Je refais ma salle de bain (épisode 6)

Suite de l’épisode 5

Vendredi 31 août 2018 à … 22h42 ! Hé bein, sont des couches-tard chez Hellocasa 😉

Je reçois un mail pour me présenter le pro qui interviendra chez moi le 1er octobre. Il s’agit de … Olivier. Hum hum, pour moi, vu tout ce qu’on a vécu jusqu’ici, je pense que ce sera Olivier de Benoist … je ne vois pas d’autres hypothèses plausibles. Qu’est-ce qu’on va se marrer

Lundi 1er octobre 2018 8h pétante ! l’interphone sonne, c’est Olivier. Je réponds que je descends lui ouvrir. Arrivé dans le hall de ma résidence, je vois un type en train de protéger le carrelage de l’entrée. Hé bein … il devait arriver à 8h00, il était là à 8h00 et j’ai pas le temps de descendre lui ouvrir qu’il est déjà à l’oeuvre. Les premières impressions sont plutôt bonnes 🙂

Je l’accompagne jusque chez moi, lui montre la salle de bain et la pièce où il peut stocker son matériel. Je lui confie les clés de l’appart et je pars au bureau. Dans le RER, je me dis … « Hum … tu viens de confier tes clés à un illustre inconnu … » et je me réponds « bah oui mais … est-ce que je pouvais faire autrement ? … »

Le soir, vers 18h30, je rentre chez moi : « non de diouuuu ! » … défoncée ! il a défoncé ma salle de bain. C’est un peu comme si un pachyderme s’était échappé du parc Kruger pour venir prendre une douche dans ma salle de bain et en prenant bien soin de se retourner dans tous les sens. Je ne sais pas si voyez l’image … Bon, en même temps, je devais m’y attendre. Mais je ne pensais pas que ça irait aussi vite.

Vous savez ce que je me suis dit en voyant le résultat ? … « bah … maintenant … je peux plus faire marche arrière … »

Mardi 2 octobre 2018 : je me lève au milieu des gravas et des plastiques posés au sol pour protéger. Je fais une toilette de chat mouillé dans la cuisine et je pars au boulot.

18h, je rentre et … la porte de mon appart est ouverte … il y a de la lumière … il est encore là, dans ma salle de bain, avec son tee-shirt Hellocasa. On discute, il est plutôt sympa. Il m’explique tout ce qu’il a fait, ce qu’il va faire, les problèmes rencontrés, les solutions trouvées etc … et … il me promet qu’il va faire tout son possible pour ce soit terminé en fin de semaine. Sur ce dernier point, je suis un peu dubitatif, mais je le garde pour moi.

Bref, tous les trous sont rebouchés et il a commencé à poser l’enduit pour refaire les murs. La baignoire est encore là mais le receveur de douche est posé.

Mercredi 3 octobre 2018 : aujourd’hui je bosse en télétravail. Hé oui, une autre aventure m’est arrivée le week-end précédent. Figurez-vous que j’ai tourné le bouton de mon four samedi soir, pour réchauffer mon petit pâté lorrain (voir mon post sur la recette du petit pâté lorrain) et … BAOUUUMMMM … un flash lumineux précédé d’un gros bruit et … plus rien, plus d’électricité dans tout l’appart. Après une enquête minutieuse, un diagnostic fin et étayé, un rapport de 300 pages du BEA, j’en suis arrivé à la conclusion que … bah, mon four … il est mort. J’en ai donc commandé un autre et ils doivent me le livrer aujourd’hui.

Bref, 8h00, le voilà qui arrive. Ha non, ils sont 2 ! C’est vrai qu’il m’avait dit la veille qu’il viendrait avec son chef. Ha oui, je ne l’ai pas écrit mais celui qui bosse dans ma salle de bain c’est Mustapha, et franchement, Mustapha … il bosse super bien et il connait son job.

Le 2eme, c’est son chef, c’est le fameux Olivier. On discute un peu. Son chef s’excuse platement parce qu’il a eu un problème de camion. C’est pour cela qu’ils n’ont pas pu évacuer tout de suite les gravas. Mais ils vont le faire tout de suite, maintenant, sans plus attendre, dans la seconde, très vite, immédiatement, tout ça.

Et c’est comme ça que j’ai vu une baignoire se dandiner à hauteur d’homme dans l’encadrure de la porte de mon bureau … un peu après, le chef est venu me demander si j’avais quelque chose de prévu pour le radiateur ou bien s’il partait lui-aussi aux déchets. Alors j’ai dit « bah non … le radiateur … on le repose à la fin … « Vous vous souvenez ? C’est l’histoire du porte serviette radiateur de Linda. J’avais préféré conserver mon radiateur. C’était l’épisode 2, faut suivre aussi … mince ! »

Heureusement que j’ai dit ça, si non, mon radiateur … zou … aux encombrants. Bon, en même temps, j’aurais du leur lister tout ce qui reste … ça c’est pour la fin de l’histoire. Ceci posé, on dirait que ça manque un peu de coordination entre mon coach travaux et les ouvriers …

Bon, le lendemain, je me suis rendu-compte que le rideau de douche et sa tringle que j’avais démonté le dimanche bein … il avait disparu, genre … zou … aux encombrants ! Je crois que je devrais leur demander un coup de main pour faire du tri chez moi parce que je garde plein trucs franchement inutiles mais je n’arrive pas à m’en séparer 😉

Bref, tout est rebouché. Le receveur de la douche est posé et même carrelé. Et Mustapha m’explique qu’il a créé un décalage au niveau de la colonne de douche pour cacher les tuyaux derrière le placo pour que ce soit plus joli et plus propre que des tuyaux apparents.

jeudi 4 octobre 2018 : je rentre vers 18h00, après une petite galère en transport en commun, comme d’hab quoi. Rebelote : porte ouverte, lumière et … ha bah non, il y a un ouvrier avec son tee-shirt Hellocasa dans ma salle de bain mais c’est pas le même. Lui c’est le peintre pro qui prépare la finition des murs. « Parfait » lui dis-je, « faites donc comme il vous sied, c’est vous le pro« .  Bref, il est parti, il devait être facilement 19h20. Sont pas des tire-au-flanc chez Hellocasa.

Bref, Mustapha a posé le carrelage de la douche et le peintre a préparé les murs. Bon, pour la fin du chantier demain … je doute quand même pas mal …

Vendredi 5 octobre 2018 : Je rentre comme d’hab vers 18h mais cette fois, il n’y a plus personne à l’appart. Je vais vers la salle de bain et … le carrelage mural est terminé. Au sol, le carrelage est commencé mais pas encore terminé. Pour prendre une douche demain … c’est pas gagné …

Ce soir, je doute un peu de mes choix car ça donne une ambiance un peu … hôpital. Bon, j’essaie d’imaginer la paroi de douche qui va couper un peu la perspective, mais surtout le plan de travail en chêne clair qui va bien changer le ton … bref, à suivre

Lundi 8 octobre 2018 : Je rentre vers 18h30, personne à l’appart. Cette fois, c’est la totalité du carrelage qui est posé. Et on dirait qu’il y a eu une première couche sur les murs

Mardi 9 octobre 2018 : Les joints de carrelage sont posés. Tous les accessoires sont revenus – radiateur, interrupteur, prises, etc …- ça veut dire aussi que les murs ont été peints. La réglette de maintien de la paroi de douche est installée et le mitigeur de la douche également. Ha oui, tous les tuyaux ont été repeints aussi.

