Je refais ma salle de bain (épisode 4)

– Suite de l’épisode 3 –

Mardi 3 juillet 2018 : le mail de confirmation de la visite du professionnel

Wouhaaa j’ai même le prénom du pro, il s’appelle Noam.

Mercredi 4 juillet 2018 : la visite du professionnel.

Bon, en même temps, à partir d’ici j’ai payé 10% du devis. Mais bon, pas 10% en vrai parce que moi, on m’a appris que 10% c’était le montant total du devis divisé par 100 puis multiplié par 10. Donc j’aurais du régler bein … 10% de neuros … hein ? En fait j’ai réglé 7,35%. Ca fait pas 10% … enfin, dans les standards des mathématiques si j’en crois ce que l’on m’a appris à l’école. Et tout ça à cause de leur SI tout pourri (voir l’épisode précédent pour comprendre … bein oui mais faut pas prendre la série en cours de route non plus puisque là, c’est l’épisode 4. Ca vous viendrait à l’esprit vous, de commencer Games of Thrones à l’épisode 4 … hum ?)

Bref, Noam me phone vers 18h moins 10 pour me prévenir qu’il aura environ 10 minutes de retard parce qu’il y a des bouchons sur sa route. Bon en même temps, des bouchons en région parisienne c’est un pléonasme. Mais j’apprécie le côté « pro » de Noam qui me prévient de ne pas m’inquiéter. Et là, je me dis que ça doit être au moins Noam Chomsky le professionnel qui va intervenir chez moi. Décidément il y a du beau monde pour s’occuper de ma salle de bain 🙂

18h10 dring ! C’est Noam qui arrive chez moi. A partir d’ici, on entre dans le bâtiment second oeuvre deux point zéro (et sans « S » à point parce que c’est du digital responsive workflow on the bim bam boum network of mémère en maillot de bain sur le rooftop du prisu … de l’informatique … 2.0 quoi). Oui voyez-vous, j’avais en tête le vieux sketch des inconnus quand l’artisan dit « Je vous ai mis une allège base pleine plafonnée BA13 sur du carreau de 12 …« . Genre papy la soixantaine bien tapée, en salopette bleue avec le crayon de bois derrière l’oreille et la gitane maïs au bec. Désolé, il faudra utiliser votre capacité de représentation visuo-spatiale pour vous former, dans votre tête, une image de cet artisan car j’en ai pas trouvée. Je me demande si c’est pas à cause de la gitane maïs … ça existe encore la gitane maïs ?

Bref là, rien à voir. Noam, la petite trentaine, une pochette sous la main droite, le mètre à ruban dans l’autre se dirige vers ma salle de bain. Il sort son Samsung Galaxy S9  Edge et appelle Maïwenn. Elle répond et … BIM … il passe en visio direct et m’affiche la tronche de Maïwenn « Bonjour Monsieur Fabien. Heureuse de faire votre connaissance … ho, vous ressemblez à … Georges Clooney« . Oui, la dernière phrase, c’est moi qui l’ajoute. Après-tout, c’est mon blog, je peux bien écrire ce que je veux 🙂

Moi : « bonjour Maïwenn. Heureux également de faire votre connaissance. Je pourrai vous demander une photo dédicacée et une montre RTL à la fin ? » Heu … oui, là aussi, la dernière phrase c’est moi qui l’ajoute … rapport au fait que c’est mon blog et que je peux raconter ce que je veux 😉

Bref, on va passer toute la visite technique (environ 1 heure) en visio avec Maïwenn à distance et Noam qui lui montre les coins et recoins de ma salle de bain :

  • Noam qui fait toc-toc sur les murs pour identifier du carreau de plâtre ou du BA13;
  • Noam qui grimpe sur le rebord de ma baignoire pour mesurer la fenêtre;
  • Noam qui essaie de voir ce qu’il y a sous la baignoire
  • Mais comme la plaque de devant ne veut pas s’enlever, il galère et se demande comment faire;
  • Alors il met le téléphone devant la petite fente et demande à Maïwenne « qu’esse tu voiye là ?« ;
  • Maïwenne elle dit « Je vois rien, c’est tout noir … » ;
  • Comme quoi le btp 2.0 ça a aussi ses limites 😉

Noam fait plein de mesures à la demande de Maïwenn. Et à la fin, Maïwenn elle dit « C’est bon, j’ai tout ce qu’il me faut. Est-ce que tu peux vérifier les accès et l’endroit de stockage ?« . Oui, Noam il va prévoir de protéger mon parquet pour éviter qu’il ne soit abîmé pendant les travaux. Et on se met d’accord sur la chambre d’amis pour stocker les matériaux. Et donc, le parquet de la chambre d’amis sera aussi protégé.

Pif, Paf, Pouf, une heure plus tard le sujet est bouclé. Maïwenn reviendra vers moi pour le choix définitif des matériaux et on pourra se mettre d’accord pour une date d’intervention.

A suivre …

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Je refais ma salle de bain (épisode 3)

– Suite de l’épisode 2 –

Lundi 2 juillet 2018 : oui bon, il s’est passé pas mal de temps depuis le dernier rendez-vous téléphonique mais en fait, comme je vous le disais, j’ai passé pas mal de temps à corriger le devis que ma coach travaux m’envoyait. J’étais globalement d’accord avec ses propositions mais son devis était rédigé … comment dire … n’importnawak ! Genre, on était d’accord sur un devis total à xxxx euros mais quand je faisais la somme des montants sur le devis PDF, j’arrivais à … 354 euros ! Alors je lui disais « écoute Linda » Oui, j’ai fini par l’appeler Linda ma coach travaux. Alors je lui disais « Dis Linda … moi, je veux bien signer ton devis mais … à la fin, je ne paierai que 354 euros alors que ça coûtera … humm bien plus que ça … tu crois pas qu’il y a un problème … moi je dis ça, je ne dis rien …« . Alors elle me répondais « Ha oui, ho lala … je corrige tout de suite et je vous envoie le dernier devis … » et zou, je recevais le nouveau devis. Mais le nouveau devis n’était toujours pas clair …

Pour être tout à fait honnête, je pense que c’est leur outil informatique qui n’est pas au point. Hé oui, voyez-vous, dans la démarche, je dois payer 10% du devis pour la visite du professionnel chez moi. Alors je voyais bien que Linda, elle essayait de bricoler un truc pour que les montants soient dans la zone « description ». Et elle mettait quelques chiffres dans la colonne « montants » pour qu’au final le total qui apparaît en bas fasse 10% du montant total. Mais bon, le montant total ne faisait jamais 10% et ce que j’ai payé au final est inférieur à ces 10%. Et si on veut vraiment être puriste, le devis est affiché à 10% de la valeur totale donc je pourrais dire que je ne paierai que ce montant au final …

Bref, je pense que leur Système d’Information (SI) est tout pourri et qu’il ne permet pas d’éditer une facture intermédiaire de 10% du total. Alors Linda elle est obligée de patouiller comme elle peut et de mettre des chiffres dans d’autres cases que celles prévues.

