La vraie recette du potchevleesch

Pas facile de trouver une vraie recette de potjevleesch. La semaine dernière, je me baladais sur le net, comme ça, sans vraiment avoir de but. Et puis me vient cette idée « tiens, et si je cherchais la recette du potjevleesch ? ».

Je rentre le  mot clé . . . bein … potjevleesch (on peut essayer « potchevleesch » aussi) , je clique sur « Ok ». Tsouin, tsouin, plein de résultats.

Première recette : bla, bla, bla, lapin, veau, terrine, bla bla bla, cognac . . . quoi ? du Cognac dans le Potch ? N’importnawack ! et pourquoi pas du Schnaps pendant qu’on y est ?

Deuxième recette : bla, bla, bla, lapin, porc, four, bla, bla, vin blanc . . . quoi ? du vin blanc ? mais qui a écrit cela ? Le potch n’est pas une recette alsacienne . . . non, mais !

Troisième recette : bla, bla, bla, thym, laurier, bla, bla, bla, désosser les viandes . . . quoi ? Désosser les viandes avant la cuisson ? Hé bein, on n’est pas avancé.

Et dans les recettes suivantes, ils disent de préparer de la gelée. Non, mais vraiment on aura tout vu. Préparer de la gelée . . . ce n’est pas un aspic !

 

Bref, j’ai trouvé un grand nombre de recettes, mais aucune qui tient la route. C’est un peu comme si les gens du nord ne voulaient pas partager la recette du potchevleesch. Voire pire, qu’ils diffusent de fausses recettes pour être bien certain que personne ne puisse faire ce plat à la maison.

 

J’ai donc décidé de vous donne LA recette. La seule vraie véritable recette du potjevleesch. Et je suis tout à fait conscient que je vais dévoiler un secret !

 

Tout d’abord, les ingrédients : pour un potch de 4 personnes environ

          2 cuisses et 2 ailes de poulet

          2 cuisses de lapin

          200 grammes de lard

          200 grammes de veau

          Une bière blonde (une bière du nord, pas une alsacienne beurk)

          4 échalotes

          1 bouquet de persil

          1 carotte

          thym, laurier, baies de genièvre, sel, poivre

 

Attention, c’est un plat super facile à faire, mais qui demande beaucoup de temps de préparation. A titre indicatif, pour le manger le samedi soir, je commence le mien le vendredi soir.

 

On commence par découper la viande. Mais attention, il ne faut pas la désosser. Juste couper en gros morceaux.

On prépare un mélange d’échalotes et de persil.

On dispose les morceaux dans une terrine, en couches successives. Et entre chaque couche, on met un peu du mélange échalotes et persil. Et si on est suffisamment doué avec le sel et le poivre, zou . . . on en met un peu avant de recommencer une deuxième couche.

Hé hop, on fait ça jusqu’à avoir mis toute la viande. Et quand on est en haut de la terrine, on place par dessus la couenne du lard, les rondelles de carotte, le thym, le laurier, les baies de genièvre. Heuuu en fait, avec de mettre tout ça, on sale et on poivre. Oui, je sais, j’ai un peu tendance à oublier le sel et le poivre … désolé.

Bref, on met tout ce que j’ai dit plus haut, les rondelles de carotte, le thym tout ça et . . . on verse la bière dessus. On la laisse descendre jusqu’au fond. Pour la quantité de bière, je ne peux pas trop dire car ça dépend de l’assemblage des viandes. Mais le principe est simple : en mettre jusqu’à ce que la viande soit totalement recouverte !

Ici, on peut si on le souhaite ajouter une petite touche perso. Mais c’est vraiment optionnel. On met une larmiche de genièvre de houlle. C’est un alcool fort du nord. Et n’allez pas me mettre du cognac si vous n’avez pas de genièvre . . . hum ! Mieux vaut ne rien mettre si vous n’en avez pas.

 

On referme la terrine et . . . attention l’astuce . . . on va mettre au bain-marie dans le four. Si, si, je vous assure. Regardez la photo : la terrine est placée dans un récipient plus grand et on met de l’eau entre les deux.

Et là, c’est parti pour environ 3h30 ! Bref, on enfourne et on laisse tranquilou toute la soirée. On va regarder la tv. Mais attention, pas TF1. On va regarder un bon documentaire sur ARTE ou à la rigueur une bonne émission sur une chaîne publique. Mais surtout pas TF1 . . . beurk . . . 


Actualité du 14/11/2015 : après plusieurs échanges dans les commentaires, la température du four doit être comprise entre 140 et 150 degrés (merci à tous les contributeurs qui apportent leur plus à cette recette)

Après 3h30, on revient dans la cuisine. On arrête le four, on entre-ouvre la porte et . . . c’est tout, on peut aller dormir ! Bein oui faut attendre que ça refroidisse.

