Comment j’ai réglé mon avis de second acompte 2017 en ligne

Bon, vous l’avez compris, je vais vous narrer comment je viens de régler mon 2ieme tiers provisionnel directement par internet. Oui, l’administration publique a changé la sémantique mais « second acompte 2017 » c’est la dénomination d’aujourd’hui de ce que la même administration publique appelait autrefois « 2ieme tiers provisionnel ». Je ne sais pas si c’est plus … tendance … mais bon, c’est comme cela qu’il faut dire aujourd’hui.

Hé oui, il faut se mettre au goût du jour. Et se mettre au goût du jour, ça ne me fait pas peur, moi ! Je suis de ceux qui se sont promis de ne jamais vieillir, de ne jamais tomber dans la facilité de ces vieux qui, progressivement tombent dans le … « c’était mieux avant !« . Parce que … si on y réfléchi vraiment bien … bein … c’est pas vrai, c’était pas mieux avant … c’était … c’était … bein c’était comme ça devait être à chaque époque. Mais franchement il n’y a pas de quoi regretter le passé.

Regardez, moi par exemple, je suis né en … bon, disons, il y a quelques temps. Hé bein, j’étais encore tout bambin sachant à peine marcher et parler que sortait le 1er épisode de la guerre des étoiles, ha ha ! Ca claque ça, hein ! donc je pourrais me dire « ho bein oui alors, c’était mieux avant !« . Sauf que le 1er épisode, c’était en fait le 4 et qu’il faudra attendre 22 ans pour avoir le numéro 1. Alors ? hein ? C’était vraiment mieux avant ?

Pis attendez, c’est pas tout. J’ai du attendre d’avoir 11 ans pour toucher mon 1er computeur ! Et alors attention, c’était l’époque du plan informatique pour tous de Fabius alors 1er ministre. C’était l’époque du … MO5 de Thomson. Fabrication 100% française et un slogan en béton : « Apprendre l’informatique à nos enfants, c’est les préparer aux emplois de demain…Pour nous, la France avance « . Bon moi, j’avais un papa en avance sur son temps alors il m’a dégoté un … TO9 du même Thomson évidement. Ho purée qu’il était chouette mon computeur … comme dans le film « Wargames » sorti en 1983. Bon, quand je disais que mon rêve c’était d’avoir un terminal plutôt qu’un computeur isolé … tout le monde rigolait et me prenait pour un … un … gamin un peu illuminé. Un terminal c’est un ordinateur connecté à plein d’autres ordinateurs pour pouvoir communiquer avec beaucoup d’autres passionnés d’informatique. Un peu comme … internet finalement … alors oui, je devais être illuminé au début des années 80 🙂

Bref, regardez comme il était chouette mon TO9. Avec lui j’ai découvert la programmation. Pour faire une addition de 2 chiffres il me fallait suer sang et eaux pendant 3 jours de codage acharné pour finalement afficher, 2 + 3 = 5 ! Ha ha C’est donc vrai que c’était mieux … avant ? Aujourd’hui, Microsoft me donne Visual Studio.Net qui me permet d’assembler en 2 clics des briques logiciel qui m’affichent toutes les fonctionnalités d’un logiciel plus puissant que n’importe quel applicatif ultra basic que j’aurais mis 6 mois à développer … et avec plein de bugs ! Et à l’époque du TO9, il fallait acheter le journal « hebdogiciel » pour récupérer des lignes et des lignes de codes que je devais retaper une à une pendant des heures et des heures. Alors qu’aujourd’hui je vais sur les bons sites et hop … copier/coller … en 2 secondes c’est fait ! Alors ? c’était vraiment mieux avant ? Et attendez, ce n’est pas tout. Mon TO9 … il n’avait pas de … disque dur ! rien que des disquettes dont la taille s’exprimait en Kilo octets ! Et attention 128 Ko, c’était un monstre ! Aujourd’hui on met dans notre poche une clé USB de plusieurs Giga, un disque dur amovible de plusieurs … Téra ! Alors c’était vraiment mieux avant ? Hum … l’époque du « 3615 code qui n’en veut » sur le minitel, c’était mieux ? hein ?

Et encore, je ne vous ai pas parlé du célèbre … WalkMan :

Franchement, il est pas chouette, hein ? Avec les cassettes qu’il fallait introduire par la porte avant … avant de se rendre compte que c’était pas le bon côté ! Que la chanson que tu voulais écouter elle était de l’autre côté … tout au début. Alors évidemment tu pouvais appuyer sur le bouton « Rewind » mais … ça bouffait les piles à vitesse grand V. Alors si, comme moi, tu étais à l’internat sans possibilité d’aller racheter des piles bein … t’avais pas d’autre choix : tu faisais le « Rewind » méthode artisanale ! à la main ! Si si … avec un crayon à papier que tu enfilais dans un des deux rouleaux de la cassette et zou … tu faisais tourner la cassette autour du crayon pendant … pendant … pendant … fiouuuuu 3 plombes. Tout le monde faisait ça au dortoir le soir avant l’extinction des lumières. Du coup, il y a avait un bruit de fond de … SouiSouiSouiSoui !

Et bout de 3 plombes … fier de ton exploit, tu remettais la cassette dans le walkman pour te rendre compte que … bein non finalement, c’était bien de l’autre côté ! Un peu comme les 3 sens de la clé USB d’aujourd’hui : je branche ma clé … ha mince, non, c’est dans l’autre sens … ha bein non finalement c’était bien dans l’autre sens 🙂 Alors c’était vraiment mieux avant, hein ? Ipod ou … cassette à bande ? hein ? C’était vraiment mieux avant ?

Bon, pour en finir avec tous ceux qui nous serinent les oreilles du « c’était mieux avant !« , je les achève avec cette étude très sérieuse et surtout très scientifique de l’INSEE. Oui, oui, je vous parle bien de l’institut national de la statistique et des études économiques. Lisez bien, le résultat de l’étude est résumé ici « Le rythme de l’inflation atteint au cours des 15 dernières années (+1,4%) est ainsi inférieur à celui des quinze années précédentes (+2,1% entre 1986 et 2001), pourtant marquées par un contre-choc pétrolier et des baisses de TVA. « . En clair, pour ceux qui n’auraient pas compris : il y a moins d’augmentation depuis qu’on est passé à l’euros qu’avant ! Ha … ils disent quoi maintenant ceux qui nous bassinent avec leur « c’était mieux avant ! » ? Et le coup des patates qui coûtent plus cher à cause de l’euros c’est … une fake news.

