Je refais ma salle de bain (épisode 5)

Suite de l’épisode 4

Bon, bein finalement c’est Linda qui est revenue vers moi. C’était des petites vacances 😉

Et c’est reparti pour les échanges de mail. Enfin … il faut que je précise que pour le choix des matériaux c’est allé finalement assez vite. Mais c’est encore pour le devis que ça patouille.

Vendredi 13 juillet 2018  : c’est Maïwenn qui m’envoie un mail pour me dire … qu’elle confirme que le projet que j’ai envisagé avec Linda est faisable.

Ha bein dis-donc, je reviens de loin moi ! Encore un peu et il fallait tout revoir ? Et reprendre … 50 devis dans la vue ? fiouuuuuu … bon, n’y pensons pas puisque « Maïwenn est en mesure de valider notre projet »

En bas du mail, j’ai plein de photos des différents matériaux et je dois donner mon avis sur tel ou tel. Alors je pose quelques questions quand même parce que je ne veux pas me retrouver avec du carrelage à mémère au mur.

Et puis j’ai quand même un doute. Elle me propose du carreau de 45×45. Alors je prends mon mètre à ruban Stanley powerlock 10m … quoi ? …  oui je sais, je suis bien équipé côté mètre à ruban … bref, je mesure 45 cm et fiouuuu ha oui quand même : un carreau de 45cm par 45 cm englobe 4 de mes carreaux actuels !

Heuuu … c’est un pas un peu grand quand même … hein Linda ? Je te rappelle que ma salle de bain, c’est pas le spa de la station thermale de Contrexéville ! Oui, j’ai pris Contrex comme j’aurais pu prendre n’imp … non, c’est pas vrai, j’ai pris Contrex exprès 😉

Alors avant de poser ma question par écrit, je vais voir sur le net cette histoire de taille de carrelage … bein oui, parce que je veux pas passer pour un hasbeen de la déco tout de même, on ne sait jamais.

Et regardez sur quoi je tombe. Pif, paf, pouf  « Vous avez une petite salle de bain ?Oubliez le carrelage traditionnel : osez les carreaux XXL ! Les grands carreaux apporteront une continuité visuelle et davantage de luminosité à votre pièce, ce qui agrandira visuellement l’espace.  » (lien)

Bon bref, je fais quand même mon mail parce que j’ai d’autres questions. Souvenez-vous, dans l’épisode 2, ma coach travaux me proposait de coller du placo sur le carrelage actuel et de recarreler dessus. Et moi je lui avais dit que … bah comme ma salle de bain est toute petite, si on fait ça, on va épaissir les murs et réduire encore la pièce. Alors elle avait répondu « pas de soucis on va déposer le carrelage actuel, préparer le mur et recarreler« . Sauf que là, dans le dernier devis, rebelote, les 15 000 mètres carrés de placo sont revenus !

Je relis mon mail, je suis prêt à cliquer sur envoi quand … non, je vais ajouter une petite phrase … « Et merci d’avoir pensé à mettre des carreaux XXL car on n’en avait pas encore parlé mais je tenais absolument à oser des grands carreaux qui apporteront une continuité visuelle et davantage de luminosité à ma petite salle de bain » … hé hé c’est mon blog, je raconte comme je veux 🙂

Samedi 21 juillet 2018 : je reçois la réponse à mon mail. Tout est confirmé. Linda a même « envoyé un mail à ses divers fournisseurs pour les délais de livraison de tous les matériels. » Et elle pense revenir vers moi en début de semaine pour valider une date d’intervention.

Alors ici se pose une question existentielle. C’est quoi, ou plutôt c’est quand, le … « début de semaine » ? Hum ?

Parce que lundi par exemple, c’est bien « début de semaine« , non ? Oui bein non, parce que lundi j’ai rien reçu. Bon, en même temps, lundi c’est plutôt « tout début de semaine » et ce n’est pas ce qu’elle a écrit.

Bon alors mardi, c’est « début de semaine » aussi, non ? Oui bein re-non, parce que mardi je n’ai rien reçu non plus.

Nous voilà mercredi. Alors on peut considérer que c’est encore « début de semaine » mais attention, car à partir de midi on bascule dans l’autre partie de la semaine ; la fin de semaine quoi. Donc mercredi c’est encore « début de semaine » mais un peu réchauffé quand même … genre … « fin de début de semaine » plutôt. Hum ?

Bon bein en même temps, mercredi je n’ai rien reçu non plus …

Mardi 31 juillet 2018 : ça y est, j’ai reçu la réponse. En fait c’était bien « début de semaine » mais elle avait oublié de préciser … quelle semaine 😉

Bref, tout est expliqué : le montant total, le détail des fournitures, la main d’oeuvre, le carrelage, le receveur de douche, la vasque, les 15 000 mètres carré de placo, les … quoi ? le placo ? Ho non, on va pas remettre ça ?

Donc je reprends le devis en pièce jointe PDF. Je cherche le paragraphe « habillage mural » dans les 568 pages … brrr … brrrr … ha voilà c’est à la page 566 évidemment tout à la fin. Ha oui … 15 874 m2 de plaque « Habito® Hydro 13 Vermifugée Polypropylène Gastrique Sous bassement allégé B.A.13 Neutre » … ouf, c’est vraiment de la précision dans la référence. Mais en même temps … j’en veux pas, c’est balo.

Bon, je reprends le mail ligne à ligne pour être certain de ne rien louper. J’avais pas vu mais en fait, toute la fin du mail concerne les moyens de paiement. Fiouuuuu  hé bein … je peux régler par carte bancaire au téléphone, par chèque bancaire avec l’adresse postale où l’envoyer, par virement bancaire (il y a le RIB en pièce jointe), sur le site en validant « mon panier » (celui avec les 50 devis, voir épisode 3), par pigeon voyageur en mettant ma carte bleu dans son bec, par coursier Deliveroo en plaçant ma carte Visa dans une boîte de sushi, par drone et enfin par pedibus cum jambis … non, ce n’est pas une nouvelle appli d’uberisation, ça veut simplement dire … bah, t’y vas à pied mon gars !

Tiens, je ne peux pas régler en utilisant Paypal … hum, hum … c’est ennuyeux cela. Je dirais même … fâcheux. Hum, je crois que je vais abandonner mon projet devant si peu de moyen de paiement mis à ma disposition. Nan ! j’deconne 😉

Bon, tout le reste va bien donc … ha non ! j’avais pas vu, elle propose un début des travaux le 27/09 à 8h. C’est balo, ce jour là, je suis en déplacement. Les ouvriers vont trouver portes closes pour le 1er jour de leur intervention. Je lui propose de décaler au 01/10/2018.

Vendredi 3 août 2018 : message de ma coach travaux. Elle s’excuse platement pour les 15 000 mètres carré de placo. Je cite « Veuillez m’excuser nous avions effectivement discuté de la dépose du carrelage mural avec le redressage des murs, une coquille s’est glissée dans le texte et je vous l’ai modifié« . Bon, va pour la coquille.

Et elle me confirme la date décalée au … 01/09 ! Heuuu Linda, le 01/09 moi je veux bien, ça m’arrange mais j’avais cru comprendre que les ouvriers n’étaient pas disponibles avant le 27/09 … moi je dis ça, je ne dis rien. Alors Linda elle m’a répondu … « une coquille s’est glissée dans le texte. C’est le 01/10« . Ca en fait des coquilles. Entre les stars et les coquilles c’est un vrai scénario ma salle de bain 😉

Bref, le 13/08/2018, après quelques échanges de mail … référence au site internet qui patouille dans les devis (voir épisode 3) … BAM ! J’inflige un grand coup de chaud à ma carte Mastercard Gran Turismo série limitée Green Fish On the Hudson Bay With Pamela Anderson … je ne sais pas pourquoi tout doit être en série limitée  avec des noms à rallonge aujourd’hui…

Bon bref, voici mon compte en banque délesté de 40% du montant total du projet moins la pré-visite déjà réglée en tenant compte de la remise que j’ai âprement négociée pendant au moins … 1 phrase ! Je vous passe le calcul arithmétique parce que j’en aurais pour au moins 3 épisodes supplémentaires. J’ai même du investir dans une calculatrice pour m’en sortir, c’est dire :

Hé bein voilà, maintenant j’attends les ouvriers 😉

A suivre …

 

 

 

 

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Quand le rapid pass … trépasse !