Et … bah il y a un tournevis planté dans ma douche …

Mercredi 10 octobre 2018 : Wouhaaaaa là … ça commence vraiment à prendre forme ! Et c’est très chouette. C’est la première fois que je rentre dans ma salle de bain depuis le début des travaux.

Finalement, il ne reste plus grand chose à faire : poser la paroi de douche, raccorder l’évacuation de la vasque, poser le rayon sous la vasque et … bein faire quelque chose pour ma machine à laver parce que là … c’est chouette mais c’est tout fixé et le plateau au-dessus de ma machine ne pivote pas !

Bref, comme je n’ai croisé personne, je rédige 3 post’it que je colle sur le plateau au dessus de la machine à laver.

Mais bon, je trouve quand même bizarre que la paroi de douche ne soit pas posée et qu’elle ne soit plus dans le couloir non plus … étrange disparition …

Jeudi 11 octobre 2018 :

C’est le jour 8 de ma salle de bain. Bon bein … il n’y aura pas de photo aujourd’hui car … visiblement il n’est pas venu. Mes post’it sont encore sagement alignés sur le plateau au-dessus de la machine à laver et la réglette en bois que j’ai posée dessus pour les tenir n’a pas bougée non plus. Je me sens un peu abandonné par mes ouvriers. Le doutage s’installe … le coup de l’abandon de chantier viendrait-il de sévir ?

Bon, je suis de nature optimiste alors je ne vais pas écrire dés ce soir à Hellocasa. J’attends demain. Si demain soir, vendredi, rien n’a bougé, cela veut dire que je vais me taper un 2ieme week-end sans salle de bain … alors dans ce cas demain soir, j’écrirai un mail à Hellocasa. Comme je sais qu’ils bossent le samedi, j’aurai une réponse 😉

Vendredi 12 octobre 2018 :

Il est 8h30, je suis au bureau, mon téléphone sonne. Numéro inconnu. Hooo ça … ça doit être mes ouvriers. Je décroche « oui allo … » ; « Bonjour, c’est Olivier, je suis dans votre salle de bain … je viens de lire vos post’it » … YES !

Bon, bref, j’ai la solution pour l’énigme de la paroi de douche : elle s’est brisée quand il l’a installée. Du coup, il a du en recommander une et il va la récupérer ce matin. C’est pour cela qu’ils ne sont pas venus hier. Pour la machine à laver, il a bien prévu un système pivotant. C’est juste que mercredi, quand il a posé les réglettes qui soutiennent le plateau, il les a vissées et assurées avec un peu de colle. Et au serrage, la colle a légèrement débordée sur le plateau. Pour le rayon, c’est bien prévu, il reste assez de plateau chêne clair pour le faire. Quant à mon meuble qui doit revenir au dessus de la vasque bein … pas de soucis également, ils l’ont mis de côté et vont le remonter.

La salle de bain est d’ors et déjà fonctionnelle mais il me conseille d’attendre demain matin pour l’utiliser car le silicone vient juste d’être posé et il faut lui laisser le temps de sécher.

Samedi 13 octobre 2018 : Olivier, le chef, est passé vers 11h30 pour faire un point et m’assurer que Mustapha sera là lundi pour toutes les petites finitions, poser le meuble et le spot au dessus. Et il verra à ce moment là, s’il faut installer une butée pour le plateau pivotant de la machine. Le chef en a profité pour repousser la machine à laver au maximum pour qu’elle soit totalement couverte par le meuble.

Et moi, j’ai enfin pu prendre ma première douche et franchement … quel bonheur ! C’est quand même autrement mieux que ma vieille baignoire !

Bon, j’ai quand même identifié un dommage collatéral : un bruit disons … étrange. Voyez-vous, ma douche fait une sorte de … glou glou genre comme si j’avais un joueur de tam-tam dans ma salle de bain … et surtout, un … glou glou … sans fin ! Un glou glou incessant même après plusieurs heures d’utilisation … étrange, vraiment étrange … comme si on avait trouvé … le mouvement perpétuel  Le glou glou de la douche :

A suivre … pour le 7eme et dernier épisode de cette aventure à rebondissements 😉

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Petits pâtés lorrains individuels

Après avoir beaucoup cherché sur le net, je me suis rendu compte qu’il était difficile de trouver la vraie recette des petits pâtés lorrains. Le gros pâté pour 6 à 8 personnes, on trouve facilement. Mais la recette du petit pâté, celui que l’on va acheter dans sa boulangerie traditionnelle, est très difficile à dénicher. Alors comme j’ai pas mal travaillé sur cette recette, je vous la propose ici.

Pour commencer, il semblerait que la recette du pâté lorrain soit assez ancienne. Elle remonterait si loin dans le passé que le duc Stanislas Leszczynski l’appréciait déjà. Et voici un habitant de Luneville qui propose une recette dont il nous explique qu’elle date de 1700 (mais impossible à vérifier) : http://vive-luneville.e-monsite.com/pages/cuisine-lorraine-1/pate-lorrain.html

La plupart des petits pâtés que vous achetez aujourd’hui sont préparés à base de porc exclusivement. Mais à l’origine c’est un mélange de porc et veau. La rationalisation des coûts est malheureusement passée par là. Donc pour cette recette, on va revenir à la composition originale : échine de porc et épaule de veau. Ici, on fera 2/3 de porc et 1/3 de veau mais vous pouvez faire 50/50.

Pour la marinade, la vraie recette se fait avec du Riesling. Certains préfèrent adoucir le goût en choisissant un gris de Toul. Bon, c’est encore acceptable car Toul n’est finalement pas très loin de Baccarat, la ville natale du pâté. Mais pour ceux qui y mettent carrément du bourgogne rouge, bon … pourquoi pas mais dans ce cas, ce n’est plus un pâté lorrain, c’est un pâté … lorguignon 😉

Une autre précision importante concerne le type de pâte. Il semblerait là aussi, que la tradition se soit un peu perdue en cours de route. Donc, redisons-le : pâte brisée pour le dessous et pâte feuilletée pour le couvercle.

Et enfin, la question existentielle : combien de temps dois-je faire mariner la viande ? La plupart des recettes indiquent 12h. Personnellement, je trouve que c’est un peu juste. Pour ma part, je prépare ma marinade le jeudi soir pour un montage des petits pâtés le samedi matin. C’est donc plutôt 36h.