Mais bon, revenons à nos moutons puisque je voulais vous parler de … mon 2ieme tiers provisionnel. Voyez-vous, j’ai entré « hache té té pé esse tou poyent slache slache dabeul you, dabeul you, dabeul you, poyent impots poyent gouv poyent héf air« . Puis j’ai entré mon code top secret que je suis le seul à connaître. J’ai cliqué sur « Payer en ligne mes impôts ». J’ai validé le montant et zou … c’est fait ! Montre en main, moins de 2 minutes. Alors ? hein ? c’était mieux quand il fallait rédiger son chèque à la main en se demandant si 15 millions ça prend un « S » à la fin ou pas. Puis trouver une enveloppe. Ensuite prendre sa bagnole et se rendre au trésor public pour poireauter 3 plombes avant que le numéro de votre ticket coïncide avec l’afficheur rouge du bureau du receveur des impôts. Lui tendre la dite enveloppe et attendre qu’il vous remercie au nom de la France avec son sourire administratif et ses petits ronds de cuir cousus aux coudes de sa veste pour en éviter l’usure. Ha ha, Hein ? alors, c’était mieux avant ? hum ?

Bon, il me reste quand même une question. Voyez-vous, tous les services publics sont engagés dans la « Dé-Ma-Té-Ria-Li-Sa-Tion ». Mais beaucoup de français souhaitent tout de même conserver la réception papier des documents. Je fais partie de ceux-là. Donc l’administration fait tout pour inciter les usagers à « consentir » à la dématérialisation totale. Mais nous sommes nombreux à résister. La simple question « Consentez-vous à ne plus recevoir votre avis d’imposition en version papier ? Oui – Non » ne marche plus car tout le monde répond « non ». Il lui faut donc trouver des trésors sémantiques pour nous emberlificoter le truc. Et cela donne la fenêtre pop’up qui s’est affichée quand je me suis connecté sur impots.gouv.fr :

Regardez-bien : pas de question « oui – non » mais plutôt un truc tarabiscoté qui ne te donne pas d’autre choix que de valider le fameux « consentement ». Il n’y a pas de bouton « annuler » ou « invalider » … non, il n’y a qu’un seul bouton « valider » . HAAAaaaarggghhh moi je ne veux surtout pas … et là, le réflexe du geek … je clique sur la petite croix en haut à droite de la fenêtre ! BAAAAAMMMM dans ta face le « consentement » … la fenêtre disparu, je peux continuer tranquilou sans avoir validé 😉

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

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Ma 10eme « chiquenaude de bouche » : La retouche photo … c’est pas bien !

Bon, voilà ma 10eme « chiquenaude de bouche » (c’est comme un « coup de gueule » mais en beaucoup, beaucoup, beaucoup moins fort … bein oui, y’en a marre de ces français qui passent leur temps à tout critiquer à outrance)
Alors voilà, ma 10eme chiquenaude de bouche, je la dédicace spécialement à tous les amoureux de l’image, aux photographes amateurs ou même professionnels.

Je ne sais pas si vous avez suivi cette polémique, celle de l’affiche du festival de Cannes. Moi … elle m’horripile !
Je me place ici sur le registre factuel de l’observation de chaque retouche. A gauche, en noir et blanc, la photo originale et à droite en tons rouges, l’affiche du festival.

Sur la retouche, ses jambes sont maladives, elles n’ont plus de forme si ce n’est celle d’une knacki herta longiligne
Sa main droite semble comme amputée
Son pied gauche semble complètement atrophié et il n’a plus l’orientation d’origine
Ils ont changé ses cheveux naturels par une espèce de coiffure playmobile ratatinée
Regardez le bas de ses cheveux dans son dos, sur l’original ils apparaissent fins et volent au vent alors que sur la retouche ils semblent englués dans une masse de gel. Plus fort, sur l’original la mèche qui s’élance devant elle dans la direction exacte du souffle de sa voix que l’on imagine, se transforme, sur la retouche en une toute petite mèche ondulée dont on se demande comment elle peut être aussi courte avec des cheveux dans le dos aussi longs. Comme si Claudia s’était donné un méchant coup de ciseaux malencontreux !
Regardez sa taille, comme ils ont laissé sa poitrine identique, du coup la taille est beaucoup trop petite. C’est comme quand vous serrez votre sac poubelle avec le petit lacet en plastique. Quand je regarde cette taille j’imagine la pauvre Claudia devenir toute rouge et suffoquer la langue pendante.

Je m’emporte, je m’emporte … restons factuel, la retouche de ses vêtements leur a permis de passer un coup de fer à repasser sur sa jupe. Regardez le retour en bas à gauche sur sa jambe droite, sur l’original c’est tout plissé, sur la retouche, tout bien repassé. Pareil globalement sur l’ensemble de la jupe. Et pour donner de l’élan, ils ont inversé le sens de la courbure de la jupe dans son dos.
Son bras de chemise gauche est également bien repassé sur la retouche.

Bref, si vous voulez mon analyse :
– retoucher les vêtements bon … allez … pourquoi pas
– retoucher le corps humain pour lui donner une forme fantasmée inaccessible est une hérésie et un affront à notre nature. Quand Léonard de Vinci a travaillé sur les proportions du corps humain, il n’a jamais imaginé qu’un photoshop viendrait un jour violer les règles du naturel.

Cette grossière et pathétique retouche me conforte dans ma pratique de photographe amateur. Je me suis donné une règle à laquelle je ne déroge jamais : « si le numérique permet toutes les manipulations sur un cliché, ne fais jamais plus que ce que tu pouvais faire avec ton labo de développement argentique. »

Ou bien, pour le dire autrement : Claudia Cardinale originale viendrait toquer à ma porte, je lui ouvre. Claudia Cardinale retouchée toque à ma porte, elle couche dehors !

Et dire qu’on paie des gens pour ça ! On paie des salariés pour massacrer des photos. J’imagine d’ici l’offre d’emploi déposée chez Pôle emploi :

  • Agence de « pub of Saint Ouen » recherche massacreur de photo.
  • « Vous n’avez aucune pitié pour les photographes ni aucun respect pour leur travail, vous êtes nul en photoshop, n’avez aucune considération pour le corps humain surtout féminin, alors rejoignez notre équipe de 12 infographistes manchots aveugles. Chez nous, vous apprendrez à travailler avec des moufles pour mieux développer votre capacité à massacrer les photos.« 

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Ma 9eme « chiquenaude de bouche » : Simple … mais pas simpliste …

Bon, voilà ma 9eme « chiquenaude de bouche » (c’est comme un « coup de gueule » mais en beaucoup, beaucoup, beaucoup moins fort … bein oui, y’en a marre de ces français qui passent leur temps à tout critiquer à outrance)
Alors voilà, ma 9eme chiquenaude de bouche, je la dédicace spécialement aux amoureux de la richesse de notre langue française. Et un clin d’oeil à nos sages de l’Académie Française 😉

N’attendez pas de moi que j’utilise ma voix, ou plutôt ma plume, pour vilipender le comportement immoral de celui qui prétend être impétrant à la plus haute fonction de notre démocratie. Un impétrant qui ne parvient pas à comprendre, qui ne parvient pas à ne serait-ce que concevoir, que les français ne sont pas au niveau du caractère légal ou non de son comportement. Les français sont outrés par le comportement spontanément népotique de celui qui se présentait comme le « père la vertu » du projet présidentiel pour la la France. Non, loin de moi, l’idée de tirer sur une ambulance ou comme dirait un de mes collègues « Quand tu penses avoir touché le fond … tu te rends compte que tu peux encore creuser » ou encore, si vous préférez les références cinématographiques nous pourrions lui dire « Arrête de ramer, t’attaques la falaise ! »

Bref, vous l’avez compris, je ne m’exprimerai pas sur ce sujet que je laisse aux journalistes bien plus compétents que moi pour investiguer l’enlisement du candidat concerné et faire toute la lumière sur le sujet.

