphanie, je ne trouve pas d’hôtel dans les prix pour la mission à Montpellier lundi prochain »

Stéphanie : « T’inquiète, je m’en occupe »

Moi : « OK super. Heuuu … pas à Tataouine quand même … hein ? »

Stéphanie : « Mais non … fais moi confiance… »

Le lendemain, Stéphanie vient me voir dans mon bureau et me dit « A y est, je t’ai trouvé un super hôtel … dans les prix … et avec vue sur mer ! »

Bref, j’ai une confiance toute relative.

On arrive à Montpellier. Oui parce qu’une mission c’est toujours à plusieurs. Là on est 3. On est à la gare de Montpellier, en plein centre ville.  La température au sol est d’environ 48 degrés … à l’ombre. Le lieu de la mission est à l’est de Montpellier. L’hôtel est à l’ouest de Montpellier. Il est 11h30. Les collègues veulent déposer les valises à l’hôtel. On appelle l’hôtel…. l’hôtel ne répond pas.

On va à l’agence de transport en commun pour demander l’itinéraire jusqu’à l’hôtel. On entre.

Le guichetier : « On ferme ! Vous avez l’autre agence au coin de la rue après le Mac Do ! » dit-il, d’une voix nasillarde dans l’hygiaphone. Tout le monde sort, regards perdus … Mac Do là … à midi ! On marche et nous passons le coin de la rue. A peine tourné, une file d’attente de 3874 personnes déborde de l’autre agence.

Bref, on a failli tester les renseignements des transports en commun montpelliérain !

On va faire autrement. On appelle l’hôtel … bis … non, non pas IBIS la marque des supers hôtels. Le « bis » c’est pour dire qu’on l’appelle pour la 2ieme fois …

Le collègue : « Bonjour madame, comment fait-on pour rejoindre votre établissement par les transports en communs ? »

La dame de l’hôtel : « Bein … vous n’êtes pas rendus ! Pis … ça grimpe fort pour venir jusqu’ici. Et si vous venez avant 15h30, il y a un supplément de … beaucoup de neuros ! »

Moi : « qu’est-ce qu’elle dit la dame ? »

Le collègue : « elle dit qu’on va pas aller tout de suite à l’hôtel, on ira ce soir »

Je mets une carte de la ville de Montpellier pour que l’on ait bien les mêmes repères en tête. Les distances sont estimées approximativement et sont assez proches de la réalité.

Bref, on a pris le tram vide à Montpellier.

Oui, en province, c’est pas comme à Paris : le tram il est vide et tu peux t’asseoir.

3h plus tard, on descend du tram. On marche en traînant nos valises par 60 degrés à l’ombre mais nous on est en plein soleil. On marche … on marche … on marche …

  • Moi : « dis ! T’es sûre que c’est par là ? Parce que là … y’a plus de trottoir depuis au moins 3 kilomètres » …
  • Le collègue : « Si, si, je t’assure, c’est écrit sur le plan, regarde …« 

Ha oui … finalement, ce n’était pas si loin. Après 6h de marche on est arrivé sur place.

Bref, on a commencé la journée, mais surtout la mission, comme après un vendée globe en solitaire par 75 degrés au soleil …

J’ai dit que je ne parlais pas du contenu de la mission. Parce que c’est quand même un peu secret, tout ça, que j’ai pas trop le droit d’en parler alors … hop c’est la fin de la journée. Objectif : rejoindre l’hôtel qu’est dans les prix et avec vue sur mer 🙂 Mais qui est de l’autre côté de la ville  😦

Après les 6h de marche en traînant la valise, le passage à niveau et ses innombrables convois ferroviaires, plusieurs hectolitres de sueur dans la chemise, nous voilà à l’arrêt de tram. Il est 18h30 mais la température n’a pas varié d’un iota. Je peste contre Donald Trump, omni responsable devant l’Éternel du réchauffement climatique. Le cheval de fer s’arrête à notre hauteur. Les portes s’ouvrent. Nous pénétrons à l’intérieur. Pinaise … pas climatisé … c’est comme dehors mais en 3 fois plus chaud. Je re-peste contre Donald Trump ! On choisit un club 4 et on s’installe. Oui, le tram est vide … c’est pas comme à Paris tout ça…. enfin je l’ai écrit plus haut.

Bref, on a chaud, très chaud … vraiment très chaud. Et c’est pas comme si on était en costard cravate 😉

A quelques mètres, un gars discute bruyamment, avec son acolyte. Il accompagne son propos de gestes approximatifs à la trajectoire manifestement mal maîtrisée. Ce n’est pas sa gestuelle qui m’interpelle mais plutôt l’avenir de la boîte en fer de 50 cl qui contient un breuvage houblonné mais surtout … qui décrit des sinusoïdes en 3D. Si elle pouvait parler, elle dirait certainement « s’il te plait, vide moi et qu’on en finisse le plus vite possible, j’ai la nausée« .

Bref, l’artiste nous regarde. Je comprends qu’il va nous interpeller. Bingo, il vient dans notre direction … mais pas en ligne droite. On m’a pourtant toujours appris que le chemin le plus court c’est la ligne droite sauf … quand la terre tangue. Et là, la terre … elle a l’air de vachement tanguer pour cet olibrius

L’artiste : « messieurs, puis-je me permettre de solliciter votre savoir au sujet d’une question qui nous divise, mon ami et moi ? »

Moi : « mais faites donc, mon brave. »

L’artiste : « Alors voilà … de votre point de vue, combien d’années séparent deux générations ? »

Moi : « 25 ans. »

L’artiste : « Hum …votre réponse n’arrange ni mon ami, ni moi-même car nous voici maintenant avec 3 propositions différentes. Comme vous avez l’air érudits, je considère votre réponse comme la plus juste. Je vous remercie messieurs. »

Et il rejoint son acolyte … toujours pas en ligne droite et en se tenant aux barres verticales judicieusement disposées le long de son trajet par le fabriquant du tram. Alors que tout le monde sait que le plus court trajet entre 2 points, c’est la ligne droite comme je le disais précédemment.

On se regarde. On esquisse un large sourire entendu, rassurés par la nature non belliqueuse de notre nouveau compagnon de transport en commun.

Mais l’embellie n’est que de courte durée. L’artiste revient vers nous, non sans s’être abreuvé d’une goulée de la mousseuse boisson.

L’artiste : « messieurs, la décence m’oblige à vous donner une explication à ma sollicitation. »

Moi : « mais non, t’inquiète pépère … c’est pas utile »

L’artiste : « messieurs, je ne sais pas qui vous êtes. Vous êtes peut être … PDG. Je vois monsieur avec son costume et sa cravate. Et bien moi je suis … scénariste ! Là je prépare une pièce de théâtre avec un concept tout à fait nouveau : je fais parler un caillera en vieux françois et Louis XIV en caillera ! »

Tellement captivés par la maestria de notre artiste avec sa canette que nous n’avons pas prêté attention au voyageur qui vient de s’asseoir à nos côtés sur le club 4 d’en face.  Mais l’artiste lui, l’a repéré et lui tend la main. Enfin … comme quelqu’un qui essaie de viser le digicode avec un taux d’alcoolémie incompatible avec ce screugneugneu de clavier beaucoup trop petit …

Ils se saluent, se disent « bonjour« , échangent quelques mots genre « j’pensais que tu m’avais pas vu. Bein si que je t’avais vu mais je discutais avec ces messieurs … hurmpf »

Personne ne dit mot mais nous sommes soulagés que notre nouveau compagnon, l’artiste, ait retrouvé un compère. Comme ça, au moins, il nous lâchera la grappe.

Hé flûte, j’ai parlé trop vite ! Ledit compère ne doit pas l’apprécier plus que ça car il l’invite à poursuivre sa conversation avec nous. 4 regards furibards sont maintenant dirigés vers le compère qui nous fait un large sourire … un sourire qui dit « démerdez-vous avec lui, j’ai autre à faire que supporter son haleine d’outre à bière ! »

Le voilà qui revient vers nous : « ho oui, je ne vais tout de même pas laisser ces messieurs sans explication »

Moi : « mais si pépère … ne te prends pas la tête, on ne t’en tiendra pas rigueur »

L’artiste : « alors voilà mon idée … vous voyez, lui  » dit-il en pointant du menton notre collègue « il a un costume … une cravate. Je ne sais pas qui il est mais … il pourrait être PDG ou même … président … »

Moi : « c’est pas faux d’autant qu’un PDG … c’est aussi un président … hein ? »

L’artiste : « alors lui, on s’attend pas à ce qu’il parle comme une racaille de banlieue. Mais s’il disait … heuuu … j’sais pas moi heuuu … j’kiffe trop la meuf de la compta … celle qui bosse au 3ieme ! Hein ? ça fait drôle non ? Pour un type qu’est en costard cravate ? … »

Moi : « Effectivement, je vous confirme que je vois pas trop mon collègue s’exprimer ainsi »

Nous en étions là de notre échange fort instruisant quand le tram s’est arrêté. Je crois que le copain de l’artiste a finalement eu pitié de nous car il lui a dit « Hé mec … c’est ton arrêt ! » et l’artiste s’est précipité dehors. Enfin … comme on peut se précipiter quand on est sur un radeau par forte houle et que l’on cherche à quitter le navire pour rejoindre la terre ferme … heureusement qu’il y avait un abris-tram … c’est comme un abris-bus sauf que c’est pas sur une ligne de bus mais de tram … en face de la porte pour stopper net la course chancelante de notre auteur-compositeur-interprète d’une pièce de théâtre qui fera un malheur au box office, n’en doutons pas.

