La planète 6 3/4

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#ALaManiereDuPetitPrince

Rappels des épisodes précédents :

Après avoir ramoné son volcan, le Petit Prince profite d’une migration d’oiseaux sauvages pour entreprendre son voyage. Avant d’atterrir sur la terre, il visite 7 planètes où il rencontre 7 personnages : le roi, le vaniteux, le buveur, le businessman, l’allumeur de réverbères, le géographe respectivement.

Ce que l’on ne sait pas, en revanche, c’est qu’avant de croiser l’aviateur dans le désert, il a fait escale sur la planète 6 3/4.

Cette planète est habitée par un utopiste. Il était installé derrière un grand établi et manipulait des objets hétéroclites.  Il était si concentré sur sa tâche qu’il ne vit pas le Petit Prince : « Et de six » dit-il !

« Et de six ? vous comptez six … quoi ? »

« Six poèmes ! c’est mon sixième qui est prêt ! »

Le Petit Prince : « Vous … construisez des … poèmes ? » demanda le Petit Prince qui avait toujours pensé que l’on … écrivait des poèmes. Comme celui qu’il avait un jour écrit à sa rose.

« Bien sûr ! … mais, dis-donc … que fais-tu ici toi ? »

Et c’est comme ça que le Petit Prince croisa la route de l’utopiste.

« Ils sont pour qui vos poèmes ? » demanda le Petit Prince.

« J’en prépare le plus possible et ensuite, j’irai avec mes amis les distribuer sur la grande avenue »

« C’est un beau métier que vous avez-là ! » lui répondit le Petit Prince. Mais l’utopiste le reprit d’emblée.

« Ce n’est pas un métier, tu sais, c’est une … mission« . Alors l’utopiste lui expliqua que c’était arrivé, un matin, alors qu’il buvait sa chicorée. Devant lui, elle était apparue, flottant dans l’air. Il n’en croyait pas ses yeux. Tout interloqué qu’il était, elle s’était mise à lui parler. Elle lui avait demandé d’éclairer le monde. Alors investit de cette mission, il se mit à fabriquer des poèmes et les distribuer chaque samedi, en compagnie de ses amis, sur la grande avenue.

« Vous l’éclairez comment, le monde ? » demanda le petit prince qui jamais n’oubliait une question une fois qu’il l’avait posée.

« C’est simple, on rétablit la vérité cachée« . Et c’est comme cela que l’utopiste avait déjà rétablit 124 vérités, comme « L’alunissage du module apollo a été filmé en studio, les américains ne sont jamais allés sur la lune » ou encore « Ne croyez pas les géographes, ils vous mentent, la terre est plate« .

Le Petit Prince ne comprenait plus, car avant d’arriver sur la planète de l’utopiste, il avait contourné la lune justement. Et il avait vu, avec ses yeux, les pas des astronautes dans la poussière lunaire, le Rover lunaire abandonné par la dernière mission et surtout le drapeau américain. Alors il demanda à l’utopiste « Vous avez donc accès à des informations spécifiques ?« .

« Mais bien sûr mon jeune ami. Elle revient, chaque matin, quand je bois ma chicorée, et elle me donne la nouvelle vérité du jour« . Et c’est ainsi qu’il expliqua au Petit Prince que tous les jours, il réceptionnait les informations d’une nouvelle vérité qu’il pouvait ensuite diffuser pour éclairer le monde.

Mais surtout, l’utopiste tenait absolument à expliquer sa philanthropie. Il ne faisait pas cela pour lui. Car lui, connait déjà toutes les vérités. Il n’a donc pas besoin de cet éclairage. Il fait cela pour « les autres », « pour ceux qui ne savent pas » et surtout il fait cela « pour ses enfants ». Pour que, plus tard, ses enfants soient fiers de lui quand il expliqueront que sur la terre, en février 1916, les allemands étaient tellement admiratifs des français qu’ils ont couru, par centaines de milles, jusqu’à Verdun. Arrivés sur place, ils étaient tellement nombreux qu’ils n’ont pas pu accéder à la ville. Alors les français se sont rendus à leur rencontre. Ils se sont retrouvés sur le plateau de Douaumont et se sont jetés dans les bras des uns et des autres pour se faire des bisous. Ils étaient tellement joyeux qu’ils sautaient sur place au point de déformer le sol. Voilà la vérité vraie sur l’origine du sol cabossé du plateau de Douaumont que ses enfants pourront expliquer fièrement.

Le Petit Prince écoutait attentivement tout en restant dubitatif. Mais il ne voulait plus discuter avec cet utopiste qui lui paraissait trop investi dans sa mission pour retrouver un minimum d’objectivité nécessaire à l’échange.

Alors le Petit Prince laissa l’utopiste à sa … construction de poèmes. Des poèmes qu’il distribuera samedi prochain avec ses amis. Fort heureusement le Petit Prince s’échappa de la planète de l’utopiste avant de comprendre ce que … « distribuer » veut dire dans l’esprit de celui qui rétablit SES vérités. Habillé d’un pardessus réfléchissant, l’utopiste et ses amis distribuent les poèmes dans les vitrines des commerces.

Très loin de la grande avenue et du tumulte des poèmes de l’utopiste, le Petit Prince s’approchait de la terre. Une terre que le Petit Prince ne pu que voir …. ronde, sphérique et vraiment très éloignée d’une galette plate.

 

P.S. : les américains sont bien allés sur la lune ! La preuve … ce sont de gros dégueulasses : lire

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La cacafouillite sur le quai

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En fait, dans cette aventure, tout commence par une histoire de portes fermées. On était à la Gare de Lyon avec ma collègue. Attention à ne pas confondre, je parle de la gare de Lyon au sens de la gare de la ville de Lyon. Oui, je ne sais pas pourquoi la SNCF est allé appeler une gare de Paris du nom d’une ville. Imaginez la source de confusion :

Le gars : « Tu vas où ? »

La fille : « A la gare de Lyon »

Le gars : « Ah bon, tu vas à Lyon ? »

La fille : « Non, je vais à Paris »

Le gars : « Alors pourquoi tu me dis que tu vas à la gare … à Lyon ? »

La fille : « J’ai pas dis ça. J’ai dit : je vais à la gare de Lyon … à Paris … »

Le gars : « HAAAAaaaaaaa … j’ai rien compris ! »

Franchement, je vous le demande. Et pourquoi la SNCF ne fait pas dans l’homogénéité ? Si on trouve une « gare de Lyon » à Paris, pourquoi trouve-t-on aussi une « gare de l’Est » ? Ne devrait-elle pas plutôt s’appeler « gare de Contrexeville » ? Ou alors la « gare de Lyon » s’appeler plutôt « gare du sud ». Comme ça on aurait « gare du nord », « gare de l’est », « gare du sud » et gare de … ha zut … Saint Lazare, ça va pas non plus. Ha oui, j’oublie aussi Montparnasse. Hé bein si ! Montparnasse c’est « gare du sud ouest » et Saint Lazare c’est « gare du nord ouest ». Et voilà, comme ça c’est plus simple ! Bon allez, la SNCF, pif, paf, pouf, on me change les panneaux bleus et on me renomme tout ça, allez … plus vite … je vais te mettre de l’ordre dans tout ça, moi.

Bon, maintenant que les gares ont des noms logiques, revenons à nos moutons … ou plutôt à nos trains puisque c’est une histoire de gare. Bref, je me trouvais à la gare de Lyon, à Lyon, avec ma collègue. Comme on était vraiment en avance, on se dirige vers le salon grand voyageur. A la gare de Lyon, à Lyon, il y a des travaux en ce moment et, il faut le reconnaître, c’est un peu le bazar. Bref, on traverse toute la gare, on tourne sur notre gauche et nous voilà … dehors ! Mais on suit les pancartes « Salon grand voyageur ». Il y a là des gens, assis sur des caisses en bois, qui mangent des trucs dans des barquettes en plastique. On apprendra ensuite que c’est « l’espace cube ». Un espace tendance, ambiance cosy-décontracté-récupération-écolo-recyclé-blin-bling-on-the-road-again mais … dehors quand même. Comme ça tu peux manger ton boulghour de quinoa à la courgette bio en mode bronzé en été et … en mode Picard en hiver … picard, le surgelé pas le picard d’Amiens. Bon bref, le salon grand voyageur est juste après.

On arrive. Je vois une double porte. Je tends la main pour l’ouvrir, mais je vois un écriteau « Entrée » avec une grosse flèche vers la droite. On comprend qu’il faut poursuivre le chemin. Ce que l’on fait. Et on arrive devant une autre double porte où, cette fois, on peut pénétrer. Tout en montrant ma carte grand voyageur au monsieur vigile, je pense en moi-même « mais pourquoi avoir créé une double porte fermée qui oblige à mettre un écriteau avec une flèche dessus ?« . Je n’ai évidemment pas la réponse mais je me remémore subitement toutes les fois où j’ai déjà rencontré cette situation : au supermarché, des portes qui sont super bien placées pour entrer direct … bah non, elles sont bloquées par une chaîne en plastique rouge et blanche … tu vas faire le tour mon gars ! Le nouveau cabinet dentaire : une porte d’entrée super bien placée direct sur la rue … bah non, fermée pour t’obliger à faire le tour et rentrer dans le centre commercial pour enfin pouvoir entrer dans le cabinet ! Le flunch, pareil ! des portes d’entrée à foison pour rentrer direct mais non, elles sont toutes fermées pour t’obliger à rentrer par l’intérieur du centre commercial !

Bref, avez-vous remarqué ? Souvent, dans des lieux publics, il y a des portes mais … elles sont fermées ! il faut … faire le tour

« Faites le tour, faites le tour, faites le tour évidemment ! Faites le tour, faites le tour, faites le tour … c’est plus charmant ! »

Et le comble du summum de la porte fermée c’est quand même … l’assemblée Nationale ! Avez-vous remarqué ? La façade du palais Bourbon, ce sont des escaliers engageants, qui donnent envie d’être montés. Impossible, il y a des grilles fermées devant.

En haut de ces escaliers, des colonnades et 5 portes gigantesques … fermées ! On doit faire le tour et entrer par une porte dérobée sur le côté.