Non, moi je voudrais pousser une chiquenaude sur un thème bien plus important pour notre avenir. Un thème que l’on ne voit pas venir car il s’insinue pernicieusement dans notre quotidien. Je le constate depuis quelques mois dans mon environnement professionnel mais quand il aura totalement englué le monde professionnel, il se déversera dans le quotidien de tout un chacun.

Voyez-vous, depuis quelques mois, je vois arriver sournoisement un concept soi-disant novateur et surtout présenté comme indispensable pour la bonne marche de notre offre de services. Ce concept est arrivé par une injonction qui a envahi toute l’institution : « il faut faire … SIM-PLE« .

Ohhh je l’avais bien vu s’insinuer dans nos travaux. Tenez, par exemple, quand la nouvelle directrice est arrivée, je lui ai fait une note de synthèse sur un dossier en cours assez important me semblait-il à l’époque. 3 pages pour résumer une situation, il faut le reconnaître, un peu alambiquée. Il faut donc planter le décor, expliquer l’historique, présenter tous les partenaires impliqués et leur rôle respectifs, les enjeux pour notre institution, les arbitrages déjà pris … puis changés le lendemain … oui, je travaille dans une institution qui change d’avis comme de chemise depuis quelques temps … et quand les collaborateurs disent qu’ils ne comprennent plus rien et ne trouvent plus le sens … nos grands chefs à plumes se demandent pourquoi … .

Bref, revenons à nos moutons ou plutôt à notre note de synthèse … il faut donner les chiffres du pilotage … haaaaa les sacro-saints chiffres dans le tableau de pilotage, la révérence devant le dieu chiffre et son apôtre le pourcentage … déroulez le tapis et prosternez-vous devant le tableur excel, lumière de notre route devant l’éternel. Et il faut aussi, pour terminer une bonne note à destination d’une énarque, détailler les perspectives à venir et proposer notre positionnement avec toujours plusieurs hypothèses et leurs matrices SWOT afférentes. Bref, j’ai rédigé une note !

Et ma note, je l’ai mise dans un mail à destination de notre nouvelle directrice. Son rôle consistait à lire cette note puis la transmettre à sa propre directrice. C’est elle l’énarque, la directrice de la directrice.

Bon, autant vous dire que ma note super méga urgente que l’on m’avait demandé pour avant tout de suite et si elle pouvait être envoyée la semaine dernière ce serait encore mieux … n’a pas provoqué beaucoup de réaction. Je peux même dire qu’elle n’a provoqué aucune réaction puisque 5 jours plus tard, n’ayant aucune nouvelle de ma note, je m’enquérais auprès de la dite directrice pour savoir si ma note lui convenait … « ha oui … la note sur le … oui bien sûr … je … je n’ai pas encore eu le temps de l’ouvrir. Je regarde de suite et je te dis« . Comme ça, au moins, j’ai la confirmation que le caractère super méga urgent pour avant tout de suite était vraiment … caractérisé !

Bref, la réponse me parvient par mail dans l’après-midi : «  (…) tous les éléments y sont mais … tu devrais revoir le wording en utilisant le FALC (…)« . Ha … le FALC … il faut donc que je rédige ma note en utilisant la méthode qu’il ont réussi à imposer pour nos documents à destination de nos publics comme on dit. Alors que je me croyais épargné, me voilà, moi aussi, atteint par la pernicieuse méthode … simpliste ! oui, car on à beau jeu de dire qu’il s’agit de faire simple mais pas simpliste … moi, quand je regarde le résultat … je constate bien la bouillie simpliste …

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Bon, j’avais bien entendu parler de ce FALC, mais très sincèrement je ne m’y étais pas intéressé plus que ça. Alors je suis allé fureté sur le web, histoire de me documenter. Ha oui, j’oubliais l’essentiel … FALC ça veut dire Facile A Lire et à Comprendre. C’est un acronyme qui peut paraître sympathique et plutôt de bon sens de prime abord. Mais je ne m’y étais pas intéressé jusqu’ici car je suis un amoureux de notre langue et de ses mots et j’aime les manipuler et les agencer à ma manière sans que personne ne me donne de règles pour le faire.

Bref, j’ai donc creusé le sujet et j’ai trouvé l’origine de ce FALC et voici la définition : « Ces règles permettent de rendre les informations accessibles pour les personnes qui ont … un handicap intellectuel. »

Hé oui, vous avez bien lu. Et comme vous pouvez le lire sur le Guide des Règles européennes pour une information facile à lire et à comprendre, écrire en FALC tend à rendre l’information plus accessible aux personnes souffrant d’un déficit cognitif. Ainsi, écrire pour des personnes présentant ce handicap, nécessite certaines règles. Des règles qui ont été validées au niveau européen en 2009 à l’initiative, entre autre de l’Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis (UNAPEI). Huit pays, en plus de la France, utilisent désormais cette technique pour permettre à toutes personnes confrontés à un déficit cognitif d’avoir pleinement accès à la citoyenneté.

Bref, vous l’avez compris, je n’ai rien contre l’idée de concevoir des règles d’écriture qui ont pour objectif de rendre simple la lecture de documents administratifs souvent jargonneux. Bien au contraire, je trouve cette initiative tout à fait pertinente et indispensable. Tenir compte d’un handicap pour rendre un service est d’ailleurs dans les gènes de ma formation initiale. Je ne peux donc qu’adhérer à cette démarche.

Non, ce que je ne supporte pas, c’est que je doive rédiger ma note de synthèse, destinée à un supérieur hiérarchique, Enarque de son état, dans une syntaxe simplifiée à outrance, qui ne laisse plus de place à aucune nuance avec des mots et des règles conçue à l’origine pour rendre intelligible un formulaire administratif à un déficient cognitif. Tout cela parce que cette note fera ensuite l’objet d’un message à diffuser à l’ensemble des agents de l’institution. Et que l’on pense, en haut lieu, que c’est en écrivant « simple » que l’on sera le mieux entendu. Comprenez que le raccourcis peut être rapide : il faut s’adresser aux agents de l’institution comme on s’adresse à des déficients mentaux !

J’aimerais faire ici un lien, peut être un peu osé, mais il mérite d’être au moins identifié. Vous souvenez-vous de la « novlangue » ? Le novlangue (en anglais Newspeak) est la langue officielle d’Océania, inventée par George Orwell pour son roman 1984.

Ici, wikipédia nous explique le principe de cette novlangue : « plus on diminue le nombre de mots d’une langue, plus on diminue le nombre de concepts avec lesquels les gens peuvent réfléchir, plus on réduit les finesses du langage, moins les gens sont capables de réfléchir, et plus ils raisonnent à l’affect.