Ingrédients pour 6 petits pâtés :

  • 250 grs d’échine de porc
  • 150 grs d’épaule de veau
  • 1 bouteille de Riesling
  • 3 échalotes
  • 1 gousse d’ail
  • 1/2 bouquet de persil
  • 1 clou de girofle
  • 3 feuilles de laurier frais
  • 1 branche de thym
  • 2 jaunes d’oeuf
  • une cuillère à café de fond de veau déshydraté
  • sel, poivre
  • 2 pâtes brisées (si possible rectangulaire)
  • 1 pâte feuilletée (si possible rectangulaire)

Jeudi en fin d’après-midi

On coupe la viande en petits dés de 5 millimètres environ. Attention, il ne faut pas hacher la viande mais la couper au couteau. On la met dans un saladier.

On pèle, on cisèle et on émince les échalotes et l’ail que l’on ajoute à la viande

On lave puis on passe le persil au hachoir et on ajoute à la viande

On ajoute à la viande le clou de girofle, les 3 feuilles de laurier et le thym

On poivre mais attention, on ne met pas le sel ! A ce stade le sel n’est pas conseillé car il aurait une action inverse à celle de la marinade.

On verse le Riesling sur la viande pour qu’elle baigne complètement. Certaines recettes parlent de 10 cl, autant dire que c’est ridicule. La marinade n’est pas un pédiluve, c’est le grand bain ! le niveau du vin doit être au dessus de la viande. Ici il faut compter une bonne moitié de la bouteille.

On met un film transparent sur le saladier et direction le bas du frigo jusque samedi matin. Enfin presque, car on va essayer de remuer 1 à 2 fois d’ici au samedi matin.

En gros, ça donne ce que l’on a sur cette photo :

Le samedi matin :

On sort la marinade du frigo et on la pose sur la table à température ambiante.

On découpe 6 rectangles de pâte brisée. Ici, c’est très difficile de trouver les bonnes dimensions. Quand on trouve, ça indique des rectangles de 10 cm par 20 cm. Et c’est pas ça du tout car là vous allez faire des boudins de petits pâtés lorrains : trop long et pas assez large. Je préconise plutôt un format 12 cm par 17 cm.

On pose la grille du four sur la table, on met une feuille de papier cuisson sur la grille. On dépose les 6 rectangles sur la feuille de papier cuisson.

On revient à la marinade et on enlève le film transparent évidemment mais aussi les 3 feuilles de laurier, le clou de girofle et la branche de thym.

On égoutte la viande à la passoire et on la transfère dans un autre saladier

On ajoute la cuillère à café de fond de veau déshydraté à la viande et on mélange. Cette étape est importante car le fond de veau va gérer le risque d’écoulement de marinade de la viande qui pourrait fragiliser la pâte.

On ajoute un jaune d’oeuf à la viande et on mélange.

On dépose la viande au centre des rectangles de pâte en prenant soin de laisser une marge tout autour comme sur la photo :

Ensuite, on va remonter les bords longs à la verticale

A une première extrémité, les deux bords longs viennent se mettre à plat sur la pâte : on badigeonne de jaune d’oeuf et on replie sur le pâté. Le jaune d’oeuf sert à coller l’extrémité sur le pâté.

On fait de même à l’autre extrémité

On recommence cette opération pour les 5 autres petits pâtés

On découpe les rectangles couvercles dans la pâte feuilletée. Ici, la logique voudrait que ce soit des rectangles de 7 cm par 13 cm mais rien n’est moins sûr car ça dépend beaucoup de la dextérité de celui ou celle qui a fait le montage. Je vous conseille donc de ressortir votre trousse d’écolier ou écolière et d’utiliser une règle en plastique pour mesurer tout simplement et être assuré de couper un couvercle à la bonne dimension.

On pose le couvercle sur la feuille de cuisson, pas encore sur le pâté. On badigeonne de jaune d’oeuf les bords du couvercle. On pose le couvercle sur le petit pâté en prenant soin de le retourner pour poser le côté badigeonné de jaune d’oeuf sur les bords en pâte brisée. Là encore, le jaune d’oeuf va servir à « souder » le couvercle au petit pâté.

Maintenant place à la créativité : avec une pointe de couteau vous faites des dessins sur le couvercle. Pour ma part, je me contente de tracer des lignes obliques parallèles mais vous pouvez laisser libre court à votre imagination

Ici, pas besoin de faire une cheminée. La cheminée n’est indispensable que pour les gros pâtés lorrains.

Maintenant on va détendre un peu le jaune d’oeuf avec du lait (juste un petit peu) puis on badigeonne les petits pâtés avec ce jaune d’oeuf. C’est ce qui leur donnera leur couleur dorée à la cuisson.

On préchauffe le four à 200 degrés

On va mettre la grille du four avec les petits pâtés au frigo

Environ 15 minutes après, c’est selon votre four, on sort les petits pâtés du frigo et on enfourne la grille avec les petits pâtés à mi-hauteur (petit choc thermique, astuce de cuisinier lorrain)

Et c’est parti pour 20 minutes à 200 degrés

Puis après ces 20 minutes, on descend à 180 pour 20 autres minutes

Et voili-voilou le résultat :

On mange le petit pâté lorrain avec une salade verte et accompagné d’un vin blanc  comme le Riesling qui a servi à la marinade.

Mais il est également très apprécié en sortie pique-nique du dimanche ensoleillé car il tient dans la main et peut se manger sans couverts … mieux qu’un Mac Do car rien ne dégouline sur les mains et c’est que des bons produits sains 😉

Je refais ma salle de bain (épisode 5)

Suite de l’épisode 4

Bon, bein finalement c’est Linda qui est revenue vers moi. C’était des petites vacances 😉

Et c’est reparti pour les échanges de mail. Enfin … il faut que je précise que pour le choix des matériaux c’est allé finalement assez vite. Mais c’est encore pour le devis que ça patouille.

Vendredi 13 juillet 2018  : c’est Maïwenn qui m’envoie un mail pour me dire … qu’elle confirme que le projet que j’ai envisagé avec Linda est faisable.

Ha bein dis-donc, je reviens de loin moi ! Encore un peu et il fallait tout revoir ? Et reprendre … 50 devis dans la vue ? fiouuuuuu … bon, n’y pensons pas puisque « Maïwenn est en mesure de valider notre projet »

En bas du mail, j’ai plein de photos des différents matériaux et je dois donner mon avis sur tel ou tel. Alors je pose quelques questions quand même parce que je ne veux pas me retrouver avec du carrelage à mémère au mur.

Et puis j’ai quand même un doute. Elle me propose du carreau de 45×45. Alors je prends mon mètre à ruban Stanley powerlock 10m … quoi ? …  oui je sais, je suis bien équipé côté mètre à ruban … bref, je mesure 45 cm et fiouuuu ha oui quand même : un carreau de 45cm par 45 cm englobe 4 de mes carreaux actuels !

Heuuu … c’est un pas un peu grand quand même … hein Linda ? Je te rappelle que ma salle de bain, c’est pas le spa de la station thermale de Contrexéville ! Oui, j’ai pris Contrex comme j’aurais pu prendre n’imp … non, c’est pas vrai, j’ai pris Contrex exprès 😉

Alors avant de poser ma question par écrit, je vais voir sur le net cette histoire de taille de carrelage … bein oui, parce que je veux pas passer pour un hasbeen de la déco tout de même, on ne sait jamais.