Bref, après … je ne sais plus combien d’échanges, j’avais un devis un peu près correct. Alors je vais sur le site pour choisir la date du rendez-vous et valider le devis. Mais là … SUR-PRI-SE … dans mon panier j’ai une ribambelle de devis. En clair j’ai tout l’historique des devis que l’on a retouchés depuis 1 mois, bonjour la lecture.

Et quand je veux valider seulement le dernier, je me rends compte que ce n’est pas possible. Je suis obligé de valider la totalité des devis. Pour le dire autrement, c’est comme si je validais un panier de 50 devis ! Là, pour le coup, j’ai pas envie de payer 50 fois le prix de ma rénovation !

Zou, j’arrête tout et je fais un mail à Linda : « Heuuu dis-moi Linda … t’en aurais pas mis un peu beaucoup des devis dans ta valise en carton … hum ?« .

Réponse de Linda : « C’est fait exprès pour que vous gardiez une trace de tous nos échanges, on ne peut pas faire autrement« .

Quand je vous disais qu’il est tout pourri leur SI. Il ne peut pas « archiver » les documents. Et ne laisser qu’un seul devis « en cours ». Bon, je vais proposer à Hellocasa de venir faire un peu de MOA SI pour remettre leur informatique à niveau.

Elle me précise qu’elle part en vacances mais que je ne m’inquiète pas, c’est sa cheffe « Maïwenn » qui reprend la suite de mon dossier. Hé bein, après Linda de Sousa, me voici avec Maïwenn Leroy … elle va être très « show-biz » ma salle de bain 😉

Allez zou, je retourne sur le site et je valide … le panier de 50 devis. Ensuite, je choisis une date d’intervention : le 4 juillet ça me va bien. Puis le tableau des heures va s’afficher … va s’afficher … va s’afficher … enfin … le sablier tourne, tourne, tourne … je pose mon coude sur la table, je pose mon menton sur ma main, je regarde le sablier … je m’endors ! Patatrack, je chois de tout mon long par terre, il est 4h00 du matin, je me suis endormis devant l’ordi. Et le sablier tourne encore … quand je vous dis que le SI est tout pourri.

Bon, je vais au bureau encore à moitié endormis après cette nuit devant l’ordi. J’attends 9h00 et j’appelle Hellocasa :

Hellocasa : »Oui allo, Maïwenn Leroy à votre écoute.« .

Moi : « Ha Maïwenn, ça tombe bien, c’est Fabien. Dis … ton sablier il tourne encore et j’ai pas pu choisir l’heure d’intervention du professionnel chez moi« .

Hellocasa : « Pas de prob Fab ! file moi ton 06 et je te call immediately pour checker le daite avec le pro« .

Moi : « OK à toute Maïwenn »

Là, je comprends que Maïwenn est une vraie parisienne et que pour parler comme ça elle a du faire au moins Sciences Po. C’est elle qui a du introduire la technique du PPT façon Cap Gemini car ils apprennent ça à Sciences Po. D’ailleurs, je me demande s’ils n’apprennent pas QUE ça à Sciences Po … mais bon, c’est pas le sujet …

Comme convenu, j’ai eu le call de ma nouvelle coach travaux, la visite est programmée au mercredi 4/07/2018 à 18h00 … soit 2 jours plus tard. On est dans la réactivité, vavarouuumm

A suivre …

Je suis journaliste et je dis … ce que je veux même si c’est n’importe nawak

#ArticleSerieux

Bon, attention, j’ai mis le # article sérieux !

Là, je ne peux pas ne pas  réagir. Voyez-vous ce soir, j’écoute d’une oreille distraite les infos de 19h00 sur la radio France Info. Voici un reportage sur les suicides en prison. Mouais, on comprend que les journalistes n’ont plus rien à se mettre sous la dent alors ils cherchent les sujets improbables.

Bref ce soir, Mathilde Lemaire, journaliste de son état, nous explique que … bein, c’est méga pas franchement cool que d’être en prison ! Ha ouais ? Tiens, tu fais bien de me le dire, je ne m’en serais pas douté tout seul. Après elle explique qu’il y a même des suicides en milieu carcéral ! Non ? Tu déconnes ? C’est pas bien la taule ? On est pas comme un coq en pâte ?

Et elle termine son reportage par cette phrase : attention écoutez bien car ça va très vite … 4 secondes ! réécoutez-le plusieurs fois si besoin

« Le taux de suicide en France est 6 fois plus élevé en prison qu’à l’extérieur »

Moi je cite mes sources : france info, mercredi 8 aôut 2018 journal de 19h00, reportage de Mathilde Lemaire, journaliste, « suicides en prison »

Alors toi, tu es dans ta torpeur caniculaire francilienne, avec ton Coca Zéro et ta paille sur ton balcon, à moitié endormis et suant à grosses gouttes perlantes par 36 degrés sous abris … ton abris de parasol. Et tu penses … « A la vache … elle a raison … la Mathilde … c’est une honte … purée … mais que fait le gouvernement !« . Je vais de ce pas, relayer son reportage sur mon facebook en expliquant que je suis super vénère !

Et puis subitement, ton esprit critique se réveille ! Mais, attends ! Il veut rien dire son chiffre ! D’abord, il sort d’où ce chiffre ? On ne sait pas ! Mathilde ne cite pas sa source. Dis Mathilde … tu le sors d’où ton chiffre ?

Mais pire ! Ecoutez bien : « Le taux de suicide en France est 6 fois plus élevé en prison qu’à l’extérieur« . Bein tu m’étonnes mémère ! Moi, je suis à l’extérieur, je vais manger un Whooper quand je veux où je veux, c’est le bonheur et j’ai pas envie de me suicider. Mais si demain, je me retrouve entre 4 murs, à Fleury-Mérogis, où que j’pourrai plus aller manger un Whooper tranquilou où que j’veux … j’aurai certainement envie d’aller voir s’il bon Dieu a pas mieux à me proposer … tu crois pas … Mathilde ?