Mais pourquoi donc les architectes ont-il ce besoin de créer des portes … fermées ? Bref, si vous aussi, vous avez des exemples de portes fermées, venez en parler ici.

Bon, donc nous voilà dans le salon grand voyageur et nous voilà dans le salon grand voyageur. Je m’assieds, ou plutôt, je m’écafouille dans un grand fauteuil en cuir rouge.

C’est pas moi sur la photo mais c’était le même fauteuil. Je sors les pages saumon du Figaro et m’intéresse aux indicateurs macroéconomique du nasdaq composite iléveune touelve member faurety neine. Oui, quand tu es dans un salon grand voyageur SNCF, tu dois prendre une posture de buisness man, qui lit les pages saumon du figaro en croisant les jambes pour mettre en valeur tes Weston Mocassin à Pampilles, cuir veau box noir les grands classiques. En vrai, moi je cache le 20minutes dans les pages saumon et je lis mon horoscope et ensuite le programme TV du soir que je ne regarderai pas puisque je n’ai pas de TV chez moi.

Je faisais donc semblant d’être un buisness man, attendant son TGV pour la capitale, quand ma collègue m’a sorti de ma torpeur : « tu peux jeter un oeil à ma valise ? Je vais chercher un truc bio vegan, sans sucres ajoutés, sans antibiotique à la naissance, sans nitrite, sans pesticides, sans huile de palme et sans uranium enrichi« . Elle est revenu 3 heures et demi plus tard avec un air assez satisfait. Je l’ai regardé sortir une boîte en carton d’un sachet en papier, puis deux couverts en bambou et une serviette en toile de jute recyclée. Elle a ouvert sa boîte, commencé à planter sa fourchette et à s’empiffrer de … tiens … c’est étrange …

Moi : « dis ? c’est quoi ? »

Ma collègue : « un steak d’atmosphère à la purée d’oxygène et au coulis de dépressions météorologiques »

Moi : « Ha oui … c’est du vent … quoi … »

Ma collègue : « Pfff, du vent … banlieusard va ! C’est très bon. C’est que des produits sains. Et franchement … à 121 euros 99 c’est dingue comme c’est moins cher qu’à Paris ! »

Bref, elle avait pas fini sa boîte vide que l’écran affiche le quai de notre train. Quai N°1, parfait, il ne pouvait pas y avoir de quai plus éloigné. On va devoir retraverser toute la gare dans l’autre sens … bonheur en perspective. On a donc rejoint le troupeau de voyageurs qui s’agglutinait au contrôle au pied de l’escalator. En moi-même, je me disais qu’il y avait quand même une différence notoire entre le contrôle du billet d’avion par Air France et le contrôle du billet de train par la SNCF. D’un côté, un aéroport feutré, température ambiante chaude, vue totalement dégagée sur ton avion à travers d’immenses baies vitrées, moquette au sol, billet en main on le présente devant le lecteur … BIP … on passe. De l’autre, une gare ouverte aux 4 vents, un froid glacial renforcé par un violent courant d’air, une vue sur les poubelles du kebab de la gare, un sol de parking à bagnoles, billet en main on le présente à un contrôleur bedonnant avec sa casquette de travers … c’est bon ! … on passe. Tiens … mais pourquoi la SNCF a-t-elle installé des portiques électroniques comme dans les aéroports mais … qu’ils sont toujours grands ouverts et que le contrôle du billet est réalisé par le contrôleur bedonnant ?

Bon, bref, passons mes réflexions métaphysiques sur l’organisation de la SNCF. On arrive donc sur le quai, et on arrive sur le quai. On regarde la composition des trains : voiture 8 … repère … « R ». Ha bein, justement on y est, nikel !

Sur le quai, le haut parleur gresouille … le Jingle qui va bien et … « votre attention s’il vous plaît ! Suite à un mauvais assemblage des rames à Lyon Perrache, les voitures numérotées 18 à 11 sont en tête et correspondent aux voitures numérotées 4 à 11. Je répète, les voitures qui sont actuellement en tête de train à partir du repère R correspondent aux voitures 4 à 11. Les voitures numérotées 18 à 11 se trouvent actuellement en queue de convoi. »

Et là … on s’est tous regardés … on fait quoi ? On monte dans la 18 en se disant que c’est la 4 ou bien on court à l’autre bout monter dans la voiture numérotée 4 ???

Et pourquoi que le speaker il dit toujours « … je répète … » et il dit une autre phrase ? Je vous laisse relire 🙂

Alors moi j’ai dit : « Allo ! non mais … Allo quoi! T’as une voiture devant toi ? T’as des sièges dans la voiture ? Bon, bein tu montes et tu t’assoies ! »

Et en montant dans la voiture, je me suis dit en moi-même « si tu prends la voiture 18, que tu divises par 4, puis que tu retournes le résultat en multipliant par l’âge du chauffeur du train … il reste à poser 11 et retenir 4 et POUF ! c’est la bonne voiture ! »

Si non, je ne sais pas si vous avez remarqué … mais … sur un escalator, si vous posez votre main sur la main courante alors elle avancera plus vite que vous ….

Voyage au pays de la démesure

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Aujourd’hui, je pars en mission à Toulouse. Habituellement, je choisis toujours Orly mais comme je suis du genre à faire confiance, j’ai laissé l’équipe organiser le déplacement et … BIM départ Roissy Charles de Gaulle. Bon, ok, soit, on partira de Roissy.

L’avion décolle à 18h05. J’ai donc commandé un taxi pour 4h30 ce matin. Il faut au moins ça, si je veux avoir une petite chance d’être à l’heure pour l’embarquement. Ce serait vraiment balo d’arriver après la fermeture des portes de l’avion.

Le taxi arrive, je monte et je m’assure immédiatement qu’il accepte bien la carte bleue. Oui, à Paris, en 2019 les taxis qui acceptent la carte bleue se comptent sur les doigts d’une main d’unijambiste amputé des 2 bras. Ca me fait penser qu’hier j’ai lu un article du monde qui explique que le travail dissimulé est le 3e employeur de France … moi, je dis ça, je ne dis rien …

Par chance celui-ci l’accepte. Il tourne sa tête vers moi, me regarde et me demande ?

Taxi driver : « la destination monsieur ? »

Moi : « Roissy »

Et voilà qu’il me pose une question étrange

Taxi driver : « le forfait ou vous préférez le compteur normal ? »

Heu oui, alors là, j’explique pour les provinciaux qui ne connaissent pas trop Paris. En fait, il y avait tellement d’abus de la part des taxis parisiens que le gouvernement à instauré un forfait pour les trajets Paris-aéroport et idem dans l’autre sens. Et c’est la première fois que le taxi driver me propose de choisir … donc je réponds nonchalamment « on va prendre le forfait, hein mon pote, comme ça … pas de surprise à l’arrivée et puis … vous me passerez une chiffonnette sur le pare-prise parce que là, il est tout sale ! »

Nous voilà parti, et nous voilà parti. Sauf que … il monte sur le périph intérieur direction porte de Bagnolet. Alors là, je me dis en moi-même : « il prend la direction du sud et Roissy est au nord. N’y aurait-il pas comme un schisme dans sa compréhension de ma commande ?« . Bref, je ne dis rien mais je réfléchi, en tout bon F que je suis, comment lui repréciser ma destination sans le froisser. Je pense avoir trouvé la formule qui va bien.

Moi : « heu … il est vraiment très tôt, je ne suis pas bien réveillé, je ne sais plus ce que je vous ai dit, je vous ai bien dis Roissy ? »

Taxi driver : « oui, oui, tout à fait monsieur ! »

Bon, il a compris ma commande. Et c’est comme ça qu’on a roulé, roulé, roulé sur le périph intérieur et … qu’on a fait tout le tour de Paris. Ensuite il a pris l’A1 vers le nord, enfin. Et c’est à ce moment là qu’il m’a expliqué.

Taxi driver : « quand je tourne les roues de l’autre côté, elles frottent la carrosserie et font un bruit du diable. Alors pour pas vous réveiller … j’ai fait le tour de Paris dans l’autre sens … »

Moi : « ha oui … c’est gentil … merci pour votre diligence. » hé hé … diligence …

Bon, Roissy, c’est quand même pas tout près, tout près. Donc, quand le soleil s’est levé, vers 6h32, j’ai vu un panneau « Roissy – 15 kms ». 2h pour parcourir les 6 premiers kilomètres, ça me donnait une estimation de l’heure d’arrivée … vers 11h30 environ. Enfin … si le trafic ne s’intensifiait pas plus, car il faut reconnaître que 3 kilomètres par heure jusque là, on tenait une super moyenne… pour un déplacement en région parisienne.

Du coup, j’ai eu le temps de regarder passer les voitures en sens inverse. Et je me suis mis à compter : une, deux, trois, quatre … je ne compte pas les voitures, rassurez-vous. Je compte seulement les voitures qui n’ont qu’une seule personne à bord. Bref, sur un échantillon de 100 voitures, j’en dénombre 92 ! 92% des voitures qui roulent sur l’A1 en direction de Paris transportent une seule personne. Et … ils vont tous dans la même direction et au même endroit. Ils ne pourraient pas se mettre d’accord et utiliser les 5 places de la voiture ? En divisant par 5 le nombre de bagnoles sur cette autoroute, si ça se trouve, le trafic serait … fluide ! Et moi, je ne serais pas obligé de me lever à 4h du mat’ pour aller à Roissy. Moi, je dis ça …

Bon, ma prévision était bonne à un chouïa de minutes de marge près. On est donc arrivé à 12h17. Enfin … on est arrivé à Roissy. Mais moi, je devais me rendre au terminal 2F. F c’est la 6ieme lettre de l’alphabet. Donc ça veut dire encore plein de kilomètres à parcourir avant d’arriver à bon port … oups pardon … à bon aéroport. Alors j’ai compté, compté, compté … les terminaux qui défilaient … pas vite eux non plus. Et le 2F est apparu. Le taxi s’est garé.