Et regardez sur quoi je tombe. Pif, paf, pouf  « Vous avez une petite salle de bain ?Oubliez le carrelage traditionnel : osez les carreaux XXL ! Les grands carreaux apporteront une continuité visuelle et davantage de luminosité à votre pièce, ce qui agrandira visuellement l’espace.  » (lien)

Bon bref, je fais quand même mon mail parce que j’ai d’autres questions. Souvenez-vous, dans l’épisode 2, ma coach travaux me proposait de coller du placo sur le carrelage actuel et de recarreler dessus. Et moi je lui avais dit que … bah comme ma salle de bain est toute petite, si on fait ça, on va épaissir les murs et réduire encore la pièce. Alors elle avait répondu « pas de soucis on va déposer le carrelage actuel, préparer le mur et recarreler« . Sauf que là, dans le dernier devis, rebelote, les 15 000 mètres carrés de placo sont revenus !

Je relis mon mail, je suis prêt à cliquer sur envoi quand … non, je vais ajouter une petite phrase … « Et merci d’avoir pensé à mettre des carreaux XXL car on n’en avait pas encore parlé mais je tenais absolument à oser des grands carreaux qui apporteront une continuité visuelle et davantage de luminosité à ma petite salle de bain » … hé hé c’est mon blog, je raconte comme je veux 🙂

Samedi 21 juillet 2018 : je reçois la réponse à mon mail. Tout est confirmé. Linda a même « envoyé un mail à ses divers fournisseurs pour les délais de livraison de tous les matériels. » Et elle pense revenir vers moi en début de semaine pour valider une date d’intervention.

Alors ici se pose une question existentielle. C’est quoi, ou plutôt c’est quand, le … « début de semaine » ? Hum ?

Parce que lundi par exemple, c’est bien « début de semaine« , non ? Oui bein non, parce que lundi j’ai rien reçu. Bon, en même temps, lundi c’est plutôt « tout début de semaine » et ce n’est pas ce qu’elle a écrit.

Bon alors mardi, c’est « début de semaine » aussi, non ? Oui bein re-non, parce que mardi je n’ai rien reçu non plus.

Nous voilà mercredi. Alors on peut considérer que c’est encore « début de semaine » mais attention, car à partir de midi on bascule dans l’autre partie de la semaine ; la fin de semaine quoi. Donc mercredi c’est encore « début de semaine » mais un peu réchauffé quand même … genre … « fin de début de semaine » plutôt. Hum ?

Bon bein en même temps, mercredi je n’ai rien reçu non plus …

Mardi 31 juillet 2018 : ça y est, j’ai reçu la réponse. En fait c’était bien « début de semaine » mais elle avait oublié de préciser … quelle semaine 😉

Bref, tout est expliqué : le montant total, le détail des fournitures, la main d’oeuvre, le carrelage, le receveur de douche, la vasque, les 15 000 mètres carré de placo, les … quoi ? le placo ? Ho non, on va pas remettre ça ?

Donc je reprends le devis en pièce jointe PDF. Je cherche le paragraphe « habillage mural » dans les 568 pages … brrr … brrrr … ha voilà c’est à la page 566 évidemment tout à la fin. Ha oui … 15 874 m2 de plaque « Habito® Hydro 13 Vermifugée Polypropylène Gastrique Sous bassement allégé B.A.13 Neutre » … ouf, c’est vraiment de la précision dans la référence. Mais en même temps … j’en veux pas, c’est balo.

Bon, je reprends le mail ligne à ligne pour être certain de ne rien louper. J’avais pas vu mais en fait, toute la fin du mail concerne les moyens de paiement. Fiouuuuu  hé bein … je peux régler par carte bancaire au téléphone, par chèque bancaire avec l’adresse postale où l’envoyer, par virement bancaire (il y a le RIB en pièce jointe), sur le site en validant « mon panier » (celui avec les 50 devis, voir épisode 3), par pigeon voyageur en mettant ma carte bleu dans son bec, par coursier Deliveroo en plaçant ma carte Visa dans une boîte de sushi, par drone et enfin par pedibus cum jambis … non, ce n’est pas une nouvelle appli d’uberisation, ça veut simplement dire … bah, t’y vas à pied mon gars !

Tiens, je ne peux pas régler en utilisant Paypal … hum, hum … c’est ennuyeux cela. Je dirais même … fâcheux. Hum, je crois que je vais abandonner mon projet devant si peu de moyen de paiement mis à ma disposition. Nan ! j’deconne 😉

Bon, tout le reste va bien donc … ha non ! j’avais pas vu, elle propose un début des travaux le 27/09 à 8h. C’est balo, ce jour là, je suis en déplacement. Les ouvriers vont trouver portes closes pour le 1er jour de leur intervention. Je lui propose de décaler au 01/10/2018.

Vendredi 3 août 2018 : message de ma coach travaux. Elle s’excuse platement pour les 15 000 mètres carré de placo. Je cite « Veuillez m’excuser nous avions effectivement discuté de la dépose du carrelage mural avec le redressage des murs, une coquille s’est glissée dans le texte et je vous l’ai modifié« . Bon, va pour la coquille.

Et elle me confirme la date décalée au … 01/09 ! Heuuu Linda, le 01/09 moi je veux bien, ça m’arrange mais j’avais cru comprendre que les ouvriers n’étaient pas disponibles avant le 27/09 … moi je dis ça, je ne dis rien. Alors Linda elle m’a répondu … « une coquille s’est glissée dans le texte. C’est le 01/10« . Ca en fait des coquilles. Entre les stars et les coquilles c’est un vrai scénario ma salle de bain 😉

Bref, le 13/08/2018, après quelques échanges de mail … référence au site internet qui patouille dans les devis (voir épisode 3) … BAM ! J’inflige un grand coup de chaud à ma carte Mastercard Gran Turismo série limitée Green Fish On the Hudson Bay With Pamela Anderson … je ne sais pas pourquoi tout doit être en série limitée  avec des noms à rallonge aujourd’hui…

Bon bref, voici mon compte en banque délesté de 40% du montant total du projet moins la pré-visite déjà réglée en tenant compte de la remise que j’ai âprement négociée pendant au moins … 1 phrase ! Je vous passe le calcul arithmétique parce que j’en aurais pour au moins 3 épisodes supplémentaires. J’ai même du investir dans une calculatrice pour m’en sortir, c’est dire :

Hé bein voilà, maintenant j’attends les ouvriers 😉

A suivre …

 

 

 

 

Quand le rapid pass … trépasse !

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Cette histoire commence en réalité il y a quelques mois. En mars 2018 pour être tout à fait exact. L’aventure aura donc durée 6 mois.