Bref, je vous donne juste la faille dans sa phrase : pour pouvoir comparer 2 chiffres, la science nous donne une technique simple. Il faut juste que … les chiffres soient comparables. Et pour cela, la science dit « toutes choses étant égales par ailleurs »

Hé oui Mathilde, ton chiffre est intéressant mais il faudrait pouvoir le comparer à une situation comparable. Par exemple … au taux de suicide dans les prisons allemandes ou italiennes ou encore russes, ce que tu veux mais à une situation comparable … hum ? Pas comparer 2 chiffres à 2 situations … pas comparables !

Dis … Mathilde … tu l’as eu comment … ton job de journaliste ? Parce que ça c’est le Ba.BA que l’on apprend en 1ere année. Si la nouvelle génération de journalistes raisonne comme ça, je comprends mieux l’emballement et l’hystérie journalistique autour de cette affaire de l’été qui ne méritait même pas une ligne dans la colonne « faits divers ».

Le homard du RER E …

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Bon, je m’étais promis de ne plus sur-réagir aux dysfonctionnements endémiques de la SNCF, mais là … c’est la goutte d’eau qui fait déborder le maçon qui a tué la peau de l’ours.

Voyez-vous, je suis du genre organisé. Oui, je l’ai déjà écrit ici, je suis « J » sur le MBTI. Alors le matin, mon réveil sonne à 5h53. C’est pile 60 minutes avant le départ de mon RER. Parce qu’en 60 minutes je peux tout faire y compris descendre à la gare. C’est réglé comme du papier à musique je vous dis. Bref, chez moi, c’est minuté comme le service des hôtesses de l’air sur la navette Air-France Paris-Toulouse. Si vous ne l’avez pas déjà fait, amusez-vous à observer le balai des hôtesses depuis la fermeture des portes à Paris jusqu’au moment elles vous disent « Au revoir, bonne journée » toutes agglutinées devant la cabine du cap’tain speaking. Vous verrez que chacun de leur geste est millimétré, temporisé et surtout répété à l’identique sur chaque vol.

Donc, disais-je, j’opère mes préparatifs du matin et tout va bien jusqu’à l’observation de l’horloge du four au moment ou je sors de la salle de bain et reviens dans la cuisine. Un oeil en biais sur l’horloge tout en allant vers la radio pour changer de station. Oui, c’est très important de changer de station pile à cet instant car c’est le moment « sport » et j’en peux plus des pédaleux. Rappelons nous que je viens de passer un mois à devoir changer de station car j’en pouvais plus des commentaires puissants des experts de la coupe du monde de faute-balle. Et maintenant, j’ai droit aux commentaires puissants des expertes du tour de pas la France. Oui, j’ai écrit « expertes » car je ne sais pas ce qui se passe mais maintenant sur France Info, ce sont des femmes qui commentent les p’tits vélos. C’était insupportable quand c’était des hommes. On aurait pu penser que ça ne pourrait que s’améliorer avec des femmes. Hé bein … BIM … c’est pire ! Mais bon, là n’est pas le sujet. Il ne faudrait pas s’égarer.

6h32, c’est l’heure qu’affiche l’horloge du four. Ici, il faut que je précise que l’horloge du four avance très exactement de 8 minutes. Car 8 minutes, c’est le temps qu’il me faut pour aller de devant le four à ma place au bout du quai B de la gare de Villiers sur Marne. Pile en face de là où s’arrêtera la dernière porte de l’avant dernière voiture de mon RER ! Donc, en lisant l’heure, je sais à quelle moment je serai à la gare et donc, si je suis dans les temps pour ne pas louper mon train.

Ensuite, je retourne à l’entrée de la cuisine pour consulter l’appli SNCF qui m’indique où en sont les trains dans leur circulation. A cet instant précis, l’appli SNCF m’indique que mon train, le 6h53 à Villiers sur Marne, se trouve entre Ozoir-la-Ferrière et Roissy-en-Brie. OK, check tout va bien. Je peux maintenant enfiler mon costume. Mais pas de cravate car chez moi, l’été c’est sans cravate … façon George Clooney dans la cultissime scène du film de Godard « Tu prendras bien un p’tit café » quand il dit à son hôte, sur un texte de Michel Audiard, « … et pis quoi encore … » (traduction google de « what else ») … le col de chemise ouvert.

Dernier tour de piste, il est 6h48 à l’horloge du four. Je pars maintenant comme ça j’aurai pile 5 minutes d’avance … une petite marge pour le cas où.

J’arrive à la gare, l’écran affiche 6h44 ! Quoi 6h44 ? Mais, ça me fait … 4 minutes d’avance sur mon horloge du four ! Ha mais ouiiiiii que je suis nouille, j’ai oublié qu’au dernier passage à l’heure d’été j’ai tourné trop fort la molette et j’ai décalé de 10 minutes au lieu de 8 ! Oui mais attends, 2 minutes de plus … là, c’est 4 minutes d’avance que tu as … hum, hum, ça mérite des investigations plus poussées effectivement. Peut-être que mon nouveau costume arnys et mes Weston « VEAU BOX NOIR LES GRANDS CLASSIQUES » ont un coefficient de pénétration dans l’air qui me fait gagner en vitesse de marche … hypothèse. Bon, j’investiguerai ce point plus tard.

Donc, me voici à la gare devant l’écran, en haut des escaliers. Mais … mais … où qu’il est mon 6h53 ? disparu des écrans radar comme le MH370 de la Malaysia Airlines ! Peut-on … détourner un RER ? Mon RER se serait-il crashé dans la Marne juste après Les Yvris-Noisy le Grand ? Ou quoi, ou caisse comme dirait Franck Dubosq. Dépité par mes 4 minutes d’avance, auxquelles il faut ajouter mes 5 minutes de marge, mais surtout par la disparition de mon train, j’envisage une autre solution horaire. Voyons voir, le 6h38 « retardé » … le 6h49 « supprimé » … le 6h53 bein lui, je l’ai déjà écrit, il a disparu de l’affichage … le 7h04 « retardé » … le 7h08 « supprimé » … le 7h19 visiblement il roule …. ouf ! Ha oui quand même ! Donc à cet instant précis, je m’apprête à poireauter environ 30 minutes. Et dire que jusqu’ici, mon temps était cadencé, rythmé comme un carillon Sarda de Besançon. Je suis dépité, dégoutté, décontenancé, désabusé, désenchanté, chagriné, désappointé que dis-je, je suis … quinaud. Oui, je viens d’acheter la dernière version du dictionnaire des synonymes de chez Bescherelle.