Bref, après la sortie remarquée de notre artiste et sans faire de rappel, notre tram a repris son petit bonhomme de chemin vers sa destination initiale. Et nous … bein … on est restés assis, dans la chaleur suffocante d’un été à Montpellier, suants à grosses gouttes dans nos chemises comme au sauna. Sauf qu’au sauna, tu y vas en tenue adéquate … tu n’y vas pas en costard cravate …

Après quoi … pfiouuuu à peine 12 heures plus tard, 2487 arrêts et environ 12 millions de kilomètres, voici que se profile à l’horizon, notre arrêt. Nous descendons. Dehors, il fait encore plus chaud que dedans … c’est incompréhensible. C’est un peu comme si les lois de la physique avaient contourné Montpellier et se disant « non non, ici, on va laisser le soleil faire ce qu’il veut comme il veut. On ne va pas baisser la température quand il y a de l’ombre« . Du coup, le soleil en profite et il fait ce qu’il veut. Alors … il chauffe ! Et il chauffe fort … très fort ! C’est quand on a commencé l’ascension du mont Niitaka, que j’ai compris ce que ressentent les haricots du cassoulet juste avant d’exploser dans le four micro-ondes poussé au maxi.

Oui, non seulement l’hôtel est loin de l’arrêt de tram mais en plus ça grimpe fort, le soleil doit être à quoi … pfiouuu pas 2 mètres au-dessus de nos têtes, il n’y a pas de bus pour nous y rendre et on doit longer la route qui elle, forcément … est dans le sens inverse donc … les voitures s’en donnent à coeur joie pour descendre « fend la bise« , ou « vent du cul dans la plaine » si vous êtes plutôt sergent major, et nous polluent notre oxygène parce que franchement, c’était pas assez difficile comme ça.

Donc on attaque l’ascension de la roche de solutré. Au premier carrefour, on croise les potes de l’artiste qui proposent de nous vendre des bouteilles d’eau fraîche si non, nous disent-ils, vous n’arriverez pas en haut. Malins les acolytes du poivrot du tram : eux, ils restent en bas pour picoler des bières et ils vendent de l’eau à ceux qui entreprennent leur chemin de croix jusqu’à l’hôtel. Mais bon, à 7499 euros la bouteille de 50 cl, on a courtoisement décliné l’offre. Et on a marché … marché … marché et comme dans le désert, plus on avançait plus le haut de la colline s’éloignait …

8 heures plus tard, les roues des valises avaient perdu 1/3 de leur diamètre. Le bitume du trottoir collant à nos semelles comme le ruban antimouches aux pattes de la drosophile, nous arrivâmes … au Mac Donald’s ! Hé oui, sans faire attention, tellement voûtés par le poids de la chaleur, on a oublié de tourner et paf … nous voilà au Fast food ! Heureusement, en relevant machinalement la tête … nous aperçûmes l’enseigne de notre hôtel … de l’autre côté du rond point.

Bref, on a retrouvé le sourire

Dans ma tête, je repense à la joie de Stéphanie m’annonçant fièrement « A y est, je t’ai trouvé un super hôtel … dans les prix … et avec vue sur mer !« . « Avec vue mer ! » … on doit être à mille kilomètres de la mer ! Et pis avec cette chaleur, la mer a du s’évaporer entièrement !

Bon, nous voilà aux portes … de l’hôtel. Enfin … je ne sais pas si vous connaissez la chaine « Appart’City » ? C’est comme un hôtel, ça ressemble à un hôtel mais … c’est pas un hôtel. En fait c’est de la location d’appartement à la nuit ! Si si je vous assure c’est possible. Et quand on loue un appartement, qu’est-ce que l’on fait … hein ? je vous le demande … hein ? De … la … paperasserie ! plein de paperasserie ! Donc, nous voilà en train de biffer les 12 154 pages du contrat de location … en 3 exemplaires … Et tout cela pour une piaule de 6 m2 à Tatouine les bains, sur le rond point du périph par 75 degrés sans clim !

2 heures et demi plus tard, la nana de la réception nous explique qu’elle va faire des photocopies pour laisser un exemplaire du contrat de location .. à chacun. On lui répond, en coeur : « qu’elle peut se le carrer dans l’f …. son contrat« .

Bref, on l’y a braqué son armoire à clés après l’avoir assommée avec un vieux « Figaro Madame » qui traînait par là. On récupère nos clés de chambre. Pour moi ce sera le 6ieme étage. Si si c’est important, vous allez voir. J’introduis la clé, je tourne, je clenche et je pousse la porte qui s’ouvre sur un tout petit couloir. Pas dans la longueur … le couloir, non … dans sa largeur. J’avance, et j’entre dans … bein dans ce qui doit être la chambre mais comme le lit prend toute la place, il doit rester environ 10 cm entre les murs et le lit. En face de moi … une fenêtre qui fait toute la longueur du mur. Bon en même temps, vu la taille de la pièce, ça ne fait pas non plus une fenêtre gigantesque. On va enfin avoir le dénouement de ce suspens devenu maintenant insoutenable : la … « vue sur mer » est-elle une blague de l’assistante ou un argument commercial surfait de l’hôtel ?

Je pousse le rideau ou plutôt … je le tire car dans ce sens c’est plus juste de dire … « ho tu vas pas nous faire traîner plus longtemps, tu la lâches ta pastille hein !« . Bon ok, par la fenêtre j’ai une vue  imprenable sur … le rond-point et sa concomitante circulation automobile et motobylette pétaradante et klaxonnante comme seuls savent le faire les sudistes d’en bas de la France. Au second plan, le centre commercial très animé ce soir avec ce campement de gens du voyage qui fait étape sur le bitume brûlant. C’est vrai qu’à Montpellier il est beaucoup plus agréable de camper sur le parking d’un supermarché plutôt que de pousser de quelques kilomètres jusqu’à Palavas les flots … hein ! C’est quand même beaucoup plus amusant de venir emmerder les clients des hôtels à proximité plutôt que de danser la carioca sur le sable chaud au bord de l’eau … hein ! Au 3ieme plan, on commence à moins bien distinguer mais je crois reconnaître une zone résidentielle.

Et voilà … voilà voilà voilà … l’assistante s’est bien joué de m… non ! Attends ! Là-bas … oui, tout là-bas … tout au fond …  on dirait … mais oui ! Une toute petite ligne légèrement bleutée … c’est la mer ! Alors comment dire ? Techniquement, on peut le confirmer « oui, c’est exact,  on a vue sur mer depuis la chambre ». Mais reconnaissons tout de même qu’on est loin du concept de « vue sur mer ». Et vu l’épaisseur de la ligne bleue, je pense qu’au 5 ieme étage je ne la voyais plus. Alors vous voyez que c’était important de préciser l’étage ? hein ?

Quand je recevrai le questionnaire de satisfaction que l’hôtel ne manquera pas de m’envoyer, je pense que je ferai un rapport d’étonnement sur l’argument commercial qui vante la … « vue sur mer » 😉

Bref, je me suis fait un Mac Do …

Bon, aujourd’hui je me suis dit « Tiens, j’me ferais bien un p’tit Mac Do !« . Ni une, ni deux, je prends mon pass navigo et direction le Mac Do de Val de Fontenay.

Quand je vais dans ce genre de restaurant huppé, je me fixe toujours une règle de conduite : s’il y a trop de monde, j’abandonne sans même entrer. Là, j’arrive et je constate une fréquentation que j’estime acceptable. Et en plus, le chef de rang s’approche de moi et m’invite à me diriger vers une borne libre. Oui, je dois vous préciser qu’au Mac Do de Val de Fontenay il n’y a plus aucune caisse sur le comptoir. Les convives sont invités à faire leur commande sur une immense borne façon 4 par 3 pour que tout le monde autour puisse voir que tu cliques sur le Big Mac double size avec le supplément mayo et 3 sachets de ketchup !

Bref, c’était vraiment trop bien parce que je n’ai pas eu à faire la queue. Je suis immédiatement monté à l’échelle pour aller cliquer, tout en haut, sur le menu « Mc First ». Puis je suis redescendu m’accroupir pour cliquer, tout en bas, sur le cornet de frites. Et c’est vraiment trop super parce que le Coca Zéro, il était au milieu de l’écran donc j’ai pu cliquer dessus sans trop de gymnastique. Et oui, un écran 4 par 3, c’est pas ta petite tablette ipad de « cul nul », c’est du lourd !

Bref, j’ai entré ma carte bleue dans le lecteur au raz du sol, il est en dessous de l’écran 4 par 3, puis le code et j’ai validé. A partir d’ici, tu ne peux plus faire « annuler ». Donc, c’est pile à ce moment qu’ils sont arrivés. « Ils » c’est en fait toute la population d’île de France qui n’est pas en vacances en ce début Août. Voyez-vous, je pense qu’ils se sont tous dit « Et si on allait au Mac Do … de Val de Fontenay … là, tout de suite maintenant ?« . Ce sont donc 768 543 personnes qui sont arrivées au Mac Do de Val de Fontenay. Mais c’était vraiment trop super bien parce que moi, j’avais déjà passé ma commande. En plus, avant même que je n’introduise ma carte bancaire, sur la borne c’était écrit « Nous préparons déjà votre commande ! ». J’étais trop super content.

Alors, je suis allé vers le comptoir pour récupérer ma commande. Le fameux comptoir qui n’a plus de caisses. Il est donc totalement dégagé pour aligner les plateaux. Là, j’ai vu une équipière Mac Do courir à droite, puis à gauche, puis à nouveau à droite, puis à nouveau à gauche. Ensuite elle est revenu, elle s’est passé la main dans les cheveux puis elle a levé la tête vers l’écran. Ensuite elle parti vers l’arrière, puis elle est revenu vers l’avant. Elle est reparti vers l’arrière, puis elle est revenu. Elle a de nouveau regardé l’écran. Puis elle est reparti à droite. C’était beau comme une chorégraphie des petits rats de l’opéra. Alors j’étais trop super content parce que je me suis dit que j’étais tombé le bon jour : aujourd’hui il y avait un spectacle en bonus. Alors j’ai sauté 2 fois sur place et j’ai dit « Youpiii » (mais dans ma tête pour que personne n’entende). Progressivement, elle apportait des ingrédients qu’elle posait sur les plateaux mais … pas trop vite. Alors moi, je me suis dit que c’était pour ne pas secouer les sodas ou faire tomber la salade des burgers dans la boîte.