Taxi driver : « je vous laisse ici ? Ca ira ? »

Moi : « oui, oui, parfait »

Bien mal m’en a pris ! Quand je suis entré dans le hall, l’immense panneau d’affichage indiquait « Toulouse flight number twenty eleven tomorrowland aera 1677 ». 1677 ok, et si non là, je suis devant quelle zone ? Heuuu … voyons … heuu … ha ça y est … zone … 5 ! Ha oui, quand même ! J’ai donc pris la direction de la zone 1677 mon sac d’ordi sur le dos et en me demandant pourquoi tout est écrit en anglais dans un aéroport français en pleine période de Brexit …

J’étais à hauteur de la zone 800 et des brouettes quand j’ai reçu le sms d’Air France « on vous attend en zone 1677« . Oui, bon, ok, je suis sur la route … encore quelques heures et je suis là. Je crois que c’est à ce moment précis que ma chaussure droite a rendu l’âme. J’ai perdu la semelle. Trop usée à parcourir ces mille mille vers la zone 1677. Je n’ai pas eu le temps de me dire que la probabilité était forte pour que la gauche fasse de même … paf ! pareil ! Ca m’a déséquilibré. J’ai vacillé. Entraîné par l’inertie de mon sac d’ordi … Pif Paf Pouf … me voilà par terre. Tant pis, je continuerai coûte que coûte. J’ai donc terminé en rampant.

Visiblement les agents d’escale sont habitués à voir des voyageurs éreintés par ces kilomètres à parcourir car ils étaient 2 à m’attendre avec des bouteilles d’eau, des boissons énergisantes, des serviettes pour la sueur et des perfusions pour les cas les plus extrêmes. Ils m’ont relevé, m’ont épousseté et après avoir vérifié ma carte d’embarquement, m’ont indiqué l’entrée des contrôles de sécurité.

Ce qui est amusant ici, c’est que l’index, au bout du bras, désigne l’entrée des contrôles façon ligne droite ou, comme on dit en géographie, « à vol d’oiseau ». Seulement voilà, le chemin pour y aller, lui, n’est absolument pas « à vol d’oiseau ». Car il y a des ingénieurs super qualifiés, et tout et tout, qui ont bossé le sujet et ont planté des … « guides file ». Alors, le « guide file », c’est quoi ? Pouvez-vous nous expliquer Michel Chevallet ?

Michel Chevallet : alors, le guide file, c’est quoi ? C’est très simple. Le guide file, c’est la théorie du « pourquoi faire simple quand je peux faire compliqué ? » C’est à dire que pour aller d’un point A à un point B, plutôt que d’y aller tout droit, je vais installer un cheminement qui oblige les gens à faire des … zig-zag. Et je peux faire autant de Zig que je veux, sous réserve qu’il y ait autant de Zag. voilà c’est pas plus compliqué le « guide file ».

Alors, concrètement « à vol d’oiseau » la distance c’est environ 20 mètres. Avec le guide file,  c’est 20 mètres le Zig et autant le Zag. Donc 6 Zig, plus 6 Zag, plus la distance entre l’entrée et les contrôles ça fait … 250 mètres !

Bref, après 6 heures 38 de marche à pas de pingouin dans les Zig et les Zag, j’arrive enfin au contrôle. Depuis mon entrée dans le Zig-Zag, j’ai un sentiment de … troupeau. Comme les bovins que l’on mène à l’abattoir, j’ai suivi le chemin duquel je ne pouvais plus sortir… meuhhhh … Je suis arrivé à la sortie et un contrôleur a de nouveau bipé ma carte d’embarquement comme le contrôleur bipe l’étiquette de l’oreille du bovidé. Il m’a indiqué la ligne de contrôle N°3, j’y suis allé sans réfléchir. J’ai pris une corbeille en plastique triste. J’y ai déposé mon manteau. J’ai pris une 2eme corbeille triste. J’y ai déposé mon sac d’ordi et mon téléphone. J’ai pris une 3e corbeille triste. J’y ai déposé mon ordinateur portable que j’ai sorti de mon sac. J’ai regardé les 3 corbeilles partir, bringuebalantes sur les rouleaux.

Puis une contrôleuse s’est adressée à moi :

La contrôleuse : « vous n’avez pas suivi les consignes monsieur ! Je vais vous demander d’enlever votre petite écharpe et votre petite veste ! »

Moi : « ha oui, ok »

La contrôleuse : « Votre ceinture … hum …. elle va faire bip bip bip …. on l’enlève, non, vous ne croyez pas ? »

Moi : « ha oui, ok »

La contrôleuse : « Je vais vous demander d’enlever votre petite chemise également »

Moi : « ha oui … heuuu vraiment ? »

La contrôleuse : « Tout à fait … hum hum … Je vais vous demander d’enlever votre petit pantalon ! »

Moi : « ha oui … heuuuuu vous êtes sûr ? »

La contrôleuse : « Tout à fait … hum hum … Je vais vous demander d’enlever votre petit boxer ! »

Moi : « ha oui … heuuu … quand même. C’est à dire … il ne me restera vraiment plus rien …  »

La contrôleuse : « Mais si, mais, si … ne vous inquiétez pas. Il vous restera … vos chaussettes 🙂 »

Moi : « ha ….. »

C’est donc à oilpé que je me suis mis dans la file des passagers, nus comme des vers, pour le portique. Quand je suis passé sous les fourches caudines, le portique s’est rebellé. Il est devenu rouge écarlate et a hurlé ses bip de désaccord.

Moi : « heuuu je vous assure, j’ai rien caché dans mes chaussettes ! »

Le contrôleur : « Je vais vous demander de vous diriger par ici monsieur. Levez les bras. Donnez-moi vos mains … paumes en haut … tournez, paumes en bas »

Il a frotté mes mains avec un … petit … bâton … oui, moi aussi j’ai le droit de dire « petit » puisque tous les contrôleurs disent « petit » ici … Il a ensuite introduit le petit bâton dans une grosse machine et on a attendu, attendu, attendu. Environ 4 heures plus tard, la machine s’est mise à clignoter en vert. J’ai compris que c’était bon. J’ai compris que j’allais pouvoir récupérer mes vêtements et enfin, me rhabiller.

Après avoir couru un peu partout pour récupérer les corbeilles en plastique triste et réuni toutes mes affaires à un seul endroit, je me suis revêtu. L’épreuve du contrôle était enfin terminée. J’ai donc repris ma route. Le large panneau lumineux affichait mon avion à la porte D45682 et comme j’étais à la sortie des contrôles, donc en face de la porte A1 … j’ai compris que j’avais encore une belle ballade devant moi.

Et cette ballade commence par une promenade entre les boutiques Dutty Free. Alors, comment dire, Duty free, techniquement ça veut dire « libre de taxe » » ou … « sans taxes ». Donc, par exemple, une boîte de Toblerone de 250 grammes que tu paies 50 000 euros dans un supermarché, bein tu la paies … 50 000 euros. Tu vois la différence ? Bon, bref passons. Alors les boutiques duty free … c’est plutôt des rayonnages à portée de main. Des sortes d’EOSC … des Espaces Ouverts de Sur Consommation. Ils ont même dessiné un cheminement au sol, comme chez IKEA. On est obligé de suivre le chemin et obligé de passer devant tous les rayonnages pour bien nous donner envie de surconsommer.

Décidément, depuis mon entrée dans le Zig-Zag, j’ai vraiment le sentiment d’avoir perdu tout mon libre arbitre. Le sentiment d’être tiré par la main et de devoir suivre les ordres sans pouvoir réagir.

L’aéroport : « maintenant je vais vous demander d’acheter ce petit Toblerone de 3 kg. Et regardez bien, si vous en achetez 10, le 11eme est à moins 5% … quelle affaire en or ! »

L’aéroport : « maintenant je vais vous demander d’acheter cette petite tour Eiffel. C’est un souvenir de Paris, ce serait balo de passer à côté »

L’aéroport : « maintenant je vais vous demander d’acheter ce petit tee-shirt du PSG. C’est l’équipe officielle de Paris. Vous ne pouvez pas quitter Paris sans un souvenir du PSG, ce serait balo de passer à côté »

Bref, après 6 heures de route à travers les rayons du bonheur, je sors enfin de l’enfer et poursuis mon chemin vers la porte D45682. Je vais devoir accélérer car il est maintenant déjà 15h45 et l’embarquement est prévu, je vous le rappelle, à 17h30.
Donc ensuite, je suis arrivé à la zone « sensible ». J’ai enfilé des patins en ouate-coton-élastomère doublés pilou-pilou et j’ai marché, sur la pointe des pieds, pour traverser d’une traite, cette fameuse zone hyper-sensible de l’aéroport. Oui, il s’agit du nouveau terminal 2E qui s’est écroulé il y a quelques années et qui a été reconstruit mais … par principe de précaution, on le traverse à pas feutrés.

J’ai pu ensuite reprendre une marche normale vers ma destination : la porte D45682.  Sur mon long, long chemin, j’en profitais pour regarder les avions alignés en rang d’oignon, face au terminal. Leur cordon ombilicale, façon tuyau d’aspirateur, toujours impeccablement appuyé sur la carlingue. En fait, ce n’est pas tant le tuyau d’aspirateur coudé que je regardais mais plutôt le petit sigle en bas à gauche … airbus, airbus, airbus, boeing ! Aïe, c’est quel modèle ? heu … 707 « seven o seven » ouf ! C’est pas un Boeing 737 max. Celui qui se pilote tout seul comme les voitures autonomes mais surtout, qui se crashe tout seul comme … bah, comme les voitures autonomes aussi. Je ne voyais aucun modèle de ce type. J’espérais donc que celui dans lequel je devais monter, ne serais pas un 737 max.

Quelques heures, mais surtout quelques kilomètres plus tard, j’arrivais enfin à la porte D45682. J’ai donc stoppé mon appli Runtastic et consulté mon bilan personnel personnalisé à moi tout seul : j’ai donc fait 3 million 458 milles 721 pas, j’ai brûlé 78 mille 387 kilocalories et surtout, j’ai réalisé l’équivalent de 12 heures d’entraînement en salle de fitness. Et c’est bien ce dernier point qui pose problème. En effet, récemment, « l’association nationale des salles de sporting fitness club one again« , bien connue du grand public sous l’acronyme ANSSFCOA, a déposé un recours devant le conseil de la concurrence et de la répression des actions commerciales illicites dans un milieu naturel, pour concurrence déloyale des aéroports dans les activités de sport en salle. Et on les comprend car d’après les derniers chiffres communiqués par la ministre des sports, près de 95% des français ont déclaré avoir annulé leur abonnement à leur salle de gym après avoir découvert que prendre l’avion à Roissy Charles De Gaulle était bien plus efficace que de courir 1 heure sur place sur un tapis roulant dans une salle de gym.