C’est donc las que je descends les escaliers qui mènent au hall d’entrée de la gare. Et c’est avec la même lassitude que je remonte les escaliers qui mènent au quai B. Alors ici, j’aimerais dire à la SNCF que ses aménagements immobiliers urbains sont … improbables. C’est pourtant une notion apprise en CM1. C’est de la simple arithmétique. Voyez-vous -1+1=0 ! Donc quand je descends des escaliers pour ensuite les remonter, je fais pareil … je fais 0 ! Alors pourquoi m’obliger à descendre des escaliers puis à les remonter à 6h du matin quand je suis mal réveillé et que tous les trains sont supprimés ? Hum ? je vous le demande … Ne pourrait-on pas simplement aller sur le quai sans devoir se taper un dénivelé dans un sens puis un autre dans l’autre sens ? Car 2 dénivelés inversés se compensent … et TOC !

Bon, bref, me voici sur le quai B. Et on est nombreux sur le quai B, croyez-moi. Sur l’écran il est écrit « attention au passage d’un train, éloignez vous de la bordure du quai« . Oui, ça c’est pour dire qu’il y a un train sans arrêt qui va passer tout berzingue dans la gare.

Et c’est à ce moment précis que la dame du haut-parleur fait le choix de balancer son annonce. Donc voici très exactement le déroulé de ce qui s’est passé. Et je suis prêt à parier qu’elle a fait exprès de démarrer son annonce à cette seconde précise.

La dame du haut-parleur : « mesdames et messieurs, je requière toute votre attention la plus attentive parce que ce message est de la plus haute importance importante pour votre trajet de ce jour. Le train HUVA, à destination de WROUAHOUMMMMMMMMMM TA-TAC-TA-TOUM TA-TAC-TA-TOUM   TA-TAC-TA-TOUM  TA-TAC-TA-TOUM  TA-TAC  WROUAHOUMMMMMMMMMM WISHHHHhhhhhhhhh à son terminus »

Vous l’avez compris, c’est le fameux train sans arrêt qui est arrivé pile quand elle a prononcé la phrase la plus importante ! ARRRRGGGGGHHhhhhhhhh mais je vais lui faire bouffer moi son micro à la pintade qui fait exprès de parler quand le train va passer ! Et elle aurait pas l’idée de redire son message la tourte ?

Hé bein non ! Et vous savez pourquoi elle ne redit pas son message ? Parce qu’elle n’est pas dans la gare de Villiers, Claudine ! Elle est R’LIV au PIVIF de Val de Fontenay parce qu’elle travaille avec le GIV du COT. Ha ça vous en bouche un coin, ça ! Oui, je sais, la SNCF adore les acronymes. Bon, comme je suis sympa, je vous les donne :

  • PIVIF : Poste d’Information Voyageurs Île-de-France
  • GIV : Gestionnaire de l’Information Voyageurs
  • COT : Centre Opérationnel Transilien
  • R’LIV : Bein j’sais pô ! j’ai pas trouvé … nul part …

Bon, alors comme on trouve pas l’explication pour R’LIV, je propose Radine en Livraison d’Information Voyageur … na !

Bref, tout paniqué que je suis, je me tourne vers la dame en tongues qui est à côté de moi.

Moi : « vous avez compris ce qu’elle à dit ? »

Elle : « je crois qu’elle a dit … le train HUVA à destination de Perpignan est embourbé dans la vase jusqu’aux moyeux. Il repartira quand la baignoire volera à son terminus … mais je suis pas sûre … »

Moi : « ha oui … pas sûre … »

Je redouble de panique à l’idée de savoir que je ne sais pas justement. Je m’adresse au monsieur en tongues à ma droite.

Moi : « vous avez compris ce qu’elle à dit ? »

Lui : « je crois qu’elle a dit … le train HUVA à destination de frouich remblelak pitchr misoufiv gratuifiant vlamendouch perlera demain à son terminus … mais je suis pas sûre … »

Moi : « ha oui … pas sûr … »

Je redouble de panique … heuuu … si je redouble de redouble … donc je double au cube, non ? Enfin bref, tellement angoissé de panique paniquante terrorisé … c’est vous dire dans quel état me met la SNCF, je regarde la femme en face de moi, qui est en tongues aussi, avec un regard de perdreau enfariné. Normalement, si elle comprends la communication non verbale, elle va m’apporter sa réponse.

Elle : « J’ai rien compris … le train a fait trop de bruit »

Elle a compris ! Enfin je veux dire, elle a compris mon regard … pas le message de Claudine.

Du coup, sur le quai, tous les voyageurs sont médusés. Oui, j’utilise à fond mon dictionnaire des synonymes. Nous nous regardons, interloqués puis, comme dans une chorégraphie d’Yvette Horner, la demi-soeur par alliance de Tina … Turner, nous regardons le haut-parleur avec, toutes et tous, un regard de merlan frit. Oui, en communication non verbale, le regard de merlan frit ça veut dire « Mais tu vas le répéter ton message, Claudine, screugneugneu de saperlipopette !« . Mais le haut-parleur lui, il a rien compris à notre communication non verbale car il n’a rien répété du tout. Si ça se trouve, c’est parce que le haut parleur … il ne portait pas de tongues ! Je ne vois que cette explication.

Les minutes passent, passent, passent … mais pas les trains. A croire que pour eux c’est plutôt … trépassent …

Quand subitement, tout à coup, promptement et sans crier … gare … gare SNCF, j’entends … l’écran affiche « train à l’approche » ! Boh … c’est pas possible … il est 6h50 et il y a un train à l’approche ? Donc, le train … il va partir à … 6h53 ? On nous aurait menti ? Le 6h53 est bien programmé et à l’heure ? Je n’y comprends plus rien mais mon angoisse redescend d’un cran.