Je remonte le temps et je me mets dans la peau d’un auditeur interne d’une chaîne de grandes épiceries. Pour ne pas donner la marque de l’enseigne, je dirais qu’elle pourrait lancer une série de télé réalité qui s’appellerait « la consommation est dans le pré« . Karine Le marchand, c’est pas moi qui l’invente, se baladerait dans les rayons avec des ménagères de moins de cinquante ans et leur demanderait leur préférence entre une boîte de 4 saucisses de Strasbourg et un pack sous vide de 2 saucisses de Montbéliard. La dessus, un homme de moins de cinquante ans également, arriverait avec son gros caddie et chargerait un sac de 12 kilo de choux à choucroute. C’est alors qu’ils se rendraient compte qu’ils préparent la même recette et ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. Coupez elle est bonne. Rangez le matos. On file au mammouth de Joinville pour l’épisode suivant.

Bref, voilà l’auditeur interne qui rencontre son commanditaire : le PDG. Ce dernier lui dit :

Le PDG : « Ecoutez mon brave, il se trouve que j’ai ouïe dire par un manant qui traînait dans une de mes épiceries, qu’une de ses connaissances aurait entendu un de ses voisins rapporter l’avis de sa fille qui se plaignait d’une durée d’attente trop longue en caisse. Je pense que c’est un cas extrêmement isolé et que ça n’a du se produire qu’une seule fois. Mais voyez-vous, je suis vraiment très attentif au bien être des pigeons … pardon, je veux dire des clients, qui viennent dépenser leur oseille … pardon décidément, je veux dire qui viennent profiter de bonnes affaires dans mes échoppes. Alors vous voudrez bien mener un audit sur cette question, établir un rapport circonstancié et me faire quelques recommandations d’amélioration. Je vous remercie et maintenant filez car vous avez déjà perdu du temps ! »

Pour l’auditeur, ça commence mal. Il a besoin de clarifier la commande et donc de poser des questions mais le PDG ne lui en laisse pas le temps. Qu’à cela ne tienne, il le consignera dans son rapport et si le PDG n’est pas content du résultat, il ne le devra qu’à lui-même.

L’auditeur décide de ses méthodes d’investigation et, en l’occurrence, il fera des entretiens avec des caissiers, avec des clients et il fera des observations armées. Je vous rassure, il ne fera pas des observations en portant un gilet pare-balle et des revolvers de cow-boy. Ici, le terme « armé » renvoie à la fiche d’observation qu’il aura pris soin de construire en amont et sur laquelle il notera les éléments qui lui semblent indispensables. Ainsi il pourra faire de nombreuses observations qui seront comparables puisque menées exactement de la même manière.

C’est parti, notre auditeur est sur le terrain. Il s’installe devant la ligne de caisse et commence ses observations. Avec son chronomètre, il mesure le temps d’attente entre l’arrivée dans la file d’attente et la sortie après le paiement :

  • 1er client : 36 minutes et 23 secondes
  • 2e client : 48 minutes et 3 secondes
  • 3e client : 32 minutes et 12 secondes
  • 4e client : 1heure 12 minutes et 5 secondes
  • etc …

Notre auditeur observe au total 1432 clients et obtient une moyenne de temps d’attente en caisse de 58 minutes et 45 secondes. Voici une donnée factuelle à mettre dans son rapport. Mais ce n’est pas suffisant. En effet, un temps d’attente est relatif. Il lui faut donc recueillir l’avis des clients. Pour cela il interviewe des clients et leur demande de positionner sur une échelle en 7 points leur sentiment quant à l’attente en caisse. De 1 « c’est parfait, je n’ai pas attendu longtemps » à 7 « Bouzin de bordel d’organisation, j’ai laissé un pan de ma vie à cette caisse« . Et au milieu, d’autres valeurs comme 4 « J’en peux plus, j’vais craquer« .

Il demande la même évaluation à 2800 clients et il obtient une note moyenne de … 7. C’est à dire que les 2800 clients ont tous répondu « Bouzin de bordel d’organisation, j’ai laissé un pan de ma vie à cette caisse« . Il en profite pour relever quelques verbatims qui viendront illustrer son propos dans son rapport. Par exemple :

  • Papy Mougeot de passage à Cajarc : « ho bein mon p’tit gars, ça ma rappelé les tranchées à Verdun en 14. On attendait le cornet de beef que l’armée devait nous envoyer. Et bein, tu m’croiras si tu veux mais … les rations j’les attends encore !« 
  • Micheline Grimpois : « ha bein ça, pour sure que c’est long. Tenez, moi j’viens jamais ici sans un peu de travaux manuels. Là par exemple, en attendant de passer en caisse, j’ai eu le temps de tricoter 456 bonnets pour l’association qui s’occupe des SDF de mon quartier !« 
  • Léon Tolstoï : « Da ! Tovarich mon gars. Toujours très long attendre magasin mais moi être habitué files d’attente. Moi écrire. Da ! attendre aujourd’hui, j’ai écrit nouveau livre. « guerre et paix » je l’appelle. Très inspirant vos files d’attente !« 

Bon, l’auditeur interne a maintenant ses feuilles de constats rédigées. Il passe à l’analyse causale.

    • Pourquoi le temps d’attente en caisse est-il trop long ?
    • Parce qu’il y a une file d’attente !
    • Pourquoi y-a-t-il une file d’attente ?
    • Parce qu’il y a trop de clients !
    • Pourquoi y-a-t-il trop de clients ?
    • Parce que la caissière ne va pas assez vite !
    • Pourquoi la caissière ne va-t-elle pas assez vite ?
    • Parce qu’elle n’a que 2 bras !
    • Pourquoi n’a-t-elle que 2 bras ?
    • Bah … t’es con ou quoi ?

Ha oui, zut ! La cause racine, c’est donc que la caissière n’a pas assez de bras ? Boh oui, mais on peut raisonner autrement. On va plutôt dire qu’il n’y a pas assez de bras en caisse et pas forcément à la caissière. Tu vois la nuance ?

Ha oui, comme on ne pourra pas ajouter de bras à la caissière, on pourra par contre ajouter des bras aux caisses en mettant un nombre plus grand de caissières !

Notre auditeur interne a donc fait son constat « le temps d’attente en caisse est insupportable dans 100% des cas ». Il a identifié la cause racine « il n’y a pas assez de bras en caisses ». Il peut maintenant rédiger sa recommandation : « Pour réduire le temps d’attente, il faut mettre en service un nombre plus important de caisses« . Notre auditeur interne passe maintenant à la rédaction de son rapport et prend rendez-vous avec le PDG pour le lui présenter.