Voix off : « Et alors ? finalement ? Tu es arrivé à l’heure pour embarquer ? »

Moi : « ha oui … oui, oui … en fait j’avais même de la marge parce que … en arrivant, l’hôtesse demandait aux voyageurs SkyPriority de passer en premiers »

Alors, pour celles et ceux qui ne connaissent pas, SkyPriority est une offre de services conçues par les mêmes ingénieurs qui ont imaginé le guide-file en zig-zag (voir plus haut). C’est en fait assez simple et basique. Au moment de l’achat de ton billet d’avion, le site web te propose 2 tarifs : l’A/R Paris <-> Toulouse à 587 959€ ça c’est le tarif en classe éco, ou bien le même trajet, dans le même avion, à 1 175 918€ en tarif SkyPriority. Et si tu prends le 2e tarif, tu es un voyageur SkyPriority. Ca veut dire qu’au moment de l’embarquement, tu vas passer avant tout le monde, en premier … quoi ! Comme ça, comme les sièges SkyPriority sont les sièges situés à l’avant de l’appareil … bah … tu va bloquer tout ceux qui sont en classe éco et qui doivent rejoindre l’arrière de l’appareil. Les sièges SkyPriority, à l’avant de l’appareil, c’est un peu comme le bouchon de cérumen : les voyageurs qui prennent le temps d’enlever leur veste, de déposer leur valise cabine dans les coffres à bagages, de déposer leur Figaro sur leur siège tout en restant dans l’allée centrale, bloquent les voyageurs qui doivent rejoindre le fond de l’appareil et donc … s’empilent dans le tuyau d’aspirateur comme le cérumen dans le conduit de l’oreille.

Et après 5 heures d’attente dans le tuyau de l’aspirateur, te voilà, enfin, assis sur ton siège … en classe éco 😉

Voix off : « Et après ? »

Moi : « Et après ? Bah … tu regardes les avions, en file indienne sur le tarmac, en te disant que c’est chouette parce qu’au retour … tu devras revivre la même aventure mais … dans l’aut’ sens. Et puis surtout, tu te demandes à qui tu vas offrir les 11 kilos de Toblerone, la tour Eiffel et le tee-shirt du PSG parce que …  bah … tu les as déjà achetés à tes précédents voyages …  »

L’énarque et la SNCF

#ArticleSerieux

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

 

Souvenez-vous, il y a quelques semaines j’écrivais un article sur la posture de non-service de la SNCF (voir ici). Hé bien, voyez-vous, ce matin sur France Info … BIM ! Une belle interview d’un agent SNCF qui vient confirmer mon constat : il explique que son objectif c’est d’atteindre 100% de régularité des trains ! Il n’a pas d’objectif d’emmener les clients à bon port 😉

Ecoutez bien le discours de Jean-Christophe Durrieux de la gare de Lyon

Le journaliste en studio : « les 51 agents du centre opérationnel de la gare de Lyon, qui travaillent 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, ont pour principales missions, et ce n’est pas une boutade, que les trains partent bien à l’heure »

Le technicien SNCF : « c’est pas très joli mais ça se lit un peu comme ça : avec ici la ponctualité terminus d’arrivée en gare de Lyon. Donc on voit qu’à zéro minute on a eu 65 % des trains à 0 minute à l’heure, 3 minutes 86 % , à 10 minutes 91%. »

Le journaliste en gare de Lyon : « Toutes les causes de retard sont analysées. L’accent est mis sur la bonne préparation des trains en gare avant le départ »

Le technicien SNCF : « Il y a tout un travail qui doit être fait sur l’avitaillement du train, sur les nettoyages, sur la préparation de la rame et donc tout ça on le suit sur les chaque jalons on va dire de cette préparation du train »

Le journaliste en gare de Lyon : « L’espoir et sans doute d’atteindre les 90 à 95 % de régularité globale enregistrée le weekend dernier à la gare de Lyon »

Je pose juste une question : « A quel moment, entend-on une préoccupation pour les voyageurs ? » … alors ? … réponse : à aucun moment ! La préoccupation est centrée sur les trains qui partent à l’heure … pas sur les clients qui utilisent les trains !

Maintenant, je vous explique le raisonnement qui est derrière tout cela. La SNCF c’est le service public. Donc c’est piloté par l’état et notamment le ministère des transports. Et le ministère des transports, du moins dans les hautes sphères, c’est rempli de ? … je vous le demande ? … c’est rempli d’énarques !

Alors, revenons aux fondamentaux : c’est quoi la formation à l’ENA ? L’ENA c’est 2 années de formation – pardon, il faudrait presque dire « 2 années de formatage » – au pilotage des dispositifs publics par la procédure, l’indicateur et le tableau de bord.

Donc les  énarques adorent trois choses :

  • les procédures dont on peut quantifier le nombre de mises en oeuvre
  • les objectifs … chiffrés ! les chiffres des procédures ci-dessus
  • les tableaux de bord de reporting pour mettre les fameux chiffres

Revenons maintenant à la SNCF. Pour rendre compte de son activité au ministère, les énarques dudit ministère lui donnent des objectifs à atteindre. Et ces objectifs sont forcément chiffrés. Vous avez un exemple d’objectif chiffrés dans le reportage de France Info ci-dessus : « 95% de trains à l’heure« . Donc notre technicien de la SNCF fait tout pour atteindre ce chiffre. Et si jamais ça merdouille et que son chiffre se dégrade … la machine kafkaïenne de l’administration publique se met en route !

Par exemple, imaginons que le chiffre tombe à 60%. Le SI (système d’information) va cracher son chiffre en fin de mois. Le chiffre va remonter la ligne hiérarchique jusqu’au ministère. La-haut, on est pas content. Alors on tape du poing sur la table, ou plutôt on passe une soufflante au PDG de la SNCF. Le PDG de la SNCF revient dans sa direction générale et, à son tour, tape du poing sur la table, ou plutôt passe une soufflante au DG Adjoint. Le DG Adjoint revient auprès de ses directeurs et, à son tour, tape du poing sur la table, ou plutôt passe une soufflante au directeur de la régulation. Le directeur de la régulation revient auprès de ses chefs de service et, à son tour, tape du point sur la table, ou plutôt passe une soufflante aux chefs de services … etc … etc … etc … jusqu’au pauvre régulateur de la gare de Lyon …

Notre régulateur de la gare de Lyon, lui … il n’a plus personne en dessous de lui. Il ne peut donc plus se défausser d’une soufflante sur un subalterne puisqu’il est au bout de la chaîne. Alors que fait-il ? Et bien il agit sur les seules marges de manœuvres qu’il a ! Par exemple, si c’est lui qui saisit manuellement l’heure d’arrivée du train bein … il va saisir l’heure en grignotant quelques minutes juste pour être dans les bonnes valeurs attendues par le tableau de bord (ni vu, ni connu, j’tembrouille). Ou bien, il va faire partir un train qui n’aura pas été nettoyé parce que … bah … plus le temps ! Les voyageurs découvriront les restes de paquets de chips sur les sièges, les journaux étalés dans toute la voiture, les couches de bébés dans les WC, les poubelles individuelles pleines à craquer de restes de chez la boulangerie PAUL de voyageurs précédents bien crados. Ca va dégrader la satisfaction voyageurs mais c’est pas grave car ce mois ci la soufflante elle était sur la régularité, pas sur la satisfaction des voyageurs 😉

Mais alors, qu’y a-t-il dans la tête de l’énarque pour arriver à cette situation ? Réponse : il y a un raisonnement d’énarque ! Le train transporte les voyageurs. Donc si le train est à l’heure, les voyageurs aussi … et tout le monde est content … CQFD se dit l’énarque.

Pas tout à fait mon cher énarque. Car vois-tu, dans le cas de mon RER de la SNCF, le régulateur, a qui tu as donné la même consigne, joue lui aussi sur ses marges de manoeuvre quand il se prend une soufflante et que son chiffre n’est pas bon

Je m’explique ! Vois-tu mon cher énarque, mon RER E fait des allers-retours toute la journée entre Villiers sur Marne Plessis Trevise et Haussmann Saint-Lazare. Et il arrive parfois – pardon … souvent … que dis-je … tout le temps ! – qu’il y ait des perturbations sur la ligne. Ces perturbations … perturbent la régularité. Donc mon régulateur voit, sur ses écrans, comme dans le reportage de France Info, la courbe descendre à la verticale et se rapprocher de la ligne rouge fatidique où il va se prendre une bonne soufflante. Donc, quand il regarde le train partir de Val de Fontenay pour son terminus à Villiers sur Marne et qu’il constate que celui-ci a déjà 8 à 9 minutes de retard sur son horaire théorique … il prend sa marge de manoeuvre pour éviter une soufflante : il déclare le train terminus à … Nogent le Perreux !

Analysons maintenant le « ni vu ni connu j’tembrouille » de mon régulateur. Le train est enregistré terminus Villiers sur Marne. Donc s’il n’arrive jamais à Villiers sur Marne, personne ne pourra jamais déclarer le nombre de minutes de retard au terminus … et PAF la courbe du régulateur remonte. Mieux … comme le train repart direct vers le terminus de l’autre bout, c’est à dire Haussmann Saint-Lazare, et qu’il a amputé la partie de son trajet qui allait retarder son retour … Bim, il arrive à l’heure à l’autre terminus … « ni vu ni connu j’tembrouille« , la courbe statistique de mon régulateur se redresse. Et mon cher énarque peut s’enorgueillir d’avoir des bons chiffres de régularité et des belles courbes bien verte.