La mauvaise maîtrise de la langue rend ainsi les gens stupides et dépendants. Ils deviennent des sujets aisément manipulables par les médias de masse tels que la télévision.

C’est donc une simplification lexicale et syntaxique de la langue destinée à rendre impossible l’expression des idées potentiellement subversives et à éviter toute formulation de critique de l’État, l’objectif ultime étant d’aller jusqu’à empêcher l’« idée » même de cette critique. »

Pour le dire autrement … l’institution chercherait à réduire la capacité de critique de ses usagers mais également de ses agents, qu’elle ne s’y prendrait pas autrement.

A bon entendeur …

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Ha vraiment, tout fout le camp …

Ajout du 27/12/2016 à 20h01 : ce soir, nous apprenons que Carrie Fisher, la princesse Leia de « Star Wars », est décédée. Je lui dédie ce post sur lequel je travaille depuis plusieurs jours. Toute mes pensées les plus sincères sont à elle et cette page de l’histoire de la science fiction qui se tourne …

 

Aujourd’hui, les bras m’en tombent ! Ce que je croyais être un repère fondamental de notre société, une certitude gravée dans le marbre, s’est effondré par la bouche d’une caissière de supermarché ! Je vais vous narrer ma mésaventure.

Mais pour cela je dois remonter quelques semaines en arrière si non, on ne peut pas comprendre.

Tout commence donc il y a quelques semaines. Voyez-vous, j’ai une affection particulière pour Star Wars. Mais attention, je suis de la génération du premier épisode. Enfin, je veux dire du 4ieme épisode puisque la série commence par le milieu. Hé oui, je ne pense pas que Georges Lucas soit centriste mais il a fait le choix de sortir les épisodes IV, V et VI avant les épisodes I, II et III. Allez comprendre pourquoi … mystère. Pour le concept, c’est un peu comme si vous alliez d’abord en seconde, première puis terminale avant d’entrer en sixième, cinquième et quatrième … allez comprendre. Ou encore, que vous lisiez la bible en commençant par Jésus et son pouvoir de dingue qui ouvre la mer en deux avant même que Dieu n’ai crée le monde … tout ça parce que vous ne voulez pas vous taper les 212 premières pages du texte biblique qui énumèrent l’exhaustivité de la lignée généalogique du fils prodigue : « Généalogie de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham. Abraham engendra Isaac; Isaac engendra Jacob; Jacob engendra Juda et ses frères; Juda engendra de Thamar Pharès et Zara … » Ca y est, je suis déjà paumé. Déjà que je suis incapable de conceptualiser le lien de parenté entre l’arrière petit cousin par alliance de la soeur bisaïeule du neveu du frère de ma mère, vous imaginez le travail.

Bon, reprenons « Pharès engendra Esrom; Esrom engendra Aram; Aram engendra Aminadab; Aminadab engendra Naasson; Naasson engendra Salmon … » ho ho ho, pas si vite ! Et Zara alors, hein ? J’ai bien lu que Juda engendra Thamar machin bidule et … Zara. Alors Zara elle engendre qui ? hein ? Pourquoi la bible ne nous dit pas ce qu’elle devient ? hein ? c’est parce que c’est une femme ? C’est ça ? Et l’égalité des sexes alors ? C’est pour qui ?

Pour une fois que j’avais la réponse et mes repères…. Bein oui … Zara c’est bien celle qui a engendré les magasins de vêtement pour femmes 🙂

Bon, bref, vous avez compris, notre George Lucas, il ne s’est pas emmerdé avec tout ça. Pof, il a commencé direct à l’épisode IV … au « mi-heu » comme dirait notre célèbre centriste qui a une mémé à Bagnères-de-Bigorre. Et c’était en 1977. On découvrait alors la princesse Leïa aux prises avec Dark Vador, tout ça parce qu’elle a chouré des plans top secret et le grand motard à la voix d’aspirateur rowenta il est trop pas content. Mais comme l’histoire commence à l’épisode IV, hé bein on ne saura jamais comment la princesse s’est alourdie sur les documents visiblement vachement importants.

Mais bon, là n’est pas l’essentiel puisque de toute façon, mon épisode préféré c’est pas celui là. En effet, vous l’avez compris, je suis un fan de Star Wars genre « canal historique ». Du coup, j’ai un net penchant pour l’épisode VI « Le retour du Jedi ». Et là, je vous vois venir avec votre blague à 2 balles : « ha oui, je connais, c’est le film hebdomadaire !« . Alors on répond « Le film hebdomadaire ?« . Et l’autre reprend « Bein oui … le retour du jeudi … c’est toutes les semaines … ha ha ha » blague à 2 balles je vous avais prévenu 🙂

Bon oublions la vanne de relou. Le retour du « Jé-daïe », c’est l’épisode ou le jeune Luke Skywalker vient apprendre la sagesse du côté éclairé de la force. Et qui c’est qui lui transmet la sagesse, hein … je vous le demande ? hein ? … hé bein c’est maître Yoda. Et là, vous avez en tête l’image de maître Yoda car tout monde connaît maître Yoda … hein ?

Bon, je vous mets une photo pour le cas où :

Yoda

Heuuu cela va sans dire mais cela va mieux en le disant : « Yoda … c’est le personnage, aux oreilles de vulcain, tout vert à gauche sur la photo qui se tient sur sa canne » 😉

Et là, il est en train dire à Luke Skywalker : « Le côté obscur de la Force, redouter tu dois. » Oui … Maître Yoda a une phraséologie qui lui est propre. Par exemple, il ne dit pas « Saperlipopette, j’ai oublié de racheter du café. Je vais encore devoir faire de la chirloute avec le vieux marc d’hier » ; il dit « Chiotte ! de racheter du café j’ai oublié. Du jus de chaussette je vais encore me taper« . Bon, la traduction est approximative car personne ne peut prétendre maîtriser le « parler Yoda ».

Bon, maintenant que le décor est planté, voilà ce qui m’amène : depuis pas mal de temps, j’avais envie de trouver un maître Yoda à mettre dans mon atelier. Vous savez, le genre de figurine produit dérivé du film qui permet au producteur de s’en mettre encore plus plein les fouilles. Bref, en écrivant cela je montre que je suis parfaitement conscient du comportement consumériste de cette envie mais au moins … j’assume en connaissance de cause. En psychologie on appelle ça « un processus de réduction de la dissonance cognitive » … et paf !

Seulement voilà, le producteur du film, c’est pas la première buse venue. Voyez-vous, si vous avez fait le tour des magasins en cette période de fêtes vous avez dû remarquer que les rayons débordent de jouet. Et la thématique Star Wars est bien représentée. Sauf que dans les figurines, on trouve une foultitude de Dark Vador, au moins autant de storm trooper … et accessoirement les personnages du dernier épisode en date. Mais vous avez compris que je ne parlerai pas de ces nouveaux personnages, sans âme, sans personnalité car je suis un « fan canal historique ».