Le train arrive, ralenti, s’arrête. Les portes s’ouvrent et un flot de voyageurs s’écafouille sur le quai B. C’est comme « se répand » mais je trouve que « s’écafouille » est plus imagé. Bref, je comprends qu’ils sont très nombreux dans ce train … trop nombreux. A mes pieds, un voyageur allongé au sol et recouvert d’une centaine d’autres voyageurs me regarde et essaie de dire quelque chose …

Le voyageur écrabouillé : « haaaa haaaa … »

Moi : « oui mon brave … dites-moi, depuis combien de temps êtes-vous dans ce train ? »

Le voyageur écrabouillé : « 6h48 … haaaaaa »

Moi : « oh bein … 5 minutes … ça va. Faut pas faire ta chochotte mec. On a déjà connu bien pire sur cette ligne »

Le voyageur écrabouillé : « Haaaaa … 6h48 … vendredi dernier !  »

Moi : « ha oui, quand même … un retard de … 5 jours et 5 minutes ! pas mal, la qualité du service s’améliore ! »

Ensuite l’agent de quai est venu avec le DBV, le Dispositif de Bourrage de Voyeurs :

Oui, parce que techniquement, faire entrer 158 254 voyageurs dans un train qui peut en contenir 850, ça demande un peu de technique.

Bref, après 8h de manut’ tout le monde avait trouvé sa place à l’intérieur. Personnellement, j’étais collé au plafond du compartiment haut, la joue droite écrasée sur l’image du totem masqué incas du Pérou occidental. Oui, on avait la chance d’être dans le train, gentiment redécoré par la SNCF avec des images des oeuvres du musée du quai Branly.

Evidemment, c’est aujourd’hui que le chef de la régulation a décidé de faire rouler le train tout doucement. Bah oui, si non … ce serait pas drôle. J’ai donc bien profité de mon voyage collé aux images des incas, des pastèques et des sioux du wyoming, respirant calmement dans ma paille Burger King que j’ai réussi à faire passer à travers la vitre ouverte.

Arrivée à Rosa Parks, les portes se sont ouvertes et j’ai pu me laisser emporter par la vague descendante jusque sur le quai, écrabouillant par ci par là quelques arpions et autres tongues abandonnées.

Rejoignant, nonchalamment, le tram T3, je traverse le hall de la gare Rosa Parks :

Et c’est pile à ce moment que je l’ai entendu … le message de la mort qui tue mémère en tongues sur le toit du prisunic. Ce n’était plus Claudine mais une autre R’LIV. Je pense qu’elle était de remplacement pour les vacances car habituellement c’est une voix d’homme. Bref, ça commence par le jingle classique de la SNCF. Et après elle prend la parole avec un accent comment dire … genre titi parisien chauffeur de taxi énervé dans un embouteillage sur le périph près de porte maillot. Et elle dit :

Simone Grimpois : « le train HUVA de 7h14 accuse un retard de 6 jours 5 heures et 24 minutes du à des voyageurs qui voulaient monter dedans. En conséquence de quoi ce train sera terminus Dunkerque. Je répète, ce train sera terminus Dunkerque. Et ne venez pas vous plaindre parce qu’on pourrait très bien vous faire payer le supplément Rosa Parks Dunkerque … non mais … Ho pis j’en ai marre à la fin ! de toute façon j’voulais pas être speakeuse à la SNCF. J’voulais être chanteuse moi … toute ma vie j’ai rêvée d’être une hôtesse de l’air …  » 

Je crois que c’est le « …pis j’en ai marre … » qui m’a été fatal. A ce moment là, mes tympans se sont vrillés. Ils ont comprimés mon cortex cérébral du cerveau des lobes occipitaux et … POUF … je suis tombé. J’ai chu de tout mon long dans le tunnel juste avant la sortie de Rosa Parks. Par terre, j’ai senti qu’il me restait un peu de temps avant de trépasser alors, avec mon nez ensanglanté, j’ai écrit :

SNCF : questionnaire de satisfaction à destination des usagers usagés

Que pensez-vous de la régularité des trains* ?

  1. la régularité est parfaite
  2. la régularité est très bonne
  3. la régularité est excellente

Que pensez-vous de la qualité des annonces en gare* ?

  1. les annonces sont toujours pertinentes
  2. les annonces sont très utiles
  3. les annonces sont d’une qualité remarquable

Globalement que pensez-vous de la qualité de service de la SNCF* ?

  1. la SNCF est le meilleur service public du monde
  2. la SNCF est vraiment au top de la performance
  3. la SNCF est une référence internationale

* réponse obligatoire

Je refais ma salle de bain (épisode 2)

– Suite de l’épisode 1 –

Lundi de pentecôte 21/05/2018 12:50 je reçois le mail de ma coach travaux. Je dois lui répondre en choisissant la date et l’heure de notre rendez-vous téléphonique. Alors là déjà ça part bien. Car elle ne m’impose pas ses contraintes, c’est à moi d’indiquer ma disponibilité. Si vous ne comprenez pas ce point, je vous suggère de lire mes différents articles sur la « posture de service » et particulièrement celui où je démontre que la SNCF est aux antipodes de cette posture de service.

J’ai reçu également un doc, genre PPT, qui me présente la méthode hellocasa et les 7 temps : du 1er RDV Téléphonique jusqu’à la réception des travaux.

Hein, quand même, pour avoir l’habitude de bosser avec des consultants dont la principale compétence est justement la production de PPT au kilomètre, je peux vous assurer que c’est carrément du niveau Cap Gemini.

Bref, je choisis la date et l’heure du rendez-vous téléphonique et je dois joindre un petit crobar de ma salle de bain. Ma coach travaux m’explique dans son mail que ce n’est pas la peine d’y consacrer trop de temps, un gribouilli à la main est suffisant. C’est juste pour avoir une première idée. De toute façon si on fait affaire ensemble, un professionnel viendra prendre les mesures.

Bon, vous me connaissez, ou pas, je ne peux pas faire un dessin tout pourri à main levée sur un vieux bout de papier. Je sors le mètre à ruban Facom de l’époque où j’étais étudiant et que je travaillais pour un cabinet d’archi. Je prends les mesures de ma salle de bain et zou, je sors le logiciel de dessin. Bon, pas autocad quand même mais presque. Et pif paf pouf, 4 heures, 2 litres de sueur,153 tirages de langue et … 78-retours-à-la-salle-de-bain-parce-que-j’ai-oublié-de-mesurer-un-truc plus tard j’ai mon plan.

Je package tout ça dans un PDF qui va bien et zou, j’envoie tout ça par mail à ma coach travaux.

Mercredi 23 mai 2018 : le 1er rendez-vous téléphonique avec ma coach travaux. Bon, c’est pas Valérie … déception … c’est Sousada, elle a une jolie voix 🙂 Elle me remercie pour mes plans et tout et tout. Elle me demande de quoi j’ai envie. Je lui réponds que j’aimerais un Wooper, des frites et un Coca zéro. Elle me répond qu’elle a pas ça sous la main mais que si je veux on peut parler de mon projet de rénovation de ma salle de bain. Ok, ça me va bien !