Le PDG : « Entrez donc mon brave ! Alors ? c’était vraiment un cas isolé, non ? »

L’auditeur interne : « bein c’est à dire, en fait, pas vraiment voyez-vous puisque 100 % des clients sont mécontents »

Le PDG : « Ha oui … quand même … autant que ça ? Bon, et votre recommandation … c’est quoi ? »

L’auditeur interne : « Ouvrir plus de caisses »

Le PDG : « Ouvrir plus de caisse ? Vous voulez dire … embaucher des caissières ? Vous plaisantez j’espère ? »

L’auditeur interne : « Heu oui … c’est le sens de ma recommandation ! »

LE PDG : « dehors ! foutez l’camp ! Je ne vous paie pas pour me dire d’augmenter les effectifs ! dehors malotru ! »

C’est comme ça que le rapport de notre auditeur interne est allé rejoindre les dizaines d’autres rapports … dans un tiroir. Et pour les plus chanceux, ils servent à caler des armoires. Au moins ils servent à quelque chose …

Mais c’était sans compter sur Gilbert Piedebois qui passait par là, pile quand l’auditeur interne s’est fait jeter du bureau du PDG. Gilbert en a profité pour dire au PDG

Gilbert Piedebois : « vous savez, j’ai une solution moi pour votre problème ! »

Le PDG : « ha bon ? Et … c’est quoi votre solution ? »

Gilbert Piedebois : « il faut faire une appli pour smartphone !  »

Le PDG : « heuu … c’est quoi le rapport ? »

Gilbert Piedebois : « ha bein, si à 50 ans on n’a pas une appli smartphone, c’est qu’on a raté sa vie. Pis justement, j’ai l’beau frère qui sait faire des applis smartphone. Si vous voulez je lui demande »

Le PDG : « ha ouais ? Mais … je vois pas le rapport avec mon problème de caissière ? »

Gilbert Piedebois : « on s’en fou, c’est pas la question. Ha vous n’auriez pas fait un bon startupeur vous alors ! On fait l’appli et on verra après. Vous imaginez, là, sur votre iphone 45s, paf le logo « Dans l’pré » et juste après votre photo qui dit « bonjour client » … hein … quand même ! »

Le PDG : « Mouais, OK elle me plait votre idée. Mais n’oubliez pas quand même que ça doit réduire le temps de passage en caisse votre … appli »

Bref, Gilbert Piedebois envoie un sms à son beau frère et c’est parti. Le lendemain Gilbert est chez son beauf. Il regarde son écran de tel qui affiche le logo « Dans l’pré » et juste après la photo du PDG qui dit « bonjour client » en 146 langues. Bein ouais, faut être international dans le business. Et puis on ne sait jamais, l’appli pourrait s’exporter aux quatre coins du monde.

Mais Gilbert n’est pas complètement satisfait. Il trouve que l’appli tourne un peu en rond vu qu’elle ne fait rien d’autre. Mais il rigole bien quand même et fait tourner en boucle la traduction du PDG en tamoul :

Bref, il en était là de ses considérations, cherchant avec son beauf ce qu’il pourrait ajouter à l’appli pour la rendre plus fun, quand Monique se pointa. Monique c’est la femme de son beauf. La soeur à Gilbert quoi.

Le beauf à Gilbert : « Bein, c’est à cette heure qu’tu rentres ? »

Monique : « Ho hé, ça va toi qui fou rien de tes journées. J’étais chez Pôpôle récupérer ton chômage. Hé bein figure-toi que j’avais le ticket numéro 468 … y’en avait pu de 2 cent d’vant moi. Alors j’ai attendu ! »

Gilbert : « le ticket ! comme à la boucherie du père Michu en bas d’la rue des chemins crottés ! Tu peux me mettre un système de tickets dans l’appli ? »

Le beauf à Gilbert : « Boh oui, c’est trop méga facile mais … j’vois pas l’intérêt … »

Gilbert : « on s’en fou, c’est pas la question. Ha tu ferais pas fait un bon startupeur toi alors ! Bon, tu m’ajoutes un système de tickets comme à la boucherie du père Michu et tu m’envoie tout ça … ok ? »

Le lendemain, Gilbert Piedebois est dans le bureau du PDG. Il fait la démonstration de son appli. Le PDG est captivé par sa photo qui dit bonjour en 146 langues. Bon, il ne reconnait pas sa voix vu que c’est une traduction automatique vocale de google. Mais ça lui plait bien. Par contre, il a comme un doute sur la traduction italienne mais … comme il ne parle pas italien, il fait confiance à Gilbert qui fait confiance à google :

Et Gilbert de présenter la fonctionnalité innovante disruptive qui va hacker la gestion des files d’attente dans les caisses de supermarché. Une innovation de rupture que le PDG pourrait même vendre à d’autres enseignes, c’est dire !

« Le principe est super simple ! » dit Gilbert : « le client utilise son téléphone pour réserver sa place dans la file d’attente« . Et Gilbert Piedebois ajoute « je l’appelle … le « Rapid Pass » ! »

Le PDG est bluffé par les explications de Gilbert Piedebois à tel point qu’il lui promet un poste de directeur du développement des aptitudes disruptives. Ca veut dire quoi  « développement des aptitudes disruptives » ? On s’en fou …  « Ha vous n’auriez pas fait un bon startupeur vous alors ! »

Bref, la super méga appli qui va révolutionner la grande distribution est installée dans les échoppes :

Bon alors, comment fonctionne cette méga super idée géniale ?

  1. Tu télécharges l’appli sur ton smartphone. Traduction : tu utilises ton forfait pour encombrer la mémoire de ton tél avec une appli dont tu doutes un peu de l’utilité.
  2. Tu crées ton compte. Traduction : tu indiques ton nom, ton prénom, ta date de naissance, ton 06, ton e-mail, ton poids, ta taille, ta pointure, la couleur de tes chaussettes, si tu mets des caleçons ou des boxers, la marque de ta voiture, si t’es proprio ou locataire,  la dernière fois que tu es allé au cinéma, tes yaourts préférés, si tu aimes le nutella, ta CSP, si t’es en CDI ou CDD, si tu as un chat ou une perruche, etc … bref tu donnes plein de données personnelles que le magasin pourra revendre pour que tu sois ensuite inondé de sms tout pourris et de mail tout pourris aussi.
  3. tu démarres l’appli quand tu arrives dans le magasin et POUF tu as un numéro comme à la boucherie du père Michu. Traduction : tu as 5 minutes pour faire tes courses et pas une seconde de plus si non, bah…  ta place ne sera plus réservée en caisse. Donc tu stresses à mort et tu regardes ton tél toutes les 15 secondes pour savoir combien de temps il te reste avant d’aller te présenter devant la caisse qui est à 3 kilomètres 480, à l’autre bout du magasin.

Bref, pendant 6 mois environ, j’ai vu les caissiers faire de la retape pour que l’on télécharge la fameuse appli.

Mais surtout, j’ai chaque fois constaté que la caisse rapid pass bein …  y’avait aucun client et le caissier … il textotait sur facebook !

Alors comment dire ? C’était couru d’avance … non ? Ou dit autrement : fallait-il avoir fait Saint-Cyr pour s’en douter ?

C’est quand même fabuleux que, sous prétexte d’appli smartphone, cette enseigne ait tenté de reporter sur le dos du consommateur sa propre défaillance organisationnelle. L’auditeur interne a pointé le juste problème et il propose la seule vraie solution : ouvrir plus de caisses. Ou alors … supprimer le passage en caisses et laisser les clients partir sans payer. Mais là, je suis pas certain que ce soit possible …

Bref, aujourd’hui je passe en caisse et je lis cette pancarte :
No comment … ou plutôt si justement, car j’oubliais : l’auditeur interne continue à rédiger des rapports qui, au mieux, servent à caler les armoires. Gilbert Piedebois quant à lui, après le fiasco de sa solution … bah … il a été nommé directeur du développement des aptitudes disruptives … et le PDG va le proposer pour la prochaine promotion de la légion d’honneur …

Je refais ma salle de bain (épisode 4)

– Suite de l’épisode 3 –

Mardi 3 juillet 2018 : le mail de confirmation de la visite du professionnel

Wouhaaa j’ai même le prénom du pro, il s’appelle Noam.