Bref, je comprends que tout le monde rêve d’un Dark Vador chez lui mais certainement pas d’un maître Yoda. Du coup, notre business man amerloque commercialise ce que les clients veulent acheter, et surtout pas ce qui pourrait leur ouvrir l’esprit. Donc on ne trouve que pléthore de Dark Vador qui représente, il faut se le rappeler … le côté obscur de la force mais aucun Yoda qui lui représente la lumière et donc l’intelligence et la sagesse.

Donc après plusieurs semaines de recherches infructueuses, je suis rentré chez moi avec un Dark Vador sous le bras. 50 cm de côté obscur de la force dans mon atelier, il va quand même falloir que je trouve un contre pouvoir me dis-je … et j’ai trouvé ! Regardez la photo : ce bras tendu en avant avec la paume de la main vers le ciel, ce geste qui permet à Dark Vador d’étrangler n’importe qui à distance. Hé bein … couick ! tout le fluide la force est neutralisé par … l’innocence du Petit Prince. Quel plaisir de mater le côté obscur de la force … ha ha !

En gros, voilà ce que ça donne :

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Qu’il a l’air nouille tout d’un coup ce Dark Vador, hein ? Il a beau serrer le poing droit pour exprimer son bouillonnement interne … Le Petit Prince sur sa main gauche, qu’il porte haut sans faillir, prouve son allégeance à la paix et la sagesse du côté éclairé de la force … ha ha je te tiens Dark Vador !

Mais bon, j’avoue que je reste tout de même sur ma faim. Quand pas plus tard que la semaine dernière, dans ma grande épicerie numéro 2 dans l’ordre de mes habitudes de consommateur : un maître Yoda ! attention, pas 2, non … 1 seul. Et dans un emballage dont on sent qu’il a vécu comme s’il avait traversé l’espace sidéral à la vitesse lumière dans le millénium faucon … mal rangé dans la soute à bagage, jeté de ci de là, contre les parois, au gré des trajectoires d’évitement des tirs du TIE Fighter de Dark Vador … ouf !

Mon sang ne fait qu’un tour, je le prends … enfin presque car une autre main fait le même geste que moi ! « Touche pas au grisbi salope » (voix de Francis Blanche dans la scène cultissime de la cuisine des tontons flingueurs). C’est un grand gaillard, épais comme une armoire lorraine, qui a la même motivation que moi … il veut le maître Yoda, le seul sur le rayon. Alors c’est une question de vie ou de mort car il n’est pas question que je laisse cet énergumène s’emparer de MON maître Yoda.

Uppercut du gauche, baffe dans sa gueule (oui, j’ai eu le temps d’aller chercher un escabeau pour que ma main soit à bonne hauteur), redescendu de l’escabeau je lui percute le bide avec un direct du droit, je me retourne façon Néo dans Matrix et … au ralenti … je lui balance ma Caterpillar montante dans sa face (oui, entre temps je suis remonté sur l’escabeau, faut suivre). Ma chaussure lui déboîte la mâchoire et je perçois 3 dents, peut être même 4 car la rapidité de l’action m’empêche de bien compter, je redescends de l’escabeau et, dans un geste final, je projette la tête de maître Yoda pour lui massacrer les gonades … « ha ha … fallait pas toucher au grisbi … compris ?« . Fier d’avoir vaincu mon adversaire d’achat commercial, je laisse le gugusse allongé par terre et sans me retourner, je lui lance : « fallait pas avoir des vues sur mon Yoda … capitchi ?« .

Bon, en même temps, tout en me dirigeant vers les caisses, je me demande en moi-même si ce n’est pas le côté obscur de la force qui vient de guider mon comportement un tantinet … belliqueux … oui mais quand même, il n’y en avait qu’un seul de maître Yoda …

Arrivé aux caisses, je poireaute comme un âne en attendant mon tour dans cette file d’attente interminable … j’aime pas les files d’attente aux caisses des supermarchés. J’ai l’impression d’être un citoyen communiste aux pires heures du collectivisme imposé par le soviet suprême. Vous avez compris, en filigrane, que je ne voterai pas Mélanchon aux prochaines élections 😉

Bref, c’est mon tour, je dépose mon maître YODA sur le tapis roulant. Dans ma tête, je prépare mes arguments pour justifier cet achat aux yeux de quiconque pourrait me demander ce  que je fais avec ce jouet pour gamin. « c’est pour le p’tit, c’est son anniversaire demain … non, pas crédible … c’est pour le fils du concierge, il est fan de star wars … ha oui ça se tient … je pourrais même ajouter qu’il a 11 ans, ça renforce l’argument … bon, en même temps« . Et là, je suis interrompu dans mes pensées « HAAAAaaaargggg » c’est la caissière, elle vient de crier, surprise par maître Yoda qui avance inexorablement vers elle en la regardant avec ses yeux de chevalier Jedi.  »

Elle : « c’est à vous ? »

Moi : « bein oui »

Elle : « bein dites-donc … votre shrek … il m’a foutu la trouille ! »

Mon quoi ? Shrek ? Là, je suis tombé à la renverse. Assis par terre puisque je venais de tomber à la renverse (d’ailleurs, il faudra dire au directeur de ce magasin que son carrelage est vraiment pas confortable) … et sans bras car souvenez-vous, j’ai introduit cet article en écrivant que « les bras m’en tombent »  … j’ai pleuré toutes les larmes de corps ! Comment ? Comment pouvait-elle prendre Maître Yoda pour … Shrek ? Confondre le plus puissant des chevaliers Jedi avec … avec … un ogre vert affublé d’un âne ! Confondre 900 ans de sagesse avec … celui qui se lave les dents avec un liquide vert, qu’il tire d’une limace ?

Je crois que c’est à ce moment précis que j’ai compris qu’il était trop tard, qu’avec un tel niveau d’inculture dans la population française, le point de non retour était atteint. Jusqu’ici j’avais gardé espoir. Je me disais que ça ne pouvait pas arriver dans mon pays, en France. Non, ce n’était pas possible. Ce phénomène a déjà fait des ravages, regardez l’Angleterre … pan le Brexit ! Regardez l’Amérique … pan un Trump ! Alors je gardais espoir, convaincu que mon pays, le pays des lumières ne pouvait pas tomber dans l’inculture, l’ignorance, perdre à ce point ses repères. Et bien je m’étais trompé ! Croyez-moi quand on prend un maître Yoda pour un Shrek, c’est que le mal est là. Comme ces jours fébriles qui devancent la survenue de la grippe, la trumpisation foudroyante nous guette.

Moi je vous le dis « tout va à vélo ». Je vous le dis « tout fout le camp ! »

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Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire😉

 

Comment les énarques nous pourrissent la vie

Je préfère prévenir d’emblée, cet article va livrer quelques réflexions peu amènes à l’encontre des titulaires d’un parchemin de l’école nationale d’administration. Oui, quand les experts des certifications professionnelles parlent diplômes, ils parlent de « parchemins ». Mais voilà un langage que nos éminences dirigeantes délaissent puisqu’il s’agit d’un langage de professionnels. Un langage d’expert. Et l’expertise, la maîtrise d’un sujet, c’est tout ce que l’énarque exècre. Et je vais vous expliquer le pourquoi à partir d’un exemple de notre vie courante : le ticket restaurant.