Je lui explique que j’avais pensé à une cabine de douche mais avec la fenêtre ça risque d’être compliqué. Elle confirme et on s’oriente vers un receveur rectangulaire avec une paroi. Et on papote comme ça pendant 20 bonnes minutes. Je la trouve vraiment à l’écoute. On se donne rendez-vous pour le 28 mai. Ce sera le 2e rendez-vous téléphonique où elle me présentera sa proposition et le tarif.

Lundi 28 mai 2018 : le 2e rendez-vous téléphonique avec ma coach travaux

Sousada m’envoie sa proposition, un autre document genre PPT de consultant Cap Gemini. Et attention les yeux, une image de synthèse sous plusieurs angles de ma future salle de bain. Tout est indiqué : le détail des différents travaux, le détail de la main d’oeuvre avec le tarif, tout le matériel avec les tarifs également. Elle me suggère de remplacer mon convecteur électrique par un sèche serviette qui fait radiateur. Bon, sur ce point je ne suis pas convaincu. Tout le reste correspond assez bien.

Et surtout, ce que je n’avais pas compris au départ, c’est que tout va être refait du sol au plafond. Alors que je pensais « service minimum ». Mais finalement c’est bien mieux comme ça. Du coup, le tarif annoncé me parait correct par rapport à la prestation. Ouais parce que … pas nunuche le mec quand même, j’avais demandé à mon ami google le prix au mètre carré d’une rénovation de salle de bain. Et pif paf pouf, multiplié par la surface de ma salle de bain, j’avais mon repère en tête.

Elle me propose de revoir mon projet en fonction de notre échange et de programmer un 3e rendez-vous téléphonique pour stabiliser tout cela. Du coup, je peux profiter du temps avant ce 3e rdv pour comparer les tarifs des matériaux et des accessoires. Je peux même en choisir d’autres dans n’importe quel magasin si je le souhaite.

Jeudi 30 mai 2018 : le 3e rendez-vous téléphonique avec ma coach travaux. C’est l’étape 3 sur la méthode ci-dessus. Je crois que c’est à partir d’ici qu’on a un peu dérapé par rapport à l’enchaînement des étapes.

Bon, bref, j’avais préparé mes questions sur mon petit carnet à spirales sur lequel je note tous mes trucs perso genre : « pour se rendre au CNAM, il faut prendre la 4 jusqu’à Réaumur-Sébastopol », « une ramette de papier A4 CLAIREFONTAINE c’est 4,99 euros TTC », « Penser à reprendre des oeufs pour les pancakes de samedi matin », « On mesure l’intelligence d’un individu à la quantité d’incertitudes qu’il est capable de supporter. E. KANT »,  etc … oui, je note vraiment de tout sur mon carnet à spirale mais en fait ici, on s’en fiche, ce n’est pas le sujet.

Donc je sors mon carnet à spirales pour avoir mes questions sous la main :

  • question 1 : sur le slide 3 du PPT, je lis « revêtement des murs -> placo » Quesako ? Il y en a déjà du placo. Pourquoi faut-il autant de mètres carré de placo ? Je refais juste ma salle de bain, pas toutes les salles de bain de toute la résidence
    • réponse de ma coach travaux : bein, on va reposer du placo sur le carrelage actuel. « houlala » que je lui dis. Ca va pas être possible. Ma salle de bain est déjà toute petite, si on épaissit les murs, il ne restera plus rien. Bref, elle me propose de déposer le carrelage actuel -> je valide

     

  • question 2 : sur le slide 5 quelle est la couleur du receveur de douche ? La profondeur du plan de travail ? La hauteur du plan par rapport au sol ? Et j’ai un doute pour le receveur « extra plat » car l’évacuation de la baignoire est déjà à 10 cm.
    • réponse de ma coach travaux : pour les couleurs précises et les matériaux, on choisira en final, après la visite du professionnel. Pour le receveur « extra plat », en fait c’est le terme classique pour un receveur de 12 cm. Elle me donne les mesures demandées – > je valide

Après cela, elle m’explique qu’elle va refaire le devis et me le renvoyer pour validation.

En fait, le dérapage dans la méthode il est pile ici : il y aura moult retours parce que Sousada elle se prend à chaque fois les pieds dans le tapis avec ses devis. Mais je suis toujours sympa et pédagogique alors je l’aide à faire ses devis mais aussi ses calculs. Oui, parce que … une fois … le devis il était à 315 euros TTC. Alors je lui ai expliqué que la rénovation d’une salle de bain entière à ce prix là … elle risquait d’avoir énormément de clients mais, en contre-partie, de mettre bientôt la clé sous le … tapis de bain. Oui c’est comme le paillasson mais dans la salle de bain 😉

Mais vous verrez dans l’épisode suivant qu’en réalité, le problème du devis, bein … c’est pas Sousada. C’est autre chose. Mais je ne dévoile pas tout de suite le truc histoire de faire un peu de teasing 😉

A suivre …

Je refais ma salle de bain (épisode 1)

Voilà un petit moment maintenant que je voulais refaire ma salle de bain. Mais ce qui me retenait de passer à l’action c’est la trouille de tomber sur un artisan pas sérieux. Genre, au fur et à mesure de l’avancée du chantier, il t’ajoute des trucs pas prévus au départ et qui te coûte bonbon. Ou bien il est pas du tout compétent et te salope le boulot. Ou encore, il part en laissant en plan un chantier pas terminé … bref, le grand classique des artisans …

Et puis un jour, je reçois un de ces spams dans ma boîte à mail : « changer votre baignoire pour une douche en toute sécurité ! » Tiens, tiens, voilà qui aiguise ma curiosité car c’est justement ce que je souhaiterais faire. Pif, paf, pouf, ni une ni deux, je clique. Me voilà sur le site :

WonderfulAndPrettyShowerYouPushYourGrandMotherInTheNettles.com

Oui, j’ai légèrement modifié le nom du site pour ne pas faire de publicité. Bref, c’est un formulaire. Je dois donner mon nom, mon prénom, mon adresse postale … hop hop hop pas si vite l’ami. Et le RGPD, tu connais ? Bon, je renseigne ninpornawak genre : alfred pouffrin, 78 rue de la biche sournoise, 55420 vroumincourt sur Meuse. Evidemment je dois donner mon mail … alors que j’ai cliqué justement sur un lien qu’ils m’ont envoyé par … mail ! Donc ils le connaissent mon mail ces gredins ! Mais, bon, je continue : alfred.poufrin@sncf.fr oui comme ça, juste pour rigoler en pleine période de grève. Comme ça, s’il existe un alfred poufrin à la sncf, il se fera pourrir sa boîte pro par des spam de douche à mémé 🙂 Je valide

Page 2, je dois choisir entre le modèle « classic », le « médium » ou le « premium ». Heuuu vous avez une idée de la taille de ma salle de bain ? hein ? bon, allez, soyons fou, je clique sur « premium ». Je valide

Page 3,  wouhaaaaaaa apparaît une photo de ma future salle de bain ! Bon, en même temps, je crois que n’ai pas encore eu le temps d’indiquer que ma salle de bain actuelle est légèrement moins spacieuse.