 

 

Maintenant analysons la même scène mais du point de vue du voyageur que je suis. Le RER E terminus Villiers sur Marne est omnibus (il s’arrête à toutes les gares). Mais il y a également le RER E terminus Tournan qui est semi-direct. C’est à dire qu’il va plus vite mais en contre partie, ne s’arrête pas à toutes les gares. Par exemple il va direct de Rosa Parks à Val de Fontenay, puis direct de Val de Fontenay à Villiers sur Marne. Donc quand mon régulateur prend sa marge de manoeuvre, pour ne pas se prendre une soufflante et décide que le terminus ne sera plus à Villiers sur Marne mais Nogent le Perreux, il oblige tous les passagers qui souhaitent se rendre à Champigny et Villiers à débarquer sur le quai de l’oubli à Nogent le Perreux. Et là, comble de l’horreur et de l’agacement … les voyageurs voient passer, « vent du cul dans la plaine » comme on dit en aviation, le semi-direct Val de Fontenay – Villiers qui leur passe sous le nez !  Si ce gredin de bougre d’andouille de pied nickelé de saperlipopette illusoire  de régulateur avait annoncé sa forfaiture à Val de Fontenay, on aurait pu, au moins monter dans le semi-direct … capisci ?

Et accessoirement, mon abonnement navigo est une forme de contractualisation entre la SNCF et moi. Donc quand je monte dans un train à Rosa Parks pour la destination Villiers sur Marne, c’est pour arriver à destination : Villiers sur Marne. Pas pour être largué à Nogent le Perreux juste parce que le RER E dans lequel je suis monté est en train de faire chuter l’indice de régularité de l’énarque du ministère ! C’est un peu comme si vous alliez chez Arnys vous faire tailler un costume sur mesure. Et quand vous venez le récupérer, vous avez la veste et … un pantalon de jogging à 2 euros made in Taïwan. Et là, Arnys vous rétorque « oui mais en fait, j’ai pas eu le temps de m’occuper du pantalon alors j’ai mis celui-là à la place … allez … au revoir … tu repasseras demain, ta culotte sera prête ! »

Et accessoirement, c’est comme cela que les énarques créent la France du grand chelem : tous les indicateurs sont au vert, la croissance, la création d’emploi, le moral des ménages, la consommation, la diminution de la dépense public, la baisse des taxes et des impôts etc … et … BAM … gilets jaunes !

Pour le dire autrement, comme personne n’a envie de se prendre une soufflante, tous les acteurs, qui saisissent des informations dans les ordinateurs, mettent en oeuvre des trésors d’ingéniosité pour faire en sorte que les ordinateurs ressortent les bonnes valeurs pour les indicateurs. En psychologie du travail on appelle cela : la différence entre le travail prescrit et le travail réel. Mais au final ce pilotage par les indicateurs fabrique un décalage entre la réalité représentée par les indicateurs et le réel. Pour le dire autrement : l’énarque se rassure avec des chiffres qui ne reflètent en rien la réalité et les agents du service public travaillent pour les indicateurs et non pour les clients … du service public.

Rencontre du troisième type sur la route infernale

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

 

Attention : Certaines phrases de cet article sont de nature à heurter la sensibilité des lecteurs.

La brume est lourde ce matin. Elle semble tomber sans discontinuer dans une langueur monotone installant une ambiance grisâtre et morose dans le paysage. Je distingue difficilement la terrasse de ma voisine où je regardais autrefois les enfants jouer à chat perché. Je referme la fenêtre de la cuisine, transi par le froid, les doigts humides et engourdis. Malgré l’heure avancée de la journée, j’allume le néon de la cuisine pour contrer la très faible luminosité.

Ce matin, je pars pour une contrée perdue, loin de la civilisation. Cela fait plusieurs semaines que je prépare mon voyage. Mais chaque jours qui passe, je dois remettre au lendemain mon départ car les nouvelles sont mauvaises. Ils envahissent le pays et attaquent partout. Touchés par celui, et celle, dont on ne doit pas prononcer le nom, ils se transforment en pantins désarticulés, remplis de haine et de violence envers celles et ceux qu’ils aimaient juste avant. Et pour atteindre ma destination, je vais devoir emprunter des routes qu’ils ont peut-être déjà colonisé.

Je bois mon café sans me rendre compte que j’écoute un affligeant discours, construit sur une litanie de fake news, diffusé sur la seule radio qui émet encore. Depuis que les zombies ont touchés les journalistes, les médias diffusent leur message en boucle. Je me brûle « AÏE » … cette sensation brûlante sur ma langue me ramène à la réalité. Je n’ai pas encore été touché par la vague de zombification. Et la brûlure ne me ramène pas seulement à la réalité, elle me ramène aussi à la raison : ce n’est pas un café, c’est de la chirloute. J’ai mis des graines de topinambour dans mon concasseur car les graines de café ont disparus des étales des marchands depuis bien longtemps maintenant. Depuis que les zombies tiennent le pays, la vie est devenue très difficile. Se procurer des graines de café est devenue chose impossible. Alors c’est le système D. Mais pour mon café, mon système D est … imbuvable.

J’abandonne ma boisson brunâtre à l’odeur étrange et enfile ma doudoune polaire, la route sera longue et semée d’embûches. Dieu seul sait si j’atteindrai ma destination.

J’enfile la clé dans le neiman. Je tourne. Le moteur démarre. Une grande respiration et j’appuie délicatement sur l’accélérateur. je me dirige vers la porte de sortie de la résidence. Le bip donne l’ordre à la porte de s’ouvrir. La sombre clarté du jour mal levé engluée dans une brume épaisse envahi progressivement l’encadrure de la porte. Je m’engage à l’extérieur. Dehors, tout semble immobile, fixe, comme rigidifié par le poids d’un temps arrêté. Les rues sont vides. Pas une voiture, pas un piéton, même pas un chat dans cette sombruosité énigmatique.

Stop, stop, attends, t’es pas un peu lourdingue là ? Hein … jusqu’à inventer des mots qui n’existe pas. Franchement la … « sombruosité » et énigmatique en plus … tu peux pas dire simplement … « un jour qui manque lumière » ? Hein ? … pis tu veux pas ajouter le requiem de Mozart en musique de fond pour bien plomber l’ambiance ? hein ?

Ha oui, bien vu ton idée. Mais le requiem de Mozart c’est trop joyeux. Je vais mettre l’adagio d’Albinoni !

Je reprends … heuuu … blablabla la rue déserte, personne tout ça …aucun bruit, seul le moteur TDI 2 litres diesel de mon Audi perce le silence silencieux ou qu’y a pas un bruit. Oui là, j’avoue, je suis sponsorisé par le fabriquant de véhicule automobile, qui tente de se racheter une conduite, depuis que l’on a découvert que ses ingénieurs ont trafiqué les capteurs électroniques, pour faire croire que les voitures sont supers écologiques, alors qu’elles polluent comme des tracteurs agricoles.

Je m’engage sur l’autoroute. C’est une stratégie que j’ai imaginée au cours de mes cogitations des jours passés. En effet, les autoroutes sont fermées par une barrière de péage et entièrement canalisées par un grillage que les zombies ne peuvent franchir. Enfin, c’est vrai pour le grillage qui longe toute la route. Mais moins vrai pour les barrières qui sont toutes saccagées, brûlées, détruites par la rage des zombies. C’est d’ailleurs une de leurs premières exactions puisque les premiers cas de zombification ont été repérés au péage de Bandol, sur l’A50. C’était il y a 2 ans maintenant.

Ma voiture s’engage sur la rampe d’accès à l’autoroute. Toujours ce vide, personne, pas un véhicule sur cette A4 qui était toujours congestionnée dans la vie d’avant, celle de la liberté, de l’amour et de la bienveillance. Haa arrête ! Tu sais bien que c’est fini tout cela. Maintenant que celui, et celle, dont on ne doit pas prononcer le nom ont réussi à enclencher leur processus de zombification, c’est une vie faite de noir, de profondeur, de haine, de violence qui s’installe insidieusement chaque jour un peu plus.

J’avance avec la plus grande prudence, tous feux éteints pour ne pas attirer l’attention. Un grand panneau se profile sur ma droite. Difficile de distinguer son indication dans cette ambiance entre chien et loup. « Péage 2000 mètres ». J’approche du péage des éprunes, célèbre pour les faits d’arme zombies depuis quelques semaines. Il se dit que 5 automobilistes qui refusaient de se rendre aux agitateurs ont été capturés, dépouillés puis pendus par les pieds aux mâts des drapeaux APRR. Après 6 jours de diète totale, les 5 automobilistes ont accepté de suivre les zombies en échange d’un mauvais sandwich périmé de relais d’autoroute. Les zombies ont alors diffusé les images sur toutes les chaînes de télévision du pays pour montrer « le ralliement spontané du peuple ». Et celui dont on ne doit pas prononcer le nom a sorti son mégaphone et éructé ses flots de haine pour galvaniser les zombies. Pendant que sa compagne, dont on ne doit pas prononcer le nom également, envoyait sont compte rendu au chef suprême de l’organisation : Dark Vladim.

Je roule doucement pour ne pas éveiller l’attention. Ma voiture, grise comme la nuit, se glisse discrètement sur l’asphalte. Je les vois. Ils sont là, au milieu de la barrière de péage. Autour d’un feu de vieux pneus, ils regardent dans le vide des flammes. On les reconnait à leurs yeux rouges de haine qui percent le gris du jour mal levé. Ils ne m’ont pas encore repéré. Ils tiennent à la main, une bouteille d’un breuvage dont j’ignore la composition. Mais on peut légitimement penser que cette boisson contribue à maintenir active leur haine et leur violence.

Je perçois un regard qui se lève. Repéré ! A trop les observer, mon attention captée par le danger de ces zombies, je n’ai pas identifié de ligne de passage libre. Trop tard pour réfléchir, le danger est là, à moins de 200 mètres. J’appuie à fond sur l’accélérateur. La boîte S-Tronic (c’est le sponsor qui m’a demandé) réglée sur position « Sport » enclenche les vitesses à la volée. Ils courent vers moi. Je fonce vers la ligne la plus à gauche. Le compteur affiche maintenant 128 km/h. Oui, même en situation d’hyper-stress je veille à ne pas enfreindre le code de la route. Je suis comme ça moi.