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Cette histoire commence en réalité il y a quelques mois. En mars 2018 pour être tout à fait exact. L’aventure aura donc durée 6 mois.

Je remonte le temps et je me mets dans la peau d’un auditeur interne d’une chaîne de grandes épiceries. Pour ne pas donner la marque de l’enseigne, je dirais qu’elle pourrait lancer une série de télé réalité qui s’appellerait « la consommation est dans le pré« . Karine Le marchand, c’est pas moi qui l’invente, se baladerait dans les rayons avec des ménagères de moins de cinquante ans et leur demanderait leur préférence entre une boîte de 4 saucisses de Strasbourg et un pack sous vide de 2 saucisses de Montbéliard. La dessus, un homme de moins de cinquante ans également, arriverait avec son gros caddie et chargerait un sac de 12 kilo de choux à choucroute. C’est alors qu’ils se rendraient compte qu’ils préparent la même recette et ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. Coupez elle est bonne. Rangez le matos. On file au mammouth de Joinville pour l’épisode suivant.

Bref, voilà l’auditeur interne qui rencontre son commanditaire : le PDG. Ce dernier lui dit :

Le PDG : « Ecoutez mon brave, il se trouve que j’ai ouïe dire par un manant qui traînait dans une de mes épiceries, qu’une de ses connaissances aurait entendu un de ses voisins rapporter l’avis de sa fille qui se plaignait d’une durée d’attente trop longue en caisse. Je pense que c’est un cas extrêmement isolé et que ça n’a du se produire qu’une seule fois. Mais voyez-vous, je suis vraiment très attentif au bien être des pigeons … pardon, je veux dire des clients, qui viennent dépenser leur oseille … pardon décidément, je veux dire qui viennent profiter de bonnes affaires dans mes échoppes. Alors vous voudrez bien mener un audit sur cette question, établir un rapport circonstancié et me faire quelques recommandations d’amélioration. Je vous remercie et maintenant filez car vous avez déjà perdu du temps ! »

Pour l’auditeur, ça commence mal. Il a besoin de clarifier la commande et donc de poser des questions mais le PDG ne lui en laisse pas le temps. Qu’à cela ne tienne, il le consignera dans son rapport et si le PDG n’est pas content du résultat, il ne le devra qu’à lui-même.

L’auditeur décide de ses méthodes d’investigation et, en l’occurrence, il fera des entretiens avec des caissiers, avec des clients et il fera des observations armées. Je vous rassure, il ne fera pas des observations en portant un gilet pare-balle et des revolvers de cow-boy. Ici, le terme « armé » renvoie à la fiche d’observation qu’il aura pris soin de construire en amont et sur laquelle il notera les éléments qui lui semblent indispensables. Ainsi il pourra faire de nombreuses observations qui seront comparables puisque menées exactement de la même manière.

C’est parti, notre auditeur est sur le terrain. Il s’installe devant la ligne de caisse et commence ses observations. Avec son chronomètre, il mesure le temps d’attente entre l’arrivée dans la file d’attente et la sortie après le paiement :

  • 1er client : 36 minutes et 23 secondes
  • 2e client : 48 minutes et 3 secondes
  • 3e client : 32 minutes et 12 secondes
  • 4e client : 1heure 12 minutes et 5 secondes
  • etc …

Notre auditeur observe au total 1432 clients et obtient une moyenne de temps d’attente en caisse de 58 minutes et 45 secondes. Voici une donnée factuelle à mettre dans son rapport. Mais ce n’est pas suffisant. En effet, un temps d’attente est relatif. Il lui faut donc recueillir l’avis des clients. Pour cela il interviewe des clients et leur demande de positionner sur une échelle en 7 points leur sentiment quant à l’attente en caisse. De 1 « c’est parfait, je n’ai pas attendu longtemps » à 7 « Bouzin de bordel d’organisation, j’ai laissé un pan de ma vie à cette caisse« . Et au milieu, d’autres valeurs comme 4 « J’en peux plus, j’vais craquer« .

Il demande la même évaluation à 2800 clients et il obtient une note moyenne de … 7. C’est à dire que les 2800 clients ont tous répondu « Bouzin de bordel d’organisation, j’ai laissé un pan de ma vie à cette caisse« . Il en profite pour relever quelques verbatims qui viendront illustrer son propos dans son rapport. Par exemple :

  • Papy Mougeot de passage à Cajarc : « ho bein mon p’tit gars, ça ma rappelé les tranchées à Verdun en 14. On attendait le cornet de beef que l’armée devait nous envoyer. Et bein, tu m’croiras si tu veux mais … les rations j’les attends encore !« 
  • Micheline Grimpois : « ha bein ça, pour sure que c’est long. Tenez, moi j’viens jamais ici sans un peu de travaux manuels. Là par exemple, en attendant de passer en caisse, j’ai eu le temps de tricoter 456 bonnets pour l’association qui s’occupe des SDF de mon quartier !« 
  • Léon Tolstoï : « Da ! Tovarich mon gars. Toujours très long attendre magasin mais moi être habitué files d’attente. Moi écrire. Da ! attendre aujourd’hui, j’ai écrit nouveau livre. « guerre et paix » je l’appelle. Très inspirant vos files d’attente !« 

Bon, l’auditeur interne a maintenant ses feuilles de constats rédigées. Il passe à l’analyse causale.

    • Pourquoi le temps d’attente en caisse est-il trop long ?
    • Parce qu’il y a une file d’attente !
    • Pourquoi y-a-t-il une file d’attente ?
    • Parce qu’il y a trop de clients !
    • Pourquoi y-a-t-il trop de clients ?
    • Parce que la caissière ne va pas assez vite !
    • Pourquoi la caissière ne va-t-elle pas assez vite ?
    • Parce qu’elle n’a que 2 bras !
    • Pourquoi n’a-t-elle que 2 bras ?
    • Bah … t’es con ou quoi ?

Ha oui, zut ! La cause racine, c’est donc que la caissière n’a pas assez de bras ? Boh oui, mais on peut raisonner autrement. On va plutôt dire qu’il n’y a pas assez de bras en caisse et pas forcément à la caissière. Tu vois la nuance ?

Ha oui, comme on ne pourra pas ajouter de bras à la caissière, on pourra par contre ajouter des bras aux caisses en mettant un nombre plus grand de caissières !

Notre auditeur interne a donc fait son constat « le temps d’attente en caisse est insupportable dans 100% des cas ». Il a identifié la cause racine « il n’y a pas assez de bras en caisses ». Il peut maintenant rédiger sa recommandation : « Pour réduire le temps d’attente, il faut mettre en service un nombre plus important de caisses« . Notre auditeur interne passe maintenant à la rédaction de son rapport et prend rendez-vous avec le PDG pour le lui présenter.