Pour le dire autrement, pour rénover ma salle de bain et obtenir ce résultat, il faudra … pousser les murs. Et je ne suis pas certain que ma voisine soit d’accord pour que j’empiète d’environ 30 mètres carrés chez elle …

Bref, ayant compris le sérieux du site, je clique sur la petite croix rouge en haut à droite de mon navigateur. Mais je reste avec ce doutage au fond de moi : ce serait quand même pas mal d’avoir une douche le matin. Une douche comme à l’hôtel plutôt que ma baignoire villeroy & boch blanche pâteuse et mon rideau de douche avec des gros coquillages. Et surtout l’eau qui tombe du haut et ruisselle sur mes abdos façon tablette de chocolat plutôt que la douchette qui me glisse des mains à cause du savon et va éclabousser tous les murs. L’idée fait son chemin mais je ne sais pas à qui m’adresser.

Bref, en plus c’était l’hiver dernier et je ne sais pas pourquoi mais je ne me voyais pas engager des travaux de cette nature en hiver.

Nous voilà en mars. Je pars en mission et me retrouve dans un p’tit hôtel ma foi fort sympathique : l’abbaye des capucins à Montauban. Je rentre dans la salle de bain de ma chambre et là Bam ! Pile la salle de bain dont je rêve.

Bref, nouveau rappel à ma mémoire : dis-donc, t’avais pas envisagé de refaire ta salle de bain ? Bein si mais …comme dirait monsieur Fernand Naudin : « Haaaa Montauban, on ne devrait jamais quitter Montauban !  »

Zou, voilà le printemps ! Et par le plus grand des hasards, je me retrouve au café de la gare avec les membres du CA du Crédit Mutuel. Bon, c’était pas complètement le hasard vu que l’on venait de clôturer  le CA et que l’on terminait par un moment festif. Et v’la ‘ty pas que le directeur parle des travaux qu’il vient de terminer chez lui. Fuego ! me dis-je, je vais lui demander les coordonnées de son artisan. S’il a fait du bon travail chez lui, il en fera de même chez moi. En plus, de la façon dont il en parle, je comprends qu’il le connait très bien. Me voilà rassuré.

Bon, quelques semaines passent encore. J’ai les coordonnées de l’artisan dans mon tel mais je n’ai pas encore pris contact.

Dimanche 20 mai 2018 : je vais chez Bricorama chercher un cadre pour l’affiche que je me suis offerte. Oui, c’est un autre spam reçu quelques jours auparavant. Il me proposait cette affiche que je trouve très jolie. D’ailleurs, il me semble l’avoir déjà vu quelque part mais je ne me souviens plus où c’était … Donc disais-je, me voilà chez Bricorama, au rayon arts créatifs, tout perdu devant les milliers de cadres proposés. Bref, je décide de me décider rapidement. Après tout, je ne vais quand même pas passer 3 plombes dans ce magasin, un dimanche matin en plus. En fait, quand j’y repense, l’originale est une peinture sur toile sans cadre. Il me faut donc le cadre le plus simple, sans « passe partout » … oui ne me demandez pas pourquoi ils ont mis le nain de fort Boyard dans un cadre … cela reste pour moi un mystère. Bref, après 4 heures et demi de réflexion et après avoir dérangé tout le linéaire, mon choix s’arrête sur un sous-verre tout simple avec petits clips en inox.

Mon sous-verre sous le bras, je me dirige vers les caisses quand subitement et de manière concomitante, mon oeil est attiré par … l’espace salle de bain. Et Bim une nouvelle fois, le sujet revient à la charge. Je bifurque machinalement sur bâbord. Je traverse le rayon rideaux. Puis je longe le rayon fils électriques.  Je passe devant l’espace salons de jardin. Je traverse le rayon perceuses et motobineuses. Je laisse derrière moi les étalages de marteaux, tournevis et autre scie à chantourner pour arriver au niveau des présentoirs à carrelages et enfin, 6 heures et 57 kilomètres plus tard, j’arrive à l’espace salle de bain.

Des cabines de douche, des meubles, des roubinets, des sèches-serviettes, des vasques, des pédiluves, des colonnes de douche, des mitigeurs, des pommes de douches, des poires à lavement et des scoubidou bidou ha ha … cherchez l’intrus. Le choix est vasque … pardon vaste 😉 Mais je vois des choses que j’imagine bien dans ma salle de bain. Et surtout, je tombe nez à nez avec cette affiche. Pardon … ce flyer :

Bricorama propose de prendre en main le chantier, voilà une idée qu’elle est bonne. Si c’est le magasin qui prend en charge, je ne prend pas trop de risque car s’il y a problème je sais vers qui me retourner et surtout le prix est fixé à l’avance. Pas de surprise à l’arrivée me dis-je.

Ni une, ni deux, je fonce vers un vendeur. 7 heures et 57 kilomètres plus tard, oui j’ai du faire le trajet en sens inverse mais forcément nettement plus fatigué, j’arrive devant le dit vendeur.

Moi : « salut ho toi brave vendeur de la ci-devant échoppe et comptoir à matériaux et outils en tout genre dont la réputation n’est plus à faire. On m’a dit du bien de ton service de travaux à domicile. Peux-tu m’illustrer par le propos la bonne affaire que voilà ? »

Lui : « hein ? »

Moi : « heu oui quoi, est-ce que je peux faire refaire ma salle de bain avec ce service ? »

Lui : « bein … oui. C’est le principe ! On étudie votre projet avec vous. Puis on vous fait un devis gratuit et après vous vous décidez »

Moi : « Ha parfait. Alors allons-y mon bon vendeur »

Bref, il tapouille sur son ordinateur, me demande plein de renseignements beaucoup plus pertinents que ma 1ere tentative sur le net et m’indique que mon coach travaux m’appellera au téléphone pour s’entretenir avec moi de mon projet.