Quel lien, me demanderez-vous, entre mon ticket restaurant que j’utilise régulièrement dans mon Simply Market, mon Franprix ou mon super U et l’énarque qui est si loin de moi ? En lisant cet article, vous allez comprendre.

Allez, maintenant, je me fais plaisir. Voyez-vous, Coluche avait ses têtes de Turcs. En l’occurrence les flics et les sportifs. Souvenez-vous, dans un de ses sketchs il utilisait cette insulte « Hé Sportif, va ! ». Hé bien, avec cet article je vais essayer de populariser l’insulte : « Hé tête d’énarque, va ! » 😉

Ha oui, juste pour que le lecteur ne se m’éprenne pas. Je ne parle pas dans le vide, j’écris en connaissance de cause. Je connais parfaitement la fonction publique et je vis chaque jour au contact des individus qui ont été formatés par cette école.

Bon, commençons la taille du costard. Voyez-vous, jusqu’ici nous avions le mécanisme du ticket restaurant. En clair, tu n’as pas de cantine dans ton entreprise. Ou bien tu ne souhaites pas profiter du restaurant d’entreprise. Du coup, ton entreprise te permet d’accéder au ticket restaurant. Tu achètes ton ticket 3.57 euros et il a une valeur faciale de 8.93 euros. La différence, c’est ton entreprise qui la verse. Comme c’est expliqué sur le site du ticket restaurant, c’est « un avantage social massivement plébiscité par les employeurs et leurs salariés »

Mais cet avantage à tout de même quelques revers. L’administration, dans sa grande bonté, a édicté des … règles ! Hé oui, tout le monde sait que la commission européenne règle tout de notre vie : de la courbure de la banane à la texture du poil de la brosse à chiotte. Hé bien, en France, nous avons aussi nos spécialistes de la règle. Et je vous le donne en mille, Emile : ceux qui sont tout en haut de l’organigramme des rédacteurs de règles ce sont … les énarques ! Bingo poil au dos, voici le décor planté.

Bref, nous avons donc nos tickets restaurant en poche. « Quoi que c’est donc qu’on peut n’en faire ? » vous demandez-vous certainement.

ticketrestaurant

Evidemment, je peux aller au restaurant et payer l’aubergiste avec. Sous réserve évidemment que le tavernier les accepte. Mais il faut reconnaître qu’en France, c’est quasiment toutes les gargotes qui affichent le petit logo qui va bien.

Mais je peux également régler mes achats de nourriture à l’épicerie avec mon ticket restaurant. Peu importe que ce soit une grande épicerie démesurée genre « Mammouth » (spéciale dédicace à A. Jupé qui ne savait pas que Prisunic avait fait long feu) ou une épicerie de taille traditionnelle.

Je peux également faire preuve de générosité et donner mon ticket restaurant à une association pour nourrir les personnes qui en ont le plus besoin en étant certain que ma donation ira bien pour de la nourriture … dés fois que mes dons servent à engraisser les huiles d’une association … mais cela n’arrive jamais évidemment si l’on se souvient de feu monsieur Crozemarie.

Bon, grosso modo, voilà ce que je peux faire de mon ticket restaurant. Mais en disant cela, je n’ai pas donné les règles d‘utilisation. Bein oui, ce serait trop simple. Il faut quand même que nos énarques introduisent de la complexité si non, ce ne serait pas rigolo.

Par exemple, il faut pas moins de 15 articles du code du travail pour en préciser l’usage. Et je ne vous donne pas le nombre de décrets d’application.

Comme je n’aime pas avancer des éléments sans les étayer (hé oui, je ne suis pas un diffuseur de fausse information sur facebook), voici un exemple de règle :

« La consommation du repas, ou l’achat de préparations alimentaires, au règlement duquel le titre est consacré doit être effectué au cours d’une journée de travail du salarié, généralement pendant la pause accordée au salarié par le contrat de travail pour sa restauration »

En clair, tu passes à la caisse de ton prisunic (spéciale dédicace tout ça …à un candidat de la primaire à droite ho ! mais j’y pense … il a fait l’ENA lui !) à 19h00 PAF ! le caissier doit refuser car ce n’est pas ta pause accordée par ton boss. Mais comment le caissier peut le savoir, hein ? Que c’est pas ta pause casse-croûte ? hein ? Du coup le caissier il accepte car il ne va pas se prendre la tête à te demander tes horaires de travail.

Bon, vous l’avez compris c’est comme ça pour quasiment toutes les règles édictées par nos têtes d’énarque. Ces gentils gugusses qui ont fait l’école nationale d’administration. Ils ont appris à … gérer. Donc … ils gèrent … et en bons gestionnaires administratifs, ils édictent des règles inapplicables qui ne seront évidemment … pas appliquées.

Alors ça donne quoi au final ? Bein ça donne mon passage en caisse hier soir. Avec mon ticket restaurant j’ai réglé : un sachet de 3 carottes, une barquette de tomates cerise espagnoles, un bocal de sauce tartare … jusque-là tout va bien (enfin presque car ce n’est pas du plat cuisiné ou du sandwich mais bon) … et j’ai aussi réglé … un flacon de gel douche, un bidon de produit vaisselle et un p’tit père Noël qui fait bip-bip et qui clignote fabriqué en France car oui c’est bientôt Noël mais j’ai l’impression que je me suis fait avoir car à ce prix-là j’ai vraiment des doutes sur l’origine de la fabrication …

Et on fait tous ça ! C’est pour ça que ça a fini par mettre nos gentilles têtes blondes d’énarques en pétard. Je les vois d’ici « Screugneugneu de screugneugneu … ils respectent pas nos règles alors ça va barder ! »

Ici, il y avait deux possibilités :

  • Hypothèse 1 : les têtes d’énarques reconnaissent qu’ils ont pondu des règles inapplicables. Ils font amende honorable et ferment les yeux. Ou mieux, ils retirent leurs règles.
  • Hypothèse 2 : les têtes d’énarques ajoutent un étage au mille feuilles inapplicable et complexifient encore un peu plus le bouzin.

Alors ? A votre avis ? Ils ont fait quoi nos experts de la pensée unique ? Hein ?  bingo, vous avez trouvé : ils ont complexifié le bouzin. Dit autrement ils ont merdoyé encore plus.

Et c’est comme cela que nous arrive .. ta tsouinnn … la carte électronique ! Comme ça, plus de ticket papier. Vous réglez le tavernier ou le caissier de prisunic en introduisant la carte dans le lecteur. Et là, tout est contrôlé par la machine : plus moyen de payer un sachet de café car ce n’est pas du mangeable tout de suite, plus moyen d’utiliser plus de 2 tickets par jour, plus moyen de régler un dimanche parce que ce n’est pas un jour travaillé, etc … etc … rien que du bonheur quoi !

Une souplesse qui disparaît au profit d’une rigidité complexifiée du quotidien … vous venez de rentrer dans la pensée de l’énarque … créer des règles et les faire appliquer.