Le PDG : « Entrez donc mon brave ! Alors ? c’était vraiment un cas isolé, non ? »

L’auditeur interne : « bein c’est à dire, en fait, pas vraiment voyez-vous puisque 100 % des clients sont mécontents »

Le PDG : « Ha oui … quand même … autant que ça ? Bon, et votre recommandation … c’est quoi ? »

L’auditeur interne : « Ouvrir plus de caisses »

Le PDG : « Ouvrir plus de caisse ? Vous voulez dire … embaucher des caissières ? Vous plaisantez j’espère ? »

L’auditeur interne : « Heu oui … c’est le sens de ma recommandation ! »

LE PDG : « dehors ! foutez l’camp ! Je ne vous paie pas pour me dire d’augmenter les effectifs ! dehors malotru ! »

C’est comme ça que le rapport de notre auditeur interne est allé rejoindre les dizaines d’autres rapports … dans un tiroir. Et pour les plus chanceux, ils servent à caler des armoires. Au moins ils servent à quelque chose …

Mais c’était sans compter sur Gilbert Piedebois qui passait par là, pile quand l’auditeur interne s’est fait jeter du bureau du PDG. Gilbert en a profité pour dire au PDG

Gilbert Piedebois : « vous savez, j’ai une solution moi pour votre problème ! »

Le PDG : « ha bon ? Et … c’est quoi votre solution ? »

Gilbert Piedebois : « il faut faire une appli pour smartphone !  »

Le PDG : « heuu … c’est quoi le rapport ? »

Gilbert Piedebois : « ha bein, si à 50 ans on n’a pas une appli smartphone, c’est qu’on a raté sa vie. Pis justement, j’ai l’beau frère qui sait faire des applis smartphone. Si vous voulez je lui demande »

Le PDG : « ha ouais ? Mais … je vois pas le rapport avec mon problème de caissière ? »

Gilbert Piedebois : « on s’en fou, c’est pas la question. Ha vous n’auriez pas fait un bon startupeur vous alors ! On fait l’appli et on verra après. Vous imaginez, là, sur votre iphone 45s, paf le logo « Dans l’pré » et juste après votre photo qui dit « bonjour client » … hein … quand même ! »

Le PDG : « Mouais, OK elle me plait votre idée. Mais n’oubliez pas quand même que ça doit réduire le temps de passage en caisse votre … appli »

Bref, Gilbert Piedebois envoie un sms à son beau frère et c’est parti. Le lendemain Gilbert est chez son beauf. Il regarde son écran de tel qui affiche le logo « Dans l’pré » et juste après la photo du PDG qui dit « bonjour client » en 146 langues. Bein ouais, faut être international dans le business. Et puis on ne sait jamais, l’appli pourrait s’exporter aux quatre coins du monde.

Mais Gilbert n’est pas complètement satisfait. Il trouve que l’appli tourne un peu en rond vu qu’elle ne fait rien d’autre. Mais il rigole bien quand même et fait tourner en boucle la traduction du PDG en tamoul :

Bref, il en était là de ses considérations, cherchant avec son beauf ce qu’il pourrait ajouter à l’appli pour la rendre plus fun, quand Monique se pointa. Monique c’est la femme de son beauf. La soeur à Gilbert quoi.

Le beauf à Gilbert : « Bein, c’est à cette heure qu’tu rentres ? »

Monique : « Ho hé, ça va toi qui fou rien de tes journées. J’étais chez Pôpôle récupérer ton chômage. Hé bein figure-toi que j’avais le ticket numéro 468 … y’en avait pu de 2 cent d’vant moi. Alors j’ai attendu ! »

Gilbert : « le ticket ! comme à la boucherie du père Michu en bas d’la rue des chemins crottés ! Tu peux me mettre un système de tickets dans l’appli ? »

Le beauf à Gilbert : « Boh oui, c’est trop méga facile mais … j’vois pas l’intérêt … »

Gilbert : « on s’en fou, c’est pas la question. Ha tu ferais pas fait un bon startupeur toi alors ! Bon, tu m’ajoutes un système de tickets comme à la boucherie du père Michu et tu m’envoie tout ça … ok ? »

Le lendemain, Gilbert Piedebois est dans le bureau du PDG. Il fait la démonstration de son appli. Le PDG est captivé par sa photo qui dit bonjour en 146 langues. Bon, il ne reconnait pas sa voix vu que c’est une traduction automatique vocale de google. Mais ça lui plait bien. Par contre, il a comme un doute sur la traduction italienne mais … comme il ne parle pas italien, il fait confiance à Gilbert qui fait confiance à google :

Et Gilbert de présenter la fonctionnalité innovante disruptive qui va hacker la gestion des files d’attente dans les caisses de supermarché. Une innovation de rupture que le PDG pourrait même vendre à d’autres enseignes, c’est dire !

« Le principe est super simple ! » dit Gilbert : « le client utilise son téléphone pour réserver sa place dans la file d’attente« . Et Gilbert Piedebois ajoute « je l’appelle … le « Rapid Pass » ! »

Le PDG est bluffé par les explications de Gilbert Piedebois à tel point qu’il lui promet un poste de directeur du développement des aptitudes disruptives. Ca veut dire quoi  « développement des aptitudes disruptives » ? On s’en fou …  « Ha vous n’auriez pas fait un bon startupeur vous alors ! »

Bref, la super méga appli qui va révolutionner la grande distribution est installée dans les échoppes :

Bon alors, comment fonctionne cette méga super idée géniale ?

  1. Tu télécharges l’appli sur ton smartphone. Traduction : tu utilises ton forfait pour encombrer la mémoire de ton tél avec une appli dont tu doutes un peu de l’utilité.
  2. Tu crées ton compte. Traduction : tu indiques ton nom, ton prénom, ta date de naissance, ton 06, ton e-mail, ton poids, ta taille, ta pointure, la couleur de tes chaussettes, si tu mets des caleçons ou des boxers, la marque de ta voiture, si t’es proprio ou locataire,  la dernière fois que tu es allé au cinéma, tes yaourts préférés, si tu aimes le nutella, ta CSP, si t’es en CDI ou CDD, si tu as un chat ou une perruche, etc … bref tu donnes plein de données personnelles que le magasin pourra revendre pour que tu sois ensuite inondé de sms tout pourris et de mail tout pourris aussi.
  3. tu démarres l’appli quand tu arrives dans le magasin et POUF tu as un numéro comme à la boucherie du père Michu. Traduction : tu as 5 minutes pour faire tes courses et pas une seconde de plus si non, bah…  ta place ne sera plus réservée en caisse. Donc tu stresses à mort et tu regardes ton tél toutes les 15 secondes pour savoir combien de temps il te reste avant d’aller te présenter devant la caisse qui est à 3 kilomètres 480, à l’autre bout du magasin.

Bref, pendant 6 mois environ, j’ai vu les caissiers faire de la retape pour que l’on télécharge la fameuse appli.

Mais surtout, j’ai chaque fois constaté que la caisse rapid pass bein …  y’avait aucun client et le caissier … il textotait sur facebook !

Alors comment dire ? C’était couru d’avance … non ? Ou dit autrement : fallait-il avoir fait Saint-Cyr pour s’en douter ?

C’est quand même fabuleux que, sous prétexte d’appli smartphone, cette enseigne ait tenté de reporter sur le dos du consommateur sa propre défaillance organisationnelle. L’auditeur interne a pointé le juste problème et il propose la seule vraie solution : ouvrir plus de caisses. Ou alors … supprimer le passage en caisses et laisser les clients partir sans payer. Mais là, je suis pas certain que ce soit possible …

Bref, aujourd’hui je passe en caisse et je lis cette pancarte :
No comment … ou plutôt si justement, car j’oubliais : l’auditeur interne continue à rédiger des rapports qui, au mieux, servent à caler les armoires. Gilbert Piedebois quant à lui, après le fiasco de sa solution … bah … il a été nommé directeur du développement des aptitudes disruptives … et le PDG va le proposer pour la prochaine promotion de la légion d’honneur …

Je refais ma salle de bain (épisode 4)

– Suite de l’épisode 3 –

Mardi 3 juillet 2018 : le mail de confirmation de la visite du professionnel

Wouhaaa j’ai même le prénom du pro, il s’appelle Noam.

Mercredi 4 juillet 2018 : la visite du professionnel.

Bon, en même temps, à partir d’ici j’ai payé 10% du devis. Mais bon, pas 10% en vrai parce que moi, on m’a appris que 10% c’était le montant total du devis divisé par 100 puis multiplié par 10. Donc j’aurais du régler bein … 10% de neuros … hein ? En fait j’ai réglé 7,35%. Ca fait pas 10% … enfin, dans les standards des mathématiques si j’en crois ce que l’on m’a appris à l’école. Et tout ça à cause de leur SI tout pourri (voir l’épisode précédent pour comprendre … bein oui mais faut pas prendre la série en cours de route non plus puisque là, c’est l’épisode 4. Ca vous viendrait à l’esprit vous, de commencer Games of Thrones à l’épisode 4 … hum ?)