Par chance la ligne semble vide, hormis la barrière elle-même bien entendu. Ils courent vers moi mais de manière erratique. Ils zigzaguent en brandissant leur bouteille au dessus de leur tête et me tuent de leur regard rouge flamboyant en bavant. Je m’engage dans le couloir de la ligne 1, la barrière vole en éclat, mon badge autoroute bipe alors que je suis déjà 500 mètres après la barrière. Je regarde dans mon retroviseur. Ils s’éloignent de ma vue. Un zombie retombe sur le sol. Visiblement j’ai du en heurter un qui a été propulsé en l’air. « Pas le choix ! » me dis-je, c’était lui ou moi. Difficile de se reconnaître dans ce type de comportement mais depuis qu’ils ont envahi les esprits, l’individualisme et la haine de l’autre sont devenus les repères de cette nouvelle vie.

Je bloque le régulateur de vitesse sur 130 km/h. Oui, c’est une sorte de comportement réflexe qui me ramène à ma vie d’avant. Celle où je respecte le code de la route pour respecter les autres et ne mettre la vie de personne en danger. L’asphalte défile en langueur monotone dans ce gris bitumineux. Les lignes blanches se suivent comme les wagons d’un train de fret de la SNCF. Seul depuis le départ et visiblement personne devant non plus, je pourrais accélérer puisqu’il n’y a plus aucun radars fonctionnels. Mais mes valeurs de respect de l’autre me commandent d’agir avec bienveillance même sans épée de Damoclès sur ma tête.

Je roule depuis un bon moment maintenant. Soudain, l’ordinateur de bord affiche un avertissement « Pause recommandée ! ». Dans la vie d’avant, j’aurais respecté cette suggestion de bon sens. Mais aujourd’hui, se rendre sur une aire de repos est devenu beaucoup trop dangereux. Les zombies les ont toutes cannibalisées et l’automobiliste qui s’y aventure est un automobiliste perdu. On raconte même que les zombies vous attrapent. Ils vous mordent au cou et vos yeux deviennent rouge triste. Ensuite, ils vous obligent à boire leur breuvage jusqu’à ce que vos yeux passent de rouge triste à rouge flamboyant de haine. Et le processus est terminé. vous êtes perdu à tout jamais … zombifié.

Les kilomètres défilent. Déjà 18 heures que je roule sans pause. Oui ça c’est pour le sponsor qui voulait montrer le caractère sobre de sa voiture. J’entre dans les grandes plaines de la Steppe orientale boisée d’Europe. Ce sont des espaces habituellement verts, mais aujourd’hui d’un blanc immaculé au plus fort de l’hiver. Des plaines vierges de toute trace de l’homme. La nature à l’état pure mais surtout … à l’état brut, sauvage comme si aucun homme n’était venu souiller cet endroit depuis le passage de Neandertal. Oui, ça c’est pour le côté profondément écolo révolté contre sa propre nature qui détruit le monde dans lequel il vit. Un peu façon autoflagellation du zadiste qui veut obliger tout le monde à revenir à une forme de vie qui n’a jamais existé mais dont il s’est auto-persuadé du bien fondé :

« – J’suis pas sûr que ça soit la bonne méthode, ni la bonne façon pour parler au chien, tu vois
– Il m’a pris mon poulet !
– Non, il t’a pas pris ton poulet. Il s’est servi en poulet ! Excuse-moi, je pense pas que ce soit à toi ou à nous de les éduquer. Mais plutôt à eux. Voilà ! Si y’a quelqu’un qui sont chez eux ici, c’est pas nous … c’est bien z’eux … ou nous … alors ? …
– quoi ?
– Ils sont arrivés sur terre avant nous jusqu’à preuve du contraire. Ils étaient là dés le début ou pas ? Dés le début hein ? -> approbation général au grand désarroi de Victor le parisien échoué dans cette communauté improbable » (on a les références qu’on peut, je vous laisse chercher)

Un panneau se profile sur tribord : « péage à 2500 mètres – Sortie 9 : Bulgnéville, Epinal par RN, Vittel, Contrexéville – km 176 ». Je lève le pied, la voiture décélère. J’observe les longues plaines d’un regard scrutateur et quand même un peu fébrile à l’idée de repérer un mouvement suspect ou même … un regard rouge flamboyant … TA TA DADA DAMmm (marche funèbre pour bien installer l’ambiance adéquate)

La barrière de péage semble déserte et abandonnée dans la sombruosité du jour mal levé ici aussi. Je me méfie toujours de l’eau qui dort. Regard à bâbord, regard à tribord, je ne repère aucun mouvement. La voie semble libre. Je sors mon bip autoroute et me présente devant la seule et unique voie de sortie. BIP … la barrière se lève, j’avance en me disant qu’avec les 28 747 kilomètres qui me séparent du précédent BIP, ça va me coûter un bras en péage. Rien, personne, le vide, les grands espaces devant moi me regardent comme le chamelier tunisien regarde le touriste suédois tout juste descendu de son avion … vous … voyez la métaphore … hein ?

J’avance doucement et me dirige vers le rond-point de la sortie. Regard à gauche, personne, je m’engage et tourne, contourne l’immense décoration champêtre et bucolique du rond-point. Soudain, derrière le chariot en bois rempli de géranium odorant, une équipe d’agents de sécurité de l’autoroute reconnaissables à leur gilet réfléchissant. Je pile ! Instinctivement, je sors de la voiture et fonce vers eux, toujours spontané dans mon désir de sauver des vies humaines.

Moi : « Bonjour ! Que se passe-t-il ? Un accident ? Je peux vous aider. S’il faut mettre en place une cellule psychologique, je suis … psychologue. »

Le grand gaillard devant moi se retourne lentement. Ses yeux me cherchent. Ils sont … rouges flamboyant ! Mon dieu, je me suis jeté dans la gueule du loup !

Le grand gaillard et ses acolytes semblent décontenancés par mon comportement. C’est visiblement la première fois qu’un automobiliste vient spontanément vers eux. A tel point qu’ils en lâchent leurs bouteilles.

Le grand gaillard : « Ha merde ! Ma kro ! Putain c’est du gâchis … une Kro … merde ! Dis tu sors d’où toi mon gars ? T’es du groupe d’au d’là du mont des désosseurs de parigots ? Vous n’avez pas les yeux rouge là-bas ? »

Moi : « Heuuu …. Voilà, c’est ça, je viens de très loin pour vous apporter la … parole des … des … adorateurs de celui, et celle dont on ne doit pas prononcer le nom ! »

Le grand gaillard : « Alors tu es le bienvenu mon gars ! Gérard … va donc me chercher une aut’ Kro ! Et apportes en une pour not’ nouvel ami … doit avoir bien soif après ce long voyage ! »

Moi : « Heuuu M’sieur Gérard, si vous pouviez m’apporter un Coca zéro plutôt …  »

Le grand gaillard : « Mais qu’est-ce que c’est que ce cul nul ! De toute façon ici, il n’y a que de la Kro ou … la gnôle de l’alambic de Gironcourt mais on ne l’ouvre pas avant d’avoir vidé les pack de Kro que tu vois là-bas. Donc pas avant … mouais … 21h30 ce soir. » dit-il dans un rôt tonitruant

Le grand gaillard pointe du doigt la remorque, attelée à un Peugeot Jumpy, et qui doit contenir environ 4 palettes de 250 packs de 36 canettes (je vous laisse faire le compte de canettes)

Le grand gaillard : « Dis Gérard, faudrait voir à pas oublier d’aller chercher la remorque d’aujourd’hui ! Faudrait pas qu’on manque quand même ! »

Gérard : « Ouaip gueule pas Bebert. Y’a le p’tit feugnert qu’est d’jà parti la récupérer … ta r’morque ! »

C’est comme ça, complètement par hasard, que je me suis fait accepter par la peuplade autochtone du rond point de l’autoroute. Visiblement, ils n’avaient pas complètement succombés à la folie zombificatrice de celui, et celle, dont on ne doit pas prononcer le nom. Mais je ne suis pas sauvé pour autant car désormais mon seul objectif va être de me sortir de ce guêpier.

Le grand gaillard : « Bon, faudrait voir à pas se disperser, hein ! Reprenons not’ débat sur la question du pourquoi qu’y font rien qu’à nous augmenter les taxes et les impôts ! »

Gérard : « Ouais c’est vrai ça ! Pourquoi, hein … pourquoi ? Bein j’vais vou’l dire moi ! J’ai lu ça sur internet. Y  disaient que c’était pour payer les chaussures des députés. Parce que les députés ça met pas des pompes comme nous. Ca met des chaussures en poutre de cuir mossieur et du cuir de crocodile. Et que le crocodile d’Afrique ça coûte une blinde. Alors toi tu te crèves au boulot pour payer les godasses des députés … la voilà la vérité … que j’te dis ! »

Le p’tit trapu en salopette verte : « Ouaip c’est exactement ça ! Salaud de député qui profitent du système ! On va leur casser la gueule !  »

Le mec à sa gauche : « T’as raison Paulo ! On va leur faire bouffer leurs godasses ! »

Le grand gaillard : « Wouhoooo silence les gars ! On a dit qu’on débattait. Donc qui est pour qu’on leur fasse bouffer leurs godasses ou est-ce qui en a qu’ont d’autres idées ? »

Moi : « heuuu, si je peux me permettre … »

Le grand gaillard : « Ouais ! Vas-y l’nouveau … on t’écoute ! »

Moi : « heuuu voilà … débattre, ça veut dire que l’on apporte des arguments … des arguments pour et des arguments contre … vous voyez ? »

Le grand gaillard : « Bein ouais, c’est qu’est-ce qu’on fait ! Gérard a dit qu’il a vu sur internet que les députés augmentent les impôts pour payer leurs godasses. Alors Paulo il a dit qu’il fallait leur casser la gueule ! Et maintenant on vote ! »

Moi : « heuuu c’est à dire … êtes-vous certains que l’information de base est vérifiée ? »

Le grand gaillard : « Qu’est-ce tu racontes ? Qu’est-ce tu dis ? »