Par contre, pour donner mon ticket restaurant a un SDF … tintin ! Et c’est encore la solidarité qui trinque …

Pour les règles d’usage du ticket restaurant, c’est par ici : http://www.cntr.fr/V2/legislation/tr_utilisation.php

Bref, pour définir l’énarque, je vous propose cette définition : « brillants intellectuellement mais vides professionnellement ».

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire😉

Comment j’ai rencontré les pompiers de Paris et accessoirement, sauvé un homme !

Une nouvelle aventure à Paris, en réalité augmentée comme d’habitude. C’est à dire la réalité mais …  légèrement transformée pour caricaturer un peu … une réalité augmentée quoi 🙂

Je marchais sur le trottoir. Je rentrais d’une réunion dans Paris et rejoignais mon bureau. En face de moi arrive un homme. Et tout d’un coup, il titube et … choit … Alors, dans un mouvement réflexe,  j’essaie de l’attraper par le bras pour retenir sa chute. Mais il doit faire 2 fois mon poids … pouf, il choit … sur le trottoir et moi avec évidemment.
Je suis désemparé, je regarde autour de moi en tenant le bras du pauvre homme gisant à terre.
« appelez les pompiers » j’entends
Ok, je prends mon téléphone, je galère pour faire le code de sécurité, un peu d’émotion dans le doigt qui tremblote sur le clavier virtuel. Tiens, ça me fait penser qu’un jour, il faudra que je vous parle de ces claviers virtuels. Mais bon, pas tout de suite car là, il y a un homme à terre qui va pas bien du tout.
Moi : « Les pompiers ? C’est quel numéro ? Je fais le 17 ? » c’est dire, si je suis bien informé …

Mais non j’entends, le 18 !
J’appelle …

Ca décroche : « bonjour, vous venez de composer le 18 … »

Non, tu déconnes ! j’ai pas fait attention, je compose toujours le 19 d’habitude 😉

Le message se déroule en me racontant à peu près cela « … attention, il s’agit d’un numéro d’urgence. Si vous appelez ce numéro sans réel motif alors vous allez être punis machin tout ça que c’est pas bien parce que c’est pas gentil et bla bla bla … »

Hé ho stop, c’est bon, il y a un monsieur qui va bien là ..

Le message continue « … si vous mentez bein c’est pas bien de mentir parce que le mensonge ne mène à rien hein vous vous souvenez de Pinocchio … »

Oui mais moi, j’ai un monsieur qui va mourir là … je lui dit quoi … que le monsieur du téléphone me raconte des tas d’âneries ?

Le message continue « … pis t’as pas intérêt à déconner parce que y a des articles de lois machin tout ça hein … quand même … le L heu … 8547-45 par exemple et pis plein d’autres aussi alors tu vois si c’est sérieux … »

Le message reprend « … donc t’es sûr et certain que tu veux vraiment parler aux pompiers hein ? parce que je te l’ai pas dit mais ton numéro de téléphone va être enregistré comme ça si c’est une embrouille que tu nous fais bein paf on te retrouve tout de suite et on te fou en taule … »

Tout d’un coup j’hésite. Mais pourquoi je me suis mis dans cette galère. Après tout je le connais pas le monsieur. Si je me levais et m’en allais hein ? De toute façon, le type y parle plus, il est tout blanc, y pourra pas crier … hein ? il ne parle plus ? houlala non, non, j’insiste et tant pis si je termine en taule, je ne laisserai pas ce brave homme mourir à cause d’un message d’avertissement sur le serveur du 18. C’est quand même dingue d’être là, d’essayer de sauver un homme et de se retrouver accusé et à devoir se justifier …

Le message continue « … bon, je vais compter jusqu’à 5, si tu veux raccrocher avant c’est bon j’oublie tout. Si non reste jusqu’au 5 … attention … 1 …. 2 …. 3 …. 4 …. 5 … t’es toujours là ? t’es sûr hein ? tu te fou pas de nous ? .. ». J’assume, je reste.

Cette fois, j’ai une vraie voix au téléphone « …  allô monsieur, vous avez composé le 18, vous allez »

Je le coupe net « Oui j’ai composé le 18, je suis dans la rue avec un monsieur qui a chut en face de moi »

Le 18 : « bon, très bien, et comment il va ce monsieur »

J’imagine le pompier de Paris que j’ai au bout du fil, le genre de men bodybuildé qui pose sur le calendrier qu’ils nous vendent au 14 juillet. Il fait 3 fois mon poids et 2 fois ma carrure dans sa tenue bleu au filet rouge qui fait fondre toutes les femmes et … je me demande toujours pourquoi … Alors, en guise de revanche des hommes qui ne sont pas pompier de Paris, j’assume mon rôle de justicier pour ce brave homme en train d’agonir.

Moi : « bein écoutez mon brave, s’il allait bien je ne vous aurais pas appelé … hein, tu vois ce que je veux dire banane ».

Le 18 : « est-ce que le monsieur peut se relever ? »

Moi : « heu non … sinon il serait rentré chez lui vous ne pensez-pas ? »

Le 18 : « est-ce que le monsieur peut parler ? »

Moi : « bein là techniquement il essaie d’articuler les lèvres mais il n’y a pas de son qui sort »

Le 18 : « où est-ce qu’il a mal ? »

Moi : « vu comme il se tient le coeur, à mon avis c’est au coeur »

Le 18 : « demandez-lui si ça picote ou si ça le tire ? »

Moi : « dites monsieur, c’est t’y que ça vous picote ou que ça vous tirote ? »

Le monsieur me fait un PFFfouuuutt comme il peut

Moi : « bein il ne sait pas »

Le 18 : « est-ce que vous pouvez me le passer ? »

Moi : « je veux bien mais il parle difficilement vous savez »

Le 18 : « mettez le téléphone sur son oreille »

Je m’exécute … je tiens le téléphone sur l’oreille du monsieur. Je n’entends plus rien mais je comprends que le 18 pose plein de questions au Monsieur et que le monsieur … bein il fait des gestes, lève les épaules mais ne prononce quasiment rien … il me fait un geste pour que je reprenne l’écoute.

Incroyable, après les  mille questions que l’on m’a posées … je dois mettre mon téléphone à l’oreille du mort pour qu’il justifie sa mort … car je suis soupçonné de mentir et mon numéro de téléphone sera enregistré pour pouvoir m’accuser plus facilement ensuite ! Le pauvre monsieur est en train de suffoquer !