Bref, Noam me phone vers 18h moins 10 pour me prévenir qu’il aura environ 10 minutes de retard parce qu’il y a des bouchons sur sa route. Bon en même temps, des bouchons en région parisienne c’est un pléonasme. Mais j’apprécie le côté « pro » de Noam qui me prévient de ne pas m’inquiéter. Et là, je me dis que ça doit être au moins Noam Chomsky le professionnel qui va intervenir chez moi. Décidément il y a du beau monde pour s’occuper de ma salle de bain 🙂

18h10 dring ! C’est Noam qui arrive chez moi. A partir d’ici, on entre dans le bâtiment second oeuvre deux point zéro (et sans « S » à point parce que c’est du digital responsive workflow on the bim bam boum network of mémère en maillot de bain sur le rooftop du prisu … de l’informatique … 2.0 quoi). Oui voyez-vous, j’avais en tête le vieux sketch des inconnus quand l’artisan dit « Je vous ai mis une allège base pleine plafonnée BA13 sur du carreau de 12 …« . Genre papy la soixantaine bien tapée, en salopette bleue avec le crayon de bois derrière l’oreille et la gitane maïs au bec. Désolé, il faudra utiliser votre capacité de représentation visuo-spatiale pour vous former, dans votre tête, une image de cet artisan car j’en ai pas trouvée. Je me demande si c’est pas à cause de la gitane maïs … ça existe encore la gitane maïs ?

Bref là, rien à voir. Noam, la petite trentaine, une pochette sous la main droite, le mètre à ruban dans l’autre se dirige vers ma salle de bain. Il sort son Samsung Galaxy S9  Edge et appelle Maïwenn. Elle répond et … BIM … il passe en visio direct et m’affiche la tronche de Maïwenn « Bonjour Monsieur Fabien. Heureuse de faire votre connaissance … ho, vous ressemblez à … Georges Clooney« . Oui, la dernière phrase, c’est moi qui l’ajoute. Après-tout, c’est mon blog, je peux bien écrire ce que je veux 🙂

Moi : « bonjour Maïwenn. Heureux également de faire votre connaissance. Je pourrai vous demander une photo dédicacée et une montre RTL à la fin ? » Heu … oui, là aussi, la dernière phrase c’est moi qui l’ajoute … rapport au fait que c’est mon blog et que je peux raconter ce que je veux 😉

Bref, on va passer toute la visite technique (environ 1 heure) en visio avec Maïwenn à distance et Noam qui lui montre les coins et recoins de ma salle de bain :

  • Noam qui fait toc-toc sur les murs pour identifier du carreau de plâtre ou du BA13;
  • Noam qui grimpe sur le rebord de ma baignoire pour mesurer la fenêtre;
  • Noam qui essaie de voir ce qu’il y a sous la baignoire
  • Mais comme la plaque de devant ne veut pas s’enlever, il galère et se demande comment faire;
  • Alors il met le téléphone devant la petite fente et demande à Maïwenne « qu’esse tu voiye là ?« ;
  • Maïwenne elle dit « Je vois rien, c’est tout noir … » ;
  • Comme quoi le btp 2.0 ça a aussi ses limites 😉

Noam fait plein de mesures à la demande de Maïwenn. Et à la fin, Maïwenn elle dit « C’est bon, j’ai tout ce qu’il me faut. Est-ce que tu peux vérifier les accès et l’endroit de stockage ?« . Oui, Noam il va prévoir de protéger mon parquet pour éviter qu’il ne soit abîmé pendant les travaux. Et on se met d’accord sur la chambre d’amis pour stocker les matériaux. Et donc, le parquet de la chambre d’amis sera aussi protégé.

Pif, Paf, Pouf, une heure plus tard le sujet est bouclé. Maïwenn reviendra vers moi pour le choix définitif des matériaux et on pourra se mettre d’accord pour une date d’intervention.

A suivre …

Je refais ma salle de bain (épisode 3)

– Suite de l’épisode 2 –

Lundi 2 juillet 2018 : oui bon, il s’est passé pas mal de temps depuis le dernier rendez-vous téléphonique mais en fait, comme je vous le disais, j’ai passé pas mal de temps à corriger le devis que ma coach travaux m’envoyait. J’étais globalement d’accord avec ses propositions mais son devis était rédigé … comment dire … n’importnawak ! Genre, on était d’accord sur un devis total à xxxx euros mais quand je faisais la somme des montants sur le devis PDF, j’arrivais à … 354 euros ! Alors je lui disais « écoute Linda » Oui, j’ai fini par l’appeler Linda ma coach travaux. Alors je lui disais « Dis Linda … moi, je veux bien signer ton devis mais … à la fin, je ne paierai que 354 euros alors que ça coûtera … humm bien plus que ça … tu crois pas qu’il y a un problème … moi je dis ça, je ne dis rien …« . Alors elle me répondais « Ha oui, ho lala … je corrige tout de suite et je vous envoie le dernier devis … » et zou, je recevais le nouveau devis. Mais le nouveau devis n’était toujours pas clair …

Pour être tout à fait honnête, je pense que c’est leur outil informatique qui n’est pas au point. Hé oui, voyez-vous, dans la démarche, je dois payer 10% du devis pour la visite du professionnel chez moi. Alors je voyais bien que Linda, elle essayait de bricoler un truc pour que les montants soient dans la zone « description ». Et elle mettait quelques chiffres dans la colonne « montants » pour qu’au final le total qui apparaît en bas fasse 10% du montant total. Mais bon, le montant total ne faisait jamais 10% et ce que j’ai payé au final est inférieur à ces 10%. Et si on veut vraiment être puriste, le devis est affiché à 10% de la valeur totale donc je pourrais dire que je ne paierai que ce montant au final …

Bref, je pense que leur Système d’Information (SI) est tout pourri et qu’il ne permet pas d’éditer une facture intermédiaire de 10% du total. Alors Linda elle est obligée de patouiller comme elle peut et de mettre des chiffres dans d’autres cases que celles prévues.

Bref, après … je ne sais plus combien d’échanges, j’avais un devis un peu près correct. Alors je vais sur le site pour choisir la date du rendez-vous et valider le devis. Mais là … SUR-PRI-SE … dans mon panier j’ai une ribambelle de devis. En clair j’ai tout l’historique des devis que l’on a retouchés depuis 1 mois, bonjour la lecture.

Et quand je veux valider seulement le dernier, je me rends compte que ce n’est pas possible. Je suis obligé de valider la totalité des devis. Pour le dire autrement, c’est comme si je validais un panier de 50 devis ! Là, pour le coup, j’ai pas envie de payer 50 fois le prix de ma rénovation !

Zou, j’arrête tout et je fais un mail à Linda : « Heuuu dis-moi Linda … t’en aurais pas mis un peu beaucoup des devis dans ta valise en carton … hum ?« .

Réponse de Linda : « C’est fait exprès pour que vous gardiez une trace de tous nos échanges, on ne peut pas faire autrement« .

Quand je vous disais qu’il est tout pourri leur SI. Il ne peut pas « archiver » les documents. Et ne laisser qu’un seul devis « en cours ». Bon, je vais proposer à Hellocasa de venir faire un peu de MOA SI pour remettre leur informatique à niveau.

Elle me précise qu’elle part en vacances mais que je ne m’inquiète pas, c’est sa cheffe « Maïwenn » qui reprend la suite de mon dossier. Hé bein, après Linda de Sousa, me voici avec Maïwenn Leroy … elle va être très « show-biz » ma salle de bain 😉

Allez zou, je retourne sur le site et je valide … le panier de 50 devis. Ensuite, je choisis une date d’intervention : le 4 juillet ça me va bien. Puis le tableau des heures va s’afficher … va s’afficher … va s’afficher … enfin … le sablier tourne, tourne, tourne … je pose mon coude sur la table, je pose mon menton sur ma main, je regarde le sablier … je m’endors ! Patatrack, je chois de tout mon long par terre, il est 4h00 du matin, je me suis endormis devant l’ordi. Et le sablier tourne encore … quand je vous dis que le SI est tout pourri.

Bon, je vais au bureau encore à moitié endormis après cette nuit devant l’ordi. J’attends 9h00 et j’appelle Hellocasa :

Hellocasa : »Oui allo, Maïwenn Leroy à votre écoute.« .