C’était vraiment trop génial parce que ça faisait à peine … quoi … 17 minutes que j’étais là, que déjà elle appelait la commande numéro 95. Moi j’ai regardé mon papier et j’étais vraiment trop content car il portait le numéro 99. Alors elle est repartie dans son ballet harmonieux, prenant un Big Tasty par ci, un Ice tea par là et les déposant sur 2 plateaux différents avec délicatesse. Ensuite, je l’ai vu déposer un coca zéro sur un plateau vierge et j’ai compris que c’était ma commande. Alors je n’ai pu contenir un nouveau petit « youpi » de joie et j’ai à nouveau sauté 3 fois sur place. Ensuite elle a repris le mouvement numéro un : à droite, à gauche, à droite, à gauche, la main dans les cheveux, les yeux au ciel etc … et une boîte d’happy Meal sur un plateau, un Big Mac sur un autre. Et c’était vraiment trop super méga bien parce que moi, je pouvais regarder mon coca zéro sur mon plateau. Et là, elle à dit « la 96 !« . Et moi j’étais trop méga dans la zénitude profonde parce que j’avais la 99 et qu’il s’était passé à peine 19 minutes entre la 95 et la 96 ! Alors je me suis retourné et j’ai souri aux 768 541 personnes derrière moi.

Après on est passé au mouvement 2 de la chorégraphie et c’était vraiment trop beau. En fait, la copine de l’équipière Mac Do, celle qui bosse au comptoir Mac Café est entrée dans la danse. Oui, vous savez, le comptoir Mac Café, c’est celui où il n’y a jamais de client et l’équipière Mac Do passe son temps à astiquer le comptoir avec un chiffon pour faire croire qu’elle a beaucoup de travail parce qu’elle ne veut pas aller aider ses collègues qui remplissent les plateaux. Alors là, elle avait trop bien frotté le comptoir et aussi lavé les tasses à café et aussi ré-aligné les macarons et … et … et … elle pouvait plus faire semblant d’avoir trop de boulot …

Là, c’était vraiment trop beau car on voyait le professionnalisme et les années d’entraînement. Elles se croisaient sans jamais se toucher. Elles virevoltaient, légères comme des hirondelles sans jamais lâcher le Big Mac et le sunday caramel avec les petites cacahuètes dessus. C’est à ce moment précis que, dans un canon en coeur parfait, elles ont annoncé les commandes 97 et 98. C’était trop beau, j’ai senti une larme couler au coin de mon oeil gauche. Alors j’ai sauté sur place et dit « youpiii » (tout bas, juste pour moi). La prochaine était pour moi, j’ai senti mon p’tit coeur palpiter comme jamais d’autant que l’équipière numéro une venait de déposer un cornet de frites sur mon plateau … à peine 47 minutes après le coca zéro. J’étais trop super méga content.

Alors le ballet a repris au numéro un mais cette fois avec 2 ballerines. Hé hop, à droite, à gauche, à droite, à gauche, yeux au ciel, mains dans les cheveux et devant, derrière, devant, derrière. Big Mac, Royal cheese, sunday fraise et … Happy Meal déposés en rythme sur les plateaux. C’était beau comme du Mozart. J’étais trop super joyeux. Alors l’équipière a annoncé « commande 02« . Mais c’était pas grave parce que j’étais trop bien content de regarder ce spectacle. Je me suis retourné et j’ai crié aux 768 539 personnes derrière moi de frapper dans leurs mains, de sauter sur place et de tendre l’index droit vers le plafond … « allez tous, en coeur … frappe dans tes mains … saute sur place … Hand up, baby Hand up« .

Ensuite j’étais vraiment trop content parce que, juste après la commande numéro 15, je l’ai vu se saisir d’une boîte de Mc First dans un tourné, boulé, déhanché impeccable. Et en guise de final magistral, elle a fait un salto avant double carpé et déposé la dite boîte … sur mon plateau ! J’ai senti mon coeur s’envoler, battre à tout rompre quand j’ai entendu le …99. « Oui, c’est moi … c’est moi, ici … oui, j’arrive. »

« Bon appétit et désolé pour l’attente » me dit l’équipière du Mac Do de Val de Fontenay. Alors moi, trop content, je lui ai répondu « Et merci madame de vous être occupé de moi avec autant de professionnalisme et d’abnégation« . J’étais trop sur mon petit nuage tellement j’étais trop satisfait d’être content. Je tenais entre mes mains, mon frêle petit plateau après à peine 1h et 26 minutes d’attente.

Alors après j’étais vraiment trop bien dans mon for intérieur de moi-même parce que j’ai fait quelques tours du restaurant et j’ai rapidement trouvé une place où m’installer.  11 272 fois l’allée centrale et les travées extérieures et voilà que la place idéale se libère : juste à côté de la table où mémé s’est installé avec ses deux petits enfants de 3 et 4 ans pour réserver les places en attendant que maman revienne avec les 2 happy Meal. J’étais vraiment trop content, proche de l’extase en déposant mon plateau sur la table pendant que Missandei se laissait choir de la banquette sur mes caterpillars, heureusement montantes, tout en vociférant un assemblage de syllabes dont je n’ai pas … totalement saisit le sens. Stannis a bien essayé d’en profiter pour me chiper une frite mais mémé lui a chopé le bras droit avant qu’il ne commette son forfait. Il est alors parti dans un cri nasillard montant dans les aigus tout en chouinant par vocalise. Tout en remontant Missandei sur la banquette, mémé a tenté de faire taire Stannis en lui disant qu’il était pas gentil de se faire remarquer comme ça. Moi, je ne voyais plus rien tellement j’étais trop joyeux d’être attablé devant mon menu Mc First option Fish.

Le sourire aux lèvres, j’ai pris ma paille. J’ai délicatement déchiré juste le bout de l’emballage en papier et j’ai porté le petit bout de paille qui dépassait à ma bouche et … j’ai soufflé ! L’emballage s’est envolé telle une fusée pour la lune puis, la vitesse décroissant, il s’est mis à tourbillonner dans l’air pour revenir s’écraser sur la tête de Stannis. J’étais vraiment trop super content d’avoir réussi ce lancer d’emballage de paille et d’avoir atteint une cible de choix : le petit morveux de 3 ans potentiel chouineur devant l’éternel.

J’ai alors posé le bout de ma paille sur le petit opercule percé du couvercle de mon gobelet de Coca zéro. J’ai appuyé délicatement jusqu’à ce que les pré-découpes cèdent et que ma paille s’enfonce dans le soda avec ce bruit caractéristique du frottement de la paille contre le plastique de l’opercule du couvercle….. shriiiiiiiiiittttt …. En fin de course, j’ai configuré mes lèvres en forme de O, je les ai approchées de l’extrémité de la paille et j’ai aspiré. Le liquide est monté dans le tube puis est venu envahir ma gorge. C’était vraiment une sensation extraordinaire, j’étais vraiment trop content de joyeuseté. Les longues minutes d’attente avaient permis aux glaçons de fondre en totalité, noyant mon Coca Zéro façon chirloute d’eau claire. Et en plus, il s’était adapté à la température exacte de l’intérieur du restaurant au mois d’août en pleine canicule. C’était un instant merveilleux de joie et de bonheur et j’étais trop vraiment content de savourer mon Coca zéro dilué et tiédasse.

Reposant mon gobelet, je m’emparais d’une frite et la portais à ma bouche. Le contact de la frite sur ma langue m’a rendu joyeux et rêveur. Telle la madeleine de Proust, la saveur de cette frite m’a ramené des années plus tôt, à l’époque où on jouait à « Espion lève-toi » dans la cour de l’école primaire. Il s’agissait d’écrire un secret sur un morceau de papier puis de manger le-dit papier pour que personne ne le découvre. Sans le savoir, cette frite venait de me remémorer un souvenir enfoui depuis des années. Cette frite venait de rappeler à mes papilles gustatives la texture du papier Canson et l’encre du stylo plume pour un secret bien gardé car mâchouillé. Quelle expérience extraordinaire, j’en ai pleuré de joie devant l’intelligence de cette frite à perdre sa chaleur pendant les longues minutes d’attente pour s’adapter parfaitement à la température ambiante. Tellement emporté par cette joie intense et ce bonheur inattendu, j’en oubliais mon Mc First Fish. Après avoir séché mes larmes de joie, je me décidais à ouvrir la petite et non moins délicate boîte en carton coloré.

Plus fort encore que ces saveurs qui vous remémore des souvenirs oubliés, le délicat fumet qui s’est échappé de la boîte m’a … transporté. Il m’a transporté à Dunkerque, sur le port de pèche, au retour des chalutiers quand les généreux mariniers offrent aux mouettes les restes de poisson sur lesquels elles se jettent avidement.  Ce délicat fumet du poisson oublié sur le pont du chalutier, au soleil, subtilement mariné dans l’eau de lavage du-dit pont. Lui aussi, a su profiter des longues minutes d’attente pour accorder sa température à celle de l’environnement pensais-je… ! Mais je me trompais, c’était encore plus fort, plus intelligent, plus professionnel. En effet, en le prenant dans mes mains, j’ai senti la salade qui parsemait le fond de la boîte. Elle était … si fraîche, tellement fraîche qu’elle semblait tout droit sortie de la chambre froide. C’était décidément trop merveilleux, trop beau et j’étais … trop content.

Alors j’ai bu goulûment mon eau claire tiède en rythmant chacune de mes bouchées de poisson froid d’un ballet de frites cartonneuses. Et j’ai compris que la rondelle de tomate, judicieusement intercalée entre le poisson pané et le buns du dessus sortait, elle aussi directement de la chambre froide quand mes 4 tentatives de mâchouillage ne sont pas parvenu à la rompre. J’étais vraiment trop bien, trop content, trop joyeux alors j’ai souri à la maman qui revenait avec ses 2 happy meal car, en plus, j’allais avoir quelques secondes de silence à côté de moi.

Et il y avait 768 522 personnes qui tournaient dans le Mac Do de Val de Fontenay pour trouver une place … alors moi j’étais super content, super heureux, super en extase tout ça. 

Déjà, Missandei et Stannis se chipougnaient en vitupérant très fort car Stannis il avait le minion avec le slip mauve et que Missandei c’est celui qu’elle voulait parce que il était trop bien et que maman elle avait dit qu’elle lui achèterait autant de happy meal qu’il faudrait pour tomber sur le minion avec le slip mauve et que maintenant …. ouinnnnnnnnn … Oui, les parents son fans de Games of Thrones !