Le 18 : « bon, bein … je pense que je vais vous envoyer les collègues … »

Moi : « non tu crois ? ça fait trois plombes que je t’explique que le monsieur y va pas bien du tout là … »

Le 18 : « donnez moi votre adresse »

Moi : « bein … porte des lilas »

Le 18 : « oui mais où, c’est grand la porte des lilas »

Moi : « heuuu sur le trottoir à côté du tram »

Le 18 : « oui mais quel trottoir, il n’y a que ça à la porte des lilas .. »

Une passante qui était là depuis le début me souffle « Avenue de la porte des lilas … au 4 ». Je la soupçonne d’être un peu voyeuse …

Moi : « Avenue de la porte des lilas … au 4 »

Le 18 : « ha oui, bon, je vous transfère à mes collègues PAF il raccroche … ça sonne … ça sonne »

Au fond de moi « purée tu vas voir que personne ne va décrocher … »

Le 18, enfin l’autre 18 : « oui allô, de quoi s’agit-il ? »

Au fond de moi : « purée je ne vais pas tout recommencer tout de même … »

L’autre 18 : « vous êtes où ? »

Moi : « Avenue de la porte des lilas … au 4 … et je suis avec un monsieur qui va pas bien du tout … »

L’autre 18 : « bon, ok les collègues arrivent sur place, ne bougez pas »

Moi : « un peu mon n’veu que j’vais pas bouger … je vais pas le laisser mourir ce brave homme »

Ca raccroche. L’attente commence. Et les passants qui me regardent comme si j’avais tué l’homme qui se trouve à terre. Sans parler de ceux qui demandent s’il faut faire quelque chose … j’attends …

J’attends … le brave homme essaie de se relever … « ne bougez pas monsieur, les pompiers vont arriver rapidement »

Au fond de moi « ouais bein, s’ils arrivent aussi vite que la conversation au téléphone, il seront là la semaine prochaine … »

Un camion de pompier, il file tout droit … Ha bein non, ça devait pas être lui. Une ambulance … ha bein non, c’est une ambulance privée c’est pas les pompiers

Bref, j’attends …. j’attends …. j’attends …. et j’attends … j’attends … j’attends

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On dirait que ça fait mille ans que j’attends quand un petit camion rouge arrive. Les passants qui ont suivi la scène se jettent au milieu de l’avenue des lilas pour indiquer l’endroit. Le petit camion se gare. Le pompier passager sort nonchalamment. Il est en train de tapoter sur un boitier électronique façon livreur de DHL. Il s’approche de l’homme encore allongé par terre. Tout en tapotant sur son clavier il lui demande comment ça va … C’est vrai que quand on voit le type, assis par terre, tout blanc, la main serrant son coeur, soufflant comme une chaudière de locomotive à vapeur … on a envie de lui demander comment ça va …

Je me demande s’il écrit un texto à sa copine où s’il enregistre son intervention … bref, il n’a pas encore quitté les yeux de son écran quand je lui demande « C’est bon ? Vous vous occupez de lui ? Je peux retourner au bureau ? »

Le pompier : « oui, oui, c’est OK, on s’en occupe »

Je les laisse avec le monsieur et je repars vers le bureau … le pompier est toujours en train de textoter … le monsieur est toujours assis par terre …

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Comment Carrefour m’a entendu ;-)

Pour celles et ceux qui suivent mes billets, vous vous souvenez certainement de ma très grande consternation lorsque l’enseigne de grande épicerie Carrefour a décidé unilatéralement de changer les paniers de course individuels par des paniers à linge sale à roulettes.

Si vous souhaitez relire le billet, c’est celui-ci : « rendez-nous nos paniers »

Bref, vous connaissez ma persévérance et ma tenacité. Hé bien depuis plusieurs mois maintenant, presque une année puisque c’est en août 2015 que les paniers se sont éteints, je pourris systématiquement les enquêtes de satisfaction de l’épicerie Carrefour de Noisy le Grand.

Aujourd’hui, je me rends donc au centre commercial les Arcades, puis je pénètre dans la grande épicerie par le 1er étage. Je tourne machinalement à bâbord pour aller prendre l’ignoble panier à linge sale que Carrefour m’oblige à pousser dans les allées.  Mon bras se tend vers la pile de paniers à linge sale quand mon oeil gauche est attiré par le bleu électrique d’une colonne parallélépipédique rectangle située juste à côté.

A sa vue, mes yeux se brouillent d’une fine pellicule liquide … j’ai la larme à l’oeil ! Oui mesdames et messieurs, à ce moment précis, et sans vous paraître vieux jeu ni encore moins grossier… l’homme de la pampa, parfois rude, reste toujours courtois, mais la vérité m’oblige à vous le dire : j’ai versé une larme !

Car vous savez quoi ? Cette colonne bleu électrique, c’est un empilement de … paniers ! oui vous avez bien lu, de paniers tout simples comme on les aime. Les paniers sont revenus. Après une année de disparition, les paniers pour faire des courses de célibataire sont de nouveau disponibles au carrefour de Noisy le grand. Regardez, j’ai fait une photo :

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Imaginez la scène … j’ai délicatement retiré le panier du haut de la pile. Puis j’ai saisi, tout aussi délicatement, sa petite poignée noire encore toute frêle. Je l’ai fait pivoter pour l’amener à sa position d’utilisation nominale et … j’ai entendu le discret … clic … quand les 2 petits pipions viennent se bloquer en position verticale … que c’était beau, j’ai versé une seconde larme …

Ensuite j’ai … retiré mon masque de Dark Vador et mon chapeau de Zorro. Bein oui parce que j’avais tellement honte de pousser le panier à linge sale dans les allées que je ne voulais pas être reconnu !  Maintenant je peux aller et venir dans les allées, le visage découvert et libre. Libre d’exposer mon panier au bout de ma main. Libre de montrer mon panier aux clients qui poussent le gros caddie, genre poids lourd transcontinentale import-export, que la vie est bien plus facile en panier sans roulettes. Et surtout, libre de m’esclaffer quand je croise un acheteur compulsif qui pousse son panier à linge sale d’un air dépité … hé oui … la prochaine fois, tu pourras prendre un vrai panier 🙂

Bon, le petit panier n’a pas encore de roulettes. Ce n’est pas encore un vrai panier sur le modèle de celui que nous connaissions, mais c’est déjà mieux.

Bref, je ne pensais pas que ça pouvait avoir un effet, mais manifestement, à force de pourrir les enquêtes de satisfaction du Carrefour de Noisy le Grand, j’ai réussi à faire revenir les vrais paniers. Car cela ne fait aucune doute, je dois bien être le seul à mettre des tonnes de commentaires dans les enquêtes pour dénoncer le « panier à linge sale » et à demander le retour des vrais paniers, tel un cégétiste hystérique, peut-être même un peu autiste, qui demande le retrait de la loi travail …

Ou alors … c’est quand j’ai mis le lien vers mon article blog dans les commentaires de l’enquête de satisfaction qu’ils ont compris l’origine de leurs résultats tout pourris.

Autant dire qu’un seul client, en l’occurrence moi, a réussi à faire fléchir une décision qui finalement convenait à la majorité. Car il faut le reconnaître, tous ceux qui poussaient leur panier à roulettes n’avaient pas l’air de se rendre compte qu’ils poussaient un panier à linge sale 🙂

Bref, c’est la preuve qu’une minorité, moi tout seul, peut faire chier la majorité pourvu que je donne un peu de la gueule ! Un peu comme le cégétiste, tout seul, pourrit la vie de millions de français sur la loi travail … tiens, je crois que mon prochain billet sera sur ce thème.

(à suivre …)

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