Wouhaaaaa mon « coach travaux ! » trop la classe. Je vais avoir Valérie Damidot dans mon p’tit chez moi … houlala va falloir que je pense à ranger un peu.

https://hellocasa.fr/blog/bfm-tv-comment-renover-facilement/

A suivre …

SNCF, mon désamour :-(

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Pourquoi il faut impérativement réformer et vite la SNCF

La SNCF et ses usagers ne sont plus en phase et je vais vous expliquer pourquoi. En fait c’est assez simple, c’est juste un problème de représentation. Je m’explique. Pour le voyageur, la mission de la SNCF c’est … transporter des voyageurs. Mais pour la SNCF, son point de vue sur sa mission est différent. La SNCF pense que sa mission c’est … faire rouler des trains !

Et là, vous me dites « oui mais pour transporter des voyageurs, il faut faire rouler des trains donc ça matche !« . Grave erreur ! Car les besoins des voyageurs sont très différents des besoins des régulateurs du trafic de la SNCF. Et c’est pareil pour les contraintes. Les contraintes des voyageurs n’ont rien à voir avec les contraintes des régulateurs du trafic des trains.

J’illustre mon propos :

Ce soir, je monte dans un train qui a pour destination « Villiers sur Marne ». Le trajet est très chaotique et on avance pas. Après Val de Fontenay, le conducteur annonce : « compte tenu du retard pris sur notre trajet, notre terminus sera Nogent le Perreux.« . Ici, mon besoin c’est de me rendre à Villiers sur Marne. Le besoin de la SNCF c’est de faire rouler son train. A Val de Fontenay, je me suis déjà pris 12 minutes dans la vue et je peste contre la SNCF qui n’est pas foutue de respecter son engagement de m’amener à Villiers en temps et en heure. Le régulateur de la SNCF, lui peste contre ce train qui ne sera pas de retour à la gare d’Haussmann Saint Lazare au bon moment pour sa rotation suivante. A partir d’ici, la SNCF a 2 options :

  1. elle respecte son engagement envers les voyageurs et elle fait tout pour les emmener à Villiers sur Marne, la destination contractualisée dans le service qu’elle a vendu
  2. elle respecte sa mission de bien faire rouler les trains et elle stoppe son train à Nogent le Perreux pour que le train puisse repartir en sens inverse et être à l’heure à la gare d’Haussmann Saint Lazare

Le message du conducteur est sans ambiguïté. Le régulateur a choisi l’option 2. Nous avons été débarqués à Nogent le Perreux pour que le train puisse bien rouler et être à l’heure à la gare d’Haussmann Saint Lazare. C’est ce que j’appelle, pour le voyageur que je suis, « la double peine SNCF » :

  1. je suis en retard parce que la SNCF n’est pas foutue de faire rouler des trains correctement
  2. je suis jeté au milieu de nul part, loin de ma destination, juste pour combler les besoins du régulateur de la SNCF

Et si on met un peu de psychologie, dans la lecture de cet événement, on dirait que la SNCF a commis une faute – prendre du retard sur le service contractualisé avec le client – et plutôt que de s’excuser platement auprès du client et de l’amener à bon port avec mille excuses et peut-être même, si elle avait le moindre début de « posture de service », elle offrirait un dédommagement … au lieu de cela, disais-je, la SNCF fait supporter le poids de sa faute … sur le client !

Petite comparaison rapide :

C’est un peu comme si tu allais chez ton concessionnaire Peugeot avec une très forte envie d’acheter le nouveau 3008. Tu vas au Show room Peugeot, tu négocies et Pif, Paf, Pouf tu signes et tu paies rubis sur l’ongle, soit beaucoup d’euros, un magnifique modèle de Peugeot 3008 personnalisé avec plein d’option tout ça. 2 mois plus tard, ton concessionnaire t’appelle pour t’annoncer la livraison de ton magnifique véhicule. Tu te pointes à la concession et là … surprise ! C’est une épave d’ami 8 que tu dois réceptionner. Hé oui, car le besoin de ton concessionnaire c’est de se débarrasser d’une épave qui l’encombre et pas du tout de répondre à ton besoin d’avoir un véhicule pour emmener les enfants à la plage à Berck sur Mer pour voir le festival de cerf-volant d’avril 2018. Car le concessionnaire il s’en fout de ton besoin, lui il doit se débarrasser d’un encombrant et c’est tout ce qui le motive. Et en plus, si tu prends pas la vieille ami 8 pourrie, il t’annonce qu’il fera grève ! Donc tu devrais être content de toucher une épave d’ami 8 … le service de la SNCF, aujourd’hui c’est ça … (cf ma démonstration ci-dessus)

hum … vous comprenez mieux ce problème de  représentation différente maintenant ?

Bref, il est grand temps de réformer la SNCF pour qu’elle change de représentation et qu’elle se mette vraiment au service des voyageurs … en termes techniques cela s’appelle « la posture de service ». Et si la SNCF a besoin de visionnaires à long terme, je me ferai un plaisir de les aider dans ce processus de changement 😉

 

#maligneEvacraquer

Si vous voulez une démonstration plus détaillée, vous pouvez lire mon article « https://fabien292.wordpress.com/2017/11/26/allo-chef-ya-un-truc-qua-fait-toc/ »

News du 05/06/2018 :

Regardez bien ce mail que je viens de recevoir :


Il est daté du 05/06/2018 à 19h08 (en haut à droite du mail). Sachant que mon abonnement fréquence est a échéance le … 06/06/2018 à 00h00 soit … dans 4h52 !

Alors comment te dire madame SNCF … l’assistante n’a pas attendu demain que ma carte soit périmée pour refaire l’abonnement. Du coup, ton mois supplémentaire en juin, je ne le verrai pas puisque ma carte a maintenant une expiration au 05/05/2019 ! Donc la gratuité du mois de juin prendra automatiquement effet le 06/06/2018 pour un mois … déjà payé et encaissé par la SNCF. C’est ce qu’on appelle « Raser gratis » …  CQFD … la SNCF ne cherche pas à comprendre la situation du client. Elle raisonne de son propre point de vue et de ses contraintes à elle …