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Le tour de … pas la France 2017

Il est des sujets avec lesquels il est très facile de vanner. Genre, vous déambulez dans les allées du supermarché, à la recherche du nouveau « skip ultra fines bulles aux Oméga3 enrichi à l’huile essentiel de mémorax téraxoplaxomilaire« . Oui, vous savez, c’est la nouvelle lessive de dash qui ne se contente plus de laver le tissus mais qui régénère la fibre pour la rendre plus neuve que quand vous l’avez acheté. Genre, si on utilise ce nouveau skip sur le saint suaire … pouf ! Jesuce chrisme réapparaît ! Donc si tu mets ta momie de toutencamion dans la machine avec un peu de skip nouvelle formule, pouf ! les bandelettes sont ressuscitées et le pharaon sort du tambour … si si c’est vérifié scientifiquement. C’est même le type de la pub sur TF1 qui le dit alors tu vois. Retenez bien cette histoire de momie, c’est important pour la suite, vous allez comprendre.

Bon donc, tu marches, comme ça dans les allées de la grande épicerie et là, tu tombes sur une nana – ou un mec d’ailleurs, c’est comme les pantacourts, c’est unisexe – qui est au téléphone avec on ne sait pas qui, mais visiblement on comprend qu’il y a litige. Et le contentieux porte sur la nature du repas du soir. L’un souhaite prendre une pizza géante 4 saisons fromage olives noires et pipistrelles mais manifestement au bout du fil, l’autre tente d’expliquer qu’elle préfère quelque chose de plus léger comme … une salade verte sans sauce. Et s’en suit un échange confondant de niaiserie argumentative sur les bienfaits de la nourriture végan à base de rien agrémenté d’un peu de vide et, éventuellement mais uniquement le dimanche, saupoudré d’air des Vosges que l’on trouve en bouteille de 75 cl dans toutes les bonnes épiceries Bio. Alors que le monsieur veut simplement déguster une oeuvre d’art de la gastronomie italienne accompagnée de ce merveilleux breuvage alsacien produit dans ce petit, mais ô combien célèbre village d’Obernai – attention, pas le pinard mais la boisson qui te façonne des abdos éponymes – en très bonne compagnie de ses meilleurs amis, tout en regardant un documentaire télévisé consacré aux participants d’une épreuve intellectuelle qui voit s’affronter 2 équipes, bigarrées de couleurs différentes, pour obtenir la garde d’un objet dont la particularité physique est à la poule ce que l’oeuf est à Christophe Colomb … le navigateur, pas le maire de Lyon.

Donc à ce moment précis, tu es incapable de retenir un fou-rire de la mort qui tue la grand-mère en claquette/chaussette au Tocadéro quand il fait chaud. Et pouf ! vanné 🙂

Bon, après évidemment tu peux lâcher un « hé mec … c’est toi GargaMélenchon sans cravate ? » Pouaaaaaaaah comment je t’ai cassé ! Mais bon, c’est trop facile. Tiens mais voilà que je fais encore une fois référence à Mélenchon. Ca va faire maintenant plus de 5 ans que je ridiculise Mélenchon dans mes articles, il y a vraiment un truc …

Mais revenons à nos moutons ou plutôt à notre « Tour de pas la France 2017 ». Et vous allez comprendre pourquoi c’est la grosse vanne du moment.

Allez … ambiance caravane du tour de pas la France …

Voyez-vous, ce matin, j’écoutais France info et voilà t’y pas que la journaliste parle des cyclistes qui vont s’élancer de … Düsseldorf. Oui j’ai pris les infos en cours de route. Alors le curieux que je suis, se demande où se trouve Düsseldorf … en France. Bein oui parce que moi, je ne suis pas du genre à me faire « Fake Newser ». Je ne suis pas du genre à sortir, en pleine discussion mondaine, un truc du genre « Ha mais, je l’ai vu sur un tableau comparatif, le type au RSA gagne plus que le mec qui bosse alors franchement … » et là, toute l’assemblée se tait, consternée car le type qui sort ce poncif gratuit vient de se ridiculiser en démontrant qu’il s’est fait « fake newser » … la honte s’abat sur lui et sa famille pour des siècles et des siècles … amen !

Donc, je vérifie l’information. Du, du … Douchy-les-Mines,  Dourdan,  Darnétal,  Digoin .. Ha ouais Digoin hé hé Digoin … Du, du … Dombasle-sur-Meurthe, Domérat, Dugny … ha on y arrive … du, du … Divonne-les-Bains … oui, ça c’est parce que je trouve rigolo … Divonne-les-bains … hé hé … rigolo … Bon, soyons sérieux, Du, du … Dury, Dussac,  Duttlenheim, Duvy, Duzey … bein … pas de Düsseldorf ! Boh, c’est quoi cette histoire, il n’y a pas de Düsseldorf en France ? Alors c’est où le départ du tour de pas la France 2017 ?

Je reprends mes esprits et j’entends la journaliste interviewer un certain Prudhomme. Tiens, ils ont changé de sujet ? Nous voilà sur la loi travail maintenant et cette histoire de plafonnement des indemnités aux prud’hommes ? Purée faut suivre franchement. Hé France info, faudrait voir à terminer vos sujets hein ! On ne peut pas passer comme ça de la poule à la jument … oui, du coq à l’âne, je sais. Mais en ces temps d’égalité homme-femme, j’ai voulu être dans le ton. Bon, alors qu’est-ce qu’il nous dit ce type … « bla bla bla l’Allemagne bla bla bla le président Macron bla bla bla la chandelière allemande et patati et patatata super réconciliation et amour éternel pour toujours tout ça machin donc c’est pour ça que le tour de pas la France 2017 part de Düsseldorf en Allemagne« . Quoi ? que les prud’hommes parlent de Macron je comprends. Mais qu’ils parlent du tour de pas la France ? Ne me dites pas que Poulidor demande une indemnité de licenciement … Hein ?

« Merci Christian Prudhomme, je rappelle que vous être le directeur du Tour de pas la France 2017« .

Ha d’accooooooord, le mec il s’appelle comme … le cheval de bataille de la CGT sur la loi travail ! Hé hé, cheval … jument … coq, poule tout ça … ça fait un peu basse-cour mon article. Faut que je me reprenne.

Alors attends, le mec qu’est directeur du tour de pas la France 2017 vient nous expliquer qu’il a choisi Düsseldorf en Allemagne parce que la France et l’Allemagne c’est le retour du grand amour, du couple franco-allemand, de la grande Europe et tout et tout … ouais, ouais, ouais … alors je t’explique pépère. Ta ville de départ, tu l’as choisie il y a 2 ans. Et il y a 2 ans, tous les plus grands journalistes, éminent spécialistes de la politique nous prédisaient tous, à l’unanimité, une victoire des « pas gentils d’la marine » et la sortie de l’Europe. Souvenez-vous de tous ces vieux journalistes, qui étaient déjà vieux quand ils commentaient le départ du Général de Gaulle pour Baden-Baden. Ces Catherine Nay, Michèle Cotta, Charles Villeneuve, Gérard Carreyrou, Robert Namias, Jean-Michel Aphatie, Alain Duhamel, Christophe Barbier, toutes ces momies du sanctuaire des médias, nous expliquaient, avec force détails scientifiques et sondage Opinion Way, l’arrivée inéluctable du repli sur soi en France. Et toi, le directeur du tour de pas la France, il y a 2 ans, tu aurais vu dans ta boule de cristal que la France choisirait la voie de l’intelligence et de l’ouverture au monde, de la grande Europe et donc tu aurais choisi Düsseldorf pour le départ de ton tour de pas la France 2017. Non mais … tu me prends pour un spéculoos ou quoi ? Dis plutôt que tu avais abusé de la ganja et pis c’est tout. Vous avez compris ? hein ? Les momies tout ça … ressorties de leurs bandelettes avec la super lessive … ok ?

Bon, donc mon tour de pas la France, voilà t’y pas qu’il part … d’Allemagne. Alors après on nous explique que c’est heu … pour le souvenir d’un certain Herbert von houle riche. Oui, tous les allemands s’appellent « Herbert von » … j’ai fait allemand 1ere langue alors c’est dire si je m’y connais … Herbert von beethoven, Herbert von Brecht, Herbert von Offenbach. Je les ai tous étudiés et je m’en souviens comme si c’était hier. Mais celui que j’ai préféré c’est quand même Herbert von Schubert, le célèbre poissonnier de Düsseldorf justement. Il doit sa notoriété – en allemand on dit notorischkundafentroffenblieck, oui l’allemand c’est simple, tu prends les mots et tu les allonges d’au moins 15 à 20 syllabes en prenant bien soin de mettre des sons qui accrochent l’oreille – bon bref, notre Herbert von Schubert il doit sa notoriété à sa recette de la truite meunière.

Bref, c’est donc en mémoire de ce Houle Riche que le tour de pas la France 2017 part de Düsseldorf. Mais bon, quand même pas trop … parce que le typeuuuu … cycliste de son état, il a gagné un tour de pas la France il y a longtemps mais heuuu …. après on s’est rendu compte que c’était pas trop normal qu’il fasse pipi tout bleu …. heuuu …..  alors lui il a dit que c’était à cause du Harpic mais bon quand même heuu …. les chimistes y z’ont dit qu’y  avait des substances pas trop habituelles dans son pipi et qu’avec un verre de son urine on aurait pu faire péter 3 fois la porte de Brandebourg. Mais bon, parait que c’est normal chez les cyclistes, cette propension à ingérer du Harpic pour pédaler plus vite.

Bon allez, après Düsseldorf … y vont où les cyclistes ?

A Düsseldorf !

Non, je te demande … « le monsieur te demande vers quelle ville se dirigent les cyclistes après le départ de Düsseldorf ? »

Et la réponse est « Düsseldorf » …

tu te fous de moi ou quoi ?

Non, non, ils font un petit tour dans Düsseldorf et ils reviennent au point de départ.

Ha ouais … ils font du tourisme à vélo quoi … un peu comme quand je prends un Vélib pour me balader dans Paris le dimanche …

Voilà … c’est ça .. sauf que eux … y peuvent pas s’arrêter chez ladurée acheter des macarons. Bon, en même temps … à Düsseldorf … t’as pas ladurée.