 

Le lendemain matin . . . bein . . . ça sent bon dans la cuisine, c’est déjà ça.

Bref, on passe à l’étape 2 de la préparation. Certains s’en arrêtent là. Il suffit de mettre le potch au frigo et zou c’est fini. Mais moi j’appelle ça le potch du paresseux. Hé oui, n’oublions pas que nous avons laissé les os avec la viande. C’est méga super important car :

1)       ça donne du goût

2)       sans les os, il n’y aurait pas de gelée.

 

Bref, comme on a laissé les os . . . on a de la gelée ! On passe donc à l’étape 2 : désosser les viandes. Bein oui, si non, ce sont les convives qui vont se battre avec les os de lapin !

On prépare donc une autre terrine, celle qui sera apportée sur la table.

On désosse toutes nos viandes, et on dispose les petits morceaux de viande dans la seconde terrine en prenant soin de :

1)       bien alterner les viandes : ne pas mettre toutes les mêmes viandes ensemble

2)       en prenant la viande dans la première terrine, faire attention de ne pas embarquer trop de gelée, car il ne faudrait pas trop en perdre.

Ajout du 14/12/2013 :

      3) quand on a terminé de désosser toutes les viandes et que la terrine est bien remplie, on verse dessus le liquide qui reste de la première terrine qui a servi à la cuisson. C’est ça qui va faire la gelée

 

Et voilà le travail. Et si on veut, au-dessus on peut mettre les feuilles de laurier, et quelques rondelles de carottes histoire de faire joli.

Ensuite on met le tout au frigo jusqu’au soir . . . hé oui, le potjevleesch se mange froid.

Et surtout, on sert notre potch avec des frites et de la salade verte et . . . une bonne bière.

Bon appétit


P.S. : arrivez-vous à prononcer « potjevleesch » ? non ? C’est normal. En fait, j’ai découvert ceci pendant les 4 années que j’ai passées là haut : il n’y a que les touristes qui s’escriment à vouloir prononcer le mot en entier. Et qui se plantent systématiquement. C’est pour cela que les gens du nord disent « Potch » … le serveur arrive … « je vais prendre un potch … » et il comprend. Facile, non ? Alors si vous allez visiter cette magnifique région, vous saurez maintenant comment commander ce plat.

Actualité du 11/11/2015 : Je vous proposais de goûter un vrai et très bon Potch à l’estaminet Le Blauwershof à Godewaersweld (9 rue d’Eecke 59270 Godewaersvelde). Hé bien il semblerait que les propriétaires aient changés et que l’adresse ne soit plus aussi bonne que ça. C’est du moins ce que m’explique plusieurs internautes dans les commentaires ci-dessous. En attendant, voici une url pour retrouver d’autres recettes flamandes (http://collonges.centerblog.net/rub-recettes-flamandes-entrees-.html)


Estaminet

News du 22 juin 2017 :

Dans les commentaire, on vient de m’indiquer un super estaminet qui vaut le détour. Je vous donne l’adresse :

Te Barbier, Hillestraat 5, Dranouter 8951, Belgique

C’est moi qui l’ai fait !

Et voilà, je m’entraîne pour le réveillon de Noël. Du coup … c’est moi qui l’ai fait ! 
C’est une aumônière surprise au jambon cru. 
Alors autant dire que je n’ai pas tout bien réussi mais je suis sur la voie du progrès. 

En fait, j’ai 2 soucis : 
– 1) il faudrait maintenir le haut avec un brin de ciboulette … genre joli noeud tout en haut. Mais bon, il n’y avait plus de ciboulette au magasin et dans le jardin bein … c’est tout gelé  . Si je trouve des brins de ciboulette, je pourrai donc faire plus joli 
– 2) les tranches de jambon ne sont pas d’un seul tenant. En fait, elles sont coupées au niveau de l’os. Du coup, quand on referme l’aumônière bein … ça s’ouvre au niveau de la coupure de la tranche et ça cafouille partout. Alors moi, j’aimerais bien savoir comment il font dans les livres pour que ça cafouille pas … hein !  

Alors, si vous avez le truc, je suis preneur. Et ne venez pas me dire que, dans le livre, ils ont trafiqué la photo avec photoshop 

 
Ha oui, j’oubliais … vous voulez voir ce qu’il y a n’dans Clin d'oeil … c’est en bas
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V
 
He hop … 15 minutes au frigidaire Sourire … puis, c’est la fête Réception