Moi : « Ha Maïwenn, ça tombe bien, c’est Fabien. Dis … ton sablier il tourne encore et j’ai pas pu choisir l’heure d’intervention du professionnel chez moi« .

Hellocasa : « Pas de prob Fab ! file moi ton 06 et je te call immediately pour checker le daite avec le pro« .

Moi : « OK à toute Maïwenn »

Là, je comprends que Maïwenn est une vraie parisienne et que pour parler comme ça elle a du faire au moins Sciences Po. C’est elle qui a du introduire la technique du PPT façon Cap Gemini car ils apprennent ça à Sciences Po. D’ailleurs, je me demande s’ils n’apprennent pas QUE ça à Sciences Po … mais bon, c’est pas le sujet …

Comme convenu, j’ai eu le call de ma nouvelle coach travaux, la visite est programmée au mercredi 4/07/2018 à 18h00 … soit 2 jours plus tard. On est dans la réactivité, vavarouuumm

A suivre …

Le homard du RER E …

Le texte de cet article en audiodescription pour les personnes … qui veulent pô lire 😉

Bon, je m’étais promis de ne plus sur-réagir aux dysfonctionnements endémiques de la SNCF, mais là … c’est la goutte d’eau qui fait déborder le maçon qui a tué la peau de l’ours.

Voyez-vous, je suis du genre organisé. Oui, je l’ai déjà écrit ici, je suis « J » sur le MBTI. Alors le matin, mon réveil sonne à 5h53. C’est pile 60 minutes avant le départ de mon RER. Parce qu’en 60 minutes je peux tout faire y compris descendre à la gare. C’est réglé comme du papier à musique je vous dis. Bref, chez moi, c’est minuté comme le service des hôtesses de l’air sur la navette Air-France Paris-Toulouse. Si vous ne l’avez pas déjà fait, amusez-vous à observer le balai des hôtesses depuis la fermeture des portes à Paris jusqu’au moment elles vous disent « Au revoir, bonne journée » toutes agglutinées devant la cabine du cap’tain speaking. Vous verrez que chacun de leur geste est millimétré, temporisé et surtout répété à l’identique sur chaque vol.

Donc, disais-je, j’opère mes préparatifs du matin et tout va bien jusqu’à l’observation de l’horloge du four au moment ou je sors de la salle de bain et reviens dans la cuisine. Un oeil en biais sur l’horloge tout en allant vers la radio pour changer de station. Oui, c’est très important de changer de station pile à cet instant car c’est le moment « sport » et j’en peux plus des pédaleux. Rappelons nous que je viens de passer un mois à devoir changer de station car j’en pouvais plus des commentaires puissants des experts de la coupe du monde de faute-balle. Et maintenant, j’ai droit aux commentaires puissants des expertes du tour de pas la France. Oui, j’ai écrit « expertes » car je ne sais pas ce qui se passe mais maintenant sur France Info, ce sont des femmes qui commentent les p’tits vélos. C’était insupportable quand c’était des hommes. On aurait pu penser que ça ne pourrait que s’améliorer avec des femmes. Hé bein … BIM … c’est pire ! Mais bon, là n’est pas le sujet. Il ne faudrait pas s’égarer.

6h32, c’est l’heure qu’affiche l’horloge du four. Ici, il faut que je précise que l’horloge du four avance très exactement de 8 minutes. Car 8 minutes, c’est le temps qu’il me faut pour aller de devant le four à ma place au bout du quai B de la gare de Villiers sur Marne. Pile en face de là où s’arrêtera la dernière porte de l’avant dernière voiture de mon RER ! Donc, en lisant l’heure, je sais à quelle moment je serai à la gare et donc, si je suis dans les temps pour ne pas louper mon train.

Ensuite, je retourne à l’entrée de la cuisine pour consulter l’appli SNCF qui m’indique où en sont les trains dans leur circulation. A cet instant précis, l’appli SNCF m’indique que mon train, le 6h53 à Villiers sur Marne, se trouve entre Ozoir-la-Ferrière et Roissy-en-Brie. OK, check tout va bien. Je peux maintenant enfiler mon costume. Mais pas de cravate car chez moi, l’été c’est sans cravate … façon George Clooney dans la cultissime scène du film de Godard « Tu prendras bien un p’tit café » quand il dit à son hôte, sur un texte de Michel Audiard, « … et pis quoi encore … » (traduction google de « what else ») … le col de chemise ouvert.

Dernier tour de piste, il est 6h48 à l’horloge du four. Je pars maintenant comme ça j’aurai pile 5 minutes d’avance … une petite marge pour le cas où.

J’arrive à la gare, l’écran affiche 6h44 ! Quoi 6h44 ? Mais, ça me fait … 4 minutes d’avance sur mon horloge du four ! Ha mais ouiiiiii que je suis nouille, j’ai oublié qu’au dernier passage à l’heure d’été j’ai tourné trop fort la molette et j’ai décalé de 10 minutes au lieu de 8 ! Oui mais attends, 2 minutes de plus … là, c’est 4 minutes d’avance que tu as … hum, hum, ça mérite des investigations plus poussées effectivement. Peut-être que mon nouveau costume arnys et mes Weston « VEAU BOX NOIR LES GRANDS CLASSIQUES » ont un coefficient de pénétration dans l’air qui me fait gagner en vitesse de marche … hypothèse. Bon, j’investiguerai ce point plus tard.

Donc, me voici à la gare devant l’écran, en haut des escaliers. Mais … mais … où qu’il est mon 6h53 ? disparu des écrans radar comme le MH370 de la Malaysia Airlines ! Peut-on … détourner un RER ? Mon RER se serait-il crashé dans la Marne juste après Les Yvris-Noisy le Grand ? Ou quoi, ou caisse comme dirait Franck Dubosq. Dépité par mes 4 minutes d’avance, auxquelles il faut ajouter mes 5 minutes de marge, mais surtout par la disparition de mon train, j’envisage une autre solution horaire. Voyons voir, le 6h38 « retardé » … le 6h49 « supprimé » … le 6h53 bein lui, je l’ai déjà écrit, il a disparu de l’affichage … le 7h04 « retardé » … le 7h08 « supprimé » … le 7h19 visiblement il roule …. ouf ! Ha oui quand même ! Donc à cet instant précis, je m’apprête à poireauter environ 30 minutes. Et dire que jusqu’ici, mon temps était cadencé, rythmé comme un carillon Sarda de Besançon. Je suis dépité, dégoutté, décontenancé, désabusé, désenchanté, chagriné, désappointé que dis-je, je suis … quinaud. Oui, je viens d’acheter la dernière version du dictionnaire des synonymes de chez Bescherelle.

C’est donc las que je descends les escaliers qui mènent au hall d’entrée de la gare. Et c’est avec la même lassitude que je remonte les escaliers qui mènent au quai B. Alors ici, j’aimerais dire à la SNCF que ses aménagements immobiliers urbains sont … improbables. C’est pourtant une notion apprise en CM1. C’est de la simple arithmétique. Voyez-vous -1+1=0 ! Donc quand je descends des escaliers pour ensuite les remonter, je fais pareil … je fais 0 ! Alors pourquoi m’obliger à descendre des escaliers puis à les remonter à 6h du matin quand je suis mal réveillé et que tous les trains sont supprimés ? Hum ? je vous le demande … Ne pourrait-on pas simplement aller sur le quai sans devoir se taper un dénivelé dans un sens puis un autre dans l’autre sens ? Car 2 dénivelés inversés se compensent … et TOC !

Bon, bref, me voici sur le quai B. Et on est nombreux sur le quai B, croyez-moi. Sur l’écran il est écrit « attention au passage d’un train, éloignez vous de la bordure du quai« . Oui, ça c’est pour dire qu’il y a un train sans arrêt qui va passer tout berzingue dans la gare.

Et c’est à ce moment précis que la dame du haut-parleur fait le choix de balancer son annonce. Donc voici très exactement le déroulé de ce qui s’est passé. Et je suis prêt à parier qu’elle a fait exprès de démarrer son annonce à cette seconde précise.