Mercredi 4 juillet 2018 : la visite du professionnel.

Bon, en même temps, à partir d’ici j’ai payé 10% du devis. Mais bon, pas 10% en vrai parce que moi, on m’a appris que 10% c’était le montant total du devis divisé par 100 puis multiplié par 10. Donc j’aurais du régler bein … 10% de neuros … hein ? En fait j’ai réglé 7,35%. Ca fait pas 10% … enfin, dans les standards des mathématiques si j’en crois ce que l’on m’a appris à l’école. Et tout ça à cause de leur SI tout pourri (voir l’épisode précédent pour comprendre … bein oui mais faut pas prendre la série en cours de route non plus puisque là, c’est l’épisode 4. Ca vous viendrait à l’esprit vous, de commencer Games of Thrones à l’épisode 4 … hum ?)

Bref, Noam me phone vers 18h moins 10 pour me prévenir qu’il aura environ 10 minutes de retard parce qu’il y a des bouchons sur sa route. Bon en même temps, des bouchons en région parisienne c’est un pléonasme. Mais j’apprécie le côté « pro » de Noam qui me prévient de ne pas m’inquiéter. Et là, je me dis que ça doit être au moins Noam Chomsky le professionnel qui va intervenir chez moi. Décidément il y a du beau monde pour s’occuper de ma salle de bain 🙂

18h10 dring ! C’est Noam qui arrive chez moi. A partir d’ici, on entre dans le bâtiment second oeuvre deux point zéro (et sans « S » à point parce que c’est du digital responsive workflow on the bim bam boum network of mémère en maillot de bain sur le rooftop du prisu … de l’informatique … 2.0 quoi). Oui voyez-vous, j’avais en tête le vieux sketch des inconnus quand l’artisan dit « Je vous ai mis une allège base pleine plafonnée BA13 sur du carreau de 12 …« . Genre papy la soixantaine bien tapée, en salopette bleue avec le crayon de bois derrière l’oreille et la gitane maïs au bec. Désolé, il faudra utiliser votre capacité de représentation visuo-spatiale pour vous former, dans votre tête, une image de cet artisan car j’en ai pas trouvée. Je me demande si c’est pas à cause de la gitane maïs … ça existe encore la gitane maïs ?

Bref là, rien à voir. Noam, la petite trentaine, une pochette sous la main droite, le mètre à ruban dans l’autre se dirige vers ma salle de bain. Il sort son Samsung Galaxy S9  Edge et appelle Maïwenn. Elle répond et … BIM … il passe en visio direct et m’affiche la tronche de Maïwenn « Bonjour Monsieur Fabien. Heureuse de faire votre connaissance … ho, vous ressemblez à … Georges Clooney« . Oui, la dernière phrase, c’est moi qui l’ajoute. Après-tout, c’est mon blog, je peux bien écrire ce que je veux 🙂

Moi : « bonjour Maïwenn. Heureux également de faire votre connaissance. Je pourrai vous demander une photo dédicacée et une montre RTL à la fin ? » Heu … oui, là aussi, la dernière phrase c’est moi qui l’ajoute … rapport au fait que c’est mon blog et que je peux raconter ce que je veux 😉

Bref, on va passer toute la visite technique (environ 1 heure) en visio avec Maïwenn à distance et Noam qui lui montre les coins et recoins de ma salle de bain :

  • Noam qui fait toc-toc sur les murs pour identifier du carreau de plâtre ou du BA13;
  • Noam qui grimpe sur le rebord de ma baignoire pour mesurer la fenêtre;
  • Noam qui essaie de voir ce qu’il y a sous la baignoire
  • Mais comme la plaque de devant ne veut pas s’enlever, il galère et se demande comment faire;
  • Alors il met le téléphone devant la petite fente et demande à Maïwenne « qu’esse tu voiye là ?« ;
  • Maïwenne elle dit « Je vois rien, c’est tout noir … » ;
  • Comme quoi le btp 2.0 ça a aussi ses limites 😉

Noam fait plein de mesures à la demande de Maïwenn. Et à la fin, Maïwenn elle dit « C’est bon, j’ai tout ce qu’il me faut. Est-ce que tu peux vérifier les accès et l’endroit de stockage ?« . Oui, Noam il va prévoir de protéger mon parquet pour éviter qu’il ne soit abîmé pendant les travaux. Et on se met d’accord sur la chambre d’amis pour stocker les matériaux. Et donc, le parquet de la chambre d’amis sera aussi protégé.

Pif, Paf, Pouf, une heure plus tard le sujet est bouclé. Maïwenn reviendra vers moi pour le choix définitif des matériaux et on pourra se mettre d’accord pour une date d’intervention.

A suivre …

Je refais ma salle de bain (épisode 3)

– Suite de l’épisode 2 –

Lundi 2 juillet 2018 : oui bon, il s’est passé pas mal de temps depuis le dernier rendez-vous téléphonique mais en fait, comme je vous le disais, j’ai passé pas mal de temps à corriger le devis que ma coach travaux m’envoyait. J’étais globalement d’accord avec ses propositions mais son devis était rédigé … comment dire … n’importnawak ! Genre, on était d’accord sur un devis total à xxxx euros mais quand je faisais la somme des montants sur le devis PDF, j’arrivais à … 354 euros ! Alors je lui disais « écoute Linda » Oui, j’ai fini par l’appeler Linda ma coach travaux. Alors je lui disais « Dis Linda … moi, je veux bien signer ton devis mais … à la fin, je ne paierai que 354 euros alors que ça coûtera … humm bien plus que ça … tu crois pas qu’il y a un problème … moi je dis ça, je ne dis rien …« . Alors elle me répondais « Ha oui, ho lala … je corrige tout de suite et je vous envoie le dernier devis … » et zou, je recevais le nouveau devis. Mais le nouveau devis n’était toujours pas clair …

Pour être tout à fait honnête, je pense que c’est leur outil informatique qui n’est pas au point. Hé oui, voyez-vous, dans la démarche, je dois payer 10% du devis pour la visite du professionnel chez moi. Alors je voyais bien que Linda, elle essayait de bricoler un truc pour que les montants soient dans la zone « description ». Et elle mettait quelques chiffres dans la colonne « montants » pour qu’au final le total qui apparaît en bas fasse 10% du montant total. Mais bon, le montant total ne faisait jamais 10% et ce que j’ai payé au final est inférieur à ces 10%. Et si on veut vraiment être puriste, le devis est affiché à 10% de la valeur totale donc je pourrais dire que je ne paierai que ce montant au final …

Bref, je pense que leur Système d’Information (SI) est tout pourri et qu’il ne permet pas d’éditer une facture intermédiaire de 10% du total. Alors Linda elle est obligée de patouiller comme elle peut et de mettre des chiffres dans d’autres cases que celles prévues.