Moi : « Bein … l’augmentation des impôts pour payer les chaussures ? Avez-vous vérifier cette information ? Et l’augmentation des impôts … vous êtes certains que les impôts ont augmenté ? »

Le grand gaillard : « Ouhouuuuuu tu s’rais pas en train d’nous embrouiller toi ? C’est comme ça que vous causez là-bas ? »

Moi : « Bein … oui, parce que dans les faits … les impôts … ils baissent … pour la première fois depuis plus de 10 ans. Suppression de la taxe d’habitation, suppression des cotisations chômage sur les salaires … automatiquement, on paie moins de taxes et moins d’impôts »

Le grand gaillard : « Ouhouuuuuu tu commences à me chauffer toi avec tes phrases qu’on comprend pas. Les impôts augmentent et pis c’est tout ! Hein les gars que les impôts font rien qu’à augmenter ? »

Le grand costaud en bottes et jean bleu : « Ha bein ouais ! Et pas rien qu’un peu mon gars. Tiens, pas plus tard qu’hier … bon … je discutais avec mon voisin. Bein vla-t-y pas qui me raconte que le fils du boucher, le fils à l’Albert … tu vois de qui j’cause ? Bon, bein, lui … bein … Hé bein il a payé … pu du … douuuu du tripe de l’année d’avant ! Hé bein il a plus rien mon gars, ruiné qu’il a dit …alors tu vois ! »

Le grand gaillard : « Le fils à l’Albert, tu veux dire le Bernard ? çui qui vient de racheter la ferme du père Marcelin ? »

Le grand costaud en bottes et jean bleu : « Mais ouais c’est bien çui-ci ! »

Les autres : « Ouais ouais … salaud de gouvernement … Ouais ouais … y nous pompe tout notre argent et il le donne aux plus riches ! C’est marqué sur internet alors tu vois … hein ! c’est bien la preuve ! »

Ensuite … bah … je me suis tu car j’ai compris que je risquais ma vie. J’ai fait semblant de boire la Kro avec eux. Quand ils sont passé à la gnôle de l’alambic de Gironcourt, ils avaient le regard tellement brumeux qu’ils n’ont même pas remarqué que j’avais pris la poudre d’escampette. Je suis remonté dans ma voiture. J’ai reculé en tournant à l’envers et j’ai quitté le rond-point sur la sortie opposée à leur campement.

J’ai roulé, roulé, encore plusieurs heures d’affilée (oui, c’est toujours le sponsor, la voiture vraiment très sobre tout ça).

Machinalement, j’ai allumé la radio comme avant, en oubliant qu’il ne restait qu’une seule fréquence, celle qui diffusait en boucle le message de celui dont on ne doit pas dire le nom :

« Ici Caracas ! Les français parlent aux français ! Camarades en lutte, écoutez-moi car … la république c’est moi ! L’ignoble capitaliste qui a pris mon palais appuyé par les forces capitalo-économico-libéralo-tout-ce-que-vous-voulez, a décidé de multiplier par 12 votre impôt sur le revenu dés le mois prochain ! 

Camarades rebelles membres du parti « les fourbes incontrôlés » apolitique répandez immédiatement l’ignoble information sur les réseaux sociaux !

Sus à l’occupant ! Aux armes camarades ! Vous êtes le peuple légitime puisque c’est moi qui vous le dis ! Répandez-vous dans la capitale et brûlez, cassez, pillez tout ce qui se trouve sur votre passage ! Et n’oubliez jamais que » tchak ! Là, j’ai coupé la radio car je n’en pouvais plus de cet appel à la haine.

Je n’étais plus sur l’autoroute mais les petites routes départementales étaient aussi désertes. Sinuant dans la longue plaine enneigée, je roulais sans trop vraiment savoir vers quelle destination. Puisque les zombies m’avaient empêchés d’atteindre ma destination, je n’avais plus d’autre stratégie pour rejoindre mon but.

C’est à ce moment qu’un bruit s’est échappé de ma portière. Un bruit étrange, presque familier mais oublié. On dirait … oui, on dirait … le son de mon téléphone qui me signalait autrefois l’arrivée d’un sms. Mais ça, c’était avant la destruction du réseau téléphonique par les zombies. Machinalement, je plonge la main dans le vide-poche de la portière. Je sens mon vieux téléphone Nokia 3210 coque noir écran lcd 2 pouces (oui, je suis aussi sponsorisé par une marque qui essaie de revenir sur le marché). Il est allumé, c’est étrange car je l’ai oublié dans ce vide-poche depuis tant d’années (« NOKIA, c’est plus fort que le nucléaire » -> c’est le slogan que je dois placer dans mon texte). J’ai reçu un sms ! J’appuie fébrilement sur la touche avec une petite enveloppe. Un chiffre : 97.4 … énigme …

97.4 ? Que dois-je comprendre ? le chiffre tourne dans mon esprit. Je pose toutes les hypothèses : dois-je parcourir 97.4 kms ? mais depuis où ? et vers où ? 97.4 minutes ? mais quand ? 97.4 grains de riz sur l’échiquier ? 97.4 grammes de choco-pops ? Et après ? 97.4 litres de Coca-zéro pour faire de l’aérophagie ? non, non décidément je ne vois pas …

Alors, toujours machinalement j’allume la radio et règle sur 97.4 méga hertz. Une voix agréable et douce répète, en boucle :

1. « Que votre parole soit impeccable »
Parlez avec intégrité, ne dites que ce que vous pensez vraiment. N’utilisez pas la parole contre vous-même, ni pour médire d’autrui. Utilisez la puissance de la parole dans le sens de la vérité et de l’amour. La parole est un outil qui peut détruire. Prenez conscience de sa puissance et maîtrisez-la. Pas de mensonge ni de calomnie.

2. « N’en faites pas une affaire personnelle »
Vous n’êtes pas la cause des actes d’autrui. Ce que les autres disent et font n’est qu’une projection de leur propre réalité, de leurs rêves, de leurs peurs, de leurs colères, de leurs fantasmes. Lorsque vous êtes immunisé contre cela, vous n’êtes plus victime de souffrances inutiles.

3. « Ne faites pas de suppositions »
Ne commencez pas à élaborer des hypothèses de probabilités négatives, pour finir par y croire, comme s’il s’agissait de certitudes. Ayez le courage de poser des questions et d’exprimer vos vrais désirs. Communiquez clairement avec les autres pour éviter tristesse, malentendus et drames.

4. « Faites toujours de votre mieux »
Il n’y a pas d’obligation de réussir, il n’existe qu’une obligation de faire au mieux. Votre « mieux » change d’instant en instant. Quelles que soient les circonstances faites simplement de votre mieux et vous éviterez de vous juger, de vous culpabiliser et d’avoir des regrets. Tentez, entreprenez, essayez d’utiliser de manière optimale vos capacités personnelles. Soyez indulgent avec vous-même. Acceptez de ne pas être parfait, ni toujours victorieux.

J’ai alors récité, en boucle, les quatre accords Toltèques, persuadé dans mon optimisme intérieur que des hommes et des femmes encore civilisés organisaient la résistance. Demain, nous allions trouver le remède pour ramener à la raison toutes ces âmes que je croyais perdues pour l’humanité alors qu’elles ne sont qu’égarées …

 

 

 

Pour aller plus loin et rire un bon coup 🙂

Comprendre les sciences cognitives avec les gilets jaunes

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

 

Je vous propose de comprendre nos comportements, expliqués par les sciences cognitives et la psychologie, à partit d’un exemple concret.

Voyez-vous, les sciences cognitives ont scientifiquement démontré que notre cerveau a progressivement évolué au fil des générations pour aboutir, aujourd’hui, à une organisation en 3 strates : le cerveau reptilien, limbique puis le néocortex. Tout est question d’évolution au sens de Darwin.

  1. Le cerveau reptilien est la toute première forme à avoir fait son apparition. Nos ancêtres les plus anciens, qui ne ressemblaient pas encore à des hommes mais plutôt à des « trucs » juste vivant, l’utilisaient pour produire leur comportement. Il s’agissait essentiellement de réactions réflexes face au danger. Aujourd’hui nous l’utilisons encore. Par exemple, si vous posez votre main sur la plaque de cuisson encore chaude, vous allez la retirer immédiatement pour éviter la brûlure. C’est un réflexe. Dans cette situation, les neurones sont totalement shuntés. L’information va directement du capteur – la peau – aux muscles du bras.
  2. Le cerveau limbique est apparu ensuite quand l’homme s’est retrouvé confronté à d’autres individus. Attention, là encore il ne s’agit pas de croiser Marcel ou Léon sur les champs Elysées mais plutôt d’imaginer des êtres vivants à quatre pattes dans la rift valley au kenya. Ils ne pouvaient plus se contenter de « l’arc réflexe ». Il leur fallait analyser la situation avant d’agir. Ici, le cerveau limbique apporte les tous premiers balbutiements du raisonnement avant d’agir. C’est un raisonnement émotionnel et dichotomique : il est gentil, je peux m’approcher ; il est méchant, je l’attaque.
  3. Enfin, le néocortex est la dernière évolution du cerveau. C’est celle qui nous différencie de l’animal. C’est l’étage du cerveau qui bloque le réflexe du cerveau reptilien et permet de dépasser la réaction émotionnelle du cerveau limbique. Car la réaction émotionnelle est, par nature, subjective. Le néocortex invite à prendre du recul et analyser objectivement la situation pour adopter le meilleur comportement. Seul l’homme en est capable et c’est grâce au néocortex que nous avons découvert l’usage du feu, de la roue, de l’avion etc … ce que les animaux bloqués au cerveau limbique, ne peuvent faire.

Bien, maintenant, illustrons notre fonctionnement cognitif avec un exemple concret : un post d’une gilet jaune sur un groupe facebook.

Ici, il faut prendre le temps de regarder la photo et lire le texte. Le cerveau reptilien n’est donc pas adapté. Par contre, le cerveau émotionnel est très sollicité car le sujet des gilets jaunes est très clivant dans la population française. Comment agit-il ?