Oui mais … tu pourrais acheter aut’chose, je sais pas moi … des saucisses !

Ha non, les saucisses c’est à Frankfurt. A Düsseldorf, les cyclistes pourraient s’arrêter pour acheter de l’erbsensuppe mais il y a un problème … le jarret de porc, ça passe pas dans le bidon …

Ha mince, pas cool …

Bon, alors on dira que c’est une étape qui sert à rien. Et après, y vont où ? car ils finissent bien par partir, non ? Ou bien il restent tout le temps à … Düsseldorf ?

Bein après, ils vont … à Liège, en Belgique.

Ha bah oui, logique puisque c’est le tour de pas la France 2017. Et après ?

Bein … Luxembourg.

Hé oui … bon, ne me dis rien … après ils vont … à … Pfaffenhofen ?

C’est où ça … Pfaffenhofen ?

Bein c’est en Autriche voyons …

Ha non, pas du tout ! Après ils vont à … Vittel !

Vittel ? Il n’y a pas de Vittel en Autriche à ma connaissance, ni en Pologne …

Mais non, Vittel … le Vittel … dans les Vosges … en France voyons !

Quoi ? En France ? Le tour de pas la France 2017 qui viendrait … en France. Non mais … tu te ficherais pas un peu de ma tronche ?

Bah, et pourquoi pas qu’y viendrait pas en France le … tour de pas la France 2017 ?

Oui, bon aller, je te l’accorde. Mais ne me dis pas qu’il va suivre les frontières pour faire un … un tour de la France … hein ?

Ha noooonnnnnn, non t’inquiètes …. il va faire des p’tits bouts par ci par là … pas plus. Et de toute façon … y’a plus d’avion que de vélo alors tu vois !

Tiens par exemple, le 9 juillet c’est Nantua … le fameux raccourci de Nantua qu’on a jamais trouvé … pis après, c’est … Périgueux ! Ha ha … hein … ça t’en fout un coup dans l’tour de pas la France, ça hein ? C’est esseprès pour te titiller les neurones façon cognitive, tu vois.

Parce que là, l’auditeur se dit « Attends, je connais Nantua … c’est dans les Alpes, pas loin de la Suisse, là où’s qu’on fait la fondue savoyarde. Et Périgueux c’est … c’est … là où’s qu’on tue tout les canards à cause de la grippe à bière – la fameuse bière de … Düsseldorf -, et qu’on mange du foie gras. Ha ouais mais… quand j’étais à l’école, je revois cette carte de France en plâtre pour voir le relief et entre la fondue savoyarde et le foie gras il y avait … des volcans et … une eau qu’elle s’appelorio quézac !  »

Alors là, l’auditeur se dit « j’ai un problème de géographie. Le cycliste peut pas être à Nantua le 9 juillet et à Périgueux le 10. Donc, comme l’auditeur veut pas se faire « fake newser », il prend une carte de France. Il prend … son calendrier des PTT avec les p’tits chatons en couverture. Il ouvre à la carte de France et il voit bien qu’il y a un problème. Parce qu’entre Nantua et Périgueux bein … même si tu prends la nationale, bein y’a pas loin de 550 kms ! Alors bon … 550 kms pour un cycliste … avec une bonne dose d’Harpic qui fait le pipi tout bleu ça se fait, c’est pas la question. Mais y’a quand même les volcans. Et tu m’enlèveras  pas de l’idée que les volcans, bein … c’est pas avec de l’eau, même gazeuse, que tu les passeras. Alors l’auditeur y comprend que les cyclistes y vont prendre l’avion. Et comme ça, on fait réviser la géographie. Tu comprends ? C’est un concept … le tour de pas la France c’est pour que tu révises ta géographie, et pis c’est tout ! »

Bon, en même temps, c’est ballot parce que … ça arrive après le bac et le brevet des collège donc tu peux pas t’en servir pour réviser du … tour de pas la France.

Ouais bon, ça c’est juste un petit problème de timing qu’il nous reste à sécuriser. On va checker ça avec l’équipe et l’année prochaine on est dans le bon timing … promis. Alors, tu l’achètes mon concept de tour de pas la France 2017 ?

Écoutes, je ne sais pas. Faut encore que je réfléchisse. Parce que je viens justement d’avoir une autre proposition d’un mec qui dit vouloir faire un truc complètement dingue. Il me propose un événement qui s’appellerait … « Le tour de France » ! Il parait qu’en 1920, ils l’ont déjà organisé et que les cyclistes bein … il faisaient vraiment le tour de la France !
Mais non … n’importe quoi. Il se moque complètement de toi le mec

Carte du tour de France 1920

Franchement, tu devrais faire attention aux arnaques parce que l’autre jour j’ai croisé un type qui proposait d’organiser un rallye automobile qui s’appellerait « Paris –  Dakar ». Et tu sais quoi ? Le mec proposait que le départ soit à Paris et l’arrivée à … Dakar !!! Non mais, tu vois pas l’arnaque …

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

 

Comment je viens d’échapper à un attentat terroriste à la bombe nucléaire

Bon OK le titre est un peu exagéré mais bon, juste ce qu’il faut pour attirer le lecteur. Un peu comme ces magazines que l’on voit en devanture des marchands de journaux, couverts de photos de stars et avec des titres chocs : « Johnny Hallyday, une terrible nouvelle l’accable« , « Maïté serait une extraterrestre » ou encore « Sardou vote à gauche !« . Quoi ? Michel Sardou vote à gauche ? Non … alors on achète le fameux canard. On file à la page de l’article et on découvre que … Bernard Sardou, retraité dans la petite bourgade de Solesme, non loin de Sablé-sur-Sarthe, s’est rendu au bureau de vote sans ses lunettes. Et ce qui devait arriver, arriva évidemment : en rentrant chez lui, il a déposé sur la table les bulletins de vote non utilisés et le seul manquant était celui du candidat de gauche ! Et voilà on a acheté la feuille de choux pour rien. Bon, autant poursuivre la lecture et découvrir l’aventure terrible de Johnny. 3 pages à lire avant de comprendre que  son cochon d’inde fait une dépression après avoir été éjecté de sa roue d’exercice … accablant ! Quant à Maïté, c’est Carl Lagerfeld qui fait cette déclaration alors bon … Bref des titres racoleurs pour une vérité bien banale.

J’ai donc repris ce mécanisme pour vous inviter à lire ce nouvel article jusqu’au bout et découvrir comment j’ai échappé de justesse à une tentative d’attentat terroriste. Alors d’accord, le mot « nucléaire » pousse peut être la caricature un poil trop loin.

Bon, revenons à nos moutons et entrons dans le vif du sujet. Mercredi soir, je sors du bureau et me dirige promptement vers la station du tram T3b à la porte des Lilas. Je pourrais le prendre direction « Porte de Vincennes » mais je reste du côté du quai « Porte de la Chapelle » puisque je vais à Rosa Parks.

L’afficheur annonce un temps d’attente de 10 minutes et le suivant à 15 minutes. Ouf ! quand même ! Je marche le long du quai de sorte à me placer tout à l’arrière de la rame. Hé oui, voyez-vous, à Paris nous avons tous nos habitudes. Et surtout nous stratégisons notre position dans le véhicule. En me plaçant ainsi, en arrivant à Rosa Parks, je serai du bon côté de la rame pour aller directement vers l’entrée de la gare RER. Je n’aurai pas à remonter tout le quai comme si j’étais monté à l’avant. Et comme j’ai remonté le quai à Porte des Lilas, là où de toute façon je suis obligé d’attendre 10 minutes, j’ai parcouru cette distance pendant un temps « contraint » donc j’ai réduit mon temps de trajet … ha ha !

Vous pensez que cette précision n’est pas utile dans mon récit ? Détrompez-vous ! Elle est fondamentale, car sans ce positionnement, je ne me serais pas retrouvé … à côté de la bombe !

Donc, le Tram T3b arrive après … 4 minutes d’attente. Oui, c’est souvent comme ça à la RATP, les minutes aussi sont indépendantes, elles font ce qu’elles veulent. Parfois une minute vaut une heure, parfois elle vaut 20 secondes. En fait ça dépend des minutes et pas de la taille du fût du canon. Donc on ne peut pas savoir 😉

Bref, la rame s’arrête … je suis pile sur le côté de la porte arrière … hé hé quand je vous disais qu’avec l’habitude on sait où se placer ! Je laisse descendre la marée humaine et les poussettes qui l’accompagnent … 2h ou 2h30 plus tard, je monte dans le « ouagon ». Il y a du monde mais, allez savoir pourquoi, il reste une place assise disponible au niveau du bloc babord des 2 blocs « 4 sièges ». Je fonce et je m’assieds satisfait d’être correctement installé pour sortir mon bouquin tranquilou. Il faut que je vous décrive la scène car c’est important pour la suite et surtout pour que vous visualisiez bien la position de la bombe 🙂

Bon, un « bloc 4 sièges », vous voyez ce que c’est ? C’est pareil qu’à la TV quand on voit un homme politique dans un TGV. Allez savoir pourquoi mais ils sont quasiment toujours installés sur un « bloc 4 sièges ». Regardez, par exemple la photo ci-dessous … c’est une photo que j’ai pécho sur google … totalement au hasard …:

Donc le « bloc 4 sièges » dans la ligne de tram c’est pareil sauf … qu’il n’y a pas d’accoudoirs, pas de table, pas de rabat de table, pas de prises pour son smartphone, pas de sièges confortables, pas de possibilité d’incliner le dossier, pas de crochet pour la veste de costume, pas de rideau à la fenêtre, pas de café, pas de documents, pas d’homme politique et pas de jolies femmes en face de soi. Donc c’est presque pareil sauf que les sièges sont très serrés, peu confortables et dans les tons vert chiasseux et surtout, le siège devant soi est comme collé au tien, exprès pour que tu ne puisses pas mettre tes jambes simplement sans gêner celles de la personne en face. Et je ne vous parle pas du branle bas de combat quand la personne qui est près du hublot souhaite sortir …

Bref, il y a donc 8 places. Souvenez-vous de l’arithmétique à l’école primaire : 2 fois un bloc de 4 sièges, ça fait 8 sièges. 4 dans le sens de la marche et 4 qui ont l’avenir dans leur dos. J’ai donc pris le 1er siège à babord dans le sens contraire de la marche. Je fais un croquis pour que vous visualisiez bien la scène :

Les 7 autres sièges sont donc occupés et je présume que le siège à ma droite est occupé par le propriétaire du panier à commissions à roulettes violet stationné dans l’allée. Cela va sans dire, mais cela va mieux en le disant : le fameux panier à roulettes violet obstrue la totalité de l’allée centrale, empêchant par là, la bonne circulation des flux de passager.