Bref, après … je ne sais plus combien d’échanges, j’avais un devis un peu près correct. Alors je vais sur le site pour choisir la date du rendez-vous et valider le devis. Mais là … SUR-PRI-SE … dans mon panier j’ai une ribambelle de devis. En clair j’ai tout l’historique des devis que l’on a retouchés depuis 1 mois, bonjour la lecture.

Et quand je veux valider seulement le dernier, je me rends compte que ce n’est pas possible. Je suis obligé de valider la totalité des devis. Pour le dire autrement, c’est comme si je validais un panier de 50 devis ! Là, pour le coup, j’ai pas envie de payer 50 fois le prix de ma rénovation !

Zou, j’arrête tout et je fais un mail à Linda : « Heuuu dis-moi Linda … t’en aurais pas mis un peu beaucoup des devis dans ta valise en carton … hum ?« .

Réponse de Linda : « C’est fait exprès pour que vous gardiez une trace de tous nos échanges, on ne peut pas faire autrement« .

Quand je vous disais qu’il est tout pourri leur SI. Il ne peut pas « archiver » les documents. Et ne laisser qu’un seul devis « en cours ». Bon, je vais proposer à Hellocasa de venir faire un peu de MOA SI pour remettre leur informatique à niveau.

Elle me précise qu’elle part en vacances mais que je ne m’inquiète pas, c’est sa cheffe « Maïwenn » qui reprend la suite de mon dossier. Hé bein, après Linda de Sousa, me voici avec Maïwenn Leroy … elle va être très « show-biz » ma salle de bain 😉

Allez zou, je retourne sur le site et je valide … le panier de 50 devis. Ensuite, je choisis une date d’intervention : le 4 juillet ça me va bien. Puis le tableau des heures va s’afficher … va s’afficher … va s’afficher … enfin … le sablier tourne, tourne, tourne … je pose mon coude sur la table, je pose mon menton sur ma main, je regarde le sablier … je m’endors ! Patatrack, je chois de tout mon long par terre, il est 4h00 du matin, je me suis endormis devant l’ordi. Et le sablier tourne encore … quand je vous dis que le SI est tout pourri.

Bon, je vais au bureau encore à moitié endormis après cette nuit devant l’ordi. J’attends 9h00 et j’appelle Hellocasa :

Hellocasa : »Oui allo, Maïwenn Leroy à votre écoute.« .

Moi : « Ha Maïwenn, ça tombe bien, c’est Fabien. Dis … ton sablier il tourne encore et j’ai pas pu choisir l’heure d’intervention du professionnel chez moi« .

Hellocasa : « Pas de prob Fab ! file moi ton 06 et je te call immediately pour checker le daite avec le pro« .

Moi : « OK à toute Maïwenn »

Là, je comprends que Maïwenn est une vraie parisienne et que pour parler comme ça elle a du faire au moins Sciences Po. C’est elle qui a du introduire la technique du PPT façon Cap Gemini car ils apprennent ça à Sciences Po. D’ailleurs, je me demande s’ils n’apprennent pas QUE ça à Sciences Po … mais bon, c’est pas le sujet …

Comme convenu, j’ai eu le call de ma nouvelle coach travaux, la visite est programmée au mercredi 4/07/2018 à 18h00 … soit 2 jours plus tard. On est dans la réactivité, vavarouuumm

A suivre …

Je suis journaliste et je dis … ce que je veux même si c’est n’importe nawak

#ArticleSerieux

Bon, attention, j’ai mis le # article sérieux !

Là, je ne peux pas ne pas  réagir. Voyez-vous ce soir, j’écoute d’une oreille distraite les infos de 19h00 sur la radio France Info. Voici un reportage sur les suicides en prison. Mouais, on comprend que les journalistes n’ont plus rien à se mettre sous la dent alors ils cherchent les sujets improbables.

Bref ce soir, Mathilde Lemaire, journaliste de son état, nous explique que … bein, c’est méga pas franchement cool que d’être en prison ! Ha ouais ? Tiens, tu fais bien de me le dire, je ne m’en serais pas douté tout seul. Après elle explique qu’il y a même des suicides en milieu carcéral ! Non ? Tu déconnes ? C’est pas bien la taule ? On est pas comme un coq en pâte ?

Et elle termine son reportage par cette phrase : attention écoutez bien car ça va très vite … 4 secondes ! réécoutez-le plusieurs fois si besoin

« Le taux de suicide en France est 6 fois plus élevé en prison qu’à l’extérieur »

Moi je cite mes sources : france info, mercredi 8 aôut 2018 journal de 19h00, reportage de Mathilde Lemaire, journaliste, « suicides en prison »

Alors toi, tu es dans ta torpeur caniculaire francilienne, avec ton Coca Zéro et ta paille sur ton balcon, à moitié endormis et suant à grosses gouttes perlantes par 36 degrés sous abris … ton abris de parasol. Et tu penses … « A la vache … elle a raison … la Mathilde … c’est une honte … purée … mais que fait le gouvernement !« . Je vais de ce pas, relayer son reportage sur mon facebook en expliquant que je suis super vénère !

Et puis subitement, ton esprit critique se réveille ! Mais, attends ! Il veut rien dire son chiffre ! D’abord, il sort d’où ce chiffre ? On ne sait pas ! Mathilde ne cite pas sa source. Dis Mathilde … tu le sors d’où ton chiffre ?

Mais pire ! Ecoutez bien : « Le taux de suicide en France est 6 fois plus élevé en prison qu’à l’extérieur« . Bein tu m’étonnes mémère ! Moi, je suis à l’extérieur, je vais manger un Whooper quand je veux où je veux, c’est le bonheur et j’ai pas envie de me suicider. Mais si demain, je me retrouve entre 4 murs, à Fleury-Mérogis, où que j’pourrai plus aller manger un Whooper tranquilou où que j’veux … j’aurai certainement envie d’aller voir s’il bon Dieu a pas mieux à me proposer … tu crois pas … Mathilde ?

Bref, je vous donne juste la faille dans sa phrase : pour pouvoir comparer 2 chiffres, la science nous donne une technique simple. Il faut juste que … les chiffres soient comparables. Et pour cela, la science dit « toutes choses étant égales par ailleurs »

Hé oui Mathilde, ton chiffre est intéressant mais il faudrait pouvoir le comparer à une situation comparable. Par exemple … au taux de suicide dans les prisons allemandes ou italiennes ou encore russes, ce que tu veux mais à une situation comparable … hum ? Pas comparer 2 chiffres à 2 situations … pas comparables !

Dis … Mathilde … tu l’as eu comment … ton job de journaliste ? Parce que ça c’est le Ba.BA que l’on apprend en 1ere année. Si la nouvelle génération de journalistes raisonne comme ça, je comprends mieux l’emballement et l’hystérie journalistique autour de cette affaire de l’été qui ne méritait même pas une ligne dans la colonne « faits divers ».