La dame du haut-parleur : « mesdames et messieurs, je requière toute votre attention la plus attentive parce que ce message est de la plus haute importance importante pour votre trajet de ce jour. Le train HUVA, à destination de WROUAHOUMMMMMMMMMM TA-TAC-TA-TOUM TA-TAC-TA-TOUM   TA-TAC-TA-TOUM  TA-TAC-TA-TOUM  TA-TAC  WROUAHOUMMMMMMMMMM WISHHHHhhhhhhhhh à son terminus »

Vous l’avez compris, c’est le fameux train sans arrêt qui est arrivé pile quand elle a prononcé la phrase la plus importante ! ARRRRGGGGGHHhhhhhhhh mais je vais lui faire bouffer moi son micro à la pintade qui fait exprès de parler quand le train va passer ! Et elle aurait pas l’idée de redire son message la tourte ?

Hé bein non ! Et vous savez pourquoi elle ne redit pas son message ? Parce qu’elle n’est pas dans la gare de Villiers, Claudine ! Elle est R’LIV au PIVIF de Val de Fontenay parce qu’elle travaille avec le GIV du COT. Ha ça vous en bouche un coin, ça ! Oui, je sais, la SNCF adore les acronymes. Bon, comme je suis sympa, je vous les donne :

  • PIVIF : Poste d’Information Voyageurs Île-de-France
  • GIV : Gestionnaire de l’Information Voyageurs
  • COT : Centre Opérationnel Transilien
  • R’LIV : Bein j’sais pô ! j’ai pas trouvé … nul part …

Bon, alors comme on trouve pas l’explication pour R’LIV, je propose Radine en Livraison d’Information Voyageur … na !

Bref, tout paniqué que je suis, je me tourne vers la dame en tongues qui est à côté de moi.

Moi : « vous avez compris ce qu’elle à dit ? »

Elle : « je crois qu’elle a dit … le train HUVA à destination de Perpignan est embourbé dans la vase jusqu’aux moyeux. Il repartira quand la baignoire volera à son terminus … mais je suis pas sûre … »

Moi : « ha oui … pas sûre … »

Je redouble de panique à l’idée de savoir que je ne sais pas justement. Je m’adresse au monsieur en tongues à ma droite.

Moi : « vous avez compris ce qu’elle à dit ? »

Lui : « je crois qu’elle a dit … le train HUVA à destination de frouich remblelak pitchr misoufiv gratuifiant vlamendouch perlera demain à son terminus … mais je suis pas sûre … »

Moi : « ha oui … pas sûr … »

Je redouble de panique … heuuu … si je redouble de redouble … donc je double au cube, non ? Enfin bref, tellement angoissé de panique paniquante terrorisé … c’est vous dire dans quel état me met la SNCF, je regarde la femme en face de moi, qui est en tongues aussi, avec un regard de perdreau enfariné. Normalement, si elle comprends la communication non verbale, elle va m’apporter sa réponse.

Elle : « J’ai rien compris … le train a fait trop de bruit »

Elle a compris ! Enfin je veux dire, elle a compris mon regard … pas le message de Claudine.

Du coup, sur le quai, tous les voyageurs sont médusés. Oui, j’utilise à fond mon dictionnaire des synonymes. Nous nous regardons, interloqués puis, comme dans une chorégraphie d’Yvette Horner, la demi-soeur par alliance de Tina … Turner, nous regardons le haut-parleur avec, toutes et tous, un regard de merlan frit. Oui, en communication non verbale, le regard de merlan frit ça veut dire « Mais tu vas le répéter ton message, Claudine, screugneugneu de saperlipopette !« . Mais le haut-parleur lui, il a rien compris à notre communication non verbale car il n’a rien répété du tout. Si ça se trouve, c’est parce que le haut parleur … il ne portait pas de tongues ! Je ne vois que cette explication.

Les minutes passent, passent, passent … mais pas les trains. A croire que pour eux c’est plutôt … trépassent …

Quand subitement, tout à coup, promptement et sans crier … gare … gare SNCF, j’entends … l’écran affiche « train à l’approche » ! Boh … c’est pas possible … il est 6h50 et il y a un train à l’approche ? Donc, le train … il va partir à … 6h53 ? On nous aurait menti ? Le 6h53 est bien programmé et à l’heure ? Je n’y comprends plus rien mais mon angoisse redescend d’un cran.

Le train arrive, ralenti, s’arrête. Les portes s’ouvrent et un flot de voyageurs s’écafouille sur le quai B. C’est comme « se répand » mais je trouve que « s’écafouille » est plus imagé. Bref, je comprends qu’ils sont très nombreux dans ce train … trop nombreux. A mes pieds, un voyageur allongé au sol et recouvert d’une centaine d’autres voyageurs me regarde et essaie de dire quelque chose …

Le voyageur écrabouillé : « haaaa haaaa … »

Moi : « oui mon brave … dites-moi, depuis combien de temps êtes-vous dans ce train ? »

Le voyageur écrabouillé : « 6h48 … haaaaaa »

Moi : « oh bein … 5 minutes … ça va. Faut pas faire ta chochotte mec. On a déjà connu bien pire sur cette ligne »

Le voyageur écrabouillé : « Haaaaa … 6h48 … vendredi dernier !  »

Moi : « ha oui, quand même … un retard de … 5 jours et 5 minutes ! pas mal, la qualité du service s’améliore ! »

Ensuite l’agent de quai est venu avec le DBV, le Dispositif de Bourrage de Voyeurs :

Oui, parce que techniquement, faire entrer 158 254 voyageurs dans un train qui peut en contenir 850, ça demande un peu de technique.

Bref, après 8h de manut’ tout le monde avait trouvé sa place à l’intérieur. Personnellement, j’étais collé au plafond du compartiment haut, la joue droite écrasée sur l’image du totem masqué incas du Pérou occidental. Oui, on avait la chance d’être dans le train, gentiment redécoré par la SNCF avec des images des oeuvres du musée du quai Branly.

Evidemment, c’est aujourd’hui que le chef de la régulation a décidé de faire rouler le train tout doucement. Bah oui, si non … ce serait pas drôle. J’ai donc bien profité de mon voyage collé aux images des incas, des pastèques et des sioux du wyoming, respirant calmement dans ma paille Burger King que j’ai réussi à faire passer à travers la vitre ouverte.

Arrivée à Rosa Parks, les portes se sont ouvertes et j’ai pu me laisser emporter par la vague descendante jusque sur le quai, écrabouillant par ci par là quelques arpions et autres tongues abandonnées.

Rejoignant, nonchalamment, le tram T3, je traverse le hall de la gare Rosa Parks :

Et c’est pile à ce moment que je l’ai entendu … le message de la mort qui tue mémère en tongues sur le toit du prisunic. Ce n’était plus Claudine mais une autre R’LIV. Je pense qu’elle était de remplacement pour les vacances car habituellement c’est une voix d’homme. Bref, ça commence par le jingle classique de la SNCF. Et après elle prend la parole avec un accent comment dire … genre titi parisien chauffeur de taxi énervé dans un embouteillage sur le périph près de porte maillot. Et elle dit :

Simone Grimpois : « le train HUVA de 7h14 accuse un retard de 6 jours 5 heures et 24 minutes du à des voyageurs qui voulaient monter dedans. En conséquence de quoi ce train sera terminus Dunkerque. Je répète, ce train sera terminus Dunkerque. Et ne venez pas vous plaindre parce qu’on pourrait très bien vous faire payer le supplément Rosa Parks Dunkerque … non mais … Ho pis j’en ai marre à la fin ! de toute façon j’voulais pas être speakeuse à la SNCF. J’voulais être chanteuse moi … toute ma vie j’ai rêvée d’être une hôtesse de l’air …  » 

Je crois que c’est le « …pis j’en ai marre … » qui m’a été fatal. A ce moment là, mes tympans se sont vrillés. Ils ont comprimés mon cortex cérébral du cerveau des lobes occipitaux et … POUF … je suis tombé. J’ai chu de tout mon long dans le tunnel juste avant la sortie de Rosa Parks. Par terre, j’ai senti qu’il me restait un peu de temps avant de trépasser alors, avec mon nez ensanglanté, j’ai écrit :

SNCF : questionnaire de satisfaction à destination des usagers usagés

Que pensez-vous de la régularité des trains* ?