Je n’ai pas la photo exacte du panier à roulette violet mais celle-ci s’en approche suffisamment pour que l’on comprenne bien.

Vous vous rendez-compte que ce panier à roulette peut embarquer 38500 cm3 de marchandise. Autant dire que mon terroriste peut y placer une bombe pouvant faire des ravages gastronomiques ! Mais pourquoi n’interdisons nous pas la vente de ces paniers à roulettes violet ! Mais que fait la police ! Je vous le dis, il faut renvoyer tous les paniers à roulettes violet dans leur pays d’origine … le panierland !

Vous l’avez compris, sans le savoir, je viens de m’asseoir à côté de la bombe ! Mais évidemment personne ne le sait, ni même s’en doute car c’est bien l’objectif du terroriste … le fourbe !

Le tram redémarre. J’ouvre mon livre et me voilà replongé dans cette aventure palpitante de FitzChevalerie Loinvoyant. Totalement absorbé par ma lecture, je ne vois pas les différentes étapes de notre voyage. Tout au plus, au-dessus de mon bouquin, je perçois vaguement des corps indistincts qui se lèvent et d’autres qui prennent leur place au grès des arrêts des stations de notre périple vers une destination de carte postale … « Porte de la chapelle ». Et le panier à roulettes violet est toujours là, bien calé contre le siège de son terroriste. « SON terroriste » ? Je viens de relever nonchalamment la tête pour me rendre compte que la personne assise sur le siège à ma droite est … une femme. Tiens … mais … c’était pas un homme avant ? Bon, peut être que je n’ai pas fait assez attention. Je replonge dans ma lecture.

Le tram s’arrête à la station « Porte de la Villette ». Mais qu’est-ce qu’il y a comme portes ! La dame à côté de moi se lève et descend. En fait c’est quasiment tout le monde qui descend. Mais qu’y a-t-il de si intéressant à la porte de la Villette pour que tout le monde ait envie de descendre ? En fait peu importe, je reprends ma lecture … sans me rendre compte que le panier à roulettes violet est toujours bien en place dans l’allée …

Le signal retenti, les portes vont se refermer. La femme, assise en face du panier violet, s’écrie « Hé madame … vous oubliez votre panier à roulettes … violet! ». La femme s’en va en levant le bras. Nous comprenons que le sac ne lui appartient pas. Mais alors … le panier  à roulettes violet n’a plus son propriétaire depuis déjà … plusieurs arrêts ?

Je regarde le monsieur assis à ma gauche … il me regarde … nous regardons la femme en face du panier … je prends la parole « dites … on dirait … enfin ça ressemble à … un colis suspect ! ». « Oui … il faudrait prévenir ». A ce moment, nous ne sommes plus que 5 : le monsieur à ma gauche, la dame en face du panier à roulettes violet, la dame à côté du panier à roulettes violet et la dame à côté de la dame en face du panier à roulettes violet … et moi, ça fait cinq. Si si … recomptez 🙂

Les visages blêmissent. On regarde le panier à roulettes violet. Je m’essaie à l’ouverture du rabat pour tenter de voir ce qu’il contient … d’un doigt, je le soulève … rien, je ne vois rien … il est fermé avec le petit cordon qui resserre le dessus du sac comme la taille de Claudia (ça c’est pour ceux qui ont lu mon post sur la retouche photo). Je retire mon doigt et le rabat choit … le rabat choit … hé hé …

Bon, autant dire vous que personne n’est très rassuré. Intérieurement je m’en veux d’avoir été aussi imprudent : si le détonateur était relié au rabat … en le soulevant … badaboum ! Les terroristes sont assez machiavéliques pour imaginer qu’un voyageur aura l’idée saugrenue de vouloir vérifier le contenu et … PAF … explosion. Et dire que ce voyageur stupide, c’est moi ! Mais non, Bebel, tu es en train de raisonner comme FitzChevalerie Loinvoyant. Reviens à la vraie vie, ce n’est pas ton livre.

La femme à côté du panier à roulettes violet se lève. Elle nous explique, dans une voix chevrotante, qu’elle va prévenir le conducteur. Suspicieux, nous sommes tous … suspicieux … Elle prétexte plutôt ça pour s’enfuir le plus loin possible de la bombe. Mais au plus profond de moi je me dis « C’est elle qui a raison … je devrais m’éloigner de cette bombe … arrête de jouer les héros, la bombe est si près de toi que lorsqu’elle éclatera il ne restera rien de toi, de ton costume, de ton manteau, de ton livre de FitzChevalerie Loinvoyant, de ton sac à dos, de ton … porte-clefs panda du zoo de Beauval attaché à la fermeture éclair de la poche avant de ton sac à dos ! »

Non, de non, mon sang ne fait qu’un tour … Jamais je ne laisserai quelqu’un faire du mal à mon panda du zoo de Beauval … je ne peux pas rester à cette place … si près de la bombe. Je suis sur le point de me lever également quand le doute s’instille dans ma tête « oui mais … qu’est-ce que je vais dire ? … je ne peux tout de même pas prétexter la … sauvegarde des pandas ! » Mais je ne peux pas rester ici non plus. Me voilà dans une position inconfortable, que dis-je, paradoxale, tel l’âne de Buridan … je vais mourir ni de faim, ni de soif mais … pulvérisé par une bombe terroriste … aux quatre coins d’Paris qu’on va m’retrouver, éparpillé par petits bouts façon puzzle …

Nous arrivons à la station « Canal Saint-Denis » … pour une fois qu’il n’y a pas de porte à cette station. L’inquiétude est maximale et la tension palpable dans notre espace de 2 blocs de 4 sièges. Déjà le vide se fait sur les autres sièges à proximité … l’allée se vide … les voyageurs sur les plateformes profitent de l’ouverture des portes à la station pour sortir prestement !

Le signal retenti … les portes se referment, le convoi redémarre. Personne … personne n’est monté à « Canal Saint Denis ». Je soupçonne ceux qui sont descendus d’avoir prévenus ceux qui envisageaient de monter. Nous sommes seuls. Nous ne sommes plus que 5 dans ce long tube ferroviaire. 5 et une bombe dans un panier à roulettes violet … qui roulons vers … le terminus  … de la ligne !

La dame assise à côté de la dame assise en face du panier à roulettes violet tourne la tête, elle regarde le panier à roulettes violet … elle le désigne d’un signe de la tête … vraisemblablement trop tétanisée par la peur pour s’exprimer autrement … elle le désigne … une seconde fois … nous aussi sommes tétanisés, nous ne formons plus qu’un seul dans notre angoisse maintenant à son paroxysme ! Elle le désigne … une 3ieme fois … puis, levant lentement son bras, précautionneusement pour ne pas déplacer l’air qui pourrait activer le mécanisme de la bombe … elle déplie sa main tout aussi sagement et … pointe son index vers … elle ! Tout le monde comprend alors que le panier à roulettes violet … lui appartient. Et il n’y a à l’intérieur qu’une galette et un petit pot de beurre qu’elle apporte à sa mère-grand à la porte de la Villette !

Quelle aventure tout de même. Mais surtout … on avait tous envie de lui crier « Mais tu pouvais pas l’dire plus tôt … bougre d’andouille ! Orchidoclaste! Nodocéphale! gourgandine ! Cornegidouille ! »

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Camping ou l’hôtel de la plage ?

Vous ne le savez peut être pas mais le Petit Prince est un grand amateur du cinéma des années 60, 70 et 80. Et plus particulièrement des Lino Ventura, Jean Paul Belmondo, Yves Montand, Jean Gabin, Pierre Richard, Bernard Blier, Philippe Noiret, Bourvil, Michel Serrault, Paul Meurisse, Jean Rochefort, Claude Brasseur, Mireille Darc, Marie-France Pisier, Jean-Claude Brialy, Jean Carmet, Michel Constantin, Bruno Cremer, Guy Marchand, Marie Dubois, Robert Hossein, Henri Guybet, Michel Aumont, Yves Robert, Anny Duperey, Charles Denner, Francis Blanche, Marie Laforêt, Jacques Dufilo, Daniel Ceccaldi, Jean Poiret, Charles Gérard, Daniel Gélin, Simone Signoret, Maurice Biraud, Jean Lefebvre, Michel Galabru, Jean-Pierre Marielle, Jean Yanne, Louis De Funès entres autres …

Heuuu manque pas Alain Delon dans cette liste ?
Heuuuu non … pourquoi ?
Bein quand même quoi … Alain Delon …
Bon alors on va dire « ouais bof …  » mais pas plus

Des films genre « Le clan des siciliens », « les Barbouzes », « La métamorphose des cloportes », « Du mou dans la gâchette », « le professionnel », « Flic ou voyou », et cela va sans dire le cultissime « Les tontons flingueurs », etc …

Autant dire, du bon, du moins bon et du franchement « nanar » mais j’assume. Bref, voilà ti pas que je retombe sur « L’hôtel de la plage » tourné en 1977 … j’adore !

Je le regarde et … bein mince alors … je ne m’étais pas rendu compte de cette proximité étrange entre le scénario de ce film et … le « Camping » de Franck Dubosq … j’avais pas percuté !