  1. Soit vous adhérez aux idées des gilets jaunes : dans ce cas, vous allez réagir comme les 1004 personnes qui ont écrit un commentaire et vous allez soutenir cette femme en ajoutant, éventuellement, quelques insultes à l’égard du président de la république.
  2. Soit vous êtes opposé aux idées des gilets jaunes : dans ce cas vous allez pester contre cette femme qui souffle sur les braises d’une contestation qui entraîne la France dans la haine, la violence et la décadence. Vous avez envie de gifler cette inconsciente qui ne comprend pas que les contribuables français vont devoir payer les 10 milliards d’euros que le président leur a donné.

Quelque soit votre réaction (1 ou 2), elle s’est appuyée sur votre cerveau limbique. Car votre émotion a bloqué l’accès au cerveau le plus évolué. Vous avez réagit comme un animal face à une nouveauté : bien ou mal ? Paisible ou agressif ? Avec une analyse totalement subjective guidée par votre émotion de l’instant. Analysez bien votre réaction : vous avez pris, au pied de la lettre, ce que vous dit cette femme et vous avez réagit en la soutenant ou en la renvoyant dans ses 15 mètres.

En réalité, rien ne prouve les dires de ce post. Je la crois sur parole. Travaille-t-elle vraiment les 24, 25 et 31 décembre ? Je n’ai aucune preuve pour le confirmer. Elle touche le SMIC et n’a droit à aucune aide ? Est-ce vrai ? Son patron ne lui donne-t-il pas une prime en fin d’année ? Est-elle vraiment une citoyenne pauvre qui bosse tous les jours ? A ce stade, et avec son post, je ne peux ni confirmer, ni infirmer ce qu’elle explique.

Alors comment dépasser cette analyse subjective et mettre en route votre néocortex ?

Tout d’abord, ne pas réagir instantanément. Car la réaction de l’instant est très souvent la réaction du cerveau limbique, la réaction émotionnelle. Avoir la force de s’abstenir de commenter immédiatement ce post. De toute façon, si vous êtes d’accord avec elle, votre commentaire glissera sur le flux de facebook comme l’eau sur les plumes du canard. Et si vous êtes opposé, vous allez vous attirer les foudres de tous les gilets jaunes qui eux, réagissent avec leur cerveau limbique, et vont vous envoyer tous les noms d’oiseaux que vous n’imaginez même pas.

Bref, pour monter au niveau néocortex, il faut commencer par fermer les yeux …souffler un grand coup … et … ne rien faire ! Ne rien faire pour contrôler ses émotions (1 ou 2) et tenter de regarder la situation avec neutralité.

Ensuite, en ayant fait le vide dans ses émotions, il faut commencer à raisonner objectivement … tel que Descartes nous l’a appris dans le discours de la méthode. Attention, il ne s’agit pas d’aller chercher des preuves pour confirmer notre première impression, l’impression émotionnelle (1 ou 2). Il s’agit d’aller chercher des preuves objectives permettant de confirmer l’une ou l’autre des 2 hypothèses avec la plus grande neutralité.

Donc, on commence par relire le texte de son post :

« je travail le 24 le 25 le 31 décembre petite vendeuse en boulangerie. et bien je n’ai pas de 13 ème mois pas de prime exceptionnel pas droit à la prime d’activité pourtant je touche le smic. voilà la vie d’une citoyenne pauvre qui bosse tout les jours. donc les gilet jaune doivent continuer à ce battre moi la première.. .. »

Bon, ok, c’est bourré de faute d’orthographe et de grammaire … mais ça, c’est du cerveau limbique alors, on oublie.

Donc elle travaille les jours fériés, elle perçoit le SMIC et elle explique qu’elle ne perçoit rien, même pas la prime d’activité. A ce stade il semble difficile de vérifier les informations. A moins de lui demander de produire ses fiches de paie pour constater la réalité des ses allégations. Mais toute tentative en ce sens est toujours restée vaine car les gilets jaunes refusent de produire les preuves.

Par contre, nous avons un moyen de vérifier son affirmation sur la prime d’activité car il s’agit d’un dispositif gouvernemental et les règles d’attribution sont publiques. Donc on va utiliser le simulateur de la CAF : https://wwwd.caf.fr/wps/portal/caffr/simulateurpa/

On ne connait pas sa situation exacte, on va donc mettre dans le simulateur les données basiques : célibataire, sans enfant, locataire, aucune autre aide et juste 1200 euros de revenu net par mois sur septembre, octobre et novembre.

Et en entrant  ces informations qu’elle nous donne dans son texte, le simulateur est formel : elle a droit à une prime d’activité d’un montant de 153 euros mensuel ! Elle peut donc faire sa demande directement ligne.

Donc soit cette Patricia, Gilet jaune de son état, ment de manière éhonté en prenant ses désirs pour des réalités afin d’appuyer la mobilisation des gilets jaunes, soit elle ne dit pas tout sur sa situation. En effet, toujours en nous appuyant sur notre néocortex nous ne retombons pas dans le cerveau limbique et nous analysons objectivement les résultats de la première analyse : il nous faut admettre que nous n’avons pas toutes les informations pour bien comprendre sa situation.

Voyez-vous, si cette Patricia est mariée à un homme qui gagne très bien sa vie, alors son foyer déclare un revenu fiscal qui dépasse les plafonds d’accès à la prime d’activité. Et dans ce cas, elle a raison, elle n’a pas droit à la prime d’activité. Mais poursuivons notre raisonnement en faisant toujours appel à notre néocortex : si son foyer fiscal dépasse les seuils d’accès à la prime d’activité, c’est qu’elle n’est pas dans le besoin et qu’elle n’a pas de problème de fin de mois car à deux, ils gagnent bien leur vie. Et l’on comprend tout à fait que le gouvernement préfère orienter la prime d’activité vers celles et ceux qui en ont le plus besoin … cqfd …

Enfin bref, je ne connais pas cette Patricia mais j’aimerais beaucoup discuter avec elle … pour lui proposer la réflexion de mon néocortex et voir ce qu’elle me répond 🙂

Je refais ma salle de bain (épisode 8 et … espérons, la fin)

Suite de l’épisode 7

Samedi 24 novembre 2018 :

Je me fends d’un message au chef de chantier (avec Linda en copie) pour lui confirmer que le miroir a bien été posé mais qu’il manque la réglette lumineuse.

Lund … heuuu … Mardi 27 novembre 2018 :

Réponse du chef de chantier :  « Nous avons retrouver la réglette qui n’avait pas été livrer à bon port. Mr xxxxxx, se propose de venir vendredi matin à l’heure que vous souhaiterez pour vous l’installer. » (oui, j’ai fait un copier coller du mail. Alors s’il vous plait ne m’envoyez pas un Bescherelle en cadeau de Noël)

Je réponds que ça me va bien et comme je suis en RTT il peut passer à partir de 8h00

Vendredi 30 novembre 2018 :

Bon alors comment dire … j’ai vérifié dans l’encyclopédie. Hé bien voyez-vous, c’est bien ce que je pensais : avant 12h00 c’est le matin car 12h00 c’est midi donc après 12h00 c’est … bah … l’après-midi ! Hé bein … l’est pas venu vendredi matin …

Bon bein … 20h46 : j’envoie un mail genre « il est 20h46, vendredi est passé mais … pas Mr xxxxxx … moi, je dis ça, je ne dis rien … »

Sam ..heuuu non … dim… heuu non … lundi 3 décembre 2018 :

8:46 ma boîte mail crépite. C’est le conducteur de travaux qui me répond « Je vous présente mes excuses pour vendredi, Mr xxxxxx à en sa possession la réglette et viendra mercredi matin première heure pour terminé cela. » (copier/coller machin tout ça Bescherelle pas pour moi pareil) Ha oui aussi, il est pas chef de chantier. Il est conducteur de travaux. Je présente toute ma platitude d’excuses les plus sincèrement sollicitude.

Du coup je lui réponds que … « mercredi … bah … je s’rai pas chez môa vu que je s’rai au boulot. Et vu que Mr xxxxxx m’a rendu mes clés … bah … y pourra pô rentrer … c’est ballot. Du coup … comment qu’c’est t’y qu’on fait ? »

Bref, on parvient à s’accorder pour vendredi 7 décembre matin.

Vendredi 7 décembre :

Wahouuu ça rigole plus, je reçois un mail à 5h30 ce matin pour me rappeler que le pro des travaux interviendra ce matin à 8:00 pétantes et avec … un point d’exclamation. Sur le mail … le point d’exclamation, car le pro lui, j’espère qu’il viendra avec sa caisse à outils 🙂 Pas facile d’installer une réglette avec un point d’exclamation 😉

8h00 pétantes … rien.

8h15 … soufflantes … rien

8h30 … bah … épuisantes … rien

8h41 ha … un sms

Bon, j’ai répondu que c’était ok pour lundi … décidément le vendredi matin est maudit …

C’est vraiment dommage qu’il ne soit pas venu aujourd’hui parce que le glouglou a repris de plus belle

Lundi 10 décembre 2018 7h50 :

Ta tammmmm …. c’est fait. En 15 minutes la réglette était posée et franchement, ça change tout. C’était la petite touche finale qui manquait. Et surtout … qui me confirme que j’ai rudement bien fait de ne pas remettre le vieux meuble.

Hein, quand même !

Je passe de la salle de bain à mémé à … la salle de bain tendance 2020 … pour la rime 😉

Bref, si je devais faire un bilan synthétique, je dirais :

  1. vraiment très satisfait de l’accompagnement à la conception de mon projet et très satisfait de la réalisation des travaux
  2. mais tout de même un petit manque de coordination d’ensemble et surtout, bien tout prévoir dès le départ et avant les travaux. Car demander une modif en cours de chantier et c’est la cataschtroumpf

News du 17/12/2018 : j’ai trouvé le petit panier qui va bien sous le miroir

News 01/01/2019 : la solution au glouglou

News du 09/02/2019 : si vous avez aimé la rénovation de ma salle de bain par Hellocasa et que vous cherchez Hellocasa sur le web, vous risquez de faire chou blanc … oui, j’aime bien l’expression « faire chou blanc ». En fait, je viens de recevoir un mail m’expliquant que la star’up Hellocasa vient d’être rachetée par EDF. Il faut maintenant faire appel à :