  1. la régularité est parfaite
  2. la régularité est très bonne
  3. la régularité est excellente

Que pensez-vous de la qualité des annonces en gare* ?

  1. les annonces sont toujours pertinentes
  2. les annonces sont très utiles
  3. les annonces sont d’une qualité remarquable

Globalement que pensez-vous de la qualité de service de la SNCF* ?

  1. la SNCF est le meilleur service public du monde
  2. la SNCF est vraiment au top de la performance
  3. la SNCF est une référence internationale

* réponse obligatoire

Je refais ma salle de bain (épisode 2)

– Suite de l’épisode 1 –

Lundi de pentecôte 21/05/2018 12:50 je reçois le mail de ma coach travaux. Je dois lui répondre en choisissant la date et l’heure de notre rendez-vous téléphonique. Alors là déjà ça part bien. Car elle ne m’impose pas ses contraintes, c’est à moi d’indiquer ma disponibilité. Si vous ne comprenez pas ce point, je vous suggère de lire mes différents articles sur la « posture de service » et particulièrement celui où je démontre que la SNCF est aux antipodes de cette posture de service.

J’ai reçu également un doc, genre PPT, qui me présente la méthode hellocasa et les 7 temps : du 1er RDV Téléphonique jusqu’à la réception des travaux.

Hein, quand même, pour avoir l’habitude de bosser avec des consultants dont la principale compétence est justement la production de PPT au kilomètre, je peux vous assurer que c’est carrément du niveau Cap Gemini.

Bref, je choisis la date et l’heure du rendez-vous téléphonique et je dois joindre un petit crobar de ma salle de bain. Ma coach travaux m’explique dans son mail que ce n’est pas la peine d’y consacrer trop de temps, un gribouilli à la main est suffisant. C’est juste pour avoir une première idée. De toute façon si on fait affaire ensemble, un professionnel viendra prendre les mesures.

Bon, vous me connaissez, ou pas, je ne peux pas faire un dessin tout pourri à main levée sur un vieux bout de papier. Je sors le mètre à ruban Facom de l’époque où j’étais étudiant et que je travaillais pour un cabinet d’archi. Je prends les mesures de ma salle de bain et zou, je sors le logiciel de dessin. Bon, pas autocad quand même mais presque. Et pif paf pouf, 4 heures, 2 litres de sueur,153 tirages de langue et … 78-retours-à-la-salle-de-bain-parce-que-j’ai-oublié-de-mesurer-un-truc plus tard j’ai mon plan.

Je package tout ça dans un PDF qui va bien et zou, j’envoie tout ça par mail à ma coach travaux.

Mercredi 23 mai 2018 : le 1er rendez-vous téléphonique avec ma coach travaux. Bon, c’est pas Valérie … déception … c’est Sousada, elle a une jolie voix 🙂 Elle me remercie pour mes plans et tout et tout. Elle me demande de quoi j’ai envie. Je lui réponds que j’aimerais un Wooper, des frites et un Coca zéro. Elle me répond qu’elle a pas ça sous la main mais que si je veux on peut parler de mon projet de rénovation de ma salle de bain. Ok, ça me va bien !

Je lui explique que j’avais pensé à une cabine de douche mais avec la fenêtre ça risque d’être compliqué. Elle confirme et on s’oriente vers un receveur rectangulaire avec une paroi. Et on papote comme ça pendant 20 bonnes minutes. Je la trouve vraiment à l’écoute. On se donne rendez-vous pour le 28 mai. Ce sera le 2e rendez-vous téléphonique où elle me présentera sa proposition et le tarif.

Lundi 28 mai 2018 : le 2e rendez-vous téléphonique avec ma coach travaux

Sousada m’envoie sa proposition, un autre document genre PPT de consultant Cap Gemini. Et attention les yeux, une image de synthèse sous plusieurs angles de ma future salle de bain. Tout est indiqué : le détail des différents travaux, le détail de la main d’oeuvre avec le tarif, tout le matériel avec les tarifs également. Elle me suggère de remplacer mon convecteur électrique par un sèche serviette qui fait radiateur. Bon, sur ce point je ne suis pas convaincu. Tout le reste correspond assez bien.

Et surtout, ce que je n’avais pas compris au départ, c’est que tout va être refait du sol au plafond. Alors que je pensais « service minimum ». Mais finalement c’est bien mieux comme ça. Du coup, le tarif annoncé me parait correct par rapport à la prestation. Ouais parce que … pas nunuche le mec quand même, j’avais demandé à mon ami google le prix au mètre carré d’une rénovation de salle de bain. Et pif paf pouf, multiplié par la surface de ma salle de bain, j’avais mon repère en tête.

Elle me propose de revoir mon projet en fonction de notre échange et de programmer un 3e rendez-vous téléphonique pour stabiliser tout cela. Du coup, je peux profiter du temps avant ce 3e rdv pour comparer les tarifs des matériaux et des accessoires. Je peux même en choisir d’autres dans n’importe quel magasin si je le souhaite.

Jeudi 30 mai 2018 : le 3e rendez-vous téléphonique avec ma coach travaux. C’est l’étape 3 sur la méthode ci-dessus. Je crois que c’est à partir d’ici qu’on a un peu dérapé par rapport à l’enchaînement des étapes.

Bon, bref, j’avais préparé mes questions sur mon petit carnet à spirales sur lequel je note tous mes trucs perso genre : « pour se rendre au CNAM, il faut prendre la 4 jusqu’à Réaumur-Sébastopol », « une ramette de papier A4 CLAIREFONTAINE c’est 4,99 euros TTC », « Penser à reprendre des oeufs pour les pancakes de samedi matin », « On mesure l’intelligence d’un individu à la quantité d’incertitudes qu’il est capable de supporter. E. KANT »,  etc … oui, je note vraiment de tout sur mon carnet à spirale mais en fait ici, on s’en fiche, ce n’est pas le sujet.

Donc je sors mon carnet à spirales pour avoir mes questions sous la main :

  • question 1 : sur le slide 3 du PPT, je lis « revêtement des murs -> placo » Quesako ? Il y en a déjà du placo. Pourquoi faut-il autant de mètres carré de placo ? Je refais juste ma salle de bain, pas toutes les salles de bain de toute la résidence
    • réponse de ma coach travaux : bein, on va reposer du placo sur le carrelage actuel. « houlala » que je lui dis. Ca va pas être possible. Ma salle de bain est déjà toute petite, si on épaissit les murs, il ne restera plus rien. Bref, elle me propose de déposer le carrelage actuel -> je valide

     

  • question 2 : sur le slide 5 quelle est la couleur du receveur de douche ? La profondeur du plan de travail ? La hauteur du plan par rapport au sol ? Et j’ai un doute pour le receveur « extra plat » car l’évacuation de la baignoire est déjà à 10 cm.
    • réponse de ma coach travaux : pour les couleurs précises et les matériaux, on choisira en final, après la visite du professionnel. Pour le receveur « extra plat », en fait c’est le terme classique pour un receveur de 12 cm. Elle me donne les mesures demandées – > je valide

Après cela, elle m’explique qu’elle va refaire le devis et me le renvoyer pour validation.