Hôtel de la plage (1977) Camping (2006)
Hotel-bouchons camping-bouchons
Des bouchons au début du
film
Des bouchons au début du film
 Hotel-bouchons2  camping-bouchons2
L’homme au volant, la femme sur le siège du mort et le môme derrière L’homme au volant, la femme sur le siège du mort et le môme derrière
 Hotel-lecourrier  camping-lecourrier
 Il y a du courrier pour moi ?  Il y a du courrier pour moi ?
 Hotel-garage camping-garageMendez
 Trouver un garage pour la réparation  Trouver un garage pour la réparation
 hotel-volleyball  camping-volleyball
 Jouer au volley ball sur la plage  Jouer au volley ball sur la plage
 hotel-marche2plage  camping-marche2plage
 On marche côte à côte sur la plage en se racontant ses histoires de coeur   On marche côte à côte sur la plage en se racontant ses histoires de coeur
 hotel-allongé2plage  camping-allongé2plage
 Allongées sur le ventre côte à côte sur la plage avec de la littérature   Allongés sur le ventre côte à côte sur la plage avec de la littérature
 Hotel-4apéros  camping-4apéros
 On prend l’apéro à 2 couples  On prend l’apéro à 2 couples
 hotel-boitedenuit camping-boitedenuit
 Ambiance : la boîte de nuit  Ambiance : la boîte de nuit
 hotel-pairefesses camping-pairefesses
 Une paire de fesses en plein repas  Une paire de fesses en plein repas
 hotel-cabineTelAccentBelge camping-cabineTelAccenthollandais
 Cabine téléphonique avec l’accent Belge  Cabine téléphonique avec l’accent Hollandais
 hotel-lachenille camping-lachenille
 On fait la chenille  On fait la chenille
 hotel-maréehaute camping-maréehaute
 isolée sur le sable à marée haute Isolés sur le sable à marée haute
 hotel-lebal camping-lebaldesflotsbleus2
 C’est le moment du bal  C’est le moment du bal
 hotel-leconcoursCatherineGuédel camping-leconcoursChristieBergougnoux
 Le concours de la blonde Catherine  Le concours de la blonde Christy
 hotel-orage camping-orage2
 Houla la c’est l’orage, tout le monde décampe !   Houla la c’est l’orage, tout le monde décampe !
 hotel-resultatjournal camping-resultatjournal
 Les résultats du concours de la blonde dans le journal  Les résultats du concours de la blonde dans le journal
 hotel-gateauAnniversaire  camping-gateauAnniversaire
 Le gâteau d’anniversaire organisé par la fille pour le père Le gâteau d’anniversaire organisé par la fille pour le père
 Hotel-BoissonDifférence camping-BoissonDifférence
 Bon, il y a quand même une différence : tout au long du film, à l’hôtel 4 étoiles de la plage on carbure au … Champagne  ! Bon, il y a quand même une différence : tout au long du film, au camping des flots bleus on carbure au … Ricard  !
http://www.youtube.com/watch?v=IOT0PY46gCM http://www.youtube.com/watch?v=JAKzzI1XAsM

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Mémoires d’un parisien sous l’occupation Cégétiste …

Heuuu là … je crois que je me suis lâché … et c’est pire sur l’enregistrement … avec un bonus à la fin comme sur les DVD 😉

C’est jeudi, comme chaque jour, je me suis levé tôt. Hé oui, je fait partie de la France qui se lève tôt. J’arrive à la gare SNCF de Villiers sur Marne. Hier, comme des millions de français, de parisiens, j’ai fait la queue devant le panneau d’affichage de la gare de Rosa Parks. Après plusieurs heures d’attente, j’ai pu accéder à mon tour à cette affiche de 21 cm de large pour 29,7 cm de haut sur laquelle on trouve les milliers d’heures de passage des RER dans chaque gare … imprimé en caractère Times New Roman taille …2 ! Le RER E de 6h34 au départ de la gare de Villiers sur Marne est bien inscrit.

Hé oui, il faut dire que depuis plusieurs semaines, nous sommes en guerre. C’est l’occupation. L’armée cégétiste a profité d’une faille dans la sécurité de notre pays pour entrer dans la capitale. Sans trop d’innovation et de stratégie militaire avant-gardiste, les cégétistes ont pénétré les parisiens comme Ulysse les troyens. Cachés dans des estafettes blanches bariolées de rouge et de faucilles, derrière de gros barbecues géants faisant rôtir des merguez frites, brandissant des drapeaux rouge, hurlant des slogans péremptoires dans des crachoirs électriques, ils se sont fait passer pour une manif hostile aux changements d’horaires à la SNCF. Une manif somme toute classique pour les cégétistes que le parisien connaît bien … oui, il faut dire que le cégétiste est un révolté dans l’âme, il manife quand ça change parce qu’il veut que ça ne change pas et il manife quand ça ne change pas parce qu’il veut que ça change … le parisien est habitué.

Mais là, c’était plus fort. Les cégétistes ont profité de la manif pour investir Paris comme Ulysse Troie. Et c’est place de la république qu’ils ont posé leurs estafettes polluantes, leurs barbecues merguez odorantes, leurs drapeaux criards, leurs porte-voix électrisants et leurs haut-parleurs nasillards. Ils se sont alors découverts et présentés sous leur vrai jour : les nuits debout ! un mouvement a-politique comme ils aiment à se présenter mais quand même vachement ultra à gauche et pas très tolérant pour celles et ceux qui ne partagent pas leur envie de tout casser façon « grand soir ».

Bref, voilà donc plusieurs semaines que nous vivons sous l’occupation cégétiste. De gréve en gréve, de manif en manif, de caillassage en caillassage, de bris de vitrine en bris de vitrine etc … nous vivons au grès des trains supprimés, des horaires au bon vouloir des cégétistes, des stations de métro fermées, des cordons de CRS et des tracts jetés sur la chaussée.

La pénurie commence à se faire sentir. Les files d’attente augmentent aux caisses des supermarchés … à coup sûr nous aurons bientôt des tickets de rationnement. Il n’y a déjà plus de Choco Pops dans mon Simply Market. C’est dire si l’apocalypse est proche.

Mais revenons à notre jeudi matin. Il est tôt disais-je. J’arrive à la gare de Villiers sur Marne pour prendre mon RER E de 6h34. En arrivant, je regarde le prompteur : mon train n’apparaît pas dans la liste ! Hé oui, la ligue cégétiste mouvance révolutionnaire a frappé dans la nuit. Malgré le « 6h34 » affiché en taille de caractère 2 sur l’affiche officielle de la SNCF, les militants du jusqu’au boutisme intégral ont vraisemblablement capturé le mécano, fou à leurs yeux, qui avait accepté de conduire le train de 6h34. Le RER E de 6h34 ne sifflera pas 3 fois, je devrai prendre le suivant … quand ? … personne ne le sait. Les affichages en gare sont devenus très erratiques depuis l’invasion.

J’attends sur le quai un hypothétique train qui aurait réussi à braver la surveillance des cégétistes hystériques. Après environ 4 heures d’attente, un train se profile à l’horizon. Quelle est sa destination ? Personne ne le sait. Le panneau d’affichage en gare indique « Bernichoux le haut ». Oui le « panneau d’affichage en gare » c’est le nom officiel donné par la SNCF à la télé qui affiche un fond bleu et des messages écrit en blanc pour donner la destination des trains. Et en bas de l’écran, un bandeau orange quand ça va bien et rouge quand ça va pas. Autant dire qu’il est souvent rouge depuis l’occupation. Et il est écrit dans ce bandeau rouge : « En raison d’un mouvement social, vos trains peuvent être retardés ou supprimés. Veuillez consulter les affiches en gare pour connaître les trains qui circulent ». Vous savez … l’affiche en gare, c’est celle qui indiquait mon 6h34 … cappitchi ?

Le train s’arrête à quai. Peut importe sa destination, de toute façon, à coup sûr, il ira ailleurs. Les portes s’ouvrent et … une marée humaine se déverse sur le quai. Hé oui, un seul train depuis plusieurs heures, ça fait un grand nombre de voyageurs à transporter. Ces pauvres usagers des transports en commun étaient contenus dans le wagon grâce aux portes mais en ouvrant les portes … les pauvres sont poussés vers l’extérieur. C’est un peu comme un Coca que vous agitez avant d’ouvrir …. Pchiiiiiiiiiiittttt la pression à l’intérieur est telle que le Coca est expulsé quand on ouvre.

Bon, il va falloir re-bourrer tout le monde dans le train et en plus faire entrer ceux qui attendent à Villiers sur Marne dont je fait partie. Heureusement un consultant Cap Gémini, qui a fait sciences Po et l’ENA était de la partie. Hé oui, il se rendait à son travail sans sa voiture depuis que le blocage des raffineries à totalement vidé les stations services. Il prend les choses en main en grand humaniste du service public : « Mesdames, messieurs,  nous sommes environ 3847 à devoir entrer dans cette voiture prévu pour 250 personnes maximum … il nous faut donc concevoir une autre façon de voir les choses. Heureusement, j’ai été formé à l’école de la république pour optimiser la ressource et la dépense des services de l’état. J’ai fait une matrice SWOT, estimé la charge, concentré le pitch et graphé sur ce white bord le draft de notre organisation. La solution est évidente : debout nous n’occupons pas tout l’espace. Nous allons nous allonger, faire des couches jusqu’au plafond de la voiture. Mesdames et messieurs les plus forts se mettront tout en bas et plus les couches monteront, plus les hommes et les femmes les plus légers entreront … ha oui, aussi, d’une couche à l’autre, les femmes à forte poitrines se mettront têtes bêches pour occuper un minimum d’espace … un peu comme au tétris si vous voyez ce que je veux dire … et voilà, ainsi l’espace sera optimisé et nous pourrons tous entrer dans la voiture !« 

Bon, vu ma taille, j’allais me retrouver tout en haut de l’empilement humain. Mis à part le fait que j’allais respirer les toiles d’araignées du plafond, je ne m’en sortais pas trop mal. Mais j’ai quand même fait cette remarque à notre consultant Cap Gemini : « dites, sans vouloir paraître un brin tatillon … vous ne pensez pas que celui qui se trouve tout en dessous risque de … suffoquer …« . Il me regarde d’un air interloqué et me rétorque « Mais pas du tout, regardez le Gant et le QQOQCP, ils sont sans appels … hé … je l’ai ai appris à l’ENA et approuvé dans mon stage chez Nestlé … alors vous voyez !« . Moi « hum … oui, pour optimiser l’empilement des boîtes de conserve … mais vous devez avoir raison puisque vous avez fait l’ENA et moi pas … allons-y« 

Et voilà comment 3847 usagers du RER E sont entrés dans une seule voiture. Faut reconnaître qu’il était pas bête notre consultant Cap Gémini car rangé de la sorte, quand les portes se sont ouvertes à Val de Fontenay, personne n’a été expulsé vers l’extérieur. Bon, on a bien entendu quelques gémissements du type « Haaaaaa je suis écrasé …. je veux sortir ….. pffffff ». Par contre aucun voyageur de Val de Fontenay n’a pu entrer dans la voiture et à voir leur yeux ahuris, je ne suis pas certains qu’ils aient eu envie de partager notre vision de l’optimisation du service public ferroviaire.

Bref, notre train qui aurait du aller jusqu’à Haussmann Saint Lazare s’est finalement arrêté à Magenta. Bein oui, avec le retard qu’il avait pris à Villiers et tout au long de son parcours, il n’allait quand même pas aller jusqu’à sa destination. Nos révolutionnaires cégétistes ont envahi le centre de contrôle de la SNCF et ont obligé notre train à stopper sa route à Magenta. Les portes s’ouvrent, le rang du haut s’échappe de la voiture comme il peut. Je saute sur le quai et marche vers les escalators. Je me retourne et regarde par dessus mon épaule. Quelques personnes sortent de la voiture mais toutes les autres ne bougent plus … pendant ce temps, les hauts parleurs de la gare annoncent un arrêt total du trafic sur le RER E à cause d’un « malaise voyageurs ». Le programme d’optimisation du remplissage des voitures par le consultant Cap Gémini pourrait-il avoir un lien avec cet effet collatéral ? Hum … ça m’étonnerait beaucoup, il a fait l’ENA tout de même et puis … son ROI nous le prouvera …

Je devais prendre le métro ligne 5 mais depuis l’invasion, la ligne est stoppée. Elle passe par République, trop dangereux pour les usagers du métro depuis que les cégétistes ont envahi la place. Bref, je remonte en surface et rejoins, à pied, mon bureau. Il n’y a plus d’autres moyens de transport depuis que les cégétistes ont pris en otage les tram, les bus et les métro de la RATP. J’en ai pour plusieurs heures de marche mais je n’ai pas d’autres solutions, nous sommes sous l’occupation, ne l’oublions pas.

A peine sorti de la gare du Nord, je tombe sur un groupe de manifestants. Ils sont 258 000 selon leur propre décompte et 12 selon les 3 policiers présents sur place pour les contenir. Le plus grand hurle dans son porte voix « salaud de gouvernement, salaud de patron !« . Je m’approche du porte drapeau et lui demande « c’est quoi vos revendications du jour ?« . Oui, depuis l’invasion, il nous faut nous renseigner sur les motifs du jour car de ces motifs dépend l’itinéraire à prendre.

Il me répond « vous voulez le vrai ou celui pour les journalistes ?« .

Moi : « Le vrai évidemment, le coup de la loi travail, c’est bon plus personne n’y croit, c’est un secret totalement éventé« .

Il me répond « hier des céhéfdétistes ont réussi à reprendre le 19ieme arrondissement alors on va charger par Belleville avec la coalition héfeau et même un peu de sudistes gauchistes en vilipendant la loi travail bien sûr« .

Hum, ça ne m’arrange pas. Je vais devoir passer par la place d’Italie, ça va me rallonger. Le plus grand continue de cracher dans son porte voix nasillard « La loi travail ne passera pas, on aura sa peau, salaud de gouvernement« 

J’ose un : « dites … le gouvernement a fait un pas en avant hier, non ? vous ne pensez pas que« .

Il m’interrompt « quoi ? vous être pro gouvernement ? » avec son regard lubrique et son teint rougeâtre pigmenté au tanin de Léon Millot.

Moi : « Ho non … s…sssalau.. de gouvvv….ernement » dis-je … « c’était juste que … enfin, je me disais … puisque le Gouv … enfin … ils ont retiré l’article« 

Il m’interrompt : « C’est bon, de toute façon nous on s’en fou, on la même pas lu la loi travail. On n’est pas d’accord, et pis c’est tout ! OK ? t’as compris … nous on veut juste se foutre sur la gueule avec ces salauds de traîtres de céhéfdétistes … allez dégage avant que je te dénonce aux camarades« .

Je file car une dénonciation « aux camarades » ça veut dire qu’il te choppent à plusieurs, qu’ils te fond monter de force dans l’estafette et tu te retrouves ligoté avec un casque sur les oreilles qui te débite l’anthologie des discours d’Arlette Laguiller. J’ai un collègue qui s’est fait chopé la semaine dernière. Il fanfaronnait en disant que personne ne pourrait lui enlever ses idées très à la droite de la droite (mais pas jusqu’à LePen quand même c’est trop sale), très libérales, bien protégé qu’il était par son adhésion au fan club de Bruno Lemaire. Hé bein le mec, aujourd’hui il arrive au bureau en jogging, sandales ajourées mephisto, bob Ricard, un drapeau rouge marteau/faucille dans une main et porte voix dans l’autre : « on me spolie les crocs de bouchers des patrons » qu’il hurle en boucle dans son porte voix, le regard perdu comme s’il cherchait des araignées au plafond …. Fiouuuuu ça fou la trouille. La radicalisation des djihadistes à côté c’est le monde des bisounours.

Bon, c’est pas tout ça mais je dois rejoindre mon bureau. Je remonte la rue Daumesnil, je croise un groupe de manifestants cégétistes fortement encadré par 4 policiers de la BAC « salaud de gouvernement, on aura ta peau » scande le porte voix accompagné par un immense haut parleur qui diffuse « l’internationale » en techtronic remixé par David Guetta … hé oui, personne ne sait à ce jour si le DJ s’est fait choppé par les cégétistes dans l’estafette ou bien s’il inaugure le mouvement de collaborationnistes avec l’envahisseur … l’histoire nous le dira.

Toujours est-il que son dernier titre « Beyoncé loves butcher hooks » fait un carton sur Radio CC. Radio CC c’est la seule radio qu’il nous reste depuis l’occupation. Radio CoCo c’est la radio émancipatrice du peuple qui nous libère de la dictature du capital en nous diffusant une information vraie à travers la sage parole d’un grand philosophe : chaque jour, un des 3 grands philosophes officiels est choisi et un de ses discours est retransmis 14 fois puis Jean-Luc Melanchon le commente en expliquant que l’on peut aujourd’hui aller encore plus loin. Hier c’était le discours d’André Lajoinie et avant hier celui de Robert Hue alors aujourd’hui c’est celui de George Marchais. Bon … j’ai toujours pas compris pourquoi Elkabbach pose ses questions et George Marchais répond à autre chose. Mais c’est sûrement parce que j’ai pas fait l’ENA ….

Bref, arrivé à l’angle de la rue PicPus, je suis interpellé par un parisien qui me demande : « hé camarade ! tu viens ce soir, à Répu’ pour le débat citoyen ? »

Moi : « bein … non, pourquoi ?« 

Lui : « parce que c’est un thème hyper méga important pour notre avenir de peuple libre. On va voter pour ou contre la proposition méga intelligente d’un type totalement a-politique mais vachement encarté à la fédération anarchiste tu vois. Comme tout le monde se bat sur l’âge de la retraite alors lui, il propose que chaque citoyen décide lui-même de la date à laquelle il souhaite partir en retraite. Et aussi que chacun puisse décider du montant de la pension qu’il souhaite toucher !« 

Moi : « heuuu bein … je vais vous laisser débattre … hein ! Je ne suis pas certain de pouvoir faire avancer la proposition plus loin … hum hum. » et j’ajoute « heuuuuu dis ? Ton pote … totalement a-politique mais vachement à gauche quand même … il aurait pas fait l’ENA ? …  » il m’a regardé bizarrement … forcément il avait pas connaissance de mon aventure avec le consultant Cap Gémini.

Après 5h de marche, je suis enfin arrivé au bureau. Enfin pas tout à fait. Je suis arrivé devant le bureau. Hé oui parce que les cégétistes étaient devant notre bâtiment. Si j’ai bien compris le meneur qui s’époumonait dans le crachoir électrique, nous sommes des « salauds de fonctionnaires aux ordres du salaud de gouvernement« . Alors pour montrer leur détermination à renverser le monde, ils ont tout tagué le trottoir et la façade du bâtiment, avec des messages super méga hostiles genre « Salaud de gouvernement » ou encore … heuuuu … aussi « salaud de gouvernement« .

Et comme ils sont cégétistes de chez Peugeot, c’est écrit avec de la peinture de voiture. Comme ça, ça coûtera bonbon à faire nettoyer … et le bonbon sera payé avec l’argent de l’état … donc mon argent de contribuable … ouaip … « salaud de gouvernement » !

Bon, vu les 80 000 cégétistes présents (ou 14 selon la police) et les 200 CRS, je comprends que je ne parviendrai jamais à rentrer dans le bâtiment. Pis de toute façon, je suis parti à 6h15 ce matin et il est déjà 18h00 … je vais faire demi-tour. Avec un peu de chance, en faisant du stop je rentrerai plus vite chez moi qu’en transport en commun qui ne circule plus. Ha non ! j’ai oublié! comme ils ont aussi bloqué les raffineries … il n’y a plus de voiture qui roule …

Bon … je vais marcher, parait que c’est bon pour la santé. En moi, je refaisais les comptes : 258 000 à gare du nord, 595 000 à Daumesnil et 80 000 à la porte des Lilas, ça fait 933 000 manifestants et … heuuu …. 12 au nord, 9 à Daumesnil et 14 au lilas, donc 35 selon la police 😉

35 têtes de bois qui font chi……… 60 millions de français … comment une minorité peut elle être aussi bruyante et bloquer, dans une perspective passéiste de 1936, la majorité qui veut avancer …

Ha oui … j’oubliais, c’est pas parce qu’on bosse dans le service public qu’on est fonctionnaire. Moi j’ai un contrat de travail de droit privé … comme le cégétiste de chez Peugeot !

 

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