En fait, le dérapage dans la méthode il est pile ici : il y aura moult retours parce que Sousada elle se prend à chaque fois les pieds dans le tapis avec ses devis. Mais je suis toujours sympa et pédagogique alors je l’aide à faire ses devis mais aussi ses calculs. Oui, parce que … une fois … le devis il était à 315 euros TTC. Alors je lui ai expliqué que la rénovation d’une salle de bain entière à ce prix là … elle risquait d’avoir énormément de clients mais, en contre-partie, de mettre bientôt la clé sous le … tapis de bain. Oui c’est comme le paillasson mais dans la salle de bain 😉

Mais vous verrez dans l’épisode suivant qu’en réalité, le problème du devis, bein … c’est pas Sousada. C’est autre chose. Mais je ne dévoile pas tout de suite le truc histoire de faire un peu de teasing 😉

A suivre …

Je refais ma salle de bain (épisode 1)

Voilà un petit moment maintenant que je voulais refaire ma salle de bain. Mais ce qui me retenait de passer à l’action c’est la trouille de tomber sur un artisan pas sérieux. Genre, au fur et à mesure de l’avancée du chantier, il t’ajoute des trucs pas prévus au départ et qui te coûte bonbon. Ou bien il est pas du tout compétent et te salope le boulot. Ou encore, il part en laissant en plan un chantier pas terminé … bref, le grand classique des artisans …

Et puis un jour, je reçois un de ces spams dans ma boîte à mail : « changer votre baignoire pour une douche en toute sécurité ! » Tiens, tiens, voilà qui aiguise ma curiosité car c’est justement ce que je souhaiterais faire. Pif, paf, pouf, ni une ni deux, je clique. Me voilà sur le site :

WonderfulAndPrettyShowerYouPushYourGrandMotherInTheNettles.com

Oui, j’ai légèrement modifié le nom du site pour ne pas faire de publicité. Bref, c’est un formulaire. Je dois donner mon nom, mon prénom, mon adresse postale … hop hop hop pas si vite l’ami. Et le RGPD, tu connais ? Bon, je renseigne ninpornawak genre : alfred pouffrin, 78 rue de la biche sournoise, 55420 vroumincourt sur Meuse. Evidemment je dois donner mon mail … alors que j’ai cliqué justement sur un lien qu’ils m’ont envoyé par … mail ! Donc ils le connaissent mon mail ces gredins ! Mais, bon, je continue : alfred.poufrin@sncf.fr oui comme ça, juste pour rigoler en pleine période de grève. Comme ça, s’il existe un alfred poufrin à la sncf, il se fera pourrir sa boîte pro par des spam de douche à mémé 🙂 Je valide

Page 2, je dois choisir entre le modèle « classic », le « médium » ou le « premium ». Heuuu vous avez une idée de la taille de ma salle de bain ? hein ? bon, allez, soyons fou, je clique sur « premium ». Je valide

Page 3,  wouhaaaaaaa apparaît une photo de ma future salle de bain ! Bon, en même temps, je crois que n’ai pas encore eu le temps d’indiquer que ma salle de bain actuelle est légèrement moins spacieuse.

Pour le dire autrement, pour rénover ma salle de bain et obtenir ce résultat, il faudra … pousser les murs. Et je ne suis pas certain que ma voisine soit d’accord pour que j’empiète d’environ 30 mètres carrés chez elle …

Bref, ayant compris le sérieux du site, je clique sur la petite croix rouge en haut à droite de mon navigateur. Mais je reste avec ce doutage au fond de moi : ce serait quand même pas mal d’avoir une douche le matin. Une douche comme à l’hôtel plutôt que ma baignoire villeroy & boch blanche pâteuse et mon rideau de douche avec des gros coquillages. Et surtout l’eau qui tombe du haut et ruisselle sur mes abdos façon tablette de chocolat plutôt que la douchette qui me glisse des mains à cause du savon et va éclabousser tous les murs. L’idée fait son chemin mais je ne sais pas à qui m’adresser.

Bref, en plus c’était l’hiver dernier et je ne sais pas pourquoi mais je ne me voyais pas engager des travaux de cette nature en hiver.

Nous voilà en mars. Je pars en mission et me retrouve dans un p’tit hôtel ma foi fort sympathique : l’abbaye des capucins à Montauban. Je rentre dans la salle de bain de ma chambre et là Bam ! Pile la salle de bain dont je rêve.

Bref, nouveau rappel à ma mémoire : dis-donc, t’avais pas envisagé de refaire ta salle de bain ? Bein si mais …comme dirait monsieur Fernand Naudin : « Haaaa Montauban, on ne devrait jamais quitter Montauban !  »

Zou, voilà le printemps ! Et par le plus grand des hasards, je me retrouve au café de la gare avec les membres du CA du Crédit Mutuel. Bon, c’était pas complètement le hasard vu que l’on venait de clôturer  le CA et que l’on terminait par un moment festif. Et v’la ‘ty pas que le directeur parle des travaux qu’il vient de terminer chez lui. Fuego ! me dis-je, je vais lui demander les coordonnées de son artisan. S’il a fait du bon travail chez lui, il en fera de même chez moi. En plus, de la façon dont il en parle, je comprends qu’il le connait très bien. Me voilà rassuré.

Bon, quelques semaines passent encore. J’ai les coordonnées de l’artisan dans mon tel mais je n’ai pas encore pris contact.

Dimanche 20 mai 2018 : je vais chez Bricorama chercher un cadre pour l’affiche que je me suis offerte. Oui, c’est un autre spam reçu quelques jours auparavant. Il me proposait cette affiche que je trouve très jolie. D’ailleurs, il me semble l’avoir déjà vu quelque part mais je ne me souviens plus où c’était … Donc disais-je, me voilà chez Bricorama, au rayon arts créatifs, tout perdu devant les milliers de cadres proposés. Bref, je décide de me décider rapidement. Après tout, je ne vais quand même pas passer 3 plombes dans ce magasin, un dimanche matin en plus. En fait, quand j’y repense, l’originale est une peinture sur toile sans cadre. Il me faut donc le cadre le plus simple, sans « passe partout » … oui ne me demandez pas pourquoi ils ont mis le nain de fort Boyard dans un cadre … cela reste pour moi un mystère. Bref, après 4 heures et demi de réflexion et après avoir dérangé tout le linéaire, mon choix s’arrête sur un sous-verre tout simple avec petits clips en inox.

Mon sous-verre sous le bras, je me dirige vers les caisses quand subitement et de manière concomitante, mon oeil est attiré par … l’espace salle de bain. Et Bim une nouvelle fois, le sujet revient à la charge. Je bifurque machinalement sur bâbord. Je traverse le rayon rideaux. Puis je longe le rayon fils électriques.  Je passe devant l’espace salons de jardin. Je traverse le rayon perceuses et motobineuses. Je laisse derrière moi les étalages de marteaux, tournevis et autre scie à chantourner pour arriver au niveau des présentoirs à carrelages et enfin, 6 heures et 57 kilomètres plus tard, j’arrive à l’espace salle de bain.

Des cabines de douche, des meubles, des roubinets, des sèches-serviettes, des vasques, des pédiluves, des colonnes de douche, des mitigeurs, des pommes de douches, des poires à lavement et des scoubidou bidou ha ha … cherchez l’intrus. Le choix est vasque … pardon vaste 😉 Mais je vois des choses que j’imagine bien dans ma salle de bain. Et surtout, je tombe nez à nez avec cette affiche. Pardon … ce flyer :

Bricorama propose de prendre en main le chantier, voilà une idée qu’elle est bonne. Si c’est le magasin qui prend en charge, je ne prend pas trop de risque car s’il y a problème je sais vers qui me retourner et surtout le prix est fixé à l’avance. Pas de surprise à l’arrivée me dis-je.

Ni une, ni deux, je fonce vers un vendeur. 7 heures et 57 kilomètres plus tard, oui j’ai du faire le trajet en sens inverse mais forcément nettement plus fatigué, j’arrive devant le dit vendeur.

Moi : « salut ho toi brave vendeur de la ci-devant échoppe et comptoir à matériaux et outils en tout genre dont la réputation n’est plus à faire. On m’a dit du bien de ton service de travaux à domicile. Peux-tu m’illustrer par le propos la bonne affaire que voilà ? »

Lui : « hein ? »

Moi : « heu oui quoi, est-ce que je peux faire refaire ma salle de bain avec ce service ? »

Lui : « bein … oui. C’est le principe ! On étudie votre projet avec vous. Puis on vous fait un devis gratuit et après vous vous décidez »

Moi : « Ha parfait. Alors allons-y mon bon vendeur »

Bref, il tapouille sur son ordinateur, me demande plein de renseignements beaucoup plus pertinents que ma 1ere tentative sur le net et m’indique que mon coach travaux m’appellera au téléphone pour s’entretenir avec moi de mon projet.

Wouhaaaaa mon « coach travaux ! » trop la classe. Je vais avoir Valérie Damidot dans mon p’tit chez moi … houlala va falloir que je pense à ranger un peu.

https://hellocasa.fr/blog/bfm-tv-comment-renover-facilement/

A suivre …